BMC Psychology · Migration

Faut-il révéler le trauma à ses enfants en contexte migratoire, et quand ? Une étude pilote en méthodes mixtes

Faut-il dire à son enfant le viol, la guerre ou l’exil qui ont précédé sa naissance ? À Paris, l’équipe d’Elodie Gaëlle Ngameni et de Marie Rose Moro a interrogé quatorze mères migrantes suivies avec leur bébé dans une unité mère-bébé. Se taire, dire ou hésiter : leur position dépend moins du type de trauma que de son intensité encore vive, et d’un entre-deux culturel où la parole n’occupe pas la même place.

Auteurs Elodie Gaëlle Ngameni, Mayssa’ El Husseini, Elisabetta Dozio, Cyrille Kossigan Kokou-Kpolou, Gisèle Apter et Marie Rose Moro (université Sorbonne Paris Nord ; Maison de Solenn, AP-HP, Paris ; université de Picardie Jules Verne, Amiens ; Action contre la faim, Paris ; université Laval, Québec ; groupe hospitalier du Havre et université de Rouen Normandie ; université de Paris, PCPP ; CESP, université Paris-Sud ; Inserm, université Paris-Saclay)Première publication BMC Psychology, 7 juin 2022Traduction Complexe Systémique, traduction non officielle

Traduction française non officielle. Cet article est la traduction de Faut-il révéler le trauma à ses enfants en contexte migratoire, et quand ? Une étude pilote en méthodes mixtes, par Elodie Gaëlle Ngameni, Mayssa’ El Husseini, Elisabetta Dozio, Cyrille Kossigan Kokou-Kpolou, Gisèle Apter et Marie Rose Moro, publié dans BMC Psychology (BioMed Central) (2022), doi : 10.1186/s40359-022-00858-w, sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par le Complexe Systémique en septembre 2026 : le texte original a été traduit en français et remis en page, ce qui constitue une modification de l’œuvre au sens de la licence. Le tableau est présenté sous forme de liste ; les déclarations de fin d’article sont regroupées dans les notes. Cette traduction n’a été effectuée ni par les auteurs ni par l’éditeur, qui ne répondent ni de son contenu ni d’éventuelles erreurs. La version originale fait foi.

Ce n’est pas la libération de la parole qui importe le plus, mais la « libération de l’écoute ».

Elodie Gaëlle Ngameni, Mayssa’ El Husseini, Elisabetta Dozio, Cyrille Kossigan Kokou-Kpolou, Gisèle Apter et Marie Rose Moro

Résumé

Contexte. Révéler à ses enfants les événements traumatiques vécus par les parents est une question centrale de la transmission intergénérationnelle du trauma. On en sait pourtant peu sur cette question dans les populations migrantes. L’objectif principal de cette étude était d’examiner le choix de femmes migrantes en France de révéler ou non leurs expériences traumatiques à leurs enfants.

Méthode. Cette étude pilote a porté sur quatorze dyades mère-enfant dans lesquelles la mère migrante (M = 30 ans ; de 19 à 42 ans) avait été exposée à des événements traumatiques. Un plan séquentiel en méthodes mixtes a été utilisé. En plus de la passation de l’Échelle révisée d’impact de l’événement (IES-R), des données qualitatives ont été recueillies par des entretiens semi-directifs, analysées par des méthodes thématiques et transculturelles. L’enquête s’est déroulée de mai 2019 à juillet 2020.

Résultats. L’étude a fait apparaître trois profils de mères quant au choix de révéler l’histoire traumatique à l’enfant : un groupe de mères a opté pour le silence (n = 4), un autre pour la révélation (n = 7), et le dernier groupe hésitait (n = 3). Les modalités du choix étaient statistiquement associées à la sévérité des symptômes de stress post-traumatique, F(2, 11) = 4,62, p < 0,05. Plus précisément, les femmes qui avaient choisi le silence (M = 72,75, ET = 4,99) et celles qui hésitaient à révéler (M = 71,33, ET = 7,51) rapportaient des scores plus élevés à l’IES-R que celles qui avaient choisi de révéler (M = 59,86, ET = 12,44). Six thèmes principaux se sont dégagés de l’analyse thématique et transculturelle des récits des participantes : (1) la personnalisation de l’expérience traumatique, (2) l’enfant vu comme une arme contre l’effondrement, (3) la peur des réactions personnelles de l’enfant, (4) la révélation partielle possible, (5) le récit du trauma selon l’âge de l’enfant, et (6) le piège de l’entre-deux culturel.

Conclusion. Les résultats suggèrent que le rétablissement de ces mères, grâce à des soins thérapeutiques culturellement adaptés, peut contribuer efficacement au choix de révéler leurs expériences traumatiques à leurs enfants. Ce suivi peut les aider à développer des stratégies de communication ouvertes et saines pour prévenir la transmission des effets traumatiques à leurs enfants.

Mots-clés : révélation, récit du trauma, mère-enfant, transmission, migration

Introduction

Les parents doivent-ils partager avec leurs enfants les événements traumatiques qu’ils ont vécus, ou les taire ? Quand faut-il en parler, et dans quel contexte ? Selon le cadre théorique, la recherche a abouti à des conclusions différentes sur ces questions. Pour une partie des travaux, le silence est vu comme un facteur de protection pour l’enfant. Des études menées respectivement auprès de familles bosniaques et moyen-orientales et d’enfants de familles réfugiées en Suède et au Danemark font état d’un effet négatif de la communication ouverte. Plus précisément, le fait que les parents communiquent leurs expériences traumatiques semblait aggraver les émotions négatives de leurs enfants [1, 2]. D’autres travaux relèvent toutefois que la non-révélation de l’histoire traumatique, ou le silence au sein des familles, est associée à la transmission intergénérationnelle de la souffrance traumatique. Ce phénomène, appelé « conspiration du silence », a été observé dans les familles de personnes rescapées de la Shoah [3, 4]. Les théories psychodynamiques ont aussi montré qu’un parent ayant vécu un trauma majeur, et qui n’en a pas parlé ouvertement à ses enfants, leur transmettrait le trauma sous forme d’émotion déplacée inconsciente [5, 6].

Pour une autre partie de la recherche, une communication ouverte et saine de l’expérience traumatique est nécessaire. Ce partage des expériences traumatiques des parents avec leurs enfants est vu comme un processus qui favorise la reconstruction d’identités traumatiques [3, 4, 7, 8]. L’étude qualitative de l’équipe de Braga auprès de la descendance de personnes rescapées de la Shoah vivant au Brésil montre que l’effet du trauma dépend de la manière dont les personnes rescapées communiquent le message traumatique à leur descendance [3]. Lorsque les modes de communication des personnes rescapées sont imprégnés de secrets, de silences et de non-dits, l’effet sur la descendance se manifeste par une vision terrifiante du monde, des vécus de culpabilité, de victimisation et de soumission. À l’inverse, la communication ouverte des expériences traumatiques des parents à leurs enfants est à l’origine de l’usage de l’humour comme ressource symbolique. Ce modèle de communication ouverte a aussi été observé comme source de création artistique et d’appropriation de modèles parentaux de résilience.

D’autres travaux encore soutiennent que la communication est nécessaire, mais qu’elle doit tenir compte des circonstances, de l’âge et de la manière dont l’expérience traumatique va être exprimée aux enfants [9–12]. L’équipe de Rousseau a proposé la notion de « révélation modulée », dans laquelle la sensibilité parentale aux besoins cognitifs et émotionnels de l’enfant importe davantage que le contenu de ce qui est révélé [12]. Cette équipe souligne l’importance de la temporalité de la révélation et de la manière dont l’histoire est racontée, plutôt que des effets d’une communication ouverte ou silencieuse [9]. En outre, dans une perspective sociale et constructiviste, l’équipe de De Haene montre que la communication est nécessaire, mais qu’elle doit tenir compte des contextes et des cultures des familles [13]. Ses recherches en Belgique et au Danemark auprès de familles migrantes et de leurs enfants âgés d’environ 4 à 9 ans soulignent l’importance d’une communication parentale affective et ouverte sur les éléments traumatiques pour soutenir les capacités de résilience des enfants face au trauma de guerre transmis.

Ces études, qu’elles aient été menées auprès de personnes réfugiées ayant quitté leur pays d’origine en guerre ou auprès de personnes ayant vécu un trauma collectif comme la Shoah, ont interrogé les familles, et surtout les enfants de première, deuxième et troisième générations, sur le type de communication employé par leurs parents [3, 11, 12]. Ces études, et plus particulièrement la revue de la littérature de Dalgaard et Montgomery [9], ont montré que le type de communication utilisé par les parents à propos de leur expérience traumatique avait des conséquences négatives sur le développement psychologique de leurs enfants. Aucune étude en France n’a jusqu’ici examiné la communication des expériences traumatiques de parents en situation de migration à leurs enfants. Notre intérêt s’est porté sur la nature du récit du trauma chez des femmes migrantes en France. La particularité de la présente étude est d’examiner les implications de la révélation, de la mère à l’enfant, de l’histoire traumatique vécue en contexte migratoire. Comment ces mères se projettent-elles dans la révélation de l’événement traumatique à leurs enfants ? À l’aide d’un plan en méthodes mixtes, l’étude cherche à répondre à trois questions principales :

  1. Le choix des mères de révéler ou non à leurs enfants l’histoire du trauma dépend-il du type de trauma vécu ?
  2. Ce choix dépend-il de la sévérité des symptômes de stress post-traumatique ?
  3. Quels facteurs motivant ce choix ressortent des récits des femmes ?

Méthode

Plan méthodologique et éthique

Un plan séquentiel en méthodes mixtes a été adopté, compte tenu du caractère exploratoire de la présente étude [14, 15]. Les participantes devaient remplir l’Échelle révisée d’impact de l’événement (IES-R) [16]. Le score total à l’IES-R permettait de déterminer la sévérité des symptômes post-traumatiques de chaque participante. Des données qualitatives complémentaires, recueillies par des entretiens semi-directifs, ont été analysées pour approfondir la compréhension des données quantitatives. Le protocole de recherche a été validé par le comité d’éthique du laboratoire de recherche (no 12-065) et accepté au sein du groupe hospitalier.

Procédures de recueil des données

L’étude a été menée en France. L’enquête de terrain s’est déroulée de mai 2019 à juillet 2020, sur une période de 15 mois. Le recrutement des participantes a eu lieu dans le service de pédopsychiatrie, au sein de l’unité de soins mère-bébé du groupe hospitalier. Cette unité de consultation médicale et psychologique est une unité pluridisciplinaire de psychopathologie périnatale qui prend en charge des parents et des enfants âgés de 0 à 3 ans. Elle reçoit de nombreuses mères migrantes.

La population de l’étude se compose de dyades mère-enfant dans lesquelles la mère migrante a été exposée à des événements traumatiques, en l’absence du nourrisson, avant ou après sa naissance. L’enfant avait entre 0 et 3 ans. Les mères éligibles ont été informées de l’objectif et de la méthodologie de la recherche. Deux à trois semaines environ avant l’entretien, le protocole de recherche et le formulaire de consentement leur ont été remis en main propre. Elles étaient invitées à participer à l’entretien semi-directif en présence de leur bébé et à remplir l’IES-R. Un score total de 33 suggère la présence d’un trouble de stress post-traumatique [16].

Le déroulement de l’entretien

Avant le début de l’entretien, les mères recevaient des informations orales complémentaires sur le déroulement et le contexte de la recherche. Chaque mère participant à l’entretien a donné un consentement éclairé écrit, qui couvrait aussi l’utilisation des données filmées. Les mères pouvaient refuser de poursuivre l’entretien à tout moment.

L’entretien semi-directif abordait plusieurs aspects de la relation mère-enfant et de l’expérience traumatique de la mère. Chaque entretien durait en moyenne entre 1 h et 1 h 30. Il se déroulait en trois temps : le premier portait sur les représentations que la mère avait de son bébé et de sa relation avec lui. Dans le deuxième, on demandait à la mère de parler de son expérience traumatique : nombre et nature des événements, temporalité, migration, changement de situation, perte des liens familiaux, deuils, etc. Le dernier temps de l’entretien interrogeait la mère sur la présence du père du bébé, le prénom du bébé, les facteurs « protecteurs » pour elle et pour son bébé, etc. La question du récit, par la mère, de l’expérience traumatique à l’enfant était aussi posée en fin d’entretien. La question était : « Que pensez-vous du fait de partager avec votre enfant les expériences traumatiques que vous avez vécues ? » À partir de la réponse à cette question ouverte, d’autres questions leur étaient posées.

Stratégie d’analyse

Des statistiques descriptives ont servi à analyser les données quantitatives (données sociodémographiques et scores à l’IES-R) avec SPSS v. 22.00. Une méthode d’analyse thématique a été utilisée pour analyser le corpus de données qualitatives recueilli. En effet, les thèmes explorés pendant les entretiens n’étaient pas systématiquement définis à l’avance. L’analyse repose sur un processus progressif et itératif en six étapes [17]. D’abord, une fois les entretiens transcrits, chaque transcription a été lue en prêtant une attention particulière aux premières impressions, qui étaient annotées. C’est une étape fondamentale pour se familiariser avec les données [17], mais aussi pour développer une compréhension transculturelle approfondie des récits des participantes à travers les nuances lexicales et sémantiques. Ce dernier aspect est important lorsqu’on travaille avec des échantillons transculturels [18]. La deuxième étape a consisté à générer des codes initiaux. Pour cela, les données ont été traitées avec NVivo 10 pour Windows, l’un des logiciels les plus utilisés pour les données qualitatives [19]. Deux membres de l’équipe (EGN et MEH) ont travaillé de manière inductive et créé des « nœuds » dans NVivo pour refléter les « catégories » de données observées. À la troisième étape, à l’aide de différentes fonctions de NVivo, les codes préliminaires ont été regroupés en thèmes plus larges convergeant vers une signification commune. Aux étapes 4 et 5, les thèmes ont été revus et définis, en les organisant et en les affinant en « catégories » pertinentes, afin d’éviter le chevauchement entre thèmes ainsi que la dispersion et l’hétérogénéité des données. Enfin, à l’étape 6, chaque thème a été analysé et illustré par des citations précises. Toute l’équipe a contribué à cette phase de l’analyse et a prêté une attention détaillée aux schémas transculturels des récits des participantes [18]. Pour garantir l’anonymat, toutes les citations qui auraient pu identifier les dyades ont été masquées, sans altérer les faits.

Résultats

Caractéristiques du groupe étudié

Vingt dyades mère-bébé (n = 20) ont été sollicitées pour participer à l’étude. Six ont refusé : cinq en raison de la barrière de la langue, et une mère n’a pas souhaité préciser la raison de son refus. Au total, l’étude repose sur l’analyse des données de quatorze dyades. Le tableau 1 présente les principales caractéristiques de ces quatorze dyades. Il s’agissait de femmes migrantes venues d’Afrique et d’Albanie. L’âge moyen des participantes était de 29,9 ans ; la plus jeune avait 19 ans, la plus âgée 42. La majorité vivait en France depuis au moins un an. Les participantes avaient vécu divers événements traumatiques : violences conjugales et familiales, excision, viol, guerre, parcours migratoires difficiles. Les enfants avaient de 15 jours à 30 mois. Il y avait sept garçons et sept filles. Sur les 14 mères, 4 avaient choisi de garder le silence sur l’événement traumatique, 7 avaient choisi de le révéler et les 3 autres hésitaient.

Tableau 1 — Profil sociodémographique et caractéristiques du trauma des dyades

Pour chaque dyade : origine ; âge de la mère ; âge du bébé (en mois) et sexe ; nombre d’enfants ; année d’arrivée en France ; types de trauma ; nature du récit.

  • Dyade 1. Sénégal ; 26 ans ; 13 mois, garçon ; 1 enfant ; 2016 ; violences conjugales et familiales ; choix de révéler.
  • Dyade 2. Algérie ; 42 ans ; 21 mois, fille ; 5 enfants ; 2017 ; violences conjugales ; choix de révéler.
  • Dyade 3. Albanie ; 28 ans ; 30 mois, garçon ; 2 enfants ; 2016 ; violences conjugales et familiales, parcours migratoire difficile ; choix du silence.
  • Dyade 4. RDC (république démocratique du Congo) ; 31 ans ; 15 mois, fille ; 1 enfant ; 2018 ; viol, parcours migratoire difficile ; choix de révéler.
  • Dyade 5. Mali-Sénégal ; 31 ans ; 7 mois, fille ; 2 enfants ; 2018 ; excision et violences conjugales ; hésitation sur le choix de révéler.
  • Dyade 6. Côte d’Ivoire ; 33 ans ; 30 mois, garçon ; 4 enfants ; 2016 ; viol, violences conjugales, parcours migratoire difficile ; choix du silence.
  • Dyade 7. Mali ; 29 ans ; 15 jours, fille ; 2 enfants ; 2019 ; violences conjugales, excision, parcours migratoire difficile ; hésitation sur le choix de révéler.
  • Dyade 8. Guinée ; 23 ans ; 8 mois, garçon ; 2 enfants ; 2017 ; violences conjugales, mariage forcé, parcours migratoire difficile ; choix de révéler.
  • Dyade 9. Côte d’Ivoire ; 19 ans ; 13 mois, fille ; 1 enfant ; 2018 ; mariage forcé, parcours migratoire difficile ; choix de révéler.
  • Dyade 10. Côte d’Ivoire ; 29 ans ; 12 mois, garçon ; 1 enfant ; 2018 ; violences conjugales, parcours migratoire difficile ; choix de révéler.
  • Dyade 11. Guinée ; 26 ans ; 12 mois, fille ; 2 enfants ; 2017 ; excision, violences conjugales, parcours migratoire difficile ; choix de révéler.
  • Dyade 12. Côte d’Ivoire ; 34 ans ; 11 mois, garçon ; 3 enfants ; 2016 ; guerre, parcours migratoire difficile ; hésitation sur le choix de révéler.
  • Dyade 13. RDC ; 35 ans ; 29 mois, garçon ; 5 enfants ; 2017 ; guerre, parcours migratoire difficile ; choix du silence.
  • Dyade 14. RDC ; 33 ans ; 20 mois, fille ; 4 enfants ; 2018 ; viol ; choix du silence.

Au vu des caractéristiques du trauma présentées dans le tableau 1, on n’observe pas de relation significative entre les types de trauma et la nature du récit, c’est-à-dire le choix de raconter ou non l’histoire traumatique à l’enfant. En effet, les mères qui ont choisi de garder le silence (dyades 3 et 14) ou qui hésitaient à révéler (dyades 7 et 12) ont vécu le viol, les violences conjugales et un parcours migratoire difficile de la même manière que des mères qui ont choisi de révéler (dyades 4 et 8). Les résultats montrent en revanche que le choix de révéler était statistiquement associé à la sévérité des symptômes post-traumatiques, F(2, 11) = 4,62, p < 0,05. Plus précisément, comme le montre la figure 1, les femmes qui avaient choisi le silence (M = 72,75, ET = 4,99) et celles qui hésitaient à révéler (M = 71,33, ET = 7,51) rapportaient des scores plus élevés à l’IES-R que celles qui avaient choisi de révéler (M = 59,86, ET = 12,44).

Graphique des scores à l’IES-R selon le choix de révéler, de se taire ou d’hésiter
Figure 1. Le choix de révéler selon l’intensité des symptômes de stress post-traumatique. IES-R : Échelle révisée d’impact de l’événement. Les profils correspondent aux catégories de mères selon les modalités du choix de révéler (schéma original en anglais).

Présentation de l’analyse des discours

La personnalisation de l’expérience traumatique

Dans ce thème, les éléments mettent en évidence la personnalisation de l’expérience traumatique, au sens où les mères s’approprient l’histoire traumatique comme une expérience qui relève de leur vie personnelle et ne concerne pas directement leurs enfants. Elles tracent une limite entre leur expérience personnelle et l’histoire des enfants. Une des dyades a dit :

« C’est quelque chose dans ma vie que je ne vais pas partager avec mes enfants. Pour d’autres choses je le dirai, mais par rapport à mon histoire de vie, non, j’ai peur de leurs réactions. Je ne veux pas faire de mal à mes enfants. Je peux leur dire que je n’ai pas eu une vie facile, mais pas dans le détail. Non. » (Dyade 3)

L’enfant vu comme une arme contre l’effondrement

Le discours des mères montre que leur perception de leurs enfants est étroitement liée à la recherche de leur propre équilibre émotionnel. Le projet de révéler un jour à l’enfant l’histoire traumatique de sa conception et de sa naissance est vu comme une expérience qui pourrait rompre cet équilibre émotionnel. L’enfant sert ainsi de béquille, d’appui qui protège contre la résurgence de souvenirs douloureux.

« Quand je me réveille, je me dis : si ce n’était pas mon fils, est-ce que je pourrais traverser tout ça ? Je peux tout perdre, mais mon fils, il faut que je l’aie avec moi. Parfois il dormait et j’avais besoin de quelqu’un à câliner, alors je le prenais, je le câlinais et je le remettais au lit ! J’ai fait ça jusqu’à maintenant. Donc ça m’aide beaucoup. C’est très important, ça nous aide à ne pas penser, à ne pas pleurer, à ne pas déprimer et tout. » (Dyade 1)

« Aujourd’hui je peux dire que c’est grâce à mes enfants que je vais bien. Sinon, je ne sais pas. Je ne sais pas ce qui se passerait, mais quand je pense aux enfants, j’essaie de me lever le matin, je fais ce que j’ai à faire pour eux. » (Dyade 6)

« Je peux dire que si j’existe aujourd’hui, c’est seulement pour elle (en montrant sa fille). Je dois être en vie pour elle. Je ne vis que pour elle. C’est elle qui me donne le goût de vivre, alors si elle n’est pas là, rien n’a de sens. Une mère qui ne vit que pour son enfant. » (Dyade 4)

La peur des réactions personnelles de l’enfant (envers la mère, haine du père)

Les éléments de ce thème mettent en évidence la peur de réactions hostiles de la part des enfants. À supposer que les enfants soient informés de leur histoire, les mères craignent d’être brutalement confrontées à des sentiments de culpabilité et de désarroi liés à leur responsabilité et à leur impuissance face aux faits. Le discours des mères révèle aussi la peur que les enfants dirigent leurs sentiments de haine et d’agressivité contre leur père. Cela ressort explicitement du discours de la dyade 1.

« Ce dont j’ai peur, c’est qu’elle m’en veuille, qu’elle pense que je les ai fait souffrir. J’ai peur qu’elle s’en prenne à moi et qu’elle dise que tout ce qu’elle a vécu, c’est à cause de moi. » (Dyade 6)

« J’ai peur de lui en parler et qu’ensuite il en veuille à son père. Après tout, il a besoin de son père. Mais peut-être qu’il voudra savoir pourquoi son père et moi avons divorcé. » (Dyade 1)

Une transmission partielle possible

Il ressort clairement des propos de certaines mères qu’elles n’envisagent pas de raconter à leurs enfants l’ensemble de leur expérience traumatique. La part de l’histoire qui peut être transmise est celle que la mère juge acceptable, moins douloureuse, et qui peut sembler supportable pour les enfants.

« Je peux leur dire que je n’ai pas eu une vie facile, mais pas dans le détail. Je peux leur dire que je n’ai pas eu une vie facile, mais pas dans le détail, pour d’autres choses d’accord, mais pas sur moi, j’ai peur de leurs réactions. » (Dyade 3)

Le récit du trauma selon l’âge de l’enfant

À travers ce thème, les récits montrent que l’une des craintes des mères porte essentiellement sur l’âge auquel l’histoire devrait être révélée à l’enfant. Certaines mères pensent que l’histoire est insupportable pour les enfants, en raison de leur immaturité psychologique. D’autres hésitent. L’hésitation tient ici à l’immaturité de l’enfant.

« Non, je ne dirai pas. Non. Parce que les difficultés que j’ai vues, je ne veux pas les raconter aux enfants, parce que c’est très difficile. C’est très difficile de leur dire à cet âge-là que tu as dormi dehors plusieurs nuits, que tu as été sans abri. Comment tu leur dis ça ? Non, non, ce n’est pas bien. » (Dyade 13)

« Je ne sais pas. Je ne sais pas si je vais leur dire tout ça. Pour le moment, non, ils sont petits. » (Dyade 7)

La notion de maturité varie d’ailleurs selon le discours des mères. Pour certaines, elle reste floue, sans délimitation dans le temps. Pour d’autres, l’âge de la maturité est fixé à partir de 15 ans. Le discours de ces mères révèle un choix de révélation planifié.

« Oui, oui. Un jour, je lui dirai, surtout à Bb I, comment il est arrivé ici, tout ce qu’on a traversé avec lui. J’expliquerai tout, oui. Le jour où ils seront grands, oui, je le ferai. » (Dyade 8)

« Oui, plus tard je lui dirai. Quand elle sera capable, à 15 ou 16 ans, quand elle voudra entrer au lycée ou après le lycée, mais au moins je la préparerai. » (Dyade 4)

Le piège de l’entre-deux culturel : « Le viol, ça ne se raconte pas chez nous »

À travers ce thème, il apparaît que les mères sont ambivalentes quant au fait de raconter à leurs enfants l’histoire de leur conception ou de leur naissance, et que cette ambivalence se manifeste sur fond de conflit culturel. Pour certaines mères, cette histoire ne se raconte pas dans les groupes culturels de leur pays d’origine. Mais selon elles, l’assimilation des normes et des codes du pays d’accueil, ainsi que l’éveil intellectuel et la curiosité des enfants, les obligent à révéler cette histoire aux enfants.

« Ici en France, on dit qu’il faut dire les choses aux enfants, qu’il faut dire la vérité. Mais lui cacher des choses pour le moment, c’est la protéger. Pour moi, c’est seulement pour la protéger. » (Dyade 6)

« Je ne pense pas. Ce n’est pas facile de parler de ce genre de choses avec les enfants. » (Dyade 14)

Discussion

À partir des recherches antérieures, et en constatant un manque de connaissances sur la révélation du trauma en contexte migratoire, en France particulièrement, l’objectif principal de cette étude était d’examiner le choix, pour la mère, de révéler ou non à l’enfant l’histoire traumatique vécue en contexte migratoire. Par une approche séquentielle en méthodes mixtes, l’étude a cherché à explorer la manière dont ces mères se projetaient quant à la révélation des événements traumatiques à leurs enfants. Les enfants étant très jeunes au moment de l’étude (entre 15 jours et 30 mois), les propos des mères sur la révélation du trauma renvoient sans doute à un comportement futur et non à un comportement actuel, même si cela n’était pas demandé explicitement. Les résultats indiquent que le choix des mères de raconter ou non à leurs enfants l’histoire du trauma ne dépendait pas du type de trauma vécu. Ils suggèrent en revanche que ce choix était influencé par l’intensité des symptômes post-traumatiques (figure 1). Chez les femmes qui n’envisageaient pas de raconter l’histoire du trauma à leurs enfants et chez celles qui hésitaient, plusieurs éléments motivaient cette résistance. Leurs récits montrent qu’elles personnalisaient leur expérience traumatique et traçaient une limite entre cette expérience personnelle et l’histoire des enfants. Chez celles qui paraissaient très vulnérables, l’enfant était vu comme une béquille qui les protégeait de l’effondrement émotionnel. Dans ce cas, révéler l’histoire conduirait à une perte de maîtrise de soi. Certaines mères évoquaient la possibilité d’une transmission partielle. D’autres doutaient en raison de l’âge de l’enfant, qui ne pourrait pas supporter le poids traumatique de la révélation de cette histoire. Un troisième groupe de mères prenait en compte les facteurs socioculturels avant de décider de révéler ou non l’histoire. Il est apparu toutefois que l’environnement socio-éducatif du pays d’accueil les contraint à une « forme » de transparence psychologique qui contraste avec les pratiques éducatives du pays d’origine.

Le choix des mères de raconter ou non l’histoire du trauma vécu ne dépendait pas du type de trauma. Les résultats de l’étude montrent en effet que des mères ayant vécu le même type de trauma avaient des positions différentes sur le choix de révéler. Par exemple, parmi les mères des dyades 4 et 6, toutes deux victimes de viol, l’une avait l’intention de révéler, l’autre a opté pour le silence. Ce résultat suggère que d’autres facteurs peuvent intervenir dans le choix de révéler, parmi lesquels la personnalité de la personne et les modes de communication parent-enfant. Les résultats de l’étude de l’équipe de Braga sont éclairants à cet égard [3]. Dans cette étude, bien que les parents aient vécu le même trauma, la Shoah, les familles avaient opté pour des manières différentes de communiquer ce trauma aux enfants. Une partie avait choisi un style de communication ouvert, affectueux et quotidien, une autre les secrets, le silence et les non-dits. L’étude apporte une contribution nouvelle en montrant que le niveau d’élaboration et d’intégration psychique de l’histoire traumatique influençait aussi le choix de révéler. Les mères aux symptômes post-traumatiques plus sévères étaient réticentes ou hésitantes à partager leur expérience traumatique avec leur enfant. Les mères qui tenaient cette position présentaient une altération négative de la thymie et de la cognition, marquée par une humeur triste et des sentiments de culpabilité et de honte. Pour ces mères, « raconter » n’était pas toujours la stratégie la plus adaptée pour protéger leurs enfants de la transmission traumatique [20]. Elles se sentaient responsables des événements qu’elles avaient vécus, comme le viol, ou de l’environnement « insécure » qu’elles auraient offert (par exemple absence de logement fixe, nuits passées dehors sans nourriture). Les éléments de l’entretien montraient qu’elles étaient dans un état d’évitement à l’égard du récit de ces événements. On observe chez ces mères une sorte de négociation psychique sur le statut de l’histoire : la taire par peur de la réaction de l’enfant à cette histoire.

La temporalité de la révélation de l’expérience traumatique à l’enfant est une notion qui ressort des résultats. Certaines mères évoquaient clairement la peur de révéler leur expérience douloureuse à leurs jeunes enfants. Elles investissaient leur enfant de qualités presque identiques à celles de l’objet transitionnel de Winnicott [21] : l’enfant rassure la mère par sa présence, il contient et il protège. Et risquer de révéler l’histoire traumatique, c’est paraître faible et abîmée aux yeux de quelqu’un qui vous perçoit comme forte et invincible dans les premières années. Elles pensaient que cette histoire était insupportable pour des enfants, en raison de leur niveau de maturité psychologique et émotionnelle. Cela renvoie à la notion d’« approche de révélation modulée », qui consiste à raconter l’histoire traumatique à l’enfant en suivant le rythme de son développement psycho-émotionnel [12]. Pour ces mères, le récit de l’histoire du trauma à leurs enfants doit tenir compte de la capacité personnelle de ces derniers à intégrer l’histoire. Une autre catégorie de mères se projetait en outre dans une démarche de révélation partielle, donc incomplète. Cette démarche suppose une attitude de protection envers les enfants, et peut-être envers soi-même, contre les aspects non intégrés du récit traumatique. Cela paraît correspondre aux résultats de l’étude de l’équipe de Faúndez, où, dans la plupart des cas, des parents et grands-parents victimes d’emprisonnement politique et de torture sous la dictature militaire chilienne taisaient à leurs enfants et petits-enfants les aspects douloureux de cette expérience au moment de raconter l’histoire [22]. Les souvenirs et les émotions liés à ces événements n’étaient pas intégrés, soit faute d’avoir été suffisamment élaborés, soit par crainte que leur expression ne fasse du mal aux enfants et petits-enfants.

Pour d’autres mères encore, des facteurs culturels contrastent avec l’injonction implicite de l’environnement socio-éducatif du pays d’accueil à « dire ». En effet, dans de nombreuses sociétés communautaires, une femme enceinte qui accouche vit un moment de renouveau, de renaissance. Elle a besoin de quelque chose de nouveau, d’autant plus si elle rompt les liens avec son ancien mari. En Afrique de l’Ouest et centrale, par exemple, la fonction biologique n’est pas la plus importante. De nombreux hommes et femmes peuvent jouer un rôle affectif et éducatif auprès de l’enfant par la parenté sociale [23]. Dans ces sociétés, la révélation de l’histoire traumatique à l’enfant n’est pas toujours assurée par la mère ; elle l’est surtout par les tantes, les oncles ou les grands-parents [24]. Cette chaîne de transmission limite le poids traumatique associé à la révélation. Le contexte migratoire n’offre pas cet environnement du pays d’origine. La mère se retrouve désorientée entre ses références culturelles intériorisées et l’injonction à dire. Le silence devient alors une option malgré elle, vécue avec un sentiment de culpabilité.

Conclusions et implications

L’étude a fait apparaître trois profils de mères quant au choix de révéler l’histoire traumatique à l’enfant : un groupe de mères a opté pour le silence, un autre pour une révélation modulée ou partielle, et le dernier groupe hésitait. Le choix de révéler l’histoire est apparu conditionné par l’intensité des symptômes de stress post-traumatique. Lorsque ces mères sont encore sous le choc du poids des événements vécus, toute perspective d’élaborer le récit du trauma et de le révéler semble difficile. On peut dire à cet égard que ce n’est pas la libération de la parole qui importe le plus, mais la « libération de l’écoute » : pour que la parole soit entendue, il faut une oreille pour la recevoir. Le récit de l’histoire traumatique, pour les mères de cette étude, peut être facilité par une relation thérapeutique attentive et soutenante avec les équipes cliniques qui reçoivent leur histoire. Les résultats suggèrent que si ces mères se rétablissent de leur trauma grâce à des soins thérapeutiques culturellement adaptés, cela peut contribuer efficacement au choix de révéler et au développement de stratégies de communication ouvertes et saines pour prévenir la transmission de leur récit traumatique aux enfants. Il serait souhaitable que de futures études examinent, avec des mères migrantes, l’effet psychopathologique des modalités du choix de révéler sur le fonctionnement de la dyade mère-enfant, ainsi que les stratégies de communication liées à ces modalités. Ces modalités de révélation peuvent aussi évoluer avec l’âge des enfants. Il faut en effet préciser que les propos des participantes concernent bien davantage leurs intentions au moment de l’étude. Ces propos peuvent changer selon l’âge de l’enfant et dans bien des conditions que cette étude, menée en un seul temps, ne saisit pas. De futures études pourraient aussi prendre ce facteur en compte pour mieux apprécier la nature des récits de ces femmes. Enfin, les résultats montrent qu’une seule approche théorique ne suffit pas à comprendre les motivations qui sous-tendent le choix de raconter ou non aux enfants l’histoire traumatique des mères. Une approche interdisciplinaire, plurielle et transculturelle serait plus adaptée pour examiner la complexité de la transmission intergénérationnelle du trauma, en particulier en contexte migratoire.

Complexe Systémique : à retenir

Petite étude pilote, mais question clinique centrale : que faire de l’histoire traumatique quand l’enfant en est parfois issu ? L’intérêt est de déplacer le débat entre silence protecteur et parole libératrice : ce n’est pas le type d’événement qui décide, c’est le degré d’élaboration du trauma chez la mère. Celles qui souffrent le plus se taisent ou hésitent ; l’enfant y tient lieu de béquille, presque d’objet transitionnel, qu’on craint d’abîmer. Le regard transculturel ajoute une dimension systémique précieuse : dans bien des sociétés d’Afrique de l’Ouest et centrale, le récit passe par les tantes, les oncles, les grands-parents ; l’exil coupe cette chaîne et laisse la mère seule face à l’injonction française de « tout dire ». D’où la formule de l’équipe : la « libération de l’écoute » compte plus que celle de la parole, et le travail clinique porte d’abord sur le trauma de la mère, avant le récit fait à l’enfant. Limites : quatorze dyades, des bébés de moins de trois ans, donc des intentions plutôt que des pratiques, et aucun suivi dans le temps. À lire avec la revue exploratoire sur le trauma intergénérationnel dans les familles réfugiées, et avec l’article sur la place des enfants dans une atmosphère de secret.

Notes de l’original

Note de l’éditeur. Springer Nature reste neutre quant aux revendications territoriales figurant dans les cartes publiées et les affiliations institutionnelles.

Remerciements. L’équipe remercie toutes les participantes à cette recherche.

Contributions. Toute l’équipe a relu le manuscrit, en a lu et approuvé la version finale.

Financement. Cette recherche n’a pas été financée.

Approbation éthique et consentement à participer. Toutes les méthodes ont été mises en œuvre conformément aux lignes directrices et réglementations applicables. Le Comité d’évaluation de l’éthique des projets de recherche biomédicale (CEERB) Paris Nord (comité d’éthique institutionnel des hôpitaux Paris Nord, université Paris 7, AP-HP) a examiné et approuvé le projet de recherche, sous le numéro d’enregistrement 12-065. Toutes les participantes étaient majeures et ont donné leur consentement éclairé écrit.

Consentement à la publication. Un consentement éclairé écrit à la publication a été obtenu de toutes les participantes.

Liens d’intérêts. L’équipe déclare n’avoir aucun lien d’intérêts.

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Traduction non officielle en français de Faut-il révéler le trauma à ses enfants en contexte migratoire, et quand ? Une étude pilote en méthodes mixtes, par Elodie Gaëlle Ngameni, Mayssa’ El Husseini, Elisabetta Dozio, Cyrille Kossigan Kokou-Kpolou, Gisèle Apter et Marie Rose Moro, BMC Psychology, vol. 10, article 144 (2022), doi : 10.1186/s40359-022-00858-w, sous licence CC BY 4.0. Traduction et mise en page : Complexe Systémique, septembre 2026 — l’œuvre a été modifiée au sens de la licence (tableau présenté en liste). Ni les auteurs ni l’éditeur ne répondent de cette traduction ; la version originale fait foi.

Traduction française non officielle de « Whether and when disclosing the trauma to one’s children in a migratory context? A pilot mixed methods investigation », publié dans BMC Psychology (2022) sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique, elle n’émane ni des auteurs ni de l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ; la version originale fait foi.

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Comment citer cet article

Ngameni, E. G., El Husseini, M., Dozio, E., Kokou-Kpolou, C. K., Apter, G., et Moro, M. R. (2022). Faut-il révéler le trauma à ses enfants en contexte migratoire, et quand ? Une étude pilote en méthodes mixtes (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/faut-il-reveler-le-trauma-a-ses-enfants-en-contexte-migratoire-et-quand-une-etude-pilote (Œuvre originale publiée en 2022 dans BMC Psychology, 10, 144 (2022) ; republiée en 2022 par BMC Psychology, https://bmcpsychology.biomedcentral.com/articles/10.1186/s40359-022-00858-w)

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