Family Process · Thérapie familiale
Trente couples interreligieux heureux, mariés depuis près de vingt ans en moyenne, racontent comment ils traversent leurs différences de foi. Justin J. Hendricks (université d’État de Pennsylvanie), David C. Dollahite, Loren D. Marks, Sam A. Hardy (université Brigham Young) et Chelsea Johnson en tirent cinq processus, réunis sous l’acronyme AFFIRM, et comparent les couples interreligieux d’emblée à ceux que le changement de foi d’un partenaire a rendus interreligieux.
Traduction française non officielle. Cet article est la traduction de Le modèle AFFIRM pour traverser les difficultés des mariages interreligieux, d’emblée ou par divergence, par Justin J. Hendricks, David C. Dollahite, Loren D. Marks, Sam A. Hardy et Chelsea Johnson, publié dans Family Process (Wiley) (2026), doi : 10.1111/famp.70196, sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par le Complexe Systémique en septembre 2026 : le texte original a été traduit en français et remis en page, ce qui constitue une modification de l’œuvre au sens de la licence. Le tableau est présenté sous forme de liste. Cette traduction n’a été effectuée ni par les auteurs ni par l’éditeur, qui ne répondent ni de son contenu ni d’éventuelles erreurs. La version originale fait foi.
J’ai l’impression que beaucoup de gens confondent vraiment unité et uniformité.
Ingrid, participante à l’étude
Résumé
Cette étude visait d’abord à identifier les processus qui ont aidé des mariages interreligieux heureux et stables à traverser leurs différences religieuses. Pour situer ces processus adaptatifs, nous avons ensuite exploré les difficultés interreligieuses vécues par ces couples. Un dernier objectif exploratoire comparait ces difficultés et ces processus entre les couples interreligieux « d’emblée », qui l’étaient dès le départ et le sont restés, et les couples interreligieux « par divergence », un sous-groupe peu étudié qui partageait au départ une même religion avant de devenir interreligieux à la suite de changements religieux. Des entretiens approfondis ont été menés avec 30 couples interreligieux (N = 60), recrutés par échantillonnage raisonné, qui se disaient heureux en mariage depuis en moyenne 18,7 ans. Six thèmes centraux ont été dégagés par une analyse thématique systématique en équipe avec NVivo. Beaucoup de couples ont rapporté plusieurs difficultés importantes dues à leurs différences religieuses, objet du premier thème. Nous avons organisé les cinq thèmes portant sur la manière dont les couples traversaient ces différences en un modèle, AFFIRM. Les processus adaptatifs identifiés chez ces couples étaient les suivants : (a) s’aider et se soutenir dans leurs pratiques et leurs croyances (Assisted), (b) se concentrer sur les croyances communes (Focused), (c) cultiver l’intimité et la compréhension religieuses (Fostered religious Intimacy), (d) respecter les choix religieux de l’autre (Respected) et (e) faire du mariage leur première et plus haute priorité (Marriage). Les thèmes sont discutés pour les couples interreligieux d’emblée (n = 25) et par divergence (n = 5). Les couples interreligieux pourraient bénéficier d’une introduction progressive des stratégies AFFIRM en thérapie. Il faudrait reproduire ces résultats qualitatifs auprès d’autres couples interreligieux pour affiner l’utilité du modèle.
Mots-clés : interreligieux par divergence, interreligieux, qualitatif, religion et famille, hétérogénéité religieuse
Les mariages interreligieux ont nettement augmenté : aux États-Unis, les couples mariés depuis 2010 ont deux fois plus de chances de s’être mariés entre confessions différentes que ceux des années 1950 et 1960 (Cox 2022 ; Pew Research Center 2015). Le mariage interreligieux, qu’on appelle aussi mariage mixte, interconfessionnel ou hétérogamie confessionnelle, désigne des différences d’appartenance religieuse entre conjoints, même si ces couples ont souvent aussi des différences de croyances ou de pratiques (Stanford et al. 2025). Parmi les couples mariés depuis 2010, 32 à 39 % sont interreligieux, répartis presque également entre (a) des mariages entre une personne religieuse et une personne sans religion et (b) des mariages entre conjoints de deux traditions religieuses différentes (Cox 2022 ; Pew Research Center 2015). Les mariages entre croyant et non-croyant sont passés de 5 % avant 1960 à 15-18 % depuis 2010, sous l’effet de la montée des personnes sans affiliation religieuse.
Même si le mariage interreligieux peut avoir des avantages, comme une plus grande acceptation et une plus grande tolérance (Colaner et al. 2023 ; Shoaf et al. 2022), les études trouvent régulièrement chez ces couples des taux de divorce plus élevés et une qualité conjugale plus faible (Hwang et al. 2019 ; Riley 2013). Leurs difficultés incluent des facteurs contextuels, comme le manque de soutien de la communauté et de la famille, et des facteurs conjugaux et parentaux, comme la difficulté à concilier des croyances et des pratiques différentes (Reiter et Gee 2008) et les désaccords sur l’éducation religieuse des enfants (Riley 2013 ; Walsh 2010). Alors que ces couples forment une population croissante et que beaucoup rencontrent des difficultés, peu de recherches ont exploré les stratégies qu’ils décrivent pour traverser leurs différences religieuses et construire un mariage épanouissant et durable. En outre, en cette période de polarisation religieuse et politique, comprendre comment des couples aux différences religieuses importantes font fonctionner leur mariage peut avoir des implications transposables à la société dans son ensemble.
La présente étude a donc exploré qualitativement comment des couples interreligieux qui se disaient heureux et stables ont traversé leurs différences religieuses. Pour situer ces processus adaptatifs, nous avons ensuite exploré les difficultés liées aux différences religieuses qu’ils ont connues. Dans le prolongement, un objectif exploratoire compare ces processus entre les couples interreligieux d’emblée et les couples interreligieux par divergence. Cheney et Priest (2025) ont appliqué la théorie des systèmes familiaux pour montrer comment la divergence religieuse peut déstabiliser le « triangle » conjugal, jusque-là ancré dans des croyances partagées, et oblige les couples à reconstruire de nouvelles fondations sous peine de désagrégation relationnelle. Ils suggèrent que les couples par divergence peuvent faire face à des difficultés et à des tâches d’adaptation différentes de celles des couples interreligieux d’emblée, puisqu’ils doivent renégocier non seulement des différences religieuses, mais aussi la perte de fondations autrefois partagées. La présente étude examine donc les difficultés conjugales et les processus qui favorisent la stabilité et l’épanouissement dans les deux types de mariage.
Les mariages interreligieux présentent des dynamiques relationnelles et des difficultés propres (Hwang et al. 2021). Ces difficultés ne définissent toutefois pas à elles seules ces relations, et ne diminuent pas les forces que ces couples peuvent développer à travers leurs expériences (Colaner et al. 2023 ; Shoaf et al. 2022). Comprendre ces difficultés et leurs causes est essentiel pour soutenir ces couples et repérer les lacunes de la recherche.
Conformément au cadre de l’homogamie, les différences religieuses sont régulièrement associées à davantage de difficultés conjugales tout au long de la vie (Hwang et al. 2021 ; Schafer et Kwon 2019 ; Schramm et al. 2012). Des couples interreligieux envisageant de se marier ont rapporté des difficultés à décider de la place de la foi dans leur mariage et un sentiment d’exclusion de leurs communautés de foi (Riley 2013). Les différences confessionnelles sont associées à un moindre ajustement conjugal chez les jeunes mariés en premier mariage, mais, fait intéressant, pas dans les remariages (Schramm et al. 2012). Hwang et al. (2021) ont constaté que les couples interreligieux partaient d’une satisfaction conjugale plus faible que les couples de même foi, et que cet écart persistait sur les 17 ans de l’étude. En outre, les couples âgés d’appartenances religieuses différentes rapportent un bonheur relationnel plus faible, ce qui souligne la durabilité de ces difficultés (Schafer et Kwon 2019).
Les mariages interreligieux se terminent plus souvent par un divorce que les mariages de même foi (Hwang et al. 2019 ; Riley 2013). Certaines combinaisons, comme les mariages entre catholiques et protestants des Églises historiques, présentent toutefois un risque de divorce plus faible (Riley 2013). Le risque est plus élevé quand au moins un des partenaires, surtout l’épouse, appartient à une religion exclusiviste, qui revendique souvent la possession exclusive de la vérité religieuse, maintient fortement ses frontières et privilégie le mariage au sein de la foi (par exemple fondamentalistes, évangéliques, saints des derniers jours ; Lehrer et Chiswick 1993 ; Vaaler et al. 2009). Par ailleurs, les mariages dont au moins un partenaire est religieux, même interreligieux, rapportent une satisfaction plus élevée et moins de ruptures que les mariages où aucun partenaire n’est religieux (Boulis et Torgler 2024 ; Lee et Lee 2023). L’étude de Lehrer (2009) comparant les taux de divorce à cinq ans montrait que c’est chez les saints des derniers jours, ou mormons1, que l’écart entre couples de même foi et couples interreligieux était le plus grand : 13 % de divorces chez les couples de même foi, contre 40 % chez les couples interreligieux (saint des derniers jours avec une autre foi). Explorer des combinaisons interreligieuses heureuses et stables parmi les plus exposées au divorce (par exemple saint des derniers jours avec une autre foi) peut donc être particulièrement éclairant pour comprendre les processus adaptatifs.
Les couples interreligieux rapportent davantage de conflits religieux, qu’ils attribuent à des différences de croyances et de pratiques (Reiter et Gee 2008), et les différences d’appartenance sont plus souvent liées à de moins bons résultats conjugaux quand elles s’ajoutent à d’autres différences religieuses (Riley 2013). Les différences religieuses sont aussi associées à davantage de conflits sur les finances et les tâches domestiques (Curtis et Ellison 2002). Aux États-Unis, les couples interreligieux connaissent plus souvent des désaccords religieux que les couples de même foi : 32 % des couples croyant/non-croyant et 28 % des couples interreligieux disent en avoir au moins de temps en temps, contre 19 % des couples de même foi (Pew Research Center 2016).
L’une des difficultés les plus importantes pour les parents interreligieux est de décider comment élever leurs enfants sur le plan religieux. Riley (2013) y voit « probablement le plus haut obstacle auquel font face les parents interreligieux » (p. 80) ; seuls 38 % environ des parents interreligieux ont des enfants adultes qui s’identifient à leur propre foi (Bengtson et al. 2013 ; Pew Research Center 2016). En somme, les travaux antérieurs éclairent les problèmes que peuvent rencontrer les couples interreligieux, leurs raisons, et le besoin d’aide.
Si les difficultés ont surtout été étudiées chez les couples interreligieux dans leur ensemble, un sous-groupe a reçu peu d’attention empirique : les couples interreligieux par divergence. La recherche qualitative indique qu’ils peinent à concilier loyautés religieuses et loyautés relationnelles (Coffee et al. 2021). Zaloudek (2005) a constaté qu’après la divergence, les couples de son échantillon (n = 4) ont connu des conflits, la perte d’intérêts communs et envisagé la séparation, avant de rapporter finalement des effets positifs du changement religieux ou spirituel. Des recherches ont exploré la manière dont les deux types de couples traversent leurs différences religieuses, comme on le verra maintenant.
Malgré les difficultés que présentent parfois les mariages interreligieux, relativement peu d’études ont exploré systématiquement la manière dont ils traversent leurs différences religieuses. Certaines recherches ont toutefois identifié des caractéristiques et des processus qui favorisent la qualité et la stabilité conjugales. Colaner et al. (2023) ont mené une revue systématique de la littérature de 2000 à 2022 sur les stratégies de communication efficaces des familles interreligieuses et multiethniques face aux différences entre leurs membres. La revue dégage quatre processus clés pour les familles interreligieuses : (a) le conflit constructif, (b) la communication ouverte, (c) la communication accommodante et (d) le pluralisme religieux. Il importe toutefois de noter que cette revue ne portait pas seulement sur les différences religieuses conjugales et s’appuyait largement sur des recherches concernant les différences religieuses entre parents et enfants.
Selon Parsons et al. (2007), les personnes en mariage interreligieux qui gardaient un fort sentiment d’identité et équilibraient bien individualité et vie commune (c’est-à-dire la différenciation) étaient plus satisfaites de leur mariage. Soutenir les croyances et les pratiques religieuses ou spirituelles du conjoint a été associé à moins de détresse relationnelle (Reiter et Gee 2008). Hughes et Dickson (2005) ont constaté qu’une communication constructive lors des désaccords religieux, marquée par la discussion mutuelle, l’expression émotionnelle et une véritable résolution de problèmes plutôt que l’évitement ou le retrait, était le meilleur prédicteur de la satisfaction conjugale. Hughes (2004) a aussi observé que les partenaires à l’orientation religieuse intrinsèque recouraient plus souvent à une communication constructive. Enfin, une plus grande disposition des femmes, mais pas des hommes, à tolérer les différences religieuses avec leur conjoint protégeait davantage le mariage (Hwang et al. 2019).
Encore moins d’études ont examiné les processus conjugaux adaptatifs chez les couples par divergence, à cinq exceptions notables, toutes sur de petits échantillons qualitatifs. Coffee et al. (2021) et Story Chavez et al. (2026) ont rapporté que ces couples allaient mieux quand ils considéraient leur relation comme aussi importante, voire plus importante, que la religion. Zaloudek (2005) a identifié l’accommodation et l’acceptation de la différence comme des facteurs d’amélioration après les difficultés initiales. De même, Knight et al. (2019) ont observé qu’une acceptation profonde des changements et la formation d’une nouvelle identité familiale aidaient familles et couples à s’adapter. Story Chavez et al. (2026) ont aussi souligné l’importance de la différenciation et du respect, et Zimmerman et al. (2015) celle de la souplesse. Chacune de ces études a toutefois une portée limitée, et deux incluaient des relations non conjugales (par exemple parent-enfant ; Knight et al. 2019 ; Zimmerman et al. 2015).
Vu le peu de recherches, il faut davantage de travaux pour comprendre les processus conjugaux positifs dans les mariages par divergence et, plus largement, chez les couples interreligieux. Ce champ naissant appelle des études exploratoires, auxquelles les méthodes qualitatives se prêtent particulièrement pour identifier des processus relationnels adaptatifs. En outre, le modèle des dualités religieuses souligne la capacité de la religion à la fois à créer et à résoudre des difficultés relationnelles (Dollahite et al. 2018). Si la recherche présente souvent la religion comme un facteur de division dans les relations interreligieuses, ce modèle suggère qu’elle peut aussi aider à résoudre les difficultés de ces mariages, une possibilité qui mérite d’être étudiée. Nous avons donc exploré qualitativement les processus adaptatifs et les difficultés liés aux différences religieuses chez les couples interreligieux d’emblée et par divergence.
Nous avons recruté par échantillonnage raisonné 30 couples interreligieux (N = 60), en nous concentrant sur des mariages heureux et stables pour permettre une exploration approfondie des processus relationnels adaptatifs (Daly 2007 ; Dollahite et al. 2023 ; Marks 2015). Les critères de recrutement étaient que les couples se disent (a) dans un mariage interreligieux heureux et stable, (b) aient élevé ou élèvent au moins un enfant ensemble et (c) qu’au moins un des partenaires soit très religieux. Plus de 80 % des couples ont été recrutés en contactant des groupes, des responsables et des organisations religieux ou interreligieux dans tous les États-Unis, surtout via Facebook ou par courriel (voir les informations complémentaires pour une liste de 143 contacts). Les messages présentaient l’étude et les critères de participation, et demandaient de relayer l’information auprès de personnes susceptibles de nous contacter. D’autres participants, notamment issus de groupes minoritaires (par exemple noirs, hispaniques, juifs), ont été recrutés par échantillonnage raisonné et de commodité complémentaire, y compris sur recommandation de membres de l’équipe de recherche, via une étude antérieure et des panels Qualtrics. L’étude a été approuvée au préalable par le comité d’éthique de l’université Brigham Young (no F17231).
Les participants étaient mariés depuis en moyenne environ 18,7 ans, avaient de 31 à 75 ans (maris : M = 49,5, ET = 13,1 ; épouses : M = 47,5, ET = 14,1) et avaient en moyenne trois enfants par couple. Les couples interrogés venaient de 14 États et de Washington, et représentaient sept des huit régions socioreligieuses des États-Unis (Silk et Walsh 2008), seule la Nouvelle-Angleterre n’étant pas représentée. L’échantillon comptait 63,3 % de personnes blanches et 25 % de minorités raciales et ethniques (8,3 % d’origine asiatique, 6,7 % noires ou afro-américaines, 6,7 % hispaniques ou latino-américaines et 3,3 % originaires du Moyen-Orient ou d’Afrique du Nord), les données manquant pour sept participants (11,7 %). En outre, sept couples étaient interculturels ou interraciaux. Le niveau d’études allait du diplôme de fin d’études secondaires au doctorat, la médiane étant un diplôme universitaire en quatre ans.
Les contacts de recrutement ont été choisis pour favoriser la diversité géographique et religieuse et surreprésenter des minorités religieuses clés (par exemple judaïsme, islam). La recherche qualitative privilégie un échantillonnage raisonné ou transférable plutôt que la représentativité : même si les grands groupes religieux sont sous-représentés par rapport à leur poids dans la population, l’échantillon comprenait des proportions significatives de protestants (15,0 %, dont des protestants noirs2, des protestants des Églises historiques et des évangéliques), de catholiques (18,3 %) et de personnes sans affiliation religieuse (18,3 %, athées, agnostiques et « rien de particulier »). Les traditions minoritaires aux États-Unis étaient surreprésentées, notamment les saints des derniers jours (25,0 %), le judaïsme (11,7 %) et l’islam (6,7 %), avec de plus petits groupes comme le bouddhisme (1,7 %), l’orthodoxie russe (1,7 %) et des identités religieuses mixtes (1,7 %). La nette surreprésentation des saints des derniers jours n’était pas voulue : les groupes affiliés à cette Église ne représentaient que sept des 143 contacts de recrutement (contre 20 contacts liés au judaïsme). Elle tient sans doute au lien de certains chercheurs avec l’université Brigham Young, université religieuse soutenue par l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, qui a pu accroître la disposition de ses membres à participer. Bien que non voulue, cette surreprésentation éclaire utilement nos questions, puisque les familles de cette Église accordent une grande valeur au mariage au sein de la foi et présentent certains des plus grands écarts de stabilité relationnelle entre unions de même foi et unions interreligieuses (Lehrer et Chiswick 1993 ; Riley 2013).
Cinq couples étaient interreligieux par divergence : au moment du mariage, les deux partenaires étaient engagés dans une même foi, jusqu’à ce que l’un la quitte ou en change (quatre ont quitté toute religion, un a changé de religion). La divergence était survenue en moyenne huit ans avant l’entretien (de 3,5 à 12 ans) ; tous ces couples disaient que les différences religieuses avaient été plus difficiles juste après le changement, mais que la relation s’était adaptée avec le temps pour devenir heureuse et stable. Les 25 autres couples avaient été interreligieux tout au long de leur mariage. Enfin, le temps consacré aux activités religieuses allait de 0 à 8 heures par semaine (médiane : 2 heures), et les dons aux organisations religieuses de zéro à 10 % du revenu (médiane : 2 %).
Après l’approbation du comité d’éthique de l’université, tous les couples ont donné leur consentement éclairé en ligne avant l’entretien. On leur a posé 25 questions semi-directives (voir le tableau S1) sur la rencontre, le mariage, la parentalité et la foi. Les questions pertinentes pour cet article étaient notamment : « Combien de conflits dans votre mariage sont dus directement ou indirectement à vos différences religieuses, et qu’avez-vous fait précisément pour les gérer ? », « Y a-t-il eu des obstacles imprévus à surmonter ? Si oui, comment les avez-vous surmontés ? » et « Que diriez-vous à quelqu’un qui s’engage dans un mariage interreligieux ? ». Ces entretiens en ligne (par exemple Skype, FaceTime) ont été menés par des personnes en master ou en fin de licence, formées à cet effet, transcrits intégralement et vérifiés sur les enregistrements. Les participants ont reçu un bon d’achat en ligne de 35 dollars. Les entretiens ont eu lieu principalement en 2018-2019 et ont duré de 35,4 à 186,5 minutes (M = 92,4 ; ET = 34,6). Après avoir recueilli les données d’un éventail varié de couples, les chercheurs ont analysé les transcriptions.
Nous avons suivi une analyse en quatre phases, avec des stratégies de codage thématique et systématique en équipe dans NVivo (Allsop et al. 2022 ; Bernard et al. 2016 ; Marks 2015). Allsop et al. (2022) recommandent un codage ouvert pour dégager de grands thèmes, puis, le cas échéant, une analyse ciblée de thèmes et de citations choisis pour répondre à des questions de recherche précises. Pour garantir la rigueur, Bernard et al. (2016) décrivent les bonnes pratiques pour élaborer un livre de codes avec des critères d’inclusion et d’exclusion, et Marks (2015) celles de l’analyse en équipe. Notre démarche alternait donc (a) codage ouvert et exploration des thèmes et (b) codage par livre de codes, en repérant systématiquement les citations pertinentes pour chaque thème et en résolvant les divergences. Les deux premières phases portaient sur l’ensemble de chaque entretien, les deux dernières sur les seules réponses jugées pertinentes. La diversité de l’équipe de codage a été privilégiée : des hommes et des femmes, d’horizons religieux variés, ayant l’expérience de familles de même foi et de familles interreligieuses.
Dans la phase 1, la première personne signataire et une autre personne de l’équipe de recherche ont procédé à un codage ouvert jusqu’à saturation théorique, puis élaboré un livre de codes (Allsop et al. 2022). L’un des thèmes, « Traverser un mariage interreligieux », est devenu le cœur de la présente étude ; il recouvrait l’expérience de traverser les différences religieuses conjugales, avec ses difficultés et ses processus. Dans la phase 2, huit membres de l’équipe de recherche, en licence ou en master, travaillant en binômes, ont utilisé le livre de codes pour repérer les passages relevant de ce thème et d’autres. Au total, 420 récits tirés des 30 entretiens ont été codés pour ce thème et ont servi de source aux analyses suivantes. Chaque récit comprenait des histoires ou des échanges sur le sujet, souvent avec plusieurs échanges entre le mari et l’épouse.
Dans la phase 3, deux membres de l’équipe ont codé indépendamment ces 420 récits, en dégageant des thèmes relatifs à la manière de traverser les différences religieuses conjugales. Selon la fréquence et la saillance des codes, ces deux membres ont élaboré un livre de codes affiné pour les six thèmes principaux. Dans la phase 4, pour garantir la validité des thèmes, l’équipe de codage a appliqué indépendamment ce livre de codes, en se réunissant régulièrement, et atteint une fidélité inter-codeurs supérieure à 0,90 (Allsop et al. 2022). D’après l’analyse de contenu numérique et la saillance, elle s’est accordée sur les six thèmes principaux présentés ici (voir tableau 1), l’un sur les difficultés interreligieuses, cinq sur les processus conjugaux adaptatifs. Les comparaisons statistiques exploratoires entre couples d’emblée et par divergence figurent dans les informations complémentaires ; faute d’un échantillon suffisant et de place, elles ne sont pas discutées ici. La fréquence des thèmes pour chaque type de couple figure dans le tableau S2.
Tableau 1 — Analyse de contenu numérique des thèmes
a La somme des références codées est de 620 (et non 420), certaines références relevant de plusieurs thèmes.
Nos analyses ont dégagé cinq processus clés que les couples interreligieux jugeaient importants pour la qualité et la stabilité de leur mariage. Pour les présenter clairement, nous les avons organisés selon l’acronyme anglais AFFIRM : (a) ils se sont aidés et soutenus dans leurs pratiques et leurs croyances (Assisted), (b) se sont concentrés sur leurs croyances communes (Focused), (c) ont cultivé l’intimité et la compréhension religieuses (Fostered religious Intimacy), (d) ont respecté les choix religieux de l’autre (Respected) et (e) ont fait du mariage leur première et plus haute priorité (Marriage). Neuf couples ont rapporté les cinq aspects du modèle, 14 en ont rapporté quatre et sept trois ou moins. Nous ne suggérons pas que ces couples ont suivi délibérément le modèle AFFIRM : nous l’utilisons comme cadre conceptuel pour décrire leurs processus. Le compte rendu comprend plus de 30 citations littérales des participants, pour faire entendre leur voix et ancrer les résultats dans leurs expériences (Levitt et al. 2018 ; Marks 2015). Avant de décrire les composantes du modèle, nous présentons certaines des difficultés conjugales rencontrées.
Deux tiers des couples interrogés ont décrit des difficultés conjugales liées à leurs différences religieuses, et 107 récits de difficultés ont été relevés dans l’ensemble des entretiens. James3, un mari catholique, a dit : « La plus grande difficulté de mon mariage, c’est la différence de nos religions. … [Pour]4 tout couple catholique et mormon qui envisage de se marier, je ne le recommanderais pas. » Pour certains, les difficultés venaient de tensions sur des croyances et des pratiques différentes, ou du sentiment d’être empêché de vivre pleinement sa foi, comme le montre cet échange entre Elder et Thelma, respectivement baptiste et catholique :
Elder : J’essaie depuis des années de lui faire comprendre qu’elle peut aller à son église et moi à la mienne. … Pour elle, il faut aller à l’église ensemble pour être une famille ; c’est pas vrai…
Thelma : Vraiment ?
Elder : Non, la Bible dit qu’on honore Dieu soi-même.
Thelma : Bon, on ne va pas se lancer là-dedans. Elle dit qu’une famille qui prie ensemble…
Elder : Ça, je le crois, mais je n’ai pas besoin d’aller à ton église pour qu’on prie ensemble.
Thelma : On ne va pas se lancer là-dedans.
Elder : [à la personne qui mène l’entretien] Bon, vous voyez, on a déjà eu cette discussion, hein ?
Bien que l’échantillon ne compte que cinq couples par divergence, ceux-ci représentaient un peu plus de la moitié des références aux difficultés conjugales (voir le tableau S1). Cole et Rachel, un couple d’abord saint des derniers jours avant que Cole devienne agnostique, ont dit :
Cole : Ma relation avec ses parents n’est plus aussi proche qu’avant [que je quitte l’Église]. … Ça a mis notre [relation de] couple sous tension. … Quand ils l’ont appris, j’ai été sur liste noire un moment.
Rachel : (rire) Tu l’es encore un peu…
Leah, une épouse sainte des derniers jours, et Peter, qui a quitté cette Église pour le bouddhisme, ont dit :
Leah : Je me souviens du soir où mon mari m’a dit : « Je n’ai jamais reçu de témoignage [que cette religion est vraie]. » Je suis restée éveillée toute la nuit à réfléchir. … Une nuit difficile. … Je me suis sentie trahie pendant des années et des années avant de vraiment comprendre qu’il ne m’avait pas trahie délibérément. Ensuite, j’ai eu des remords et des regrets de ne pas avoir été quelqu’un d’assez sûr pour qu’il me le dise plus tôt… Il y a eu une période, au milieu de notre mariage, où j’étais catégorique : mon mari allait avoir sa réponse [que cette religion est vraie]. On allait prier ensemble, lire les Écritures tous les soirs. … Et ça a mis tellement de tension dans notre relation, ça lui a mis beaucoup de stress, beaucoup de dépression et d’autres choses…
Peter : Évidemment, cette transition de foi a été un obstacle… On a parlé de divorce deux ou trois fois. … Il y a eu des conversations vraiment difficiles, qui m’ont fait craindre : est-ce que ce que je fais va nous mener là ?
En somme, la relation interreligieuse a mis sous tension le mariage de la plupart des participants, même si dix couples n’ont évoqué aucun conflit lié à la religion. Malgré ces difficultés, invités à conseiller quelqu’un qui s’engage dans un mariage interreligieux ou à décrire comment ils traversaient les conflits religieux, la plupart des couples ont décrit des manières d’atténuer ou d’éviter ces difficultés, à commencer par s’aider et se soutenir dans leurs pratiques et leurs croyances.
Presque tous les couples (28 sur 30, soit 93 % ; 143 références) ont décrit comment s’aider et se soutenir dans leurs pratiques et leurs croyances avait aidé leur mariage. Cela prenait diverses formes, dont la participation aux pratiques des deux religions, par exemple aux offices des deux Églises. Caleb, un mari juif marié à une agnostique, a dit : « Il était clair qu’elle était prête à participer à la foi de manière très active et directe… en couple. C’était un signe très important pour moi que ça pourrait marcher. » Dawn, une épouse sans affiliation religieuse (ancienne sainte des derniers jours), et son mari Sheldon, saint des derniers jours, l’illustrent aussi :
Dawn : J’ai servi, et j’ai soutenu tout ce qu’ils faisaient. J’avais des appels [des responsabilités dans l’Église], … c’est juste que je n’avais pas la foi…
Sheldon : Ça aurait été une vraie catastrophe si elle avait décidé… « on ne va pas à l’église, je ne laisserai pas les enfants apprendre quelque chose de faux », mais elle a été très soutenante.
Cassandra, une épouse sainte des derniers jours mariée à un musulman, a dit aussi :
Mon mari a énormément soutenu ma vie d’Église et la participation de notre fils à la vie de l’Église. Ça a beaucoup compté pour moi… Et pour les traditions religieuses, on fête tout, et quand c’est possible de combiner les traditions, on le fait.
L’aide et le soutien auraient aidé ces mariages, en partie en répondant au désir important des conjoints d’avoir de la religion dans leur vie. Se soutenir demandait souvent de la souplesse, des compromis, et d’accepter que les choses ne se passent pas toujours comme on le voudrait. Autre élément qui aidait les couples à soutenir les croyances et les pratiques de l’autre : reconnaître ce que les religions ont en commun, comme on va le voir.
Tous les couples sauf un ont souligné l’importance de se concentrer sur les croyances communes (29 sur 30, soit 97 % ; 129 références). Hans, un mari méthodiste, a dit : « [On] a commencé à se concentrer sur les dénominateurs communs, [comme le fait qu’]évidemment on est d’accord sur les principes chrétiens. » D’autres couples trouvaient utile de reconnaître que leurs différences n’étaient finalement pas si grandes. Spencer et Edith, un couple catholique-juif, ont dit :
Spencer : Peut-être que, parfois, les différences religieuses n’existent pas vraiment, sauf si on les fait exister.
Edith : J’ai appris des choses sur le catholicisme, et lui sur le judaïsme…
Spencer : Dans beaucoup de cas, ce n’est pas que des différences, il y a beaucoup de choses en commun.
Dans le même sens, Aiden, un mari protestant noir, a dit : « Je regarde toutes les religions et toutes les croyances [et je me concentre sur] les ressemblances plutôt que sur les différences, parce que si on regarde les ressemblances, il y en aura plus que de différences. »
D’autres trouvaient aussi utile de minimiser les différences religieuses, tout en notant que, si elles avaient été plus grandes, ce serait plus difficile. Anthony, un mari catholique hispanique, a dit :
Comme j’ai été élevé catholique et elle épiscopalienne, ce sont deux religions si proches… les différences entre les deux sont si minimes, en tout cas pour nous, pas pour l’Église, que ça ne nous affecte pas beaucoup. Maintenant, si elle était… autre chose que chrétienne, je pense qu’il y aurait un conflit.
Se concentrer sur les ressemblances ne voulait pas forcément dire oublier ou ignorer les différences. Beaucoup de couples ont d’ailleurs souligné l’importance de comprendre les différences religieuses clés entre leurs fois et de cultiver une intimité religieuse et spirituelle.
Les trois quarts des participants ont fait 94 références à l’importance de parler des différences religieuses et de les comprendre, clé de leur mariage. Les couples par divergence, bien que 17 % de l’échantillon, en ont fourni 34 sur 94 (36 %). Ils insistaient sur l’établissement et le maintien d’une intimité et d’une compréhension religieuses après le changement de foi d’un partenaire. Pour les deux groupes, ce thème impliquait l’ouverture et l’apprentissage de chaque religion. Sebastian, qui se réclame à la fois de l’Église des saints des derniers jours et du bouddhisme, et dont l’épouse est témoin de Jéhovah, a dit : « Ça [compte] de connaître cette part [religieuse] d’elle, parce que c’est important pour elle que je [la] connaisse, alors je suis resté ouvert. » Eli, un mari juif marié à une personne catholique, a dit :
Ça ne marchera pas si on change qui on est. Vous savez, les deux doivent être sur la même longueur d’onde, ils doivent vraiment l’accueillir. Ce n’est pas une rue à sens unique, les deux doivent comprendre l’autre.
Cela impliquait aussi de parler des désaccords de croyances et de décider comment aborder certains obstacles religieux. Navesh, un homme musulman marié à une personne catholique, a dit :
Globalement, je ne crois pas qu’on ait eu d’obstacles majeurs… c’est sans doute en partie parce qu’on en a beaucoup discuté. On en a énormément parlé… on n’a probablement laissé aucune pierre non retournée avant de s’engager.
Alphonse, un mari saint des derniers jours marié à une personne méthodiste, a dit :
Avoir des conflits religieux… ça mène à beaucoup de bonnes conversations… Je pense que c’est ce qui rend notre mariage meilleur, parce qu’on en parle. On ne garde pas tout pour soi en laissant pourrir, on en parle, on met les choses sur la table, et on repart de là.
En somme, la communication et la compréhension étaient jugées essentielles à la réussite de ces mariages interreligieux. Parler ouvertement des religions de chacun et les découvrir aidait les couples à traverser et à accepter les différences. Résoudre ensemble les désaccords renforçait leur relation et construisait des fondations plus solides, ce qui demandait souvent de respecter les croyances, les pratiques, l’identité et les choix de l’autre, comme on va le voir.
Presque tous les couples ont souligné l’importance de respecter les choix religieux de l’autre (26 sur 30, soit 87 % ; 126 références). Ce respect se manifestait de diverses manières. Elder, le mari baptiste cité plus haut, montrait son respect en reconnaissant la validité des croyances et des pratiques religieuses de sa femme :
Je crois que chacun de nous sert son Dieu à sa manière. … Je soutiens l’Église catholique et elle soutient l’Église baptiste. … Je crois que c’est ce qui nous unit, qu’on ait tous les deux un endroit où aller adorer le Seigneur.
Ce respect impliquait aussi de renoncer à juger, comme le montre Omar, un mari musulman :
Quiconque laisse la religion devenir un élément de division dans une relation devrait se faire examiner la tête. … Pour qui vous prenez-vous pour juger ? Dieu m’aurait donné le pouvoir de dire que, parce que je suis musulman, elle vaut moins que moi, ou que, parce qu’elle est chrétienne, elle vaut plus que moi ? … Je crois que c’est le comble de la vanité humaine de penser que, si petits que nous sommes, nous serions en position de rendre le jugement de Dieu sur quelqu’un d’autre.
Outre le respect et le refus de juger, les couples évoquaient un processus important et apparenté : la différenciation. En reconnaissant que chaque partenaire agissait en tant qu’individu, et en se concentrant sur leur propre conduite et leurs propres décisions tout en reconnaissant, respectant et acceptant les différences, les couples parvenaient mieux à traverser leurs différences.
À la question « Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui s’engage dans un mariage interreligieux ? », Esther, une épouse catholique mariée à une personne musulmane, a répondu :
Abordez-le comme quelque chose qui vous enrichit, plutôt que comme un manque, du genre : « Oh, je dois réduire des parts de mon identité culturelle ou religieuse parce que je dois être moins catholique, parce que je me marie. »
De même, Ingrid, une épouse sainte des derniers jours mariée à Ahmad, sans affiliation religieuse et ancien membre de cette Église, a dit :
On croit beaucoup tous les deux au fait de laisser l’autre faire ce qu’il veut, et on s’aime et on se fait assez confiance pour croire que, même si l’autre fait quelque chose en quoi on ne croit pas personnellement, il le fait parce qu’il pense que c’est le mieux pour lui. … Donc si tu veux quitter l’Église, je crois que tu sens que c’est ce qu’il y a de mieux pour toi et… je le respecterai. Alors je pense que toute cette idée de respecter les choix de l’autre et de ne pas avoir à être identiques [aide à éviter les conflits]… [et] j’ai l’impression que beaucoup de gens confondent vraiment unité et uniformité.
Chez les couples par divergence, ce thème concernait souvent le respect du choix du partenaire de quitter la foi commune. Certains couples décrivaient aussi que ce qui leur permettait de respecter et d’accepter les choix de l’autre était de reconnaître que ces choix ne les empêchaient pas forcément de vivre fidèlement leurs propres croyances. La différenciation et le respect ont donc pu aider ces couples à réduire leur tension intérieure entre la loyauté et l’engagement envers leur foi et la loyauté et l’engagement envers leur partenaire. Équilibrer ces deux engagements était explicitement discuté dans notre dernier thème, « faire du mariage la première et plus haute priorité ».
Moins fréquent que les autres, ce thème a tout de même été évoqué par près d’un tiers des couples (9 sur 30, soit 30 % ; 21 références). Les participants disaient que les choses allaient mieux quand ils ne plaçaient pas leur religion au-dessus de leur relation. Maddie, une épouse presbytérienne mariée à une personne sans affiliation religieuse, a dit :
On avait une fête d’automne à l’église, et j’avais laissé à mon mari une cuisine épouvantable, en désordre… Et quand je suis rentrée de l’église, il avait tout nettoyé. Et je me suis dit que Dieu m’avait donné une famille, un mari d’abord et puis des enfants, et que si je n’arrive pas à gérer ce qui se passe chez moi, je ne devrais pas trop m’investir à l’église.
Pour équilibrer engagements religieux et relationnels, certains décrivaient comment leurs croyances les aidaient à donner la priorité à leur relation. Bien que les couples par divergence ne représentent que 17 % de l’échantillon, ils comptaient pour 67 % des références à ce thème. Traverser ces tensions pourrait donc être particulièrement important pour eux. Sheldon, le mari saint des derniers jours cité plus haut (marié à Dawn, devenue sans affiliation religieuse), a dit :
Pour moi, la famille est ce qu’il y a de plus important. … Si, par exemple, je devais choisir entre rester marié et aller à l’église, je choisirais de rester marié. … Quand on a eu notre séparation religieuse [et que ma femme a quitté notre Église]… j’ai cru que je devais divorcer. … [Mais] quand j’ai commencé à chercher des justifications et tout le soutien dont je pensais avoir besoin pour justifier de quitter ma femme, ça a commencé à me sembler la chose la moins chrétienne qui soit.
Malgré les difficultés rencontrées, ces mariages montrent que le bonheur et la stabilité sont possibles dans un mariage interreligieux, et que ces processus les ont aidés à y parvenir. En conclusion, Dennis, un mari ancien saint des derniers jours devenu sans affiliation religieuse, a dit :
Ça fait douze ans que j’ai arrêté de croire. … [Elle] est très stricte et orthodoxe, et [moi j’ai] des convictions très passionnées en sens contraire. … Oui, il y a certaines difficultés, je les ai vécues, mais je crois que tant qu’on arrive à ne pas se mettre soi-même en premier… peu importe la force de ses opinions et de ses croyances, si on met quand même sa famille en premier, on peut avoir une famille bonne et saine… tant qu’on ne laisse pas nos croyances changer le degré de dévouement et d’engagement qu’on a l’un envers l’autre et envers un mariage sain.
Cette étude visait à comprendre comment des couples heureux et stables en mariage interreligieux traversaient leurs différences religieuses. Nos résultats indiquent que beaucoup ont fait face à des difficultés importantes. Mais les couples interreligieux d’emblée comme par divergence ont rapporté plusieurs processus qui les aidaient, que nous avons organisés en un modèle, AFFIRM. Comme on l’a vu, seuls neuf couples ont rapporté les cinq aspects du modèle ; il est donc peut-être possible d’avoir un mariage interreligieux heureux et stable sans pratiquer chacun de ces processus. Chaque couple en a toutefois rapporté au moins un, et en moyenne 3,87 sur cinq.
L’importance de s’aider et de se soutenir dans les pratiques et les croyances, et la souplesse que cela demande, rejoint les travaux antérieurs (Reiter et Gee 2008 ; Zimmerman et al. 2015). Notre étude n’est pas généralisable, mais ce résultat se retrouvant dans plusieurs études, nous suggérons prudemment que ce processus peut être transposable à d’autres situations, et que de futures études quantitatives devraient tester directement cette recommandation à plus grande échelle.
Le processus adaptatif consistant à se concentrer sur les croyances et les pratiques communes confirme et prolonge les travaux antérieurs (Colaner et al. 2023 ; Hendricks et al. 2024 ; Shoaf et al. 2022). Si la littérature a souligné la capacité des couples interreligieux à s’appuyer sur leurs ressemblances religieuses (Shoaf et al. 2022), l’importance du pluralisme religieux dans ces mariages (Colaner et al. 2023) et celle de repérer les ressemblances religieuses dans la relation parent-enfant après que les enfants ont quitté la religion (Hendricks et al. 2024), cette étude est l’une des premières à souligner le rôle de l’attention aux ressemblances religieuses dans le renforcement des mariages interreligieux.
Les bénéfices relationnels de l’intimité et de la compréhension religieuses pour les deux types de couples sont un résultat assez nouveau et nuancé. Si les travaux antérieurs ont souligné l’importance d’une communication ouverte sur la religion (Reiter et Gee 2008), du conflit constructif chez les couples interreligieux (Colaner et al. 2023) et d’une acceptation profonde dans les familles par divergence (Knight et al. 2019), nous ne connaissons pas de littérature sur l’importance de l’intimité religieuse et spirituelle dans les relations interreligieuses. L’intimité spirituelle s’est montrée bénéfique pour les relations conjugales en général (Kusner et al. 2014), et notre résultat rejoint la théorie des dualités religieuses, selon laquelle la religion peut unir, et pas seulement diviser, dans les relations interreligieuses (Dollahite et al. 2018).
Notre étude indique que, si les deux partenaires le veulent, s’y intéressent et se sentent en sécurité pour le faire, cultiver ce type d’intimité spirituelle peut être possible et bénéfique. Toutefois, des recherches sur les différences religieuses entre parents et enfants suggèrent qu’instaurer des limites pour éviter les sujets religieux peut aider à préserver une relation saine (Worwood et al. 2020). McCurry et al. (2012) ont aussi observé que les couples interreligieux étaient moins à l’aise pour parler de religion, surtout quand ils doutaient de leur relation ou de leur capacité à parler de spiritualité. D’autres recherches sont nécessaires pour savoir quand limiter la communication religieuse peut être plus approprié que rechercher l’intimité religieuse.
De même, le thème du respect des choix religieux de l’autre, et le processus apparenté de différenciation, confirment et prolongent des résultats antérieurs. Des études sur les familles interreligieuses ont associé la communication accommodante (Colaner et al. 2023) et la différenciation (Parsons et al. 2007) à des résultats relationnels positifs. Mais Colaner et al. (2023) portaient sur les différences religieuses familiales et pas seulement conjugales, comme ici, et aucune de ces deux études ne souligne l’importance de permettre au partenaire de diverger dans sa foi et de respecter ce choix, comme l’ont décrit nos participants.
La recommandation de faire du mariage la première et plus haute priorité rejoint les résultats de Coffee et al. (2021) et de Story Chavez et al. (2026), selon lesquels les couples par divergence allaient mieux quand ils considéraient leur relation comme aussi importante, voire plus importante, que leur religion. La présente étude comme la littérature antérieure abordant surtout cette idée pour les couples par divergence, et toutes deux reposant sur de petits échantillons qualitatifs, de futures recherches quantitatives à grande échelle devraient examiner l’importance de cette priorité. En outre, les couples pourraient gagner à voir ces engagements concurrents comme potentiellement complémentaires, les engagements religieux encourageant souvent l’engagement conjugal et des familles solides, même en contexte interreligieux. Seuls 9 des 30 couples ayant dit donner délibérément la priorité au mariage face à des priorités religieuses concurrentes, ce processus est peut-être moins pertinent pour l’ensemble de la population interreligieuse, mais une recherche représentative est nécessaire pour le vérifier.
Les conjoints qui consultent pour des questions interreligieuses diffèrent par leur intelligence émotionnelle, leur capacité d’empathie et leur motivation à préserver et à enrichir leur mariage. Pour construire un plan de traitement solide, on peut évaluer les objectifs des clients, leur disposition à y travailler et les compétences dont ils auront besoin. En thérapie, on peut aussi demander aux clients d’identifier au moins un objectif commun sur lequel fonder le travail conjoint. Nous suggérons que les stratégies AFFIRM offrent aux cliniciens des objectifs thérapeutiques clairs et simples à comprendre pour les clients. Leur caractère accessible peut accroître l’espoir et la confiance des clients comme des cliniciens, ce qui, selon la recherche, peut améliorer l’efficacité du traitement (Bartle-Haring et al. 2022).
Suivant la sagesse clinique qui veut qu’on règle le rythme du traitement sur « là où en est le client » (Goldstein 1983, 267), les thérapeutes peuvent envisager d’introduire les stratégies AFFIRM par ordre de difficulté. Par exemple, « cultiver l’intimité et la compréhension religieuses » pourrait être considéré comme le niveau le plus avancé, puisqu’il implique de se lier à travers la religion ou la foi, tandis que « respecter les choix religieux de l’autre » et « se concentrer sur les croyances communes » permettent de se lier autour d’elle. « S’aider et se soutenir dans les pratiques et les croyances » pourrait aussi être vu comme un niveau avancé, puisqu’il implique un soutien actif et pas seulement une acceptation passive.
L’attention aux niveaux 1 à 3, donner la priorité au mariage, se concentrer sur les points communs et respecter les différences, peut apporter assez de stabilité et de respect mutuel pour que les couples avancent ensemble de manière significative, même s’ils n’atteignent pas le niveau 4, soutenir activement des pratiques religieuses différentes, ni le niveau 5, l’intimité religieuse. Comme le modèle de la « sexualité suffisamment bonne » (Metz et McCarthy 2007, 351), qui cherche à réduire la détresse sexuelle des couples en abaissant la barre de l’idéal à l’atteignable, le traitement des couples interreligieux pourrait gagner à normaliser des issues satisfaisantes mais imparfaites : comme la détresse sexuelle, la détresse interreligieuse peut tenir en partie à des attentes gonflées, et se résoudre en partie par un réajustement des attentes.
Un aspect prometteur de ces stratégies est que les clients peuvent les employer sans changer leurs convictions religieuses ou spirituelles. Cette souplesse fait écho aux recherches de longue date de John Gottman, qui montrent que même des couples très satisfaits ne parviennent souvent pas à un consensus sur des questions majeures, dont la religion (Gottman 2000). Le modèle de la « maison de la relation solide » de Gottman (Gottman et al. 2002) place « créer du sens partagé » au dernier étage, au-dessus même de « réaliser les rêves et les aspirations » (p. 389). Comme on l’a vu, se lier par un sens partagé, surtout religieux ou spirituel, est merveilleux mais difficile à atteindre. Au prix d’une simplification du modèle de Gottman, les clients pourraient d’abord se concentrer simplement sur la réalisation des rêves de chaque conjoint et goûter la satisfaction profonde qui peut accompagner cet effort.
Comme la deuxième étape de Gottman, partager tendresse et admiration, les stratégies AFFIRM encouragent les conjoints interreligieux à trouver des manières authentiques de s’admirer, même tôt dans le traitement. S’ils ne parviennent pas à apprécier les convictions religieuses ou spirituelles de l’autre, ils peuvent peut-être admirer les valeurs profondes qui le poussent à adhérer à certaines pratiques, ou à les rejeter ; par exemple, l’un peut apprécier le souci d’intégrité personnelle de l’autre et sa volonté de vivre selon ce qu’il croit bon et vrai.
Les conjoints s’apprécient plus volontiers quand ils voient chez l’autre de l’intégrité, plutôt qu’un « lavage de cerveau », un esprit « mondain » ou n’importe laquelle des étiquettes péjoratives souvent adoptées sous la pression d’un désaccord aux enjeux élevés. Explicitement ou non, les couples interreligieux qui s’épanouissent en employant au moins certaines stratégies AFFIRM peuvent parvenir à un consensus sur plusieurs valeurs fondamentales, comme l’intégrité, une compréhension personnelle du vrai et du bien, et le lien malgré les différences.
Quelles que soient les valeurs sur lesquelles un couple s’accorde, il peut être utile que les cliniciens en encouragent l’identification. Une personne interrogée estimait qu’on a tort de « confondre unité et uniformité », mais la découverte de valeurs ou de traits qui unissent rend son dû à ce qui est commun. Quand les conjoints croient n’avoir rien en commun, ils peuvent se trouver trop étrangers l’un à l’autre pour se faire confiance, s’attacher et se lier, et les couples interreligieux n’ont pas le luxe d’un système de croyances commun qui renforce leur compatibilité.
Même les clients qui doutent de leur mariage actuel sont souvent motivés à travailler sur eux-mêmes d’une manière qui peut favoriser leur épanouissement dans de futures relations. Les cliniciens peuvent expliquer que respecter les différences et se concentrer sur les points communs sont des compétences essentielles à toute relation épanouie, et que les clients gagneront à les pratiquer ensemble tant que le mariage dure. Une telle approche peut relâcher assez de tension et offrir assez de structure pour favoriser une réconciliation progressive là où elle semblait inatteignable aux clients. Même quand le mariage ne dure pas, le traitement peut apporter des bénéfices durables aux clients et à leurs futures relations.
Si cette étude apporte des éclairages précieux sur la manière de traverser les différences religieuses dans les mariages interreligieux, elle a des limites importantes. L’échantillon est géographiquement varié et relativement grand selon les critères de la recherche qualitative (Marks 2015), mais petit selon ceux de la recherche quantitative (N = 60). En outre, l’échantillon étant raisonné et non représentatif, les résultats ne sont pas généralisables. La surreprésentation involontaire des saints des derniers jours, si elle est instructive, peut limiter l’applicabilité à d’autres populations interreligieuses. Comme la plupart des recherches qualitatives, ces résultats ne visent toutefois pas la généralisation, mais la profondeur et des éclairages susceptibles de nourrir la recherche et la pratique, et peuvent être transposables à des contextes semblables. De futures recherches pourraient explorer les variations de ces processus selon le genre, la race et l’âge. Par ailleurs, si interroger les couples ensemble présente des avantages, comme le fait que chaque conjoint comble les oublis de l’autre et relance la conversation, cela a pu réduire la transparence de l’un ou des deux partenaires. De même, la violence ou la coercition entre partenaires n’ayant pas été évaluées, on ignore avec quelle liberté le partenaire disposant de moins de pouvoir relationnel s’est exprimé.
Si le sous-échantillon de cinq couples par divergence est cohérent avec la recherche antérieure (Story Chavez et al. 2026 en ont interrogé cinq, Zaloudek 2005 quatre et Coffee et al. 2021 sept), ce petit nombre limite la possibilité de comparaisons solides entre types de couples. Beaucoup d’études antérieures sur les mariages interreligieux incluent probablement des couples par divergence, mais, faute par exemple de données longitudinales sur la religion des conjoints, ne les ont pas distingués et les ont traités comme des mariages interreligieux classiques. Dans ce contexte, même si nos comparaisons restent exploratoires, nous soutenons qu’identifier et comparer explicitement ces sous-groupes, plutôt que de fondre ou d’exclure le plus petit, apporte une contribution plus précise et plus informative, que de futures recherches devraient poursuivre. La surreprésentation de plus du triple des difficultés rapportées pourrait indiquer que les couples par divergence connaissent de plus grandes difficultés que les couples interreligieux d’emblée, peut-être en raison d’un sentiment de trahison, mais une recherche quantitative représentative comparant ces groupes est nécessaire.
La focalisation sur des mariages interreligieux se disant heureux et stables est à la fois une force et une faiblesse. Si cet échantillonnage raisonné a apporté des éclairages précieux sur les processus conjugaux adaptatifs, les résultats ne rendent peut-être pas pleinement compte de l’expérience des mariages en détresse ou en échec, où d’autres stratégies peuvent être employées, ou les mêmes produire d’autres effets. En outre, le recours au bonheur conjugal autodéclaré et à des récits rétrospectifs peut introduire des biais de mémoire ou de désirabilité sociale. D’autres recherches sur les types de tensions dans les mariages interreligieux en détresse, d’emblée et par divergence, seraient précieuses. Enfin, la nature qualitative des résultats limite les conclusions sur la causalité ou l’efficacité relative de chaque processus AFFIRM. De futures recherches quantitatives pourraient tester la valeur prédictive de ces comportements ou croyances sur le fonctionnement et les résultats conjugaux, pour éclairer les applications cliniques.
Le modèle AFFIRM offre des suggestions claires et fondées empiriquement pour aider les couples interreligieux à traverser leurs différences religieuses. En outre, beaucoup de couples religieux pouvant connaître de plus petites différences de croyances ou de pratiques au sein de leur foi (Riley 2013), ces thèmes peuvent offrir des pistes pratiques pour faire preuve d’empathie, apaiser les divisions ou réconcilier les différences. Si l’échantillon n’est pas généralisable, la concordance de ces processus avec la recherche et la théorie antérieures, ainsi que leur constance d’un couple à l’autre, suggère que beaucoup peuvent être transposés à d’autres couples pour favoriser des relations heureuses et stables. Nous espérons que cette étude suscitera d’autres recherches quantitatives pour tester le modèle AFFIRM et la littérature connexe, afin de répondre aux besoins de la population croissante des couples interreligieux, d’emblée et par divergence.
Complexe Systémique : à retenir
L’intérêt de l’étude est d’avoir interrogé des couples qui vont bien plutôt que des couples en crise, et de distinguer ceux qui étaient interreligieux dès le départ de ceux que le changement de foi d’un partenaire a rendus interreligieux. Pour un lecteur systémique, ce second groupe est le plus parlant : la divergence déstabilise un triangle conjugal jusque-là ancré dans une foi commune, et ces cinq couples concentrent plus de la moitié des difficultés rapportées. Les cinq processus AFFIRM ont tous un air de différenciation : rester soi dans sa foi tout en respectant celle de l’autre, chercher le commun sans exiger la ressemblance. La proposition clinique d’introduire ces stratégies par ordre de difficulté, du respect jusqu’à l’intimité religieuse, rejoint l’idée d’une issue « suffisamment bonne ». Les limites sont nettes : un échantillon raisonné de couples heureux, des saints des derniers jours surreprésentés, cinq couples seulement par divergence, et des entretiens conjoints qui ont pu freiner la parole du partenaire le moins en position de pouvoir. À lire avec l’article sur les six formes d’intimité dans le couple, dont l’intimité spirituelle, et avec l’état des lieux de la thérapie de couple dans les années 2020.
Notes de l’original
1 « Mormon » est un terme courant mais généralement non préféré pour désigner les membres de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Cette étude emploie donc les termes « saint des derniers jours » ou « SDJ ».
2 Le terme « protestant noir » désigne les Églises historiquement noires (par exemple l’Église méthodiste épiscopale africaine) ; c’est une classification courante pour distinguer les différentes traditions du protestantisme (Steensland et al. 2000).
3 Tous les prénoms des participants sont des pseudonymes, afin de protéger leur identité.
4 Les mots entre crochets dans les citations sont des ajouts des auteurs, pour clarifier, protéger la confidentialité et apporter des informations tirées d’autres parties de l’entretien.
Financement. Cette recherche a été soutenue par un financement du National Institute of Child Health and Human Development (NICHD) au Population Research Institute de l’université d’État de Pennsylvanie (P2C HD041025) et par la bourse de formation Social Environments and Population Health (T32HD007514). Les opinions, résultats, conclusions ou recommandations exprimés n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement les vues de l’organisme financeur.
Conflits d’intérêts. Les auteurs ne déclarent aucun conflit d’intérêts.
Disponibilité des données. Les données sont disponibles sur demande auprès de la personne responsable de la correspondance ; elles ne sont pas publiques pour des raisons de confidentialité ou d’éthique.
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Traduction non officielle en français de Le modèle AFFIRM pour traverser les difficultés des mariages interreligieux, d’emblée ou par divergence, par Justin J. Hendricks, David C. Dollahite, Loren D. Marks, Sam A. Hardy et Chelsea Johnson, Family Process, vol. 65 (2026), doi : 10.1111/famp.70196, sous licence CC BY 4.0. Traduction et mise en page : Complexe Systémique, septembre 2026 — l’œuvre a été modifiée au sens de la licence (tableau présenté en liste). Ni les auteurs ni l’éditeur ne répondent de cette traduction ; la version originale fait foi.
Traduction française non officielle de « The AFFIRM Model for Navigating Challenges in Continuously‐Interfaith and Divergent‐Interfaith Marriages », publié dans Family Process (2026) sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique, elle n’émane ni des auteurs ni de l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ; la version originale fait foi.
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Hendricks, J. J., Dollahite, D. C., Marks, L. D., Hardy, S. A., et Johnson, C. (2026). Le modèle AFFIRM pour traverser les difficultés des mariages interreligieux, d’emblée ou par divergence (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/le-modele-affirm-pour-traverser-les-difficultes-des-mariages-interreligieux (Œuvre originale publiée en 2026 dans Family Process, 65(3) (2026) ; republiée en 2026 par Family Process, https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/famp.70196)
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