Journal of Contemporary Psychotherapy · Thérapie narrative

L’écriture polyphonique collaborative comme pratique thérapeutique : une étude de cas longitudinale

Pendant deux ans, entre les séances, une patiente diagnostiquée bipolaire et schizoaffective et son thérapeute ont écrit ensemble son autobiographie, dans un document partagé. De ces 120 pages naît une méta-position, « moi en tant qu’écrivaine », qui fait dialoguer la fille, la sœur, la juriste, la poétesse et la personne psychiatrisée. L’équipe de Giacomo Chiara, avec Hubert Hermans, y voit une pratique à la croisée du soi dialogique, de la thérapie collaborative et de la thérapie narrative.

Auteurs Giacomo Chiara et Roberto Vitelli (département de neurosciences, université de Naples Frédéric-II, Italie) ; Hubert Hermans (université Radboud de Nimègue, Pays-Bas) ; Diego Romaioli et Elena Faccio (département FISPPA, université de Padoue, Italie)Première publication Journal of Contemporary Psychotherapy, 15 septembre 2026Traduction Complexe Systémique, traduction non officielle

Traduction française non officielle. Cet article est la traduction de L’écriture polyphonique collaborative comme pratique thérapeutique : une étude de cas longitudinale, par Giacomo Chiara, Hubert Hermans, Diego Romaioli, Elena Faccio et Roberto Vitelli, publié dans Journal of Contemporary Psychotherapy (Springer) (2026), doi : 10.1007/s10879-026-09751-8, sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par le Complexe Systémique en septembre 2026 : le texte original a été traduit en français et remis en page, ce qui constitue une modification de l’œuvre au sens de la licence. Les déclarations de fin d’article sont regroupées dans les notes. Cette traduction n’a été effectuée ni par les auteurs ni par l’éditeur, qui ne répondent ni de son contenu ni d’éventuelles erreurs. La version originale fait foi.

Le travail thérapeutique ne vise pas à remplacer un récit dominant par un autre, mais à préserver les conditions d’un dialogue continu entre de multiples positions du soi.

Giacomo Chiara, Hubert Hermans, Diego Romaioli, Elena Faccio et Roberto Vitelli

Résumé

Cet article présente l’écriture polyphonique collaborative, une pratique thérapeutique ancrée dans le constructionnisme social, la théorie du soi dialogique, la thérapie collaborative et la thérapie narrative. Il expose une étude de cas longitudinale menée avec une patiente ayant reçu des diagnostics de trouble bipolaire et de trouble schizoaffectif. Thérapeute et patiente ont construit ensemble un récit autobiographique, créant un espace dialogique où les multiples voix du soi pouvaient être explorées, négociées et réécrites. Le texte a été examiné à l’aide d’un cadre thématique combiné à une enquête dialogique. Les résultats mettent en évidence le développement de la méta-position « moi en tant qu’écrivaine », qui a facilité le dialogue entre de multiples positions du je et soutenu la reconstruction du sens autobiographique. L’écriture polyphonique collaborative est discutée comme une pratique thérapeutique qui favorise la transformation narrative et élargit les possibilités de compréhension de soi et de changement psychologique grâce à une écriture à plusieurs mains.

Mots-clés : construction sociale, construction du sens, thérapie narrative, théorie du soi dialogique, écriture polyphonique collaborative, réécriture

Introduction

L’écriture et le récit sont des processus fondamentaux par lesquels les personnes organisent leur expérience et donnent de la cohérence à leur vie. Ils peuvent aussi décentrer des récits saturés par le problème en séparant les personnes de leurs difficultés, et ouvrir ainsi un espace à des histoires alternatives qui mettent au premier plan les ressources, les valeurs et les possibilités d’action. Dans les perspectives dialogique et narrative (Mellado et al., 2024), le récit est compris comme un processus transformateur, par lequel les significations se reconstruisent et de nouvelles compréhensions de soi émergent. Dans ce contexte, l’écriture autobiographique peut soutenir la réécriture des histoires de vie par la réflexivité, l’ouverture aux possibles et l’exploration d’identités alternatives (Ruini & Mortara, 2022). Dans une perspective constructionniste sociale (Gergen & McNamee, 2025), l’identité est vue comme un accomplissement relationnel toujours en cours, sans cesse négocié dans l’interaction, qui évolue comme une forme d’être multiple (multi-being) (Gergen, 2022). De même, la théorie du soi dialogique conçoit le soi comme une multiplicité dynamique de positions du je engagées dans un dialogue continu (Hermans, 2025). La métaphore de la polyphonie rend compte de la coexistence de ces multiples perspectives, dont les tensions et les négociations peuvent être étroitement liées à des expériences de détresse psychologique. Les positions du je peuvent être internes (p. ex. « moi en tant que thérapeute ») ou externes (p. ex. « la personne que j’accompagne »), et fonctionnent comme des voix en interaction au sein d’un espace dialogique (Georgiaca & Viou, 2026). Le développement d’une méta-position permet d’adopter une posture réflexive à l’égard de ces positions, ce qui facilite le dialogue et favorise des formes plus intégrées de compréhension de soi.

Les évolutions récentes des approches relationnelles, dialogiques, narratives, phénoménologiques et collaboratives de la psychothérapie ont souligné l’importance de créer des espaces thérapeutiques où les personnes suivies participent activement à la coconstruction du sens. Dans ces perspectives, l’écriture collaborative peut être comprise comme une pratique relationnelle par laquelle les récits sont explorés, négociés et transformés, ce qui favorise la réflexivité, l’autonomie et des formes participatives de soin (Faccio et al., 2023 ; Chiara et al., 2026).

Malgré l’intérêt croissant pour les pratiques fondées sur l’écriture et les pratiques collaboratives, peu d’attention a été accordée aux processus d’écriture polyphonique collaborative élaborés conjointement par thérapeute et personne suivie au long d’une psychothérapie de longue durée. À notre connaissance, aucune étude n’a examiné comment de telles pratiques peuvent soutenir le dialogue entre de multiples positions du soi, contribuer à la réécriture de l’expérience autobiographique et favoriser le changement psychologique dans la durée. Pour combler cette lacune, le présent article explore l’application thérapeutique de l’écriture polyphonique collaborative au moyen d’une étude de cas longitudinale, en examinant comment des processus narratifs, dialogiques et relationnels se déploient dans un texte autobiographique écrit à plusieurs mains.

Matériel et méthodes

Cadre thérapeutique, contexte de recherche et processus d’analyse

De la fin de 2019 au début de 2025, la patiente a suivi une psychothérapie avec le premier auteur de cet article. Les séances ont eu lieu deux fois par mois pendant les trois premières années, toutes les trois semaines pendant les deux années suivantes, puis une fois par mois. Toutes les séances se sont tenues en présentiel. Après une première phase consacrée à l’établissement de l’alliance thérapeutique, le thérapeute a proposé l’écriture polyphonique collaborative, et la patiente a accepté. Cette écriture s’est développée sur environ deux ans (2022-2024), comme partie intégrante de la psychothérapie, autour de l’élaboration collaborative d’un récit autobiographique permettant d’explorer des expériences de vie importantes, des réflexions et des significations personnelles.

Même si des moments de réflexion commune avaient lieu pendant les séances en présentiel, le récit autobiographique a surtout été élaboré par une écriture collaborative dans un environnement numérique partagé. Les échanges écrits se faisaient de manière asynchrone entre les séances, qui avaient lieu toutes les trois semaines à partir de 2022. L’usage d’une plateforme numérique partagée (Google Drive) offrait de la souplesse quant au moment et au rythme de l’écriture, et permettait au thérapeute et à la patiente de poursuivre un dialogue écrit continu entre les séances.

Le processus d’écriture polyphonique collaborative s’est déroulé en une série d’étapes reliées entre elles, associant écriture individuelle, dialogue thérapeutique et écriture collaborative. Lors de la première étape, le thérapeute a invité la patiente à écrire seule un récit autobiographique centré sur des expériences de vie importantes. Ce premier récit a servi de point de départ aux activités thérapeutiques et d’écriture qui ont suivi. Lors de la deuxième étape, le dialogue thérapeutique a été associé à une écriture réflexive. Le thérapeute s’est saisi du matériau autobiographique au moyen de questions circulaires et réflexives (Tomm, 2025), de réflexions écrites et d’invitations à développer certaines expériences. La patiente répondait ensuite par écrit, en développant le texte. Par cet échange itératif, l’expérience autobiographique est devenue l’objet d’un processus collaboratif continu d’exploration et de réflexion. Lors de la troisième étape, thérapeute et patiente ont repéré ensemble les différentes positions du je présentes dans le récit, ainsi que les thèmes narratifs dominants qui organisaient l’expérience de la patiente. Ce travail s’est fait à la fois en séance et par échanges écrits. La quatrième étape a consisté en cycles successifs de dialogue thérapeutique, d’écriture, de retours et de révision, par lesquels des significations alternatives et des possibilités narratives ont été explorées. Une attention particulière a été portée à la facilitation du dialogue entre les positions du je et au soutien à l’émergence d’une méta-position réflexive. Lors de la cinquième étape, thérapeute et patiente ont produit ensemble une version finale du récit autobiographique. Le travail thérapeutique qui accompagnait l’écriture polyphonique collaborative s’inspirait des perspectives constructionniste sociale, dialogique et narrative. L’autobiographie finale, écrite à plusieurs mains, comptait environ 120 pages Word.

Une fois le processus thérapeutique et d’écriture achevé, le thérapeute a proposé d’écrire un article scientifique à partir de ce matériau, avec le consentement de la patiente. Le récit autobiographique a constitué le texte soumis à l’examen clinique.

Le texte a d’abord été examiné en repérant les thèmes transversaux du matériau narratif, qui ont ensuite guidé une exploration plus approfondie des différentes voix et positions du système narratif de la patiente, en s’appuyant sur des concepts dialogiques (Androutsopoulou et al., 2020 ; Braun & Clarke, 2025). Ce processus itératif impliquait un va-et-vient continu entre les thèmes repérés et les relations dialogiques présentes dans le matériau. Lors de l’étape de familiarisation, thérapeute et patiente ont relu le corpus à plusieurs reprises pour en acquérir une compréhension approfondie. La phase de codage qui a suivi a consisté à repérer des segments de texte particulièrement significatifs au regard de domaines d’expérience clés, notamment le diagnostic, l’hospitalisation, la transformation identitaire, les processus réflexifs et les formes émergentes de compréhension de soi. Le premier auteur a examiné le texte pour repérer les différentes positions du je du récit et explorer leurs relations. Ce processus s’est appuyé sur les trois indicateurs de pertinence proposés par Androutsopoulou (2015) : la fréquence, l’unicité et la négation. Ces indicateurs ont facilité le repérage des voix intérieures saillantes et l’examen des relations dialogiques entre elles. Ces perspectives thématique et dialogique ont ensuite été intégrées pour parvenir à une compréhension globale des processus par lesquels les significations autobiographiques ont été négociées et transformées au fil du temps. Les interprétations préliminaires ont d’abord été discutées entre le premier auteur et la patiente, puis partagées avec le reste de l’équipe. Ce processus a abouti à cinq thèmes transversaux, qui reflètent à la fois des domaines d’expérience distincts et une trajectoire plus large de transformation narrative.

Réflexivité relationnelle

Tout au long du processus psychothérapeutique et de l’élaboration de l’écriture polyphonique collaborative, thérapeute et patiente ont adopté une posture réflexive et relationnelle. Le premier auteur occupait le double rôle de thérapeute et de chercheur. À l’époque de l’étude, il avait 43 ans, était titulaire de deux doctorats et comptait environ 15 ans d’expérience de psychothérapeute, avec un intérêt particulier pour les approches interactionniste, narrative et de thérapie familiale nourries par les perspectives constructionnistes sociales. La patiente occupait le double rôle de patiente et de chercheuse. À l’époque de l’étude, c’était une femme de 46 ans, titulaire de licences en philosophie et en droit. Elle avait une longue histoire de détresse psychologique, marquée par l’alternance de périodes d’humeur dépressive et d’excitation maniaque. À la suite d’une hospitalisation psychiatrique, puis d’une prise en charge dans des services publics de santé mentale, elle avait reçu les diagnostics de trouble bipolaire et de trouble schizoaffectif. Une attention particulière a été portée aux questions de pouvoir relationnel, de positionnement interprétatif et à la façon dont les significations ont été construites en collaboration, tout au long des processus thérapeutique et de recherche. La réflexivité a en outre été soutenue par des discussions régulières avec les autres membres de l’équipe, qui ont fonctionné comme une équipe réfléchissante.

Considérations éthiques

Cette étude a été menée conformément aux normes éthiques internationalement reconnues pour la recherche impliquant des personnes, notamment aux principes énoncés dans la déclaration d’Helsinki. La patiente a été pleinement informée des objectifs de l’étude, de l’usage du matériau narratif anonymisé et des procédures adoptées pour protéger la confidentialité et la vie privée. Son consentement éclairé écrit à l’utilisation du matériau à des fins de recherche et de publication a été obtenu, et compris comme un processus continu, laissant la possibilité d’en discuter, de le réviser et de le retirer (Klykken, 2022). La patiente a donné son consentement explicite à la publication scientifique des résultats, avant la soumission comme pendant l’évaluation par les pairs.

Résultats

Cinq thèmes transversaux ont été dégagés, qui saisissent des dimensions clés de la trajectoire de vie et de la transformation narrative de la patiente : vivre avec une maladie mentale ; diagnostic, hospitalisation et nouvelle signification de l’expérience psychiatrique ; l’arène polyphonique, le chœur des voix ; la réflexivité, de l’écriture à la coécriture avec le thérapeute ; et vers l’unicité et un sentiment de liberté. Tous les extraits peuvent être compris comme les manifestations écrites d’un dialogue thérapeutique collaboratif.

Vivre avec une maladie mentale

Ce thème saisit la domination initiale d’un récit centré sur le diagnostic et l’émergence progressive de positions du je alternatives au fil du processus d’écriture collaborative et polyphonique. Dans les premières phases, la position « moi en tant que personne ayant un diagnostic psychiatrique » organisait l’expérience de la patiente autour de la passivité, de la limitation et de la stigmatisation intériorisée. Au cours de ces premières étapes, la patiente décrivait ainsi cette expérience :

« Vivre avec une maladie mentale, eh bien, cela veut dire avoir une excuse pour ne pas bouger, pour rester au lit, à attendre un miracle ou un événement miraculeux qui me tirerait de mon apathie par la seule force de mon âme. »

En réponse aux invitations cliniques à réfléchir du point de vue de l’écrivaine, une tension dialogique est apparue entre cette position centrée sur le diagnostic et une voix de résistance, davantage actrice. La patiente a noté explicitement qu’elle était plus qu’un simple diagnostic psychiatrique, en se définissant comme quelqu’un qui se bat contre l’incompréhensible. Cette tension a pu favoriser la création d’un espace relationnel et dialogique ouvert à d’autres interprétations de soi, même si le récit centré sur le diagnostic continuait à occuper une place importante.

Diagnostic, hospitalisation et nouvelle signification de l’expérience psychiatrique

Ce thème rassemble les récits relatifs à l’hospitalisation psychiatrique, au diagnostic et à la présence de la famille pendant les périodes de crise. Au départ, ces expériences s’organisent autour de la position « moi en tant que personne ayant un diagnostic psychiatrique », associée à la peur, à la vulnérabilité et à une capacité d’agir diminuée. En se remémorant ces événements, la patiente a souligné cette profonde vulnérabilité :

« Je me souviens d’en avoir été terrifiée. […] Je ne voulais communiquer avec personne d’autre que moi-même. »

Des perspectives relationnelles accompagnaient aussi cette organisation narrative, en particulier avec l’émergence de la position « moi en tant que fille », en lien avec les relations familiales pendant la crise :

« Je leur écrivais des messages confus et angoissants. […] Ils ne supportent pas de me voir souffrir. Ils ne me reconnaissent plus. […] »

Grâce à l’exploration dialogique, les significations diagnostiques ont semblé devenir de plus en plus ouvertes à la négociation et à la réinterprétation. Cette dynamique changeante a favorisé un rapprochement entre le récit centré sur le diagnostic et la voix naissante de l’écrivaine, permettant aux deux perspectives d’interagir :

« Quand j’étais dans le service, les autres “hôtes” me parlaient parfois. Je répondais par des gestes et des grimaces dictés par ma détresse. [Mais maintenant] ces deux voix devraient dialoguer l’une avec l’autre dans le moment présent. Elles devraient s’encourager l’une l’autre sans perdre courage. »

Une autre transformation est devenue visible avec la consolidation de la méta-position « moi en tant qu’écrivaine », qui a contribué à réinterpréter à la fois le diagnostic et l’hospitalisation. Ce processus a permis à la patiente de recadrer activement le sens de la maladie, en s’éloignant d’une perspective centrée sur le déficit :

« Après l’hospitalisation, j’ai commencé à penser que si les médecins avaient employé dès le début le mot “mélancolie” au lieu de “dépression”, cela aurait eu des bienfaits concrets pour ma santé. Alors que “dépression” évoque la notion de maladie mentale, “mélancolie” est moins chargé et plus ambigu. Cela permet aux gens comme moi de se relier à la littérature […]. Les moments de détresse et de maladie m’ont transformée, un peu comme l’art japonais du kintsugi. »

Ce mouvement illustre le passage d’une compréhension des expériences psychiatriques surtout comme marqueurs de déficit à leur intégration dans un récit autobiographique plus large. La métaphore du kintsugi rend compte de la possibilité d’intégrer la vulnérabilité à son histoire de vie sans la réduire à la seule maladie.

L’arène polyphonique : le chœur des voix

Ce thème est l’expression la plus nette de la transformation dialogique qui s’est déployée à travers l’écriture collaborative et polyphonique. Au cœur de ce processus se trouve l’émergence de la méta-position « moi en tant qu’écrivaine », qui fonctionne comme une voix coordinatrice facilitant le dialogue entre les positions. La patiente a introduit la métaphore du « chœur des voix » comme procédé narratif pour représenter et explorer cette multiplicité intérieure :

« Parfois, dans ces imperfections, les mots me manquent ; c’est pourquoi j’ai décidé de me faire accompagner, à partir de maintenant, par un chœur de voix dans ce voyage introspectif. […] Je ressens cette polyphonie et j’écris sur elle. Je suis une femme libre et généreuse, et je ne sublime plus la douleur comme une présence constante dans ma vie. »

L’arène polyphonique a semblé s’articuler plus pleinement à mesure qu’un éventail de positions du je distinctes étaient invitées au dialogue. La patiente a utilisé l’espace d’écriture polyphonique collaborative pour donner voix à des facettes multiples et diverses de l’expérience de soi, laissant émerger à l’unisson des positions relationnelles, universitaires et centrées sur le je :

« Moi en tant que personne ayant un diagnostic psychiatrique : les psychiatres ont répondu à ma détresse existentielle […] ; ils ont stabilisé mon humeur, mais pas mon cœur, mon âme ou mon identité.

Moi en tant que fille : mes parents ont toujours fait tout ce qu’ils pouvaient pour que je me sente mieux.

Moi en tant que sœur : ma sœur a été très proche de moi ces dernières années. Cela n’a rien d’évident.

Moi en tant que diplômée de philosophie : la notion de détresse mentale était essentiellement étrangère à la pensée socratique.

Moi en tant que diplômée de droit : nous devrions créer des associations ou des fondations sensibles à cette question.

Moi en tant qu’homosexuelle : aimer une femme, en étant une femme, dans cette société italienne […]. Il faut beaucoup de courage.

Moi en tant que tante : la naissance de ma petite nièce a apporté une joie immense dans ma vie.

Moi en tant que poétesse : je vois la poésie comme une façon d’exprimer en vers tout l’amour que j’ai. »

Tout cela a mis en évidence la façon dont la méta-position d’écrivaine peut faciliter la communication entre divers aspects du soi, en permettant aux tensions et contradictions existentielles centrales de demeurer présentes sans fragmenter le récit d’ensemble. En réfléchissant à la manière d’harmoniser ces diverses perspectives, la patiente a conclu :

« Je crois que la vie et la santé mentale, tout est affaire de relations. »

En ce sens, le « chœur des voix » fonctionne comme un processus dialogique par lequel de nouvelles significations et des possibilités alternatives de compréhension de soi peuvent émerger.

La réflexivité : de l’écriture à la coécriture avec le thérapeute

Ce thème met en lumière les dimensions réflexives et relationnelles de l’écriture collaborative et polyphonique, en se centrant sur le processus par lequel les significations personnelles ont été explorées, négociées et transformées. Le passage de l’écriture autobiographique à l’écriture collaborative a semblé marquer un basculement important, d’une narration solitaire vers un espace partagé de réflexion. Dans ce cadre partagé, l’expérience personnelle est devenue l’objet d’un dialogue continu entre le thérapeute et la patiente. La patiente a souligné comment l’écriture était progressivement passée d’une forme d’expression solitaire de soi à une pratique collaborative de construction du sens :

« Pour moi, l’écriture a été un voyage de découverte de soi mêlé à la thérapie […]. C’est l’écriture collaborative, puis la lecture, la relecture et la réflexion commune sur mon histoire avec mon thérapeute, qui ont semblé mettre en mouvement le processus de changement […]. Écrire avec un thérapeute est un acte de soin de soi […]. L’écriture collaborative implique différents niveaux de réflexion et de compréhension partagée […]. »

Dans l’ensemble, ce thème montre comment l’écriture collaborative et polyphonique a transformé l’acte d’écrire en une pratique relationnelle et réflexive. Le passage de l’écriture individuelle à la coécriture a favorisé un processus dialogique par lequel les significations autobiographiques sont devenues ouvertes à la révision, à la négociation et à la réécriture, ce qui a soutenu la consolidation de nouvelles positions narratives identitaires.

Vers l’unicité et un sentiment de liberté

Ce dernier thème saisit la consolidation de l’ensemble du processus de transformation dialogique. Des positions du je auparavant concurrentes ont semblé se coordonner de plus en plus au sein d’un sentiment de soi plus large et plus souple, tandis que le récit centré sur le diagnostic perdait sa domination organisatrice. La patiente a réfléchi à cette conscience de soi relationnelle et intégrée, en notant :

« J’ai compris qu’il n’est possible de se connaître et de se comprendre qu’à travers les autres, dans la façon dont nous faisons l’expérience des autres et de nous-mêmes en relation avec les autres, et dans la façon dont les autres font l’expérience de nous, comme un jeu de reflets en miroir. »

Le rôle intégrateur de la méta-position d’écrivaine, qui a soutenu cette transformation majeure, s’illustre encore dans la capacité de la patiente à coconstruire activement de nouvelles significations personnelles à travers la multiplicité narrative :

« Je découvre comment raconter mon histoire à travers la polyphonie ; ainsi, de multiples points de vue rassemblés par mon rôle d’écrivaine, grâce auquel il a été possible, avec le thérapeute, de construire un nouveau sens à l’histoire. »

Ces réflexions suggèrent le passage d’une définition de soi fondée surtout sur un récit centré sur un diagnostic psychiatrique à une compréhension plus complexe du soi, organisée selon des lignes dialogiques.

Discussion

Cet article présente l’écriture polyphonique collaborative comme une pratique thérapeutique située au croisement du constructionnisme social, de la théorie du soi dialogique, de la thérapie collaborative et de la thérapie narrative. Ces perspectives partagent une compréhension relationnelle et postmoderne de l’identité, du sens et du changement psychologique, et mettent l’accent sur la construction collaborative de l’expérience par le dialogue.

L’écriture polyphonique collaborative peut être comprise comme une pratique relationnelle par laquelle les significations autobiographiques sont explorées, négociées et transformées au fil du temps. L’étude elle-même reflète ces présupposés, puisque le processus de recherche est né directement des pratiques d’écriture collaborative qui constituaient l’intervention thérapeutique.

Les approches traditionnelles, comme l’écriture expressive ou l’écriture de lettres thérapeutiques, reposent surtout sur l’écriture individuelle, de même que la thérapie narrative se centre sur la réécriture des récits dominants. Dans notre proposition d’écriture polyphonique collaborative, en revanche, thérapeute et personne suivie coconstruisent le récit en collaboration, en partageant un espace relationnel et dialogique. Ce processus vise explicitement à cultiver une méta-position réflexive capable d’orchestrer une multiplicité de voix intérieures, ce qui le distingue des interventions classiques de coécriture ou de documentation collaborative.

Le cadre théorique relationnel centré sur la construction sociale, ainsi que l’usage du modèle de l’entretien interventif (Tomm et al., 2026), ont permis au thérapeute de formuler divers types de questions destinées à stimuler la réflexivité, qui a à son tour facilité la coconstruction de récits multiples exprimés à travers la polyphonie du soi.

Le processus thérapeutique s’est déployé selon deux dimensions reliées entre elles : des rencontres synchrones en présentiel et un processus d’écriture asynchrone développé par l’écriture polyphonique collaborative. Ensemble, ces dimensions ont créé un contexte continu de réflexion, dans lequel l’expérience vécue pouvait être revisitée, questionnée et réinterprétée. Dans les premières phases, le récit de la patiente s’organisait largement autour d’une compréhension de soi centrée sur le diagnostic. Les thèmes « Vivre avec une maladie mentale » et « Diagnostic, hospitalisation et nouvelle signification de l’expérience psychiatrique » montrent comment le diagnostic psychiatrique a d’abord fonctionné comme un cadre narratif dominant, à travers lequel étaient interprétées les expériences de souffrance, de vulnérabilité et d’identité. Dans ce cadre, les compréhensions alternatives de soi restaient largement marginalisées.

L’introduction de l’écriture polyphonique collaborative a progressivement élargi l’éventail des voix disponibles dans le récit de la patiente. Au fil de cycles successifs d’écriture, de réflexion, de retours et de révision, des positions du je jusque-là marginalisées sont devenues de plus en plus visibles et capables d’entrer en dialogue. Ce processus se reflète le plus nettement dans le thème « L’arène polyphonique : le chœur des voix », où le soi ne s’organise plus autour d’une position unique centrée sur le diagnostic, mais émerge comme une multiplicité de perspectives, dont chacune apporte une compréhension différente de l’expérience. Conformément à la théorie du soi dialogique, le changement psychologique semble impliquer non pas l’élimination de voix, mais l’élargissement des relations dialogiques entre elles.

L’émergence de la méta-position « moi en tant qu’écrivaine » revêt une importance particulière. Bien qu’elle soit d’abord apparue comme une voix parmi d’autres, cette position a progressivement pris une fonction de coordination et de réflexion. Grâce à cette méta-position, la patiente est devenue de plus en plus capable d’observer, de comparer et de faire la médiation entre des positions du moi concurrentes, au lieu de s’identifier exclusivement à un récit centré sur le diagnostic. La méta-position d’« écrivaine » a ainsi fonctionné comme un point de vue à partir duquel il était possible de faciliter le dialogue entre les voix et de reconsidérer les significations autobiographiques.

Dans cette perspective, la portée thérapeutique de l’écriture polyphonique collaborative pourrait tenir non pas simplement au fait d’utiliser l’écriture comme outil thérapeutique, mais à sa capacité à faciliter l’émergence de méta-positions réflexives capables de coordonner des voix multiples. Les résultats suggèrent que l’écriture collaborative peut offrir des conditions particulièrement fécondes au développement de telles positions, en créant des occasions répétées de réflexion, de relecture, de dialogue et de réinterprétation.

Le thème « La réflexivité : de l’écriture à la coécriture avec le thérapeute » éclaire davantage ce processus. Le passage de l’écriture à l’écriture collaborative a été plus qu’un changement de technique thérapeutique : il a marqué le passage d’une narration individuelle à un processus d’enquête partagé. Grâce aux échanges continus entre le thérapeute et la patiente, les significations autobiographiques sont devenues de plus en plus ouvertes à la révision et à la réinterprétation. La réflexivité est apparue non pas seulement comme une activité cognitive interne, mais comme un accomplissement relationnel, favorisé par le dialogue et la coécriture.

Le thème « Vers l’unicité et un sentiment de liberté » peut être compris comme l’aboutissement de ce processus plus large de transformation dialogique. Plutôt que d’indiquer la résolution des tensions intérieures ou l’accès à une identité unifiée, ce thème reflète la capacité croissante de la patiente à habiter plusieurs positions sans être définie exclusivement par l’une d’elles. En particulier, le récit centré sur le diagnostic a progressivement perdu sa domination organisatrice pour devenir une voix parmi d’autres dans un paysage autobiographique plus large. Les références de la patiente aux relations, à la créativité, à la sexualité, aux liens familiaux et à sa capacité d’agir personnelle suggèrent un élargissement des possibilités narratives dont elle dispose pour se comprendre. D’un point de vue dialogique, ce mouvement peut être compris comme le développement d’une plus grande souplesse dans la négociation entre des voix et des perspectives multiples. Le sentiment de liberté naissant semble donc provenir non pas de l’élimination de la complexité, mais d’une capacité accrue à s’y engager de manière réflexive et relationnelle.

L’orientation relationnelle qui caractérise l’écriture polyphonique collaborative peut aussi contribuer à réduire les asymétries au sein de la relation thérapeutique, en favorisant un processus plus collaboratif de production de connaissances.

L’orientation relationnelle et de justice épistémique qui caractérise l’écriture polyphonique collaborative peut aussi aider à réduire les asymétries de pouvoir au sein de la relation thérapeutique, en favorisant un processus plus collaboratif de production de connaissances, dans lequel la personne suivie contribue activement, à égalité, à la construction du sens (Drożdżowicz & Grodniewicz, 2025). Conformément aux perspectives constructionnistes sociales, la relation thérapeutique devient un contexte génératif (Gergen, 2026) d’où peuvent émerger de nouvelles significations, de nouvelles formes de compréhension de soi et de nouvelles possibilités d’action. Dans l’ensemble, les résultats suggèrent que la valeur de l’écriture polyphonique collaborative tient à sa capacité à créer des conditions dans lesquelles des voix multiples peuvent s’exprimer, se coordonner et se transformer par le dialogue. Elle semble élargir l’éventail des possibilités dialogiques par lesquelles chaque personne peut comprendre, réinterpréter et écrire sa vie.

Implications cliniques

Les résultats suggèrent que cette pratique thérapeutique peut offrir à la clinique une manière structurée de prolonger le travail thérapeutique au-delà des rencontres en présentiel. En créant un espace continu d’écriture et de réflexion, l’écriture polyphonique collaborative permet de revisiter dans la durée les expériences, les émotions et les récits personnels. Cela peut être particulièrement utile dans le travail avec des personnes dont les difficultés s’organisent autour de récits rigides, saturés par le problème ou centrés sur le diagnostic. La mise en œuvre de l’écriture polyphonique collaborative exige des thérapeutes une posture collaborative et réflexive, faite d’ouverture, de curiosité et d’attention à la multiplicité des perspectives présentes dans le récit de la personne suivie. En pratique, il s’agit pour les thérapeutes de faciliter le dialogue entre les différentes voix du soi par des questions, des réflexions et des réponses écrites qui encouragent l’exploration. Cela exige un investissement important en temps et en effort de part et d’autre. Cette pratique peut convenir particulièrement aux personnes qui sont à l’aise pour s’exprimer par l’écriture et qui souhaitent jouer un rôle actif dans le processus thérapeutique.

Limites et pistes futures

Plusieurs limites doivent être prises en compte dans l’interprétation des résultats de cette étude. L’étude est née d’un processus thérapeutique et non d’un projet de recherche conçu à l’avance. Si cela a renforcé son ancrage dans une pratique clinique naturelle, l’implication ultérieure du thérapeute et de la patiente comme coautrice et coauteur a pu influer sur l’interprétation et la présentation du matériau. L’influence des positions et des perspectives de l’équipe sur le processus d’analyse ne peut pas être entièrement exclue.

D’autres limites tiennent à la nature collaborative du récit lui-même. Le texte autobiographique a été coconstruit par le dialogue thérapeutique et l’écriture, ce qui rend difficile la distinction entre expérience vécue, reconstruction rétrospective et élaboration narrative. De même, la sélection et l’interprétation des extraits reflètent inévitablement le cadre théorique et interprétatif adopté dans l’étude. En outre, il n’est pas possible de déterminer la contribution relative de l’écriture polyphonique collaborative par rapport à d’autres facteurs potentiellement influents, dont l’alliance thérapeutique, la durée de la psychothérapie, les médicaments, la maturation personnelle ou des événements de vie importants. D’autres limites encore tiennent à l’intérêt ancien de la patiente pour l’écriture et à ses grandes aptitudes littéraires. On ne sait pas dans quelle mesure des processus semblables émergeraient chez des personnes ayant un autre rapport à l’écriture autobiographique.

La recherche future pourrait explorer l’application de l’écriture polyphonique collaborative auprès de publics cliniques, dans des cadres thérapeutiques et dans des contextes culturels divers. Des études multicas et comparatives pourraient aider à préciser les mécanismes par lesquels l’écriture collaborative contribue au développement dialogique, à la transformation narrative et au changement psychologique. D’autres recherches pourraient aussi examiner le rôle des environnements d’écriture numériques comme espaces thérapeutiques, et explorer la façon dont les formes d’interaction synchrones et asynchrones contribuent à la construction du sens.

Conclusions

Cet article a présenté l’écriture polyphonique collaborative comme une pratique thérapeutique ancrée dans le constructionnisme social, la théorie du soi dialogique et la thérapie narrative. Cette pratique peut favoriser le changement thérapeutique en créant un espace de dialogue où les significations autobiographiques peuvent être revisitées, négociées et réécrites. Au cœur de ce processus s’est trouvée l’émergence de la méta-position « moi en tant qu’écrivaine », qui a facilité le dialogue entre de multiples positions du je et soutenu la réorganisation de l’expérience autobiographique.

En même temps, la présente étude invite à la prudence quant au statut des méta-positions réflexives. Un récit nouvellement élaboré, même plus riche et plus complexe qu’un récit centré sur le diagnostic, risque de devenir privilégié et de contraindre d’autres voix. Dans cette perspective, le travail thérapeutique ne vise pas à remplacer un récit dominant par un autre, mais à préserver les conditions d’un dialogue continu entre de multiples positions du soi. La méta-position d’écrivaine peut donc être comprise à la fois comme une ressource et comme une limite possible : elle peut faciliter la coordination entre les voix, mais ne devrait pas devenir la seule autorité à travers laquelle l’expérience est interprétée.

Conformément aux perspectives constructionnistes sociales, aucune position ne peut être considérée comme privilégiée de façon permanente. La valeur d’une méta-position ne tient pas à sa capacité à contrôler les autres voix, mais à sa capacité à favoriser la communication, la négociation et l’ouverture à d’autres significations. Comme le suggère la notion d’être multiple (multi-being) de Gergen, toute position reste constituée relationnellement et située dans un contexte. Par conséquent, l’importance de « moi en tant qu’écrivaine » tient moins à sa permanence qu’à sa capacité à soutenir le dialogue à un moment donné du développement narratif continu d’une personne.

En conclusion, l’écriture polyphonique collaborative peut représenter une ressource précieuse pour une pratique clinique qui vise à favoriser des façons plus plurielles et plus dialogiques de comprendre le soi et l’expérience. Enfin, elle semble soutenir l’élargissement des possibilités dialogiques par lesquelles chaque personne peut sans cesse écrire et réécrire sa vie.

Complexe Systémique : à retenir

Ce cas intéresse la clinique systémique moins par l’écriture elle-même que par ce qu’elle fait au rapport entre une personne et son diagnostic. Au départ, « moi en tant que personne ayant un diagnostic psychiatrique » organise tout le récit ; à la fin, c’est une voix parmi d’autres, à côté de la fille, de la sœur, de la tante, de l’amoureuse d’une femme dans une Italie peu accueillante. On reconnaît les outils du champ : questions circulaires et réflexives de Tomm, équipe réfléchissante, réécriture narrative, soi dialogique de Hermans. L’apport original est l’asynchronie : un document partagé entre les séances, où le dialogue continue par écrit. Les limites sont franches et l’article les assume : un seul cas, une patiente déjà lettrée et à l’aise avec l’écriture, un thérapeute qui est aussi chercheur et coauteur, aucun moyen de distinguer l’effet de l’écriture de celui de six ans de thérapie ou du traitement. La mise en garde finale mérite d’être retenue : une méta-position nouvelle ne doit pas devenir à son tour un récit dominant. À lire avec l’article sur l’autre intériorisé et le soi distribué, et avec l’article sur les conversations collaboratives.

Notes de l’original

Remerciements. L’équipe exprime sa plus profonde gratitude à la patiente pour sa collaboration inestimable, sa confiance et son engagement tout au long du processus thérapeutique et d’écriture collaborative. Sa voix singulière et ses réflexions ont été fondatrices dans la coconstruction de ce travail.

Financement. Financement du libre accès assuré par l’Università degli Studi di Napoli Federico II dans le cadre de l’accord CRUI-CARE. Déclaration de financement : appel PRIN 2022 (décret no 104 du 2 février 2022, macrosecteur SH, sciences sociales et humaines, secteur SH4 « The Human Mind and Its Complexity », 2022AR3EFB), projet intitulé « ReCo2 : Re-Co-Very Through Co-Writing. The Implementation of a Collaborative Writing Approach in Mental Health Care ».

Liens d’intérêts. L’équipe déclare n’avoir aucun lien d’intérêts.

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Traduction non officielle en français de L’écriture polyphonique collaborative comme pratique thérapeutique : une étude de cas longitudinale, par Giacomo Chiara, Hubert Hermans, Diego Romaioli, Elena Faccio et Roberto Vitelli, Journal of Contemporary Psychotherapy, publication en ligne anticipée (2026), doi : 10.1007/s10879-026-09751-8, sous licence CC BY 4.0. Traduction et mise en page : Complexe Systémique, septembre 2026 — l’œuvre a été modifiée au sens de la licence. Ni les auteurs ni l’éditeur ne répondent de cette traduction ; la version originale fait foi.

Traduction française non officielle de « Collaborative Polyphonic Writing as Therapeutic Practice: A Longitudinal Case Study », publié dans Journal of Contemporary Psychotherapy (2026) sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique, elle n’émane ni des auteurs ni de l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ; la version originale fait foi.

Lire l’article original

Comment citer cet article

Chiara, G., Hermans, H., Romaioli, D., Faccio, E., et Vitelli, R. (2026). L’écriture polyphonique collaborative comme pratique thérapeutique : une étude de cas longitudinale (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/l-ecriture-polyphonique-collaborative-comme-pratique-therapeutique-une-etude-de-cas (Œuvre originale publiée en 2026 dans Journal of Contemporary Psychotherapy, OnlineFirst (2026) ; republiée en 2026 par Journal of Contemporary Psychotherapy, https://link.springer.com/article/10.1007/s10879-026-09751-8)

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