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Contemporary Family Therapy · Thérapie familiale

L’analyse récursive des cadres, une méthode de recherche sur le processus de changement en psychothérapie

Comment montrer qu’une séance a fait bouger quelque chose ? Leoš Zatloukal, Pavlína Jurníčková et Jacek Szczepkowski présentent l’analyse récursive des cadres, née des travaux de Bradford Keeney, qui cartographie les déplacements d’une conversation thérapeutique au fil d’une structure en trois actes. Fondements batesoniens, huit étapes pratiques, système de transcription et exemple tiré d’une séance d’Insoo Kim Berg en font un guide pour étudier le changement au plus près de la séance.

Auteurs Leoš Zatloukal et Pavlína Jurníčková (université Palacký d’Olomouc, République tchèque) ; Jacek Szczepkowski (université Kazimierz-Wielki de Bydgoszcz, Pologne)Première publication Contemporary Family Therapy, 6 août 2025Traduction Complexe Systémique, traduction non officielle

Traduction française non officielle. Cet article est la traduction de L’analyse récursive des cadres, une méthode de recherche sur le processus de changement en psychothérapie, par Leoš Zatloukal, Pavlína Jurníčková et Jacek Szczepkowski, publié dans Contemporary Family Therapy (Springer) (2026), doi : 10.1007/s10591-025-09754-y, sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par le Complexe Systémique en septembre 2026 : le texte original a été traduit en français et remis en page, ce qui constitue une modification de l’œuvre au sens de la licence. Le tableau 1 est présenté sous forme de liste ; les deux figures sont reproduites dans leur version originale anglaise, avec des légendes traduites ; l’extrait de séance est présenté sous forme de dialogue. Cette traduction n’a été effectuée ni par les auteurs ni par l’éditeur, qui ne répondent ni de son contenu ni d’éventuelles erreurs. La version originale fait foi.

Une séance thérapeutique utile comprend généralement plusieurs passages entre les actes 1, 2 et 3, dans les deux sens, avant de se stabiliser finalement dans l’acte 3.

Leoš Zatloukal, Pavlína Jurníčková et Jacek Szczepkowski

Résumé

Cet article porte sur l’analyse récursive des cadres (RFA, Recursive Frame Analysis), méthode de recherche qualitative développée pour analyser les déplacements discursifs dans les séances de thérapie. Il aborde d’abord les origines philosophiques de cette méthode et sa place dans le champ de la méthodologie de recherche. Il examine ensuite des considérations pratiques sur la manière d’« appliquer » cette méthode dans le cadre de la recherche sur le processus de changement. Il détaille comment distinguer les cadres et les galeries dans les conversations, noter les mouvements au sein d’une « structure en trois actes » et consigner les circularités dans les séances de thérapie. L’article présente en outre quelques idées originales et stimulantes sur cette méthodologie de recherche, avec un bref exemple tiré d’une recherche menée avec la RFA.

Mots-clés : psychothérapie, recherche sur le processus de changement, analyse récursive des cadres, psychologie discursive, recherche qualitative

Introduction

La recherche en psychothérapie traite deux questions fondamentales. La première porte sur le résultat (« La thérapie a-t-elle été bénéfique ? »), la seconde sur le processus (« Comment la thérapie s’est-elle déroulée ? »). Ces questions renvoient aux deux grands types de recherche dans ce domaine : la recherche sur les résultats et la recherche sur le processus (Timulak, 2008). La recherche sur les résultats se concentre sur notre capacité à établir et à mesurer avec précision si le changement thérapeutique souhaité s’est produit (Goodheart et al., 2006 ; Timulak, 2008). Cette question va inévitablement de pair avec une autre, qui cherche à comprendre comment le changement s’est produit (Goodheart et al., 2006 ; Kazdin, 2009). La question du « comment » ne nous conduit pas seulement vers la recherche sur le processus (Timulak, 2008) : elle pose aussi une question critique à la recherche sur les résultats. Du point de vue de la méthodologie scientifique, il ne suffit pas de conclure à un résultat, ni même de postuler une relation causale entre ce résultat et le dialogue thérapeutique, sans comprendre le processus de changement et en proposer une explication logique (Elliott, 2010 ; Kazdin, 2009 ; Watson & McMullen, 2016).

Le champ de la « recherche sur le processus de changement » se consacre à cette question clé en se situant à l’intersection de la recherche sur les résultats et de la recherche sur le processus (Elliott, 2010 ; Greenberg, 1986 ; Watson & McMullen, 2016). Parmi les devis de recherche les plus reconnus dans ce champ figure, selon Elliott (2010), le devis microanalytique du processus séquentiel. Ce devis qualitatif offre un regard détaillé et direct sur le processus de changement, parce qu’il se centre sur les conversations qui fondent chaque échange communicationnel. Elliott souligne l’importance de ce devis :

La recherche sur le processus séquentiel est pourtant une approche intuitivement séduisante, proche de la pratique, capable de fonder des inférences causales solides sur des processus de changement thérapeutique importants. C’est pourquoi elle doit être acceptée comme une source clé de données probantes à l’appui de la pratique fondée sur les preuves… Curieusement, la recherche sur le processus séquentiel a jusqu’ici été surtout quantitative. La recherche microanalytique qualitative est sous-développée et devrait, à mon avis, être utilisée plus largement. (Elliott, 2010, p. 129).

De nombreuses méthodes reposent sur le devis microanalytique du processus séquentiel, comme l’analyse du flux discursif (Nitti et al., 2010), l’analyse conversationnelle (Kondratyuk & Peräkylä, 2011 ; Peräkylä et al., 2008 ; Sutherland et al., 2014), les systèmes de codage narratifs (Gonçalves et al., 2011, 2017), la microanalyse (Bavelas, 2012 ; De Jong et al., 2020) et l’analyse dialogique des séquences (Tikkanen et al., 2013). L’analyse récursive des cadres (RFA), dont traite cet article, est une autre méthode fondée sur le devis microanalytique du processus séquentiel. Cet article vise à en présenter à la fois l’arrière-plan théorique et les applications pratiques. Nous divisons le processus de réalisation d’une RFA en huit étapes, semblables à celles qu’emploie la psychologie discursive (Lester et al., 2018). Même si nous savons que ces étapes ne se succèdent pas de manière linéaire mais se chevauchent, elles peuvent guider tout au long du processus, en particulier les personnes qui débutent en recherche. Si certaines publications décrivent déjà la RFA (Chenail, 1995 ; Keeney et al., 2015), ce découpage est nouveau dans la littérature consacrée à la RFA. Ce texte propose aussi des innovations, en particulier dans la présentation des résultats (visualisation), ainsi que des liens avec d’autres méthodes de recherche.

Les fondements théoriques et les lignes directrices de la RFA

La RFA a d’abord été développée comme un outil de prise de notes clinique, d’observation fine du discours thérapeutique et de génération de possibilités nouvelles et créatives pour les actions et les interventions des thérapeutes (Keeney, 1990 ; Keeney & Keeney, 2012b). Elle est depuis devenue une méthode de recherche qualitative à part entière, adaptée à l’examen fin du changement thérapeutique (Chenail, 1995 ; Keeney et al., 2015).

Un fondement théorique important du développement de cette méthode de recherche se trouve dans les travaux de Bateson (1979, 2000), de Goffman (1986) et de Spencer-Brown (1994). Elle puise aussi dans les théories des systèmes complexes, que certains travaux jugent essentielles pour la recherche sur les processus de changement (Hayes & Andrews, 2020 ; Schiepek et al., 2015, 2019). À cet égard, la RFA repose principalement sur la cybernétique de second ordre (Chenail, 1991 ; Keeney, 1983, 1987 ; Keeney & Keeney, 2012a ; von Foerster, 2002). Parmi les autres cadres théoriques clés figurent le constructionnisme social (Gergen, 2015 ; Chenail, 1991 ; Keeney & Keeney, 2012b) et la théorie des arts de la scène (Keeney, 1990, 2009). Nous examinerons plus en détail les fondements théoriques de la RFA dans ces trois domaines : (1) les présupposés épistémologiques, (2) le constructionnisme social et la psychologie discursive, et (3) les arts de la scène.

Prémisses épistémologiques

On peut affirmer que la RFA repose sur trois prémisses épistémologiques liées entre elles, telles que Bateson les a formulées (Bateson, 1979, 2000 ; Keeney & Keeney, 2012a) : (1) l’importance des distinctions, (2) la théorie des types logiques et (3) le principe de récursivité (circularité).

Les distinctions

Selon Bateson, l’acte de distinguer ou de reconnaître des différences1 est le processus fondamental du développement de la connaissance. Bateson pose que toute information « consiste en des différences qui font une différence » (Bateson, 1979, p. 99). Spencer-Brown présente une perspective semblable : « Nous prenons comme données l’idée de distinction et l’idée d’indication, et le fait que nous ne pouvons pas faire d’indication sans tracer de distinction. » (Spencer-Brown, 1994, p. 1). Ces différences façonnent la manière dont nous, êtres humains, comprenons le monde (Bateson, 1979 ; Keeney & Keeney, 2012a). Il est essentiel de percevoir l’acte de faire des distinctions comme un processus créatif : les distinctions sont créées, plutôt que d’être des entités préexistantes attendant d’être découvertes (Keeney & Keeney, 2012a). En conséquence, la thérapie et l’usage de la RFA en recherche sont des processus essentiellement créatifs (Keeney & Keeney, 2012a).

Types logiques et hiérarchie cadre/contexte

Les distinctions peuvent rester simples, ou exister sous des formes plus complexes, créant ainsi ce que l’on appelle des « cadres ». Comme l’ont formulé Keeney et al. : « Une distinction qui se redistingue suffisamment elle-même devient un cadre, un contexte qui accueille les réentrées successives des redistinctions ultérieures » (Keeney et al., 2015, p. 9). Les termes « cadre » et « contexte » employés dans la phrase précédente sont compris comme synonymes dans la RFA (Chenail, 1995 ; Keeney et al., 2015).

Selon Bateson, un cadre pourrait être analogue au concept mathématique d’ensemble, la différence fondamentale étant celle qui sépare l’élément de l’ensemble et l’ensemble lui-même (et, logiquement, l’ensemble ne peut pas être un élément de lui-même, sans quoi surgirait un paradoxe). Bateson (2000) repère certaines fonctions typiques des cadres, comme l’exclusivité (en incluant certains messages ou actions signifiantes dans un cadre, on en exclut certains autres), l’inclusivité (en excluant certains messages, on en inclut d’autres), le rapport aux prémisses (un cadre intervient dans l’évaluation de la pertinence des messages qu’il contient), la fonction métacommunicative (un cadre donne des indices sur la manière d’interpréter les messages qu’il contient ; en même temps, un message métacommunicatif peut redéfinir le cadre) et le « double cadrage » (l’idée qu’il existe toujours d’autres cadres à l’intérieur ou à l’extérieur des cadres, si bien que les cadres constituent une certaine hiérarchie ; on n’échappe pas au cadrage et au recadrage). Suivre les changements dans la hiérarchie des cadres, et introduire à l’occasion des changements de hiérarchie dans une conversation thérapeutique, est une compétence fondamentale pour la pratique thérapeutique. L’analyse des cadres et de leurs relations constitue une activité fondamentale de la recherche sur le processus de changement menée avec la méthode RFA.

Récursivité (circularité)

Selon Bateson (2000), la relation entre le cadre (le contexte) et les éléments de ce contexte présente un caractère circulaire (récursif). Le processus continu de distinction conduit naturellement à de nouvelles différenciations et significations :

La dynamique du distinguer, la réentrée continue de la distinction qui distingue, est la récursion, la circularité qui opère sur elle-même, incarnant le mouvement circulaire qui crée la circularité. La récursion n’est pas la répétition, mais une réentrée circulaire qui utilise et produit un ordre différent de circularité. (Keeney & Keeney, 2012a, p. 87).

Keeney et Keeney illustrent la récursion en évoquant l’Ouroboros, le symbole bien connu du serpent qui se mord la queue. Une métaphore peut-être plus juste est celle de la spirale, qui incarne à la fois le mouvement circulaire et la progression. Cette insistance sur la circularité traduit la manière dont des éléments d’interactions antérieures sont redécouverts et réutilisés, et dont des cadres conversationnels peuvent se transformer en éléments d’autres cadres, et inversement. Documenter ces réentrées circulaires des cadres dans le discours est une part importante de la méthodologie de la RFA.

Constructionnisme social et psychologie discursive

Le constructionnisme social est une source théorique importante de la RFA (Keeney & Keeney, 2012b). Dès son article de 1987, Keeney plaidait pour une « compréhension écosystémique du discours » et écrivait :

Les constructivistes proposeraient que « Ce que tu fais, c’est ce que tu vois ». La RFA va plus loin et nous rappelle que « Ce que tu fais dépend de la personne avec qui tu interagis ». La perception est donc un événement social, qui va de groupes sociaux simples, où une personne interagit avec elle-même, à des systèmes mentaux plus complexes impliquant des parts de nombreuses personnes. (Keeney, 1987, p. 26).

Cette affirmation s’accorde avec le constructionnisme social et le distingue du constructivisme (radical) (Anderson, 1997 ; Gergen, 2015). Les principes de base du constructionnisme social peuvent se résumer brièvement ainsi : (1) une posture critique envers une réalité qui paraît « donnée » ou « objective », (2) une attention constante aux contextes historiques et culturels qui façonnent nos connaissances, et (3) la conviction que les significations et les connaissances se créent dans les conversations (construction sociale de la réalité), l’accent étant mis sur le rôle que joue le langage dans ces processus de fabrication du sens (Burr, 2003 ; Gergen, 1985, 2015 ; Lock & Strong, 2010).

Parmi les traditions de recherche étroitement liées au constructionnisme social (et en particulier à la RFA) figure la psychologie discursive (Edwards & Potter, 1992 ; Chenail, 1995 ; Chenail & Duffy, 2011 ; Keeney et al., 2015 ; Potter & Hepburn, 2007). Une définition possible du « discours » est la suivante : « Le discours est un médium fondamental de l’action. C’est le médium à travers lequel des versions du monde sont construites et rendues urgentes, ou retravaillées comme triviales et hors de propos… Le discours se définit le plus simplement comme les textes et la parole en tant que parties de pratiques sociales. » (Potter & Hepburn, 2007, p. 275-276). Le discours peut donc être vu comme un verbe, et pas seulement comme un nom (Potter & Hepburn, 2007). La description des « cadres » (ou « contextes ») donnée plus haut est liée à cette conception du discours, tout comme la relation récursive, mutuellement constructive, entre distinctions et cadres.

La psychologie discursive est une méthodologie de recherche souple et ouverte qui, tout comme la RFA, est issue de la philosophie constructionniste sociale et se centre sur les aspects performatifs des conversations (Edwards & Potter, 1992 ; Lester et al., 2018 ; Potter & Wetherell, 1987). Si sa méthodologie est surtout influencée par l’analyse conversationnelle (Wooffitt, 2005), elle recourt aussi à diverses autres méthodes (Edwards & Potter, 1992 ; Lester et al., 2018 ; Wiggins, 2017), en particulier pour intégrer à l’analyse les niveaux micro et macro du discours (Nikander, 2007 ; Wooffitt, 2005).

Arts de la scène

Les arts de la scène ont souvent été cités comme une source d’inspiration de la RFA. Bradford Keeney, l’un des créateurs de la RFA, est pianiste et compositeur de jazz. Il conçoit les métiers de l’aide comme ayant un caractère artistique (Keeney, 1990, 2009). Son intérêt pour les arts de la scène l’a conduit, avec ses collègues, à créer une méthode qui saisit la qualité de la « performance » de la personne thérapeute en même temps que la progression de la conversation. Cette orientation vers la performance est fortement soutenue par le constructionnisme social :

La performance est l’une des pratiques de pointe de la théorie constructionniste sociale… Le tournant performatif est lié au brouillage des frontières entre art et science, littéraire et scientifique, réel et virtuel, inné et acquis… Il retourne la théorie sur elle-même et interroge les frontières entre recherche, pratique et théorie… La performance est la notion constructionniste sociale de la fabrication du sens comme processus collectif, en ce qu’elle se produit dans le langage et le dialogue. (Bava, 2005, p. 172 et 174).

Pour l’équipe à l’origine de la RFA, le processus de changement dans une conversation d’aide se révèle dans la manière dont la personne suivie parle de sa situation avec la personne thérapeute. Si des changements peuvent être repérés dans ces conversations, ils peuvent se manifester dans la vie des personnes suivies en dehors de la thérapie (Gonçalves et al., 2011 ; Chenail, 1995 ; Nitti et al., 2010). Chenail compare la RFA à une aide auditive, qui permet d’entendre des sons qui, autrement, passeraient inaperçus. De même, la RFA peut aider, en recherche comme en thérapie, à reconnaître dans une conversation des significations ou des différences qui auraient autrement été jugées dénuées de sens ou réduites à du simple « bruit » (Chenail, 1995, p. 4). Le modèle de la « pièce en trois actes » de Field, utilisé dans la RFA, fonctionne comme une aide auditive pour détecter les changements dans le discours thérapeutique (Keeney, 2009 ; Keeney et al., 2015).

Ce modèle en trois actes suggère qu’une performance créative suppose des déplacements progressifs à travers trois actes : un acte d’ouverture, suivi d’un acte intermédiaire qui fait le pont vers l’aboutissement de la performance dans un acte final (Keeney, 2009). Cette structure simple en trois actes aide à repérer si un changement se produit dans une conversation thérapeutique, en passant du cycle initial d’une expérience appauvrie (acte 1), par l’exploration de possibilités nouvelles (acte 2), jusqu’au développement et à la consolidation du changement et des ressources (acte 3). Le processus complet peut se résumer comme suit :

Cependant, le passage d’un acte à l’autre, en thérapie, n’est ni linéaire ni unidirectionnel. Le principe de récursivité, ou de circularité, s’applique toujours, ce qui implique que le mouvement entre les actes se fait de manière plutôt cyclique ou tournante : du cercle vicieux, où l’on reste coincé dans un problème ou enfermé dans un cadre appauvri ou pathologique (Keeney et al., 2012), vers un cercle vertueux, plus souhaitable et constructif. L’équipe à l’origine de la RFA décrit ainsi les différents actes de ce mouvement :

Nous devons, encore et encore, nous rappeler que ni une séance ni la vie elle-même ne suivent une intrigue linéaire en ligne droite. Les gens font des allers-retours entre les cadres, prennent des bretelles de sortie et, surtout, tournent en rond, ou suivent d’autres formes de méandres en boucle… Mettre en mouvement un cercle vertueux d’interaction est le premier objectif de la transformation et du changement. Le maintenir en mouvement est le deuxième. L’objectif final est de le laisser tranquille pour qu’il continue de s’alimenter lui-même de manière positive et riche en ressources. (Keeney et al., 2015, p. 35-36).

Non seulement le passage d’un acte à l’autre n’est pas linéaire, mais il n’est pas non plus unidirectionnel. Le deuxième acte est parfois décrit comme l’étape « intermédiaire » ou « de pont » (Keeney, 1990, 2009) et peut être comparé au mouvement d’un pendule (Keeney et al., 2015). En entrant dans l’acte 2, une conversation d’aide semble s’éloigner de la fragilité du cadre appauvri vers quelque chose de créatif et de potentiellement bénéfique pour la personne suivie. Ce mouvement n’est cependant qu’un premier pas, qui peut revenir au cadre appauvri initial, à la manière d’un pendule, ou « se fondre » dans l’acte 3, ce qui conduit au renforcement et à la consolidation du changement et à la création d’un nouveau cadre riche en ressources (Keeney, 2009).

Une séance thérapeutique utile comprend généralement plusieurs passages entre les actes 1, 2 et 3, dans les deux sens, avant de se stabiliser finalement dans l’acte 3. À l’inverse, une séance thérapeutique mal conduite tend à rester bloquée dans l’acte 1, ou à y revenir finalement après quelques tentatives pour progresser vers l’acte 2, voire l’acte 3.

Orienter la conversation de la séance vers des cadres bénéfiques est cohérent avec de nombreuses recherches qui soulignent l’importance des facteurs « extrathérapeutiques », « de vie » ou « liés au client » dans le changement thérapeutique (Duncan et al., 2004, 2010 ; Sprenkle et al., 2013 ; Wampold, 2001). Ces facteurs ne sont pas généralisables, parce qu’ils varient d’une personne suivie à l’autre et se présentent une personne à la fois, dans un contexte précis (Duncan, 2010). On peut citer, par exemple, les compétences, les connaissances, la motivation et le soutien social de la personne, un changement d’emploi ou de relations proches, la spiritualité, des traits personnels, etc. Même si les facteurs liés au client sont difficiles à quantifier, il est essentiel de les repérer et de les « activer » comme ressources du changement thérapeutique, quelle que soit l’approche thérapeutique employée (Duncan, 2010 ; Flückiger et al., 2009). Autrement dit, les approches thérapeutiques offrent de nombreuses manières de passer de cadres appauvris à des cadres plus riches en ressources. La RFA est l’une des méthodes de recherche en psychothérapie capables de saisir les « preuves conversationnelles/discursives » (Strong et al., 2008) des ressources et des contextes bénéfiques qui émergent au cours de la conversation (Keeney et al., 2015).

La pratique de l’analyse récursive des cadres

Seules quelques publications décrivent comment utiliser la RFA. Elles montrent néanmoins que l’usage de la RFA comme méthodologie de recherche n’est ni figé ni strictement manualisé, et qu’il existe de nombreuses manières de la mener (Cotton, 2010 ; Chenail, 1995 ; Keeney, 1990 ; Keeney et al., 2015 ; Pelak, 2016 ; Peng, 2014). Cette souplesse est voulue : elle traduit la notion radicale d’« auto-inclusion » de la personne qui mène la recherche (Keeney et al., 2015). Dans ce texte, nous décrivons la RFA en huit étapes générales qui se chevauchent, semblables à celles qu’emploie la psychologie discursive (Keeney et al., 2015 ; Lester et al., 2018 ; Wiggins, 2017) : (1) objectif de recherche, (2) collecte des données, (3) traitement des données, (4) transcription, (5) analyse des données, (6) présentation des résultats et formes de visualisation de la RFA, (7) méthodes d’analyse complémentaires et (8) gestion de la qualité de la recherche.

Objectif de recherche

La RFA sert généralement à analyser le niveau performatif de l’usage du langage dans les conversations. Tout type de conversation peut donc être soumis à la RFA (Keeney et al., 2012). Elle ne peut cependant pas servir à étudier directement les perceptions ou d’autres « entités internes » présupposées, propres aux personnes qui prennent part à une conversation, ni à classer ces « entités » (Chenail & Duffy, 2011 ; Keeney et al., 2015). En général, les études qui adoptent la RFA comme méthodologie formulent leurs objectifs en termes assez larges et les développent à l’aide de questions de recherche complémentaires (Keeney et al., 2015 ; Lester et al., 2018). Dans les études sur le processus de changement en psychothérapie qui emploient la RFA, la question de recherche porte en général sur les déplacements du discours thérapeutique, pour montrer comment le changement s’est produit au cours de la séance. Des questions de recherche plus précises peuvent être formulées, reformulées ou ajoutées en fonction du travail effectif sur les données. Cette démarche permet une plus grande souplesse de la recherche et l’orientation inductive généralement associée aux stratégies de recherche qualitative (Lester et al., 2018).

Collecte des données

La collecte des données est directement liée à l’objectif de recherche. De manière générale, la RFA vise à travailler sur des données naturelles, qui existeraient même si elles n’étaient pas recueillies à des fins de recherche (Potter & Hepburn, 2005 ; Wiggins, 2017). Une source de données typique, et entièrement « naturaliste », pour la RFA est constituée par les enregistrements de séances de thérapie (Chenail, 1995 ; Lester et al., 2018). Pour la RFA, les enregistrements vidéo sont idéalement préférés, car ils permettent de saisir à la fois les aspects verbaux et non verbaux de la conversation. Il est toutefois possible de n’utiliser que des enregistrements audio et d’en tirer des éclairages précieux sur les changements du discours thérapeutique (Chenail, 1995 ; Rudes et al., 1997).

Traitement des données

Cette phase est étroitement liée à la précédente. Pendant la phase de traitement, les données sont stockées, partagées, organisées, transcrites et annotées (Lester et al., 2018 ; Miles & Huberman, 1994). Le traitement des données doit se faire de manière transparente, structurée, légale et éthique, ce qui inclut la protection de la confidentialité des personnes suivies. La nature orientée vers la performance de la RFA oblige l’équipe de recherche à osciller constamment entre les enregistrements, les transcriptions et les procédures d’analyse (Chenail, 1995 ; Keeney et al., 2015). La mise en place du système de traitement des données est donc une étape cruciale pour la réussite future.

Transcription

Comme indiqué plus haut, les enregistrements doivent être transcrits. La transcription est un élément crucial du processus d’analyse (Chenail, 1995 ; Wiggins, 2017). Elle pose un « terrain solide pour l’analyse » (Nikander, 2007), permet une véritable exploration empirique (Keeney & Keeney, 2012b) et renforce la transparence de l’étude (Nikander, 2007). Il importe toutefois de noter que les transcriptions ne peuvent pas remplacer la base de données primaire (O’Connell & Kowal, 1995). L’analyse doit toujours intégrer simultanément les transcriptions et les enregistrements (Lester et al., 2018).

La transcription pourrait être incluse dans la phase précédente (traitement des données), mais, en raison de son importance et du temps qu’elle demande, elle est souvent traitée comme une phase de recherche distincte (Lester et al., 2018). Pour transcrire les enregistrements, on peut suivre l’un des systèmes de transcription établis, comme le système Jefferson (Jefferson, 2004), ou développer son propre système, qui devient alors un outil crucial pour se familiariser avec les données (Lester et al., 2018). Pour choisir un système de transcription, il est essentiel de tenir compte de l’usage prévu de la transcription dans l’étude et de garder à l’esprit le public visé par le texte qui en résultera (Mergenthaler & Stinson, 1992 ; O’Connell & Kowal, 1995). Il est aussi essentiel de trouver un équilibre entre l’attention aux détails et le nombre de symboles et de commentaires de transcription, en tenant compte de la faisabilité, de l’intelligibilité et de l’« élégance intellectuelle » de la transcription (Mergenthaler & Stinson, 1992).

Les études de RFA emploient le plus souvent des transcriptions simples, avec un nombre minimal de commentaires et de symboles (Cotton, 2010 ; Chenail & Duffy, 2011 ; Keeney et al., 2015 ; Peng, 2014). Suivant les recommandations d’O’Connell et Kowal (1995) et de Keeney et al. (2015), et à la lumière de notre propre expérience, nous recommandons le système suivant (tableau 1).

Tableau 1 — Système de transcription pour la RFA

  • Souligné. Accentuation de la voix dans la parole.
  • Hmm, euh… Les onomatopées sont transcrites telles quelles si possible.
  • (non verbal). De brèves descriptions d’éléments non verbaux peuvent être ajoutées entre parenthèses, en évitant toute interprétation (p. ex. : rires, larmes, mains qui s’agitent, yeux qui se ferment, cris, toux, etc.).
  • (pause) ou (pause + nombre). Le mot « pause » entre parenthèses signale une pause significative dans la parole. Si un nombre figure entre les parenthèses après le mot « pause », il indique la durée de la pause en secondes, arrondie à la première décimale, p. ex. : (pause 8,3).
  • (interruption). Les parenthèses simples peuvent aussi servir à noter d’autres commentaires qui paraissent importants au cours de la transcription, comme l’interruption mutuelle de la prise de parole de l’autre, le volume, le bégaiement, l’intonation, le débit, etc.
  • … Phrase inachevée.
  • --- nombre. La durée écoulée de l’enregistrement est notée dans la transcription. L’annotation est faite toutes les 5 minutes, toujours sur une nouvelle ligne (p. ex. : --- 15 min.).
  • Texte d’une autre couleur, ou XXX de couleur. Pour distinguer les passages de la conversation qui sont étouffés, peu clairs ou inintelligibles, on utilise un code couleur différent. Tout ce qui est difficile à comprendre apparaît dans une autre couleur, et ce qui est complètement inintelligible est noté par un XXX de couleur.
  • Tout autre signe. Si c’est utile pour les besoins de la recherche, des marquages ou des signes plus détaillés (p. ex. issus du système Jefferson) peuvent être utilisés pour saisir des éléments d’interaction particuliers.

Ce système de transcription simple permet de produire des transcriptions assez fines et intelligibles. Tous les éléments essentiels, à l’exception de l’accentuation liée à l’intonation, qui rendrait la transcription trop complexe, sont intégrés sous forme de simples commentaires entre parenthèses. Ces transcriptions servent en même temps d’outils de référence qui complètent les enregistrements originaux. Tous les commentaires qu’elles contiennent visent donc à signaler des événements intrigants et importants de la conversation : ils invitent la personne qui analyse à confronter ces moments significatifs à l’enregistrement original. Grâce à l’insertion régulière de repères temporels, cette forme de transcription facilite aussi la navigation rapide dans l’enregistrement. D’autres symboles de transcription peuvent également être intégrés au système, si la recherche exige de suivre des aspects particuliers de la conversation.

Analyse des données

Chenail définit la RFA comme « un type d’analyse séquentielle qui aide à repérer les déplacements sémantiques dans une conversation » (Chenail, 1995, p. 7). Tout au long de la RFA, on peut suivre le contenu (ce qui est dit), la conséquentialité (la suite de ce qui est dit et ses effets) et le processus (le passage d’un thème à un autre) de la conversation, y compris la manière dont chaque personne qui participe utilise le langage pour créer des déplacements dans le discours (Edwards & Potter, 1992 ; Chenail, 1995 ; Wiggins, 2017). Ces observations peuvent être intégrées directement aux transcriptions, en utilisant différents types ou couleurs de texte pour distinguer les interprétations des transcriptions brutes (Chenail & Duffy, 2011 ; Keeney et al., 2015 ; Wiggins, 2017). On peut recourir à un logiciel adapté (p. ex. ELAN) ou à diverses méthodes de visualisation de la RFA, évoquées dans la section suivante de l’article. Selon Chenail, la RFA emploie quatre niveaux d’analyse de base : sémantique, séquentiel, pragmatique et consensuel2 (Chenail, 1995 ; Chenail & Duffy, 2011).

Analyse sémantique

Le niveau sémantique de l’analyse vise à saisir les éléments porteurs de sens : les cadres et leur organisation hiérarchique. La recherche menée avec la RFA étudie l’« anatomie » d’une conversation, c’est-à-dire sa structure signifiante (Keeney, 1990 ; Rambo et al., 1993). Elle observe et saisit des nuances détaillées : les distinctions et leur organisation en cadres, ou en niveaux supérieurs du discours, que la RFA appelle « galeries », « ailes » et « musées » (Chenail & Duffy, 2011 ; Keeney, 1990). Ces termes un peu inhabituels désignent une hiérarchie de cadres, selon la métaphore de la visite d’un musée. Examiner des cadres un par un peut se comparer à regarder des tableaux disposés dans des galeries, qui font partie d’unités plus vastes, les ailes du musée, l’ensemble faisant partie du musée tout entier. La manière la plus simple de faire l’analyse sémantique est de saisir les thèmes de la conversation (ils forment souvent des cadres dans la conversation) et de regrouper les thèmes semblables en niveaux supérieurs du discours. Il importe de ne pas traiter les cadres comme des unités figées, mais de suivre leurs changements et leurs réentrées tout au long de la conversation.

Le principe clé de cette phase d’analyse est de rester aussi près que possible des données originales, par exemple en utilisant systématiquement le langage de la conversation observée pour nommer les cadres (Keeney, 1990 ; Keeney et al., 2015), et en évitant autant que possible les interprétations générales ou une terminologie remaniée. Cette règle stricte ne s’applique toutefois pas lorsqu’il s’agit de nommer les galeries, ou d’autres niveaux supérieurs du discours, puisque cette étape implique un certain degré de généralisation et de regroupement thématique de cadres apparentés. Cette difficulté a peut-être conduit l’équipe à l’origine de la RFA à préférer, dans ses travaux ultérieurs, des visualisations de cadres isolés, sans représenter les galeries ou d’autres métacadres généraux (Keeney et al., 2015). À l’inverse, créer des galeries, des ailes et des musées dans l’analyse sémantique rend la « carte » de la séance plus facile à comprendre. On peut aussi faire remarquer que, même dans son livre le plus récent, l’équipe à l’origine de la RFA utilise des schémas de métacadres qui incluent des cadres (Keeney et al., 2015, p. 187, 235, 261).

Analyse séquentielle

Le niveau séquentiel de l’analyse, qui suit, porte sur le développement progressif des cadres interactionnels dans le temps. Autrement dit, il observe comment ces cadres se succèdent chronologiquement (Chenail & Duffy, 2011). Comme indiqué plus haut, le sens d’un cadre se définit par sa relation aux autres cadres, ceux qui l’ont précédé et ceux qui suivront (Chenail, 1995 ; Keeney & Keeney, 2012a). Étroitement lié au précédent, ce niveau d’analyse examine les transitions entre cadres, en notant comment certains cadres fonctionnent comme « ouvreurs » ou « fermeurs » d’autres cadres (Chenail, 1995 ; Keeney, 1990). L’analyse séquentielle met aussi en évidence les relations récursives (circulaires) entre cadres. On le voit, par exemple, lorsque certains cadres reviennent dans de nouveaux contextes et peuvent influencer et modifier les relations entre différents cadres ou contextes au sein de la hiérarchie plus large des contextes (Keeney et al., 2015).

Analyse pragmatique

Le niveau pragmatique de l’analyse porte sur le domaine de l’« action sociale » ou de la « fonction du langage » (Edwards & Potter, 1992 ; Lester et al., 2018 ; Wiggins, 2017). Il examine comment les personnes qui prennent part à une conversation thérapeutique contribuent au changement des cadres. Comme nous l’avons mentionné, la RFA utilise la « structure de la pièce en trois actes » de Field, qui convient à la notation de toute activité créative, y compris les conversations thérapeutiques (Keeney, 2009 ; Keeney et al., 2015). Dans le contexte des conversations thérapeutiques, la structure de la pièce en trois actes permet de reconnaître tout déplacement depuis le cadre appauvri initial (acte I), par l’émergence de possibilités nouvelles (acte II), vers le renforcement et l’ancrage du changement dans une expérience riche en ressources (acte III). Ce niveau d’analyse repère aussi comment les changements se produisent entre les actes, quelles personnes de la conversation ont contribué au changement et par quels moyens.

Analyse consensuelle

Si l’équipe à l’origine de la méthode RFA ne mentionne pas directement l’analyse consensuelle, il est optimal de mettre en œuvre la RFA au sein d’équipes de recherche (Chenail, 1995 ; Peng, 2014). Le but est de favoriser le développement d’une compréhension partagée des conversations étudiées grâce à des échanges entre les différents membres de l’équipe, appelés « séances de données » (data sessions) (Hill, 2011 ; Wiggins, 2017). C’est ce qu’on appelle le niveau consensuel de l’analyse, qui apporte de nouveaux éclairages enrichissants et facilite l’échange de perspectives variées, conduisant à une compréhension plus neuve et plus complexe de l’objet étudié. Cela s’accorde avec les principes épistémologiques des théories socioconstructivistes importantes pour la RFA et, surtout, renforce la « fiabilité » ou la « validité » de l’étude (Elliott et al., 1999 ; Hill, 2011).

Tous les niveaux d’analyse mentionnés ci-dessus, sauf peut-être le niveau consensuel, correspondent aux principaux points d’attention de l’analyse séquentielle en psychologie discursive. Ceux-ci sont représentés par les questions « quoi », « quand » et « comment » (Wiggins, 2017). Tout au long du processus de RFA, la personne qui analyse passe continuellement de l’un à l’autre.

Présentation des résultats et formes de visualisation de la RFA

Dans la présentation des résultats d’une RFA, l’accent est mis sur la visualisation de la structure de la conversation thérapeutique. Une attention particulière est portée à ses aspects performatifs, à la circularité des constructions et reconstructions de cadres, et aux moments de développement créatif et de changement. Diverses formes de visualisation de la RFA répondent à ces objectifs. Il peut s’agir d’une simple « chaîne » de cadres reliés, de l’alignement de cadres en métacadres (appelés « galeries », « ailes », etc.), ou du placement d’un cadre à l’intérieur d’un autre, en échangeant si nécessaire leurs places intérieure et extérieure dans le schéma (pour des exemples, voir Cotton, 2010 ; Chenail & Duffy, 2011 ; Keeney, 1990 ; Keeney et al., 2015 ; Peng, 2014). Il n’existe pas de système de présentation unifié ; les équipes qui utilisent la RFA sont donc encouragées à créer de nouvelles manières de présenter leurs résultats, en accord avec l’orientation de leur analyse et les besoins de leur recherche (Keeney et al., 2015).

Nous souhaitons présenter ici la forme de présentation de la RFA que nous utilisons. Cette présentation est particulièrement apte à documenter la dynamique évolutive d’une conversation thérapeutique, ce qui est important pour la recherche sur le processus de changement. Cette visualisation rend compte de l’oscillation du discours de la conversation entre les actes d’une « structure en trois actes » (figure 1 ; Keeney et al., 2015).

Schéma de la structure en trois actes de Keeney : acte I, acte II et acte III, avec les mouvements possibles entre eux
Figure 1. Structure en trois actes (Keeney et al., 2015) (schéma original en anglais).

Comme exemple de carte de RFA, nous utilisons une séance menée par Insoo Kim Berg, cofondatrice de la thérapie brève orientée vers les solutions (TBOS). Dans cette séance, la thérapeute travaille avec Carl, un jeune de 17 ans qui a fait une tentative de suicide la veille au soir. La figure 2 présente une carte détaillée de la première partie de la séance, de son début (temps dans la vidéo : 5 min 31 s) à l’énoncé numéro 128 (temps dans la vidéo : 17 min 33 s)3.

Carte de RFA : énoncés numérotés en colonne de gauche, puis cadres et galeries répartis dans trois colonnes, acte I, acte II et acte III
Figure 2. Exemple de carte de RFA (schéma original en anglais).

La première colonne, à gauche, indique le numéro de l’énoncé dans la transcription ; elle peut aussi comporter le temps de l’enregistrement, pour faciliter la recherche et mieux suivre la durée de la séance. Dans un rapport de recherche type, la transcription complète serait accessible au lectorat, pour qu’il puisse examiner comment la personne qui analyse construit les cadres et les galeries. La transcription complète n’est pas reproduite ici faute de place ; seul un bref exemple est présenté (voir ci-dessous). Les cadres et les galeries sont ensuite représentés dans les trois colonnes qui portent le nom des actes. Dans une carte de RFA, les cadres peuvent être listés séparément ou regroupés en galeries plus générales. Cet exemple comprend à la fois des cadres isolés et leur organisation en galeries.

La carte de RFA montre comment le discours a fluctué entre les actes au fil du temps. Comme le montre le schéma, les changements de la performance discursive ne suivent pas un processus linéaire simple et direct. On observe au contraire de nombreux retours et progressions tout au long de la séance (voir les galeries 4 et 5 ; de même, juste après l’énoncé 128, où l’extrait s’achève, la conversation est revenue à l’acte II, et il a fallu environ dix minutes de plus pour retourner à l’acte III).

Ce schéma peut être réalisé avec la simple fonction tableau disponible dans presque tous les traitements de texte. L’usage de flèches entre les cadres, idéalement en couleur, est aussi possible. Les cadres sont présentés dans des cellules délimitées, et les lignes laissées vides permettent d’insérer des notes sur les déplacements d’un cadre à l’autre. Cette méthode de visualisation de la RFA a un inconvénient : elle ne représente pas fidèlement la nature circulaire du processus de changement. Nous tentons de compenser cet inconvénient en numérotant les cadres et en notant entre parenthèses le numéro du cadre lorsqu’un cadre fait retour dans un nouveau cadre. Les marqueurs de changement discursif particulièrement significatifs sont les moments où des cadres autrefois appauvris font retour dans des cadres riches en ressources (voir 8.1., 9.1., 9.2.).

Cette carte de RFA permet un examen détaillé de l’évolution et du déroulement d’une conversation dans le temps, dans le cadre d’une « structure en trois actes » (de l’acte I à l’acte III et inversement). L’analyse des transitions discursives entre les actes montre que la thérapeute comme le client ont initié ces déplacements dans les deux sens. La thérapeute a cependant initié les déplacements de l’acte I vers l’acte II, ou de l’acte II vers l’acte III, nettement plus souvent que le client. Un examen plus approfondi montre qu’elle a surtout utilisé des questions ou des énoncés empathiques pour faciliter ces transitions. À l’inverse, le principal initiateur des déplacements dans le sens contraire, de l’acte III vers l’acte II ou de l’acte II vers l’acte I, était généralement (mais pas exclusivement) le client, lorsqu’il livrait des récits saturés par le problème. L’exemple suivant, tiré de la transcription de la séance, montre la manière de distinguer les cadres et les transitions entre eux.

Exemple (de Shazer et al., 2007, p. 113-115).

37) Carl : (les larmes aux yeux) Jusqu’à ce que je penche la tête en arrière et que je dise mes dernières prières, ou je ne sais quoi. Et puis j’ai commencé à couper ; et vous pouvez voir, juste là (montre son cou à la thérapeute).

38) Insoo : Oui. Ouais. Oui, je vois, oui.

39) Carl : … et j’ai juste de la chance d’être en vie aujourd’hui. Vous savez, de pouvoir en parler, parce que je ne savais pas qu’il y avait un couteau plus tranchant à côté, mais j’ai pris ce couteau-là parce que c’était le plus grand.

40) Insoo : Ouais.

41) Carl : Alors je pensais que j’aurais fait plus de dégâts, ou quelque chose comme ça.

42) Insoo : D’accord.

43) Carl : Alors je, je ne sais pas ; je remercie Dieu chaque jour, vous savez. (pause)

44) Insoo : Alors, qu’est-ce qui a aidé ? Qu’est-ce qui a aidé pour que ça n’aille pas jusqu’au bout ? (montre son propre cou)

45) Carl : C’est, enfin, je ne sais pas. Enfin, quand j’étais… le couteau n’était pas… il n’était pas si tranchant, c’était comme un couteau à beurre ou un truc comme ça.

46) Insoo : Ouais. (semble surprise)

47) Carl : C’était juste, vous voyez, alors j’ai fait en sorte qu’il puisse couper plus fort, donc en fait j’ai forcé.

48) Insoo : Ouais.

49) Carl : Voilà. (pause)

50) Insoo : Et vous dites que ce n’est pas la première fois. C’est déjà arrivé d’autres fois aussi.

51) Carl : C’est arrivé d’autres fois, mais cette fois-ci, c’est la pire.

52) Insoo : C’est la pire fois jusqu’ici.

53) Carl : Ouais. D’autres fois, c’était genre me brûler avec un fer à repasser, ou un truc comme ça, genre juste là.

54) Insoo : Ouais. Waouh.

55) Carl : … ou un truc comme ça.

56) Insoo : Ouais.

57) Carl : Enfin, j’avais toutes sortes de pensées dans la tête…

58) Insoo : Ouais.

59) Carl : … que je, vous savez, je prie juste Dieu de ne plus y penser. Elles viennent juste, vous savez, elles viennent n’importe quand, vous savez, quand je me sens déprimé ou quoi, vous savez, suicidaire, vous savez.

60) Insoo : D’accord. Alors, comment avez-vous réussi à aller à l’école aujourd’hui ?

61) Carl : Eh bien, c’est une longue histoire, ça aussi.

62) Insoo : Quelle nuit… Je veux dire, c’était une nuit terrible que vous avez eue.

63) Carl : Une nuit vraiment terrible.

64) Insoo : Comment avez-vous fait pour être à l’heure à l’école ?

65) Carl : Eh bien, c’est plutôt génial en fait, parce que pendant que tout ce conflit se passait, j’étais chez ma tante…

66) Insoo : Ouais.

67) Carl : … et ils voulaient que je reste dormir. Ils ont dit : tu as besoin de te reposer, ou je ne sais quoi.

68) Insoo : Oui.

69) Carl : J’ai dit non, je veux rentrer à la maison pour pouvoir me lever et aller à l’école le matin.

70) Insoo : Oh là là.

71) Carl : Parce que je n’ai encore raté aucun jour d’école. En tout cas… bon, deux jours, mais ils ont été comptés, vous savez, comme si, vous savez, j’étais là.

72) Insoo : Ouais.

73) Carl : Comme quand j’allais chez le médecin ou un truc comme ça.

74) Insoo : Ouais.

75) Carl : Mais j’ai déjà été deux fois au tableau d’honneur de l’assiduité parfaite, vous savez.

76) Insoo : Mais après une nuit terrible comme celle d’hier, vous êtes quand même venu à l’école.

77) Carl : Ouais.

78) Insoo : Et vous m’avez aidée ; vous essayez de m’aider aujourd’hui… ce matin. Et vous avez même participé au groupe, avec un grand groupe de personnes.

79) Carl : Grand. (sourit)

80) Insoo : Un très grand groupe de personnes. Vous êtes très ouvert, très vif, vous vous exprimez très bien. J’ai été absolument stupéfaite quand j’ai vu… ce que j’ai entendu ce matin et maintenant, parce que je n’ai pas eu l’occasion de vous parler, nous avions tellement à faire. Et vous avez juste été capable de mettre ça de côté, en quelque sorte.

81) Carl : C’est vrai.

L’extrait commence dans le cadre 3.7, où le client décrit l’histoire effroyable de sa tentative de suicide de la nuit précédente. La thérapeute (Insoo) propose de passer à l’acte II par une question centrée sur ce qui a aidé Carl à ne pas se faire plus de mal (énoncé 44). Cette invitation ouvre une nouvelle galerie (4), qui pourrait ouvrir un chemin vers les ressources du client. Carl décrit cependant que le couteau n’était pas assez tranchant (énoncés 45 et 47), ce à quoi la thérapeute répond par une validation, tout en laissant paraître une certaine surprise. Après une courte pause, Insoo enchaîne sur une attention, très inhabituelle chez elle, à la survenue du problème dans le passé, ce qui peut être vu comme un pas en arrière vers l’acte I. Insoo commente elle-même ce pas comme une évaluation informelle du risque suicidaire (de Shazer et al., 2007, p. 114). Quoi qu’il en soit, il s’agit d’un mouvement de l’acte II vers l’acte I initié par la thérapeute, ce qui est rare dans cette séance. La nouvelle invitation vers l’acte II vient à nouveau de la thérapeute, à l’énoncé 60, lorsqu’elle se centre sur la manière dont Carl est arrivé à l’école après une nuit si difficile. Plus tard dans la séance (surtout dans le cadre 8.1), l’école émerge comme une ressource clé, qui apporte à Carl motivation et soutien dans les situations difficiles. Cette ressource est ensuite mobilisée, ou « activée », au cours de la conversation (dans le cadre 14.2, qui ne figure pas dans l’extrait de carte de RFA de la figure 2 et se situe dans l’acte III, Carl décrit l’école comme une « seconde maison » ; avec d’autres ressources, comme des stratégies d’adaptation (galerie 18), la reconnaissance des signaux d’alerte (galerie 17) ou un nouveau regard sur lui-même (galerie 20), elle forme un ensemble d’éléments interconnectés, importants pour le changement thérapeutique).

Méthodes d’analyse complémentaires

La RFA fournit à elle seule une « carte », ou une « partition », utile d’une conversation thérapeutique, qui permet une vue approfondie de l’ensemble du processus conversationnel (Keeney et al., 2015). Selon les objectifs du projet de recherche, elle peut toutefois être enrichie par d’autres outils et procédures d’analyse, en particulier divers types d’analyses conversationnelles (Bavelas, 2012 ; De Jong et al., 2020 ; Fitzgerald, 2013 ; Korman et al., 2013). Ces méthodes prennent généralement beaucoup de temps et sont exigeantes, si bien qu’il est crucial de choisir, pour l’examen, la partie la plus pertinente de la séance. C’est essentiellement la question de recherche qui guide ce choix. Si notre objectif est d’analyser les moments de changement dans le discours, nous devrions probablement nous concentrer sur les séquences qui couvrent successivement les trois actes (de préférence sans retour en arrière). Dans le cas présenté, nous choisirions les moments de déplacement discursif de la galerie 5 à la galerie 8 (qui couvrent les trois actes), en analysant plus précisément le passage de la galerie 5 à la galerie 6 et de la galerie 7 à la galerie 8. De ce point de vue, la RFA fonctionne comme une stratégie d’échantillonnage efficace, et la carte de RFA indique où porter une attention détaillée.

Une autre méthode d’analyse largement utilisée, étroitement liée à l’analyse conversationnelle, est l’« analyse des cadres » de Keeney (Chenail & Duffy, 2011 ; Keeney, 1990). Cette méthode comporte un système potentiellement complexe pour analyser et transcrire les relations entre différents cadres et leurs changements dans le temps. Le modèle de l’action discursive (DAM, Discursive Action Model), bien connu en psychologie discursive (Edwards & Potter, 1992 ; Lester et al., 2018 ; Wiggins, 2017), offre une autre méthode d’analyse adaptée. Le DAM permet de se concentrer sur trois niveaux : (a) l’action, (b) le fait et l’intérêt, et (c) la responsabilité. L’examen des procédés discursifs (Wiggins, 2017) peut constituer un complément intéressant à l’analyse par la RFA. À l’avenir, il sera peut-être possible d’observer les changements discursifs entre les actes à l’aide de systèmes automatisés fondés sur l’IA (Imel et al., 2015 ; Smink et al., 2019).

Gestion de la qualité de la recherche

Une recherche menée avec la méthode RFA doit toujours comporter une gestion de la qualité. De nombreuses lignes directrices qui soutiennent le contrôle de la qualité de la recherche qualitative en général existent déjà (Denzin & Lincoln, 2005 ; Lincoln & Guba, 1985 ; Silverman, 2004). Des lignes directrices particulièrement adaptées à la gestion de la qualité des analyses discursives sont également disponibles (Avdi & Georgaca, 2007 ; Lester et al., 2018 ; Tseliou, 2013). Une analyse approfondie des différents critères de qualité dépasse le cadre de cet article. Nous pouvons néanmoins résumer brièvement quelques aspects pertinents pour les RFA en matière de soin apporté à la qualité de la recherche :

  • La dénomination des cadres s’en tient autant que possible au langage employé.
  • L’accent est mis sur la performance plutôt que sur l’interprétation (p. ex. ce qu’un passage dit de la personne suivie ou de la personne thérapeute).
  • Les transformations des cadres sont suivies, et la redécouverte, dans de nouveaux contextes, de thèmes du passé (récursivité) est mise en évidence.
  • Traitement transparent et éthique des données.
  • Résultats étayés par les données (transcriptions).
  • Implication de perspectives multiples, éventuellement une démarche consensuelle.
  • Mise en visibilité de la progression de la conversation vers les ressources à l’aide d’une structure en trois actes.
  • Présentation illustrée des résultats.
  • Formulation des résultats qui tient compte des limites de la méthode de recherche choisie.

Réflexions finales

La RFA est une méthode de recherche qui permet de visualiser les processus conversationnels et d’en approfondir la compréhension. Repérer les facteurs influents au sein de ces processus peut profiter à toutes les personnes qui prennent part aux dialogues thérapeutiques, car cela peut aider à rendre les séances plus pertinentes pour les personnes suivies. L’équipe à l’origine de la RFA affirme que cette approche pourrait aider à renforcer l’aspect « artistique » ou « performatif » de ces conversations d’aide (Keeney et al., 2012). Elle fournit un retour immédiat sur la performance de la personne thérapeute pendant la séance, parce qu’elle rend évident si le discours a progressé ou si la séance est restée bloquée. Cette même équipe note que ce type de recherche est en lui-même un art, ce qui suggère que les deux sont entrelacés.

La pratique de l’analyse n’est pas différente de la performance vivante qu’elle étudie, car, en s’efforçant de discerner et de suivre le changement, elle accomplit aussi le changement. La RFA demande à la personne qui fait la recherche d’interagir de manière créative avec le discours examiné, en inspirant une action qui crée de la distinction. Cette cartographie est plus qu’un tracé ; c’est une danse avec une ligne d’action passée, d’une manière qui donne une vie présente à la fois à la carte indiquée et au territoire distingué, chacun faisant émerger pour l’autre des cadres génératifs. Discerner la vie dans une séance orientée vers le changement demande une recherche dont la performance prend vie. Nous devons refaire la quête du changement que la personne suivie et la personne qui pratique ont d’abord parcourue. Dans cette re-cherche, nous pourrions découvrir que notre compréhension, et notre manière de participer à sa construction, changent aussi. (Keeney et al., 2012, p. 70).

Le lien circulaire, ou récursif, entre pratique, recherche et théorie est important pour tout le champ de la psychothérapie, et la RFA pourrait y apporter une contribution bénéfique.

Complexe Systémique : à retenir

Pour la clinique systémique, l’intérêt de la RFA est de rendre visible ce que l’on sent en séance sans pouvoir le montrer : le moment où la conversation quitte le cadre appauvri du problème, s’aventure vers autre chose, puis y revient ou se stabilise ailleurs. La carte en trois actes que propose l’équipe tchèque et polonaise se construit avec un simple tableau et se relit comme une partition. L’extrait de la séance d’Insoo Kim Berg avec Carl, 17 ans, au lendemain d’une tentative de suicide, en donne une illustration saisissante : une question sur la manière dont il a pu se rendre à l’école ouvre une ressource qui traversera toute la séance. La méthode peut aussi servir à relire ses propres enregistrements, pour repérer qui initie les avancées et les retours. Ses limites sont assumées : pas de manuel unique, une notation qui dépend du regard de l’équipe, une présentation en colonnes qui écrase la circularité, et un article de méthode qui n’offre qu’un bref exemple, sans étude complète. À lire avec le plaidoyer pour l’enregistrement vidéo de sa pratique, et avec l’analyse conversationnelle des reprises en dialogue ouvert.

Notes de l’original

1 Bateson emploie le terme « différence », tandis que Spencer-Brown et Keeney emploient le terme synonyme « distinction ».

2 Chenail ne distingue explicitement que les trois premiers niveaux d’analyse (sémantique, séquentiel et pragmatique) ; le niveau consensuel est inclus de manière plutôt implicite dans ses écrits, par la référence au travail des équipes qui analysent ensemble les enregistrements de séances de thérapie (Chenail, 1995 ; Chenail & Duffy, 2011).

3 Un enregistrement vidéo de cette séance est disponible sur le DVD pédagogique I’m glad to be alive…: Working with suicidal youth (SFBTA). La transcription complète de la séance figure dans l’ouvrage More than Miracles, au chapitre « My real self » (de Shazer et al., 2007, p. 111-132). Les numéros des énoncés n’y figurent malheureusement pas.

Financement. Publication en libre accès soutenue par les institutions participant à l’accord transformant CzechELib.

Liens d’intérêts. L’équipe de recherche déclare n’avoir aucun lien d’intérêts.

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Traduction non officielle en français de L’analyse récursive des cadres, une méthode de recherche sur le processus de changement en psychothérapie, par Leoš Zatloukal, Pavlína Jurníčková et Jacek Szczepkowski, Contemporary Family Therapy, vol. 48, no 2 (2026), doi : 10.1007/s10591-025-09754-y, sous licence CC BY 4.0. Traduction et mise en page : Complexe Systémique, septembre 2026 — l’œuvre a été modifiée au sens de la licence (tableau présenté en liste, figures en anglais). Ni les auteurs ni l’éditeur ne répondent de cette traduction ; la version originale fait foi.

Traduction française non officielle de « Recursive Frame Analysis as a Method of Psychotherapy Change Process Research », publié dans Contemporary Family Therapy (2026) sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique, elle n’émane ni des auteurs ni de l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ; la version originale fait foi.

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Comment citer cet article

Zatloukal, L., Jurníčková, P., et Szczepkowski, J. (2026). L’analyse récursive des cadres, une méthode de recherche sur le processus de changement en psychothérapie (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/l-analyse-recursive-des-cadres-une-methode-de-recherche-sur-le-processus-de-changement (Œuvre originale publiée en 2025 dans Contemporary Family Therapy, 48(2), 185-197 (2026) ; republiée en 2026 par Contemporary Family Therapy, https://link.springer.com/article/10.1007/s10591-025-09754-y)

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