Journal of Solution Focused Practices · Pratique réflexive

Filmer sa pratique : plaidoyer pour l’enregistrement vidéo

Jennifer Gerwing, chercheuse en microanalyse du dialogue en face à face, plaide pour que les praticiens filment leurs séances — non pour se juger, mais parce que le dialogue est à la fois persistant et éphémère : il laisse chez le client des traces durables alors que le détail de ce qui les a produites s’efface aussitôt. À l’appui, seize lignes d’une séance de Steve de Shazer transcrites depuis la vidéo, où l’on voit se construire pas à pas, geste après silence, la prise de conscience soudaine d’un client. Sans enregistrement, écrit-elle, le praticien risque de ne retenir que ses propres questions et de manquer tout le travail de co-construction qui y a mené.

Autrice Jennifer Gerwing, Akershus University Hospital, Health Services Research Unit (HØKH), Sykehusveien 25, Lørenskog, Norvège 1478Première parution Journal of Solution Focused Practices, vol. 5, n° 1, 2021Traduction Complexe Systémique, traduction non officielle

Traduction française non officielle. Cet article est la traduction de A Case for Videorecording Practice, par Jennifer Gerwing, publié dans Journal of Solution Focused Practices, vol. 5, n° 1 (2021), doi : 10.59874/001c.74979, sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique en septembre 2026 : le texte a été traduit et remis en page, ce qui constitue une modification de l’œuvre au sens de la licence. Dans la transcription, l’autrice marque la synchronisation précise par un soulignement ; ce soulignement est absent du fichier d’origine et a été reconstitué d’après la position de chaque ligne en italique sous le mot qu’elle accompagne, calibrée sur les deux cas que l’autrice nomme elle-même dans son analyse. Cette traduction n’a été réalisée ni par l’autrice ni par l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ni d’éventuelles erreurs. La version originale fait foi.

Introduction

Pour les thérapeutes ou les coachs et leurs clients, parler compte. C’est en parlant que les praticiens apprennent à connaître leurs clients, recueillant peut-être leurs espoirs pour l’avenir ou découvrant ce qu’ils pourraient trouver utile. En écoutant attentivement, les praticiens peuvent discerner beaucoup de choses, peut-être des indices des forces et des ressources actuelles du client. En parlant ensemble, ils peuvent attirer l’attention du client sur ce qui va déjà bien. Ce faisant, ils l’encouragent à formuler le prochain petit pas vers un avenir préféré, et les signes de progrès. Dans ces conversations, les clients peuvent avoir des aperçus nouveaux, parvenir à des compréhensions et prendre des décisions.

Un des lieux où l’on parle est le dialogue en face à face : praticiens et clients s’assoient ensemble, se regardent, s’écoutent et ont une conversation. Le dialogue, en face à face ou au téléphone, possède quelques caractéristiques qui lui sont propres. Elles méritent qu’on s’y arrête, parce qu’elles ont des conséquences pour la pratique. Je présente ici quatre de ces caractéristiques, sous la forme de contradictions apparentes.

Le dialogue en face à face est à la fois persistant et éphémère

Prenez un instant pour vous rappeler l’une de vos conversations les plus récentes. Fermez les yeux et concentrez-vous vraiment sur ce dont vous vous souvenez.

Des moments de cette conversation peuvent persister dans votre mémoire. Ces restes peuvent être des instantanés fragmentaires de quelque chose que l’autre personne a dit ou fait, quelques échanges, ce que vous avez ressenti à un moment donné, ou l’impression générale avec laquelle vous êtes reparti. Nos souvenirs de conversations ne font pas qu’exister passivement à l’arrière-plan. Le souvenir des conversations influence des actions concrètes dans le monde. Certaines conséquences sont relativement anodines (par exemple, suivre la recommandation d’un ami pour une nouvelle série télévisée). D’autres peuvent changer une vie (par exemple, commencer un traitement particulier après une consultation chez le médecin). Dans les conversations avec des thérapeutes et des coachs, ce qui peut persister pour les clients, ce sont par exemple des espoirs, des aperçus, des projets, des prochains pas, des perspectives nouvelles. De nouvelles perceptions de soi et de sa propre histoire peuvent motiver des actions concrètes qui enrichissent la vie.

Malgré tous ces résultats persistants et lourds de conséquences, les conversations sont elles-mêmes des événements éphémères. Les gens disent beaucoup de choses, ils hochent la tête, ils rient, ils bougent les sourcils, les mains et les bras. Ils disent aussi les mots de différentes façons, imprégnant leur parole d’accentuation et d’un ton démonstratif. Phénomènes fugaces, une myriade de détails passent inaperçus et ne laissent aucune trace repérable. La pure abondance du détail, à quoi s’ajoute notre incapacité à nous voir nous-mêmes, fait qu’il n’y a rien d’étonnant à ce que le souvenir de ces détails ne puisse être ni complet ni exact.

La persistance et le caractère éphémère, ces deux propriétés du dialogue, se combinent de telle sorte que nous quittons souvent une conversation avec des impressions, des idées nouvelles ou des décisions, sans pouvoir nous rappeler pleinement les processus par lesquels elles sont advenues. Des choses conséquentes se sont produites, mais comment elles se sont produites, exactement, peut rester un mystère pour les interlocuteurs.

Le dialogue en face à face est à la fois quantique et incrémental

Les conversations engendrent parfois des moments « a-ha », c’est-à-dire des moments de compréhension ou de découverte soudaine (Oxford English Dictionary, 2020). On peut caractériser les moments a-ha comme quantiques, au sens de transitions abruptes (petites ou grandes). Pour les clients, de tels sauts quantiques peuvent être une manière inattendue et entièrement neuve de penser le passé, ou la prise de conscience soudaine qu’ils sont déjà en train de créer leur avenir préféré, par des voies jusque-là inaperçues. Au cours des conversations, ces aspects inaperçus du passé peuvent devenir soudain disponibles pour la réflexion, l’appréciation et l’amplification. Prenons un exemple. Il vient d’une séance de thérapie réelle (de Shazer, 1994). Le client avait décrit son « problème d’alcool ». Trois minutes après le début de la consultation, après que le thérapeute lui a demandé quel avait été son dernier bon jour, le client s’est soudain rendu compte que chacun des jours récents avait été un bon jour. Jusqu’à ce que le thérapeute attire son attention dessus, cet aspect de son passé immédiat lui était invisible. À ce moment de la conversation, le client a pris soudainement conscience du fait qu’il allait déjà bien.

La contradiction apparente est la suivante : malgré leur capacité à engendrer de tels sauts quantiques, les comportements conversationnels sont bornés par le temps. Les conversations ne peuvent avancer que de façon incrémentale, à mesure que les participants se répondent les uns aux autres, seconde après seconde (Bavelas et al., 2016).

Ce processus pas à pas devient visible si l’on replace l’exemple ci-dessus dans son contexte interactif. Dans l’extrait ci-dessous, l’aperçu du client (le fameux saut quantique) survient à la ligne 12. L’extrait commence à 3 minutes et 2 secondes de la séance. (Dans l’extrait, les silences sont indiqués par leur durée en secondes, les actions visibles sont décrites en italique, les mots soulignés indiquant leur synchronisation précise, et les chevauchements de parole sont entre crochets. J’invite le lecteur à jouer les gestes et les mimiques en lisant l’extrait, pour éprouver directement leur caractère démonstratif ; McNeill, 1985. La transcription est la mienne, faite à partir de la vidéo, mais on la trouve aussi dans un contexte plus large chez de Shazer (1994, p. 246-271). La vidéo n’est pas datée, son usage est restreint à la recherche, et elle a été obtenue auprès du Brief Family Therapy Center.)

Extrait de séance, à 3 min 2 s

1. Thérapeute – Eh bien (0,90 s) et pour ces dernières semaines (0,50 s)

2. Certains jours ont été (0,46) meilleurs
petit balancement de tête

3. [que d’autres]

4. Client – [certains jours] oui ça a été le cas

5. Thérapeutem-hm
hoche la tête

6. Client – Certains jours ont été meilleurs (0,70 s)

7. Thérapeute – D’accord, et euh quel a été le dernier bon jour (0,97 s)
geste interactif

8. Sans
agite une main d’avant en arrière

9. (0,72 s)
haussement facial + écarte les bras sur les côtés

10. Client – Problèmes, hein

11. Thérapeute – m-hm (3,0 s)

12. Client – Presque tous les jours (0,64 s)
secoue la tête, le regard détourné du thérapeute

13. Thérapeute – m-hm

14. ClientC’est juste la partie physique
continue de secouer la tête, le regard détourné du thérapeute

15. vraiment
regarde le thérapeute

16. Qui vous savez me rend les choses inconfortables quand je bois
petit haussement d’épaules

La transcription montre qu’aux lignes 1 à 3, le thérapeute a posé une question en marquant une brève pause à la ligne 1 (une demi-seconde) après avoir invité le client à s’orienter vers une période précise (ces dernières semaines), puis de nouveau à la ligne 2, en orientant le client vers un sous-ensemble de cette période, « certains jours ». Ce n’est qu’ensuite qu’il lui demande d’examiner si certains ont été meilleurs que d’autres. Le client coopère immédiatement, à tel point que sa réponse chevauche les deux derniers mots de la question du thérapeute. Après que le thérapeute a accepté cette réponse (par le « m-hm » et le hochement de tête de la ligne 5), le client la reformule, en reprenant cette fois quelques mots de la demande du thérapeute (« ont été meilleurs »). À la ligne 7, le thérapeute prend appui sur cette compréhension en posant une autre question : quel a été le dernier bon jour. Il accompagne sa question d’un certain nombre d’actions visibles. Le « quel » de la ligne 7 est synchronisé avec un mouvement de main très rapide, paume vers le haut, en direction du client. Ce geste interactif (Bavelas et al., 1992) met en relief le « quel » et invite le client à fournir cet élément. À la ligne 9, le thérapeute accompagne sa presque seconde de silence d’une mimique faciale, abaissant brièvement les commissures de ses lèvres (c’est-à-dire un haussement facial, facial shrug, Debras, 2017). Si la signification précise d’un haussement facial dépend fortement du contexte, les locuteurs tendent à s’en servir pour marquer leur indécision sur ce qu’il faut dire (Debras, 2017) ; l’usage qu’en fait le thérapeute pendant le silence qui suit le mot « sans » suggère cet emploi. Il écarte aussi largement les bras, dans un geste interactif plus incarné, qui encourage le client à fournir la fin de la question. Le client coopère de nouveau en fournissant ce dont il voudrait être exempt : des problèmes. Ainsi, à la ligne 10, les deux ont co-construit la question : ces dernières semaines, quel a été le dernier bon jour sans problèmes. Le thérapeute confirme cette construction de la question à la ligne 11 et, en gardant le silence pendant les 3,0 secondes qu’il faut au client pour répondre, il lui laisse la place de réfléchir avant de répondre. Après cette pause de trois pleines secondes — une durée longue au regard des autres silences de ce bref extrait —, le client livre son aperçu : presque chaque jour du passé récent a été un bon jour sans problèmes. Il secoue la tête en répondant. Comme pour les haussements faciaux, la signification de ce mouvement de tête est fortement contextualisée (McClave, 2000) ; ici, intégrée à un ton de voix légèrement surpris et à un changement abrupt de sujet par rapport à la partie antérieure de l’interaction, elle pourrait indiquer une intensification de l’aperçu.

Ce bref parcours dans une fraction d’une conversation bien plus longue montre que le thérapeute a préparé le terrain de l’aperçu du client bien en amont, en orientant celui-ci vers son passé récent, en confirmant que certains jours avaient été meilleurs que d’autres, et en permettant au client et au thérapeute de co-construire la question. Le thérapeute a utilisé ses mots et, surtout, ses actions visibles pour inviter le client à participer activement. Petit à petit, les deux individus de cette conversation se sont répondus l’un à l’autre, construisant de façon incrémentale de nouvelles compréhensions qui ont mené à ce qui est peut-être un basculement quantique dans la façon dont le client a pu interpréter son passé récent. Les conversations entre clients et thérapeutes ou coachs regorgent de moments intéressants, terrain fertile pour examiner le processus qui y a mené et pour y réfléchir.

Une digression du côté des questions pratiques

Bien que le propos principal de cet essai soit de promouvoir l’usage de la vidéo pour examiner des moments de pratique, une ou deux questions pratiques doivent être mentionnées ici. D’abord, dans l’extrait, j’ai pu inclure une analyse des comportements visibles, mais seulement de ceux qui avaient été captés par l’enregistrement vidéo, filmé en passant du thérapeute au client. La caméra a montré le thérapeute depuis presque toute la ligne 1 (le mot « semaines » et les 0,5 s de silence) jusqu’à la ligne 12 (pendant les mots du client, « presque tous les jours »). Par conséquent, la façon dont le client a pu intégrer mimiques, mouvements de tête ou gestes à sa propre parole aux lignes 4, 6, 10 et 12 est indisponible pour l’analyse. De plus, ce que le client faisait pendant qu’il écoutait, chose qui était visible pour le thérapeute, est invisible pour l’analyste. Lorsque la caméra est passée du thérapeute au client (ligne 12, aux 0,64 s de silence du client, jusqu’à la fin de l’extrait), toute action visible du thérapeute est devenue indisponible pour l’analyse. Ainsi, la première question pratique pour qui envisage d’utiliser la vidéo afin d’observer sa propre pratique est que le praticien et le client doivent tous deux être pris dans le champ de l’enregistrement, afin que les micro-contingences visibles de l’interaction soient disponibles pour une analyse fine.

La seconde question pratique est la suivante : mon interprétation des séquences d’interaction a été guidée par la microanalyse du dialogue en face à face (Bavelas et al., 2016), en ce que j’ai utilisé ce que nous appelons une « lentille microanalytique » (Gerwing et al., 2019). Cette lentille est la discipline interprétative qui guide notre analyse de l’interaction, et celle de bien d’autres. Elle comporte quatre composantes : (a) se centrer sur des comportements observables (par exemple les mots et les actions visibles), (b) analyser ces comportements à des moments précis de l’interaction (comme les moments examinés plus haut), (c) dériver la signification des comportements des participants de leur place dans la séquence temporelle (c’est-à-dire noter ce qui se passe immédiatement avant et après), et (d) utiliser ces observations et le contexte d’ensemble pour considérer comment ce comportement fonctionne à ce moment-là. J’ai complété la brève analyse par quelques travaux qui utilisaient une lentille compatible. Outre la microanalyse, je me suis appuyée sur une théorie et des données expérimentales qui montrent comment les participants intègrent leur parole à leurs actions visibles (par exemple Bavelas & Chovil, 2000). De fait, Steve de Shazer, le thérapeute de l’exemple, donnait aux silences, aux gestes et aux expressions faciales le même statut qu’aux mots, comme faisant partie du langage (de Shazer, 1994). Enfin, sans la nommer comme telle, je me suis appuyée sur des travaux empiriques montrant que les interlocuteurs co-construisent le sens au moyen du micro-processus de calibrage (Bavelas et al., 2017 ; De Jong et al., 2020).

Complexe Systémique · dans l’atlas

Le programme de recherche dont il est question ici est celui de Les fondements théoriques et empiriques de la co-construction du sens dans le dialogue, de Janet Beavin Bavelas, Peter De Jong, Sara Smock Jordan et Harry Korman, dont Jennifer Gerwing est la collaboratrice de longue date. Comment votre écoute agit sur vos conversations, d’Elfie J. Czerny et Dominik Godat, tire de la même recherche des conséquences pour les réponses d’auditeur.

Si l’idée d’enregistrer votre propre pratique et d’y réfléchir vous inspire, mais que vous craignez de manquer du bagage scientifique nécessaire, ne laissez pas cela vous arrêter. La brève analyse que j’ai présentée ici l’a été depuis ma propre position de chercheuse, pour qui l’étude de l’usage du langage est une passion et une occupation particulières. Il se trouve que je connais certaines méthodologies, certaines théories et certains travaux, mais atteindre ce niveau de connaissance n’est certainement pas un préalable pour se servir de la vidéo afin d’apprendre de sa propre pratique (même si j’espère que mes références éveilleront quelque curiosité). Plutôt que de vous laisser dissuader par des idées d’expertise spécifique, vous pouvez nourrir vos curiosités simplement en commençant à regarder de la pratique réelle enregistrée en vidéo, la vôtre ou celle d’autres. L’examen serré, énoncé par énoncé, de la façon dont le praticien et le client se répondent (guidé peut-être par les quatre composantes de la lentille microanalytique) peut produire des aperçus utiles, qui ont des conséquences pour la pratique.

Pour conclure : la responsabilité des praticiens

Les aperçus que les clients ont au cours des conversations avec un thérapeute ou un coach peuvent persister comme résultats, en leur donnant peut-être un sens nouveau de leurs forces et de leurs ressources. En raison de la nature éphémère du dialogue, les clients ne se souviendraient probablement pas du détail du processus qui a mené à ces aperçus. Mais ils n’ont pas besoin de le faire ; il suffirait que ces aperçus contribuent à mobiliser de nouveaux progrès.

Pour les praticiens, s’ils n’ont pas enregistré la séance en vidéo, le détail exact de l’interaction serait tout aussi inaccessible à la réflexion. En revenant sur leurs séances, ils pourraient se rappeler qu’ils ont posé quelques questions auxquelles le client a répondu avec intérêt, mais ils pourraient être incapables de se remémorer la myriade de micro-comportements qui se sont déployés de façon incrémentale pour faire advenir ces moments, et d’y réfléchir. Au bout du compte, ces praticiens pourraient se fixer sur les seules interventions elles-mêmes, comme les questions qu’ils ont posées. Ils pourraient se concentrer sur la manière de formuler de bonnes questions, plutôt que de remarquer tout le travail de co-construction qui y a mené.

L’inaccessibilité de chaque détail conversationnel constitue la réalité de notre expérience quotidienne, et d’ordinaire cela n’a pas vraiment d’importance. Mais pour les praticiens dont la parole est le moyen d’exercer, capturer ce qui était éphémère peut être un moyen premier de pratique réflexive. Un enregistrement vidéo de la pratique qui montre à la fois le thérapeute et le client révèle les détails observables qui ont mené, de façon incrémentale, aux moments intéressants de la conversation. Il peut permettre aux praticiens de repérer ces moments exacts et de découvrir comment ils sont survenus. Dans l’extrait présenté ici, quelques indices observables d’un basculement quantique étaient la pause significative du client avant de répondre, un changement subtil de son intonation, et la transformation de « certains jours ont été meilleurs » en « presque tous les jours ». La façon dont ces moments sont survenus était un processus auquel les deux interlocuteurs ont contribué, le thérapeute et le client co-construisant la question et laissant au client un temps suffisant pour répondre. Un enregistrement vidéo met à nu le processus de co-construction qui est toujours à l’œuvre dans le dialogue, que nous choisissions ou non d’en être conscients. De tels enregistrements permettent aux praticiens d’examiner précisément la manière dont ils ont influencé le déroulement de l’interaction. Parler compte vraiment ; capturer les détails de la parole est un élément essentiel pour développer une méta-conscience réflexive de sa propre pratique et de celle des autres.

Références

Bavelas, J. B., & Chovil, N. (2000). Visible acts of meaning: An integrated message model of language in face-to-face dialogue. Journal of Language and Social Psychology, 19(2), 163-194. https://doi.org/10.1177/0261927X00019002001

Bavelas, J. B., Chovil, N., Lawrie, D. A., & Wade, A. (1992). Interactive gestures. Discourse Processes, 15(4), 469-489. https://doi.org/10.1080/01638539209544823

Bavelas, J. B., Gerwing, J., & Healing, S. (2017). Doing mutual understanding. Calibrating with micro-sequences in face-to-face dialogue. Journal of Pragmatics, 121, 91-112. https://doi.org/10.1016/j.pragma.2017.09.006

Bavelas, J. B., Gerwing, J., Healing, S., & Tomori, C. (2016). Microanalysis of face-to-face dialogue: An inductive approach. Researching interaction communication behavior: A sourcebook of methods and measures (pp. 129-157). Sage Publications, Inc. https://doi.org/10.4135/9781506349169.n9

De Jong, P., Smock Jordan, S., Healing, S., & Gerwing, J. (2020). Building miracles in dialogue: Observing co-construction through a microanalysis of calibrating sequences. Journal of Systemic Therapies, 39(2), 85-109. https://doi.org/10.1521/jsyt.2020.39.2.84

de Shazer, S. (1994). Words were originally magic. W.W. Norton & Co.

de Shazer, S. (sans date). $250,000 is enough. Vidéo de recherche à usage restreint, Brief Family Therapy Center.

Debras, C. (2017). The shrug: Forms and meanings of a compound enactment. Gesture, 16(1), 1-34. https://doi.org/10.1075/gest.16.1.01deb

Gerwing, J., Healing, S., & Sundman, P. (2019, novembre). Developing a microanalytic lens: A new teaching model for gaining insight into practice [Poster presentation]. Conference on Solution Focused Practices, Montréal, Canada. https://doi.org/10.13140/RG.2.2.25813.24803

McClave, E. Z. (2000). Linguistic functions of head movements in the context of speech. Journal of Pragmatics, 32(7), 855-878. https://doi.org/10.1016/S0378-2166(99)00079-X

McNeill, D. (1985). So you think gestures are nonverbal? Psychological Review, 92(3), 350. https://doi.org/10.1037/0033-295X.92.3.350

OED Online. Septembre 2020. Oxford University Press. https://www.oed.com/view/Entry/4265 (consulté le 27 novembre 2020).

Traduction française non officielle de A Case for Videorecording Practice, par Jennifer Gerwing, Journal of Solution Focused Practices, vol. 5, n° 1, 2021, 10.59874/001c.74979, sous licence CC BY 4.0. Traduction et mise en page : Complexe Systémique, septembre 2026 — l’œuvre a été modifiée au sens de la licence. Dans la bibliographie, les liens passant par le proxy de bibliothèque de l’université de Victoria ont été rétablis sous leur forme publique, et l’adresse électronique personnelle de l’autrice n’a pas été reproduite. Ni l’autrice ni l’éditeur ne répondent de cette traduction ; la version originale fait foi.

Traduction française non officielle de « A Case for Videorecording Practice », publié dans Journal of Solution Focused Practices (2021) sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique, elle n’émane ni des auteurs ni de l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ; la version originale fait foi.

Lire l’article original

Comment citer cet article

Gerwing, J. (2021). Filmer sa pratique : plaidoyer pour l’enregistrement vidéo (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/filmer-sa-pratique-plaidoyer-pour-l-enregistrement-video (Œuvre originale publiée en 2021 dans Journal of Solution Focused Practices, vol. 5, n° 1 ; republiée en 2021 par Journal of Solution Focused Practices, https://journalsfp.org/article/74979)

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