Family Process · Thérapie familiale

Premiers secours psychologiques aux familles en temps de guerre : intégrer l’approche narrative et la thérapie centrée sur l’émotion (EFT)

Orit, neuf ans, ne va plus à l’école de peur qu’une roquette tombe sur elle ; son père, réserviste depuis 200 jours, se sent exclu à son retour. Michal Shamai (université de Haïfa), Uri Carmel-Kraiem et Osnat Cohen-Ganor décrivent un soutien en trois ou quatre rencontres, mis en place après le 7 octobre pour des familles israéliennes du conseil régional de Menashe : raconter l’histoire de la famille devant un témoin, puis travailler le cycle d’attachement que la peur a déréglé.

Auteurs Michal Shamai (école de travail social, université de Haïfa) ; Uri Carmel-Kraiem (conseil régional de Menashe) ; Osnat Cohen-Ganor (institut Mifrasim, Collège académique de Tel-Aviv-Yaffo)Première publication Family Process, 3 juillet 2026Traduction Complexe Systémique, traduction non officielle

Traduction française non officielle. Cet article est la traduction de Premiers secours psychologiques aux familles en temps de guerre : intégrer l’approche narrative et la thérapie centrée sur l’émotion (EFT), par Michal Shamai, Uri Carmel-Kraiem et Osnat Cohen-Ganor, publié dans Family Process (Wiley) (2026), doi : 10.1111/famp.70175, sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par le Complexe Systémique en septembre 2026 : le texte original a été traduit en français et remis en page, ce qui constitue une modification de l’œuvre au sens de la licence. Les tableaux sont présentés sous forme de listes. Cette traduction n’a été effectuée ni par les auteurs ni par l’éditeur, qui ne répondent ni de son contenu ni d’éventuelles erreurs. La version originale fait foi.

Le changement était attribué à la figure du thérapeute et à l’atmosphère créée, plutôt qu’à des techniques précises.

Michal Shamai, Uri Carmel-Kraiem et Osnat Cohen-Ganor

Résumé

L’article décrit un projet de premier soutien psychologique destiné aux familles vivant dans la « zone de jointure » entre Israël et les territoires contrôlés par l’Autorité palestinienne. Depuis le 7 octobre, la proximité de la frontière et le risque d’infiltrations terroristes dans les localités ont accru l’anxiété des habitants, à laquelle s’ajoute l’inquiétude pour les proches mobilisés comme réservistes ou effectuant leur service obligatoire. L’unité de thérapie familiale du conseil régional de Menashe a donc lancé un programme de soutien psychologique destiné à renforcer les ressources des familles et leur capacité à faire face au stress et à l’anxiété continus. L’intervention reposait sur une intégration de l’approche narrative et de la thérapie centrée sur l’émotion (EFT). Ces approches ont été choisies pour leur ancrage dans la psychologie positive et humaniste, qui met en avant la résilience familiale et se prête à une intervention brève et ciblée. Le protocole d’intervention et un exemple de cas sont décrits en détail. Nous décrivons aussi une tentative d’évaluation du projet en temps de guerre, avec ses limites. L’évaluation comprenait un volet quantitatif et une analyse de contenu d’une question ouverte sur l’expérience que les familles avaient eue de l’intervention. Les résultats indiquent une baisse significative du stress des parents et du stress qu’ils perçoivent chez leurs enfants, mais aucune différence significative de résilience familiale. Comme dans des études antérieures, les participants ont vécu la relation thérapeutique comme le facteur le plus significatif, plus que les techniques employées. L’article se conclut par un appel à évaluer davantage de telles interventions dans les zones de guerre et de catastrophe, dans des contextes socioculturels et politiques variés.

Mots-clés : thérapie centrée sur l’émotion, thérapie familiale, thérapie narrative, premiers secours psychologiques, guerre

1. Introduction

Cet article décrit le premier soutien psychologique apporté aux familles du conseil régional de Menashe, dans la zone de jointure entre Israël et les territoires contrôlés par l’Autorité palestinienne. Dans les jours qui ont suivi le 7 octobre, les travailleurs sociaux du service d’action sociale ont signalé des symptômes d’anxiété et de stress dans les familles de cette zone. Les habitants attribuaient leur anxiété à la peur d’infiltrations terroristes, comme dans les localités proches de Gaza, et à la mobilisation de nombreux pères et maris ou compagnons comme réservistes, avec l’inquiétude qui en découlait pour eux. Outre la réalité de la guerre, les familles devaient s’adapter sans cesse à des circonstances changeantes et à l’incertitude, au rythme des départs et des retours des partenaires réservistes. À la suite de ces signalements, l’unité de thérapie familiale a apporté un premier soutien aux familles qui en avaient besoin.

2. Le contexte de mise en œuvre du projet

Le conseil régional de Menashe a une population rurale, comparable à celle des localités proches de Gaza, où, le 7 octobre, des terroristes du Hamas ont franchi la frontière et massacré des civils de tous âges. Autre similitude historique entre les deux régions : en 2002, un terroriste s’est infiltré au kibboutz Metzer, dans le conseil régional de Menashe, et a tué cinq civils. L’attaque du 7 octobre a ravivé chez les habitants de Menashe le souvenir de celle de 2002, et la crainte d’une infiltration dans leur propre région. En outre, de nombreux villages arabes se trouvent dans la région de Menashe ou à proximité. Malgré une coexistence quotidienne stable entre ces populations juives et arabes, des émeutes ont éclaté à proximité lors de conflits antérieurs, ce qui a accru le climat local de tension et de vigilance.

Les études menées ces dernières décennies en Israël et dans d’autres zones de conflit ont montré que les guerres et les conflits armés ont des effets graves et durables sur les familles : dégradation du fonctionnement parental (par exemple Eltanamly et al. 2021 ; Mijalevich-Soker et Taubman-Ben-Ari 2025 ; Weingarten 2003), symptômes traumatiques chez les parents et les enfants (par exemple Thabet et al. 2008), dégradation des relations de couple, en particulier mais pas seulement quand l’un des partenaires a été mobilisé et a combattu (par exemple Klaric et al. 2011 ; Shamai et al. 2016, 2017 ; Zamir et al. 2019). Des citoyens ukrainiens ayant bénéficié de premiers secours psychologiques par téléphone, évalués selon une méthodologie narrative, ont rapporté une baisse de leur détresse et de meilleures stratégies d’adaptation (Shraga et al. 2025). Nous n’avons toutefois trouvé aucune publication décrivant des interventions thérapeutiques auprès de familles vivant en zone de guerre, ni donc d’évaluation de telles interventions familiales. Cet article vise à combler cette lacune.

3. Les fondements théoriques du projet

L’intervention intégrait deux approches de thérapie familiale bien établies et fondées sur les preuves, toutes deux reposant sur des principes proches d’une perspective psychologique positive et humaniste (Seligman et Csikszentmihalyi 2000) et adaptées à une intervention ciblée : l’approche narrative et l’approche centrée sur l’émotion.

3.1 La thérapie narrative

L’approche narrative (White et Epston 1990) met l’accent sur la manière dont les personnes donnent sens à leurs expériences par les histoires qu’elles racontent. Chez les familles qui vivent la guerre et une incertitude continue, les histoires deviennent souvent saturées par le problème, centrées sur la peur, l’impuissance et l’échec perçu. Ces histoires mettent en avant la détresse tout en minimisant ou en masquant les efforts d’adaptation de la famille, et renforcent un récit qui accroît son sentiment de vulnérabilité. Le langage des parents et des enfants (« Je ne peux pas les protéger », « J’ai tout le temps peur », « On n’arrive à faire face à rien ») façonne leur compréhension de leur réalité et leur manière de réagir au stress continu. La thérapie narrative aide les familles à externaliser les difficultés liées à la guerre, à organiser des expériences fragmentées en une histoire cohérente et partageable, et à reconnaître des moments d’adaptation et de résilience passés inaperçus. Raconter leur histoire en présence d’un thérapeute témoin permet aux membres de la famille d’accéder à d’autres significations et de réécrire un récit qui met en avant la compétence, le lien et la survie, même dans des circonstances extrêmes.

L’approche narrative est largement utilisée en thérapie familiale, mais la connaissance de son efficacité reste limitée, pour deux raisons principales. D’abord, pendant de nombreuses années, seules les interventions validées par des études quantitatives étaient reconnues comme fondées sur les preuves. Or la thérapie narrative s’ancre, sur le plan épistémologique, dans le constructionnisme social et des concepts poststructuralistes, qui s’opposent aux concepts structuraux sous-jacents aux évaluations expérimentales. Ensuite, la thérapie narrative étant ajustée à chaque famille, il est difficile d’unifier un protocole pour des contextes et des interventions différents (Busch 2007). Certaines études ont toutefois montré que remplacer des termes de victimisation (« Tout s’effondre », « Je suis brisé ») par des termes de résilience (« On fait face ensemble », « Je peux protéger ma famille »), l’un des buts et l’une des techniques centraux de la thérapie narrative, permettait de faire évoluer le sens que les clients donnaient à eux-mêmes, de la pathologie vers la croissance et l’adaptation (Busch 2007 ; Ghavibazou et al. 2022). Si plusieurs articles décrivent l’approche narrative en thérapie familiale en situation de guerre (par exemple Onyut et al. 2005 ; Saltzman et al. 2013, 2016), ces études n’ont pas été menées auprès de familles civiles vivant sur la ligne de feu pendant la guerre, alors qu’un ou plusieurs de leurs membres étaient mobilisés.

3.2 La thérapie centrée sur l’émotion (EFT)

L’EFT (Johnson 2019, 2020) comprend les relations de couple et de famille à la lumière de la théorie de l’attachement (Bowlby 1969). Elle suit l’évolution des concepts de base de cette théorie, passée de l’individu à la compréhension de la manière dont les styles d’attachement (sécure, anxieux, évitant et désorganisé) peuvent influer sur le développement du couple et de la famille et sur leur manière de faire face au stress (Hazan et Shaver 1987 ; Overall et al. 2022). La théorie de l’attachement pose que chacun, tout au long de la vie, a besoin d’une figure d’attachement : pour survivre, il faut une figure qui serve de base sécure à partir de laquelle explorer le monde, prendre des risques et faire l’expérience de l’autonomie. Dans les situations de stress, la relation à la figure d’attachement est vitale pour la régulation du système nerveux.

Les personnes sous stress ont souvent une capacité limitée à voir l’ensemble de la situation ; elles communiquent moins avec les autres et sont moins capables d’aider ou d’être aidées (Johnson 2005). Les situations très stressantes qui touchent les deux membres du couple ou toute la famille, comme la guerre, accentuent cet état (Johnson 2005). En outre, quand la figure d’attachement ne répond pas, les personnes peuvent développer des schémas répétitifs destinés à regagner son attention. Ces schémas entravent la capacité des autres à répondre et aggravent la détresse individuelle, conjugale et familiale (Johnson 2019, 2020).

Le rôle du thérapeute est d’aider les clients à entrer en contact avec leur douleur émotionnelle et à l’exprimer, tout en aidant les autres membres de la famille à être des figures d’attachement disponibles, qui répondent sur le plan émotionnel et s’engagent auprès de la personne qui en a besoin. Dans les situations de stress vécues par tous les membres de la famille, comme l’exposition à des événements potentiellement traumatiques, la régulation émotionnelle devient particulièrement difficile. Le thérapeute doit donc aider chaque membre de la famille, adultes comme enfants, à comprendre ses besoins et à trouver des manières appropriées de les voir satisfaits par un soutien pertinent des autres personnes significatives de la famille. En intervention familiale, il est essentiel d’aider les parents à devenir, pour leur enfant, les figures plus âgées et protectrices. Notons que l’EFT avec les couples et les familles est validée empiriquement : elle accroît significativement la satisfaction conjugale et réduit l’anxiété d’attachement (Wiebe et al. 2017), et elle améliore nettement le fonctionnement familial, renforce les liens émotionnels parent-enfant et le bien-être émotionnel des membres de la famille (Conradi et al. 2023 ; Severinsen et al. 2022).

En résumé, le modèle de soutien proposé repose sur la reconnaissance du rôle essentiel de la famille face aux défis d’une réalité continue de guerre et de terreur (Shamai 2016). Les objectifs de l’intervention étaient : (a) réduire le niveau de stress, y compris l’anxiété ; (b) élaborer les émotions et construire un récit personnel et familial qui renforce la résilience familiale, et ainsi soutenir la capacité à faire face. Le comité d’éthique de la faculté de travail social et de sciences de la santé de l’université de Haïfa a approuvé le projet et son évaluation (autorisation no 425/24).

4. La préparation de l’intervention

Avant la mise en œuvre du projet, un atelier préparatoire de sept heures a réuni les 13 membres de l’unité de thérapie familiale, un thérapeute et douze thérapeutes femmes âgés de 31 à 58 ans. L’atelier présentait les fondements théoriques de l’intervention, le protocole et les méthodes d’évaluation. Il visait à soutenir les thérapeutes dans la conduite de l’intervention ciblée intégrant l’approche narrative et l’EFT. Des simulations ont donc été menées pour chaque composante du protocole, suivies de discussions sur les questions des thérapeutes. Le protocole a été élaboré conjointement par Uri Carmel-Kraiem, à la tête de l’unité, et par Michal Shamai et Osnat Cohen, qui assuraient la supervision ; chacune de ces trois personnes a une large pratique clinique de ces approches. Le processus d’intervention a été suivi par des séances de supervision bimensuelles menées par deux personnes, l’une spécialiste de l’EFT, l’autre de l’approche narrative, dont les apports étaient ensuite intégrés aux cas familiaux présentés. Cette étude n’a pas examiné le rôle de la supervision ; les premières observations suggèrent toutefois que le cadre de supervision de groupe a fonctionné comme une famille soutenante, accordant une attention considérable aux réalités partagées par les thérapeutes, les familles et la supervision, surtout au vu des événements de guerre en cours.

5. Le protocole d’intervention

5.1 Première rencontre

Cette rencontre réunissait les parents ou le couple (ou l’un d’eux, si l’autre était en période de réserve ou refusait le soutien). Toutes les rencontres étaient prévues pour durer de 1 heure à 1 heure 30.

  1. Clarifier le motif de la demande de soutien.
  2. Les familles sont invitées à raconter l’histoire de la famille depuis le début de la guerre : le thérapeute explique que raconter toute l’histoire, depuis le début des événements, à voix haute, à une autre personne qui sert de témoin, membre de la famille ou thérapeute, peut réguler les émotions complexes qui surgissent en situation de survie et ainsi renforcer la capacité à faire face. Les thérapeutes avaient pour consigne de ne pas poser, pendant le récit, de questions susceptibles de déclencher des questions complexes, que les clients pourraient ne pas être prêts à aborder à ce stade, ou dont ils pourraient même ne pas avoir conscience. Si la chronologie du récit fait des allers-retours, ou s’ils doivent s’assurer de bien comprendre, les thérapeutes peuvent intervenir par le reflet, la validation et des hypothèses empathiques.
  3. Résumer le récit familial : une fois les récits terminés, le thérapeute résume le récit en reconnaissant la douleur et les difficultés exprimées, et en soulignant les stratégies d’adaptation efficaces et les forces principales qui sont apparues. Si les deux partenaires sont présents, on leur demande ensuite de repérer les ressemblances et les différences entre leurs récits et leurs stratégies d’adaptation.
  4. Développer les capacités de régulation émotionnelle : le thérapeute se concentre sur les émotions qui émergent dans le récit de chaque partenaire ou parent et cherche à cerner l’émotion vulnérable (pour identifier des émotions primaires comme l’anxiété et la peur de l’abandon), à comprendre ce dont la personne avait besoin de son partenaire, comment elle l’a demandé et quelle réaction elle a reçue. Selon l’EFT, on peut recourir à la mise en acte : le thérapeute encourage chaque participant à exprimer directement sa vulnérabilité, aide les membres de la famille qui écoutent à y répondre sur le plan émotionnel et encourage les participants à dire leurs besoins. Il peut ensuite identifier ces besoins, voir comment y répondre dans la situation actuelle et comment la famille peut servir de cadre de soutien à une communication sûre. Si un seul partenaire est présent, on peut recourir à des questions circulaires, par exemple : Comment pensez-vous que votre partenaire (l’autre parent) réagirait si vous lui confiiez vos émotions vulnérables ? Vos besoins, vos pensées ? Comment pensez-vous que votre partenaire vit la difficulté qui est apparue ? Aurait-il ou aurait-elle le courage de vous la confier ?
  5. Préparer une rencontre avec les enfants : si la demande porte sur les enfants, comme la plupart des demandes, les parents sont invités à les amener à la rencontre suivante. Le thérapeute évalue si les parents ont du mal à les inviter. Il valide et normalise aussi les réactions des parents et des enfants à la guerre, en soulignant leurs forces. L’hypothèse est que donner aux parents un sentiment de force et de capacité peut réduire l’anxiété (consciente et inconsciente) liée à l’exposition des enfants à une personne extérieure, le thérapeute, et leur donner les moyens d’encourager les enfants à venir partager leurs expériences.

5.2 Deuxième rencontre

Cette rencontre a lieu avec les enfants et commence par des présentations (nom, âge, école).

  1. Le récit des enfants depuis le 7 octobre : on leur demande de décrire ce qu’ils ont vécu depuis le début de la guerre.
  2. L’élaboration de ce récit, par des questions comme : Qu’est-ce que tu as ressenti dans ton cœur quand c’est arrivé, et qu’est-ce que tu as pensé dans ta tête ? Le thérapeute valide les émotions puis s’intéresse aux forces : Qu’est-ce qui t’aide à surmonter des émotions comme la peur ? La colère ? La tristesse ? Quand as-tu senti que la peur, la colère ou la tristesse étaient plus fortes que toi ? Comment ça se voyait ? Quand as-tu été plus fort que ta peur, ta colère, ta tristesse ou une autre émotion difficile ? Comment ça se voyait ?
  3. Développer les capacités de régulation émotionnelle : le thérapeute demande aux enfants ce dont ils ont besoin de leurs parents pendant la guerre ou quand ils traversent des émotions difficiles. Se sentent-ils à l’aise pour aller vers eux ? Leurs parents sont-ils capables de leur apporter une réponse adéquate ? Qu’est-ce qui a été une bonne réponse, et qu’est-ce qui ne l’a pas été ? Là aussi, on peut recourir à la mise en acte, en demandant à chaque enfant de raconter à son ou ses parents un moment où une émotion difficile a reçu une réponse, et un moment où elle n’en a pas reçu. On demande ensuite aux parents de répondre. Si les parents soutiennent les enfants, le thérapeute les conforte. Sinon, il tente de lever la barrière parentale par le reflet, en témoignant de l’empathie pour les difficultés de l’enfant comme du parent et en parlant de la situation éprouvante créée par ces circonstances.
  4. Après l’élaboration des récits des enfants, le thérapeute met en évidence et souligne les éléments qui leur ont donné un sentiment de compétence et de force, et élabore avec la famille des tâches comportementales pour faire face aux moments difficiles.
  5. Décider qui participera à la troisième rencontre, décision commune du thérapeute et de la famille : les membres de la famille pensent-ils que les enfants doivent revenir ? S’il est décidé que seuls les parents viendront, le thérapeute clôt la séance avec les enfants et voit comment ils pourront le joindre, par l’intermédiaire des parents, s’ils souhaitent une rencontre supplémentaire.

5.3 Troisième rencontre

Une rencontre commune avec les parents et les enfants, ou avec les parents seuls.

  1. Faire le point sur la semaine écoulée : qu’est-ce qui a été mis en pratique depuis la dernière rencontre ? Quelles difficultés sont apparues ? Quels membres de la famille ont été en détresse ? L’ont-ils dit à quelqu’un ? Comment l’ont-ils exprimée (surtout les enfants, qui souvent ne l’expriment pas) ? La détresse a-t-elle reçu une réponse, et laquelle ? A-t-elle été efficace ? Peut-on faire autrement, et comment ? Le thérapeute résume les manières de faire face de la famille sous forme de « boîte à outils », un ensemble de stratégies, de forces et de ressources relationnelles sur lesquelles la famille peut s’appuyer face au stress continu, ce qui met en lumière et renforce ses capacités existantes.
  2. Si les suggestions de la rencontre précédente n’ont pas été mises en pratique : comment la famille l’explique-t-elle ? De quoi a-t-elle encore besoin pour les appliquer ? La séance se poursuit par des exercices et des jeux de rôle pour les mettre en œuvre, y compris l’entraînement à exprimer des besoins d’une manière dont la réponse crée un sentiment de communication sûre.
  3. Repérer, dans les systèmes familial et dyadique, les schémas relationnels qui contribuent au défaut de régulation émotionnelle (Johnson 2020), et explorer les barrières émotionnelles qui empêchent les membres de la famille de s’apporter un soutien émotionnel sûr.
  4. Enrichir la boîte à outils : construire des îlots de sécurité à la maison, en pensant à un lieu de la maison où l’on se sent en sécurité et à un membre de la famille auprès de qui l’on se sent protégé ; pratiquer des exercices de respiration.
  5. Construire une histoire pour l’avenir : imaginons une réunion de famille dans 10, 20 ou 30 ans. Comment aimeriez-vous raconter l’histoire de cette période ? Que diriez-vous de votre capacité, et de celle de votre famille, à faire face aux épreuves traversées ? Quels sentiments y aurait-il dans cette histoire ? Diriez-vous aussi ce que vous avez appris de vos propres forces et de celles de votre famille ? D’après ce que vous avez appris, qu’est-ce qui pourrait vous aider à façonner l’histoire future de la famille d’une manière qui ne vous nuise pas aujourd’hui ? Le rôle du thérapeute est d’aider la famille à reconnaître sa force et ses capacités face aux dangers, à la douleur, aux peurs et à l’incertitude.
  6. Faire le bilan de l’intervention : qu’ont-ils retiré des rencontres et qu’est-ce qui les a aidés ? Comment évaluent-ils la gravité de la difficulté après les rencontres ? De quoi ont-ils encore besoin ? Qu’est-ce qui les a déçus, et comment les aider ? Le thérapeute décide s’il propose une ou deux rencontres supplémentaires.

5.4 Rencontre de suivi un mois plus tard

  1. Qu’est-ce qui a changé à la maison depuis les rencontres ? Ce changement a-t-il allégé la difficulté ?
  2. Réussites et difficultés : face à quelles difficultés les clients ont-ils réussi à faire face de manière satisfaisante ? Comment ? Qu’ont-ils utilisé du contenu des rencontres précédentes ? Face à quelles difficultés n’y arrivent-ils pas ? Le thérapeute tente de les traiter avec les techniques des rencontres précédentes.
  3. Le thérapeute conclut en soulignant les forces et décide si un suivi supplémentaire est nécessaire.

6. De la théorie à la pratique1

Danny et Ronit, un couple d’une quarantaine d’années, sont mariés depuis dix ans et ont trois enfants : Orit (9 ans), Uri (7 ans et demi) et Orna (3 ans). Danny a été mobilisé comme réserviste dès le premier jour de la guerre et a depuis servi environ 200 jours. C’est pendant une permission de Danny que le couple a demandé de l’aide, en raison de l’anxiété de leur fille aînée, qui se traduisait par de nombreuses absences à l’école, la peur de sortir de la maison et le fait de rester accrochée à sa mère.

6.1 Première rencontre : construire le récit et mettre au jour les émotions primaires

Selon l’approche narrative, on a demandé à Danny et Ronit de raconter leur histoire depuis le début de la guerre. Ronit a raconté qu’elle s’inquiétait pour Danny et avait peur qu’il lui arrive malheur. Ces pensées l’accompagnaient toute la journée, mais elle s’occupait avec son travail et les enfants, ce qui atténuait un peu ses inquiétudes. Elle a décrit les difficultés de tous ses enfants, surtout de l’aînée, Orit, qui, pendant des jours, refusait d’aller à l’école ou même de sortir de la maison, de peur qu’un missile ne tombe sur elle. Ronit a décrit son sentiment d’impuissance, qui la faisait souvent réagir avec colère, puis culpabiliser. À la fin, la thérapeute a résumé le récit de Ronit en soulignant sa force, qui s’exprimait dans son fonctionnement au travail et à la maison malgré ses inquiétudes pour Danny, et le fait qu’elle méritait que ces forces soient reconnues.

Danny a dit que Ronit et les enfants lui avaient manqué pendant toute sa période de réserve. Il a décrit sa culpabilité d’avoir laissé Ronit seule, convaincu, la connaissant bien, qu’elle ne demanderait pas d’aide à sa famille élargie. La thérapeute lui a demandé s’il souhaitait partager ce qu’il avait vécu à la guerre. Danny a répondu aussitôt et a raconté ses expériences de guerre difficiles. Il a fini par dire à Ronit qu’il n’avait pas osé lui en parler de peur d’accroître son anxiété. Ronit a répondu qu’elle préférait savoir ce qu’il vivait plutôt que de seulement l’imaginer. Après le récit et la conversation qui a suivi, la thérapeute a reconnu la difficulté et la peur d’être en guerre, en notant que le courage de partager ses expériences difficiles témoignait de la force de leur relation. Ronit a ajouté que, comme Danny, elle n’avait pas osé l’interroger sur ce qu’il vivait à la guerre, et Danny a répondu d’un ton un peu blagueur : « On est vraiment des inquiets. » Tous deux ont souri, et Ronit s’est levée pour prendre Danny dans ses bras. Selon l’EFT, ce geste traduisait la capacité de Ronit à susciter une réponse émotionnelle chez Danny et à être pour lui un refuge sûr. Danny a ensuite ajouté que, depuis son retour, Ronit et les enfants avaient pris leurs distances avec lui, et qu’il avait le sentiment de les avoir « perdus ». La thérapeute a validé la douleur de Danny et leur a demandé s’ils accepteraient d’inviter les enfants à la rencontre suivante, pour entendre ce qu’ils vivaient dans cette situation difficile. Ils ont accepté tout de suite.

6.2 Deuxième rencontre : le récit des enfants

Après avoir fait connaissance avec les enfants, la thérapeute leur a demandé s’ils savaient pourquoi leurs parents les avaient invités. Le fils, Uri, a dit qu’Orit, sa grande sœur, avait toujours peur, ce qui agaçait Ronit, qui se mettait alors en colère contre tous les enfants. La thérapeute, selon l’EFT, a validé les sentiments d’Uri et lui a demandé : « Qu’est-ce que ça te fait quand maman est en colère ? » Uri a répondu : « Ça m’énerve. » La thérapeute : « Ça t’énerve, et peut-être que ça te fait un peu peur ? » Uri a hoché la tête. Elle lui a alors demandé s’il acceptait de partager ces sentiments avec sa mère. Uri était gêné, mais les encouragements de la thérapeute l’ont aidé à exprimer ses émotions. Même s’il était difficile pour Ronit d’entendre les sentiments douloureux et les critiques d’Uri, elle l’a écouté et a reconnu qu’il avait raison : elle s’était récemment mise en colère même quand les enfants ne le méritaient pas, et elle s’est excusée. Orit a alors dit à Ronit : « Tu te fâches souvent contre moi quand j’ai peur. » La thérapeute lui a demandé de parler de ses peurs : « J’ai peur qu’une roquette tombe sur moi, comme à [une localité voisine]… et j’ai peur qu’il y ait une sirène et que je n’arrive pas à temps à l’abri… » À la question de ce qui l’aiderait à surmonter sa peur, Orit a répondu qu’au coucher, Danny leur racontait des histoires qu’il inventait, et que cela l’aidait à s’endormir. Mais depuis que Danny était rentré de la réserve, Ronit leur avait dit de ne pas le déranger. En entendant cela, Danny a regardé Ronit avec surprise et a dit à Orit : « À partir d’aujourd’hui, tous les soirs, tant que je suis à la maison, je recommence à vous raconter des histoires. Je dirai aussi à maman que ça ne me dérange pas. » Pour conclure la séance, la thérapeute a remercié les enfants d’avoir partagé leurs sentiments avec elle et avec leurs parents.

6.3 Troisième rencontre : l’élaboration émotionnelle des relations pendant la guerre

Danny et Ronit ont rapporté qu’Orit avait fait des progrès. Après la rencontre précédente, Danny lui avait demandé si elle avait des idées pour surmonter ses peurs, surtout sur le chemin de l’école. À sa demande, il l’avait accompagnée à l’école et avait mesuré le temps qu’il lui faudrait pour aller de la classe à l’abri : ils avaient constaté qu’elle aurait assez de temps. Elle avait aussi demandé qu’un de ses parents l’accompagne à l’arrêt de bus et l’y attende à son retour. Ses parents avaient accepté, et depuis elle allait à l’école tous les jours. La thérapeute a souligné la capacité d’Orit et de ses parents à avoir une conversation où Orit pouvait confier ses peurs et chercher des solutions avec eux, et a noté qu’en tant que parents, ils étaient une source de sécurité pour elle.

Cette reconnaissance de leurs capacités parentales leur a peut-être permis d’aborder une question plus difficile. Danny a dit qu’il avait été très en colère contre Ronit en apprenant qu’elle avait dit aux enfants de ne pas le déranger. Depuis son retour de la réserve, il se sentait exclu à la maison. Ce sentiment lui était familier, depuis ce qu’il avait vécu dans sa famille d’origine, et il ne l’accepterait pas dans la famille qu’il élevait.

La thérapeute a reconnu la peur de l’exclusion de Danny et l’a encouragé à l’exprimer directement à Ronit, en lui disant ce dont il avait besoin d’elle. Ronit a répondu qu’en réalité elle protégeait les enfants : comme il n’avait pas été facile pour eux de s’adapter à l’absence de leur père, elle craignait qu’ils aient du mal à se réadapter quand il repartirait. Dans le fil de son propos, elle a redit son inquiétude pour Danny. Danny s’est alors rapproché d’elle, l’a prise par l’épaule et lui a dit qu’il comprenait son inquiétude, mais que le fait de le tenir à distance des enfants créait une situation comme si le pire était déjà arrivé, et qu’il avait l’impression qu’elle avait commencé à s’entraîner à ce scénario du pire.

La thérapeute a résumé la conversation en soulignant la résilience de la famille et le soin que Danny et Ronit se portaient l’un à l’autre et à la famille. Elle leur a aussi fait part de son impression sur les sentiments que chacun avait partagés. Elle a dit à Ronit que Danny avait raison de noter que le « scénario du pire » ne s’était pas produit, et lui a rappelé de reconnaître sa force et sa capacité à faire face seule, avec les enfants et au travail, pendant les mois où Danny était mobilisé. Puis elle s’est tournée vers Danny en lui disant qu’il semblait poursuivre la guerre à la maison, la guerre contre l’exclusion. Elle a ajouté qu’il semblait se battre à la maison comme dans une bataille militaire, et lui a demandé s’il était possible de « se battre pour sa place » de manière non guerrière.

Après cette conversation et le résumé de la thérapeute, tous deux semblaient plus calmes. Danny a dit qu’il comprenait que Ronit n’avait pas voulu l’exclure, mais qu’elle cherchait ainsi à se protéger, elle et les enfants. Il a ajouté qu’il n’avait pas voulu être en colère contre elle, mais qu’il avait eu peur de perdre sa place dans la famille, comme il l’avait vécu dans sa famille d’origine. Leur capacité à partager leurs peurs et leurs besoins a créé des îlots de sécurité où chacun sentait l’autre comme une figure d’attachement sûre.

6.4 Rencontre de suivi

Les parents ont rapporté une nette amélioration à la maison, en particulier pour Orit, qui avait retrouvé un fonctionnement normal. La rencontre ayant lieu peu avant la période de réserve suivante de Danny, la thérapeute leur a demandé si la manière dont ils avaient fait face la fois précédente influait sur ce qu’ils ressentaient à l’approche de la suivante. Tous deux ont dit éviter d’y penser autant que possible. La thérapeute leur a alors rappelé la résilience familiale et individuelle dont ils avaient fait preuve pendant la période précédente et depuis le retour de Danny. Elle leur a suggéré de parler avec les enfants du départ de leur père, en évoquant ce qui changerait dans leur quotidien. Elle a aussi souligné qu’il était essentiel de laisser les enfants exprimer leurs peurs et leurs inquiétudes pour Danny, car reconnaître ces difficultés et tenter d’y répondre renforcerait la relation avec eux et leur sentiment de sécurité. Elle a dit à Ronit qu’elle pourrait l’appeler pendant l’absence de Danny, et leur a proposé une rencontre supplémentaire à son retour (même si cela sortait du cadre du projet).

7. L’évaluation du projet

L’évaluation reposait sur des questionnaires destinés aux seuls adultes, les parents ou le couple. Les mesures étaient prévues à trois moments : avant la première rencontre (semaine 1), après la troisième rencontre (ou la quatrième si une rencontre supplémentaire était proposée, comme ci-dessus, semaine 3 ou 4), et un mois plus tard.

Il était en outre prévu que, si les deux partenaires étaient présents et d’accord pour participer, chacun remplirait un questionnaire distinct en indiquant s’il était le père ou la mère. Malheureusement, la précipitation du lancement du projet a créé un flou autour de l’évaluation, et l’identité des parents ou partenaires ne figurait pas sur certains questionnaires. Les données n’ont donc pas été analysées par famille, mais par réponse individuelle, sans comparaison selon le genre. Avant la première rencontre, les demandeurs recevaient une information sur le projet, précisant qu’il serait accompagné d’une étude d’évaluation par questionnaires à trois moments. On leur garantissait l’anonymat et la confidentialité, et la participation à l’évaluation n’était pas une condition pour bénéficier du projet. Ceux qui acceptaient signaient un formulaire de consentement éclairé et recevaient un lien vers les questionnaires en ligne. Les thérapeutes ne savaient pas si les familles qu’ils suivaient participaient à l’évaluation ni si elles avaient rempli tous les questionnaires ; seule la secrétaire de l’unité avait accès à cette information, sans voir, pour préserver la confidentialité, les questionnaires remplis. S’agissant de la première mise en œuvre du modèle d’intervention, il était essentiel de recueillir le point de vue des thérapeutes sur leur expérience. On leur a donc posé une question ouverte leur demandant de résumer leur évaluation de l’intégration des deux approches et de la mise en œuvre d’une intervention ciblée en un nombre limité de rencontres.

8. Méthode

8.1 Participants

Après l’accord de la direction du service d’action sociale de Menashe, dont dépend l’unité de thérapie familiale, des avis présentant le projet ont été diffusés dans toutes les localités du conseil régional. Les travailleurs sociaux de proximité ont aussi contacté directement des familles qui avaient signalé des difficultés ou avaient été repérées par d’autres professionnels de santé ou de l’éducation. Au total, 78 familles ont reçu une aide dans le cadre du projet. Parmi elles, 14 n’habitaient pas la région de façon permanente, mais avaient été déplacées de localités frontalières du Liban à la suite du conflit avec le Hezbollah, et de la bande de Gaza ; elles ont été exclues de l’évaluation. Parmi les 64 familles locales, 15 se sont retirées après une ou deux séances, sans suivi permettant de savoir si une ou deux séances avaient suffi ou si l’intervention ne répondait pas à leurs besoins et attentes. Au total, 23 familles ont répondu aux questionnaires à la première mesure, 21 à la deuxième, après trois ou quatre rencontres, et 16 à la troisième, un mois plus tard, lors de la rencontre de suivi. Ces 16 familles (neuf familles avec enfants et sept couples) ont répondu aux trois temps de mesure (T1-T3) et constituent l’échantillon analysé.

Le faible nombre de familles participant à l’évaluation par rapport au nombre de familles aidées tient peut-être à la difficulté de mener simultanément le projet et l’évaluation dans un état d’urgence général. Le manque d’expérience des thérapeutes et du personnel administratif en matière d’évaluation a pu nuire en particulier à celle-ci.

L’intervention était menée au niveau de la famille ou du couple, mais les données quantitatives n’ont été recueillies qu’auprès des parents. Les enfants n’ont pas rempli de questionnaires : les résultats les concernant reflètent la perception qu’ont les parents de leurs symptômes de stress post-traumatique. Le tableau 1 présente les caractéristiques démographiques des seules familles participant à l’étude. L’âge des parents allait de 30 à 53 ans (M = 43,42 ; ET = 7,24), le nombre d’enfants par famille de 1 à 7 (M = 3,11 ; ET = 1,48) et l’âge des enfants de 1 à 26 ans (M = 12,13 ; ET = 6,36).

Tableau 1 — Caractéristiques démographiques de l’échantillon analysé (N = 16)

  • Type d’unité d’intervention. Familles avec enfants : 9 (56 %) ; couples : 7 (44 %).
  • Genre du parent répondant. Femmes : 12 (75 %) ; hommes : 4 (25 %).
  • Âge du parent. 43,42 ans (ET 7,24).
  • Nombre d’enfants par famille. 3,11 (ET 1,48).
  • Âge des enfants. 12,13 ans (ET 6,36).

Note : caractéristiques d’un participant par famille (N = 16) ayant rempli les questionnaires. Les enfants n’ont pas rempli de questionnaires ; les variables les concernant renvoient aux enfants des participants.

Vu le nombre relativement limité de participants à l’évaluation, une analyse de puissance a été menée pour détecter un changement moyen des principaux résultats entre la mesure initiale et la mesure de suivi. Avec une taille d’effet modérée (d de Cohen = 0,65), un test de comparaison appariée bilatéral (mesures 1 et 3) au seuil de 0,05 et un échantillon de 16 paires, la puissance statistique était estimée à environ 80 %. Le calcul a été fait avec le logiciel G*Power, version 3.1.9.7.

8.2 Instruments de mesure

À chaque mesure, les participants remplissaient quatre questionnaires ; une question ouverte supplémentaire leur était posée à la troisième mesure.

8.2.1 Stress post-traumatique des parents

Un questionnaire de symptômes de stress post-traumatique (SPT) était proposé à chaque parent ou partenaire. Il a été élaboré à partir de la PTSD Checklist — version civile en 17 items (Weathers et al. 1991) et comprend des items comme : « À quel point les problèmes suivants vous ont-ils gêné au cours du dernier mois ? Être irritable ou avoir des accès de colère ; être en état de « super-alerte », vigilant et sur ses gardes. » Les réponses se font sur une échelle de Likert en cinq points, de 0 (pas du tout) à 4 (énormément). La traduction en hébreu et la validation de la PCL-5 ont été réalisées au centre Assif, structure nationale pluridisciplinaire consacrée aux troubles liés au trauma psychique, au centre médical Sourasky de Tel-Aviv. L’instrument est largement utilisé en Israël par des organismes et des cliniques de santé mentale, ainsi que par l’Institut national d’assurance et le ministère de la Défense. Dans cette étude, l’alpha de Cronbach était de 0,92.

8.2.2 Stress post-traumatique de l’enfant

Chaque parent évaluait individuellement le stress post-traumatique de l’enfant. Quand, comme c’était souvent le cas, la famille venait en raison des difficultés d’un enfant, chaque parent évaluait le niveau de SPT de cet enfant, avec un questionnaire analogue à la PCL-5 décrit dans des travaux antérieurs (Weathers et al. 1991). Dans cette étude, l’alpha de Cronbach était de 0,89.

8.2.3 Résilience familiale

La résilience familiale a été évaluée avec la Family Resilience Scale — forme courte (FRS-16 ; Chow et al. 2022). Cet instrument de 16 items est tiré de la Family Resilience Assessment Scale (FRAS), qui en compte 54. Il s’appuie sur le cadre théorique de Walsh, qui conçoit la résilience familiale comme la capacité collective de la famille à s’adapter, à se remettre et à se renforcer face à l’adversité, par la construction partagée de sens, des processus relationnels soutenants et une communication efficace (Walsh 2007, 2016a, 2016b, 2021). L’échelle comprend des items comme « Nous discutons jusqu’à trouver une solution » et « Nous pouvons survivre si un autre problème survient », notés sur une échelle de Likert en quatre points, de 1 (pas du tout d’accord) à 4 (tout à fait d’accord). L’instrument a été traduit en hébreu et validé dans le contexte israélien (Pagorek-Eshel et Finklestein 2019). Dans cette étude, l’alpha de Cronbach était de 0,87.

8.2.4 Gravité du problème

La gravité du problème ayant motivé la demande était évaluée sur une échelle de 1 à 10, 10 indiquant la gravité la plus élevée et 1 la plus faible.

8.2.5 Satisfaction des clients (question ouverte)

La question ouverte demandait aux participants d’évaluer l’intervention thérapeutique sur deux points : (1) Le traitement vous a-t-il aidés, et pour quoi ? (2) Pouvez-vous dire ce qui, dans la thérapie, vous a aidés ?

8.3 Recueil des données

La secrétaire de l’unité fournissait aux participants des questionnaires en ligne à remplir chez eux. La principale limite du recueil tenait à ce mode lui-même : on peut penser que, si les données avaient été recueillies à l’unité, hors de la présence du thérapeute, avant la première séance et juste après la troisième séance et la séance de suivi, la plupart des familles qui avaient accepté de participer auraient rempli les questionnaires.

8.4 Analyse des données

L’analyse quantitative comparait, aux trois temps de mesure, le niveau de stress traumatique, l’évaluation par le parent du SPT de l’enfant, la résilience familiale et la gravité déclarée du problème ayant motivé la demande. Les réponses à la question ouverte ont fait l’objet d’une analyse de contenu par la direction de l’unité et une personne formatrice experte en analyse qualitative. D’abord, chaque codeur a examiné les réponses selon deux thèmes définis à l’avance : (a) les changements survenus à la suite de l’intervention familiale ; (b) leurs causes. Ensuite, les codeurs ont comparé leurs résultats pour chaque thème. La question ouverte portant sur deux sujets concrets, tous les résultats concordaient, sauf une réponse relative aux causes des changements ; après discussion, les codeurs sont convenus de l’écarter de l’analyse.

9. Résultats

9.1 Résultats quantitatifs

Le tableau 2 présente les moyennes et les écarts-types des quatre échelles aux différentes mesures. Une ANOVA à effets mixtes a révélé des différences significatives des symptômes de stress post-traumatique des parents, F(2, 24) = 4,67, p < 0,05. Les comparaisons multiples ont montré une différence significative entre le temps 1 et le temps 3, t(24) = 2,93, p < 0,02, tandis que les différences entre le temps 1 et le temps 2, et entre le temps 2 et le temps 3, n’étaient pas significatives.

Tableau 2 — Moyennes (M) et écarts-types (ET) des variables aux trois temps de mesure

  • SPT des parents. T1 (n = 23) : M 1,11, ET 0,55 ; T2 (n = 21) : M 0,90, ET 0,55 ; T3 (n = 16) : M 0,81, ET 0,48.
  • SPT de l’enfant perçu par les parents. T1 : 0,70 (0,59) ; T2 : 0,49 (0,45) ; T3 : 0,46 (0,29).
  • Résilience familiale (FRS-16). T1 : 2,94 (0,39) ; T2 : 2,97 (0,51) ; T3 : 2,98 (0,37).
  • Gravité du problème. T1 : 6,43 (2,11) ; T2 : 5,48 (2,77) ; T3 : 5,94 (1,77).

Note : les effectifs diffèrent d’un temps à l’autre en raison de l’attrition au cours de l’évaluation. L’échantillon analysé comprend 16 unités d’intervention ayant répondu aux trois mesures (T1-T3).

Une ANOVA à effets mixtes a révélé des différences statistiquement significatives dans l’évaluation par les parents du stress post-traumatique de leur enfant, F(2, 24) = 8,35, p < 0,01. Les comparaisons multiples ont montré une baisse significative entre le temps 1 et le temps 2, t(24) = 2,58, p < 0,05, et entre le temps 1 et le temps 3, t(24) = 3,92, p < 0,01, tandis que la différence entre le temps 2 et le temps 3 n’était pas significative.

Pour la résilience familiale et la gravité du problème, même si la moyenne de résilience a augmenté au fil des trois temps et la gravité diminué, aucune différence significative n’a été trouvée entre les trois mesures.

9.2 Résultats de la question ouverte

Les changements rapportés par les familles portaient sur : (a) le sentiment de compétence personnelle, décrit par deux mères ou épouses. L’une a dit : « Elle [la thérapeute] m’a donné le sentiment que ce que je vis est normal, que je suis normale, saine d’esprit, dans une période si agitée et déstabilisante de ma vie. » Une autre :

Quand je suis venue à la première rencontre, je dépendais des autres. Avec l’aide de la thérapeute, j’ai compris que j’avais de la force en moi, que je peux m’aider moi-même. Je dois prendre la responsabilité de trouver ces forces et de m’en servir.

(b) Des changements dans le fonctionnement parental :

La conversation avec les enfants, surtout avec notre fils adolescent, a été le changement le plus important apporté par la thérapie. Pendant la séance, nous avons eu une conversation directe avec lui et avons compris qu’il appréciait ce que nous, ses parents, avions fait pour lui, même quand C. [le père, le mari] était en réserve. Ce qu’il a dit m’a aidée à continuer à fonctionner comme une mère plus calme et meilleure malgré la pression de la situation dans laquelle nous sommes.

Deux couples ont décrit des changements dans leur relation. Voici des extraits des réponses de l’un d’eux. La femme d’abord :

La thérapie a renforcé notre relation… nous avons appris à nous parler, à nous écouter. Notre communication s’est beaucoup améliorée. Nous sommes arrivés en thérapie épuisés et blessés, loin de tout ce que nous avons traversé ces derniers mois.

Ce à quoi son compagnon a répondu :

J’étais en réserve, à la guerre, et ma femme était à la maison. Nous vivions dans deux mondes différents, et c’est difficile de savoir par où commencer pour combler cet écart. La thérapie a été un espace sûr pour nous. Un endroit où nous pouvions dire les choses telles qu’elles étaient, toucher la profondeur de la fracture.

Quant à ce qui a produit le changement, toutes les réponses décrivaient l’atmosphère de la rencontre thérapeutique, créée par la présence du thérapeute, comme la cause la plus importante. Une famille a rapporté : « Ce qui a compté, c’est de nous écouter en présence d’une autre personne dans la pièce, ce qui nous a permis de voir les choses autrement. Nous avons compris que nous pouvions trouver de l’aide en thérapie quand c’était nécessaire. » Une autre :

Nous ne nous sommes pas toujours sentis compris en thérapie, mais nous avons senti que nous avions une thérapeute pleine de compassion, qui tient à nous… à la dernière séance, elle nous a dit que, si nous en ressentions le besoin, nous serions toujours les bienvenus.

Enfin, une femme dont le mari, mobilisé, n’avait pas pu venir aux rencontres, a confié : « Ce qui m’a le plus aidée, c’est la présence d’une professionnelle adulte et responsable, qui me faisait sentir que ce que je vis est normal dans cette situation stressante et dangereuse. »

Même dans le seul cas où la thérapie a été critiquée, la participante a centré sa critique sur la thérapeute :

Je n’ai pas eu le sentiment que ça m’aidait. J’ai déjà eu une thérapie réussie, mais pas cette fois. Je suis venue à toutes les rencontres par respect pour la thérapeute, mais j’ai trouvé qu’elle n’était pas assez professionnelle et qu’il ne s’est pas passé grand-chose, ni pendant la thérapie ni après.

Le point commun de toutes les évaluations, positives et négatives, est que le changement était attribué à la figure du thérapeute et à l’atmosphère créée, plutôt qu’à des techniques précises. Ce point commun est bien documenté dans de nombreuses études comparant différentes approches, sous le nom de « variables non spécifiques », dont la communication sûre avec le thérapeute, son acceptation et son empathie (Cuijpers et al. 2019 ; Kuhn et al. 2018).

10. L’expérience des thérapeutes

Quatre mois après le lancement du projet, quand tous les thérapeutes avaient pu travailler avec au moins une famille, on leur a demandé de rédiger un résumé de leur expérience du modèle proposé. Onze des treize l’ont fait. Selon eux, l’approche narrative a permis aux parents et aux enfants de reconstruire leurs histoires personnelles et familiales. Observer ensemble l’histoire en mettant en avant les forces et les stratégies d’adaptation a aidé à créer un sens renouvelé, dans une perspective de compétence et de pouvoir d’agir. Cela les a aussi aidés à concevoir leur vie pendant la guerre comme une lutte commune, en mobilisant des forces cachées qu’ils avaient su repérer, tout en validant les émotions et l’adaptation émotionnelle. L’EFT a permis aux familles d’explorer et de mieux comprendre comment des schémas de comportement les éloignaient les uns des autres et entravaient la proximité. Pouvoir toucher les émotions de base de chaque membre de la famille a aidé à repérer les sources d’anxiété et de douleur, la manière dont elles s’exprimaient dans le comportement, et la manière dont le comportement de chacun influait sur celui des autres, créant un cercle qui amplifie l’anxiété. Ce repérage a aidé les membres de la famille à exprimer leurs sentiments d’une manière qui permettait aux autres de leur apporter un soutien émotionnel, ce qui améliorait leur régulation émotionnelle quand le stress montait du fait de la situation d’urgence. Quant au nombre limité de rencontres, presque tous les thérapeutes ont dit qu’une intervention si brève était difficile, car ils sentaient que d’autres questions, pas forcément liées directement à la guerre mais qui se reflétaient dans la manière dont la famille y faisait face, n’avaient pas été pleinement abordées.

11. Discussion

La discussion porte principalement sur ce que l’on peut apprendre du projet de soutien aux familles proposé. Nous précisons d’abord les limites de l’évaluation, puis la contribution du modèle aux interventions en situation d’urgence, et enfin les pistes pour de futures applications et évaluations.

11.1 Efficacité

Les résultats de l’évaluation indiquent l’efficacité du projet dans plusieurs domaines : une baisse significative du stress post-traumatique des parents et de celui des enfants, tel que rapporté par les parents. Les deux autres domaines, la résilience familiale et la gravité perçue du problème, mesurés eux aussi à partir des seules données des parents, n’ont pas montré de résultats significatifs. La résilience est un concept plus durable ; la renforcer demande sans doute des interventions plus longues. La stabilité de la gravité perçue du problème malgré l’intervention peut refléter le contexte plus large, les familles continuant de vivre en situation de guerre. La petite taille de l’échantillon a aussi pu limiter la détection de changements subtils. Quoi qu’il en soit, une intervention ciblée, dans le contexte sociopolitique d’un conflit continu et de menaces terroristes, avait peu de chances de produire un changement dans tous les domaines étudiés. En outre, les interventions cliniques étant habituellement des thérapies familiales longues, le protocole semble avoir aidé les thérapeutes à maintenir une intervention ciblée tout en gérant une anxiété comparable à celle de leurs clients. En somme, le modèle proposé semble avoir permis aux familles de partager leurs expériences et avoir servi d’espace collectif de guérison.

11.2 Limites

La principale limite de l’évaluation est la petite taille de l’échantillon ayant répondu aux trois temps de mesure. Comme indiqué plus haut, le mode de recueil choisi n’était peut-être pas adapté à certaines familles, et l’unité manquait d’expérience en recherche évaluative. Le niveau de stress élevé des usagers comme du personnel a sans doute limité leur capacité à consacrer des ressources supplémentaires à l’évaluation. Une limite secondaire tient à la nécessité d’un questionnaire court et ciblé : des données démographiques pertinentes pour les mécanismes d’adaptation, comme la religiosité, le niveau d’études et la durée du mariage, ont été insuffisamment recueillies. En outre, les symptômes post-traumatiques des enfants n’ont pas été mesurés directement, mais seulement à travers les réponses des parents. Compte tenu de ces limites, et malgré une puissance statistique suffisante, les résultats doivent être interprétés avec prudence.

11.3 Implications pour la pratique

Malgré ces limites, le projet a apporté une réponse rapide aux familles face au besoin urgent de faire face aux épreuves de la guerre. Trois implications pour la pratique se dégagent : (a) mettre l’accent sur un processus centré sur la famille, en partant du principe que le stress touche non seulement les individus mais des familles entières, et que les stratégies d’adaptation de chacun influent sur tous ; (b) mettre l’accent sur les forces tout en reconnaissant la douleur et les difficultés : l’objectif premier du projet était de repérer et de s’appuyer sur les forces et les ressources existantes de la famille par l’élaboration d’un récit familial, qui met en avant ses capacités et ses atouts face aux difficultés ; outre l’approche narrative, l’EFT permet d’aborder les émotions difficiles d’une manière qui réduit les défenses et favorise la reconstruction de relations familiales soutenantes pour la régulation émotionnelle ; (c) recourir à un protocole bref et structuré : les interventions thérapeutiques dépassant souvent trois ou quatre séances, un protocole structuré pour un processus bref et ciblé peut aider les thérapeutes à mener efficacement de telles interventions.

11.4 Pistes de recherche

Des études plus larges sont nécessaires pour valider et étendre ces résultats. Il est recommandé que de futures recherches portent sur des échantillons plus grands et soient menées dans des contextes culturels et politiques variés, en particulier là où les familles font face à des risques élevés et à l’incertitude. Il faut aussi développer des méthodes d’évaluation directe du stress post-traumatique chez les enfants, y compris les plus jeunes. Enfin, il est essentiel de mettre en place une formation des thérapeutes au soutien bref des familles vivant dans des environnements incertains et dangereux.

Complexe Systémique : à retenir

L’intérêt du texte est clinique : il montre comment tenir un cadre bref et structuré quand la menace est réelle et continue, et que les thérapeutes la partagent avec les familles. L’articulation des deux approches est bien pensée. Le récit narratif, fait devant un témoin, remet de l’ordre et de la compétence dans une histoire « saturée par le problème » ; l’EFT repère ensuite, dans la famille, le cycle qui amplifie l’anxiété et aide chacun à redevenir une figure d’attachement disponible. Le cas de Danny et Ronit est parlant pour un lecteur systémique : la protection des enfants par la mère, lue par le père comme une exclusion rejouant son histoire d’origine, devient une « guerre à la maison » que la thérapeute nomme et désamorce. Les limites sont nettes : 16 familles seulement dans l’évaluation, des mesures par les seuls parents, pas de groupe de comparaison, et un dispositif conçu pour un territoire et une population précis, que les auteurs appellent eux-mêmes à éprouver dans d’autres contextes socioculturels et politiques. À lire avec l’article sur le couple en situation de guerre, et avec l’article sur les Graines de Rêves, un outil de construction de récits alternatifs.

Notes de l’original

1 Pour préserver l’anonymat des familles, la description du cas est composée à partir de trois familles distinctes. Tous les détails permettant l’identification ont été modifiés, et les trois familles ont consenti à ce que le cas soit présenté de cette manière.

Financement. Sans objet.

Conflits d’intérêts. Les auteurs ne déclarent aucun conflit d’intérêts.

Remerciements. Les auteurs remercient Assaf Kagan, à la tête du service d’action sociale du conseil régional de Menashe, et Etti Ozer, responsable d’équipe dans ce service, pour leur confiance dans l’importance du projet et leurs encouragements tout au long du processus, ainsi que les thérapeutes de l’unité de thérapie familiale du conseil régional pour leur engagement dans la mise en œuvre du modèle et le soutien apporté aux familles pendant cette période difficile.

Références

Bowlby, J. 1969. Attachment and Loss. Vol. 1. Basic Books.

Busch, R. 2007. “Transforming Evidence: A Discursive Evaluation of Narrative Therapy Case Study.” Australian Journal of Counseling Psychology 7, no. 2: 8–15. 10.1080/10720530601117942.

Chow, T. S., C. S. K. Tang, T. S. U. Siu, and H. S. H. Kwok. 2022. “Family Resilience Scale Short Form (FRS16): Validation in the US and Chinese Samples.” Frontiers in Psychiatry 13: 845803. 10.3389/fpsyt.2022.845803.

Conradi, H. J., D. Meuwese, L. Rodenburg, P. Dingemanse, and T. Mooren. 2023. “Effectiveness and Feasibility of Structured Emotionally Focused Family Therapy for Parents and Adolescents: Protocol of a Within‐Subjects Pilot Study.” BMC Psychiatry 18, no. 6: e0287472. 10.1371/journal.pone.0287472.

Cuijpers, P., M. Reijnders, and M. J. H. Huibers. 2019. “The Role of Common Factors in Psychotherapy Outcomes.” Annual Review of Clinical Psychology 15: 207–231. 10.1146/annurev-clinpsy-071419-023806.

Eltanamly, H., P. Leijten, S. Jak, and G. Overbeek. 2021. “Parenting in Times of War: A Meta‐Analysis and Qualitative Synthesis of War Exposure, Parenting, and Child Adjustment.” Trauma, Violence & Abuse 22, no. 1: 147–160. 10.1177/1524838019833001.

Ghavibazou, E., S. Hosseinian, H. Ghamari Kivi, and N. Ale Ebrahim. 2022. “Narrative Therapy, Applications, and Outcomes: A Systematic Review.” SSRN Electronic Journal 2, no. 4: 1–11. 10.2139/ssrn.4119920.

Hazan, C., and P. Shaver. 1987. “Romantic Love Conceptualized as an Attachment Process.” Journal of Personality and Social Psychology 52, no. 3: 511–524. 10.1037/0022-3514.52.3.511.

Johnson, S. M. 2005. Emotionally Focused Couple Therapy With Trauma Survivors: Strengthening Attachment Bonds. Guilford Press.

Johnson, S. M. 2019. Attachment Theory in Practice: Emotionally Focused Therapy (EFT) With Individuals, Couples and Families. Guilford Press.

Johnson, S. M. 2020. The Practice of Emotionally Focused Couple Therapy: Creating Connections. 3rd ed. Routledge.

Klaric, M., T. Franciskovic, A. Stevanovic, B. Petrov, S. Jonovska, and I. Nemcic Moro. 2011. “Marital Quality and Relationship Satisfaction in War Veterans and Their Wives in Bosnia and Herzegovina.” European Journal of Psychotraumatology 2, no. 1: Article 8077. 10.3402/ejpt.v2i0.8077.

Kuhn, R., T. N. Bradbury, F. W. Nussbeck, and G. Bodenmann. 2018. “The Power of Listening: Lending an Ear to the Partner During Dyadic Coping Conversations.” Journal of Family Psychology 32: 762–772. 10.1037/fam0000421.

Mijalevich‐Soker, E., and O. Taubman‐Ben‐Ari. 2025. “Parents' Experience During Wartime: Vulnerability, Complexity, and Parental Functioning.” Journal of Loss and Trauma 30: 1–25. 10.1080/15325024.2025.2465388.

Onyut, L. P., F. Neuner, E. Schauer, et al. 2005. “Narrative Exposure Therapy as a Treatment for Child War Survivors With Posttraumatic Stress Disorder: Two Case Reports and a Pilot Study in an African Refugee Settlement.” BMC Psychiatry 5: 7. 10.1186/1471-244X-5-7.

Overall, N. C., P. R. Pietromonaco, and J. A. Simpson. 2022. “Buffering and Spillover of Adult Attachment Insecurity in Couple and Family Relationships.” Nature Reviews Psychology 1: 101–111. 10.1038/s44159-021-00011-1.

Pagorek‐Eshel, S., and M. Finklestein. 2019. “Family Resilience Among Parent– Adolescent Dyads Exposed to Ongoing Rocket Fire.” Psychological Trauma Theory Research Practice and Policy 11, no. 3: 283–291. 10.1037/tra0000397.

Saltzman, W. R., P. Lester, N. Milburn, K. Woodward, and J. Stein. 2016. “Pathways of Risk and Resilience: Impact of a Family Resilience Program on Active‐Duty Military Parents.” Family Process 55, no. 4: 633–646. 10.1111/famp.12238.

Saltzman, W. R., R. S. Pynoos, P. Lester, C. M. Layne, and W. R. Beardslee. 2013. “Enhancing Family Resilience Through Family Narrative Co‐Construction.” Clinical Child and Family Psychology Review 16, no. 3: 294–310. 10.1007/s10567-013-0142-2.

Seligman, M. E. P., and M. Csikszentmihali. 2000. “Positive Psychology: An Introduction.” American Psychologist 55, no. 1: 5–14. 10.1037/0003-066X.55.1.5.

Severinsen, L., J. R. Stiegler, H. A. Nissen‐Lie, B. Shahar, and R. Zahl‐Olsen. 2022. “Effectiveness of Emotion Focused Skills Training for Parents: Study Protocol for a Randomized Controlled Trial in Specialist Mental Health Care.” BMC Psychiatry 22, no. 1: 453. 10.1186/s12888-022-04084-x.

Shamai, M. 2016. Systemic Interventions for Collective and National Trauma: Theory, Practice and Evaluation. Routledge.

Shamai, M., G. Enosh, R. Machmali‐Kievitz, and D. Gilad. 2017. “Living in the Line of Fire: The Impact of the Exposure to Warfare on Couple Relationships.” Journal of Family Therapy 40, no. 3: 349–377. 10.1111/1467-6427.12162.

Shamai, M., S. Fogel, and D. Gilad. 2016. “Experiencing Couple Relationships in the Line of Fire.” Journal of Marital and Family Therapy 42, no. 3: 550–563. 10.1111/jmft.12147.

Shraga, Y., H. Pushkarskaya, and O. Sarid. 2025. “Psychological First Aid for Ukrainian Civilians: Protocol and Reflections on a Volunteer International Phone‐Based Intervention.” Frontiers in Digital Health 7: 1539189. 10.3389/fdgth.2025.1539189.

Thabet, A. A., A. Abu Tawahin, E. El Sarraj, and P. Vostanis. 2008. “Exposure to War Trauma and PTSD Among Parents and Children in the Gaza Strip.” European Child & Adolescent Psychiatry 19, no. 1: 191–199. 10.1007/s00787-007-0653-9.

Walsh, F. 2007. “Traumatic Loss and Major Disasters: Strengthening Family and Community Resilience.” Family Process 46, no. 2: 207–227. 10.1111/j.1545-5300.2007.00205.x.

Walsh, F. 2016a. Strengthening Family Resilience. 3rd ed. Guilford Press.

Walsh, F. 2016b. “Applying a Family Resilience Framework in Training, Practice, and Research: Mastering the Art of the Possible.” Family Process 55, no. 4: 616–632. 10.1111/famp.12260.

Walsh, F. 2021. “Family Resilience: A Dynamic Systemic Framework.” In Multisystemic Resilience: Adaptation and Transformation in Contexts of Change, edited by M. Ungar, 255–270. Oxford University Press.

Weathers, F. W., J. A. Huska, and T. M. Keane. 1991. The PTSD Checklist‐Civilian Version (PCL‐C). F.W. Weathers National Center for PTSD, Boston Veterans Affairs Medical Center.

Weingarten, K. 2003. Common Shock: Witnessing Violence Every Day: How We Are Harmed, How We Can Heal. Dutton.

White, M., and D. Epston. 1990. Narrative Means to Therapeutic Ends. Norton.

Wiebe, S. A., S. M. Johnson, M. F. Lafontaine, M. Burgess Moser, T. L. Dalgleish, and G. A. Tasca. 2017. “Two‐ Year Follow‐Up Outcomes in Emotionally Focused Couple Therapy: Investigation of Relationship and Attachment Trajectories.” Journal of Marital and Family Therapy 43, no. 2: 227–244. 10.1111/jmft.12206.

Zamir, O., A. H. Gewirtz, C. H. Cheng, N. Zhang, and Y. Lavee. 2019. “Psychological Distress and Communication Quality in Military Couples After Deployment to War.” Journal of Family Psychology 34, no. 4: 383–391. 10.1037/fam0000589.

Traduction non officielle en français de Premiers secours psychologiques aux familles en temps de guerre : intégrer l’approche narrative et la thérapie centrée sur l’émotion (EFT), par Michal Shamai, Uri Carmel-Kraiem et Osnat Cohen-Ganor, Family Process, vol. 65 (2026), doi : 10.1111/famp.70175, sous licence CC BY 4.0. Traduction et mise en page : Complexe Systémique, septembre 2026 — l’œuvre a été modifiée au sens de la licence (tableaux présentés en listes). Ni les auteurs ni l’éditeur ne répondent de cette traduction ; la version originale fait foi.

Traduction française non officielle de « First Psychological Aid for Families During War: Integrating the Narrative Approach With Emotionally Focused Therapy (EFT) », publié dans Family Process (2026) sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique, elle n’émane ni des auteurs ni de l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ; la version originale fait foi.

Lire l’article original

Comment citer cet article

Shamai, M., Carmel-Kraiem, U., et Cohen-Ganor, O. (2026). Premiers secours psychologiques aux familles en temps de guerre : intégrer l’approche narrative et la thérapie centrée sur l’émotion (EFT) (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/premiers-secours-psychologiques-aux-familles-en-temps-de-guerre-l-approche-narrative-et-l-eft (Œuvre originale publiée en 2026 dans Family Process, 65(3) (2026) ; republiée en 2026 par Family Process, https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/famp.70175)

Panier

Votre panier est vide.