The Journal of Behavioral Health Services & Research · Thérapie familiale
À 20 ans, on serait censé s’émanciper de ses parents : c’est l’une des raisons pour lesquelles les traitements des addictions laissent souvent la famille dehors. L’équipe de Howard Liddle a fait l’inverse avec 22 jeunes adultes relevant d’un tribunal spécialisé de Miami, en adaptant la thérapie familiale multidimensionnelle (MDFT) conçue pour l’adolescence. Toutes les familles ont accepté, presque tout le monde est allé au bout du traitement, et les consommations ont chuté. Une étude pilote, sans groupe témoin, mais qui rouvre une question ancienne.
Traduction française non officielle. Cet article est la traduction de La thérapie familiale multidimensionnelle pour les jeunes adultes sous main de justice ayant un trouble de l’usage de substances, par Howard A. Liddle, Gayle Dakof, Cynthia Rowe, Adhar Bashatu Mohamed, Craig Henderson, Trenten Foulkrod, Megan Lucas et Michael DiFrancesco, publié dans The Journal of Behavioral Health Services & Research (Springer) (2024), doi : 10.1007/s11414-023-09852-5, sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par le Complexe Systémique en septembre 2026 : le texte original a été traduit en français et remis en page, ce qui constitue une modification de l’œuvre au sens de la licence. Les deux tableaux sont présentés sous forme de listes. Cette traduction n’a été effectuée ni par les auteurs ni par l’éditeur, qui ne répondent ni de son contenu ni d’éventuelles erreurs. La version originale fait foi.
L’influence de la famille en général, et celle des parents en particulier, pour le meilleur ou pour le pire, ne faiblit pas nécessairement à l’âge adulte.
Howard A. Liddle, Gayle Dakof, Cynthia Rowe, Adhar Bashatu Mohamed, Craig Henderson, Trenten Foulkrod, Megan Lucas et Michael DiFrancesco
Résumé
Cette étude a exploré l’acceptabilité, la faisabilité, la fidélité et les résultats d’une adaptation aux jeunes adultes de la thérapie familiale multidimensionnelle (MDFT), un traitement familial fondé sur des données probantes, conçu à l’origine pour l’adolescence. L’échantillon comprenait 22 personnes âgées de 19 à 25 ans, inscrites dans un programme de tribunal pénal spécialisé en matière de drogue (drug court). La MDFT s’est révélée faisable et a été délivrée avec une forte fidélité auprès des jeunes adultes et de leurs familles. Les personnes participantes ont fait état d’une grande satisfaction à l’égard de la MDFT, et 95 % d’entre elles ont mené le traitement à son terme. Les analyses ont montré des baisses statistiquement significatives de la consommation de substances sur tous les indicateurs, entre l’entrée dans l’étude et le suivi à 6 mois. Des améliorations significatives ont aussi été relevées dans le fonctionnement professionnel, dont une hausse de 73 % de l’emploi à temps plein entre l’entrée dans l’étude et le suivi à 6 mois. Sur le plan pénal, les résultats comprenaient une baisse significative du risque judiciaire, et 86 % des personnes participantes n’ont fait l’objet d’aucune nouvelle arrestation entre l’entrée dans l’étude et la fin de la période de suivi de 18 mois. L’article se conclut par des recommandations pour la mise en œuvre d’interventions familiales auprès de jeunes adultes, ainsi que par des pistes de recherche dans ce domaine important.
Mots-clés : consommation de substances, justice pénale, jeunes adultes, adultes émergents / jeunes en transition (TAY), thérapie familiale multidimensionnelle (MDFT)
Les jeunes adultes de 18 à 25 ans, que l’on désigne aussi comme adultes émergents ou jeunes en transition, traversent une période développementale importante, distincte à la fois de l’adolescence et de l’âge adulte plus tardif.1–5 Réussir la transition vers les rôles adultes, professionnels et familiaux, est essentiel à un développement sain et épanouissant, et tend à être influencé par des facteurs positifs et négatifs mis en mouvement pendant l’enfance et l’adolescence. Le début de l’âge adulte est donc une période à la fois de risque et d’opportunité, qui peut submerger les personnes confrontées tôt dans leur vie à des difficultés comme l’usage problématique de substances, une santé mentale instable, des démêlés avec la justice des mineurs et des relations familiales troublées. Ces jeunes abordent l’âge adulte avec un sérieux handicap développemental.6
Un ensemble croissant de recherches indique que les jeunes adultes présentent des taux de troubles de santé mentale et de troubles liés à l’usage de substances, d’arrestations et de récidive plus élevés que les jeunes de moins de 18 ans ou que les adultes de 26 ans et plus.7–11 Les jeunes adultes ont aussi moins de chances d’accéder aux services nécessaires, en raison des lacunes entre les systèmes de soins pédiatriques et adultes, d’une couverture d’assurance irrégulière et d’autres obstacles.8 Pour certains jeunes adultes, les troubles liés à l’usage de substances et les troubles de santé mentale ne sont pris en charge qu’au moment du contact avec le système pénal, qui n’est sans doute pas équipé pour offrir un traitement de la meilleure qualité.10,12 Il en résulte que le traitement des jeunes adultes se caractérise souvent par des taux d’abandon élevés et de mauvais résultats cliniques.13–15 En outre, les interventions sont rarement conçues pour répondre aux besoins développementaux spécifiques des jeunes adultes ayant des troubles liés à l’usage de substances et des troubles de santé mentale.16,17 Les jeunes adultes sont généralement traités avec des adultes plus âgés, avec peu d’adaptations ou de considération pour l’étape singulière de leur vie.16 Parallèlement, on reconnaît de plus en plus que la famille est une cible importante d’un traitement réussi des troubles de santé mentale et des troubles liés à l’usage de substances, non seulement à l’adolescence, mais aussi à l’âge adulte.10,13,18–22 Des décennies de recherche confirment la relation réciproque entre fonctionnement familial et consommation de substances. Les troubles liés à l’usage de substances et les troubles de santé mentale des jeunes adultes mettent les membres de leur famille à l’épreuve, en particulier les parents.18,23–25 Les parents et les proches significatifs apportent souvent un soutien financier et un logement aux jeunes adultes de leur entourage, et facilitent leur accès aux soins de santé comportementale.8,13 La charge que représente le soin de membres de la famille ayant des troubles liés à l’usage de substances et des troubles de santé mentale accroît le risque de problèmes de santé pour les personnes aidantes.21
Si le traitement des jeunes adultes peut associer des membres de la famille, il existe une différence importante entre le « traitement impliquant la famille » et la « thérapie familiale ». L’implication de la famille, à elle seule, peut ne pas suffire à transformer la vie de jeunes adultes aux prises avec de graves problèmes d’usage de substances et de santé mentale. Les traitements impliquant la famille offrent surtout de la psychoéducation et encouragent les membres de la famille à soutenir le rétablissement de la personne jeune adulte.18 Dans le traitement des jeunes adultes, l’« implication de la famille » peut inclure les partenaires amoureux et le cercle amical sans associer les parents au processus de changement.10,17 La thérapie familiale, en revanche, cherche à changer l’ensemble du système, y compris les parents et les autres personnes qui ont de l’influence dans la vie de la personne jeune. Ces approches reconnaissent que, si le développement de relations proches avec des partenaires et des pairs est essentiel à un développement sain, les parents conservent une influence puissante jusqu’au début de l’âge adulte et au-delà.26 De fait, les jeunes adultes sont aujourd’hui plus en contact avec leur famille que les jeunes des générations précédentes.8 Par exemple, environ 52 % des 18-29 ans vivent chez leurs parents.27 Pour ces raisons, les parents de jeunes adultes peuvent jouer un rôle important dans la promotion du changement, en tant que cible à part entière de la thérapie familiale avec les jeunes adultes.
Malgré l’efficacité de la thérapie familiale pour les problèmes de l’adolescence, aucune recherche récente n’a examiné son potentiel auprès des jeunes adultes et de leurs parents. Il y a plus de 40 ans, Stanton et Todd26 ont publié des travaux pionniers sur le traitement familial des troubles liés à l’usage de substances chez l’adulte. La thérapie familiale structurale-stratégique s’est montrée efficace auprès de 46 jeunes adultes (âgés en moyenne de 25 ans) et de leurs parents. Ces résultats ont posé les bases de programmes de recherche sur la thérapie de couple pour l’usage problématique de substances chez l’adulte et sur les traitements familiaux de la consommation de substances à l’adolescence.18,28
Dans plusieurs essais cliniques randomisés publiés portant sur des jeunes de moins de 18 ans, la thérapie familiale multidimensionnelle (MDFT) s’est montrée capable de réduire la consommation de substances, la délinquance et les problèmes de santé mentale, et d’améliorer les résultats scolaires et le fonctionnement familial.29–36 L’approche de la MDFT est collaborative, globale et centrée sur la famille. Elle s’attaque simultanément à la consommation de substances, aux problèmes de comportement et à la délinquance, à la santé mentale, à la violence et à l’agressivité, aux difficultés scolaires et au fonctionnement familial. La MDFT intervient dans quatre domaines : la personne suivie (adolescent, adolescente ou jeune adulte), les parents, la famille (la personne suivie et ses parents ou sa famille ensemble) et la communauté. Ainsi, une même personne thérapeute assure, de manière intégrée, des séances individuelles avec la personne suivie, des séances avec les parents et des séances de thérapie familiale, et met aussi les membres de la famille en lien avec les services de la communauté. La MDFT est souple et adaptable, avec des effets importants à l’adolescence dans les contextes judiciaires.37 Des analyses économiques menées de façon indépendante étayent la faisabilité de sa mise en œuvre.38,39 En outre, depuis ses débuts, la MDFT s’inspire de la psychologie du développement et de la psychopathologie développementale,40–42 ce qui en fait un modèle prometteur pour une adaptation à différentes périodes du développement. La présente étude s’appuie sur les données solides et cohérentes qui soutiennent la MDFT dans le traitement à l’adolescence43 pour évaluer le potentiel de cette approche familiale auprès des jeunes adultes.
La présente étude repose sur quatre fondements qui indiquent que les familles en général, et les parents en particulier, demeurent des ressources potentielles inexploitées dans le traitement des jeunes adultes. Premièrement, les familles font partie intégrante du fonctionnement des jeunes adultes. Deuxièmement, beaucoup de jeunes adultes ont aujourd’hui des contacts réguliers avec leurs parents ou vivent sous leur toit. Troisièmement, des recherches pionnières ont validé il y a plus de 40 ans le traitement familial auprès de jeunes adultes et de leurs parents. Quatrièmement, les traitements familiaux comptent parmi les plus efficaces pour la consommation de substances et les problèmes de comportement à l’adolescence.
Dans la présente étude, l’équipe de recherche faisait l’hypothèse que la MDFT pour jeunes adultes serait (a) faisable et acceptable pour les jeunes adultes de l’étude et leurs parents, comme en témoigneraient des taux élevés d’inscription, de participation et de fin de traitement, ainsi qu’une grande satisfaction à l’égard du traitement ; et (b) que les personnes participantes réduiraient leur consommation de substances et leur délinquance, et amélioreraient leur fonctionnement professionnel ou scolaire entre l’entrée dans l’étude et la fin de la période de suivi.
Cette étude a été menée au tribunal pénal du 11e circuit judiciaire de l’État de Floride, dans le comté de Miami-Dade. L’ensemble des jeunes adultes de 18 à 25 ans orientés vers le tribunal pénal spécialisé en matière de drogue de Miami-Dade (Miami Dade Criminal Drug Court) et ayant de la famille vivant dans le sud de la Floride pouvaient participer. Les critères d’admission à ce tribunal étaient les suivants : (a) au moins une accusation en cours pour un crime non violent du troisième degré, à l’exclusion de la vente ou de la livraison d’une substance réglementée (ou de la détention en vue de la vente ou de la livraison) ; (b) pas plus de deux condamnations antérieures pour crime ou suspensions du prononcé ; (c) aucune condamnation antérieure ni suspension du prononcé pour un crime avec violence ; et (d) un diagnostic de trouble de l’usage de substances.
Le comité d’éthique institutionnel (Institutional Review Board, IRB) de l’université de Miami a approuvé et supervisé l’étude. Vingt-cinq admissions consécutives au tribunal spécialisé répondant aux critères d’éligibilité de l’étude ont été repérées par le personnel du tribunal, qui présentait brièvement l’étude aux jeunes adultes et leur demandait leur accord pour que leurs coordonnées soient transmises au personnel de recherche de l’université de Miami. Le personnel de recherche contactait ensuite les personnes susceptibles de participer pour leur présenter l’étude en détail et solliciter leur consentement éclairé. Vingt-deux ont donné leur consentement éclairé, soit un taux de réponse de 88 %.
Les données autorapportées des jeunes adultes de l’étude ont été recueillies à l’entrée dans l’étude, puis 6 mois plus tard, par le personnel de recherche de l’université de Miami. La présidence et le personnel du tribunal ignoraient qui participait à l’étude. Une fois la phase d’intervention terminée, le personnel du tribunal a extrait les données d’arrestation, de l’entrée dans l’étude jusqu’à 18 mois après, d’une base de données pénale tenue par l’État de Floride. Les données de traitement ont été tirées des dossiers du prestataire de soins.
Les personnes participantes relevaient d’un seul tribunal spécialisé, sous une présidence unique. Les jeunes adultes devaient se conformer aux exigences du tribunal pénal spécialisé en matière de drogue, à savoir suivre avec succès un traitement pour l’usage de substances, assister aux audiences et respecter les décisions du tribunal. Le tribunal appliquait les composantes clés des tribunaux spécialisés en matière de drogue et les normes de bonnes pratiques définies par la National Association of Drug Court Professionals.44,45 Ces normes, créées en 1996, ont été validées au fil des années suivantes. Les 10 composantes et normes clés sont les suivantes : (1) population cible ; (2) équité et inclusion ; (3) rôles et responsabilités de la fonction de juge ; (4) incitations, sanctions et ajustements thérapeutiques ; (5) traitement des troubles de l’usage de substances ; (6) traitements complémentaires et services sociaux ; (7) dépistage des drogues et de l’alcool ; (8) équipe pluridisciplinaire ; (9) effectifs et charge de dossiers ; et (10) suivi et évaluation.44,45 Les résultats de recherche indiquent que les résultats des tribunaux spécialisés sont liés au respect de ces principes et normes.46,47
Comme il est d’usage dans ces tribunaux (norme no 5), toutes les personnes suivies par le tribunal devaient participer à un traitement pour l’usage de substances. Au tribunal spécialisé de Miami-Dade, elles étaient orientées vers divers prestataires communautaires de traitement de l’usage de substances offrant une variété d’approches thérapeutiques (par exemple des traitements de groupe fondés sur les 12 étapes, la thérapie cognitivo-comportementale et la MDFT) et de niveaux de soins (ambulatoire, ambulatoire intensif et résidentiel). Un seul organisme communautaire, Concept Health Systems (CHS), a assuré la MDFT pour toutes les personnes participantes. Une fois orientées vers la MDFT, elles ne recevaient pas d’autres services de traitement de l’usage de drogues.
La MDFT est un traitement familial global, orienté par une perspective développementale.37,48 Les thérapeutes interviennent individuellement dans quatre domaines d’intervention : la personne jeune adulte, les parents, la famille et la communauté. Selon l’étape et les objectifs du traitement, les thérapeutes tiennent des séances en tête-à-tête avec la personne suivie, avec les parents sans elle, et avec la personne suivie et ses parents ensemble. Ce format soutient des combinaisons de mécanismes et de méthodes de changement thérapeutique intrapersonnels, interpersonnels et transactionnels familiaux (relations familiales). Le traitement dure en moyenne de 4 à 6 mois. Une même personne thérapeute travaille avec la personne suivie et les membres de sa famille, lors de séances au centre et à domicile. Dans le domaine communautaire, les thérapeutes assistent aux audiences et défendent les intérêts des jeunes adultes et des membres de leur famille selon les besoins, pour l’école, le placement en emploi et d’autres besoins de gestion de cas.
Dans l’adaptation de la MDFT aux jeunes adultes, les principes thérapeutiques, l’orientation, la structure et les composantes de la MDFT sont les mêmes que dans la version pour l’adolescence, hormis certains changements dans le format et le contenu des séances. Dans la version pour jeunes adultes, les séances peuvent réunir la personne suivie et ses partenaires intimes ou d’autres personnes, en plus de ses parents, de sa fratrie et de sa famille élargie. Par rapport à la version adolescente de la MDFT, les séances individuelles en tête-à-tête avec la personne suivie sont plus nombreuses. Le contenu de toutes les séances, comme il convient au niveau de développement de la personne suivie et de sa famille, diffère nettement de certains contenus de la MDFT pour l’adolescence. Par exemple, dans la MDFT pour jeunes adultes, les questions d’emploi et de carrière, de relations intimes et de sexualité prennent une importance accrue dans la vie quotidienne. Certains jeunes adultes sont à leur tour parents ; la personne thérapeute MDFT les aide alors à réussir dans leur rôle parental. Les parents de jeunes adultes ont souvent besoin d’aide pour passer de l’éducation d’un enfant adolescent à celle d’un enfant jeune adulte, notamment pour maintenir des attentes dans un contexte de respect mutuel. Comme dans la MDFT à l’adolescence, les séances familiales visent à améliorer la communication, la compréhension et la résolution de problèmes en famille, à approfondir le lien émotionnel entre les membres de la famille et à aider jeunes adultes et parents à renégocier leurs relations. Les protocoles de la MDFT détaillent les interventions clés, et une conception modulaire du traitement aide à organiser de multiples cibles thérapeutiques interdépendantes et les techniques thérapeutiques prescrites.
L’adhésion aux techniques de la MDFT a été évaluée au moyen de l’inventaire des interventions de la thérapie familiale multidimensionnelle (Multidimensional Family Therapy Intervention Inventory, MII),49 qui mesure les interventions essentielles de la MDFT. Le MII a été largement utilisé dans la supervision clinique, la formation et les essais cliniques randomisés de la MDFT, et a démontré une forte fiabilité interjuges.50 Des personnes évaluatrices indépendantes visionnent les enregistrements vidéo et évaluent les séances de thérapie selon l’ampleur de 16 interventions centrales de la MDFT, sur une échelle de type Likert en sept points allant de 1 (pas du tout) à 7 (largement). Sur la base de plus de 650 évaluations MII antérieures auprès de jeunes de moins de 18 ans et de leurs familles, un score de 3,0 ou plus constitue le seuil de référence d’une adhésion adéquate.50 Une séance de 6 des 22 situations suivies (27 %) a été tirée au sort et évaluée avec le MII. Les évaluations des vidéos de séances ont montré que les thérapeutes MDFT atteignaient un score d’adhésion moyen de 3,3 sur l’ensemble des séances (É.-T. = 0,8), ce qui atteignait le seuil établi d’adhésion adéquate.
Pour évaluer la fidélité thérapeutique aux paramètres du traitement, des données sur les contacts thérapeutiques (composition et durée des séances) ont été recueillies auprès du prestataire clinique. Les personnes participantes ont reçu en moyenne 9,25 heures de thérapie par mois (un peu plus de 2 heures par semaine) sur une durée moyenne de traitement de 5,96 mois. Cinquante et un pour cent des séances se sont tenues en tête-à-tête avec la personne suivie. Vingt-huit pour cent étaient des séances familiales, 16 % des séances avec les parents sans la personne suivie, et 5 % relevaient du domaine communautaire (par exemple des visites dans des établissements d’enseignement supérieur ou des programmes de formation professionnelle). Ces données sont conformes aux seuils de référence de la MDFT.
Deux mesures ont servi à évaluer la consommation de substances : l’indice de gravité de l’addiction (Addiction Severity Index, ASI)51 et la méthode du calendrier rétrospectif (Timeline Follow-Back, TLFB).52 L’ASI est un entretien semi-structuré qui évalue le fonctionnement passé et actuel de la personne. C’est un instrument largement utilisé, dont la fiabilité et la validité sont excellentes.53,54 Dans cette étude, les scores composites de consommation d’alcool et de consommation de drogues ont été analysés. La méthode TLFB mesure la fréquence de consommation et les quantités consommées. Elle a été largement utilisée dans les études de traitement de l’usage de substances chez l’adulte et à l’adolescence.55–57 La TLFB a permis d’obtenir des déclarations rétrospectives de consommation quotidienne sur 90 jours. Dans cette étude, nous avons analysé le nombre de jours de consommation d’une drogue quelconque et le nombre de jours d’alcoolisation jusqu’à l’ivresse déclarés par les personnes participantes.
Les données d’arrestation ont été extraites, pour chaque personne participante, de la base de données pénale tenue par l’État de Floride, de l’entrée dans l’étude jusqu’à 18 mois après. Le nombre d’arrestations et le type d’infraction (crime ou délit) ont été calculés pour 3 périodes : (1) de l’entrée dans l’étude à 6 mois après, (2) de 6 à 12 mois après l’entrée et (3) de 12 à 18 mois après l’entrée. Le score composite judiciaire de l’ASI, qui mesure l’implication judiciaire (par exemple être actuellement dans l’attente de poursuites, le nombre de jours d’implication dans une activité illégale, l’auto-évaluation de la gravité des problèmes judiciaires), a aussi été utilisé dans les analyses.
L’équipe de recherche a utilisé trois mesures du fonctionnement professionnel. La compétence développementale a été évaluée au moyen de la sous-échelle Travail du questionnaire de statut (Status Questionnaire).58,59 La sous-échelle Travail évalue les attitudes à l’égard du travail et l’accomplissement des responsabilités professionnelles, dont la ponctualité, le fait de faire son travail et les absences. L’échelle d’emploi de l’ASI a aussi été utilisée ; elle comprend des items comme la possession d’un permis de conduire valide et l’accès à une voiture, les jours de travail rémunéré et le montant gagné. La situation d’emploi (sans emploi, emploi à temps partiel, emploi à temps plein) a été tirée des dossiers du prestataire et codée ainsi : (0) = emploi à temps plein, (1) = emploi à temps partiel, (2) = recherche active d’emploi sans emploi actuel, et (3) = sans emploi et sans démarche active vers l’emploi.
La satisfaction à l’égard de la MDFT a été mesurée par l’échelle de satisfaction à l’égard des services (Service Satisfaction Scale, SSS-16),60 un instrument conçu pour mesurer plusieurs composantes de la satisfaction à l’égard des services de santé comportementale (manière d’être et compétences du prestataire, résultat perçu, procédures et accessibilité). Cette étude a utilisé le score total de satisfaction calculé à partir de tous les items. Les jeunes adultes ont rempli la SSS-16 à 6 mois.
Étant donné le petit nombre de personnes participantes, des tests non paramétriques pour échantillons appariés, en l’occurrence le test des rangs signés de Wilcoxon, ont été utilisés pour comparer les résultats entre l’entrée dans l’étude et les deux périodes de suivi. Les tests non paramétriques sont utilisés comme alternative aux tests paramétriques (par exemple l’analyse de variance à mesures répétées), qui reposent sur une distribution d’échantillonnage hypothétique à partir de laquelle sont dérivées les probabilités et se prend la décision sur la significativité statistique du test. Un test non paramétrique est considéré comme « libre de distribution », ce qui lève bon nombre des hypothèses des tests paramétriques classiques. C’est souvent la technique la plus appropriée pour des mesures répétées sur de petits échantillons. Le test des rangs signés de Wilcoxon s’intéresse à l’ordre ou au rang des scores, plutôt que de faire des hypothèses sur une distribution continue sous-jacente aux données.
En plus des résultats des tests statistiques non paramétriques, les tailles d’effet sont rapportées, car elles conviennent aux recherches sur petits échantillons, n’étant pas confondues avec la taille de l’échantillon. La différence moyenne standardisée (d de Cohen) a été utilisée comme mesure de la taille d’effet. L’équipe de recherche a d’abord examiné les changements entre l’entrée dans l’étude et le suivi à 6 mois, puis étudié la période de suivi à plus long terme (de 7 à 18 mois après l’entrée).
Les analyses ont été réalisées avec SPSS, version 25.
Vingt-cinq personnes ont été sollicitées pour participer à l’étude. Trois ont refusé, soit un taux de réponse de 88 %. Vingt-deux jeunes adultes ont participé à l’étude. Comme le montre le tableau 1, 73 % avaient entre 18 et 20 ans, et 27 % entre 21 et 25 ans. Soixante et onze pour cent se sont déclarés de sexe masculin et 29 % de sexe féminin. Les personnes participantes ont déclaré leur appartenance ethnique comme hispanique (71 %), afro-américaine (27 %) ou autre (5 %). L’ensemble des jeunes adultes avait au moins une accusation criminelle en cours et un diagnostic de trouble de l’usage de substances. Fait notable, pour chacune des personnes inscrites dans l’étude, au moins un parent ou une personne ayant la charge éducative avait accepté de participer à la MDFT.
Tableau 1 — Caractéristiques des personnes participantes de l’échantillon
Le taux de recueil des données a été de 95,5 %, les données du suivi à 6 mois ne manquant que pour une personne participante. Celle-ci n’était pas disponible pour l’évaluation en présentiel de fin de traitement. Deux indicateurs de résultat, les nouvelles arrestations et la réussite du programme du tribunal spécialisé, ont été obtenus pour toutes les personnes participantes.
Les jeunes adultes ont été invités à indiquer leur degré de satisfaction ou d’insatisfaction à l’égard de la MDFT sur la SSS-16. Toutes les personnes participantes ont indiqué être « ravies », le plus haut niveau de satisfaction de la SSS-16, du traitement dans son ensemble. En outre, 100 % d’entre elles ont déclaré être « ravies » de la plupart des items relatifs au traitement, dont les « connaissances et compétences professionnelles de la personne thérapeute » et la « capacité de votre thérapeute à écouter et à comprendre vos problèmes ». Les scores de satisfaction les plus bas concernaient la « publicité ou l’information sur les programmes et services proposés », 82 % se disant « ravies » et les autres (18 %) « plutôt satisfaites ».
Les résultats figurent dans le tableau 2. Les données autorapportées et les données des dossiers pénaux étaient disponibles pour cette période. Comme l’équipe de recherche en faisait l’hypothèse, les jeunes adultes ayant reçu la MDFT ont montré des baisses significatives de la consommation de substances et de la délinquance, et une amélioration significative du fonctionnement professionnel entre l’entrée dans l’étude et le suivi à 6 mois. Pour la consommation de substances, le score composite drogues de l’ASI (Z = −4,02, p < 0,001, d = 1,87), le score composite alcool (Z = −3,36, p = 0,001, d = 0,83), le nombre de jours de consommation d’une drogue quelconque au TLFB (Z = −3,98, p < 0,001, d = 3,84) et le nombre de jours d’ivresse alcoolique (Z = −3,47, p ≤ 0,001, d = 0,71) ont chacun montré des baisses statistiquement significatives entre l’entrée dans l’étude et le suivi à 6 mois, avec des tailles d’effet moyennes à grandes.
Tableau 2 — Mesures de tendance centrale à l’entrée et à 6 mois, tests de Wilcoxon et tailles d’effet pour les données autorapportées
Pour chaque variable : moyenne à l’entrée (É.-T.), moyenne à 6 mois (É.-T.), médiane à l’entrée, médiane à 6 mois, test de Wilcoxon, p, taille d’effeta,b.
a La taille d’effet est la différence moyenne standardisée ; elle est calculée sur les moyennes de l’échantillon et non sur les médianes. b Petite = 0,30, moyenne = 0,50, grande = 0,70. Abréviations : TLFB, calendrier rétrospectif (timeline follow-back) ; ASI, indice de gravité de l’addiction (Addiction Severity Index) ; DCS, échelles de compétence développementale (Developmental Competence Scales) ; TLFB, nombre de jours de consommation sur une période de 90 jours.
L’examen des dossiers pénaux a montré qu’une seule personne participante avait été arrêtée pendant cette période. En cohérence avec les données des casiers judiciaires, le score composite judiciaire de l’ASI a montré une baisse statistiquement significative du risque judiciaire, avec une grande taille d’effet, entre l’entrée dans l’étude et le suivi à 6 mois (Z = −3,07, p = 0,002, d = 0,86).
Enfin, pour le fonctionnement professionnel, la sous-échelle Travail de l’échelle de compétence développementale du questionnaire de statut (SQ) a montré une hausse statistiquement significative du fonctionnement professionnel positif entre l’entrée dans l’étude et 6 mois plus tard (Z = 3,14, p = 0,002, d de Cohen = 1,19). La sous-échelle composite emploi de l’ASI n’a pas montré d’amélioration significative entre l’entrée dans l’étude et le suivi à 6 mois (Z = 0,22, p = 0,826, d de Cohen = 0,22). Les données indiquaient toutefois une amélioration significative de la situation d’emploi entre l’entrée dans l’étude et 6 mois plus tard (Z = −2,28, p = 0,023) : 45 % étaient sans emploi à l’entrée, contre 18 % six mois plus tard. De plus, 68 % des jeunes adultes avaient un emploi à temps plein 6 mois après l’entrée dans l’étude, soit une hausse de 73 % de l’emploi à temps plein entre l’admission et les 6 mois suivants.
Seules les données des dossiers pénaux étaient disponibles pour cette période. Vingt personnes participantes (91 %) ont mené à terme le programme du tribunal spécialisé. Entre 6 et 12 mois après l’entrée dans l’étude, deux jeunes adultes (9 %) ont fait l’objet d’une arrestation. Pendant la période de 12 à 18 mois après l’entrée, trois jeunes adultes ont fait l’objet d’une arrestation (dont une seule personne qui n’avait pas déjà été arrêtée lors de la période précédente). Au total, trois jeunes adultes (14 %) ont fait l’objet d’une arrestation entre l’entrée dans l’étude et 18 mois plus tard. Une personne a été arrêtée trois fois, une deuxième deux fois et la troisième une fois au cours de cette période. Ainsi, 86 % des jeunes adultes ayant reçu la MDFT n’ont connu aucune nouvelle arrestation pendant les 18 mois de l’étude. Ces taux d’arrestation se comparent favorablement aux résultats d’évaluation et de recherche existants sur les personnes suivies par les tribunaux pénaux spécialisés en matière de drogue, qui montrent des baisses des taux de nouvelle arrestation allant de 8 à 53 %.61,62 Rappelons que la totalité de l’échantillon avait été arrêtée avant l’entrée dans le programme du tribunal spécialisé.
La question principale de cette étude était de savoir s’il serait faisable et prometteur d’étendre une intervention familiale conçue à l’origine pour l’adolescence à une autre période du développement, celle du début de l’âge adulte. Malgré des données de plus en plus nombreuses montrant que les interventions familiales sont efficaces aussi bien à l’adolescence qu’à l’âge adulte, la recherche et la pratique clinique se sont surtout intéressées au rôle de la famille dans la santé comportementale à l’adolescence, et moins à son rôle auprès des jeunes adultes ou des adultes.19,63,64 Hogue et al. (2023) rappellent que le faible engagement de la famille en santé comportementale contraste fortement avec la pratique médicale, où il est courant d’associer les membres de la famille.
Dans la présente étude, bien que des proches significatifs comme la fratrie ou les partenaires ne fussent pas écartés de la thérapie, l’ensemble des jeunes adultes a invité ses parents à participer. La personne suivie comme ses parents ont participé aux séances de MDFT, avec une aide pour opérer des changements importants. La MDFT s’intéresse à la manière dont les parents influencent leurs enfants et interagissent avec eux, et pas seulement à l’aide que les parents peuvent apporter pour engager leur enfant devenu jeune adulte dans le traitement et soutenir son parcours de soins. Changer les attitudes du parent et ses interactions avec son enfant jeune adulte est une voie clé par laquelle la MDFT cherche à aider la personne suivie à réduire son usage problématique de substances et ses autres problèmes. Cela contraste avec d’autres interventions auprès des jeunes adultes, centrées sur les pairs et sur le réseau social plus large, et non sur les parents en tant que tels, comme source principale d’influence.17,64 L’équipe de recherche suppose que des idées fausses très répandues font obstacle à l’implication de la famille, et en particulier des parents, dans le traitement des jeunes adultes. Parmi ces croyances peu utiles figurent par exemple les idées que les parents exercent plus probablement une influence négative que positive sur leurs enfants jeunes adultes, que la relation parent-enfant perd de son importance au début de l’âge adulte, et que la tâche des jeunes adultes est de développer leur autonomie et de s’individuer en s’éloignant de leurs parents.10,65,66
L’équipe de recherche a abordé cette étude avec une idée résolument différente : les parents exercent une forte influence bien au-delà de l’adolescence. Par son travail simultané dans plusieurs domaines (jeune adulte, parents, famille, communauté), la MDFT était supposée particulièrement bien adaptée à la période développementale du début de l’âge adulte, et les résultats de cette étude vont dans ce sens. Ils étayent l’idée que mener une thérapie familiale avec des jeunes adultes et leurs parents ensemble, en favorisant le changement chez les uns comme chez les autres, est faisable et montre des effets prometteurs. Plus précisément, 88 % des jeunes adultes ont accepté de s’engager dans la MDFT avec leurs parents. L’intervention a été délivrée avec une forte fidélité, la satisfaction des personnes participantes était élevée, et plus de 95 % d’entre elles ont mené le traitement à son terme. Quant aux résultats cliniques, ils sont très prometteurs. Les analyses ont montré des baisses statistiquement significatives de la consommation de substances, des arrestations et du risque judiciaire, ainsi que des améliorations significatives du fonctionnement professionnel et de la situation d’emploi. De grandes tailles d’effet sont apparues pour six des sept variables mesurées (au-dessus de 0,70), et une seule variable (l’échelle composite emploi de l’ASI) a donné un résultat non significatif. Dans l’ensemble, les résultats se comparent favorablement à ceux d’autres études d’intervention auprès de jeunes adultes.12,16,17
Si les résultats sont encourageants, il s’agit d’une petite étude de faisabilité. Plusieurs limites sont évidentes, et des recherches supplémentaires sont nécessaires pour évaluer pleinement l’application de la MDFT aux populations de jeunes adultes. Le devis à groupe unique et la petite taille de l’échantillon empêchent toute conclusion définitive valant pour les jeunes adultes en général. L’étude s’est déroulée dans un seul tribunal pénal spécialisé en matière de drogue, et ses résultats ne sont pas nécessairement généralisables à d’autres tribunaux ou contextes de traitement. La régression vers la moyenne peut avoir contribué aux résultats favorables des jeunes adultes au fil du temps, puisque l’étude a commencé à un moment de crise de leur vie. Enfin, l’échantillon était majoritairement masculin (71 %) et hispanique (62 %), si bien que les résultats pourraient difficilement se généraliser aux femmes et aux jeunes adultes d’autres groupes ethniques.
La présente étude constitue un bon point de départ, qui démontre la faisabilité et la promesse de la MDFT pour les jeunes adultes. Sur la base de ces résultats, des essais cliniques randomisés de la MDFT portant sur des échantillons plus diversifiés de jeunes adultes, examinant de multiples résultats (consommation de substances, santé mentale, fonctionnement scolaire ou professionnel, risque judiciaire) et comportant des périodes de suivi plus longues, sont justifiés.
Les résultats de cette étude ont plusieurs implications importantes pour améliorer l’offre de services de santé comportementale aux jeunes adultes. Premièrement, ils suggèrent que les programmes intensifs de thérapie familiale à composantes multiples comme la MDFT sont faisables et bénéfiques pour les jeunes adultes et leurs parents. Les résultats impliquent non seulement que la MDFT devrait être mise en œuvre auprès de cette population, mais ils soulignent aussi les bénéfices de modèles efficaces de thérapie familiale pour améliorer la santé comportementale des jeunes adultes. Malgré les données qui soutiennent l’implication de la famille dans les soins de santé comportementale en général et dans le traitement de l’usage de substances en particulier,13,19,21,22,65 très peu de personnes bénéficient d’une thérapie familiale. Par exemple, une enquête annuelle financée par le département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis (DHHS) sur les traitements les plus souvent utilisés par les prestataires n’incluait même pas les approches familiales dans sa liste de 15 options.20 L’implication de la famille est nécessaire non seulement dans le traitement des jeunes adultes, mais dans les soins de santé comportementale en général. Les résultats montrent le bénéfice d’un engagement actif des parents dans le traitement, et de la motivation des parents et des autres membres de la famille à changer.
Étant donné le succès de la thérapie familiale pour les problèmes de l’adolescence19 et le besoin sans précédent de services de santé comportementale chez les jeunes adultes,67 l’adaptation à ce groupe de thérapies familiales fondées sur des données probantes semble une prochaine étape positive. Le début de l’âge adulte est une période développementale particulière, faite à la fois de risque et d’opportunité. Pour trop de jeunes adultes vulnérables, le risque l’emporte sur l’opportunité.7,10,11 Sans traitement efficace, beaucoup de ces jeunes adultes sont exposés à un risque extrême de difficultés tout au long de la vie, dont les surdoses, les accidents, l’instabilité psychique, le chômage et l’incarcération. Les jeunes adultes ont sans aucun doute besoin de services de traitement spécialisés, étant donné leur risque élevé de délinquance, d’usage problématique de substances, opioïdes compris, et de graves problèmes de santé mentale.7 Le besoin de traitements innovants pour ce groupe d’âge est indéniable.21 Les résultats de cette étude suggèrent que des interventions familiales adaptées au développement, comme la MDFT, pourraient convenir idéalement aux jeunes adultes.
Enfin, compte tenu des solides résultats de faisabilité et d’efficacité de cette étude pilote, on ne peut s’empêcher de supposer que la MDFT ou des traitements semblables pourraient aussi bénéficier aux adultes de plus de 25 ans. L’influence de la famille en général, et celle des parents en particulier, pour le meilleur ou pour le pire, ne faiblit pas nécessairement à l’âge adulte. Les résultats de cette étude, joints aux travaux pionniers de Stanton et Todd,26 suggèrent que la thérapie familiale n’est pas seulement indiquée pour l’enfance et l’adolescence, mais pourrait aussi être un traitement bénéfique, chez l’adulte, des troubles liés à l’usage de substances et des difficultés associées. D’autres recherches sur l’application de la MDFT et d’autres modèles de thérapie familiale aux populations adultes sont donc justifiées. Un exemple innovant est en cours dans le Connecticut. Le département de l’Enfance et des Familles du Connecticut a récemment obtenu une subvention du département de la Santé et des Services sociaux pour mener, en partenariat avec Chestnut Health Systems, un essai clinique randomisé qui associe la thérapie familiale multidimensionnelle et le rétablissement familial multidimensionnel (Multidimensional Family Recovery, MDFR).68 La MDFR est une approche familiale fondée sur des données probantes, qui s’est révélée efficace pour engager des parents risquant de perdre la garde de leurs enfants en raison d’un usage problématique de substances. Le programme intégré de thérapie et de rétablissement familial multidimensionnels (MDFTR) traite l’usage problématique de substances des parents et les difficultés de santé comportementale concomitantes chez des parents suivis par les services de protection de l’enfance. Les résultats de cette nouvelle étude pourraient éclairer la conception et la mise en œuvre de traitements familiaux globaux de l’usage problématique de substances et des problèmes associés, jusque tard dans l’âge adulte.
Complexe Systémique : à retenir
L’étude est petite, mais elle bouscule une évidence partagée par beaucoup de services : passé 18 ans, la famille ne serait plus qu’un décor, et l’autonomie se conquerrait contre les parents. Ici, chacune des 22 personnes de l’étude a invité au moins un parent, et la thérapie a travaillé en même temps avec la personne jeune, avec les parents seuls, avec la famille et avec les institutions (tribunal, école, emploi). C’est une lecture proprement systémique de l’addiction : on ne se contente pas d’« impliquer » la famille pour soutenir le traitement, on cherche à changer les interactions qui entretiennent le problème, en aidant parents et jeunes adultes à renégocier leur relation à un âge où elle change de nature. Les résultats sont nets, mais la prudence s’impose : pas de groupe témoin, un seul tribunal, un public qui arrive en crise (d’où un possible retour spontané vers la moyenne), et une équipe liée à l’organisme qui diffuse la MDFT, ce que l’article déclare. À lire avec l’article sur les conversations de soutien avec les jeunes adultes et leur famille, et avec l’article sur le stigmate vécu par les mères de personnes qui consomment des substances.
Notes de l’original
Remerciements. L’équipe remercie la Laura and John Arnold Foundation pour son financement, le tribunal pénal spécialisé en matière de drogue du comté de Miami-Dade (sous la présidence de l’honorable Jeri Cohen) pour sa participation, Concept Health Systems, qui a assuré la MDFT, ainsi que les jeunes adultes et leurs familles qui ont participé à l’étude.
Liens d’intérêts. MDFT International, Inc. est une organisation à but non lucratif de type 501(c)3 enregistrée aux États-Unis. Comme elle propose, dans le cadre de sa mission, des services de formation et de mise en œuvre de la MDFT, il existe un conflit d’intérêts potentiel. Aucun membre de l’équipe ne détient de part ni de propriété dans MDFT International. Gayle Dakof, Cindy Rowe et Megan Lucas travaillent pour MDFT International, et Howard Liddle préside son conseil d’administration.
Note de l’éditeur. Springer Nature reste neutre en ce qui concerne les revendications territoriales dans les cartes publiées et les affiliations institutionnelles.
Références
Arnett JJ. Emerging adulthood: A theory of development from the late teens through the twenties. American Psychologist 2000; 55(5): 469-480. 10.1037/0003-066X.55.5.469. Accessed 7 April, 2016.
Bynner J. Rethinking the youth phase of the life-course: The case for emerging adulthood? Journal of Youth Studies 2005; 8(4): 367-384. 10.1080/13676260500431628. Accessed 14 March, 2021.
Fussell E, Furstenberg Jr. FF. The transition to adulthood during the twentieth century: Race, nativity, and gender. In: RA Settersten Jr, FF Furstenberg Jr, RG Rumbaut (Eds.). On the Frontier of Adulthood: Theory, Research, and Public Policy. Chicago, IL: University of Chicago Press, 2005, 29-75. Available at https://psycnet.apa.org/doi/10.7208/chicago/9780226748924.003.0002. Accessed 7 April, 2016.
Schulenberg JE, Sameroff AJ, Cicchetti D. The transition to adulthood as a critical juncture in the course of psychopathology and mental health. Development and Psychopathology 2004; 16: 799-806. 10.1017/S0954579404040015. Accessed 7 April, 2016.
Schulenberg JE, Zarrett NR. Mental health during emerging adulthood: Continuity and discontinuity in courses, causes, and functions. In: JJ Arnett, JL Tanner (Eds.). Emerging Adults in America: Coming of Age in the 21st Century. Washington, DC: American Psychological Association, 2006, 135-172. Available at https://www.apa.org/pubs/books/4317092. Accessed 7 April, 2016.
Zajac K, Sheidow AJ, Davis M. Juvenile justice, mental health, and the transition to adulthood: a review of service system involvement and unmet needs in the US. Children and youth services review 2015; 56: 139-148. 10.1016/j.childyouth.2015.07.014. Accessed 7 April, 2016.
Substance Abuse and Mental Health Services Administration. Key substance use and mental health indicators in the United States: Results from the 2018 National Survey on Drug Use and Health. Center for Behavioral Health Statistics and Quality. Publication No. PEP19-5068, NSDUH Series H-54, August 2019. Available at https://www.samhsa.gov/data/sites/default/files/cbhsq-reports/NSDUHNationalFindingsReport2018/NSDUHNationalFindingsReport2018.pdf. Accessed 14 March, 2021.
Bonnie RJ, Stroud C, Breiner H (Eds.). Investing in the Health and Well-Being of Young Adults. Washington, DC: National Academies Press, 2015. 10.17226/18869. Accessed 10 May, 2022.
Brame R, Mulvey EP, Schubert CA, et al. Recidivism in a sample of serious adolescent offenders. Journal of Quantitative Criminology 2018; 34(1): 167–187. 10.1007/s10940-016-9329-2. Accessed 14 March, 2021.
Silverstein M, Hadland SE, Hallett E, et al. Principles of care for young adults with substance use disorders. Pediatrics 2021; 147: S195-S203. 10.1542/peds.2020-023523B. Accessed 14 March, 2021.
Perker S, Chester L. The Justice System and young adults with substance use disorders. Pediatrics 2021; 147(Suppl 2): S249–S258. 10.1542/peds.2020-023523H. Accessed 14 March, 2021.
Skeem JL, Manchak S, Peterson JK. Correctional policy for offenders with mental illness: Creating a new paradigm for recidivism reduction. Law and Human Behavior 2011; 35(2): 110-126. 10.1007/s10979-010-9223-7. Accessed 14 March, 2021.
Tambling RR, Russell B, D’Aniello C. Where is the family in young adult substance use treatment? The case for systemic family therapy for young adults with substance use disorders. International Journal of Mental Health and Addiction 2021; 20(3): 1-12. 10.1007/s11469-020-00471-1. Accessed 14 March, 2021.
Schuman-Olivier Z, Weiss RD, Hoeppner BB, et al. Emerging adult age status predicts poor buprenorphine treatment retention. Journal of Substance Abuse Treatment 2014; 47(3): 202–212. 10.1016/j.jsat.2014.04.006. Accessed 10 May, 2022.
Hadland SE, Yule AM, Levy SJ, et al. Evidence-based treatment of young adults with substance use disorders. Pediatrics 2021; 147(Suppl 2): S204–S214. 10.1542/peds.2020-023523D. Accessed 14 March, 2021.
Bergman BG, Kelly JF, Nargiso JE, et al. The age of feeling in-between addressing challenges in the treatment of emerging adults with substance use disorders. Cognitive and Behavioral Practice 2016; 23(3): 270-288. 10.1016/j.cbpra.2015.09.008. Accessed 14 March, 2021.
Sheidow AJ, McCart MR, Davis M. Multisystemic therapy for emerging adults with serious mental illness and justice involvement. Cognitive and Behavioral Practice 2016; 23(3): 356–367. 10.1016/j.cbpra.2015.09.003. Accessed 7 April, 2016.
Rowe CL. Family therapy for drug abuse: Review and updates 2003–2010. Journal of Marital and Family Therapy 2012; 38(1): 59-81. 10.1111/j.1752-0606.2011.00280.x. Accessed 7 April, 2016.
Ariss T, Fairbairn CE. The effect of significant other involvement in treatment for substance use disorders: a meta-analysis. Journal of Consulting and Clinical Psychology 2020; 88(6): 526-540. 10.1037/ccp0000495. Accessed 14 March, 2021.
Substance Abuse and Mental Health Services Administration (2020 Update). Treatment Improvement Protocol (TIP) 39: Substance Use Disorder Treatment and Family Therapy. Publication No. PEP20-02-02-012, September, 2020. Available at https://store.samhsa.gov/sites/default/files/SAMHSA_Digital_Download/PEP20-02-02-012-508%20PDF.pdf. Accessed 19 June, 2022.
Ventura AS, Bagley SM. To improve substance use disorder prevention, treatment and recovery: Engage the family. Journal of Addiction Medicine 2017; 11(5): 339–341. 10.1097/ADM.0000000000000331. Accessed 14 March, 2021.
Hogue A, Schumm JA, MacLean A, et al. Couple and family therapy for substance use disorders: Evidence-based update 2010-2019. Journal of Marital and Family Therapy 2022; 48: 178-203. 10.1111/jmft.12546. Accessed 14 January, 2023.
Kaur A, Mahajan S, Deepti SS, et al. Assessment of the role of burden in caregivers of substance abusers: A study done in Swami Vivekananda Drug De-Addiction Centre, Govt Medical College, Amritsar. International Journal of Community Medicine and Public Health 2018; 5(6) 2380-2383. 10.18203/2394-6040.ijemph20182162. Accessed 14 March, 2021.
Shumway ST, Bradshaw SD, Hayes N, et al. Prefrontal cortex functioning of family members of those with a substance use disorder. Alcoholism Treatment Quarterly 2019; 37(1): 75-98. 10.1080/07347324.2018.1488549. Accessed 14 March, 2021.
D’Aniello C, Tambling R, Smith M, et al. “Every time the phone rings, my heart stops”: Mothers’ emotional responses to having a young adult child with a substance use disorder. Journal of Marital and Family Therapy 2022; 48(3), 861-882. 10.1111/jmft.12558. Accessed 20 January, 2023.
Stanton MD, Todd TC. Family Therapy of Drug Abuse and Addiction. New York, NY: Guilford, 1982. Accessed 7 April, 2016.
A majority of young adults in the U.S. live with their parents for the first time since the Great Depression. Washington, DC: Pew Research Center, 2020. Available at https://www.pewresearch.org/fact-tank/2020/09/04. Accessed 14 March, 2021.
Klostermann K, O’Farrell TJ. Chapter 8, Couple interventions for alcohol use disorders. In KS Wampler, AJ Blow (Eds.). The Handbook of Systemic Family Therapy. Hoboken, NJ: John Wiley & Sons, 2020, 185-206. Accessed 10 May, 2022.
Liddle HA, Dakof GA, Turner RM, et al. Treating adolescent drug abuse: A randomized trial comparing multidimensional family therapy and cognitive behavior therapy. Addiction 2008; 103(10): 1660-70. 10.1111/j.1360-0443.2008.02274.x. Accessed 20 January, 2023.
Liddle HA, Rowe CL, Dakof GA, et al. (2009). Multidimensional Family Therapy for young adolescent substance abuse: Twelve-month outcomes of a randomized controlled trial. Journal of Consulting and Clinical Psychology; 77(1): 12-25. 10.1037/a0014160. Accessed 20 January, 2023.
Henderson CE, Dakof GA, Greenbaum P, et al. Effectiveness of Multidimensional Family Therapy with higher-severity substance abusing adolescents: Report from two randomized controlled trials. Journal of Consulting and Clinical Psychology 2010; 78: 885-897. 10.1037/a0020620. Accessed 20 January, 2023.
Rigter H, Henderson CE, Pelc I, et al. Multidimensional Family Therapy lowers the rate of cannabis dependence in adolescents: A randomised controlled trial in Western European outpatient settings. Drug and Alcohol Dependence 2013; 130(1-3): 85-93. 10.1016/j.drugalcdep.2012.10.013. Accessed 20 January, 2023.
Schaub MP, Henderson CE, Pelc I, et al. Multidimensional Family Therapy decreases the rate of externalising behavioural disorder symptoms in cannabis abusing adolescents: Outcomes of the INCANT trial. BMC Psychiatry 2014, 14(1): 26. 10.1186/1471-244X-14-26. Accessed 14 March, 2021
Dakof GA, Henderson CE, Rowe CL, et al. A randomized clinical trial of family therapy in juvenile drug court. Journal of family psychology 2015; 29(2): 232. 10.1037/fam0000053. Accessed 20 January, 2023.
Greenbaum PE, Wang W, Henderson CE, et al. Gender and ethnicity as moderators: Integrative data analysis of Multidimensional Family Therapy randomized clinical trials. Journal of Family Psychology 2015; 29(6): 919-930. 10.1037/fam0000127. Accessed 20 January, 2023.
Liddle HA, Dakof GA, Rowe CL, et al. Multidimensional Family Therapy as a community-based alternative to residential treatment for adolescents with substance use and co-occurring mental health disorders. Journal of Substance Abuse Treatment 2018; 90: 47-56. 10.1016/j.jsat.2018.04.011. Accessed 20 January, 2023.
Liddle HA. Multidimensional Family Therapy: Evidence base for transdiagnostic treatment outcomes, change mechanisms, and implementation in community settings. Family Process, 2016; 55(3): 558-576. 10.1111/famp.12243. Accessed 7 April, 2016.
Goorden M, van der Schee E, Hendriks VM, et al. Cost-effectiveness of Multidimensional Family Therapy compared to cognitive behavioral therapy for adolescents with a cannabis use disorder: Data from a randomized controlled trial. Drug and Alcohol Dependence 2016; 162: 154-161. 10.1016/j.drugalcdep.2016.03.004. Accessed 14 March, 2021.
Zavala SK, French MT, Henderson CE, et al. Guidelines and challenges for estimating the economic costs and benefits of adolescent substance abuse treatments. Journal of Substance Abuse Treatment 2005; 29(3): 191-205. 10.1016/j.jsat.2005.06.004. Accessed 14 March, 2021.
Liddle HA. Theory development in a family-based therapy for adolescent drug abuse. Journal of Clinical Child Psychology 1999; 28(4): 521-532. 10.1207/S15374424JCCP2804_12. Accessed 7 April, 2016.
Liddle HA, Rowe C, Diamond GM, et al. Towards a developmental family therapy: The clinical utility of adolescent development research. Journal of Marital and Family Therapy 2000; 26(4): 491-506. 10.1111/j.1752-0606.2000.tb00318.x. Accessed 14 March, 2021.
Liddle H, Rigter H. How developmental research and contextual theory drive clinical work with adolescents with addiction. Harvard Review of Psychiatry 2013; 21(4): 200-204. 10.1097/HRP.0b013e31829aaa6b. Accessed 14 March, 2021.
Boustani M, Henderson CE, Liddle HA. Family-based treatments for adolescent substance abuse: How scientific advances yield new developmental challenges. In: SA Brown, RA Zucker (Eds.). The Oxford Handbook of Adolescent Substance Abuse. London, UK: Oxford University Press, 2015. 10.1093/oxfordhb/9780199735662.001.0001. Accessed 14 March, 2021.
Adult Drug Court Best Practice Standards, Volume 1 (Text Revision). Alexandria, VA: National Association of Drug Court Professionals, 2018a. Available at https://www.nadcp.org/wp-content/uploads/2018/12/Adult-Drug-Court-Best-Practice-Standards-Volume-I-Text-Revision-December-2018-1.pdf. Accessed 19 June, 2022.
Adult Drug Court Best Practice Standards, Volume II (Text Revision). Alexandria, VA: National Association of Drug Court Professionals, 2018b. Available at https://www.nadcp.org/wp-content/uploads/2022/05/Adult-Drug-Court-Best-Practice-Standards-Volume-2-Text-Revision-December-2018-corrected-May-2022.pdf. Accessed 19 June, 2022.
Carey SM, Mackin JR, Finigan MW. What works? The 10 key components of Drug Court: Research-based best practices. Drug Court Review 2012; VIII: 6-42. Available at http://www1.spa.american.edu/justice/documents/3910.pdf. Accessed 23 January, 2023.
Zweig JM, Lindquist C, Downey PM, et al. Drug Court policies and practices: How program implementation affects offender substance use and criminal behavior outcomes. Drug Court Review 2012; VIII: 43-79. Available at http://www1.spa.american.edu/justice/documents/3910.pdf. Accessed 23 January, 2023.
Liddle HA. Treating adolescent substance abuse using Multidimensional Family Therapy. In: J Weisz, A Kazdin (Eds.). Evidence-Based Psychotherapies for Children and Adolescents, Second Edition. New York, NY: Guilford Press, 2010, 416-432. Available at https://www.guilford.com/books/Evidence-Based-Psychotherapies-for-Children-and-Adolescents/Weisz-Kazdin/9781462522699. Accessed 7 April, 2016.
Rowe CL, Dakof GA, Liddle HA. The Multidimensional Family Therapy Intervention Inventory. Miami, FL: University of Miami Center for Treatment Research on Adolescent Drug Abuse, 2007. Unpublished rating manual. Accessed 17 January, 2020.
Rowe CL, Rigter H, Henderson C, et al. Implementation fidelity of Multidimensional Family Therapy in an international trial. Journal of Substance Abuse Treatment 2013; 44(4): 391-399. 10.1016/j.jsat.2012.08.225. Accessed 14 March, 2021.
McLellan AT, Kushner H, Metzger D, et al. The fifth edition of the Addiction Severity Index. Journal of Substance Abuse Treatment 1992; 9(3): 199-213. 10.1016/0740-5472(92)90062-s. Accessed 14 March, 2021.
Sobell LC, Sobell MB. Timeline Follow-Back: A technique for assessing self-reported ethanol consumption. In J Allen, R Litten (Eds.). Measuring Alcohol Consumption: Psychosocial and Biological Methods. Totowa, NJ: Humana Press, 1992, 41-72. 10.1007/978-1-4612-0357-5_3. Accessed 14 March, 2021.
McLellan AT, Cacciola JC, Alterna AI, et al. The Addiction Severity Index at 25: Origins, contributions and transitions. American Journal of Addictions 2006; 15(2): 113-124. 10.1080/10550490500528316. Accessed 22 January, 2023.
Denis CM, Cacciola JS, Alterman AI. Addiction Severity Index (ASI) summary scores: Comparison of the Recent Status Scores of the ASI-6 and the Composite Scores of the ASI-5. Journal of Substance Abuse Treatment 2013; 45(5): 444-450. 10.1016/j.jsat.2013.06.003. Accessed 22 January, 2023.
Donohue B, Azrin NH, Strada MJ, et al. Psychometric evaluation of self- and collateral timeline follow-back reports of drug and alcohol use in a sample of drug-abusing and conduct-disordered adolescents and their parents. Psychology of Addictive Behaviors 2004; 18(2): 184–189. 10.1037/0893-164X.18.2.184. Accessed 22 January, 2023.
Pederson ER, Grow J, Duncan S, et al. Concurrent validity of an online version of the Timeline Followback assessment. Psychology of Addictive Behaviors 2012; 26(3): 672-677. 10.1037/a0027945. Accessed 22 January, 2023.
Del Boca FK, Darkes J. The validity of self-reports of alcohol consumption: State of the science and challenges for research. Addiction 2003; 98(Supp 2): 1-12. 10.1046/j.1359-6357.2003.00586.x. Accessed 22 January, 2023.
Masten AS, Coatsworth JD, Neemann J, et al. The structure and coherence of competence from childhood through adolescence. Child Development 1995; 66(6):1635–1659. Available at https://srcd.onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/j.1467-8624.1995.tb00956.x?sid=nlm%3Apubmed. Accessed 14 March, 2021.
Masten AS, Roisman GI, Long JD, et al. Developmental cascades: Linking academic achievement and externalizing and internalizing symptoms over 20 years. Developmental Psychology 2005; 41(5): 733–746. 10.1037/0012-1649.41.5.733. Accessed 14 March, 2021.
Attkisson CC, Greenfield TK. Client Satisfaction Questionnaire-8 and Service Satisfaction Scale-30. In: ME Maruish (Ed.). The Use of Psychological Testing for Treatment Planning and Outcome Assessment. San Francisco, CA: Lawrence Erlbaum, 1994, 402-420. Available at https://psycnet.apa.org/record/1994-97261-016. Accessed 7 April, 2016.
Moore KA, Barongi MM, Rigg KK. The experiences of young adult offenders who completed a drug court treatment program. Qualitative Health Research 2017; 27(5): 750–758. 10.1177/1049732316645782. Accessed 14 March, 2021.
Rossman SB, Roman JK, Zweig JM, et al. The Multi-Site Adult Drug Court Evaluation: The Impact of Drug Courts (Volume 4). Washington, DC: Urban Institute Justice Policy Center, 2011. Available at https://www.urban.org/sites/default/files/publication/27381/412357-The-Multi-site-Adult-Drug-Court-Evaluation-The-Impact-of-Drug-Courts.PDF. Accessed 10 May, 2022.
D’Aniello C, Tambling R, Russell B. The Internalized Stigma of Substance Abuse Scale for Caregivers: Measuring substance use stigma experienced by caregivers. Alcoholism Treatment Quarterly 2021; 40(1): 83-92. 10.1080/07347324.2021.1941473. Accessed 3 February, 2023.
Hogue A, Bobek M, Porter N, et al. Launching relationship-oriented behavioral services for youth opioid use disorder: Innovations in medication decision-making and adherence planning. Child & Family Behavior Therapy 2023. 10.1080/07317107.2023.2172704. Accessed 10 February, 2023.
Hogue A, Bobek M, Levy S, et al. Conceptual framework for telehealth strategies to increase family involvement in treatment and recovery for youth opioid use disorder. Journal of Marital and Family Therapy 2021; 47(2): 501-514. 10.1111/jmft.12499. Accessed 14 January, 2023.
Bagley SM, Ventura AS, Lasser KE, et al. Engaging the family in the care of young adults with substance use disorders. Pediatrics 2021; 147(Supplement 2): S215-S219. 10.1542/peds.2020-023523C. Accessed 10 February, 2023.
Substance Abuse and Mental Health Services Administration. 2021 National Survey of Drug Use and Health (NSDUH): Detailed Tables, Section 5: Substance Use Disorder and Treatment Tables – 5.1 to 5.44, January 2022. Available at https://www.samhsa.gov/data/sites/default/files/reports/rpt39441/NSDUHDetailedTabs2021/NSDUHDetailedTabs2021/NSDUHDetTabsSect5pe2021.htm. Accessed 14 January, 2023.
Dakof GA, Cohen JB, Henderson CE, et al. A randomized pilot study of the Engaging Moms Program for family drug court. Journal of Substance Abuse Treatment 2010; 38(3): 263-274. 10.1016/j.jsat.2010.01.002. Accessed 19 May, 2023.
Traduction non officielle en français de La thérapie familiale multidimensionnelle pour les jeunes adultes sous main de justice ayant un trouble de l’usage de substances, par Howard A. Liddle, Gayle Dakof, Cynthia Rowe, Adhar Bashatu Mohamed, Craig Henderson, Trenten Foulkrod, Megan Lucas et Michael DiFrancesco, The Journal of Behavioral Health Services & Research, vol. 51, no 2 (2024), doi : 10.1007/s11414-023-09852-5, sous licence CC BY 4.0. Traduction et mise en page : Complexe Systémique, septembre 2026 — l’œuvre a été modifiée au sens de la licence (tableaux présentés en listes). Ni les auteurs ni l’éditeur ne répondent de cette traduction ; la version originale fait foi.
Traduction française non officielle de « Multidimensional Family Therapy for Justice-Involved Young Adults with Substance Use Disorders », publié dans The Journal of Behavioral Health Services & Research (2024) sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique, elle n’émane ni des auteurs ni de l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ; la version originale fait foi.
Lire l’article originalComment citer cet article
Liddle, H. A., Dakof, G., Rowe, C., Mohamed, A. B., Henderson, C., Foulkrod, T., Lucas, M., et DiFrancesco, M. (2024). La thérapie familiale multidimensionnelle pour les jeunes adultes sous main de justice ayant un trouble de l’usage de substances (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/la-therapie-familiale-multidimensionnelle-pour-les-jeunes-adultes-sous-main-de-justice (Œuvre originale publiée en 2023 dans The Journal of Behavioral Health Services & Research, 51(2), 250-263 (2024) ; republiée en 2024 par The Journal of Behavioral Health Services & Research, https://link.springer.com/article/10.1007/s11414-023-09852-5)
Pour aller plus loin