Red Sistémica · Thérapie familiale
Peut-on décréter la fin de l’Histoire ? Juan Luis Linares relit l’évolution de la pensée occidentale comme une alternance entre réalisme et subjectivisme, situe le postmodernisme dans cette longue série et dresse le bilan de ce qu’il a apporté à la thérapie familiale – comme de ce qu’il lui a coûté. Il propose ensuite les linéaments de l’étape qui vient : une thérapie familiale « ultramoderne » qui rendrait leur place au sujet, aux émotions, à l’amour et au diagnostic relationnel, sans rien retirer de l’importance du langage.
« Il n’y a pas de place pour le “me voici arrivé, et j’y reste”, de même qu’il est absurde de penser qu’un changement de paradigme équivaut à une révolution surgie de rien et qui ne devrait rien au passé. »
Juan Luis Linares
Il y a déjà quelques années, la communauté intellectuelle a éprouvé un sursaut non dénué d’irritation devant certaines formulations provocatrices de Fukuyama (1992), au moment où le communisme chancelant cédait le pas sur tous les fronts à un capitalisme victorieux et irrésistible. Dans un ouvrage au titre expressif, La Fin de l’histoire et le Dernier Homme, il affirmait que les processus historiques avaient culminé en intronisant un ordre universel capitaliste. Et il n’est certes pas le seul auteur à avoir eu l’audace de décréter la fin de l’Histoire.
De fait, il existe dans la pensée occidentale – et sûrement pas seulement en elle – une tentation de se situer au-dessus du temps, comme en témoigne la survivance des millénarismes les plus variés, religieux et politiques. Nous pouvons y voir une défense efficace contre l’angoisse devant les limites, la vulnérabilité et même, disons-le, l’insignifiance de l’être humain ; jamais, en revanche, un stimulant pour le développement de la Science ou de la Philosophie.
La rare combinaison d’orgueil et de modestie qui caractérise le scientifique et le philosophe exige d’assumer leur dimension historique, en situant leur œuvre dans un continuum qui plonge ses racines dans le passé le plus lointain et se projette, nécessairement, dans un avenir incertain.
Il n’y a donc pas de place pour le « me voici arrivé, et j’y reste », de même qu’il est absurde de penser qu’un « changement de paradigme » équivaut à une révolution surgie de rien et qui ne devrait rien au passé. Scientifiques et philosophes ne peuvent se permettre pareille ingratitude, monnaie courante chez les politiques et les religieux.
L’une des manières possibles de comprendre l’évolution de la pensée humaine en Occident consiste à y voir une succession d’étapes alternées quant à la capacité d’appréhender la réalité.
En Grèce, les philosophes présocratiques de la nature regardaient autour d’eux en essayant d’expliquer ce qu’ils voyaient. Pour Thalès, toutes choses dérivaient de l’eau, tandis qu’Anaximandre affirmait que l’homme, comme les autres animaux, provenait des poissons. Anaximène considérait l’air comme la substance fondamentale. Ce sont là autant d’hypothèses compatibles avec les points de vue de la pensée positiviste moderne.
À l’inverse, Héraclite croyait au changement perpétuel : panta rhei, tout coule, on ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve, le soleil est neuf chaque jour. Sous de telles affirmations, la réalité s’évanouit. Et que dire de Parménide qui, ne croyant pas à la possibilité du changement, se méfiait de la réalité plus encore qu’Héraclite, puisqu’il tenait les sens pour pourvoyeurs de tromperie et d’illusion. Pour lui, en un certain sens, c’étaient les mots qui déterminaient la réalité – une réalité trompeuse, bien entendu.
Mais avec Démocrite, le réalisme revient. Pour lui, tout est composé d’atomes indivisibles qui se meuvent au hasard, comme dans la théorie cinétique moderne des gaz. Dans son regard exploratoire bat une inspiration causaliste : la « question mécanique » qui, pour Russell (1946), conduit à la connaissance scientifique. Et de fait, l’auteur des Principia Mathematica, qui a tant ébloui Bateson, déplore qu’à partir de Démocrite et jusqu’à la Renaissance, les philosophes remplacent la « question mécanique » par la « question téléologique », le « pourquoi » par le « pour quoi faire ».
Il n’y a pourtant pas lieu de le déplorer si l’on considère que les philosophes, après s’être intéressés à ce qui se passait autour d’eux, étaient tenus de s’intéresser à ce qui se passait en eux. Et, de fait, ce changement répond à un tournant dans l’objet de réflexion de la philosophie qui, de Protagoras et des autres sophistes – Socrate compris – jusqu’à la Renaissance, abandonne la nature pour s’occuper de préférence de l’homme. Tout se passe comme si le subjectivisme, après le bref essai qu’avaient constitué Héraclite et Parménide, entreprenait un long vol, à peine interrompu pendant dix-huit siècles, pour achever sa traversée sous les assauts de Copernic et de Galilée.
Durant une si longue période d’apogée, la philosophie subjectiviste a accumulé un immense patrimoine impossible à résumer ici : splendeurs et misères, qui comprennent aussi bien de grandes constructions ontologiques et éthiques que de vulgaires tours de passe-passe scolastiques. En tout état de cause, un bagage impressionnant, qui devrait apaiser les inquiétudes des subjectivistes d’aujourd’hui en garantissant la présence de leurs sensibilités dans l’histoire de l’humanité. Et davantage encore, puisque l’évolution s’est poursuivie, avec des alternances réalistes et subjectivistes, au nombre desquelles rien de moins que l’œuvre de Kant ou celle de Hegel. Jusqu’à ce qu’enfin, en réaction au modernisme positiviste, éperdument amoureux de la réalité, arrive le postmodernisme.
Le voyage fut long et minutieux, et du plus haut intérêt pour les psychothérapeutes, qui devraient se hâter d’apprendre la philosophie. Non seulement c’est amusant et enrichissant du point de vue de la formation théorique, mais cela peut aussi constituer une protection contre la menace que lance Marinoff (2000) dans son best-seller Plato, not Prozac! (Plus de Platon, moins de Prozac) : que les philosophes finissent par supplanter les thérapeutes. Et ce qui surprend, c’est que cette dernière étape, le relais du modernisme par le postmodernisme, s’est révélée laborieuse et imprécise, puisqu’elle s’est effectuée tout au long du XXe siècle.
Un processus aussi lent n’a pas été exempt de contradictions. Par exemple : l’impact postmoderne dans les sciences de la nature se produit très tôt, au début du siècle – les théories quantique et relativiste sont là pour le démontrer –, tandis que les sciences humaines et, en particulier, la psychologie y résistent pendant quelques décennies.
N’est-ce pas paradoxal ? Les physiciens acceptaient l’incertitude tandis que les psychiatres et les psychanalystes continuaient de miser sur un avenir où la neurologie résoudrait les énigmes de l’esprit. Il a fallu attendre Lacan (1953) et sa revendication résolue du langage comme créateur de réalités pour que la psychanalyse s’accorde aux temps postmodernes. Et il a fallu attendre que le cognitivisme supplante le behaviorisme, en le reléguant au coffre des souvenirs positivistes, pour que, jusque dans les grandes prairies de la psychologie expérimentale, on commence à respirer un certain constructivisme… postmoderne. Kelly (1955), Bandura (1977) et Beck (1967), pour n’en citer que quelques-uns, ont été les artisans de cette transformation, en partant de positions et de propositions diverses qui ont conflué dans le cognitivisme actuel, si proche de certaines formulations systémiques.
C’est dans ces mêmes années que la thérapie familiale commençait elle aussi son chemin. Et elle le faisait, de fait, la main dans la main avec le communicationnalisme de Palo Alto qui, sous son apparence pragmatique, ne cachait pas sa profonde filiation subjectiviste.
Focaliser la communication humaine, en partant du principe qu’elle est inévitable ; comprendre que la relation, dans toute communication, se situe à un niveau « méta » par rapport au contenu ; distinguer un langage digital, au service du contenu, d’un langage analogique, au service de la relation ; souligner l’importance décisive de la ponctuation dans toute séquence communicationnelle, au point d’en permettre des lectures diverses et également légitimes ; considérer que c’est le mode de relation, symétrique ou complémentaire, qui détermine le sujet, et non l’inverse…
N’importe quel étudiant reconnaîtrait dans ces principes les axiomes de la communication humaine de Watzlawick (1967) et de l’équipe de Palo Alto. Mais, en outre, on pourrait sans grand effort les entendre comme un authentique manifeste postmoderne, présent aux origines communicationnalistes du modèle systémique avant même que ce terme ne soit forgé, et bien, bien avant que Keeney (1982) et Dell (1982) ne polémiquent avec les gens de Palo Alto en les disqualifiant gentiment comme « pragmatiques ». Ou bien le pragmatisme serait-il incompatible avec le postmodernisme ? Si l’œuvre de Watzlawick dans son ensemble répond à grands cris que non, l’évidence est plus grande encore dans l’un de ses livres les plus cités : La Réalité de la réalité (How Real is Real?). Qui veut se déclarer postmoderne avec un minimum de crédibilité doit dire ce genre de choses.
Ensuite – et qu’on me permette cette paraphrase irrévérencieuse –, « la chair s’est faite verbe et elle a habité parmi nous ». Nous nous sommes tous convertis au constructivisme durant les années quatre-vingt et au socio-constructionnisme durant les années quatre-vingt-dix, faisant du veau d’or postmoderne une idole de la pensée politiquement correcte. Les pratiques improvisationnelles et conversationnelles se sont emparées de la thérapie familiale, dédaignant comme pragmatiques ou comme instructifs ceux-là mêmes qui, des années plus tôt, avaient dédaigné Virginia Satir parce qu’elle était trop émotive. Tout était dans le langage, et rien que dans le langage. Seuls les mots – ô prodigieuse découverte de Parménide – pouvaient créer des pseudo-réalités. Mais voici que la politique frappait avec insistance à la porte de la thérapie familiale. Devant des problématiques d’abus et de maltraitance qui mettaient en question les rapports de pouvoir entre les genres et entre les générations, il était difficile de tenir la naïve neutralité du constructivisme, qui semblait supposer à la portée de tout le monde la même capacité de créer des réalités.
Le constructionnisme social a repris Foucault (1966), trente ans après la parution de son œuvre, pour appuyer une conversion du langage en discours. La parole a ainsi incorporé les rapports de pouvoir, et la conversation est devenue narrative.
Dire que « nous nous sommes tous convertis » au constructivisme et au constructionnisme social est en réalité une exagération. La conversion massive a été un phénomène essentiellement américain qui, en Europe, n’a touché que le centre-nord anglo-germano-scandinave et quelques petits îlots latins : le groupe milanais de Boscolo et Cecchin en est l’exemple le plus représentatif. Aux États-Unis mêmes, il y a eu quelques cas de résistance parmi les figures historiques de la thérapie familiale, comme Haley et Minuchin. De fait, la thérapie structurale, intégrée à l’espace commun du modèle systémique, n’a jamais eu le sceau postmoderne qui a caractérisé dès ses origines le communicationnalisme ; elle a représenté au contraire la présence historique d’un noyau de souche réaliste dans le champ de la thérapie familiale. Une autre figure mythique, Selvini, après avoir élargi comme personne les limites de la thérapie familiale en explorant à fond ses territoires les plus emblématiques, a pris ses distances critiques avec l’orientation postmoderne de ces dernières années, en se rapprochant des autres grands modèles psychothérapeutiques et, en particulier, de la psychanalyse de Bowlby et du cognitivisme de Guidano et Liotti.
Définir en détail le postmodernisme excède les possibilités de ces pages, mais même une approche légère exige de se référer aux différents champs de l’activité humaine. Dans les sciences de la nature, l’acceptation de l’incertitude suffit probablement à mériter le qualificatif de postmoderne. Dans l’art, la définition passe par un certain maniérisme éclectique, qui dépasse le fonctionnalisme moderne. Et dans les sciences humaines, et concrètement en psychothérapie, le noyau définitoire est peut-être la réflexivité, l’inclusion de l’observateur dans le système, qui devient auto-observant, et le passage correspondant d’une réalité qui peut être découverte et connue à une réalité qui se construit et s’impose, ou qui fait l’objet d’un consensus.
Le principal inconvénient de l’extension uniformisante du postmodernisme dans le champ systémique, drapée dans l’historique autosatisfaction des thérapeutes familiaux devant le « new way of thinking » (le « save the planet » dont parle Johnson, 2001), a été la déconnexion d’avec les autres modèles thérapeutiques et la perte d’influence sur des territoires autrefois prometteurs, comme les psychoses. Une approche psychothérapeutique de la schizophrénie et des autres troubles mentaux sévères devrait intégrer les bases biologiques et la pharmacothérapie, mais sans renoncer au développement de ressources théoriques et pratiques que la thérapie familiale systémique possède en abondance. Nous ne pouvons pas nous considérer, nous les systémiciens, comme de brillants révolutionnaires alors que la révolution que nous prônons est ajournée en permanence depuis cinquante ans.
Même si tout ne coule peut-être pas au sens d’Héraclite, les choses bougent. Depuis quelque temps, on détecte, dans tout le vaste monde de la thérapie familiale, des manifestations de gêne devant la présence très répandue du manteau idéologique postmoderne. Et c’est logique, car les deux mouvements de la pensée humaine, le réaliste et le subjectiviste, ne peuvent s’accorder de trêve mutuelle et, moins encore, se céder indéfiniment des territoires scientifiques et philosophiques de quelque importance.
Peut-être le moment commence-t-il donc à venir de dresser le bilan des résultats d’une étape et d’entrevoir ce qui s’annonce comme le contenu possible de celle qui, inévitablement, lui succédera.
Quels pourraient être les principaux apports du postmodernisme à la thérapie familiale, ceux que, selon toute probabilité, les orientations qui lui succéderont devront réinterpréter mais ne pourront ignorer ?
Le premier à souligner est la mise en question de l’objectivisme naïf, de la position d’expert sans faille que la cybernétique de second ordre a rendue impossible. L’expert psychothérapeute ne peut pas déployer les mêmes attitudes de base devant le monde des relations entre sujets et devant le monde des choses. Le second est la scène de l’action instrumentale, tandis que le premier envisage l’action interpersonnelle, stratégique ou communicationnelle. Habermas (1981) dixit.
Il en découle un autre point d’intérêt : la légitimation de différentes approches thérapeutiques d’une même réalité psycho-relationnelle. La complexité rend le dogmatisme impossible ; ou, mieux dit, le dogmatisme naît de l’ignorance de la complexité. Sur ce terrain, il faudra probablement être plus postmoderne que les postmodernes, qui oublient souvent ce sain précepte pour dicter ce qui est correct et ce qui ne l’est pas en thérapie.
Demeurera également, avec une présence en croissance irrésistible, l’importance de la diversité face à l’homogénéité. Le bon côté de la globalisation sera cette difficulté croissante des puretés, quoi qu’en aient les nettoyeurs ethniques et toute l’engeance des simplificateurs plus ou moins brutaux. Dans un monde toujours plus métissé, baroque et bigarré, la thérapie familiale devra s’adapter toujours davantage aux différences de genre, de culture, de génération, de classe sociale, etc. Aux différences, mais aussi aux mélanges, aux combinaisons d’ingrédients hétérogènes, aux équations complexes.
Enfin, et ce n’est pas moins important pour être paradoxal, la thérapie familiale devra conserver quelques précieux apports techniques du postmodernisme.
Prenons pour exemple les questions circulaires qui, d’abord décrites par Selvini (1980) et son équipe milanaise avant sa division et avant le tournant constructiviste de Boscolo et Cecchin, ont ensuite été développées de façon exhaustive par ces derniers et par d’autres auteurs comme Tomm (1987). Il s’agit d’une précieuse ressource technique, qui s’adapte très bien à la nature circulaire de la relation et qui peut enrichir la conversation thérapeutique en s’ajoutant à d’autres modalités communicationnelles.
Si les questions circulaires constituent un apport technique constructiviste intéressant, l’externalisation est une autre ressource issue du socio-constructionnisme. Habitués à demander aux patients l’internalisation de leurs conflits et de leurs difficultés, les thérapeutes n’avaient pas remarqué que, souvent, le mouvement de sens contraire pouvait se révéler une manœuvre très utile. White (1989) a inventé la manière de faire mettre aux patients leurs problèmes à l’extérieur, les stimulant ainsi à mieux lutter contre eux. Un thérapeute relationnel, conscient de ce que les narratives des patients sont parasitées par de puissants récits venus d’ailleurs et de ce que, à leur tour, eux aussi peuvent parasiter de leurs récits les narratives d’autrui, enrichira notablement sa pratique s’il apprend à travailler avec l’internalisation et avec l’externalisation, configurant entre les deux l’un des axes le long desquels peut se dérouler la danse thérapeutique.
À retenir
Quatre acquis du postmodernisme que la suite devra réinterpréter sans pouvoir les ignorer : la mise en question de l’objectivisme naïf et de l’expert sans faille ; la légitimation de plusieurs approches d’une même réalité psycho-relationnelle ; la primauté de la diversité sur l’homogénéité ; et des outils précieux comme les questions circulaires et l’externalisation.
Et quels pourront être les apports que l’on pourra attendre d’une future étape de la thérapie familiale, dépassant dialectiquement le postmodernisme ?
Avant tout, l’intégration de l’individu dans le modèle systémique est une question non résolue, qui restera en suspens tant que l’on n’aura pas mis au point une théorie relationnelle du self. Les plaidoyers de Gergen (1991), qui nient l’existence du moi au profit d’un vague équivalent social, ne sont en aucun cas suffisants.
Bien entendu, un self relationnel ne peut être compris comme une instance massive et inamovible, dotée de qualités per se, mais comme un reflet individuel d’un environnement systémique qui ne cesse de produire des histoires enchaînées, de la naissance à la mort.
Le concept de narrative s’avère utile pour désigner cet ensemble d’histoires dans lesquelles l’individu se décrit lui-même et décrit tout ce qui lui arrive, en leur conférant une cohérence à la fois culturelle et personnelle. Mais la narrative deviendrait une notion dormitive, bonne à justifier n’importe quel argument, si elle manquait de structure, c’est-à-dire si les histoires s’y dissolvaient, dépouillées d’une certaine hiérarchie. L’expérience, dans son infinie complexité, confère du sens à la narrative individuelle, et l’axe autour duquel s’articule ce sens est la nutrition relationnelle, quelque chose comme l’histoire d’amour vécue. Maturana (1996) dit que nous sommes des animaux amoureux et que l’interférence de l’amour nous rend malades. Nous pourrions ajouter que notre histoire d’amour engage notre narrative sur des voies saines ou malades. Et elle le fait, entre autres mécanismes possibles, en engendrant une identité déterminée.
Pourquoi certaines situations changent-elles facilement et d’autres non ? Comment comprendre les divers degrés de gravité et la tendance à la chronicisation de certains troubles mentaux ? La résistance au changement ne peut pas s’expliquer seulement par l’inexpérience des thérapeutes, comme l’ont si souvent affirmé quelques-unes des voix systémiques les plus prestigieuses. Il y a sans doute des facteurs biologiques qui influent, surtout dans la psychose et dans d’autres troubles sévères, mais rien ne prouve que leur influence soit exclusive. La complexité oblige à considérer aussi des aspects relationnels, et c’est là que l’identité peut devenir une référence utile : une identité qui n’est pas un bien absolu, mais une infrastructure nécessaire, construite avec des éléments comme la reconnaissance, la valorisation et la tendresse, qui sont des ingrédients de l’amour. Un excès d’identité peut se révéler une lourde charge et un sérieux obstacle au changement.
L’identité peut se comprendre comme cette part de la narrative dans laquelle un sujet se reconnaît lui-même, au point d’accepter difficilement toute négociation à ce sujet. C’est dans la relation entre l’identité et l’ensemble de la narrative, dont elle fait partie, que se joue la santé mentale de ce point de vue individuel. Une identité équilibrée, ni rachitique ni hypertrophiée, qui serve d’ancrage à des constructions narratives variées et souples, est la meilleure garantie contre la psychopathologie. Et cet équilibre ne peut se soutenir que d’une riche histoire d’amour, c’est-à-dire d’une nutrition relationnelle sécurisante, reconnaissante et valorisante, pleine de tendresse et véhicule d’une sociabilité adéquate.
Le concept de narrative est donc utile pour relier le self au monde relationnel, mais il gagne à être articulé au concept d’identité, qui émane de lui jusqu’à s’en différencier substantiellement.
Par ailleurs, si les familles sont des systèmes composés d’individus dotés d’une narrative et d’une identité (Linares, 1996), comment de tels attributs individuels peuvent-ils s’enchâsser à un niveau logique différent, celui de la famille ?
Il n’y a pas de place pour le dogmatisme face à un problème comme celui-ci, présidé par l’incertitude. Non seulement chaque auteur, mais chaque thérapeute est fondé à développer sa propre théorie et, de fait, il le fait. Dans la perspective que l’on tente d’exposer ici, les narratives individuelles des membres d’une famille (ou de tout autre système relationnel : le propos vaut aussi pour les sociétaires d’un club de football) convergent dans un espace commun, qui est la mythologie familiale. Il s’agit d’un espace peuplé d’histoires consensuelles, les mythes, où, à la différence de ce qui se passe avec les narratives, l’identité s’inscrit difficilement. Il n’y a donc pas de sens à parler d’identité familiale, pas plus qu’à représenter la famille comme un organisme capable de penser, de sentir ou d’agir. Ce sont là des fonctions propres à l’individu, qui ne peuvent jamais être exercées par un système relationnel, si élevé que soit le consensus atteint par ses mythes. De fait, le concept d’identité collective (familiale, associative ou nationale) est en lui-même un mythe qui peut devenir dangereux (Maalouf, 1998), comme le montre l’histoire des nationalismes politiques, mais qui se démonte avec une relative facilité : un système peut changer de mythologie et rester lui-même.
Mais, bien qu’elles ne pensent, ne sentent ni n’agissent, les familles participent, tout comme les individus, des univers cognitif, émotionnel et pragmatique. Les mythologies familiales ont une composante cognitive, les valeurs et les croyances ; une composante pragmatique, les rituels ; et une composante affective, le climat émotionnel dans lequel tout cela se produit. Des mythes complexes, donc, produits du consensus narratif et relativement exempts de charge identitaire. Voilà l’un des espaces familiaux où s’enchâssent les « selfs » individuels. L’autre est l’organisation.
Si la mythologie, comme espace de dialogue narratif, représente l’ancien domaine d’intérêt du communicationnalisme, l’organisation ne cache pas sa condition de souche structurale. Les deux grandes racines de la thérapie familiale participent ainsi à l’ancrage conceptuel de l’individu dans la famille.
La mythologie
Espace de dialogue narratif où convergent les narratives individuelles : valeurs et croyances, rituels, climat émotionnel. Héritage du communicationnalisme.
L’organisation
Évolution des structures à travers le temps : cohésion et désengagement, hiérarchie et limites, distance et proximité, triangulation. Héritage structural.
L’organisation équivaut à l’évolution des structures à travers le temps et c’est ce qui ressemble le plus à l’identité d’un système relationnel ; mais, résultant d’une confluence consensuelle d’individus, elle est bien plus souple et négociable que l’identité individuelle. Dans l’organisation trouvent leur place, dotés d’une dimension historique, les concepts structuraux classiques, tels que cohésion et désengagement, hiérarchie et limites, distance et proximité, triangulation, etc.
Si l’individu est appelé à occuper une place plus reconnue dans la théorie systémique de demain, il paraît évident qu’il faudra aussi récupérer quelques concepts de souche individuelle tombés récemment en désuétude, comme la volonté, le devoir et la responsabilité. La volonté, qui implique un mouvement d’affirmation du sujet, s’est vue supplantée par la motivation qui, comme le signale Marina (2000), semble présenter celui-ci comme constamment soumis à des forces et à des pressions externes. Les droits règnent, omniprésents, dans les médias, en étouffant les devoirs ; et bien que ceux-ci pointent dans des questions de grande portée sociale, comme la maltraitance, ils le font, et Lipovetsky (1992) le met en évidence, appliqués aux seuls parents. Comme si les devoirs des enfants d’aujourd’hui n’étaient pas ceux des parents de demain ! La responsabilité, enfin, qui permet de dépasser la tension, jadis incarnée par la polémique entre Bateson et Haley, entre pouvoir et circularité. Le pouvoir engendre le contrôle, condamné à l’échec s’il ne s’inscrit pas dans une réalité relationnelle de complexité supérieure. On pourrait même soutenir que le contrôle authentique n’existe pas, et que le pouvoir est donc un concept dormitif. Mais la circularité pure se dissout en une chimère d’égalitarisme. La responsabilité est le troisième maillon de la séquence qui commence par l’exercice de la volonté et passe par l’acceptation de l’accomplissement des devoirs.
Et parler de l’individu conduira à une réflexion sur les émotions, autre lacune historique du modèle systémique qui devra être comblée. Pèse sur elles l’interdit de Bateson (1973), qui les méprisait comme concept dormitif ; elles ont traversé la période d’apogée postmoderne de la thérapie familiale sans sortir de leur position périphérique, presque clandestine. Il est vrai que le constructionnisme social s’est occupé des émotions, mais davantage depuis le champ de la psychologie sociale (Harré, 1986) que depuis la psychothérapie. Le risque d’un discours sociologisant sur les émotions est que surgisse une nouvelle nuance dormitive (par exemple, la gaieté des Latins ou l’irascibilité des Arabes) qui viendrait s’ajouter à la vision dormitive biologique, laquelle en fait une sorte de force aveugle de la biochimie cérébrale.
En revanche, en tant que phénomènes psycho-relationnels, les émotions occupent un espace central dans toute activité psychothérapeutique.
Il paraît raisonnable de considérer l’amour comme occupant le noyau central de l’univers relationnel humain. D’autres orientations des sciences humaines ont attribué cette position à l’agressivité, mais l’anthropologie apporte des données qui permettent de considérer l’amour comme l’élément définitoire de la condition humaine. Il y a environ six millions d’années, nos ancêtres hominidés auraient découvert le plaisir du jeu en groupe, en même temps que la sexualité féminine se serait étendue hors des étroites limites du rut. Ainsi serait né l’amour et, avec lui, une immense capacité d’engendrer de nouveaux états d’âme et de favoriser de nouvelles attitudes réflexives à partir de l’expérience. Le langage serait la conséquence naturelle de changements que Langaney et coll. (1998) rattachent à « la plus belle histoire de l’humanité » : le développement, durant le paléolithique, d’une espèce humaine capable d’aimer et de parler.
L’amour, qui nous définit comme êtres humains, occupe le noyau central de l’univers émotionnel. Et pas seulement. Que les défenseurs du langage comme ultime créateur de réalités n’oublient pas que l’amour, assis sur le jeu et sur le sexe (et sur le sexe comme jeu), est la base relationnelle sur laquelle celui-ci se soutient. Un amour complexe, bien sûr, qui, depuis son noyau émotionnel, incorpore d’importants éléments cognitifs et pragmatiques et qui, par conséquent, au-delà du sentir, permet de percevoir, de penser et de se comporter amoureusement. Des phénomènes comme la reconnaissance et la valorisation, l’expression de la tendresse et de l’affection, la socialisation des enfants ou la sexualité dans les relations de couple font partie du spectre amoureux.
Si la maltraitance, dans n’importe laquelle de ses modalités psychologiques et physiques, équivaut au désamour, l’une et l’autre constituent le fondement de la psychopathologie : l’interférence de l’amour dans toute sa complexité.
Et tandis que l’on assiste à une reconnaissance progressive de l’importance des émotions au niveau individuel et familial, il est prévisible que les thérapeutes familiaux confirment la tendance à récupérer les leurs propres du coin de « neutralité bienveillante » où Freud les avait reléguées. Beaucoup de chemin a été parcouru, car les systémiciens ont utilisé l’« intelligence émotionnelle » avant que Goleman (1995) n’en popularise le terme. Peut-être l’effort principal pourrait-il se porter sur sa théorisation, en plus de son utilisation, pour que le discours gagne en solidité au bénéfice des stratégies et des techniques thérapeutiques.
Il est prévisible également que l’avenir réserve un intérêt renouvelé pour les causes des phénomènes psychopathologiques.
Non que cet intérêt ait jamais cessé d’exister, mais l’accent mis sur la circularité du relationnel l’a souvent relégué dans la clandestinité. Et cela bien que les causalités linéaire et circulaire ne soient pas concurrentes mais complémentaires, la géométrie relationnelle admettant les combinaisons les plus variées des deux. La « question mécanique » sera de nouveau prononcée par les systémiciens, sans que le nouveau sens accordé aux « pourquoi » n’obscurcisse celui que, sûrement, continueront d’avoir les « pour quoi faire ».
La conséquence de tout cela pourrait bien être que le souci du diagnostic augmente chez les thérapeutes familiaux. Il n’y a pas seulement que se présenter devant le DSM-IV avec les vagues notions de presenting problem, de dysfonctionnalité et de symptôme rend les choses très difficiles sur le plan du dialogue entre modèles. Il y a aussi que les catégories diagnostiques avec lesquelles l’immense majorité des professionnels de la santé mentale organise sa pensée méritent autre chose que de la désinvolture et du mépris. Elles méritent l’immense défi d’être activement mises en question depuis une perspective de complexité. Elles méritent d’être réduites à la catégorie de métaphores-guides (ou, peut-être mieux, élevées à cette condition) et dépouillées de rigidités anachroniques. Et elles méritent surtout une réinterprétation radicale en clé relationnelle. Tout plutôt que de continuer à verser dans une double épistémologie qui, d’une part, délégitime le diagnostic et, d’autre part, en reconnaît presque honteusement le caractère inévitable.
Les vieilles entités nosologiques de la psychiatrie classique ont traditionnellement été utilisées comme étiquettes classificatoires. C’est-à-dire, pour poursuivre avec la terminologie de Bateson, comme des concepts dormitifs : le patient s’angoisse parce qu’il est névrosé, ou il s’agite parce qu’il est psychotique. Voilà une manière de penser – la pensée nosologique – justement et définitivement discréditée. Mais les systèmes psychopathologiques recueillent une autre tradition, celle de la sagesse thérapeutique qui, naviguant au milieu d’idéologies de tout bord, s’est accumulée au long de siècles d’interaction avec la souffrance humaine.
Comment ne pas reconnaître que les grandes catégories diagnostiques présentent des concordances avec certaines constellations relationnelles ? Les psychoses, à côté de leurs bases biologiques toujours plus explorées, semblent liées à des phénomènes communicationnels comme la déconfirmation et la mystification, véhiculés par des situations organisationnelles comme la triangulation, qui implique des parents niant leur confrontation symétrique, des frères et sœurs prestigieux et des membres pseudo-parentaux de la famille élargie. Et ce n’est là qu’un exemple, car la liste pourrait être très longue et, de fait, le diagnostic occupe de plus en plus l’attention des auteurs systémiques. Le champ ouvert à la recherche relationnelle sur les troubles psychopathologiques est immense.
Il ne paraît pas non plus insensé que le modèle systémique poursuive son expansion sur des territoires non cliniques, étrangers à l’implantation traditionnelle des services de santé mentale. Les espaces psychopédagogiques et psycho-juridiques, les organisations d’entreprise et de services, les entreprises familiales… tous peuvent bénéficier de l’analyse et de l’intervention systémiques davantage qu’ils ne le font actuellement. Mais là où il est le plus urgent que cela se produise « avant qu’il ne soit trop tard », c’est dans les services sociaux et de protection de l’enfance, comme dans ceux qui interviennent sur la violence domestique. Il faut espérer que la présence systémique dans ces espaces, déjà considérable, augmente et se consolide, en apportant une vision thérapeutique complexe qui neutralise les approches simplificatrices. Il ne fait aucun doute que le contrôle et la protection sont nécessaires face à la maltraitance ; mais s’ils ne s’inscrivent pas dans une approche thérapeutique qui intègre les multiples dimensions relationnelles impliquées, le problème ne cessera de s’aggraver.
Après vingt ans installés en pleine postmodernité, les enthousiasmes et les héroïsmes épistémologiques du début se sont mués en un placide conformisme. Tout annonce donc qu’approche un nouveau tournant, qui bouleversera le champ systémique en engendrant de nouveaux exploits et en suscitant de nouvelles adhésions. Et je dis tournant, plutôt que « changement de paradigme », parce que cela me semble un cadrage plus modeste, qui non seulement ne renonce pas à l’histoire de la pensée humaine, mais s’y inscrit volontiers.
Bien sûr, tout le monde ne souscrira pas au changement. Comme il arrive chaque fois qu’une transformation plus ou moins profonde se fraie un chemin, certains embrassent sa cause tandis que d’autres lui résistent. La tradition systémique, cependant, à la différence de ce qui s’est produit dans d’autres modèles psychothérapeutiques, veut que ces processus se soldent en bonne harmonie, sans que les différentes sensibilités ne deviennent des schismes.
Un état d’opinion novateur est en train de se former et nul ne sait encore sous quelle dénomination il se développera, mais nombre de ses éléments définitoires inspirent déjà de nombreux thérapeutes familiaux de par le monde. Les changements, en effet, ne se produisent pas brusquement dans le champ de la pensée humaine, et il ne serait pas étonnant que celui qui s’annonce aujourd’hui prenne un long temps de transition.
Dans cette perspective, on pourrait même considérer que le déclin du postmodernisme a déjà commencé avec le passage du constructivisme au constructionnisme social : le féminisme, qui a si justement critiqué comme réactionnaire un constructivisme relativiste, s’est senti beaucoup plus à l’aise sous le manteau constructionniste. Mais il existe de nombreuses sensibilités à l’intérieur de celui-ci, et certaines, les plus radicales, conservent un intense esprit postmoderne : rien n’a de consistance dans l’individu, tout est pure construction sociale. De nouveau, donc, l’évanescence déresponsabilisante.
Un philosophe, Marina (2000), décrit la disposition postmoderne comme une utopie de l’esprit dotée d’« (…) un séduisant air de légèreté, de jeu, d’absence d’engagement, de goût pour l’incohérence, qui nous paraît à tous rafraîchissant. Il y a un sentiment de provisoire, d’indétermination et de superficialité agréable qui facilite le jeu rapide des rencontres et des désaccords » (Crónicas de la Ultramodernidad, p. 58).
Dans cette atmosphère désinvolte, où le langage fournit le cadre général de compréhension du monde, le sujet disparaît.
Marina propose la récupération d’un sujet fort, jaloux de son autonomie psychologique et sociale. Un sujet préoccupé de fins et de projets. Il propose aussi une théorie de l’intelligence qui ne se limite pas à résoudre des problèmes cognitifs, mais qui affronte ceux qui « … affectent notre vie, impliquent des espoirs, des peurs, des amours, des haines, toute la vaste flore du sentiment humain » (op. cit., p. 60). Et il affirme :
« Face au paradigme moderne de l’intelligence comme raison et au paradigme postmoderne de l’intelligence comme créativité, nous, les ultramodernes, défendons un paradigme éthique de l’intelligence. »
José Antonio Marina, Crónicas de la Ultramodernidad, p. 61
Et voilà le mot : ultramodernes. Nous ignorons les raisons du philosophe pour le proposer, mais nous pouvons imaginer un certain élan provocateur qui ne manque pas d’intérêt.
Avançons donc d’emblée la proposition de dénomination de thérapie familiale ultramoderne pour ce que nous imaginons comme un dépassement intégrateur du postmodernisme.
La thérapie familiale ultramoderne, telle que nous l’envisageons depuis cet article, pourrait continuer d’être créative sans être aussi obsédée par la créativité ; elle ne verserait pas dans le relativisme linguistique sans pour autant retirer de son importance au langage, et elle reconnaîtrait davantage la portée de la dimension émotionnelle de l’être humain. L’intelligence émotionnelle, dans cette perspective, ne serait pas seulement une ressource pour réussir dans la vie : elle serait dotée d’une dimension éthique. Organiser une famille heureuse serait, assurément, une marque d’intelligence bien supérieure à celle qu’exige la résolution d’équations différentielles.
Le sujet occuperait un espace plus grand, tant dans la réflexion théorique que dans l’intervention thérapeutique, et, en conséquence, le diagnostic également : en élargissant sa dimension relationnelle, il intégrerait sans peine les métaphores psychopathologiques traditionnelles.
Enfin, dépassant des inclinations historiques, la thérapie familiale ultramoderne cesserait de prêcher la révolution du « new way of thinking » et assumerait modestement la nécessité d’accroître l’entente avec les autres modèles thérapeutiques.
Quelqu’un pourra dire que rien de ce qui est revendiqué pour l’ultramodernisme n’est bien nouveau et, certainement, il aura raison. Il ne s’agit que de nuances, dont la plupart sont déjà présentes et opérantes dans le champ systémique, et qui ne font que continuer la spirale infinie qu’est le flux de la pensée humaine. C’est peut-être là, en dernière instance, la raison d’être du tournant ultramoderne : une modeste revendication de nuances.
Note de l’original
(*) Cet article est le développement d’une conférence prononcée le 4 novembre 2000 au symposium de l’Instituto de la Familia A.C. (IFAC), à Puebla (Mexique). Il a été publié dans Family Process (vol. 40, n° 4, hiver 2001) et dans Perspectivas Sistémicas (n° 71, mai-juin 2002).
Qui est Juan Luis Linares
Juan Luis Linares, M.D., Ph.D., est professeur titulaire de psychiatrie à l’Université autonome de Barcelone. Il dirige l’Unité de psychothérapie et l’École de thérapie familiale de l’Hôpital de la Santa Creu i Sant Pau de Barcelone, en Espagne (C/ Padre Claret 167, 08025 Barcelone). Contact : eterapia@hsp.santpau.es.
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Cet article est la traduction française de « ¿Acaba la historia en el post-modernismo? Hacia una terapia familiar ultramoderna », publié par Red Sistémica (première parution : Family Process, vol. 40, n° 4, hiver 2001 ; repris dans Perspectivas Sistémicas, n° 71, mai-juin 2002). Traduit et republié avec l’accord de la revue.
Lire l’article originalComment citer cet article
Linares, J. L. (2022). L’histoire s’achève-t-elle dans le postmodernisme ? Vers une thérapie familiale ultramoderne (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/l-histoire-s-acheve-t-elle-dans-le-postmodernisme-vers-une-therapie-familiale-ultramoderne (Œuvre originale publiée en 2001 dans Family Process, vol. 40, n° 4, hiver 2001 ; repris dans Perspectivas Sistémicas, n° 71, mai-juin 2002 ; republiée en 2022 par Red Sistémica, https://redsistemica.ar/2022/06/29/acaba-la-historia-en-el-post-modernismo-hacia-una-terapia-familiar-ultramoderna/)
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