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Family Relations · Famille

La parentalité efficace en famille recomposée : ce que disent les données

Qu’est-ce qui aide vraiment les enfants à traverser la recomposition de leur famille ? L’équipe de Caroline Sanner a passé en revue 37 études sur ce que font les parents : garder du temps en tête-à-tête, taire les griefs contre l’autre parent, rester en première ligne pour la discipline, laisser le beau-parent trouver sa place, instaurer des repas en commun. Au cœur de tout cela, un art de l’équilibre entre des besoins qui se contredisent.

Auteurs Caroline Sanner (département de développement humain et de sciences de la famille, Virginia Tech, Blacksburg, Virginie), Lawrence Ganong et Marilyn Coleman (département de développement humain et de sciences de la famille, université du Missouri, Columbia) et Steven Berkley (département de sciences psychologiques, université de San Diego, Californie), États-UnisPremière publication Family Relations, 16 mai 2022Traduction Complexe Systémique, traduction non officielle

Traduction française non officielle. Cet article est la traduction de La parentalité efficace en famille recomposée : ce que disent les données, par Caroline Sanner, Lawrence Ganong, Marilyn Coleman et Steven Berkley, publié dans Family Relations (Wiley) (2022), doi : 10.1111/fare.12703, sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par le Complexe Systémique en septembre 2026 : le texte original a été traduit en français et remis en page, ce qui constitue une modification de l’œuvre au sens de la licence. Cette traduction n’a été effectuée ni par les auteurs ni par l’éditeur, qui ne répondent ni de son contenu ni d’éventuelles erreurs. La version originale fait foi.

Élever des enfants en famille recomposée suppose de gérer avec soin des besoins familiaux concurrents.

Caroline Sanner, Lawrence Ganong, Marilyn Coleman et Steven Berkley

Résumé

Objectif. Cette étude visait à examiner les données de la recherche sur l’éducation efficace des enfants dans les familles recomposées (c’est-à-dire les pratiques parentales qui contribuent au bien-être physique, cognitif et émotionnel des enfants).

Contexte. Les familles recomposées sont de plus en plus courantes. Les études montrent que les enfants de familles recomposées présentent en général un risque plus élevé d’évolutions défavorables que les enfants qui vivent avec leurs deux parents biologiques mariés en premières noces. À mesure que la recherche sur les familles recomposées s’est développée, elle a beaucoup progressé dans l’identification des pratiques parentales qui favorisent une évolution positive des enfants dans ces familles.

Méthode. Nous avons examiné 37 études contenant des données empiriques sur la parentalité efficace des parents biologiques ou adoptifs d’enfants vivant en famille recomposée.

Résultats. La recherche a identifié de nombreuses actions des parents qui sont associées à une évolution positive des enfants. Les pratiques parentales efficaces se répartissent en cinq grands domaines : (a) maintenir des liens parent-enfant étroits, (b) établir des frontières appropriées dans la communication parent-enfant, (c) exercer un contrôle parental, (d) soutenir le développement de la relation entre beau-parent et bel-enfant, et (e) favoriser la cohésion de la famille recomposée.

Conclusions. Élever des enfants en famille recomposée suppose de gérer avec soin des besoins familiaux concurrents, comme la nécessité d’équilibrer le temps partagé en famille et le temps en tête-à-tête entre parent et enfant, ou celle d’établir des frontières de communication ouvertes sur certains sujets et fermées sur d’autres.

Implications. Les parents disposent d’un certain nombre de pistes d’action, étayées empiriquement, qui sont associées au bien-être des enfants en famille recomposée.

Aux États-Unis et dans le monde entier, les familles recomposées sont de plus en plus courantes (Australian Bureau of Statistics, 2016 ; Gath, 2016 ; Payne, 2019). La part des enfants qui vivent avec leurs deux parents biologiques a baissé régulièrement au cours des six dernières décennies, tandis que la part des enfants qui vivent avec un parent et un beau-parent a augmenté (Pew Research Center, 2015). Près d’un quart (24 %) des premières unions (cohabitation ou mariage), 65 % des deuxièmes unions et 74 % des troisièmes unions forment des familles recomposées (Guzzo, 2016). À un moment donné, environ 10 % des enfants aux États-Unis vivent en famille recomposée (Eickmeyer, 2017), et, à l’âge adulte, plus de quatre personnes sur dix dans ce pays (42 %) déclarent avoir au moins un membre de leur parenté par alliance issu d’une recomposition (c’est-à-dire un beau-parent, un bel-enfant, une personne de leur demi-fratrie ou de leur quasi-fratrie ; Pew Research Center, 2011).

À mesure que les familles recomposées se sont multipliées, la recherche sur leur dynamique s’est elle aussi développée. Elle s’est principalement intéressée au bien-être des enfants qui y vivent. La structure familiale a souvent été analysée comme un prédicteur du bien-être de l’enfant, en comparant sur toute une série d’indicateurs de développement les enfants de familles recomposées aux enfants qui vivent avec leurs deux parents biologiques mariés en premières noces (Jensen et Sanner, 2021). En moyenne, les études rapportent de manière constante que les enfants de familles recomposées présentent un risque légèrement plus élevé d’évolutions défavorables que les enfants qui vivent avec leurs deux parents (Coleman et Ganong, 1990 ; Coleman et al., 2000 ; Raley et Sweeney, 2020 ; Sanner et al., 2018 ; Sweeney, 2010).

Plusieurs raisons ont été avancées pour expliquer ces évolutions moins favorables, et la plupart renvoient au stress accru que vivent enfants et adultes du fait des transitions de structure familiale (séparation, divorce, remise en couple d’un parent ou formation d’une famille recomposée ; Jensen et al., 2017 ; Schafer et al., 2017). Par exemple, la remise en couple d’un parent s’accompagne de plusieurs changements possibles pour l’enfant : déménagements, avec la perte éventuelle d’amitiés, de quartier, d’école et de communauté. De plus, la remise en couple d’un parent entraîne souvent une modification des revenus du foyer, moins de temps passé avec l’un des parents ou avec les deux, l’adaptation à de nouveaux membres du foyer (beaux-parents, quasi-fratrie, par exemple), l’ajustement à de nouvelles dynamiques et routines familiales, et la construction de relations avec une nouvelle parenté élargie (par exemple les beaux-grands-parents [Chapman et al., 2016] et d’autres membres de la famille recomposée).

Face aux données montrant que les enfants de familles recomposées s’en sortent moins bien que les enfants des familles à deux parents biologiques, la recherche a cherché à identifier les facteurs et les processus qui favorisent une évolution positive de ces enfants (Ganong et Coleman, 2017). L’éducation donnée par les parents a été l’un des principaux axes étudiés, en tant que facteur de protection possible. Les parents peuvent être des ressources clés pour aider leurs enfants à s’adapter positivement à la vie en famille recomposée. La manière dont ils répondent aux besoins de leurs enfants, et les stratégies qu’ils emploient pour créer un environnement familial chaleureux, soutenant et cohésif, ont probablement une incidence sur le niveau de bien-être des enfants.

Les parents de familles recomposées rencontrent toutefois, dans l’éducation de leurs enfants, des difficultés propres que ne connaissent pas forcément les parents de familles nucléaires. Par exemple, dans les familles recomposées, l’éducation des enfants se déroule en même temps que se développent de nombreuses relations nouvelles. Les parents biologiques doivent construire et entretenir un nouveau lien de couple, ainsi que, le cas échéant, de nouvelles relations avec les enfants de leur partenaire et avec une autre parenté (belle-famille, par exemple), tout en maintenant et en nourrissant les liens parent-enfant (Ganong et Coleman, 2017). Les familles recomposées ont aussi ceci de particulier que la relation parent-enfant est antérieure à la relation amoureuse, si bien que la dyade parent-enfant a davantage d’histoire commune (Papernow, 1987). Si cette histoire commune peut favoriser des liens parent-enfant plus étroits, en particulier lorsque la remise en couple intervient après une longue période de vie en foyer monoparental (Cartwright et Seymour, 2002), elle expose aussi les parents biologiques à de possibles conflits de loyauté, car ils peuvent éprouver de la culpabilité à partager leur temps et leur attention entre leurs enfants et la personne avec qui commence une nouvelle vie de couple. Par exemple, pour que le beau-parent ne se sente pas en marge de la famille, le parent peut consacrer plus de temps et d’attention à construire un lien de couple solide tout en réduisant le temps passé avec ses enfants (Visher et Visher, 1996). Élever des enfants en famille recomposée est complexe, et les parents peuvent faire face à des exigences multiples, parfois concurrentes, sur leur temps et leur attention. Identifier les pratiques parentales qui aident les enfants à faire face aux changements qu’ils rencontrent et qui leur permettent d’évoluer positivement demeure une tâche scientifique importante.

De manière générale, la recherche sur les familles recomposées s’est caractérisée par une focalisation sur les problèmes et la pathologie plutôt que sur la résilience et le bon fonctionnement (Ganong et Coleman, 2017). Les spécialistes des familles recomposées appellent depuis longtemps à recourir davantage à des perspectives normatives-adaptatives pour les étudier (Ganong et Coleman, 1994). Sans nier la possibilité de problèmes dans les familles recomposées ni chercher à masquer leurs difficultés, cette perspective cherche à éviter de se concentrer uniquement sur les dimensions négatives (stress et tensions, par exemple) de la vie en famille recomposée. Elle appelle à un programme de recherche qui éclaire à la fois les expériences positives et négatives des familles recomposées, en explorant la complexité, les tensions et l’ambivalence qui les traversent, et qui pose des questions de recherche visant à identifier les facteurs liés à un fonctionnement efficace de ces familles. Guidée par une perspective normative-adaptative, cette revue systématique avait pour but d’examiner la recherche sur la parentalité efficace dans les familles recomposées, définie comme l’ensemble des comportements parentaux qui contribuent au bien-être physique, cognitif et émotionnel des enfants. Cette revue porte spécifiquement sur la parentalité efficace des parents biologiques ou adoptifs (par opposition à l’exercice efficace du rôle de beau-parent dans les familles recomposées [Ganong et al., 2021b] ou à la coparentalité efficace dans les familles recomposées [Ganong et al., sous presse]).

Caractéristiques des études sur la parentalité efficace dans les familles recomposées

La stratégie d’échantillonnage, les critères d’inclusion et les méthodes de codage et d’analyse de ce projet sont présentés dans la vue d’ensemble du projet What Works in Childrearing in Stepfamilies (Ce qui fonctionne dans l’éducation des enfants en famille recomposée) publiée par Ganong et al. (2021a). Nous avons identifié 37 études comportant au moins un résultat sur l’éducation parentale efficace dans les familles recomposées.

La plupart des études ont été menées aux États-Unis (92 %), avec une étude en Suisse et deux en Nouvelle-Zélande. La majorité étaient quantitatives (65 %), environ un tiers qualitatives, et une seule recourait à des méthodes mixtes. Les personnes qui signaient en premier relevaient de cinq disciplines : les sciences de la famille (11), la psychologie (10), la sociologie (huit), les sciences de la communication (quatre) et le travail social (trois) ; pour une étude, la discipline n’a pu être déterminée. Un peu plus d’un tiers (35 %) des études portaient sur des échantillons nationaux ; parmi celles-ci, 77 % utilisaient de grands échantillons représentatifs (par exemple la National Survey of Children’s Health [NSCH], la National Longitudinal Study of Adolescent to Adult Health [Add Health], la National Longitudinal Survey of Youth [NLSY] et la National Survey of Families and Households [NSFH]). Bien que certains de ces jeux de données soient longitudinaux, seules cinq études sur la parentalité efficace dans les familles recomposées étaient longitudinales. La plupart des études reposaient sur des échantillons de convenance transversaux (59 %) ou sur une seule vague d’un jeu de données longitudinal (24 %). Toutes les études examinées avaient un devis corrélationnel, un point qui mérite attention. La recherche sur l’éducation des enfants en famille recomposée n’a pas suffisamment établi de liens de causalité : elle a identifié des pratiques parentales associées à certaines évolutions, sans pouvoir établir que ces comportements causent ces évolutions, et ces résultats doivent être interprétés en conséquence.

Environ 70 % des études interrogeaient une seule personne par famille recomposée, le plus souvent l’enfant du couple recomposé (77 % de ces études), cinq n’interrogeant que les parents. Sur les six études disposant de données provenant de deux personnes, la moitié portaient sur des paires enfant-parent et l’autre moitié sur des paires beau-parent et parent biologique. Sept études portaient sur des triades composées du parent, du beau-parent et de l’enfant (l’une incluait aussi deux membres du personnel enseignant). La taille des échantillons allait de moins de 10 à 2 085 personnes. La taille moyenne des échantillons était de 675,25 pour les études de répondants individuels, de M = 402,6 pour les dyades et de M = 66,75 pour les triades. La plupart des échantillons étaient composés de personnes blanches (exclusivement ou principalement), et seules quelques études comptaient assez de personnes noires ou latino-américaines pour les analyser séparément. Aucune étude ne comptait assez de personnes asiatiques ou originaires des îles du Pacifique pour les analyser. Un peu plus d’un quart (27 %) des études ne donnaient aucune information sur la composition raciale ou ethnique des échantillons. Près de 30 % ne précisaient pas le statut socioéconomique des personnes participantes. Lorsque la classe sociale était évaluée, les personnes interrogées étaient souvent simplement classées dans la classe moyenne (30 % des études), 27 % des échantillons représentant un éventail de statuts socioéconomiques. Plus de 75 % des études portaient à la fois sur les mères et les pères ; trois ne portaient que sur les pères et quatre que sur les mères. Enfin, la plupart des études s’appuyaient sur une théorie (11 ne le faisaient pas). La théorie la plus utilisée était celle des systèmes familiaux, seule (n = 9) ou associée à d’autres (n = 6). Parmi les autres théories utilisées plus d’une fois figuraient la gestion de la confidentialité dans la communication (n = 2), le parcours de vie (n = 2), le capital social (n = 2) et le constructionnisme social (n = 2).

Résultats

Dans le cadre de notre revue plus large consacrée à ce qui fonctionne dans les familles recomposées, les études présentées dans cet article portaient explicitement sur la parentalité efficace dans ces familles. La recherche a identifié des pratiques parentales associées à une évolution positive des enfants dans cinq domaines : (a) maintenir des liens parent-enfant étroits, (b) établir des frontières appropriées dans la communication parent-enfant, (c) exercer un contrôle parental, (d) soutenir le développement de la relation entre beau-parent et bel-enfant, et (e) favoriser la cohésion de la famille recomposée.

Maintenir des liens parent-enfant étroits

La formation d’une famille recomposée s’accompagnant d’un certain nombre de transitions pour les parents et les enfants, la recherche s’est beaucoup intéressée à la manière de maintenir la proximité et la continuité des relations parent-enfant dans cette période de changement. De fait, les études montrent que des relations parent-enfant étroites atténuent le stress que vivent les enfants pendant et après la transition vers la vie en famille recomposée (Jensen et al., 2017 ; King, 2006). Des liens parent-enfant plus étroits sont associés à plusieurs évolutions positives chez les enfants de familles recomposées, notamment l’épanouissement des jeunes (c’est-à-dire la mesure dans laquelle les jeunes mènent leurs tâches à terme, maîtrisent leurs émotions, font preuve de curiosité et s’intéressent à l’école ; Beckmeyer et al., 2020) ; le sentiment d’appartenance à la famille recomposée (c’est-à-dire le sentiment d’y être inclus, d’être compris, de s’amuser ensemble et de recevoir de l’attention ; King et al., 2015) ; et des niveaux plus faibles de problèmes intériorisés et extériorisés (par exemple des problèmes de santé mentale, des comportements agressifs et délinquants ; King, 2006 ; King, 2007 ; Schenck et al., 2009).

Maintenir des relations parent-enfant étroites peut sembler une tâche simple, mais les études suggèrent que beaucoup de parents peinent à investir leurs relations d’une manière que les enfants perçoivent comme équitable et inchangée pendant la formation de la famille recomposée. Selon la perception des jeunes, les liens parent-enfant comportent moins de proximité, de chaleur et d’implication parentale après un remariage (Day et Acock, 2004 ; McLanahan et Sandefur, 1994). Beaucoup d’enfants de familles recomposées s’inquiètent des changements qu’ils perçoivent dans leur relation avec leurs parents lorsque ceux-ci se remettent en couple, et y sont sensibles : ils décrivent de la peur, de la jalousie et de la tristesse devant l’impression que la relation parent-enfant est passée au second plan derrière les efforts du parent pour nourrir ses liens avec la personne qui partage désormais sa vie et avec les enfants de cette personne (Cartwright, 2005 ; Landon et al., 2022). Alors que les parents peuvent avoir le sentiment de bien partager leur temps entre leurs enfants, leur nouveau couple et les enfants de leur partenaire, les enfants peuvent percevoir très différemment l’évolution des liens parent-enfant. Il semble que « fonder une nouvelle famille tout en gardant l’ancienne » demande aux parents des efforts et une intentionnalité considérables. Qu’ont donc trouvé les études sur ce que font les parents pour maintenir efficacement des liens étroits avec leurs enfants et soutenir leur bien-être tout au long de la transition vers la vie en famille recomposée ?

Maintenir un contact régulier

D’abord et avant tout, préserver des liens étroits avec les enfants après la formation d’une famille recomposée exige de maintenir un contact et une implication réguliers (Petren et al., 2019). Lorsque les enfants résident principalement chez l’un des parents après la séparation, la fréquence de leurs contacts avec le parent non résident est associée à une relation plus étroite avec ce parent et à un plus grand bien-être de l’enfant (Bray, 1999 ; Bronstein et al., 1994 ; Bzostek, 2008 ; Golish, 2003 ; King, 2007 ; Salem et al., 1998 ; Schwartz et Finley, 2006 ; Sweeney, 2007 ; Troilo et Coleman, 2013 ; Zimmerman et al., 1995). Par exemple, chez les jeunes qui vivent avec leur père et une belle-mère, des contacts plus fréquents avec la mère non résidente sont associés à des relations plus étroites des jeunes avec leur mère et avec leur belle-mère, elles-mêmes associées à moins de problèmes intériorisés et extériorisés (King, 2007). De même, chez les jeunes qui vivent avec leur mère et un beau-père, des contacts plus fréquents avec le père non résident sont associés à une meilleure adaptation comportementale des enfants (Bray, 1999 ; Bronstein et al., 1994 ; Bzostek, 2008), à une image de soi plus positive (Bronstein et al., 1994), à une moindre consommation de substances (Salem et al., 1998), à moins de symptômes dépressifs (Sweeney, 2007) et à moins de problèmes psychologiques, en particulier chez les garçons (Bronstein et al., 1994). Golish (2003) a identifié le contact continu avec le parent biologique non résident comme l’une des caractéristiques qui distinguaient les familles recomposées solides de celles qui rencontraient des difficultés : 71 % des familles recomposées solides indiquaient que les enfants avaient des contacts fréquents avec le parent non résident, contre 44 % des familles recomposées qui connaissaient davantage de problèmes.

À l’évidence, la fréquence des contacts entre parents et enfants compte pour préserver des liens étroits. Mais la nature du contact avec les parents (qu’on appelle aussi implication parentale) peut prendre de nombreuses formes. Elle a été mesurée de diverses manières dans les études examinées, de la fréquence des nuits passées chez le parent, des rencontres en personne, des appels téléphoniques et des échanges de lettres (par exemple King, 2007) à des scores composites mesurant des comportements et des interactions précis avec les parents, comme faire des courses, assister à un office religieux ou parler du travail scolaire ou des notes (par exemple Sweeney, 2007). Ces études suggèrent que les enfants peuvent tirer profit de formes variées d’interaction avec le parent non résident.

Protéger le temps en tête-à-tête

Les études suggèrent que tout le temps passé avec les enfants n’a pas le même effet. Le temps partagé en tête-à-tête, c’est-à-dire être ensemble sans que d’autres personnes soient présentes, paraît particulièrement bénéfique (Cartwright, 2005 ; Kelley, 1992). Lorsqu’un parent se remet en couple, l’envie est souvent grande de voir ses enfants créer des liens avec la personne qui partage sa vie. Pour faciliter ces liens, les parents peuvent utiliser les loisirs familiaux comme une occasion d’activités familiales partagées avec leurs enfants, leur partenaire et les enfants de leur partenaire (Ganong et al., 2021). En outre, le parent non résident qui voit ses enfants moins souvent peut être très motivé à profiter de leurs visites en passant du temps en groupe, dans des activités qui incluent le nouveau beau-parent et la nouvelle quasi-fratrie des enfants.

Si faciliter le temps partagé en famille est effectivement important, favoriser les liens au sein de la famille recomposée ne peut réussir que si les parents maintiennent aussi du temps en tête-à-tête avec leurs enfants tout au long de la transition vers la vie en famille recomposée (Cartwright, 2005 ; Kelley, 1992). Perdre du temps et de l’attention de la part du parent peut être particulièrement difficile, dans la mesure où les enfants ont probablement vécu dans un foyer monoparental où les liens parent-enfant ont pu devenir particulièrement étroits avant l’arrivée d’un beau-parent. Kelley (1992) a constaté que, dans les familles recomposées bien ajustées, les parents réservaient délibérément du temps en tête-à-tête avec les enfants, sans les autres membres de la famille. Dans l’étude de Cartwright (2005), les enfants qui estimaient avoir conservé une relation étroite avec leurs parents approuvaient la manière dont leurs parents avaient géré la transition et donné la priorité à leur relation. Les dyades parent-enfant les plus satisfaites étaient celles qui protégeaient soigneusement leurs moments seuls ensemble. Des activités comme jouer à des jeux ou faire du sport, recevoir de l’aide pour les devoirs, faire des courses, partir en voyage, être ensemble en voiture, regarder la télévision ensemble, ou simplement parler en tête-à-tête, peuvent offrir des occasions importantes et significatives de se retrouver (Cartwright, 2005).

Manifester de la chaleur

Les enfants de familles recomposées semblent aussi tirer profit de manifestations régulières de chaleur et d’affection de la part de leurs parents (Fine et Kurdek, 1992 ; Fine et al., 1993 ; Haberstroh et al., 1998 ; Hetherington et al., 1992 ; King et al., 2015). Parmi les exemples concrets de chaleur parentale envers les enfants figurent le fait de les féliciter, de les serrer dans ses bras, de passer du temps avec eux, de jouer ou de mener des projets avec eux, de leur faire la lecture, d’avoir des conversations en privé et de prendre les repas ensemble (Fine et al., 1993). Dans les familles recomposées, ces comportements sont positivement associés à la qualité de la relation parent-enfant et négativement associés à l’inadaptation psychologique et aux problèmes de comportement des enfants (Fine et al., 1993). La chaleur parentale perçue par les enfants est aussi associée au sentiment d’appartenance à la famille recomposée (King et al., 2015), à de meilleures notes et à une meilleure estime de soi (Fine et Kurdek, 1992), et à un niveau plus élevé de dispositions positives chez l’enfant (chaleur, affirmation de soi, communication, encouragement et humeur positive), lui-même associé à moins de problèmes de comportement extériorisés et à de meilleurs résultats scolaires (Hetherington et al., 1992). Créer du lien avec les enfants en lisant ensemble, même des albums illustrés, est aussi associé à des évolutions positives : lorsque les parents de familles recomposées lisent avec leurs enfants au moins trois fois par semaine, les scores standardisés de lecture des enfants progressent de la maternelle à la cinquième année d’école (Shriner et al., 2009).

Établir des frontières de communication appropriées

La recherche sur la parentalité efficace dans les familles recomposées s’est aussi beaucoup intéressée à l’établissement de frontières appropriées dans la communication parent-enfant, c’est-à-dire à la quantité et à la nature des informations que les parents communiquent aux enfants (Afifi, 2003 ; Braithwaite et al., 2008 ; Kang et Ganong, 2020). D’un côté, les conversations intimes entre parents et enfants sont bénéfiques au bien-être de l’enfant (par exemple Beckmeyer et al., 2020). De l’autre, l’ouverture sur certains sujets, comme les conflits coparentaux dans les familles recomposées, peut nuire à la fois au bien-être de l’enfant et à la qualité de la relation parent-enfant (par exemple Amato et Afifi, 2006). Comment les parents trouvent-ils donc un équilibre efficace entre le besoin d’ouverture et le besoin de réserve dans la communication parent-enfant ?

Se centrer sur les enfants

Lorsque la conversation porte sur les pensées, les sentiments et les besoins des enfants, une communication ouverte se révèle bénéfique. Lorsque les enfants partagent librement leurs idées et parlent ouvertement avec leurs parents de ce qui se passe dans leur vie (notes, école, amitiés, relations amoureuses, par exemple), leur évolution est plus positive, notamment en matière d’épanouissement (Beckmeyer et al., 2020) et de sentiment d’appartenance à la famille recomposée (King et al., 2015). Un dialogue centré sur l’enfant lui signifie que ses parents se soucient de sa personne et qu’elle compte à leurs yeux, et le fait de compter pour ses parents (c’est-à-dire le sentiment d’être remarqué et d’être un objet de préoccupation) est associé à moins de problèmes intériorisés et extériorisés chez les enfants de familles recomposées (Schenck et al., 2009). Les enfants qui gardent une relation étroite avec leurs parents après la remise en couple de ceux-ci soulignent combien il importe que leurs parents les écoutent, les soutiennent et manifestent un intérêt sincère pour leur vie quotidienne (Cartwright, 2005). De fait, connaître l’entourage amical de ses enfants, signe d’intérêt et de familiarité avec leur vie, est associé chez les enfants de familles recomposées à un plus grand épanouissement et à une plus grande participation aux activités extrascolaires (Beckmeyer et al., 2020). L’ouverture entre parents et enfants n’est pas seulement bonne pour la relation parent-enfant, elle l’est aussi pour la relation beau-parent-bel-enfant : par exemple, lorsque les enfants perçoivent leur mère comme plus réceptive et disponible, ils font état d’une relation plus étroite avec leur beau-père (Jensen et Shafer, 2013). Si une communication ouverte peut être bénéfique aux liens parent-enfant, trop d’ouverture sur certains sujets peut poser problème. Quels sujets les parents devraient-ils éviter, dans l’intérêt de leurs enfants ?

Faire preuve de retenue

La recherche constate généralement que les parents efficaces dans les familles recomposées évitent de parler avec leurs enfants (a) des circonstances du divorce et (b) d’informations négatives sur l’autre parent de l’enfant (Afifi, 2003 ; Braithwaite et al., 2008 ; Metts et al., 2017). Beaucoup d’enfants de familles recomposées ont le sentiment que leurs parents biologiques les exposent à davantage d’informations privées sur eux-mêmes et sur leurs relations que ce que la plupart des enfants savent de leurs parents (Braithwaite et al., 2008). Les études constatent que les confidences inappropriées ont des conséquences à la fois sur l’adaptation de l’enfant et sur la relation parent-enfant (Afifi et al., 2007 ; Metts et al., 2017). Les parents efficaces ne révèlent pas trop d’informations à leurs enfants, ce qui leur évite d’avoir l’impression de porter des préoccupations d’adultes auxquelles ils ne sont préparés ni émotionnellement ni cognitivement, ou de se sentir poussés à choisir un parent contre l’autre (Ahrons, 2007 ; Braithwaite et al., 2008 ; Cartwright, 2005). Par exemple, s’abstenir de révéler les détails du divorce est associé à des évolutions positives : lorsque les enfants de familles recomposées perçoivent que leur mère a gardé pour elle les détails sur les circonstances ou les raisons du divorce, ils font état d’une satisfaction nettement plus élevée à l’égard de leur famille recomposée (Metts et al., 2017).

Au fond, les enfants de familles recomposées veulent que leurs parents comprennent que, « au fond d’eux-mêmes, les enfants ne sont que des enfants » et qu’ils ne doivent pas être mêlés à des questions qui dépassent leur seuil émotionnel et leur maturité (Braithwaite et al., 2008, p. 44). Les enfants ne veulent pas non plus servir d’« intermédiaires », et ils veulent être tenus à l’écart des questions qui leur donnent le sentiment d’être pris dans les désaccords de leurs parents (Afifi, 2003 ; Braithwaite et al., 2008). Ils préfèrent que les coparents communiquent directement entre eux. Dans une étude, l’équipe de recherche a conclu que si des parents se surprennent à introduire ou à conclure leurs confidences par des phrases comme « Je sais que vous n’avez pas besoin d’entendre ça » ou « Je ne devrais pas dire ça », ils devraient se surveiller (Braithwaite et al., 2008, p. 41). Les études montrent que faire preuve de retenue donne systématiquement de meilleurs résultats que dénigrer l’autre parent (Ahrons, 2007 ; Arditti et Prouty, 1999). Il existe même des données montrant que les enfants se sentent davantage attirés par le parent qui ne se livre pas à des confidences excessives, qui ne les entraîne pas dans des dilemmes de loyauté et qui n’use pas de représailles envers le parent dénigrant, et qu’avec le temps ils respectent ce parent pour sa retenue (Arditti et Prouty, 1999). En définitive, les enfants de familles recomposées veulent se sentir au centre de l’attention et de la sollicitude de leurs parents, plutôt que pris entre eux (Braithwaite et al., 2008). Comme l’a expliqué l’une des personnes interrogées, qui vivait en famille recomposée : « Pensez à vos enfants et pas à vous-mêmes ; peu importe le mal que vous vous êtes fait l’un à l’autre, les effets de ce qui se passe vont toucher vos enfants pendant longtemps » (Braithwaite et al., 2008, p. 43).

Établir des règles

Dans les familles recomposées, les coparents efficaces gèrent les frontières informationnelles avec les enfants en se donnant des règles explicites, et en s’efforçant de les respecter, sur (a) ce qu’il est approprié ou non de révéler, (b) le fait de ne pas dire du mal de l’autre parent et (c) le fait de ne pas mettre les enfants au milieu des conflits parentaux (Afifi, 2003 ; Kang et Ganong, 2020). Les coparents efficaces surveillent aussi les informations qu’ils partagent avec leurs enfants, afin de ne pas les accabler ni les angoisser (Golish, 2003 ; Jamison et al., 2014). Si les coparents ne parviennent pas à s’entendre ensemble sur des règles de communication, chaque parent qui se fixe ses propres règles de communication peut aussi réduire les confidences nuisibles, au bénéfice du bien-être de ses enfants (Afifi, 2003).

Exercer un contrôle parental

Outre le maintien de la proximité parent-enfant et l’établissement de frontières appropriées dans la communication parent-enfant, la littérature sur la parentalité en famille recomposée s’intéresse, en troisième lieu, aux bonnes pratiques de surveillance, de discipline et de contrôle parental. Les transitions qui accompagnent la formation d’une famille recomposée peuvent bousculer les règles et les routines familiales. Ces changements peuvent limiter la disponibilité des parents, qui négocient eux aussi des changements dans le système familial, pour surveiller les activités de leurs enfants autant qu’auparavant. Le contrôle parental, c’est-à-dire la mesure dans laquelle les parents fixent des limites aux enfants, surveillent leurs activités et font respecter les règles, a été associé à des évolutions positives chez les enfants de familles recomposées (Brown et Rinelli, 2010 ; Fine et Kurdek, 1992 ; Fine et al., 1993 ; Hetherington et al., 1992 ; Sweeney, 2007 ; Willetts et Maroules, 2004). Par exemple, la mesure dans laquelle les parents connaissent l’entourage amical de leurs enfants, les parents de cet entourage, le personnel enseignant, et savent où se trouvent leurs enfants hors de la maison, est associée à moins de problèmes comportementaux et émotionnels chez les enfants de familles recomposées (Willetts et Maroules, 2004). La surveillance parentale (ou supervision parentale) est aussi positivement associée aux notes, à l’estime de soi et au niveau de chaleur et de dispositions positives des enfants (Fine et Kurdek, 1992 ; Hetherington et al., 1992). Un contrôle parental plus élevé de la part des pères dans les familles père-belle-mère est associé à une moindre inadaptation psychologique des enfants (tristesse, dépression, par exemple) et à une meilleure qualité de la relation mère-enfant (Fine et al., 1993). Un contrôle maternel plus élevé dans les familles mère-beau-père est associé à une probabilité plus faible de tabagisme ou de consommation d’alcool à l’adolescence (Brown et Rinelli, 2010). Dans une étude, les exemples de contrôle parental comprenaient le fait de fixer des limites concernant (a) le temps passé par l’enfant devant la télévision et le type de programmes regardés ; (b) la possibilité pour l’enfant de rester sans adulte à la maison avant l’école, après l’école, le soir et la nuit ; (c) l’obligation pour l’enfant de faire savoir à ses parents où le trouver hors de la maison ; et (d) l’obligation d’accomplir ses tâches ménagères ou ses devoirs avant de jouer, de regarder la télévision ou de sortir (Fine et al., 1993).

En matière de discipline, les études s’accordent à dire que l’adaptation des enfants et le fonctionnement de la famille recomposée sont meilleurs lorsque les parents biologiques continuent d’assumer la discipline au premier chef, surtout au début de la formation de la famille recomposée, et surtout à l’adolescence (Bray, 1999 ; Cartwright, 2005 ; Cartwright et al., 2009 ; Golish, 2003 ; Kelley, 1992 ; Michaels, 2006 ; Moore et Cartwright, 2005). Les familles recomposées solides comme celles en difficulté semblent toutes aux prises avec l’ambiguïté des rôles parentaux, en particulier autour du rôle disciplinaire (Golish, 2003). Les enfants de familles recomposées et les thérapeutes qui accompagnent ces familles s’accordent pour dire que c’est aux parents biologiques d’assumer la discipline (Cartwright, 2005), et que les beaux-parents contribuent au mieux à une éducation efficace en soutenant les efforts des parents (voir Ganong et al., 2021b, pour une revue complète de l’exercice efficace du rôle de beau-parent). Même lorsque les beaux-parents deviennent progressivement des coparents plus actifs (par exemple plus impliqués dans les décisions éducatives), les familles recomposées semblent fonctionner au mieux lorsque les parents biologiques sont, en définitive, soutenus par les beaux-parents dans leurs décisions disciplinaires (Ganong et al., 2015).

Enfin, une étude a examiné le type précis de style disciplinaire employé par les parents biologiques dans les familles recomposées et a constaté que, lorsque les parents recourent à une discipline fondée sur le raisonnement, les enfants de familles recomposées présentent moins de symptômes dépressifs (Sweeney, 2007). Concrètement, lorsque des jeunes de familles recomposées avaient commis une faute d’une certaine gravité et que leur mère en discutait et les aidait à comprendre pourquoi c’était mal, ces jeunes s’en sortaient mieux.

Soutenir le développement de la relation entre beau-parent et bel-enfant

Un quatrième thème de la parentalité efficace dans les familles recomposées concerne le rôle des parents dans le développement de la relation entre beau-parent et bel-enfant, c’est-à-dire entre leur partenaire et leurs enfants. Certaines études suggèrent que la relation beau-parent-bel-enfant pourrait être la plus décisive pour le fonctionnement de la famille recomposée et un déterminant de la pérennité du (re)mariage (par exemple Crosbie-Burnett, 1984). La recherche et la clinique considèrent le développement de liens positifs entre beau-parent et bel-enfant comme une tâche décisive de la famille recomposée (Ganong et Coleman, 2017). Des relations étroites avec le beau-parent étant associées à des évolutions positives chez les enfants (King, 2006, 2007 ; White et Gilbreth, 2001), ce que font les parents pour soutenir le développement de ces relations a fait l’objet d’une certaine attention empirique.

D’abord, les parents soutiennent les liens entre beau-parent et bel-enfant en entretenant eux-mêmes une relation plus étroite avec leurs enfants et en s’impliquant davantage auprès d’eux. La recherche confirme généralement un effet de débordement entre proximité parent-enfant et proximité beau-parent-bel-enfant : la proximité avec le parent résident est positivement associée à la proximité avec le beau-parent résident (King, 2006, 2007). De plus, lorsque les parents sont plus impliqués et apportent davantage de soutien à leurs enfants (pour les questions pratiques, les tâches ménagères ou les conseils, par exemple), leur partenaire s’implique aussi davantage auprès des enfants (van Houdt et al., 2020). Beaucoup des comportements décrits dans la section « Maintenir des liens parent-enfant étroits » ont donc des bénéfices qui peuvent dépasser le sous-système parent-enfant et s’étendre à la relation beau-parent-bel-enfant.

Une relation étroite avec les parents ne garantit toutefois pas une relation étroite avec le beau-parent. Les parents soutiennent le développement des liens entre beau-parent et bel-enfant en permettant au beau-parent de s’impliquer et en encourageant activement cette implication. Le contrôle de l’accès (gatekeeping) est défini comme l’ensemble des « fonctions exercées par l’un des parents ou par les deux, qui déterminent qui aura accès à leurs enfants et la nature de cet accès » (Pruett et al., 2003, p. 171). Cela peut paraître simple, mais beaucoup de mères et de pères, intentionnellement ou non, limitent les interactions entre le beau-parent et les enfants : c’est ce qu’on appelle le contrôle restrictif de l’accès (Ganong et al., 2015 ; Ganong et al., 2020). Parmi les exemples de contrôle restrictif de l’accès figurent le fait de dire au beau-parent ce qui lui est permis ou non avec les enfants, de surveiller ses interactions avec eux, de critiquer ses capacités parentales et de faire des remarques sarcastiques pendant ces interactions (Ganong et al., 2020). Lorsque les parents adoptent souvent ces comportements, les beaux-parents recourent moins aux comportements de recherche d’affinité avec les enfants, c’est-à-dire aux actions accomplies délibérément pour gagner la sympathie et l’affection des enfants, ce qui nuit au développement de la relation beau-parent-bel-enfant (Ganong et al., 2020).

Les parents peuvent exercer un contrôle restrictif de l’accès pour diverses raisons : une incertitude sur la compétence du beau-parent comme figure de soin, le souhait de protéger la sécurité et le bien-être de leurs enfants, celui de préserver leur rôle de parent principal, ou encore celui de maintenir la continuité des relations parent-enfant et des dynamiques familiales (Ganong et al., 2015 ; Pruett et al., 2003). Si le beau-parent s’est montré incapable de prendre soin des enfants ou exerce une influence nocive, il y a de bonnes raisons d’exercer un contrôle restrictif de l’accès et de limiter l’accès des enfants à cette personne. Si l’on part toutefois du principe que le beau-parent est une personne adulte, responsable et digne de confiance, lui ménager un espace pour interagir avec les enfants, autrement dit ouvrir l’accès, est nécessaire au développement de liens étroits. Étant donné les bénéfices de la recherche d’affinité par le beau-parent (Ganong et al., 1999 ; Ganong et al., 2019), les parents devraient être attentifs à la mesure dans laquelle ils restreignent inutilement les interactions entre leur partenaire et leurs enfants.

Une troisième manière, pour les parents, de soutenir le développement de la relation entre beau-parent et bel-enfant consiste à assumer avec prudence leur rôle de médiation dans les conflits entre beau-parent et bel-enfant. Les conflits sont inévitables dans les relations familiales, y compris entre beaux-parents et beaux-enfants, et la manière dont les parents gèrent les conflits entre leur partenaire et leurs enfants a des conséquences (Coleman et al., 2001). D’un côté, lorsque les enfants perçoivent leur mère comme ouverte et réceptive dans la communication au sujet de leur beau-père, ils font état d’une relation plus étroite avec lui (Jensen et Shafer, 2013). La disposition des parents à écouter leurs enfants, plutôt qu’à se mettre sur la défensive face à leurs difficultés avec le beau-parent, peut rendre les enfants moins enclins à nourrir du ressentiment envers le beau-parent et faciliter ainsi la relation (Jensen et Shafer, 2013). En même temps, une communication entre parents et enfants qui exclut systématiquement le beau-parent peut conduire à une triangulation, où le conflit entre beau-parent et bel-enfant passe uniquement par le parent, qui devient l’intermédiaire obligé de tous les conflits. Lorsque les parents se retirent du milieu du conflit entre beau-parent et bel-enfant et encouragent les deux à discuter des problèmes ouvertement et directement, les enfants décrivent une meilleure relation avec le beau-parent (Afifi, 2003). Afifi a constaté que l’ouverture et la confrontation directe dans les familles recomposées étaient l’une des tactiques les plus efficaces pour réduire au minimum les conflits de loyauté.

Enfin, les parents soutiennent la relation entre beau-parent et bel-enfant en limitant l’exposition des enfants aux conflits entre parent et beau-parent. Présenter un front uni en tant que couple est efficace non seulement pour réduire la triangulation dans les familles recomposées (Afifi, 2003), mais aussi pour favoriser des liens plus étroits entre beaux-parents et beaux-enfants (Jensen et Schafer, 2013). L’une des stratégies utilisées par les parents consiste à différer leur réponse aux questions des enfants jusqu’à ce qu’ils aient eu le temps de consulter leur partenaire et d’élaborer une réponse (Afifi, 2003). Lorsque les enfants ont le sentiment que parent et beau-parent s’accordent sur les questions éducatives et se disputent rarement, ils font plus souvent état d’une relation étroite avec leur beau-parent (Jensen et Schafer, 2013).

Favoriser la cohésion de la famille recomposée

Le dernier thème de la parentalité efficace dans les familles recomposées concerne ce que font les parents pour favoriser la cohésion de la famille recomposée. Construire une solidarité en tant qu’unité familiale est un défi que rencontrent presque toutes les familles recomposées (Golish, 2003). La formation d’une famille recomposée implique la fusion de deux ensembles préexistants de traditions familiales, de routines, de modes d’interaction et de significations partagées, et il peut être difficile d’établir une identité commune. Heureusement, la recherche a identifié des stratégies parentales précises associées à une plus grande cohésion de la famille recomposée.

D’abord, les efforts pour organiser du temps familial partagé sont essentiels : passer du temps ensemble en famille est important pour le bien-être individuel comme pour le bien-être familial (Baxter et al., 1999 ; Beckmeyer et al., 2020 ; Braithwaite et al., 1998 ; Fine et al., 1993 ; Henry et Lovelace, 1995 ; Hutchinson et al., 2007 ; Metts et al., 2013 ; Struss et al., 2001 ; Willetts et Maroules, 2004). Une stratégie efficace consiste à partager des repas en famille. Plus les parents de familles recomposées déclarent de soirées par semaine avec des repas familiaux partagés (c’est-à-dire des repas où tous les membres du foyer sont présents), plus l’évolution de leurs enfants est positive (Beckmeyer et al., 2020). Plus précisément, les repas partagés sont associés à l’adaptation des jeunes, à la cohésion de la famille recomposée et à la participation des enfants aux activités extrascolaires (Beckmeyer et al., 2020 ; Fine et al., 1993 ; Hutchinson et al., 2007 ; Struss et al., 2001). D’autres activités partagées et routinières, comme les promenades, les jeux et même les tâches ménagères faites ensemble, contribuent au sentiment de continuité et de stabilité des jeunes de familles recomposées et font naître un sentiment d’appartenance à la famille recomposée (Hutchinson et al., 2007). Lorsque les familles recomposées partagent plus fréquemment des activités et des routines quotidiennes, les jeunes qui y vivent ont aussi moins de comportements délinquants, consomment moins de substances illicites, présentent moins de problèmes comportementaux et émotionnels et tirent plus de satisfaction de la vie en famille recomposée (Henry et Lovelace, 1995 ; Willetts et Maroules, 2004). Certaines données suggèrent que les familles recomposées en union libre pourraient particulièrement bénéficier des activités familiales partagées : les repas en famille, par exemple, étaient plus fortement associés à des évolutions développementales positives chez les jeunes de familles recomposées en union libre que chez les jeunes de familles recomposées mariées (Beckmeyer et al., 2020).

Si les études montrent que le temps en famille est effectivement important, ces résultats doivent être considérés à la lumière des données selon lesquelles protéger le temps en tête-à-tête entre parents et enfants est décisif pour des liens parent-enfant solides, qui favorisent le bien-être des enfants en famille recomposée. Sans une relation parent-enfant solide, il est peu probable que les efforts des parents pour favoriser la cohésion de la famille recomposée soient bien reçus par les enfants. Les pratiques parentales qui favorisent la meilleure évolution des enfants semblent reposer sur un équilibre délicat entre faciliter le temps familial partagé et préserver le temps en tête-à-tête avec les enfants.

Synthèse de ce qui fonctionne

La recherche a beaucoup progressé dans l’identification des pratiques parentales qui favorisent une évolution positive des enfants de familles recomposées. Ces pratiques relèvent généralement des domaines suivants : (a) maintenir des liens parent-enfant étroits, (b) établir des frontières appropriées dans la communication parent-enfant, (c) exercer un contrôle parental, (d) soutenir le développement de la relation entre beau-parent et bel-enfant, et (e) favoriser la cohésion de la famille recomposée. Les comportements précis associés au bien-être des enfants comprennent : maintenir un contact et une implication réguliers pendant et après la formation de la famille recomposée ; réserver délibérément du temps en tête-à-tête avec les enfants et passer ensemble du temps de qualité ; manifester de la chaleur et de l’affection ; engager un dialogue centré sur l’enfant ; établir des règles sur (a) ce qu’il est approprié ou non de révéler, (b) le fait de ne pas dire du mal de l’autre parent et (c) le fait de ne pas mettre les enfants au milieu des conflits parentaux ; surveiller les activités des enfants ; garder le rôle principal en matière de discipline, le beau-parent soutenant les décisions disciplinaires du parent ; recourir à une discipline fondée sur le raisonnement, dans laquelle les parents parlent avec les enfants de ce qu’ils ont fait de mal et les aident à comprendre pourquoi c’était mal ; faciliter les interactions entre beau-parent et bel-enfant en réduisant au minimum les comportements de contrôle restrictif de l’accès ; encourager beau-parent et bel-enfant à discuter des problèmes ouvertement et directement entre eux ; limiter l’exposition des enfants aux conflits entre parent et beau-parent ; et organiser du temps familial partagé, comme des repas en famille.

Discussion

À mesure que les familles recomposées se sont répandues, la recherche a étudié ce qu’implique la vie en famille recomposée pour le bien-être des enfants, et a identifié de nombreux comportements parentaux précis associés à une meilleure évolution des enfants. Dans son ensemble, cette recherche suggère que la parentalité efficace en famille recomposée consiste à gérer des besoins familiaux concurrents. Par exemple, il faut à la fois du temps familial partagé et du temps en tête-à-tête entre parent et enfant. Il faut que les parents maintiennent des frontières de communication ouvertes sur certains sujets et fermées sur d’autres. Il faut que les parents soient à la fois ouverts et réceptifs aux préoccupations des enfants au sujet du beau-parent, et qu’ils les encouragent à discuter directement des problèmes. Il faut exercer un contrôle parental (en surveillant les activités des enfants, par exemple), mais sans aller jusqu’à restreindre l’implication du beau-parent et compromettre le développement de la relation beau-parent-bel-enfant. Les parents doivent équilibrer un certain nombre de besoins individuels et familiaux en employant des stratégies qui maximisent le bien-être de leur enfant tout au long de la transition vers la vie en famille recomposée.

Certes, toutes les familles et toutes les relations impliquent de gérer des besoins concurrents. La recherche a nommé ces motivations opposées, qui se contredisent l’une l’autre, les dialectiques relationnelles (Baxter et Braithwaite, 2010). Par exemple, les partenaires d’une relation gèrent la tension entre autonomie et lien, puisqu’on veut à la fois indépendance et liberté dans les relations, mais aussi intimité et appartenance. On gère aussi la tension entre ouverture et réserve, en voulant à la fois se confier et préserver son intimité au sein de la famille. Une autre contradiction oppose stabilité et changement : on trouve du réconfort dans le familier et la routine tout en aspirant à la nouveauté et à l’excitation. Les tensions et les contradictions sont inhérentes à la vie de famille, mais la complexité structurelle des familles recomposées peut rendre plus saillantes encore les tensions liées à des besoins familiaux concurrents. Par exemple, la formation d’une famille recomposée non seulement augmente le nombre de sous-systèmes familiaux au sein des foyers et entre eux, mais réunit aussi des membres de la famille qui n’ont pas d’histoire commune, un contexte propice à la négociation de tensions inévitables et de sentiments d’ambivalence. En outre, la formation d’une famille recomposée se déroule sur fond de récits culturels qui dépeignent les familles recomposées soit comme dysfonctionnelles (Cendrillon, par exemple), soit comme harmonieuses (la série The Brady Bunch, par exemple), deux images qui ne rendent pas fidèlement compte des réalités complexes, riches de sens et nuancées de la plupart des familles recomposées (Ganong et Coleman, 2017 ; Sanner et Coleman, 2017). En même temps, les liens qui unissent les familles recomposées ne sont peut-être pas aussi durables que ceux des premières familles, du moins au début de leur existence, ce qui rend les tensions dialectiques plus stressantes et peut-être plus difficiles à gérer dans les familles recomposées.

Le rôle des parents dans les familles recomposées ressemble à bien des égards à leur rôle de parent seul avant la création du foyer recomposé, mais dans un contexte socio-émotionnel radicalement différent. Le parent biologique aime la personne qui partage sa nouvelle vie de couple, et aime ses enfants nés d’unions antérieures ; pourtant, partenaire et enfants peuvent être dans l’incertitude les uns à l’égard des autres pendant qu’ils construisent de nouvelles relations, ce qui fait du parent le point d’appui d’un triangle chargé d’émotions, dont les implications pour la stabilité du couple et de la famille sont considérables. Autrement dit, on demande beaucoup aux parents pour favoriser le bien-être individuel et celui de la famille recomposée. Parce que les parents sont la principale raison pour laquelle beaux-enfants et beaux-parents sont en relation les uns avec les autres, le rôle parental dans les familles recomposées peut être particulièrement stressant, et les parents peuvent avoir besoin d’être guidés dans la manière de gérer leurs rôles et leurs nouvelles relations au sein de la famille recomposée.

Recherches futures sur ce qui fonctionne

Bien que notre compréhension de la parentalité efficace dans les familles recomposées ait progressé au cours des dernières décennies, d’importantes lacunes demeurent. Le plus problématique est que cette littérature s’appuie massivement sur des échantillons de personnes blanches, de classe moyenne, vivant dans des familles recomposées hétéronormatives (familles mère-beau-père, familles père-belle-mère, par exemple). Le manque d’attention à la diversité raciale, ethnique, de genre et sexuelle des familles recomposées est préoccupant : la recherche doit faire mieux pour remédier à la centralité persistante des expériences des familles blanches dans cette littérature. C’est d’autant plus important que des données récentes suggèrent que ce que nous tenons pour vrai à propos des familles recomposées blanches pourrait ne pas valoir pour les familles recomposées noires, hispaniques ou autochtones (Burton et Hardaway, 2012 ; Crosbie-Burnett et Lewis, 1993 ; Cross, 2020 ; Limb et al., 2020). Par exemple, l’idée même que la structure familiale influe sur le bien-être de l’enfant semble surtout vraie pour la jeunesse blanche (Cross, 2020). À partir de plus de 30 ans de données nationales retraçant les modes de vie des enfants de la naissance à l’âge adulte, Cross a constaté que vivre en famille recomposée n’a pas le même coût pour la jeunesse noire que pour la jeunesse blanche. Pour la jeunesse noire, l’accès aux ressources compte en général davantage que la structure familiale, ce qui suggère que, pour des familles confrontées au stress et à un accès inégal aux ressources, conséquences du racisme structurel historique et contemporain, le stress supplémentaire lié au fait de vivre séparé d’un parent biologique n’a qu’une incidence marginale (Cross, 2020).

De tels résultats soulignent la nécessité de mieux comprendre les familles dans leur contexte, en particulier lorsqu’on cherche à mieux comprendre comment, et dans quelles conditions, certaines pratiques parentales peuvent ou non porter leurs fruits. Si les parents peuvent avoir le pouvoir de favoriser le bien-être de leurs enfants en famille recomposée par certaines pratiques parentales, nous nous méfions d’un récit qui renforcerait l’idée que les difficultés ou l’épanouissement des familles reposent entièrement entre les mains de leurs membres. Notre objectif est de donner du pouvoir d’agir aux parents en leur offrant des ressources fondées sur des données empiriques, mais nous reconnaissons que les facteurs de stress que vivent les familles, et la disponibilité dont disposent les parents pour appliquer ces pratiques, sont façonnés par des forces sociales plus larges, notamment par la mesure dans laquelle les familles sont soutenues aux échelons local, étatique et fédéral. Nous jugeons essentiel de dépasser les explications au seul niveau familial des difficultés ou de l’épanouissement des familles pour affronter les privilèges et les oppressions socialement structurés ; autrement dit, de relier la recherche sur la structure familiale à une réflexion sur la manière dont nos systèmes, nos lois et nos politiques ont été conçus, et sur les raisons pour lesquelles ils l’ont été, pour avantager certaines structures familiales au détriment et à l’exclusion d’autres (Letiecq, 2019). Une réflexion sur « ce qui fonctionne dans les familles recomposées » est incomplète si elle ne reconnaît pas que nos systèmes, nos institutions et nos responsables politiques jouent un rôle clé pour façonner et soutenir des communautés propices à une parentalité efficace. Les familles ne peuvent être comprises en dehors des contextes sociaux plus larges dans lesquels elles s’inscrivent, et la recherche a toutes les occasions de mieux relier les dynamiques familiales à ces forces sociales plus larges.

Outre l’étude des contextes, il faut davantage de recherches sur ce que font les parents pour aider leurs enfants à s’adapter aux changements qu’ils rencontrent en famille recomposée. En particulier, il faudrait davantage d’études sur la quantité et la nature des informations à communiquer aux enfants, et sur le moment de le faire. Il faut aussi en savoir plus sur la manière dont les parents peuvent faciliter les liens entre beau-parent et bel-enfant. Weaver et Coleman (2010) ont examiné les rôles de la mère vis-à-vis du beau-père et des enfants, mais il faut des recherches qui examinent l’évolution développementale des enfants lorsque les mères et les pères adoptent différentes stratégies de fermeture ou d’ouverture de l’accès. Recueillir à la fois le point de vue des adultes et celui des enfants pourrait être utile pour explorer les comportements efficaces qui conduisent à des évolutions positives. Enfin, les études sur ce qui fonctionne en matière de parentalité efficace dans les familles recomposées ont grand besoin de devis plus diversifiés. Par exemple, une grande partie de ce que nous savons des familles recomposées provient de devis transversaux ; davantage de recherches longitudinales sont indispensables pour examiner comment les associations entre comportements parentaux et évolution des enfants changent avec le temps, en fonction de l’âge des enfants et de leurs contextes de développement. Des perspectives prometteuses s’ouvrent à mesure que la recherche cherche à mieux comprendre les interactions complexes entre contextes familiaux, pratiques parentales et bien-être individuel et relationnel dans les familles recomposées.

Complexe Systémique : à retenir

La revue a le mérite de traduire une littérature dispersée en gestes concrets, et beaucoup parlent directement à la clinique systémique : protéger le sous-système parent-enfant quand le couple se forme, poser des frontières claires dans ce que l’on confie aux enfants, éviter de faire de l’enfant un messager entre ex-partenaires, sortir de la position de médiation obligée entre partenaire et enfants pour ne pas nourrir la triangulation. L’image du parent comme point d’appui d’un triangle chargé d’émotions, tiraillé par des loyautés concurrentes, et la lecture en termes de dialectiques relationnelles (ouverture et réserve, temps partagé et temps en tête-à-tête) donnent aux thérapeutes des repères plutôt que des recettes. La prudence reste de mise : toutes les études sont corrélationnelles, presque toutes américaines, blanches, de classe moyenne et hétéronormatives, et l’équipe reconnaît elle-même que ces pratiques dépendent des ressources dont disposent les familles et du soutien que leur accordent les politiques publiques. À lire avec l’entretien avec Ivy Daure sur la place de la belle-mère et du beau-père, et avec l’article sur le soutien à la coparentalité.

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Traduction non officielle en français de La parentalité efficace en famille recomposée : ce que disent les données, par Caroline Sanner, Lawrence Ganong, Marilyn Coleman et Steven Berkley, Family Relations, vol. 71, no 3 (2022), doi : 10.1111/fare.12703, sous licence CC BY 4.0. Traduction et mise en page : Complexe Systémique, septembre 2026 — l’œuvre a été modifiée au sens de la licence. Ni les auteurs ni l’éditeur ne répondent de cette traduction ; la version originale fait foi.

Traduction française non officielle de « Effective parenting in stepfamilies: Empirical evidence of what works », publié dans Family Relations (2022) sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique, elle n’émane ni des auteurs ni de l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ; la version originale fait foi.

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Comment citer cet article

Sanner, C., Ganong, L., Coleman, M., et Berkley, S. (2022). La parentalité efficace en famille recomposée : ce que disent les données (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/la-parentalite-efficace-en-famille-recomposee-ce-que-disent-les-donnees (Œuvre originale publiée en 2022 dans Family Relations, 71(3), 884–899 (2022) ; republiée en 2022 par Family Relations, https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/fare.12703)

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