Journal of Family Therapy · Thérapie familiale
Quand des adultes recrutent des jeunes pour vendre de la drogue, la thérapie multisystémique peut-elle encore agir ? L’équipe de Simone Fox a interrogé quatre jeunes et six mères ayant suivi une MST sur trois sites anglais. Couvre-feu, chaleur retrouvée, réseau de parents et concertation des institutions aident ; les adultes qui exploitent, parfois les parents d’autres jeunes, restent l’obstacle majeur.
Traduction française non officielle. Cet article est la traduction de La thérapie multisystémique face à l’exploitation criminelle des enfants : le point de vue des jeunes et de leurs parents, par Simone Fox, Holly Wake et Emily Glorney, publié dans Journal of Family Therapy (Wiley) (2024), doi : 10.1111/1467-6427.12471, sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par le Complexe Systémique en septembre 2026 : le texte original a été traduit en français et remis en page, ce qui constitue une modification de l’œuvre au sens de la licence. Le tableau est présenté sous forme de liste ; la figure est reproduite dans sa version originale anglaise, avec une légende traduite. Cette traduction n’a été effectuée ni par les auteurs ni par l’éditeur, qui ne répondent ni de son contenu ni d’éventuelles erreurs. La version originale fait foi.
Il faudra peut-être enrichir l’intervention pour répondre aux défis propres aux jeunes à risque d’exploitation.
Simone Fox, Holly Wake et Emily Glorney
Résumé
L’exploitation criminelle des enfants est une forme de maltraitance, liée à l’implication des jeunes dans les gangs et aux conséquences graves et durables pour les communautés. La thérapie multisystémique (MST) est une intervention systémique contre les comportements antisociaux qui repose sur un large corpus de données probantes, mais peu de recherches portent sur les jeunes en lien avec des gangs ou victimes d’exploitation criminelle. À partir d’entretiens semi-directifs, cette étude qualitative a exploré l’expérience de la MST vécue par des jeunes à risque d’exploitation (n = 4) et par leurs parents (n = 6) sur trois sites en Angleterre. L’analyse thématique a dégagé quatre thèmes : les changements vécus ; l’amélioration de la relation entre parent et jeune ; les facilitateurs du changement ; les obstacles au changement. Le processus de la MST a favorisé le changement de comportement, soutenu la constitution de réseaux de soutien pour les parents et encouragé les liens avec des jeunes de même âge au comportement prosocial. Parmi les obstacles figuraient les liens des jeunes avec des adultes néfastes et les changements fréquents dans leurs relations entre pairs. Une exploration plus poussée des liens complexes entre les adultes néfastes et les jeunes à risque d’exploitation est recommandée.
Points clés
La thérapie multisystémique (MST) est une intervention familiale de proximité destinée aux jeunes qui présentent d’importantes difficultés de comportement systémiques et qui sont au bord d’un placement ou d’une détention (Henggeler et Borduin, 1990). Conçue à l’origine aux États-Unis pour cibler les comportements antisociaux graves (Henggeler et al., 1998), elle repose sur un modèle socio-écologique (Bronfenbrenner, 1979) et part de l’hypothèse que le comportement antisocial a des déterminants multiples et qu’il est lié aux facteurs de risque du jeune et de l’écologie plus large qui l’entoure (Henggeler et al., 2009). L’intervention vise à donner au parent les moyens de soutenir son enfant face à ses comportements dans les différents systèmes. Elle est généralement délivrée de manière intensive sur trois à cinq mois. La MST est probablement l’intervention contre les comportements antisociaux des jeunes la plus évaluée au monde, et les recherches montrent une baisse des taux de délinquance, de consommation de substances et de placements hors du domicile (MST Services, 2024).
Une méta-analyse a montré que la fréquentation de pairs négatifs est le plus puissant prédicteur du comportement antisocial chez les jeunes (Lipsey et Derzon, 1998). On a constaté qu’elle joue un rôle de médiation dans les résultats des jeunes en accueil familial thérapeutique multidimensionnel (par exemple van Ryzin et Leve, 2012). L’implication dans un gang peut être considérée comme une manifestation extrême de la fréquentation de pairs négatifs (Carson et al., 2017), qui constitue sans doute un vrai défi pour l’obtention de résultats positifs. L’exploitation des enfants est étroitement liée à l’implication dans les gangs (Children Commissioner, 2019). Au Royaume-Uni, le terme d’exploitation sert couramment à désigner une population de jeunes qui peuvent être « impliqués dans un gang », mais qui, au fond, subissent une exploitation criminelle ou sexuelle au profit d’autrui (Home Office, 2018). Les liens entre exploitation des enfants et comportement antisocial sont forts (NSPCC, 2024). Les victimes de pédopiégeage et d’exploitation peuvent commettre des infractions soit du fait des abus subis, soit sous la contrainte et les menaces des personnes qui les exploitent (Cockbain et Brayley, 2012).
En 2019, le Home Office (ministère britannique de l’Intérieur) a financé la création d’unités de réduction de la violence, chargées d’apporter une réponse stratégique coordonnée pour réduire la violence, y compris la criminalité liée aux gangs. Cette démarche s’inspire du travail de l’unité écossaise de réduction de la violence, qui adopte la définition de l’approche de santé publique de l’Organisation mondiale de la santé (Craston et al., 2020). En 2021, de nouveaux services ont été commandés pour mettre en œuvre une approche multisystémique et informée par le trauma face à la violence des jeunes (Fox et Thakordas-Desai, 2024).
Malgré le large corpus de données qui soutient l’efficacité de la MST, peu de recherches ont porté spécifiquement sur la MST auprès de jeunes en lien avec des gangs. Le document de stratégie du Home Office sur la fin de la violence des gangs et des jeunes (Ending Gang and Youth Violence, HM Government, 2011) préconise de promouvoir un travail familial intensif avec les familles les plus en difficulté, y compris les membres de gangs, et souligne l’utilité potentielle de la MST. La stratégie contre la violence grave (Serious Violence Strategy, HM Government, 2018) a repris cette orientation et recommandé la MST comme intervention de choix. Boxer (2011) et Boxer, Veysey et al. (2015) ont évalué l’effet de l’implication dans un gang sur les résultats du traitement par MST. Ces études ont montré que les jeunes en lien avec des gangs avaient nettement moins de chances de voir leur dossier clos avec succès après une MST que les jeunes sans lien avec un gang. Pourtant, à partir du même échantillon que l’article de Boxer, Kubik et al. (2015), Boxer et al. (2017) n’ont trouvé aucune différence significative de taux de réarrestation entre jeunes en lien ou non avec un gang, ce qui suggère que la MST réduit la délinquance avec la même efficacité dans les deux cas. Cela concorde avec la littérature plus large sur le traitement par MST (selon laquelle une certaine dose de MST abaisse encore la récidive par rapport aux soins habituels chez les jeunes relevant de la justice des mineurs) (Schaeffer et Borduin, 2005).
Il a été montré que des contacts réguliers avec des pairs négatifs prédisent l’abandon du traitement chez les jeunes (De Haan et al., 2013), et qu’une moindre fréquentation de pairs négatifs prédit des résultats positifs en MST (Tiernan et al., 2015). Une méta-analyse a montré que la MST réussissait moins bien à changer les relations entre pairs qu’à changer les relations familiales ou l’adaptation individuelle (Curtis et al., 2004). Les parents rapportent en outre que la fréquentation de pairs négatifs est le domaine où il est le plus difficile d’intervenir (Tighe et al., 2012).
Une étude sur l’expérience des thérapeutes MST travaillant avec des jeunes en lien avec des gangs a formulé l’hypothèse que le gang agissait comme un rival de l’intervention, parce que les ressources du gang pour attirer le jeune l’emportaient sur celles des parents (Packer, 2014). Voir les jeunes comme faisant partie d’un système distinct et plus puissant suscitait chez les thérapeutes un sentiment d’impuissance, et les jeunes en lien avec des gangs présentaient un risque accru de violence et de comportement délinquant. Au moment de cette recherche, aucune étude n’avait porté explicitement sur la MST face à l’exploitation des enfants.
La présente étude prolonge les premiers résultats de la recherche de Packer (2014). C’est la première exploration qualitative de l’expérience de la MST vécue par des jeunes et des parents lorsqu’il existe des inquiétudes d’exploitation ou d’implication dans un gang ; la question de recherche visait à comprendre leur expérience de la MST, y compris les obstacles et les facilitateurs à la réduction du comportement délinquant des jeunes et de leurs contacts avec d’autres personnes engagées dans des comportements antisociaux.
Deux guides d’entretien semi-directif, l’un pour les parents, l’autre pour les jeunes, ont été élaborés à partir d’une revue de la littérature, en suivant la chronologie et les objectifs de la MST. Les questions ouvertes s’organisaient autour de l’avant, du pendant et de l’après de l’intervention MST, avec des questions supplémentaires propres au comportement ayant motivé l’orientation de la personne participante, rédigées dans une langue adaptée à son développement. Parmi les questions figuraient par exemple : Qu’est-ce qui a été utile ou inutile pour répondre à l’implication de votre enfant dans des activités délinquantes ? Qu’as-tu fait, avec la personne thérapeute MST ou avec tes parents, au sujet des personnes avec qui tu traînais ? Qu’est-ce qui a été utile ou inutile là-dedans ? et Quelles parties ont été difficiles, et pourquoi ? Avant de légères modifications et du recueil des données, un parent et un jeune ont donné, au titre de l’expertise d’expérience, un retour sur les deux guides d’entretien, avec des conseils sur la meilleure manière de mener l’entretien et sur la clarté des questions.
Les personnes participantes ont été recrutées sur trois sites MST relevant d’associations et de collectivités locales, dans trois zones géographiques d’Angleterre. Les critères d’inclusion visaient les jeunes de 10 à 17 ans, ou leurs parents, ayant achevé une intervention MST dans les deux années précédentes. Les critères ci-dessous ont été élaborés en lien avec un essai de faisabilité distinct, qui explorait l’usage de la MST pour réduire le risque d’exploitation criminelle (Langdon et al., 2023). Il a été convenu que la présence d’au moins deux comportements de la liste indiquerait que le jeune courait un risque d’exploitation criminelle ou d’implication dans un gang, d’après les prédicteurs de risque de la littérature sur l’exploitation. L’accent portait sur les comportements à l’extérieur plutôt qu’à la maison.
L’orientation devait avoir été motivée par au moins deux des comportements suivants :
Les thérapeutes MST ont repéré les personnes qui remplissaient les critères d’inclusion et les ont informées de la recherche ; les personnes intéressées étaient ensuite orientées vers la chercheuse pour plus d’informations avant de consentir à participer. L’échantillonnage était donc opportuniste.
Au total, trente-sept personnes ont été repérées par les thérapeutes MST (vingt et un parents et seize jeunes) : six ne souhaitaient pas participer, vingt n’ont pas pu être jointes et une personne a donné son consentement puis s’est retirée. Les raisons de la non-participation n’ont pas été explorées, et le droit de refuser a été respecté. Au total, dix personnes ont été recrutées (six parents et quatre jeunes, dont trois dyades parent-jeune). Les caractéristiques démographiques de chaque personne figurent au tableau 1.
Tableau 1 — Caractéristiques démographiques des personnes participantes
Pour chaque personne : genre ; origine ethnique ; âge ; équipe MST de recrutement (renforcée ou standard) ; traitement reçu pendant le confinement lié à la COVID-19 ; genre de l’enfant (pour les parents).
Abréviations conservées de l’original : CG (caregiver), parent ; YP (young person), jeune.
Le comité d’éthique de Royal Holloway, université de Londres, a donné son approbation. Chaque site de recrutement a en outre approuvé la recherche dans sa zone. Le consentement éclairé a été recueilli avant les entretiens (y compris celui du parent lorsque la personne participante avait 15 ans ou moins). Les entretiens ont été menés par visioconférence Zoom ou par téléphone. Leur durée allait de 40 à 90 minutes, selon la concentration des personnes participantes dans leurs réponses.
Les entretiens ont été transcrits mot pour mot et analysés selon une approche inductive et latente de l’analyse thématique (AT), afin de comprendre l’expérience des personnes participantes dans leur contexte social plus large. L’AT a permis de repérer et d’analyser des motifs et des significations dans les données, en suivant les six étapes de Braun et Clarke (2006) : familiarisation, codage initial, repérage des thèmes, révision et affinement des codes et des thèmes, clarification et définition itératives du sens des thèmes, et rédaction.
Les six lignes directrices d’Elliott et al. (1999) pour une recherche qualitative de bonne qualité ont été suivies, dont des vérifications de crédibilité au sein de l’équipe de recherche. Par exemple, la transcription du premier entretien a été relue par les autres membres de l’équipe pour établir la qualité des données, et codée par deux membres de l’équipe, avec un bon accord. Les thèmes initiaux ont été discutés par toute l’équipe, en se référant aux dix transcriptions, et les thèmes et sous-thèmes finaux ont été arrêtés d’un commun accord. Ensuite, conformément à Elliott et al. (1999), une personne participante a été consultée sur les résultats et la carte thématique, pour s’assurer que les thèmes faisaient écho à son expérience. Bien qu’il n’existe pas de taille d’échantillon définitive pour l’analyse thématique, un certain consensus veut que la saturation des données soit généralement atteinte dans les douze premiers entretiens (Guest et al., 2006). Avec un échantillon de dix personnes, et en veillant de surcroît à respecter les six principes d’Elliott et al. (1999) pour une bonne recherche qualitative, l’équipe a optimisé l’intégrité des données tout en restant attentive à la réflexivité et à la subjectivité inhérentes à l’analyse thématique (Braun et Clarke, 2019).
Tous les entretiens ont été menés par une même chercheuse, qui a tenu un journal réflexif pendant toute la recherche. Cela a permis de consigner les réflexions personnelles, les présupposés et les biais pendant les phases de recueil et d’analyse des données. Ces réflexions ont été partagées avec les deux autres membres de l’équipe, l’une ayant une longue expérience de la MST et l’autre du processus de recherche. Toutes les chercheuses étaient titulaires d’un doctorat, blanches et de sexe féminin, et avaient l’expérience du travail dans le système de justice pénale. L’équipe se réunissait régulièrement pour discuter de l’effet de ces caractéristiques sur les entretiens, l’analyse et l’interprétation des données, en tenant compte des questions de pouvoir et de différence. Par ce processus de triangulation, l’équipe s’est activement attachée à atténuer les biais dans la compréhension des données.
L’analyse thématique a fait émerger, en lien avec la question de recherche, quatre thèmes principaux (changements vécus, amélioration de la relation entre parent et jeune, facilitateurs et obstacles au changement) et treize sous-thèmes (voir figure 1). Le deuxième thème, bien que lié à la fois aux changements et aux facilitateurs, a été considéré comme un thème important à part entière. Même si chaque sous-thème n’était pas explicite à la fois chez les parents et chez les jeunes, les points de vue des uns et des autres comptent autant.

À la suite de leur engagement dans la MST, les personnes participantes ont rapporté des changements dans deux domaines : les comportements à l’origine de l’orientation et le point de vue des jeunes.
Les personnes participantes ont rapporté une diminution, et parfois l’arrêt, des comportements à l’origine de l’orientation (agressivité, fugues, comportement délinquant et consommation de substances).
« Elle ne disparaissait plus la nuit, je n’avais plus à appeler la police… elle me disait où elle était » (CG2).
« J’ai commencé à beaucoup mieux me tenir à l’école… j’ai arrêté de me mêler à, genre, la mauvaise bande, d’avoir affaire à la police » (YP1).
L’implication de la MST auprès de la famille a aidé les jeunes à mieux mesurer l’effet de leur comportement, en particulier des fugues, sur le système familial, ce qui a nourri leur motivation à changer.
« Le fait que… ça leur faisait vivre autant de stress, c’est ça qui m’a vraiment… empêché de fuguer, parce que… je sais que quand ma mère est stressée… elle peut faire des crises d’épilepsie… et c’est la principale… raison pour laquelle j’ai arrêté » (YP1).
Les jeunes ont pris conscience de l’effet possible de leur comportement sur leurs chances futures et sur la vie à se construire. Après leur engagement dans la MST, les jeunes se projetaient davantage dans l’avenir, un changement remarqué une fois l’intervention terminée : « avant j’étais genre “non, je m’en fiche”, mais maintenant j’ai vraiment réfléchi, je veux un avenir parce que j’adore l’argent… je me suis rendu compte “pourquoi je traînerais avec ces [pairs néfastes]”… je ne crois pas qu’ils [la MST] aident sur le moment, mais genre après tu commences à réfléchir, et tu te rends compte que ça a eu un effet » (YP2).
Les jeunes ont remarqué un changement dans leur regard sur leurs relations entre pairs, et une conscience plus vive de l’effet de leurs pairs négatifs sur leur comportement. « C’était une mauvaise influence et je ne m’en étais jamais rendu compte… ils me faisaient faire des choses que je ne devrais pas faire… faire des choses avec moi que je ne devrais pas faire à mon âge » (YP4).
Parents et jeunes ont remarqué une amélioration de leur relation. Les parents ont décrit leurs efforts pour donner au jeune l’envie d’être davantage à la maison, en renforçant ce qui l’attirait au domicile familial et en témoignant plus de chaleur à leur enfant. Les jeunes accordaient de la valeur à leur relation avec leur parent et remarquaient que cette relation était devenue plus positive et que leur parent comprenait mieux leur situation et leurs difficultés.
« On a juste commencé à faire plus de choses ensemble, des activités et tout ça, n’importe quoi en fait… je me suis mis au bowling… et ma mère et mon père venaient me soutenir » (YP1).
« Avec la MST… on a planifié ce que j’allais faire quand elle fuguait et… ils m’ont fait réfléchir à des choses. Par exemple, je sais que [la jeune] adore manger, donc c’était un peu des façons de [la] faire revenir à la maison…. Donc on a passé en revue tout ce genre de choses que X aime dans le fait d’être à la maison » (CG4).
Les parents encourageaient leur enfant à recevoir ses pairs au domicile familial plutôt que de rester dans la rue. Cela permettait à certains parents de surveiller les allées et venues et les faits et gestes de leur enfant, et leur donnait un meilleur aperçu de ses relations entre pairs :
« Je n’étais pas emballée par ces amitiés, au moins je pouvais garder un œil dessus et me faire ma propre opinion. Ensuite je pouvais dire à [la jeune] “je trouve cette personne assez grossière, je trouve cette personne vraiment irrespectueuse”, donc j’ai pu jauger le genre de personnes qu’elle fréquentait » (CG4).
Les parents ont soutenu leur enfant en déplaçant l’accent de leurs échanges du négatif vers le positif :
« J’ai un peu arrêté le… “pourquoi tu es en retard ?” pour passer à… “je suis vraiment contente que tu sois rentré” » (CG5).
Les jeunes ont reconnu ce changement et l’ont apprécié : « Ma mère est mieux maintenant, genre elle est plus gentille avec moi… ma mère était une vraie peau de vache et elle me crisait dessus à chaque fois… maintenant elle écoute [la personne thérapeute] et à chaque fois qu’on se disputait elle se disait “reste calme, ceci, cela” » (YP2).
Les parents ont reconnu qu’il importait de contenir leurs réactions aux fugues de leur jeune et de ne pas répondre par la colère.
« Je me souviens de la première fois qu’elle a fugué ; quand elle est revenue, j’ai dit “comment tu as pu me faire ça ? J’étais malade d’inquiétude”. Je suis complètement sortie de mes gonds, et elle est repartie, encore partie pendant trois jours » (CG4).
Les parents ont décrit une tension entre la sécurité de leur enfant et la mise en place de limites claires et cohérentes : « C’était vraiment difficile… parce qu’à chaque fois que la police la ramenait, on me disait “bon, ne lui tombez pas dessus pour ça, sinon elle va repartir”, alors en tant que parent je me disais “bon, elle s’en tire comme ça” » (CG4). Les parents avaient le sentiment que ne pas réagir négativement aux fugues de leur enfant revenait peut-être à « simplement la laisser faire ce qu’elle veut » (CG2).
Des sous-thèmes précis ont été repérés comme facilitateurs du changement : poser des limites et des attentes plus claires, créer un réseau avec d’autres parents, la force de l’implication pluri-institutionnelle et le changement de groupe de pairs.
Les parents ont parlé de la mise en place d’attentes claires pour que le jeune reste joignable en dehors de la maison, afin d’assurer sa sécurité :
« Il ne s’agissait pas de lui dire de ne pas faire quelque chose, c’était plutôt “si tu vas le faire, il faut que tu sois en sécurité quand tu es dehors”. C’était plutôt “on a besoin de savoir où tu vas, que tu es en sécurité, et il faut que tu répondes au téléphone et que tu nous parles”. … Donc de ce point de vue c’était bien, parce que ça a vraiment marché » (CG2).
Une fois ces limites claires posées, les jeunes disaient plus volontiers à leurs parents où les trouver : « Si je dors quelque part, je lui dis maintenant, au lieu de ne rien lui dire et de l’inquiéter » (YP2).
Les personnes participantes ont parlé de l’instauration d’un couvre-feu, qui fixait explicitement l’heure à laquelle le jeune devait rentrer le soir :
« Je devais rentrer pour 22 h 30… je crois que c’est quand elle [la thérapeute MST] a commencé à parler à ma mère qu’elles ont essayé de fixer une heure » (YP2).
« … si je l’appelais, il fallait qu’elle réponde… si elle allait être en retard, elle m’appelait… Ça a l’air d’un petit détail, mais c’était vraiment énorme » (CG2).
Les parents ont décrit les bienfaits d’un réseau de soutien entre pairs, mobilisable quand leur enfant fuguait. « On s’est constitué une sorte de carnet de contacts avec ses amis et les parents de ses amis, où ils habitent tous, ce genre de choses. Comme ça, si jamais il fuguait ou qu’on ne savait pas où il était, c’était notre premier point de contact avant d’appeler la police » (CG1).
Les personnes participantes ont expliqué comment la MST avait réuni plusieurs institutions, dont la police, les services sociaux, des équipes spécialisées dans l’exploitation, du personnel de soutien et les écoles :
« Grâce à la MST, on a fait intervenir d’autres personnes… il y avait… la police, et je travaillais aussi avec une des personnes de la police de proximité, et à plusieurs [institutions] elles ont mis en place l’interdiction de la zone, les avis d’interdiction d’hébergement 1 et l’interdiction de voir les pairs qu’il fréquentait. Donc c’était un effort collectif, mais eux [la MST] ont vraiment aidé à mettre ces choses en place » (CG3).
De même, les parents ont reconnu l’importance du travail d’équipe entre professionnels pour gérer la disparition d’un jeune : « Je ne peux pas faire ça toute seule. Tout le monde s’est impliqué et m’a aidée. La MST, la police, l’équipe enseignante, donc tout le monde a aidé petit, petit, petit. C’était très constructif et bien » (CG6). Une bonne communication et le partage d’informations comptaient particulièrement : « Je pense que ça a aussi aidé que tout le monde sache ce qui se passait. Que tout le monde partage l’information, comme ça je n’ai pas à prévenir l’école qu’il a disparu, elle le sait déjà. La MST le sait déjà, donc on peut travailler là-dessus à la séance suivante, c’est simple pour tout le monde d’être au courant » (CG5).
Pour les jeunes, l’implication de plusieurs institutions était vécue comme intrusive, et les poussait à changer de comportement dans l’espoir de réduire cette présence auprès de leur famille : « J’aime juste pas les flics… je veux pas avoir les flics sur le dos, je veux pas être connue genre “fichée” ou je sais pas comment ils font… la seule chose maintenant pour me débarrasser de mes travailleurs sociaux, c’est d’aller à l’école, et elle m’a dit “si tu vas juste à l’école et que tu essaies, genre ils partiront” » (YP2).
Les parents ont expliqué encourager leur enfant à nouer de nouvelles relations avec des pairs positifs et créer des occasions de se retrouver avec ces pairs.
« Je lui ai fait retrouver… son ancien groupe d’amis, qui étaient de meilleures fréquentations, et… si on faisait un barbecue ou quelque chose comme ça, j’invitais certains de ses anciens amis… J’ai clairement remarqué des changements dans [son] comportement. Je pense que, parce qu’il traînait avec ces meilleures fréquentations, il était moins en colère et beaucoup moins violent, parce que je pense qu’il s’est dit “si je suis vraiment en colère et méchant avec ces gens, ils ne vont sans doute plus vouloir traîner avec moi” » (CG5).
Les jeunes ont reconnu que leurs parents les encourageaient à passer plus de temps avec des amis de leur âge, et que ce changement de groupe de pairs avait ouvert la voie à des activités plus adaptées à leur âge : « ils étaient plus de mon âge et voulaient plus faire les trucs que je voulais faire… sortir jouer, faire du vélo, jouer au foot, tous ces trucs-là » (YP4).
Les parents ont repéré des obstacles liés aux fréquentations des jeunes avec des adultes néfastes et aux changements fréquents de groupes de pairs. Ces obstacles n’ont pas été cités par les jeunes.
Les parents ont décrit des jeunes qui fréquentaient des pairs plus âgés, souvent des adultes du quartier. Ces parents ont décrit la force d’attraction et les techniques employées par ces adultes pour manipuler leur enfant et l’exploiter criminellement en lui faisant vendre de la drogue.
« Elle avait 13 ans la première fois qu’elle a disparu… Quand elle revenait après avoir disparu, elle revenait avec des vêtements neufs… deux types, de 24 et 27 ans… essayaient de lui faire faire les county lines, et ils ont commencé à lui acheter des vêtements et à lui dire “regarde, tu peux avoir le dernier téléphone, tu peux avoir ci”, et à 14 ans, forcément, l’idée d’un nouveau téléphone l’attirait beaucoup » (CG4).
Des parents ont raconté des situations dangereuses vécues en confrontant ces adultes, en cherchant leur enfant disparu :
« Mon père est allé avec mon frère essayer de ramener [le jeune] de chez ses amis, et mon père a été poursuivi par des… hommes en voiture, qui ont essayé de le pousser hors de la route à 100 miles à l’heure » (CG3).
Parmi les autres adultes néfastes figuraient les parents de pairs négatifs, qui faisaient obstacle aux efforts pour empêcher leur enfant de fuguer et de s’engager dans des comportements délinquants. Ces adultes encourageaient le comportement antisocial en fournissant alcool, drogue et nourriture à l’enfant, malgré les avis d’interdiction d’hébergement visant leur logement, et poussaient le jeune à vendre de la drogue pour leur compte :
« Sa mère vend la drogue et fait une fête pour les enfants… quand je m’approche de la maison, je sens déjà la drogue… et je dis “ma fille est dans votre maison ?” et elle “oh oui [elle] est là”… je disais “s’il vous plaît donnez-moi ma fille” et elle dit “non” » (CG6).
Les changements fréquents de groupes d’amis rendaient difficile, pour les parents, de savoir qui leur enfant fréquentait et où :
« Ça dure trois ou quatre semaines, puis elle passait à un autre groupe de personnes, donc on ne savait jamais vraiment où elle était ni avec qui. Elle changeait tout le temps de groupe d’amis, donc c’était très difficile de la suivre » (CG2).
Cette recherche a exploré l’expérience de la MST vécue par des jeunes et des parents lorsqu’il existait des inquiétudes d’implication dans un gang ou d’exploitation de l’enfant.
Les personnes participantes ont rapporté une baisse de la consommation de substances, de la fréquentation de pairs négatifs, des fugues et du recours à la violence. Cela concorde avec des recherches méta-analytiques antérieures qui montrent des effets significatifs du traitement par MST sur la baisse de la consommation de substances et de la délinquance (van der Stouwe et al., 2014). Les résultats de cette recherche suggèrent que la MST peut être efficace pour réduire les comportements problématiques des jeunes à risque d’exploitation ou d’implication dans un gang, ce qui concorde avec Boxer et al. (2017).
Chez les jeunes, une plus grande attention à l’effet de leur comportement sur les autres et des projets de vie future ont constitué des changements de perspective après la MST. Des recherches antérieures ont montré que des objectifs et des aspirations positifs pour l’avenir étaient d’importants processus de changement en MST (Tighe et al., 2012), et qu’après la MST, les jeunes pensaient de plus en plus à leurs objectifs d’avenir et à l’orientation de leur vie (Conroy et al., 2021 ; Paradisopoulos et al., 2015).
Les personnes participantes ont décrit davantage de chaleur, plus de temps passé ensemble en famille à des activités appréciées du jeune, et ont rapporté une meilleure communication et une meilleure compréhension mutuelle. Le sous-thème « renforcer ce qui attire vers la maison » rejoint la littérature existante sur le modèle attraction-répulsion (push–pull) de l’implication dans les gangs (Decker et Van Winkle, 1996). Plus précisément, le fait que le parent sache où se trouve le jeune, et que le jeune soit disposé à livrer cette information, était prédit par la chaleur parentale telle qu’elle est perçue à l’adolescence. Il a été montré que la chaleur parentale a un effet direct sur la délinquance juvénile (Klevens et Hall, 2014). Les parents ont rapporté des difficultés à concilier chaleur parentale et limites claires. Le style parental démocratique (authoritative), défini par un contrôle élevé associé à une forte chaleur parentale, est celui où les parents répondent aux besoins de l’enfant tout en établissant et en maintenant des attentes claires et bien définies à l’égard du jeune (Baumrind, 2005). Ce style parental est associé à davantage de comportements prosociaux que les styles autoritaire, permissif ou négligent (Mensah et Kuranchie, 2013).
Parents et jeunes ont expliqué que des limites et des attentes plus claires avaient été posées quant à l’heure de rentrer, par l’instauration d’un couvre-feu. Les jeunes ont rapporté plus d’ouverture avec leurs parents sur l’endroit où les trouver, et un contact mieux maintenu avec la famille en dehors de la maison. La connaissance parentale, c’est-à-dire la mesure dans laquelle les parents savent où se trouve le jeune et ce qu’il fait, s’est révélée un prédicteur clé du comportement antisocial (Trentacosta et al., 2009). Les interventions qui ciblent spécifiquement la capacité des parents à surveiller le comportement de leur enfant améliorent efficacement le comportement du jeune (Dishion et McMahon, 1998). Dans le contexte de la MST, des études ont montré qu’une meilleure surveillance parentale réduisait la fréquentation de pairs négatifs (Huey et al., 2000). Cette étude a souligné l’importance des réseaux de soutien entre pairs (en accord avec le Child Safeguarding Review Panel, 2020) et d’une approche pluri-institutionnelle cohérente face aux fugues des jeunes. L’implication de plusieurs institutions était une expérience commune aux familles, et elle motivait les jeunes à changer de comportement pour réduire la présence professionnelle autour de la famille. Les parents ont parlé de la valeur de la stabilité de l’équipe professionnelle qui les soutenait et de l’importance d’une communication partagée entre institutions. Divers rapports ont souligné la nécessité d’une réponse concertée et d’un travail pluri-institutionnel pour assurer une réponse coordonnée au repérage, à l’identification et à la protection des enfants à risque d’exploitation (Children’s Society, 2019 ; Ofsted, 2014). Les personnes participantes ont reconnu la valeur de nouvelles relations avec des pairs positifs pour s’engager dans des comportements plus prosociaux et adaptés à l’âge. Réduire la fréquentation de pairs négatifs et accroître les liens avec des pairs prosociaux est un aspect clé du modèle MST (Henggeler et al., 2009).
Les parents ont désigné les liens de leur enfant avec des adultes néfastes comme un obstacle important à la réduction de son implication dans des comportements délinquants. Les relations avec des adultes contrôlants ou des pairs plus âgés sont des vulnérabilités connues de l’exploitation des enfants (Home Office, 2018). La complicité de familles et de parents avec le trafic de drogue et l’exploitation criminelle, comme moyen de gagner un complément de revenu pour le foyer, a déjà été mise en évidence (Violence & Vulnerability Unit, 2018). Les parents avaient le sentiment que leur enfant entretenait des relations complexes avec de multiples groupes de pairs et d’adultes qui exerçaient une influence négative. Les relations entre pairs étaient décrites comme passagères et sans cesse changeantes, ce qui rendait difficile d’éliminer complètement l’influence des pairs négatifs. Tighe et al. (2012) ont constaté que les parents estimaient les contacts de leur enfant avec des pairs antisociaux difficiles à changer, et disaient leur impuissance à y remédier.
Poser des attentes plus claires, s’orienter vers un style parental plus démocratique, améliorer la relation entre enfants et parents, et affaiblir les liens avec les pairs négatifs en introduisant des pairs plus positifs et prosociaux ont été des facilitateurs efficaces du changement de comportement chez les jeunes. Ce sont des stratégies que les thérapeutes MST emploient régulièrement face aux comportements antisociaux et à la fréquentation de pairs négatifs, et ces résultats suggèrent qu’elles peuvent aussi être utiles aux familles confrontées à des inquiétudes d’exploitation.
Les liens avec des adultes néfastes sont un facteur de risque clé de l’exploitation et peuvent représenter un défi propre à cette population, sur lequel il est difficile et compliqué d’intervenir. Le pouvoir et l’influence des parents des pairs, qui encouragent et banalisent le comportement antisocial, peuvent contrebalancer et remettre en cause le travail mené en MST entre parents et thérapeutes pour agir sur les comportements problématiques des jeunes et leur fréquentation de pairs négatifs. Les changements fréquents de relations entre pairs et les liens avec des adultes néfastes posent aux thérapeutes un problème complexe, sur lequel il peut être difficile d’intervenir efficacement. Il faudra peut-être enrichir l’intervention pour répondre aux défis propres aux jeunes à risque d’exploitation. Les thérapeutes MST qui travaillent avec ces familles devraient porter une attention particulière aux multiples liens avec des pairs négatifs et des adultes, afin d’obtenir des changements de comportement efficaces et durables et de réduire le risque d’exploitation.
C’est la première étude qui explore qualitativement le point de vue sur la MST de jeunes à risque d’exploitation et de leurs parents. Faire entendre la voix des parents comme celle des jeunes apporte une contribution importante à des données encore limitées dans ce domaine. Malgré les efforts pour recruter sur plusieurs sites, l’échantillon final provenait de trois sites MST en Angleterre, ce qui peut ne pas être représentatif de la population britannique dans son ensemble. L’échantillon manquait de diversité ethnique, la majorité des personnes participantes étant blanches et britanniques, ce qui ne reflète pas la surreprésentation des jeunes de minorités ethniques dans le système de justice des mineurs (YJB, 2021). L’échantillon de parents ne comprenait que des mères, et cette absence de pères parmi les personnes participantes rejoint des recherches antérieures qui montrent que les pères sont sous-représentés dans la recherche sur l’enfant et la famille (Phares, 1996). En raison des difficultés de recrutement, un échantillon relativement restreint de jeunes a accepté de participer. Les critères d’inclusion ne comportaient pas non plus de mesure objective des relations entre pairs.
Un biais de sélection est possible, puisque le recrutement était opportuniste et que les personnes repérées par les thérapeutes et ayant accepté de participer étaient peut-être plus motivées à le faire. Les thérapeutes ont pu contacter plus volontiers les familles avec lesquelles le traitement avait donné de bons résultats ou avec lesquelles s’était établi un bon rapport thérapeutique. Ce biais de sélection a pu conduire à une interprétation de l’expérience de la MST plus favorable que celle des familles qui ne s’y sont pas engagées. Cela dit, l’échantillonnage opportuniste en recherche qualitative peut être bénéfique, car il permet de repérer des « cas riches en information », capables de fournir sur les expériences des informations finement texturées, qui aident à étendre les connaissances sur un sujet de recherche (Vasileiou et al., 2018). Le fait de n’inclure que des personnes ayant achevé le traitement signifie que les obstacles possibles à l’engagement dans la MST pour cette population n’ont pas été explorés.
Cette étude a recouru à des entretiens semi-directifs pour explorer, de manière initiale, le point de vue sur la MST de jeunes à risque d’exploitation et de leurs parents. Si les résultats mettent en lumière de nouveaux points d’attention pour les thérapeutes, comme une attention accrue à la compréhension des liens multiples avec des pairs et des adultes, ils soulignent aussi l’utilité des interventions déjà largement employées en MST. Ces résultats s’ajoutent aux données britanniques existantes et croissantes sur l’efficacité de la MST auprès de la population exposée au risque d’exploitation. On peut espérer que les implications cliniques de l’étude aideront à enrichir la pratique des thérapeutes MST qui travaillent avec des familles où existent des inquiétudes d’exploitation.
Complexe Systémique : à retenir
L’étude a le mérite de donner la parole aux familles, là où la littérature sur les gangs parle surtout de chiffres. Ce qu’elles décrivent est très systémique : on ne retient pas un jeune à la maison en le surveillant seulement, mais en rendant la maison plus attirante que la rue, et en tenant ensemble chaleur et limites. Le réseau de parents, l’école, la police et les services sociaux forment alors un système de soutien concerté plutôt qu’une addition d’interventions. Mais l’obstacle principal échappe au cadre familial : des adultes, parfois des parents d’autres jeunes, organisent l’exploitation. Face à ce système rival, la MST touche sa limite, et la question devient celle de la protection de l’enfance plus que de la thérapie. Côté jeunes, la présence des institutions est vécue comme une intrusion à faire cesser : un levier réel, mais ambigu. Les limites sont nettes : dix personnes, uniquement des mères, des familles ayant achevé le traitement et repérées par leurs thérapeutes. À lire avec l’étude sur les éléments efficaces des soins aux familles aux problèmes multiples, et avec l’article sur les comportements agressifs des adolescents.
Notes de l’original
1 Mesure utilisée par la police et les services sociaux pour protéger les enfants des personnes susceptibles de les mettre en danger.
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Traduction non officielle en français de La thérapie multisystémique face à l’exploitation criminelle des enfants : le point de vue des jeunes et de leurs parents, par Simone Fox, Holly Wake et Emily Glorney, Journal of Family Therapy, vol. 46, no 4 (2024), doi : 10.1111/1467-6427.12471, sous licence CC BY 4.0. Traduction et mise en page : Complexe Systémique, septembre 2026 — l’œuvre a été modifiée au sens de la licence (tableau présenté en liste, figure en anglais). Ni les auteurs ni l’éditeur ne répondent de cette traduction ; la version originale fait foi.
Traduction française non officielle de « Multisystemic therapy for young people involved in or at risk of child criminal exploitation: Young people and Caregivers' perspectives », publié dans Journal of Family Therapy (2024) sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique, elle n’émane ni des auteurs ni de l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ; la version originale fait foi.
Lire l’article originalComment citer cet article
Fox, S., Wake, H., et Glorney, E. (2024). La thérapie multisystémique face à l’exploitation criminelle des enfants : le point de vue des jeunes et de leurs parents (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/la-therapie-multisystemique-face-a-l-exploitation-criminelle-des-enfants (Œuvre originale publiée en 2024 dans Journal of Family Therapy, 46(4), 344-360 (2024) ; republiée en 2024 par Journal of Family Therapy, https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/1467-6427.12471)
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