Child & Family Social Work · Travail social

Ce que les enfants exposés aux violences conjugales apprécient dans leurs rencontres avec le travail social : une revue systématique orientée vers la pratique

Que faut-il à un enfant exposé aux violences conjugales pour trouver utile une rencontre avec le travail social ? À l’université d’Örebro, en Suède, Martina Vikander et Åsa Källström ont repris 18 études qui donnent la parole aux enfants. Quatre dimensions se dégagent : des conditions de base, l’inclusion, la reconnaissance et, plus inattendu, le plaisir.

Auteurs Martina Vikander et Åsa Källström (École de droit, de psychologie et de travail social, université d’Örebro, Suède)Première publication Child & Family Social Work, 8 août 2023Traduction Complexe Systémique, traduction non officielle

Traduction française non officielle. Cet article est la traduction de Ce que les enfants exposés aux violences conjugales apprécient dans leurs rencontres avec le travail social : une revue systématique orientée vers la pratique, par Martina Vikander et Åsa Källström, publié dans Child & Family Social Work (Wiley) (2024), doi : 10.1111/cfs.13073, sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par le Complexe Systémique en septembre 2026 : le texte original a été traduit en français et remis en page, ce qui constitue une modification de l’œuvre au sens de la licence. Les tableaux sont présentés sous forme de listes ; la figure reste en anglais, avec une légende traduite ; les équations de recherche du tableau 1 sont reproduites en anglais. Cette traduction n’a été effectuée ni par les auteurs ni par l’éditeur, qui ne répondent ni de son contenu ni d’éventuelles erreurs. La version originale fait foi.

Les enfants sont moins susceptibles de révéler la violence s’ils s’en croient responsables.

Martina Vikander et Åsa Källström

Résumé

Les enfants exposés aux violences conjugales courent un risque accru de nombreux types de problèmes, à court et à long terme. Le travail social peut limiter ces risques si l’enfant perçoit comme précieux le soutien et l’aide proposés. Cette revue visait à identifier ce que les enfants exposés aux violences conjugales apprécient lorsqu’ils rencontrent le travail social, à suggérer comment les professionnels qui se consacrent à ces enfants peuvent utiliser ces connaissances dans leur pratique, et à identifier et proposer des axes prioritaires pour la recherche future. Une synthèse de 18 études montre que, dans leurs rencontres avec le travail social, les enfants exposés aux violences conjugales apprécient (1) des conditions de base, (2) l’inclusion, (3) la reconnaissance et (4) le plaisir. Cette revue offre à la pratique tout un éventail de possibilités pour répondre aux souhaits et aux besoins de ces enfants. Des recherches comparatives sont cependant nécessaires pour faciliter l’adaptation et pour distinguer, parmi les éléments appréciés des enfants, ceux qui sont des conditions indispensables pour les aider à révéler ce qu’ils ont vécu et/ou favoriser leur rétablissement, et ceux qui sont moins essentiels mais restent appréciés.

1. Introduction

Être exposé aux violences conjugales dans l’enfance ne se limite souvent pas à être témoin des violences infligées à d’autres membres de la famille : cela expose aussi à un risque accru d’être soi-même victime directe de violences physiques ou sexuelles et de développer divers problèmes, dont un stress post-traumatique à court et à long terme, de l’anxiété, une dépression, d’autres problèmes émotionnels ou comportementaux, et des difficultés à l’école et dans les relations sociales (par exemple Holt et al., 2008 ; Vu et al., 2016). Limiter les conséquences de cette exposition est donc de la plus haute importance. Toutefois, si vivre des violences conjugales dans l’enfance implique de vivre avec ces violences sous de multiples formes, de les craindre et de devoir y faire face, cela peut aussi comporter des tournants, des transitions et de l’espoir pour l’avenir lorsque la mère sort de la relation violente (Arai et al., 2021). Le soutien social est un facteur clé de protection, de résilience et de capacité à faire face (Geffner et al., 2003 ; Guille, 2004 ; Owen et al., 2007). Certaines données suggèrent que parler de ce qu’ils ont vécu peut prévenir et réduire les problèmes des enfants exposés (Graham-Bermann et al., 2011 ; Jouriles et al., 2009). En vertu de législations récentes dans des pays comme l’Angleterre, la Suède et le pays de Galles, les enfants exposés aux violences conjugales sont reconnus comme des victimes à part entière, et il incombe au travail social de leur offrir protection et soutien.

Répondre aux besoins des enfants exposés aux violences conjugales pose au travail social divers dilemmes et défis. D’abord, les besoins des enfants sont variés. Certains ont besoin d’être protégés de la violence mais disposent des ressources nécessaires pour se rétablir (Howell et al., 2010), tandis que d’autres peuvent développer des problèmes internalisés et/ou externalisés (Holt et al., 2008). Comme on ne peut connaître les expériences, les préférences et les besoins d’un enfant lors d’une première rencontre, on soutient parfois qu’une sensibilité au trauma est cruciale (Levenson, 2017). Parallèlement, les recherches qui prennent en compte le point de vue des enfants eux-mêmes sur ce qu’ils jugent aidant dans leurs rencontres avec les professionnels sont rares (cf. Arai et al., 2021). Ensuite, pour que le travail social puisse protéger et soutenir les enfants, encore faut-il que ceux-ci révèlent ce qu’ils ont vécu. Or les enfants tendent à garder les violences conjugales secrètes, et seule la moitié environ d’entre eux révèlent leur exposition (Graham-Bermann et al., 2011 ; Howell et al., 2015). Que la révélation soit jugée aidante ou nuisible semble dépendre des réactions d’autrui (Ullman, 2011). Troisièmement, offrir un soutien aux enfants ne garantit pas qu’ils le perçoivent comme soutenant et comme quelque chose dont ils peuvent tirer profit. Thunberg (2022) soutient que le soutien doit être adapté à la perception qu’a chaque jeune de ce qui l’aide dans son contexte social. Enfin, évaluer l’exposition d’un enfant aux violences conjugales et ses conséquences est complexe, et il peut sembler plus simple de se concentrer sur le risque physique et la sécurité que sur l’exposition globale de l’enfant (LaLiberte et al., 2010). Des professionnels peu sensibles peuvent retraumatiser les victimes (Thompson, 2017). Le travail social doit donc aborder les rencontres avec les enfants exposés aux violences conjugales avec prudence et sensibilité.

Il a été montré que les programmes consacrés aux violences conjugales améliorent la capacité des enfants à faire face au stress et aux conflits, traitent les symptômes de stress traumatique et les troubles du comportement, soutiennent la relation mère-enfant et apportent un soutien pratique aux mères et aux enfants (par exemple Graham-Bermann et al., 2007 ; Jouriles et al., 2001). Les évaluations portent souvent sur les symptômes et les troubles de santé des enfants ; or les enfants eux-mêmes intègrent souvent des notions plus larges dans leur conception de la réussite d’une intervention (cf. Howarth et al., 2015). Ces aspects ont en partie été pris en compte dans des études sur l’expérience des enfants en foyer d’hébergement pour victimes de violences conjugales (par exemple Jarvis et al., 2005). Le travail social peut rencontrer des enfants exposés aux violences conjugales lors de rencontres formelles ou informelles aux finalités diverses. Avec cette revue, nous cherchons donc à dépasser les connaissances sur les programmes, modèles, méthodes et/ou techniques susceptibles de contribuer à réduire les symptômes ou à améliorer le bien-être, pour nous concentrer plutôt sur ce que les enfants exposés aux violences conjugales apprécient dans les rencontres formelles avec le travail social, et proposer une synthèse lisible des recherches disponibles dans ce domaine. Nous pensons que cela peut aider le travail social à « dûment prendre en considération » les points de vue et opinions des enfants, conformément à l’article 12 de la Convention des Nations unies (1989).

L’objectif général de cette revue était d’explorer les expériences et les perceptions que les enfants exposés aux violences conjugales ont du travail social. La question de recherche principale était d’identifier ce que les enfants apprécient dans les rencontres formelles avec le travail social. Les objectifs complémentaires étaient de suggérer comment ces connaissances pourraient être utilisées dans la pratique, et d’identifier et de proposer des axes prioritaires pour la recherche future.

Nous présentons ci-dessous d’abord la manière dont nous avons cherché à répondre à notre objectif, puis la réponse elle-même, structurée autour de quatre thèmes.

2. Méthode

Par souci de transparence, cette revue systématique a été menée conformément aux lignes directrices PRISMA pour les revues systématiques (voir Page et al., 2021).

2.1 Critères d’inclusion et d’exclusion

Les études devaient satisfaire cinq critères d’inclusion : (1) être évaluées par les pairs, (2) être empiriques, (3) avoir pour répondants des enfants exposés à des violences ou à des maltraitances entre parents (désignées dans cette revue comme violences conjugales), (4) porter sur les expériences ou les perceptions qu’ont les enfants de rencontres formelles avec le travail social en raison de leur exposition aux violences conjugales et (5) être rédigées en anglais.

Ont donc été exclues les études reposant uniquement sur des répondants adultes ou sur des documents, ainsi que les études portant sur d’autres problèmes sociaux (par exemple la maltraitance d’enfants, les addictions ou les troubles psychiques), sur des violences extérieures à la famille, ou sur des rencontres avec la police, le système de santé ou les foyers d’hébergement pour victimes de violences conjugales. Les revues et les articles théoriques ont aussi été exclus, de même que les études portant uniquement sur les effets d’interventions ou sur le comportement des enfants lors des rencontres avec le travail social, ou sur leur manière de les gérer. Les études non rédigées en anglais ou inaccessibles par les services en ligne ou la bibliothèque universitaire ont également été exclues.

2.2 Recherche documentaire

Pour repérer les études pertinentes, nous avons mené une recherche documentaire électronique dans les bases de données Social Services Abstracts, ASSIA et PsychINFO. Aucune restriction de dates n’a été appliquée. Le tableau 1 présente les quatre combinaisons de termes de recherche utilisées et les résultats par base de données.

Tableau 1 — Recherches dans les bases de données

Combinaisons de termes recherchées dans le titre, les mots-clés ou le résumé (limite supplémentaire : évaluation par les pairs), avec le nombre de résultats dans Social Service Abstracts, ASSIA et PsychINFO. Les équations de recherche sont reproduites en anglais.

  • Mai 2021. (Adolescen* OR children OR “young people”) AND (“intimate partner violence” OR “domestic violence”) AND (“Social Work*” OR Therap* OR intervention* OR treatment* OR counsel*). Social Service Abstracts : N = 2 498 ; ASSIA : N = 1 491 ; PsychINFO : N = 1 870.
  • Avril 2022. (Adolescen* OR children OR “young people”) AND (“domestic abuse” OR “family violence”) AND (“social work*” OR Therap* OR intervention* OR treatment* OR counsel*) NOT (“domestic violence” OR “intimate partner violence”). Social Service Abstracts : N = 952 ; ASSIA : N = 313 ; PsychINFO : N = 462.
  • Avril 2022. (“child protection” OR “social service*”) AND (child OR adolescen* OR “young people”) AND (“intimate partner violence” OR “domestic violence” OR “family violence” OR “domestic abuse”) NOT (“social work*” OR Therap* OR intervention* OR treatment* OR counsel*). Social Service Abstracts : N = 2 099 ; ASSIA : N = 179 ; PsychINFO : N = 261.
  • Avril 2022. (Adolescen* OR children OR “young people”) AND (“intimate partner violence” OR “domestic violence”) AND (“Social Work*” OR Therap* OR intervention* OR treatment* OR counsel*). Limite supplémentaire de dates : de mai 2021 à avril 2022. Social Service Abstracts : N = 201 ; ASSIA : N = 98 ; PsychINFO : N = 104.

2.3 Processus de sélection

Lors de la sélection, les études issues des recherches dans les bases de données ont été exportées dans le logiciel Zotero. Toutes les étapes de l’inclusion ont reposé sur les critères d’inclusion et d’exclusion ; elles ont commencé par un tri des titres pertinents effectué par la personne qui signe en premier. Les études restantes ont ensuite été examinées sur la base de leur résumé. La personne qui signe en premier a examiné 80 % des résumés, la personne qui signe en second 20 %. Les études encore retenues ont été lues en texte intégral par les deux membres de l’équipe. Les décisions d’inclusion et d’exclusion ont été prises conjointement, afin de renforcer la validité du processus. Les études portant sur le travail social en foyer d’hébergement pour victimes de violences conjugales ont été exclues, en raison des conditions et des possibilités différentes d’y nouer une relation avec les enfants qui y vivent, par rapport au travail social qui ne rencontre les enfants que lors de rencontres formelles. Pour repérer d’autres études, la personne qui signe en premier a examiné les listes de références des études incluses. Deux études supplémentaires ont été incluses par ce biais, car elles répondaient aux critères d’inclusion.

Pour évaluer la qualité des études incluses, nous avons créé une grille de huit items jugés importants pour garantir la qualité de la revue : la taille de l’échantillon, la transparence de l’analyse et des vérifications croisées, les biais de l’équipe de recherche, la cohérence de la présentation des résultats, la prise en compte de l’âge et du genre des enfants, du moment de l’intervention et de l’exposition à la personne violente, ainsi que des effets que ces facteurs pouvaient avoir sur les résultats. Selon notre grille, une étude pouvait obtenir au maximum 12 points. Deux études ont obtenu moins de cinq points et ont donc été exclues. Au terme de ce processus, 18 études empiriques au total ont été incluses dans la revue. Un aperçu du processus de sélection est présenté dans la figure 1.

Diagramme de sélection : 10 528 articles issus de Social Services Abstracts, ASSIA et PsycINFO, 1 582 résumés examinés, 148 articles lus en texte intégral, 20 évalués pour leur qualité et 18 inclus dans la revue
Figure 1. Processus de sélection (schéma original en anglais)

2.4 Processus d’analyse

Les études ont été analysées par une analyse de contenu interprétative, méthode couramment utilisée pour examiner des textes ou des jeux de données existants (Ahuvia, 2001). Cette méthode a permis de coder systématiquement le contenu manifeste, latent et contextuel des études incluses. Elle ressemble en partie à la synthèse thématique, couramment utilisée dans les revues systématiques qualitatives qui cherchent à dégager des applications pour la pratique et les politiques publiques (cf. Drisko, 2020). Comme la synthèse thématique, l’analyse de contenu interprétative peut aussi servir à agréger et à résumer les résultats en thèmes (cf. Ahuvia, 2001 ; Drisko, 2020). Mais elle s’apparente aussi à la synthèse interprétative, dont le but général est d’enrichir ou d’approfondir des résultats antérieurs, par exemple en tenant compte du contexte (cf. Drisko, 2020). L’analyse de contenu interprétative a été choisie pour pouvoir prendre en compte la diversité des contextes et l’hétérogénéité des enfants ayant participé aux études originales incluses dans cette revue.

Dans un premier temps, la personne qui signe en premier a relu les études incluses pour repérer les unités de sens relatives aux expériences et aux perceptions qu’avaient les enfants du travail social. Ces unités consistaient en une ou plusieurs phrases de citations des personnes participantes de l’étude originale ou en interprétations de son équipe. Les unités de sens repérées ont été extraites et consignées dans un protocole. Dans un deuxième temps, la personne qui signe en premier a condensé les unités de sens en codes. La personne qui signe en second a relu les codes, et les deux membres de l’équipe les ont modifiés ensemble. Dans un troisième temps, l’équipe a analysé conjointement les codes pour y chercher des régularités et les a classés en 13 sous-thèmes. Dans un quatrième temps, la même procédure a servi à analyser et regrouper les sous-thèmes en quatre thèmes principaux distincts. Dans un cinquième temps, une analyse complémentaire des résultats a été menée pour chercher des régularités sous-jacentes liées à l’âge des enfants, au moment de l’intervention et au type de service fourni.

3. Résultats

L’ensemble des recherches examinées portait sur un échantillon de 404 enfants, dont 84 identifiés comme garçons et 88 comme filles, l’information sur le genre manquant pour 232 personnes participantes. Les enfants avaient de 4 à 19 ans et avaient été en contact avec le travail social dans des fonctions de conseil, d’enquête en droit de la famille ou d’enquête pour les services de protection de l’enfance (SPE), ou au sein des services sociaux. La majorité des enfants avaient été recrutés par l’intermédiaire du service qui les soutenait. Sur les 18 études incluses dans cette revue, 16 recouraient à des méthodes qualitatives et 2 à un devis mixte. Les données avaient principalement été recueillies par entretiens individuels ou collectifs. Une présentation détaillée des études incluses figure dans le tableau 2.

Tableau 2 — Aperçu des articles inclus

Pour chaque étude : enfants participants, service fourni, moment de l’intervention, exposition à la personne violente, méthode et pays.

  • Beetham et al. (2019). Enfants : N = 4 (filles N = 2 ; garçons N = 2), 7-10 ans ; service : accompagnement en groupe ; moment : service récemment terminé ; exposition : aucun ne vit avec la personne violente ; méthode : entretiens individuels ; pays : Royaume-Uni.
  • Callaghan et al. (2019). Enfants : questionnaires, N = 45 (filles N = 28 ; garçons N = 30), 11-19 ans ; parmi eux, entretiens avec N = 20 (filles N = 14 ; garçons N = 6), 11-18 ans ; service : intervention ou accompagnement en groupe ; moment : service en cours ou récemment terminé ; exposition : aucun ne vit avec la personne violente ; méthode : questionnaires et entretiens individuels ; pays : Grèce, Italie, Espagne, Angleterre.
  • Cater (2014)a. Enfants : N = 29 (filles N = 15 ; garçons N = 14), 4-19 ans ; service : accompagnement individuel ; moment : service en cours ou récemment terminé ; exposition : aucun ne vit avec la personne violente ; méthode : entretiens individuels ; pays : Suède.
  • Coburn et Gormally (2014). Enfants : N = 6 (filles N = 6 ; garçons N = 0), 11-15 ans ; service : soutien ou accompagnement individuel et en groupe ; moment : service en cours ; exposition : b ; méthode : entretiens individuels ; pays : Royaume-Uni.
  • Eriksson (2009)c. Enfants : N = 17 (filles N = 7 ; garçons N = 10), 8-17 ans ; service : enquêtes en droit de la famille ; moment : service terminé depuis 2 semaines à 2 ans ; exposition : aucun ne vit avec la personne violente ; méthode : entretiens individuels ; pays : Suède.
  • Eriksson (2012)c. Enfants : N = 17 (filles N = 7 ; garçons N = 10), 8-17 ans ; service : enquêtes en droit de la famille ; moment : service terminé depuis 2 semaines à 2 ans ; exposition : aucun ne vit avec la personne violente ; méthode : entretiens individuels ; pays : Suède.
  • Fotheringham et al. (2013). Enfants : N = 17 (filles N = b ; garçons N = b), 10-19 ans ; service : accompagnement individuel ; moment : service en cours ; exposition : b ; méthode : entretiens individuels ; pays : Canada.
  • Källström et Thunberg (2019)a. Enfants : N = 9 (filles N = 5 ; garçons N = 4), 12-18 ans ; service : accompagnement individuel ; moment : service en cours ou récemment terminé ; exposition : aucun ne vit avec la personne violente ; méthode : entretiens individuels ; pays : Suède.
  • McCarry et al. (2021). Enfants : groupes de discussion, N = 4 (filles N = 4 ; garçons N = 0) ; entretiens téléphoniques, N = 5 (filles N = b ; garçons N = b), 8-18 ans ; service : accompagnement individuel et en groupe ; moment : service en cours ; exposition : aucun ne vit avec la personne violente ; méthode : groupes de discussion et entretiens téléphoniques ; pays : États-Unis.
  • McManus et al. (2013). Enfants : N = 10 (filles N = 1 ; garçons N = 10), 7-10 ans ; service : programme de soutien avec séances mère-enfant et groupe de pairs ; moment : service en cours ; exposition : aucun ne vit avec la personne violente ; méthode : entretiens individuels ; pays : Royaume-Uni.
  • Pernebo et Almqvist (2016). Enfants : N = 9 (filles N = 5 ; garçons N = 4), 4-6 ans ; service : accompagnement en groupe ; moment : service récemment terminé ; exposition : ne vit pas avec la personne violente N = 8, vit en alternance avec elle N = 1 ; méthode : entretiens individuels ; pays : Suède.
  • Perry et Frampton (2018). Enfants : N = 224 (filles N = b ; garçons N = b), 4-17 ans ; service : thérapie ou accompagnement individuel ; moment : service en cours ; exposition : aucun ne vit avec la personne violente ; méthode : questionnaires ; pays : Royaume-Uni.
  • Phillips et Phillips (2010). Enfants : N = 20 (filles N = b ; garçons N = b), 10-17 ans ; service : soutien et accompagnement en groupe ; moment : service en cours ; exposition : aucun ne vit avec la personne violente ; méthode : observation participante, conversations de terrain, groupes de discussion et entretiens individuels ; pays : États-Unis.
  • Roy et al. (2021). Enfants : N = 3 (filles N = b ; garçons N = b), 10-16 ans ; service : soutien ou accompagnement individuel ; moment : service terminé ; exposition : b ; méthode : entretiens individuels ; pays : Royaume-Uni.
  • Stanley et al. (2012). Enfants : N = 19 (filles N = 11 ; garçons N = 8), 10-19 ans ; service : services sociaux et conseillers scolaires ; moment : b ; exposition : b ; méthode : groupes de discussion ; pays : Royaume-Uni.
  • Swanston et al. (2014). Enfants : N = 5 (filles N = 3 ; garçons N = 2), 8-13 ans ; service : associations de lutte contre les violences conjugales et services sociaux ; moment : service en cours ou terminé ; exposition : aucun ne vit avec la personne violente ; méthode : entretiens individuels ; pays : Royaume-Uni.
  • Willis et al. (2010). Enfants : N = 14 (filles N = b ; garçons N = b), environ 14-18 ansd ; service : accompagnement ; moment : service en cours ; exposition : b ; méthode : groupes de discussion ; pays : États-Unis.
  • Åkerlund et Sandberg (2017). Enfants : N = 10 (filles N = 6 ; garçons N = 4), 11-19 ans ; service : accompagnement individuel ; moment : service terminé depuis moins de 2 ans ; exposition : aucun ne vit avec la personne violente ; méthode : entretiens ; pays : Suède.

a Articles issus de la même étude. b Information manquante ou peu claire. c Articles issus de la même étude. d Élèves du secondaire ; l’âge exact n’est pas précisé ; selon le système scolaire américain, ces élèves ont environ 14 à 18 ans.

Il convient de noter que si les études d’Eriksson (2009, 2012) reposent sur le même jeu de données, tout comme celles de Cater (2014) et de Källström et Thunberg (2019), elles ont été incluses parce qu’elles exploraient des aspects différents des données.

La synthèse des données des 18 études incluses a fait émerger quatre thèmes principaux (dimensions) concernant ce que les enfants apprécient dans leurs interactions avec le travail social : (1) les conditions de base, (2) les stratégies d’inclusion, (3) la reconnaissance et (4) le plaisir. Au sein de chaque dimension, nous avons repéré de deux à quatre éléments différents. Ils sont présentés dans le tableau 3.

Tableau 3 — Dimensions et éléments de ce que les enfants apprécient dans leurs rencontres avec le travail social

  • Conditions de base. Accessibilité ; un espace sûr ; confiance.
  • Inclusion. Information ; souplesse ; choix ; pouvoir d’agir.
  • Reconnaissance. De bons interlocuteurs ; validation ; alléger le fardeau de la responsabilité ; reconnaître les différentes identités.
  • Plaisir. Amusement ; activités.

3.1 Les conditions de base

Les études indiquent que les conditions de base appréciées des enfants exposés aux violences conjugales étaient de pouvoir accéder à une personne du travail social, de disposer d’un espace sûr pour les rencontres, et d’avoir affaire à une personne qu’ils jugeaient digne de confiance.

3.1.1 L’accessibilité

Les études montrent que les enfants appréciaient de pouvoir accéder facilement au travail social, ou qu’un contact soit engagé par le travail social en réponse à des inquiétudes concernant l’enfant (Beetham et al., 2019 ; Coburn et Gormally, 2014 ; Roy et al., 2021 ; Stanley et al., 2012). Coburn et Gormally (2014) ont constaté que les enfants appréciaient de pouvoir contacter le travail social par eux-mêmes et d’avoir à proximité un bureau où se rendre. La facilité d’approche et la disponibilité des professionnels et de leurs organisations étaient jugées importantes (Coburn et Gormally, 2014 ; Roy et al., 2021). Roy et al. (2021) ont constaté que les enfants comparaient la disponibilité de la personne chargée de l’accompagnement des enfants à celle du personnel scolaire et d’autres professionnels du travail social : « […] la personne chargée de l’accompagnement des enfants était perçue comme offrant une continuité du soutien qui n’existait pas ailleurs, y compris à l’école ou dans les services sociaux à l’enfance » (Roy et al., 2021, p. 7). Cela indique que des services tout proches, par exemple à l’école, ne sont pas forcément aidants si les enfants ne perçoivent pas les professionnels comme accessibles. Il est crucial d’informer les enfants des services disponibles pour qu’ils sachent vers qui se tourner, et ces services doivent aussi leur être accessibles.

Fait intéressant, aucune des études portant sur des enfants de six ans ou moins n’abordait l’accessibilité. Peut-être parce que les jeunes enfants ont rarement la capacité ou l’occasion de solliciter le travail social par eux-mêmes, leur accès passant presque exclusivement par des adultes. L’accessibilité n’est donc peut-être pas quelque chose qu’ils apprécient au même degré.

3.1.2 Un espace sûr

Un fil conducteur commun aux études était que les enfants de tous âges jugeaient crucial un espace sûr, à l’abri de la violence et assez sûr pour parler de ce qu’ils avaient vécu (Callaghan et al., 2019 ; Pernebo et Almqvist, 2016 ; Roy et al., 2021 ; Willis et al., 2010). L’importance d’un espace sûr tient probablement à leur expérience de conditions de vie dangereuses. Comme le résument avec justesse Pernebo et Almqvist (2016, p. 125), « les enfants de cette étude ne semblaient pas considérer la sécurité comme allant de soi, puisqu’ils disaient explicitement apprécier d’être en sécurité et protégés de la violence et des menaces pendant le groupe ». En outre, deux études soulignaient que les enfants percevaient l’accompagnement en groupe comme un espace sûr (Callaghan et al., 2019 ; Roy et al., 2021). Cela tient peut-être au fait de retrouver régulièrement les mêmes pairs et les mêmes personnes qui animent le groupe, ce qui crée un sentiment de sécurité, de stabilité et de prévisibilité qui leur manque souvent à la maison (Pernebo et Almqvist, 2016 ; Roy et al., 2021). Pernebo et Almqvist (2016) soulignaient que ce sentiment de sécurité pouvait être renforcé par un environnement prévisible, comme se retrouver dans la même pièce avec le même mobilier. Par ailleurs, McCarry et al. (2021) ont constaté que certains enfants appréciaient de se retrouver en milieu scolaire, qui n’était pas dans tous les cas leur propre école. L’environnement physique où les enfants rencontrent le travail social peut donc renforcer leur sentiment de sécurité de diverses manières.

3.1.3 La confiance

Les enfants exposés aux violences conjugales éprouvent souvent une méfiance générale envers les adultes et les autorités, enracinée dans des craintes ou des expériences passées de manquements à la confidentialité (Cater, 2014 ; Eriksson, 2009), de soutien inadéquat (Stanley et al., 2012 ; Swanston et al., 2014) ou de réponses excessivement zélées (Cater, 2014). C’est peut-être pourquoi de nombreuses études soulignaient l’importance, pour les enfants, de rencontrer des professionnels qu’ils jugent dignes de confiance (Callaghan et al., 2019 ; Coburn et Gormally, 2014 ; McCarry et al., 2021 ; Pernebo et Almqvist, 2016 ; Perry et Frampton, 2018). Pernebo et Almqvist (2016) notaient que de jeunes enfants en accompagnement de groupe jugeaient les professionnels dignes de confiance quand l’intention leur paraissait bonne et l’attitude responsable. De même, d’autres études constataient que les enfants jugeaient les professionnels dignes de confiance quand leur attitude était soutenante et aidante (Callaghan et al., 2019 ; Coburn et Gormally, 2014 ; McCarry et al., 2021). Le niveau de confiance peut peser sur leur disposition à livrer des informations sensibles : « être dans un environnement de confiance permettait aux participants de s’exprimer et de révéler des choses dont ils ne s’étaient pas sentis capables de parler auparavant » (Callaghan et al., 2019, p. 530). Dans certains cas, toutefois, il faut d’abord construire une relation positive avec la personne du travail social pour que les enfants lui fassent confiance (Cater, 2014 ; McCarry et al., 2021). Globalement, les enfants apprécient des professionnels sur qui ils peuvent compter, à qui ils peuvent se confier, et qui tiennent à préserver la confidentialité sauf à les consulter d’abord. Établir la confiance avec les enfants demande au travail social du temps et des efforts.

L’accessibilité du travail social et sa capacité à offrir un espace sûr et de l’aide exigent que l’organisation donne la priorité aux besoins des enfants exposés aux violences conjugales. Chaque professionnel peut toutefois prendre des décisions inclusives en s’appuyant sur les autres dimensions évoquées par ces enfants.

3.2 L’inclusion

De nombreux enfants soulignaient l’importance de l’inclusion dans leurs rencontres avec le travail social, ce qui recouvrait divers éléments comme l’accès à l’information, la souplesse, le choix et le pouvoir d’agir.

3.2.1 L’information

Les études soulignaient que les enfants appréciaient les professionnels qui les informaient sur leur situation (Coburn et Gormally, 2014 ; Eriksson, 2009 ; Eriksson, 2012 ; Stanley et al., 2012), avec des explications adaptées à leur âge et qu’ils pouvaient comprendre (Coburn et Gormally, 2014 ; Eriksson, 2009). Or beaucoup d’enfants, surtout les plus jeunes, ne reçoivent pas une information adéquate (Beetham et al., 2019 ; Cater, 2014), ce qui peut devenir une source d’inquiétude (Beetham et al., 2019). Si certains enfants essaient d’y remédier en posant des questions ou en regardant les notes des professionnels (Eriksson, 2012), il faut reconnaître l’inégalité du rapport de pouvoir entre les enfants exposés aux violences conjugales et le travail social. Il incombe au travail social de partager l’information avec les enfants, en tenant compte du fait que cela peut apaiser leur stress et leur anxiété.

3.2.2 La souplesse

Les enfants appréciaient aussi les professionnels dont on décrivait la souplesse, l’empathie et l’attention à leurs besoins (Cater, 2014 ; Eriksson, 2012 ; Källström et Thunberg, 2019). La souplesse renvoyait en particulier à la disposition des professionnels à adapter le format de la rencontre aux besoins et à l’état émotionnel des enfants (par exemple Eriksson, 2012 ; Källström et Thunberg, 2019). Il est donc crucial que le travail social soit attentif aux signaux des enfants et adopte une approche adaptée à leur âge, qui leur permette d’influer sur la rencontre et la conversation (par exemple Eriksson, 2012). Cela augmente les chances que les enfants vivent la rencontre comme porteuse de sens, ce qui peut prévenir leurs résistances (McManus et al., 2013 ; Phillips et Phillips, 2010). Par exemple, Källström et Thunberg (2019) rapportaient que de nombreux adolescents avaient du mal à s’exprimer verbalement et trouvaient les questions directes aidantes pour parler de ce qu’ils avaient vécu. Le travail social doit donc être disposé à ajuster le format de la rencontre à l’âge et aux besoins de l’enfant.

3.2.3 Le choix

Un autre élément d’inclusion qui ressortait des études était la notion de choix, qui incluait la possibilité de participer à l’accompagnement à ses propres conditions, sans se sentir obligé de dire ou de faire quoi que ce soit (Beetham et al., 2019 ; Callaghan et al., 2019 ; Cater, 2014 ; Coburn et Gormally, 2014 ; Pernebo et Almqvist, 2016). Les enfants appréciaient de pouvoir prendre des décisions concernant leur participation (Coburn et Gormally, 2014), ce qui peut leur donner un sentiment de maîtrise. Il peut toutefois y avoir des situations où il ne serait pas approprié d’associer les enfants aux décisions, comme lors d’interventions de protection en urgence, même s’ils peuvent encore être associés à certaines étapes du processus. Cater (2014) décrivait une façon d’associer les enfants aux décisions sur l’accompagnement : certains avaient été incités par le travail social et d’autres adultes à essayer, puis avaient décidé ensuite de continuer ou non. En revanche, les enfants à qui l’on ne laissait aucun choix lors des rencontres avec le travail social, en accompagnement ou lors d’enquêtes en droit de la famille, étaient plus susceptibles de refuser de parler ou de ne pas participer du tout (Cater, 2014 ; Eriksson, 2012). Globalement, donner aux enfants la possibilité de faire des choix sur leur participation peut accroître leur sentiment de maîtrise et rendre l’interaction avec le travail social plus porteuse de sens et plus positive.

3.2.4 Le pouvoir d’agir

Les études ont repéré diverses actions du travail social susceptibles de renforcer le pouvoir d’agir des enfants, comme les prendre au sérieux et ne pas les traiter en inférieurs (Beetham et al., 2019 ; Callaghan et al., 2019 ; Källström et Thunberg, 2019 ; Swanston et al., 2014 ; Willis et al., 2010). Renforcer le pouvoir d’agir des enfants peut avoir un effet positif sur leur confiance en eux et leur capacité à essayer des choses nouvelles (Callaghan et al., 2019 ; Källström et Thunberg, 2019). En outre, selon Willis et al. (2010), « le respect et la sensibilité aux divers aspects de leur monde vécu peuvent servir de base à l’autonomisation des adolescents et favoriser la guérison de blessures qui ne sont pas seulement physiques » (Willis et al., 2010, p. 556).

Le travail social peut aussi renforcer le pouvoir d’agir des enfants en les aidant à se tourner vers les possibilités à venir, ce qui fait naître l’espoir et facilite le processus d’adaptation (Callaghan et al., 2019). Stanley et al. (2012) soulignaient l’importance que le travail social protège les enfants et leurs familles, pour ne pas renforcer chez les enfants un sentiment d’impuissance face à la violence de la personne violente. Être protégé importe donc pour la sécurité et le bien-être des enfants, mais aussi pour leur sentiment de maîtrise et leur confiance en eux. Ainsi, ces enfants apprécient que le travail social les associe à l’établissement du cadre des rencontres et reconnaisse leurs expériences dans ce cadre.

3.3 La reconnaissance

La reconnaissance consiste à reconnaître le besoin des enfants de parler de la violence, de voir leurs expériences validées, de comprendre les limites de leurs responsabilités et de voir reconnues leurs différentes identités.

3.3.1 De bons interlocuteurs

Les enfants appréciaient, dans le travail social, la facilité d’approche, la chaleur et l’aisance de la parole (Coburn et Gormally, 2014 ; Fotheringham et al., 2013 ; Roy et al., 2021), ainsi que la qualité d’écoute (Källström et Thunberg, 2019 ; Perry et Frampton, 2018 ; Stanley et al., 2012). Parler avec le travail social des violences vécues aidait beaucoup d’enfants à se sentir mieux et à prendre de la distance avec ces violences (Källström et Thunberg, 2019 ; McManus et al., 2013 ; Pernebo et Almqvist, 2016 ; Perry et Frampton, 2018). Källström et Thunberg (2019, p. 556) constataient que « les jeunes décrivaient comme un soulagement et un plaisir le fait de ne plus avoir, maintenant, après l’accompagnement, à penser tout le temps à la violence ». Certains enfants préféraient néanmoins ne pas penser à la violence ni en parler (Åkerlund et Sandberg, 2017 ; Pernebo et Almqvist, 2016), peut-être par crainte de voir resurgir des traumas passés en repensant à ce qu’ils avaient vécu (Källström et Thunberg, 2019 ; Pernebo et Almqvist, 2016). Certains enfants n’éprouvaient pas eux-mêmes le besoin de parler de la violence, mais en reconnaissaient la valeur et encourageaient d’autres à le faire (Åkerlund et Sandberg, 2017). Quoi qu’il en soit, une personne du travail social qui peut jouer le rôle d’interlocuteur est apprécié de nombreux enfants et pourrait les aider à faire face à leurs expériences difficiles.

3.3.2 La validation

Les études montraient que les enfants souhaitaient être validés par le travail social, ce qui supposait une écoute active et une compréhension de leurs expériences de violence (Willis et al., 2010 ; Fotheringham et al., 2013 ; Stanley et al., 2012 ; McManus et al., 2013 ; Swanston et al., 2014 ; Pernebo et Almqvist, 2016 ; Beetham et al., 2019 ; Callaghan et al., 2019 ; Källström et Thunberg, 2019 ; McCarry et al., 2021). Bien que directement touchés par la violence, de nombreux enfants rapportaient ne pas avoir été entendus (Eriksson, 2009 ; McCarry et al., 2021 ; Swanston et al., 2014), ne pas avoir été crus lorsqu’ils avaient révélé les violences au travail social (Eriksson, 2009) et s’être vu poser plusieurs fois les mêmes questions (Beetham et al., 2019). De telles expériences traduisent un manque de validation. Plutôt qu’une attitude de rejet, les enfants souhaitaient des professionnels qui les mettent à l’aise par leur compréhension (Willis et al., 2010 ; Fotheringham et al., 2013) et une attitude non jugeante (Källström et Thunberg, 2019 ; Stanley et al., 2012). Stanley et al. (2012) et Källström et Thunberg (2019) ont montré que la validation était possible lorsque le travail social prenait les enfants au sérieux et répondait de façon adaptée à la gravité de leur situation. Les enfants qui vivent des violences conjugales voient donc souvent leurs besoins et leurs opinions négligés. Des professionnels qui les écoutent, les comprennent et les valident peuvent y remédier et renforcer l’alliance.

3.3.3 Alléger le fardeau de la responsabilité

Plusieurs études ont montré que les enfants en accompagnement appréciaient que le travail social les aide à comprendre leur situation et les limites de leur responsabilité à l’égard de la violence (Callaghan et al., 2019 ; Fotheringham et al., 2013). Les enfants exposés aux violences conjugales peuvent se reprocher de ne pas avoir empêché la violence et l’intervention des services publics. La menace implicite d’un retrait du domicile peut peser négativement sur leur bien-être. Aider les enfants à comprendre qu’ils ne sont pas responsables peut alléger ce fardeau et améliorer leur bien-être. Phillips et Phillips (2010) avertissaient toutefois que le travail social peut se heurter à des résistances lorsqu’il aborde la responsabilité de la personne violente, surtout quand les enfants refusent de parler de la violence ou de la reconnaître. Il est donc précieux que le travail social aide les enfants à se décharger du fardeau de la responsabilité, mais cela peut être difficile si les enfants n’ont pas révélé la violence. Les enfants sont moins susceptibles de révéler la violence s’ils s’en croient responsables, ce qui souligne l’importance d’alléger la culpabilité comme étape cruciale du processus de révélation.

3.3.4 Reconnaître les différentes identités

Les études sur l’accompagnement ont aussi montré que les enfants exposés aux violences conjugales appréciaient les professionnels qui reconnaissaient leurs différentes identités, sans les réduire à celle de victime de violence (Beetham et al., 2019 ; Källström et Thunberg, 2019 ; Phillips et Phillips, 2010), ni, pour les garçons exposés aux violences conjugales, à celle de possible futur auteur de violences (Phillips et Phillips, 2010). Fotheringham et al. (2013) ont constaté que les enfants appréciaient les professionnels qui s’efforçaient d’apprendre à les connaître. D’autres études indiquaient que les enfants appréciaient les professionnels qui parlaient avec eux d’autres aspects de leur vie et les respectaient (Beetham et al., 2019 ; Källström et Thunberg, 2019 ; Phillips et Phillips, 2010). Comme l’écrivaient Beetham et al. (2019), « ils ne voulaient pas que le groupe perturbe d’autres choses dans leur vie, comme les cours, voir leurs amis ou d’autres activités » (p. 571). Il faut donc réfléchir au moment des séances d’accompagnement, qui ont rarement besoin d’avoir lieu immédiatement. En outre, le travail social devrait montrer de l’intérêt pour la vie des enfants et pour leurs centres d’intérêt dans toutes les rencontres, quel que soit le service fourni. Si la reconnaissance, sous ses multiples formes, est appréciée des enfants exposés aux violences conjugales, ils apprécient aussi les moments de plaisir dans ces rencontres.

3.4 Le plaisir

Comme le montrent les études, les enfants appréciaient de s’amuser et de faire des activités lors des rencontres avec le travail social.

3.4.1 L’amusement

Les études examinées contiennent de nombreux récits d’amusement et de jeu vécus comme des expériences positives de l’accompagnement, ce qui indique qu’il s’agit d’un aspect central du plaisir pour les enfants (Beetham et al., 2019 ; Callaghan et al., 2019 ; Källström et Thunberg, 2019 ; Pernebo et Almqvist, 2016). Les activités n’étaient pas nécessaires pour s’amuser, et certains enfants préféraient s’amuser dans la relation (Beetham et al., 2019 ; Källström et Thunberg, 2019 ; Pernebo et Almqvist, 2016). Plaisanter ensemble pouvait alléger le sérieux de la conversation et créer une atmosphère plus détendue (Callaghan et al., 2019 ; Källström et Thunberg, 2019). Källström et Thunberg (2019) notaient que cela aidait les enfants à moins penser à la violence, ne serait-ce qu’un moment. Pernebo et Almqvist (2016) suggéraient que cela pouvait aussi avoir un effet réparateur sur les enfants. Ainsi, les enfants qui vivent des interactions amusantes peuvent se sentir bien sur le moment, et les effets positifs peuvent aussi durer au-delà de la rencontre.

3.4.2 Les activités

Les enfants appréciaient aussi les activités comme élément de plaisir pendant l’accompagnement, et aussi lors des enquêtes en droit de la famille. Il s’agissait d’activités artistiques (Callaghan et al., 2019 ; Eriksson, 2012 ; Fotheringham et al., 2013 ; Källström et Thunberg, 2019 ; Pernebo et Almqvist, 2016), de jeux (Källström et Thunberg, 2019), d’un goûter (Eriksson, 2012) et d’activités physiques comme la danse (Callaghan et al., 2019). Les activités étaient particulièrement appréciées des enfants agités qui avaient du mal à rester assis (Eriksson, 2012 ; Beetham et al., 2019 ; Callaghan et al., 2019), ce qui est fréquent chez les enfants exposés aux violences conjugales. Les activités remplissaient différentes fonctions dans les rencontres : elles symbolisaient l’accueil et le soin, facilitaient la parole des enfants sur ce qu’ils avaient vécu, détournaient leur attention de la violence ou leur permettaient de s’en extraire complètement pour un temps (voir Beetham et al., 2019 ; Eriksson, 2012 ; Källström et Thunberg, 2019 ; McManus et al., 2013). McManus et al. (2013, p. 298) décrivaient toutefois que, « bien que beaucoup d’activités aient été conçues pour faciliter les discussions sur les violences, certains enfants n’avaient pas le sentiment d’avoir passé assez de temps à parler de ce qu’ils avaient vécu ». Cela indique que les activités ne sont pas appréciées de tous les enfants et peuvent trop détourner l’attention du sujet, d’où l’importance d’être attentif aux besoins individuels.

En résumé, cette revue montre que les enfants exposés aux violences conjugales apprécient des dimensions qui vont des conditions organisationnelles préalables à ce que le travail social peut leur offrir, en passant par les décisions prises au cours de la rencontre.

4. Discussion

Les principaux résultats de cette revue des recherches sur ce que les enfants exposés aux violences conjugales apprécient dans leurs rencontres avec le travail social sont qu’ils apprécient (1) des conditions de base, (2) l’inclusion, (3) la reconnaissance et (4) le plaisir. Certains de ces thèmes et éléments sont liés entre eux. Par exemple, en donnant de l’information à un enfant, la personne du travail social peut renforcer son pouvoir d’agir, et proposer une activité à un enfant pendant la rencontre peut être une manière de faire preuve de souplesse. Il est possible que certains éléments appréciés de l’enfant en supposent d’autres ; par exemple, un espace sûr, la confiance, un bon interlocuteur et la validation peuvent être nécessaires avant de pouvoir aborder la question de la responsabilité de la violence. Certains de ces résultats tiennent peut-être au fait que notre étude porte sur des enfants : par exemple, apprécier un format souple et le plaisir, ce qui peut être particulièrement pertinent et important pour les jeunes. D’autres résultats reflètent très probablement les besoins et les souhaits des victimes de violence, comme apprécier un espace sûr, la confiance et une reconnaissance passant par la validation, le fait d’être déchargé de la responsabilité de la violence et la reconnaissance de leurs différentes identités. Par ailleurs, certains éléments exigent des ressources organisationnelles, en particulier du temps, par exemple que la personne du travail social soit accessible, puisse rencontrer l’enfant plusieurs fois pour construire la confiance, et peut-être que les rencontres durent assez longtemps pour permettre des activités ; mais la plupart sont des actions que chaque professionnel peut choisir d’accomplir dans n’importe quelle rencontre.

4.1 Implications pour les politiques, les services et la pratique

Les études incluses dans cette revue semblent assez cohérentes dans ce qu’elles rapportent. Si aucune ne rapporte tous les thèmes ou éléments, beaucoup rapportent des éléments similaires, ce qui offre à la pratique tout un éventail de possibilités pour répondre aux souhaits et aux besoins des enfants. Les résultats indiquent ainsi comment la sensibilité au trauma (Levenson, 2017) peut se traduire en pratique pour répondre aux besoins, aux préférences et aux souhaits des enfants exposés aux violences conjugales. Les éléments repérés ont en commun d’être tous potentiellement pertinents pour les professionnels des services sociaux, des services de protection de l’enfance, de la police, de l’école, des services de santé ou des ONG qui rencontrent des enfants victimes dans leur travail, et beaucoup peuvent être mis en œuvre dans les rencontres sans coût supplémentaire pour l’organisation. En faisant évoluer sa pratique dans le sens des résultats de cette revue, le travail social pourrait interagir avec ces enfants d’une manière qu’ils apprécient, et ainsi augmenter les faibles taux actuels de révélation des violences conjugales vécues (cf. Graham-Bermann et al., 2011 ; Howell et al., 2015 ; Ullman, 2011). Cela pourrait aussi aider à combler l’écart entre ce qui est proposé aux enfants et ce qu’ils perçoivent comme soutenant et susceptible de leur être utile (cf. Humphreys et al., 2011 ; Thunberg, 2022). Les pays dépourvus de politiques et de dispositifs développés en matière de violences conjugales peuvent lire nos résultats comme un encouragement à développer des services offrant des lieux sûrs et accessibles pour parler de la violence en toute confidentialité.

Nous pensons qu’intégrer à la conduite des rencontres la connaissance de ce que les enfants apprécient devrait être un objectif des services, en particulier lorsque les enfants ont été victimisés par des parents qui auraient dû les protéger. On peut raisonnablement supposer que les professionnels qui intègrent à leur pratique les éléments appréciés des enfants augmentent leurs chances de nouer une relation de confiance. En s’appuyant sur les résultats de cette revue, on peut donc se poser des questions comme : lesquels des éléments repérés dans cette étude peut-on intégrer aux enquêtes et aux entretiens de protection de l’enfance ? Lesquels peut-on inclure dans des modèles de soutien structurés par un manuel ? Que cela améliore ou non l’efficacité des services et le bien-être des enfants est une question empirique. Cette étude ne peut cependant pas aider les équipes à savoir lesquels de ces éléments sont les plus cruciaux ni à établir des priorités entre eux. Elle ne permet pas de déterminer si certains des éléments repérés sont des conditions indispensables pour que les enfants s’ouvrent sur ce qu’ils ont vécu, par opposition à des éléments que les enfants apprécient mais qui pourraient être jugés facultatifs plutôt qu’essentiels. Nos résultats appuient donc l’appel de LaLiberte et al. (2010) en faveur de formations centrées sur les manières d’engager et de soutenir les jeunes qui vivent ou ont vécu des violences conjugales.

4.2 Implications pour la recherche future

La revue montre aussi que de nombreuses questions attendent encore des réponses de la recherche. Premièrement, ce domaine est peu étudié ; davantage de recherches sont donc nécessaires et seraient précieuses pour une compréhension plus complète. Deuxièmement, certains enfants, comme les tout-petits ou les enfants en situation de handicap, sont invisibles dans la recherche. Troisièmement, l’information sur le genre des enfants participants n’était pas toujours précisée, et plusieurs études incluaient une large tranche d’âge sans préciser si les résultats différaient selon l’âge. Quatrièmement, les études comparatives font entièrement défaut dans ce domaine, par exemple selon les expériences des enfants, le moment des violences, les types de conséquences (cf. Holt et al., 2008) et les ressources pour résister et/ou se rétablir (cf. Howell et al., 2010). Des études examinant l’existence de différences liées à l’âge, au genre ou à la culture sont aussi justifiées. De plus, nos résultats ressemblant fortement à ceux des recherches portant sur des enfants maltraités par un parent ou par d’autres personnes (Jernbro et al., 2017 ; Lev-Wiesel et al., 2014 ; Ungar et al., 2009), il pourrait aussi être utile de démêler si la nature de la victimisation des enfants est liée à ce qu’ils apprécient dans leurs rencontres avec le travail social. Des recherches quantitatives pourraient aider à mieux comprendre si des enfants d’âges différents, ou de contextes culturels différents, exposés à différentes formes de violence ou à d’autres infractions, apprécient des éléments différents, et lesquels sont plus appréciés que d’autres. Ces éléments sont-ils également importants pour tous les enfants, ou peut-on les hiérarchiser ? Certains éléments appréciés peuvent-ils compenser l’absence d’autres ? Par exemple, deux études ont montré que même lorsqu’on ne proposait aux enfants aucune stratégie d’inclusion, ils pouvaient malgré tout vivre la rencontre comme positive et se sentir reconnus (Cater, 2014 ; Eriksson, 2009). Ces connaissances pourraient être précieuses pour le travail social qui cherche à améliorer son soutien, et l’aider à déterminer si « une même solution ne convient pas à tous », comme le suggèrent Prinz et Feerick (2003), ou si ce qu’apprécient les enfants exposés aux violences conjugales est assez général.

Une autre piste de recherche suggérée par cette étude consiste à examiner si certains de ces éléments sont liés au rétablissement des enfants après des violences conjugales. Des manuels qui équilibrent différemment, d’un côté, les techniques et, de l’autre, des éléments communs comme la souplesse, l’acceptation et l’empathie conviennent-ils à des contextes de service différents ? Le fait que le travail social aborde activement ou non ces éléments change-t-il quelque chose à la résilience ou au rétablissement des enfants ? Ces éléments sont-ils plus ou moins importants pour le rétablissement des enfants que des méthodes spécifiques, en particulier si l’on inclut les symptômes et les troubles de santé des enfants, ainsi que les notions plus larges que les enfants eux-mêmes intègrent dans leur conception de la réussite d’une intervention (cf. Howarth et al., 2015) ?

4.3 Limites et points forts

Certaines faiblesses de cette revue méritent l’attention. Ce que nous pouvons rapporter dépend des détails présentés par les équipes des 18 études incluses. Par exemple, la durée et la gravité des violences auxquelles les enfants de ces études ont été exposés sont souvent floues. En outre, les études discutent plus ou moins clairement la représentativité de leurs résultats pour les populations étudiées, et elles ne reflètent pas proportionnellement le problème à l’échelle mondiale. Par ailleurs, nous invitons à noter que, si cette revue inclut 18 études publiées, celles-ci ne reposent que sur 16 jeux de données. Vu la nature de notre étude, nous pensons que nos résultats n’en sont pas affectés. De plus, si certains éléments appréciés des enfants ont été repérés dans un plus grand nombre d’études, nous ne prétendons pas que ces éléments soient plus importants que ceux repérés dans moins d’études. Le point fort de la revue tient au processus de recherche structuré et exhaustif qui a été mené, et à l’aperçu complet, quoique bref et concentré, du domaine. Autres points forts : l’étude s’appuie sur des informations venant des enfants et permet donc une compréhension fondée sur le point de vue des premiers concernés, et elle apporte des connaissances qui dépassent les études originales et peuvent être précieuses pour le développement futur du soutien à ces enfants.

4.4 Conclusions

Dans leurs rencontres avec le travail social, les enfants exposés aux violences conjugales accordent de la valeur à certaines conditions de base, comme l’accessibilité, un lieu sûr et la confiance. Les enfants apprécient en outre l’inclusion, qu’ils peuvent éprouver en recevant de l’information, par la souplesse, les choix et le renforcement de leur pouvoir d’agir. Un autre aspect important pour eux est la reconnaissance : avoir face à eux des professionnels qui sont de bons interlocuteurs, qui les valident, qui les aident à alléger le fardeau de la responsabilité et qui reconnaissent les différentes identités de l’enfant. Enfin, les enfants apprécient aussi le plaisir, qu’ils trouvent en s’amusant et en faisant des activités pendant la rencontre.

Les professionnels qui travaillent avec ces enfants devraient prendre en compte ces éléments, car les intégrer peut aider les enfants à se sentir plus à l’aise et créer une relation positive avec la personne qui les accompagne. Cela pourrait, à son tour, aider les enfants à se sentir plus à l’aise pour révéler ce qu’ils ont vécu, et permettre aux professionnels de leur apporter un soutien adapté à leurs besoins singuliers.

On ne sait pas lequel de ces éléments est le plus important, ni si le fait de les aborder activement dans la pratique fait une réelle différence. D’autres recherches sont donc nécessaires pour mieux comprendre l’effet que ces éléments peuvent avoir sur les enfants et la manière dont les professionnels peuvent s’en servir pour améliorer leur travail.

Complexe Systémique : à retenir

Cette revue a le mérite de partir de ce que disent les enfants plutôt que de ce que mesurent les programmes. Ce qu’ils apprécient relève moins d’une technique que d’un cadre relationnel : un lieu sûr et prévisible, une personne fiable qui tient la confidentialité, une information à leur mesure, le droit de choisir, une validation de ce qu’ils ont vécu, le fait d’être déchargés d’une responsabilité qui n’est pas la leur, d’être vus au-delà du statut de victime, et même des moments d’amusement. Pour la clinique systémique, la leçon rejoint une intuition ancienne : c’est la qualité de la relation qui rend la parole possible, et l’enfant qui se croit responsable de la violence se taira. La prudence reste de mise : peu d’études, souvent britanniques ou suédoises, des tout-petits et des enfants en situation de handicap absents, et aucune hiérarchie entre éléments indispensables et éléments seulement appréciés. À lire avec l’article sur la place de l’enfant dans les services de thérapie familiale après des violences familiales, et avec l’article sur les dyades mère-fille exposées ensemble aux violences domestiques.

Notes de l’original

Remerciements. Cette revue a été financée par le Forskningsrådet om Hälsa, Arbetsliv och Välfärd (FORTE, subvention no 2019-01470). Les résultats et conclusions sont le travail de l’équipe de recherche ; l’organisme financeur n’a pas participé à la recherche.

Liens d’intérêts. L’équipe de recherche déclare n’avoir aucun lien d’intérêts.

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Traduction non officielle en français de Ce que les enfants exposés aux violences conjugales apprécient dans leurs rencontres avec le travail social : une revue systématique orientée vers la pratique, par Martina Vikander et Åsa Källström, Child & Family Social Work, vol. 29, no 1 (2024), doi : 10.1111/cfs.13073, sous licence CC BY 4.0. Traduction et mise en page : Complexe Systémique, septembre 2026 — l’œuvre a été modifiée au sens de la licence (tableaux présentés en listes, légende de la figure traduite). Ni les auteurs ni l’éditeur ne répondent de cette traduction ; la version originale fait foi.

Traduction française non officielle de « What children exposed to domestic violence value when meeting social workers: A practice-oriented systematic research review », publié dans Child & Family Social Work (2024) sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique, elle n’émane ni des auteurs ni de l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ; la version originale fait foi.

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Comment citer cet article

Vikander, M., et Källström, Å. (2024). Ce que les enfants exposés aux violences conjugales apprécient dans leurs rencontres avec le travail social : une revue systématique orientée vers la pratique (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/ce-que-les-enfants-exposes-aux-violences-conjugales-apprecient-dans-leurs-rencontres (Œuvre originale publiée en 2023 dans Child & Family Social Work, 29(1), 287-298 (2024) ; republiée en 2024 par Child & Family Social Work, https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/cfs.13073)

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