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Journal of Solution-Focused Brief Therapy · Prise de position
La thérapie brève orientée vers les solutions se présente comme une approche (conceptuellement) simple ; les tentatives pour la définir, elles, ne le sont pas. Avec la montée des approches « fondées sur les forces » et de la résilience, il est devenu facile de diluer ou d’élargir la définition de la thérapie brève orientée vers les solutions jusqu’à la vider presque de son sens. Cet article examine quelques-unes des difficultés qu’il y a à construire une définition de l’approche et propose des caractéristiques nécessaires.
Traduction française non officielle. Cet article est la traduction de Confessions of an Unashamed Solution-Focused Purist: What Is (and Isn’t) Solution-Focused?, par Michael Durrant, publié dans Journal of Solution-Focused Brief Therapy, vol. 2, n° 1 (2016), doi : 10.59874/001c.75114, sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique en septembre 2026 : le texte original a été traduit en français et remis en page, ce qui constitue une modification de l’œuvre au sens de la licence. Cette traduction n’a été réalisée ni par l’auteur ni par l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ni d’éventuelles erreurs. La version originale fait foi.
D’autres choses peuvent très bien être utiles… et il peut m’arriver de les approuver… mais je ne les considère pas comme orientées vers les solutions.
Michael Durrant
Les gens me disent souvent, à propos des qualités de tel programme ou de telle idée : « et… ça, c’est un programme VRAIMENT orienté vers les solutions ! » Ces personnes ont ensuite l’air un peu déçues que je ne partage pas leur enthousiasme. Presque à coup sûr, le programme ou l’idée en question est de ceux que je soutiendrais volontiers et que je recommanderais avec plaisir… POURTANT, bien souvent, mon avis est que ce n’est PAS orienté vers les solutions.
Alors, qu’est-ce qui fait qu’une chose est « orientée vers les solutions » ?
Il y a un problème avec le mot « solution » dans le nom de notre approche. Dans la plupart des langues, le mot « solution » appelle le mot « problème ». Autrement dit, une solution est la solution d’un problème. Sans problème, pas de solution. C’est comme ça que ça marche en mathématiques !
J’ai consulté mon médecin pour un problème de santé. Il m’a dit que « la cause principale, c’est d’avoir plus de 50 ans ». Pas grand-chose à y faire ! Il a poursuivi : « Mais ne nous focalisons pas sur ce qui a pu le causer… on ne peut pas résoudre ça… concentrons-nous plutôt sur ce qu’il faut faire. » Il m’a alors énuméré tout ce que je devais faire pour « résoudre » ce problème (ou… du moins… le gérer). Cela comprenait la prise de certains médicaments qu’il m’a prescrits.
Mon comptable s’appelle Sydney Financial Solutions. Le cabinet a pour objet de maximiser les revenus, de réduire l’impôt, ou quelque autre but qui semble toujours m’échapper. À cette fin, il prodigue conseils et expertise. Si je lui soumets un problème financier, il se chargera fidèlement de lui trouver une solution. On y étudie le droit fiscal, on puise dans l’expérience et la sagesse de la maison, et l’on me dit dans le détail ce que je dois faire.
Dans les deux cas, si je fais ce que les spécialistes qui me conseillent me disent de faire, mon embarras sera probablement résolu… et cela me satisfera probablement. Dans les deux cas, c’est moi qui ai le problème… et c’est EUX qui me disent la solution. Mon médecin comme mon comptable me diront probablement qu’ils se concentrent sur les solutions plutôt que sur les problèmes.
Se concentrer sur les solutions s’accorde bien avec les idées modernes du genre « passer à autre chose », « aller de l’avant », « ne pas s’enliser dans le passé », « regarder devant, pas derrière »… ce sont des injonctions courantes dans le lexique du développement personnel d’aujourd’hui.
« Solutions » est devenu un mot à la mode.
Des gens m’ont dit : « moi, je travaille orienté solutions… je ne m’embarrasse pas de toutes ces histoires d’enfance, je vous dis simplement quelle est la solution ! » Du point de vue de la langue, c’est parfaitement raisonnable : la personne est bien centrée sur la solution plutôt que sur le problème. Pourtant, la plupart des thérapeutes de l’orientation solutions ne rangeraient pas une approche du type « je vous dis simplement quelle est la solution ! » dans ce que nous entendons par orienté vers les solutions.
D’autres m’ont dit, en réunion : « orientons-nous vers les solutions… faisons un remue-méninges sur ce que nous allons FAIRE. » Sous-entendu : en nous concentrant sur ce que nous allons faire plutôt qu’en analysant le problème, notre démarche serait en quelque sorte « orientée vers les solutions ». Là non plus, cela ne correspond pas à ce que j’entends par orienté vers les solutions.
En 1997, de Shazer et Berg ont proposé une « définition » de la thérapie brève orientée vers les solutions (SFBT) et suggéré quatre « traits caractéristiques » de l’approche.
de Shazer et Berg, 1997, p. 123
(1) À un moment ou à un autre du premier entretien, la « question du miracle » sera posée.
(2) Au moins une fois pendant le premier entretien, puis lors des suivants, il sera demandé à la personne reçue d’évaluer quelque chose sur une échelle de « 0 → 10 » ou « 1 → 10 ».
(3) À un moment de l’entretien, une pause sera prise.
(4) Après cette interruption, quelques compliments seront adressés à la personne reçue, parfois (souvent) suivis d’une suggestion ou d’une tâche à domicile (souvent appelée « expérience »).
Ils ajoutent : « Dès lors qu’une personne non initiée dispose de la description de ces quatre caractéristiques, leur présence ou leur absence est facile à repérer. S’il en manque une ou plusieurs, alors… nous devons conclure que la thérapie pratiquée n’est pas de la SFBT » (p. 123).
Leur définition reposait donc uniquement sur la présence ou l’absence de techniques particulières. de Shazer et Berg précisent bien qu’il s’agit d’une « définition de recherche » de la SFBT, et que le travail clinique peut être plus souple tout en restant de la SFBT ; leur message n’en est pas moins clair.
Seulement, nous avons aussitôt un problème. L’expérience anecdotique donne à penser que beaucoup de thérapeutes qui se réclament de l’orientation solutions ne prennent pas systématiquement de pause (Huber et Durrant, 2014). Iveson, George et Ratner — l’équipe de BRIEF à Londres — disent s’abstenir délibérément de prendre une pause ou de donner une suggestion de fin de séance, et ne pas poser systématiquement la question du miracle (Shennan et Iveson, 2012). Beaucoup de gens, dans le monde orienté vers les solutions, décriraient leur travail comme profondément orienté vers les solutions ; pourtant, l’essentiel de leur travail ne comporte pas trois des quatre caractéristiques énoncées par de Shazer et Berg. Cela nous en dit-il davantage sur la nature du travail à BRIEF, ou sur l’utilité d’une définition fondée uniquement sur la présence ou l’absence de techniques particulières — surtout si l’on admet que les modèles thérapeutiques se développent et que la thérapie brève orientée vers les solutions a elle-même été décrite comme une « approche en évolution » (Trepper, Dolan, McCollum et Nelson, 2006) ?
La définition de recherche de la SFBT adoptée par l’European Brief Therapy Association (Beyebach, 2000) précise qu’une pause PEUT être prise, mais compte toujours la question du miracle et les compliments de fin de séance parmi les « exigences minimales » qui doivent être présentes. Cette définition est donc un peu moins restrictive ; elle n’en définit pas moins l’approche par référence à la présence de techniques particulières.
McKergow et Korman (2009) font remarquer : « Une grande partie de la littérature existante sur la SFBT a, on le comprend, porté sur la description de ce que font les thérapeutes de l’orientation solutions [et] sur les techniques employées… » (p. 35).
de Shazer (1991) a affirmé de façon célèbre qu’en thérapie orientée vers les solutions, la tâche est de « rester en surface » plutôt que de « creuser » à la recherche de significations profondes supposées. McKergow et Korman (2009), tout en souscrivant à cette affirmation, reconnaissent que parler de la thérapie brève orientée vers les solutions uniquement en termes de ce que font les thérapeutes a contribué à ce que, dans d’autres milieux, l’on voie l’approche comme simpliste ou naïve.
Miller et de Shazer (2000) admettent aller plus loin qu’une simple attention à ce que font les thérapeutes : « La spécificité de la thérapie orientée vers les solutions tient à la fois aux stratégies pratiques que les thérapeutes de l’orientation solutions emploient dans leurs interactions avec leur clientèle et aux traditions intellectuelles qui les inspirent pour aborder les difficultés personnelles et le changement en thérapie » (p. 5). Et leur travail y est décrit comme mettant l’accent « à la fois sur les aspects pratiques et intellectuels ».
Je ne rejetterai donc pas la prétention d’une chose à être orientée vers les solutions au seul motif que telle ou telle technique orientée vers les solutions y est — ou n’y est pas — présente !
Pour autant, je ne crois pas que cela signifie que tout ce qui se réclame de l’orientation vers les solutions soit autorisé à porter cette étiquette.
Après la mort de de Shazer, puis celle de Berg, il y a eu, dans certains milieux, comme un « ouf… maintenant, on va pouvoir relâcher la rigueur de la définition ».
McKergow (2016) rappelle que certains soutiennent que « si ça aide la personne, c’est forcément orienté vers les solutions ». Il suggère qu’une définition aussi large finit par ne plus être d’aucune utilité. Bannink, de son côté, propose de voir la SFBT comme une forme de thérapie cognitivo-comportementale (TCC). Je ne vois pas l’intérêt de cette affirmation. S’il peut y avoir parfois des ressemblances dans ce qui se fait en séance, les présupposés fondamentaux de la SFBT et de la TCC sont fondamentalement en conflit (Johnsen, 2014). McKergow qualifie cette description de la SFBT comme forme de TCC de « bizarre » (McKergow, 2016). Et cela pose la question de savoir s’il est réellement utile d’estomper les distinctions entre les approches.
Dans le sillage de la remarque de McKergow (2016), je suggère que « si ça aide la personne, c’est forcément orienté vers les solutions » n’aide EN RIEN à clarifier ce que nous croyons faire. Si je me réclame de la thérapie cognitivo-comportementale, je présume qu’il est utile d’être au clair sur ce que je fais, et sur ce qui, dans ce que je fais, rend cela « cognitivo-comportemental » et pas autre chose (même si cette autre chose est effectivement utile). De fait, Gaudiano (2008) mentionne parmi les caractéristiques de la TCC son « approche manualisée » et le fait que l’approche a été « codifiée ».
Une partie de la raison d’être du lancement du Journal of Solution-Focused Brief Therapy était qu’une revue de niveau universitaire pouvait — et devait — commencer à décider que certaines contributions étaient, ou n’étaient pas, considérées comme orientées vers les solutions… même si elles restaient intellectuellement, cliniquement et pratiquement valables.
Donc… non : ce n’est pas parce que vous dites d’une chose qu’elle est orientée vers les solutions qu’elle doit être tenue pour telle (dans mon monde, en tout cas).
McKergow et Korman (2009) ont courageusement cherché à dire ce que l’orientation vers les solutions n’est PAS. Leur conclusion : « Selon nous, les thérapeutes de l’orientation solutions n’utilisent pas et ne mobilisent pas l’essentiel de la théorie psychologique que les autres traditions thérapeutiques tiennent pour acquise » (p. 35).
Leur article fait observer que l’histoire du développement de la SFBT a été une histoire d’application du rasoir d’Ockham, et que la littérature orientée vers les solutions s’est toujours efforcée de rendre la description de ce que nous faisons aussi simple que possible.
« La SFBT peut être vue comme une forme de pratique qui aide les personnes à simplifier leur vie. Elle le fait en simplifiant la façon dont thérapeutes et personnes reçues parlent ensemble de la vie, et en aidant ces personnes à se centrer sur ce qu’elles disent être important et aidant pour elles, et à y prêter attention » (p. 38).
Ainsi, l’une des choses que, selon McKergow et Korman, la SFBT ne fait PAS, c’est de faire appel à des mécanismes ou à des entités psychologiques internes supposés. Parmi les « mécanismes internes hypothétiques » cités figurent non seulement les « traits de personnalité », les « attitudes » et les « faiblesses », mais aussi les « forces » et, implicitement, la « résilience ».
Leur texte précise bien que les thérapeutes de l’orientation solutions peuvent choisir de parler avec leur clientèle de choses comme les « forces » ; mais il suggère que la SFBT ne pense pas les « forces » ou la « résilience » comme des choses qu’il faudrait changer, développer, cultiver ou renforcer. Penser que notre rôle est de changer, de cultiver, de construire ou de développer les « forces » ou la « résilience », poursuit le texte, « … nous conduit immédiatement à faire, en thérapie, quelque chose qui n’est pas orienté vers les solutions. C’est ce qui distingue la SFBT des autres modèles » (p. 40).
McKergow et Korman disent clairement que certaines de ces autres façons de penser peuvent très bien être utiles, et mériter d’être encouragées… mais que, dans l’intérêt de la clarté, elles ne devraient pas être décrites comme « orientées vers les solutions ».
L’approche par les forces (Rapp, 1998), ou perspective des forces (Saleebey, 1992), a marqué un tournant important dans notre façon de penser notre travail dans le champ des services à la personne. De fait, le terme « fondé sur les forces » est presque omniprésent dans la manière dont se décrivent les associations non gouvernementales de protection de l’enfance et de la famille, en Australie comme en Nouvelle-Zélande ! Et la façon dont bien des équipes de ces structures en parlent laisse entendre que l’approche par les forces et l’approche orientée vers les solutions seraient une seule et même chose.
Les deux organisations d’Australie les plus publiquement associées à l’approche par les forces sont probablement St Luke’s Family Services, à Bendigo (Victoria), et le Family Action Centre de l’université de Newcastle (Nouvelle-Galles du Sud), qui a organisé les congrès australiens Family Strengths, décisifs, de la décennie passée.
Graeme Stuart, du Family Action Centre, écrit : « La perspective des forces et les approches fondées sur les forces offrent aux équipes des services des manières de travailler qui se centrent sur les forces, les capacités et le potentiel plutôt que sur les problèmes, les déficits et les pathologies » (Stuart, 2012).
Saleebey, figure fondatrice de l’approche par les forces (1992, p. 15), suggère qu’il ne s’agit pas d’un modèle de pratique, mais plutôt d’une « collation de principes, d’idées et de techniques ». Plutôt qu’un modèle de prestation de services, l’« approche par les forces » est un cadre, ou un ensemble de croyances et de valeurs qui guident la pratique. McCashen (2005) la définit comme une autre « approche des personnes, qui repose avant tout sur des attitudes positives à l’égard de leur dignité, de leurs capacités, de leurs droits, de leur singularité et de ce qu’elles ont en commun » (p. v).
Je soutiendrais donc que l’approche par les forces est une « posture » ou une « position » que nous adoptons, plutôt qu’un modèle de pratique ou une « carte » cohérente susceptible de guider notre travail avec les personnes accompagnées.
Silberberg (2001) met en garde : une approche « fondée sur les forces » risque de devenir une approche qui identifie les qualités des familles « fortes » pour ensuite les prescrire… ou qui « coache » les familles jugées déficitaires sur telle ou telle force. « Plutôt que d’enseigner aux familles un ensemble de pratiques de force, notre tâche est de les accompagner dans le processus d’identification de leurs propres forces » (Silberberg, 2001, p. 55).
Cela rejoint l’accent mis par le projet de résilience du collège La Cima (Oddone, 2002) — un projet qui a vu, en cinq années d’application d’une « pensée résilience », une baisse de 90 % des problèmes de drogue et d’alcool et des problèmes de violence dans un grand établissement, ainsi qu’une hausse significative des résultats scolaires.
À La Cima, l’accent portait sur la formation des équipes enseignantes à demander « de quelle manière particulière la résilience de l’élève se manifeste-t-elle ? » plutôt que « y a-t-il de la résilience chez l’élève ? ». Autrement dit, le projet partait du postulat que chaque élève a de la résilience — et qu’il revient au personnel d’identifier les manières particulières dont cela se manifeste. Cela contraste nettement avec une approche qui demande « quel est le degré de résilience de l’élève ? » (ou « Y A-T-IL seulement de la résilience chez l’élève ? ») — auquel cas la tâche devient de promouvoir ou d’augmenter la résilience.
La question qui évalue
« Quel est le degré de résilience de l’élève ? »
La question qui décrit
« De quelle manière particulière la résilience de l’élève se manifeste-t-elle ? »
Iveson (2008) pointe le problème que pose le fait de se centrer sur les forces — indépendamment de ce qu’elles sont déjà, en elles-mêmes, la réification de concepts très abstraits. Il suggère que, dès lors que nous nous centrons sur une force particulière — « j’ai eu beaucoup de volonté », « j’ai eu beaucoup de courage », etc. — et sur la manière de mobiliser cette force, nous risquons de minimiser l’importance des moments où cette force ne semblait pas là et où la personne a pourtant réussi.
Il suggère donc que la thérapie brève orientée vers les solutions se centre plus utilement sur « qu’avez-vous FAIT pour faire face, pour réussir, pour traverser cela ? » que sur « qu’est-ce que cela nous apprend de votre force ? ». Il oppose une description détaillée de l’action réussie à l’identification d’une entité supposée — la « force ».
Un exemple — Evan George, communication personnelle, 18/08/2016
Thérapeute — Qu’est-ce qu’il a fallu pour faire ça ?
Personne reçue — Je crois qu’il a fallu beaucoup de volonté.
Thérapeute — Et, en abordant cette situation, qu’avez-vous remarqué dans votre façon d’agir qui découlait de cette volonté [force] ?
[Réponse riche en détails]
Thérapeute — Parlez-moi d’un moment où vous avez réussi à agir de cette façon alors même que vous ne sentiez pas cette volonté en vous.
Par ailleurs, une grande partie de la littérature fondatrice sur l’approche par les forces ne désigne aucun modèle thérapeutique particulier. Je dirais même qu’on pourrait adopter une perspective des forces, puis pratiquer la thérapie brève orientée vers les solutions, les thérapies narratives, l’appreciative inquiry ou d’autres approches.
Aux débuts de l’exploration d’une approche par les forces familiales à St Luke’s, l’équipe avait reçu une formation complète à la thérapie brève orientée vers les solutions (avertissement : j’ai eu le privilège d’assurer cette formation). Le développement d’une approche par les forces et celui de la thérapie brève orientée vers les solutions s’y sont donc entremêlés.
McCashen propose une « approche en colonnes » en cinq étapes pour travailler avec les personnes accompagnées. Il précise que « les étapes servent de guide pour appliquer l’approche par les forces à une situation » (2005, p. 48). Ses deux premières étapes sont les suivantes.
Du point de vue d’une pratique orientée vers les solutions « puriste », l’étape 1 n’est PAS essentielle et pourrait même n’être pas nécessaire du tout. L’étape 2, elle, est tirée telle quelle du lexique orienté vers les solutions ; mais un certain nombre d’approches par les forces ne sont pas d’abord commandées par une attention à l’avenir ou aux résultats.
Je suggérerais donc que McCashen a détaillé une manifestation d’une approche par les forces, mais qu’il a combiné l’approche par les forces et l’approche orientée vers les solutions d’une manière qu’aucun des textes fondateurs de l’approche par les forces n’a adoptée.
Russel Deal, figure clé du développement du travail fondé sur les forces à St Luke’s, commente : « quand Wayne a écrit The Strengths Approach, nous ignorions le travail de Saleebey. Cela reste un oubli énorme » (communication personnelle, 22/08/2016).
Evan George, de BRIEF à Londres, distingue le « SF » et le « sf ». Il dit : « Le travail ne peut être SF que s’il est fondé sur la réponse de la personne à la question des best hopes. La plupart des gens, bien sûr, sont sf : ces personnes utilisent beaucoup des techniques mais, pour une raison ou pour une autre — et il y en a de bonnes —, déterminent elles-mêmes la direction du travail » (communication personnelle, 18/08/2016).
Les « meilleurs espoirs » (best hopes) sont la version que BRIEF donne de la question « comment saurez-vous que le fait de me parler vous aura été utile ? » — une question qui oriente immédiatement l’entretien de thérapie ou de coaching vers le RÉSULTAT souhaité (Korman, 2004).
J’ai entendu des collègues dire : « moi, je me centre sur la personne… je commence toujours par lui demander ce dont, selon elle, il nous serait utile de parler. » Je suggérerais que ce n’est PAS « se centrer sur la personne »… c’est en réalité se centrer sur la séance [de thérapie]. C’est demander « de quoi devrions-nous parler ici ? » plutôt que « comment aimeriez-vous que votre vie soit différente quand vous sortirez d’ici ? ».
George suggère donc que notre conversation n’est orientée vers les solutions que si elle commence par explorer comment la personne veut que les choses soient différentes.
Je suggérerais donc que notre travail est « orienté vers les solutions » si, et seulement si :
1
Une version de « comment saurez-vous que le fait d’avoir parlé ensemble vous aura été utile ? » ou de « en quoi espérez-vous que le fait d’avoir parlé ensemble fera une différence dans votre vie [votre travail, votre couple, etc.] ? ».
2
Essentiellement : question du miracle, ou toute autre question qui construit une description détaillée de l’avenir préféré de la personne.
3
Il explore les moments où la personne a déjà su réaliser des aspects de cet avenir préféré.
4
Il ne présuppose pas de savoir mieux que la personne ce qu’elle doit faire — pour résoudre son problème, pour développer sa résilience, pour mobiliser ses forces, etc.
Ces étapes ne sont pas nécessairement dans cet ordre.
D’autres choses peuvent très bien être utiles… et il peut m’arriver de les approuver… mais je ne les considère pas comme « orientées vers les solutions ».
Note de l’original
1. Je remercie Mark McKergow et Evan George de leurs commentaires sur des versions antérieures de ce manuscrit.
Qui est Michael Durrant
Michael Durrant est Adjunct Fellow de la Faculty of Education and Social Work de l’université de Sydney, dirige le Brief Therapy Institute of Sydney et assure la rédaction en chef de cette revue.
Courriel : michael@briefsolutions.com.au
Références
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Traduction française non officielle de Confessions of an Unashamed Solution-Focused Purist: What Is (and Isn’t) Solution-Focused?, par Michael Durrant, publié dans Journal of Solution-Focused Brief Therapy, vol. 2, n° 1 (2016), doi : 10.59874/001c.75114, sous licence CC BY 4.0. Traduction et mise en page : Complexe Systémique, septembre 2026 — l’œuvre a été modifiée au sens de la licence. Ni l’auteur ni l’éditeur ne répondent de cette traduction ; la version originale fait foi.
Traduction française non officielle de « Confessions of an Unashamed Solution-Focused Purist: What Is (and Isn’t) Solution-Focused? », publié dans Journal of Solution-Focused Brief Therapy (2016) sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique, elle n’émane ni des auteurs ni de l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ; la version originale fait foi.
Lire l’article originalComment citer cet article
Durrant, M. (2016). Confessions d’un puriste assumé : qu’est-ce qui est, et n’est pas, orienté vers les solutions ? (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/confessions-d-un-puriste-assume-qu-est-ce-qui-est-et-n-est-pas-oriente-vers-les-solutions (Œuvre originale publiée en 2016 dans Journal of Solution-Focused Brief Therapy, vol. 2, n° 1 ; republiée en 2023 par Journal of Solution Focused Practices, https://journalsfp.org/article/75114)
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