Family Process · Thérapie familiale

« Remonter le temps » : une stratégie positive pour changer les comportements inacceptables des jeunes

John, quinze ans, ne sort plus de sa chambre et donne des ordres à ses parents en criant. Un soir, son père le sermonne, se reprend, s’assoit : « Est-ce qu’on peut faire comme si on remontait le temps, pour que j’entre à nouveau et fasse mieux ? » Tormod Rimehaug, de l’université norvégienne de sciences et de technologie, décrit cette stratégie, née de la résistance non violente de Haim Omer : rejouer tout de suite la scène ratée plutôt que d’attendre la prochaine occasion. Les parents donnent d’abord l’exemple, avant de proposer aux jeunes de faire de même.

Auteurs Tormod Rimehaug (université norvégienne de sciences et de technologie, Trondheim ; hôpital de Nord-Trøndelag, Levanger)Première publication Family Process, 1er décembre 2023Traduction Complexe Systémique, traduction non officielle

Traduction française non officielle. Cet article est la traduction de « Remonter le temps » : une stratégie positive pour changer les comportements inacceptables des jeunes, par Tormod Rimehaug, publié dans Family Process (Wiley) (2023), doi : 10.1111/famp.12882, sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par le Complexe Systémique en septembre 2026 : le texte original a été traduit en français et remis en page, ce qui constitue une modification de l’œuvre au sens de la licence. Une illustration liminaire n’est pas reproduite. Cette traduction n’a été effectuée ni par les auteurs ni par l’éditeur, qui ne répondent ni de son contenu ni d’éventuelles erreurs. La version originale fait foi.

Mener « Remonter le temps » à bien peut être un acte réparateur puissant, centré sur la mise en acte d’un comportement amélioré.

Tormod Rimehaug

Résumé

Cet article décrit « Remonter le temps » (RLT), une stratégie innovante face aux comportements inacceptables ou coercitifs des jeunes, fondée sur des principes non violents et inspirée du mouvement de la résistance non violente (RNV), aussi appelée approche de l’autorité qui relie ou de l’autorité bienveillante (AB), pour l’accompagnement et la supervision des parents et d’autres adultes. Des variantes de la RNV/AB ont été évaluées comme efficaces dans des essais contrôlés randomisés et des plans avant-après. RLT n’a pas été évaluée quant à son efficacité, mais montre une utilité prometteuse dans des études de cas. Cette description de la stratégie RLT vise à encourager son développement et l’évaluation de son utilité à grande échelle, pour l’améliorer et ouvrir la voie à des évaluations d’efficacité. Le cœur de RLT consiste à créer des possibilités d’améliorer le comportement sans délai en négociant le récit social de la chronologie. Cela permet de s’améliorer en rejouant la scène juste après avoir dit ou fait quelque chose de malheureux ou d’inacceptable, au lieu d’attendre la prochaine situation comparable. Les adultes introduisent la stratégie en en donnant l’exemple, avant d’encourager les jeunes à corriger immédiatement leurs propres écarts sans attendre une occasion ultérieure. Enfin, les adultes déclarent qu’un ensemble de comportements inacceptables disqualifiera toute demande ou exigence, mais qu’il sera possible de réessayer comme si de rien n’était, en utilisant la stratégie RLT. Cette déclaration vise à donner aux jeunes davantage envie d’utiliser RLT à leur tour et, lorsque cela réussit, à réduire l’escalade des conflits vers la coercition et les menaces.

Note de traduction. L’anglais Turning back the clock (TBC) est rendu par « Remonter le temps » (RLT), nonviolent resistance (NVR) par « résistance non violente » (RNV), selon l’usage des traductions françaises de Haim Omer, et connecting authority ou caring authority (CA) par « autorité qui relie » ou « autorité bienveillante » (AB). Dans les exemples, les mots entre chevrons <xx> sont à adapter aux personnes et aux situations.

Introduction

Cet article décrit « Remonter le temps » (RLT), une stratégie innovante qui n’a pas encore été évaluée quant à son efficacité, au-delà de rapports de cas sur son utilité et son intérêt face aux comportements négatifs. Si cette description est publiée, c’est pour encourager la clinique et la recherche à développer et à évaluer systématiquement son utilité, comme une étape vers la constitution d’une base de preuves de son efficacité, si elle s’avère efficace en pratique. RLT n’est pas conçue comme un traitement autonome, mais pour être combinée à d’autres stratégies selon les besoins de chaque cas.

La stratégie RLT s’inspire des livres et des manuels qui décrivent le mouvement de la RNV, une approche qui vise à renforcer les parents et les adultes confrontés aux comportements négatifs de jeunes. Les noms donnés à cette approche ont quelque peu changé : de RNV (résistance non violente) et « nouvelle autorité » à « présence parentale », « autorité qui relie » ou « autorité bienveillante » (AB). Dans cet article, je préfère la dénomination AB, parce qu’elle souligne la dualité de l’approche, l’alliance indissociable du soin et de la clarté, du lien et de l’autorité dans l’interaction entre adultes et jeunes. J’emploierai toutefois le terme « RNV » pour parler de la tradition historique et de son développement, et AB pour l’état présent et futur de ces approches.

Quels que soient son contexte et ses motivations, le comportement coercitif est vécu comme très désagréable par les personnes qui le subissent, souvent comme une oppression ou une tyrannie. C’est ce qui fonde l’application, par la RNV/AB, de stratégies issues des luttes politiques contre l’oppression et la coercition à des contextes plus personnels. Dans les familles, la peur et l’impuissance peuvent conduire à la soumission ou à la passivité, qui renforcent les stratégies coercitives et entretiennent les dysfonctionnements ou les troubles qui leur sont associés.

On ne peut pas imputer aux jeunes la responsabilité de leurs troubles de santé mentale, mais leurs actes continuent de relever de leur responsabilité, à quelques exceptions près : la plupart des cultures ne tiennent pas pour juridiquement responsables les personnes psychotiques gravement malades au moment des faits. En revanche, les personnes qui souffrent de problèmes de santé mentale plus courants sont généralement considérées comme responsables des actes que ces problèmes induisent ou motivent, même si cela peut être retenu comme circonstance atténuante. Cela ne change ni l’acceptabilité des actes ni la responsabilité des jeunes quant aux gestes de réparation, de réconciliation et d’amélioration de leur comportement. Quoi qu’il en soit, ces jeunes peuvent mériter le soutien et l’aide des autres, et en avoir besoin, pour apprendre à choisir des alternatives plus constructives que les comportements coercitifs et menaçants envers autrui.

La stratégie traditionnelle pour enrayer les cycles de coercition et de soumission, dans les sociétés comme dans les familles, a été la punition autoritaire et la contre-coercition. Si ces stratégies peuvent se montrer efficaces à court terme, un effet secondaire à long terme de ces stratégies négatives est le tort potentiel fait aux relations entre les personnes qui ont ces comportements et leurs pairs et parents (Omer et al., 2013, 2016). La détérioration des relations est un coût grave dans le traitement et l’éducation des jeunes, où des relations positives sont considérées à la fois comme une valeur fondamentale et comme une condition du changement, du développement et du bien-être (Omer, 2001). En outre, la punition et la contre-coercition risquent aussi d’entraîner des réactions émotionnelles comme la colère, la tristesse ou l’anxiété, qui peuvent évoluer vers des troubles chez les jeunes et affecter gravement leur fonctionnement quotidien et leur bien-être.

C’est pourquoi on emploie souvent des stratégies qui construisent, maintiennent et renforcent des relations positives pour contrer cet effet secondaire des stratégies négatives et ouvrir la voie à des stratégies plus modérées ou positives (Leijten et al., 2019). Il serait préférable de disposer d’un éventail plus large de stratégies positives ; dans le traitement et la guidance parentale systématiques, on emploie d’ailleurs davantage de stratégies positives, comme le renforcement et l’encouragement des comportements souhaités et non pathologiques, que dans l’éducation et les politiques sociales traditionnelles.

Le conflit entre l’usage d’interventions négatives et la valeur de relations positives a motivé le développement de stratégies plus positives pour le traitement et l’éducation. Il reste toutefois urgent de développer des méthodes positives efficaces pour résister aux comportements coercitifs. Un exemple prometteur est l’approche de la RNV (Omer, 2004), qui a inspiré RLT.

Résistance non violente, nouvelle autorité, autorité bienveillante

L’approche RNV/AB de la parentalité a d’abord été développée par Omer (2004), en s’inspirant de la résistance politique non violente contre l’oppression et la tyrannie, ainsi que de la théorie de l’attachement et de la thérapie familiale (Omer et al., 2013). L’approche RNV/AB a été développée par beaucoup d’autres, dont Uri Weinblatt, Barbara Ollefs, Idan Amiel, Eli Lebowitz et Peter Jacob (Körner et al., 2019). Ce développement a largement consisté à adapter l’approche RNV/AB à des difficultés ou à des terrains particuliers, comme les établissements résidentiels (van Gink et al., 2020), les écoles (Omer, 2021a), les groupes de parents (Newman et al., 2014) et le placement familial (Van Holen et al., 2016). À l’origine, pourtant, la RNV était employée et coordonnée entre les terrains de l’école, de la collectivité locale et des familles, dans de larges alliances, même si l’on commençait souvent par les parents (Omer, 2004).

Les aspects centraux de la RNV/AB

Les travaux diffèrent dans leur manière de structurer les aspects de l’approche RNV/AB et dans l’accent qu’ils y mettent. Une structuration possible est celle des « 7 piliers de la nouvelle autorité » (7 Säulen der Neuen Autorität) de Körner et al. (2019) :

  • Présence adulte et vigilance bienveillante : accroître le contact, la communication non directive et l’implication.
  • Maîtrise de soi et désescalade : limiter les contributions verbales, comportementales et non verbales des adultes à l’escalade des conflits.
  • Collaboration et alliances de soutien : inviter à la coopération, au soutien et à l’encouragement, et les susciter, au sein d’un large réseau de soutien et entre adultes et jeunes.
  • Résistance non violente à l’oppression : s’abstenir de tout usage de la violence, de la force ou de la coercition, de la part des adultes comme des jeunes, et y résister.
  • Amélioration et réparation des relations : employer des gestes symboliques, émotionnels et pratiques pour prouver ses intentions, attitudes et contributions positives dans les relations entre adultes et jeunes et au sein des groupes.
  • Transparence et ouverture : les changements et les interventions doivent être annoncés à l’avance, préparés et expliqués aux personnes concernées.
  • Réparation et réconciliation : encourager la compensation des pertes et des dommages pratiques et matériels, la réparation des relations blessées et le choix de comportements plus constructifs à l’avenir.

Mon inspiration

Il y a quelques années, j’ai découvert la RNV comme stratégie pour réduire la violence et la coercition dans un cadre institutionnel. Peu après, j’ai vu un père organiser la reprise immédiate d’une situation où sa fille d’âge préscolaire s’était comportée de manière inacceptable à la maison. Ces deux expériences ont suscité chez moi une réflexion sur la manière dont une combinaison d’éléments tirés de ces observations pourrait devenir une stratégie d’intervention.

Il me semblait qu’une faiblesse de l’approche RNV était de renvoyer l’amélioration du comportement à des situations futures. Serait-il possible de comprimer le processus, comme l’avait fait ce père ? La reprise dont j’avais été témoin entre le père et sa fille pourrait-elle servir, avec des jeunes, à les aider à échapper au piège du rôle de coupable ? Prendre part à une reprise suppose d’admettre une erreur, au moins implicitement ; un « aveu de culpabilité » pourrait être plus acceptable s’il était motivé par la possibilité de corriger l’erreur immédiatement. Ces idées ont abouti à la stratégie que je présente ici : « Remonter le temps ».

Usages possibles

Le comportement coercitif est un problème grave, à la fois pour les familles et les autres groupes qui le subissent et pour les personnes qui l’exercent. Développer des interventions efficaces contre les comportements coercitifs peut servir à prévenir une évolution antisociale vers des troubles des conduites et des problèmes de personnalité graves, et peut contrer l’enlisement de situations bloquées associées à d’autres troubles, même si la présence d’un diagnostic psychiatrique n’est pas une condition pour que RLT puisse être bénéfique.

On suppose que le risque de développer des troubles des conduites ou un pattern antisocial se construit typiquement à travers des cycles de soumission et de contre-coercition de la part des autres, qui aboutissent à une escalade et à une répétition des menaces et de la coercition plutôt qu’à leur réduction (Patterson et al., 1989). Des stratégies d’intervention RNV/AB spécifiques ont été développées pour les comportements coercitifs qui entretiennent des problèmes particuliers chez les enfants et les adolescents, comme l’anxiété (Lebowitz et al., 2014), les menaces suicidaires (Omer et Dolberger, 2015), la conduite automobile imprudente (Farah et al., 2014), la violence dans la fratrie (Hoffman et al., 2005), le climat de groupe (Visser et al., 2021) et l’agressivité (Newman et al., 2014). Des stratégies semblables ont été développées pour les problèmes d’addiction (Attwood et al., 2020), le TOC (Lebowitz, 2013), les troubles alimentaires (Shimshoni et al., 2022), l’autisme (Golan et al., 2018) et la dépendance adulte revendiquée (Lebowitz, 2016). Il est courant que des personnes souffrant d’addictions tentent d’user de coercition si quelqu’un essaie d’arrêter ou de limiter leur comportement addictif ou leur accès à l’objet de leur addiction, qu’il s’agisse de jeux vidéo, de jeux d’argent, d’achats ou de sexe. Il est courant aussi que des personnes souffrant d’un TOC non traité exigent de leur famille qu’elle se plie à leurs idées obsédantes et s’adapte à leurs comportements compulsifs, et tentent de l’y contraindre. De même, les personnes souffrant de troubles alimentaires tentent souvent de contraindre les membres de leur famille à adapter les courses, la cuisine, les repas et l’activité physique à leurs pensées et comportements pathologiques, pour permettre le maintien du trouble. Les personnes présentant des traits autistiques de haut niveau peuvent déclencher de violents conflits avec leurs pairs ou leur famille sur le sens des mots et sur l’organisation de la vie quotidienne, pour la conformer à leur compréhension rigide et absolue du monde et de leur vie. Les personnes souffrant de troubles anxieux se livrent souvent à un évitement invalidant de situations et d’activités ordinaires pour réduire leur anxiété. Elles peuvent donc exiger qu’on respecte leur évitement et tenter de forcer les autres à les aider à éviter les situations anxiogènes. Des jeunes dont un trouble de la personnalité est en train de se constituer peuvent employer les menaces suicidaires, l’automutilation et d’autres comportements spectaculaires pour contraindre leur entourage à servir leurs besoins et leurs désirs. Ce sont autant d’exemples de la manière dont l’accommodation parentale et celle du réseau peuvent en venir à entretenir les problèmes des jeunes, en évitant ou en neutralisant généralement aussi les défis du traitement et du développement (Shimshoni et al., 2019).

La stratégie RLT peut être employée en combinaison avec d’autres stratégies AB, dans des efforts limités ou étendus pour résister aux comportements coercitifs. Elle peut aussi être utile face à des difficultés moins graves, mais elle ne convient pas aux comportements plus graves impliquant de la violence. La stratégie RLT repose sur les mêmes principes et les mêmes attitudes que l’AB, et ces principes et attitudes doivent être exprimés explicitement dans ce qui est dit et fait dans les situations, ou les imprégner.

Les éléments de l’AB intégrés à RLT

Deux principes de base de l’AB ont été conservés dans le développement de RLT. D’abord, protester clairement contre le comportement négatif et refuser de le soutenir. Ensuite, je voulais conserver le principe de l’AB « change d’abord ton propre comportement si tu veux que les autres changent » ; il était donc préférable de passer par l’exemple plutôt que par des instructions. Les éléments pratiques de RLT comprennent aussi d’autres principes de l’AB : la présence, la collaboration, l’amélioration des relations et la réconciliation, la transparence et l’ouverture, la réparation, mais avec une amélioration du comportement immédiate plutôt que différée.

Comme dans l’AB en général, chaque personne est tenue pour responsable de ses actes, mais les torts peuvent être corrigés et neutralisés par des réparations, par la réconciliation et par la recherche de meilleures solutions. Après un tort, on encourage la réparation auprès des personnes que le comportement négatif a blessées, la réconciliation avec elles et la recherche, en pratique, de comportements plus constructifs.

Parmi les principes spécifiques que RLT communique et met en acte, il y a le fait que les erreurs, les torts et les comportements modérément inacceptables peuvent être admis ouvertement sans entraîner de punition. On attend toutefois de faire mieux non seulement à l’avenir, mais aussi tout de suite. C’est compatible avec l’attitude de base de la RNV, mais RLT y insiste davantage.

Description de la stratégie RLT

Pour décrire la stratégie RLT, je prendrai comme exemples les relations entre parents et jeunes. Jeune désignera une personne de tout âge présentant des problèmes de comportement, dont la coercition d’autrui. Adulte ou parent désignera la personne qui exprime le besoin d’un changement de comportement et propose son aide et son soutien pour ce changement (parents n’implique pas qu’il y en ait forcément plusieurs). Le rôle de parent ou d’adulte peut aussi revenir au personnel enseignant, au personnel d’un établissement ou aux équipes du travail social, en interaction avec des jeunes ou avec des personnes plus jeunes ou plus âgées. Même des jeunes qui tiennent une place de leader dans leur groupe peuvent trouver RLT utile pour soutenir le changement parmi leurs pairs ou dans leur famille.

Dans les exemples, les mots entre chevrons <xx> doivent être adaptés aux personnes et aux situations.

Le cœur de « Remonter le temps »

Les éléments centraux de RLT consistent en un échange social qui commence par la déclaration qu’un comportement récent était inacceptable et/ou a abouti à un résultat indésirable. Vient ensuite la proposition de corriger le comportement immédiatement, sur la base d’un accord pour faire comme s’il était possible de « remonter le temps » et de rejouer la scène, pour permettre un comportement et un résultat plus positifs. Troisièmement, la situation est jouée depuis le début comme si elle était réelle, rejouée, en cherchant une manière plus acceptable de parler et d’agir. Enfin, on propose de considérer la version améliorée de la scène rejouée comme la scène « réelle », là encore sous réserve de l’accord des personnes concernées.

Le but de cette manœuvre est de permettre au comportement de changer dans une reprise immédiate, plutôt que d’attendre la prochaine occurrence naturelle d’une situation ou d’une séquence de comportements comparable.

Une telle redéfinition sociale de la réalité exige un accord volontaire entre les personnes concernées. Cela suppose un niveau minimal de confiance et de collaboration entre jeunes et adultes. Si ce minimum fait défaut, la confiance et la collaboration peuvent être améliorées par des stratégies de construction de la relation initiées par les adultes, décrites dans l’AB mais non détaillées ici. La confiance et la collaboration peuvent aussi se construire en pratiquant l’égalité malgré les différences de position : en montrant que les mêmes valeurs et les mêmes attentes valent pour les parents et pour les jeunes. Ici, cela se manifeste en introduisant RLT par l’exemple des parents avant de proposer aux jeunes de l’utiliser. En bref : l’adulte admet un comportement indésirable, demande qu’on lui laisse une chance de corriger immédiatement son erreur, conduit une reprise, et propose de considérer l’issue améliorée de la situation comme l’issue « réelle ».

Les étapes et les pas de RLT

Les pas centraux du scénario RLT, employés dans les trois étapes, sont les suivants : l’aveu, le souhait de refaire, l’accord, la reprise, l’évaluation et la redéfinition de la réalité. Chaque personne fait des erreurs, dit ou fait des choses qu’elle regrette et voudrait voir défaites. Admettre ses erreurs peut être le premier pas pour réaliser ce souhait, dans le cadre de négociations et de redéfinitions sociales de la réalité.

Ces pas sont employés dans les trois étapes d’introduction de RLT : (1) l’exemple : les adultes montrent les pas de RLT ; (2) la proposition : après avoir fait quelque chose de modérément inacceptable, les jeunes se voient offrir la possibilité de choisir les pas de RLT ; (3) les arguments disqualifiants : on installe l’attente que les jeunes utilisent RLT pour corriger des comportements négatifs précis, définis comme « disqualifiants ».

L’exemple

RLT vise à réduire l’impuissance des adultes, à développer une culture de l’aveu des erreurs, à réduire les comportements inacceptables des jeunes et, en fin de compte, à conduire à des comportements plus positifs des adultes comme des jeunes dans la vie quotidienne. La nouvelle pratique et la nouvelle culture doivent inclure les attitudes et les comportements des adultes comme des jeunes ; c’est pourquoi la stratégie commence par l’exemple, donné par les adultes, de ce que l’on veut installer.

Pour donner l’exemple de RLT, il faut réagir immédiatement dès qu’on se rend compte d’avoir dit ou fait quelque chose de stupide ou de mal (non violent), tout en ayant quelques idées pour un comportement et un résultat meilleurs, et répondre comme dans cet exemple :

Adulte : « Je te demande pardon, mais ce que je viens de dire/faire était <inacceptable/blessant/stupide>. Je voudrais que ça ne soit pas arrivé et avoir pu faire mieux. Est-ce que tu veux bien me laisser réessayer de faire mieux ? Est-ce qu’on pourrait faire comme si ça n’était pas arrivé, faire comme s’il était possible de remonter le temps, et reprendre comme si on était il y a cinq minutes, quand <j’ai passé la porte> ? »

Une fois l’accord obtenu pour essayer, la situation est rejouée, avec, espérons-le, une issue plus acceptable. La reprise peut, si nécessaire et si on en convient, être répétée plusieurs fois avant de passer à l’étape suivante.

« C’était un choix un peu/beaucoup meilleur pour nous deux, tu ne trouves pas ? » // « Est-ce qu’on pourrait convenir que c’est cette dernière version qui s’est vraiment passée ? »

Si l’on ne parvient pas à un tel accord, la tentative de RLT en question s’arrête généralement là, mais les parents devraient réessayer RLT dans des situations propices avant de renoncer à l’utiliser. Même des tentatives infructueuses ou unilatérales peuvent contribuer au changement, en introduisant l’idée qu’il est possible d’admettre et de corriger ses erreurs. Si l’usage immédiat de RLT est refusé, l’adulte peut encore engager, à propos du même événement, les stratégies traditionnelles de l’AB : réparation, réconciliation et amélioration du comportement ultérieures.

On peut d’abord donner l’exemple après des erreurs mineures ou modérées, puis dans des situations plus exigeantes seulement après des utilisations réussies. Si l’étape de l’exemple réussit plusieurs fois, de sorte que les jeunes ont vu leurs parents utiliser RLT, on devrait parler avec ces jeunes de la possibilité d’utiliser RLT à leur tour, avant de le leur proposer effectivement pour la première fois.

La proposition

La première proposition effective d’utiliser RLT doit suivre immédiatement un comportement inacceptable ou indésirable, de préférence lié à un résultat qui aurait été à la portée des jeunes avec d’autres arguments ou après la négociation d’une solution équilibrée. En effet, RLT doit être vécue comme gratifiante, en aboutissant à un meilleur résultat de leur point de vue. On peut commencer à proposer RLT par une phrase comme celle-ci :

« C’était un mauvais choix. Je ne peux pas accepter que tu utilises <yy> pour obtenir ce que tu veux. Obtenir <xx> aurait pu être possible, mais pas si tu utilises <yy> comme argument. » Cela emploie implicitement la logique des « arguments disqualifiants », mais sans l’avoir déclarée comme principe absolu, comme on le fait plus tard, à la troisième étape, « Arguments disqualifiants ».

Le premier but de cette annonce est d’empêcher le renforcement de la coercition et des menaces modérées, de préparer la conclusion que ce ne sont pas des arguments efficaces, et de susciter le souhait de défaire et de changer ce qui s’est passé. Les jeunes n’ont pas à reconnaître explicitement qu’il était malavisé de recourir à des menaces, ni à s’en excuser. Cette évaluation et cette décision doivent être présentées comme des faits, pas comme quelque chose à discuter. C’est faire preuve d’autorité sans forcer ni prescrire d’autres choix.

Le pas suivant vers RLT peut se formuler ainsi :

« Est-ce que tu veux avoir une chance de remonter le temps et d’essayer autrement ? Est-ce qu’on pourrait faire comme si ça n’était pas arrivé, faire comme s’il était possible de remonter le temps, et reprendre comme si on était il y a cinq minutes, quand tu <as passé la porte> ? »

Une fois l’accord obtenu, la situation est rejouée une ou plusieurs fois, jusqu’à ce qu’une manière plus acceptable soit employée et qu’un meilleur résultat soit à portée.

Le résultat visé est que les jeunes emploient des arguments plus acceptables et puissent voir leur demande satisfaite. Si la demande ne peut pas être entièrement satisfaite, chercher des solutions intermédiaires, en offrant une satisfaction partielle, une compensation, un remplacement, ou en précisant les conditions à remplir d’abord, peut être vécu comme gratifiant.

En cas de refus d’essayer RLT, on ne peut pas aller plus loin. On peut toutefois reproposer RLT dans des situations propices. Si la première reprise n’aboutit pas à une amélioration du comportement, elle peut être répétée plusieurs fois pour permettre un meilleur résultat. Il faudra parfois arrêter la reprise sur un échec. Aux refus comme à l’absence d’amélioration, on peut répondre ainsi :

« C’était un mauvais choix. Nous voulions que tu fasses l’expérience de la valeur qu’il y a à admettre ses erreurs et à avoir le droit de les corriger tout de suite. Tu sais que je ne peux pas te laisser avoir <xx> si tu utilises <yy> pour obtenir ce que tu veux. <xx> aurait pu être possible, mais pas si tu utilises <yy> comme argument. »

En cas de réussite comme d’échec, les parents peuvent continuer à donner l’exemple dans des situations naturelles propices, pour faire passer plus fortement la valeur de l’aveu et de la correction des erreurs. On peut aussi encourager les jeunes à s’engager plus tard dans RLT malgré un refus initial.

Si RLT réussit et aboutit à un meilleur comportement, cette conclusion s’impose :

« C’était un choix un peu/beaucoup meilleur pour nous deux, tu ne trouves pas ? » // « Est-ce qu’on pourrait convenir que c’est la dernière version qui s’est vraiment passée ? »

L’étape de l’exemple comme celle de la proposition doivent d’abord être tentées après des erreurs mineures ou modérées, et seulement ensuite, après des utilisations réussies, dans des situations plus exigeantes. Une fois que les jeunes ont fait l’expérience de l’usage réussi de RLT dans des situations moins difficiles, il peut être plus réaliste d’en élargir l’usage et d’en faire une attente.

Les arguments disqualifiants

Cette troisième étape consiste à installer l’attente que les jeunes utilisent RLT pour corriger des comportements précis. Pour que cela ait un sens, il faut d’abord établir que ces comportements précis sont inacceptables, en les déclarant « arguments disqualifiants ».

L’argument disqualifiant est un principe implicite de RLT, mais l’annoncer comme principe absolu peut ouvrir la voie à l’usage de RLT dans des situations plus tendues et lors d’incidents difficiles, avec des comportements très inacceptables (à l’exception de la violence physique). Déclarer que certains comportements des jeunes sont des arguments disqualifiants engage les parents à s’en tenir à cette déclaration sans exception. Cette déclaration peut être intégrée à une annonce, ou présentée comme telle, comme dans les interventions traditionnelles de l’AB, ou sous une forme moins structurée.

Dans une annonce, la déclaration est présentée oralement et par écrit, sans lien direct dans le temps avec un comportement relevant des arguments disqualifiants. On n’attend pas d’une telle déclaration qu’elle bloque directement le comportement, mais qu’elle avertisse que celui-ci ne sera plus renforcé par la soumission à l’avenir. Les adultes ne peuvent pas contrôler le comportement des jeunes, mais bien le leur, comme le posent les principes de l’AB. Pour garantir la validité de ce principe, l’ensemble des adultes de l’entourage devrait soutenir la déclaration et s’engager à respecter le principe, individuellement et collectivement.

L’introduction peut ressembler à ceci :

« Nous avons décidé que nous ne pouvons plus accepter que tu obtiennes ce que tu veux en <hurlant, en criant ou en menaçant de casser des choses, de nous attaquer ou de te faire du mal>. Désormais, chaque fois que tu essaieras de faire l’une de ces choses pour obtenir ce que tu veux, nous avons décidé que cela te disqualifiera automatiquement pour l’obtenir. Même si ce que tu demandes est une chose ou un service minime et ordinaire, tu ne pourras pas l’avoir si tu emploies de tels moyens de contrainte. »

« Nous te le disons maintenant, comme un avertissement amical, plutôt que de te laisser le découvrir par surprise. Nous voulons que tu aies la possibilité de demander ce que tu veux de manière plus acceptable. »

En cas de protestation contre ce nouveau principe, la réponse type consiste à répéter d’une voix normale, sans aucune démonstration de force non verbale : « C’est notre décision commune, et elle ne peut pas être changée. » Une tentative de renverser la décision par un ou plusieurs « arguments disqualifiants » sera la première mise à l’épreuve de la fermeté, ce qu’on peut expliquer ainsi : « C’est ta première expérience de notre décision » et « Nous ne pouvons pas changer la décision parce que tu essaies de l’obtenir avec de tels arguments disqualifiants. »

Les adultes doivent pouvoir tenir fermement leur décision, sans céder à aucune pression ni à aucune menace. C’est plus facile avec le soutien d’une alliance plus large d’adultes (ou de jeunes) de l’entourage, comme le suggère l’AB traditionnelle. L’épreuve décisive de la décision de disqualifier les arguments inacceptables viendra la fois suivante où une demande ou une exigence s’appuiera sur des arguments disqualifiés. Alors, après avoir utilisé RLT dans des situations moins difficiles, l’adulte peut proposer RLT comme solution chaque fois que des arguments disqualifiants sont employés. RLT donne aux jeunes la possibilité de réessayer avec des arguments plus acceptables, immédiatement, ou après un court délai si nécessaire pour laisser à tout le monde le temps de se calmer après une situation tendue.

La raison pour laquelle on ne déclare pas plus tôt les arguments disqualifiants est que cela risquerait d’entraîner une escalade du conflit pour renverser la décision. RLT a plus de chances de s’installer comme une nouvelle alternative une fois que les jeunes en ont éprouvé les bénéfices.

Si l’introduction de RLT réussit auprès des parents comme des jeunes, elle peut entrer dans l’usage régulier de la vie quotidienne, et être évaluée à l’apparition spontanée, de part et d’autre, de comportements plus positifs dans des situations naturelles sur plusieurs semaines. Avec le temps, RLT peut devenir inutile du fait de la diminution des écarts de comportement, ou entrer dans le répertoire quotidien des interactions entre parents et jeunes.

Le cas de John

John était un garçon de quinze ans qui s’était peu à peu retiré de la vie sociale : il refusait souvent d’aller à l’école, paraissait assez déprimé, négligeait son apparence et sa chambre, et criait sur ses parents en leur ordonnant de servir ses désirs et ses besoins. Il se faisait apporter tous ses repas dans sa chambre, où il refusait que quiconque entre. Ses parents l’ont fait adresser par leur médecin de famille pour une évaluation psychiatrique. Mais John a refusé de venir avec eux au premier rendez-vous ; ils y sont donc allés sans lui. Avant toute évaluation de John, la consultation psychologique leur a apporté des premiers conseils sur leurs propres réactions et stratégies, avec la proposition de la stratégie RLT.

Le lendemain, sa mère a oublié de frapper avant d’entrer dans sa chambre, ce qui a provoqué chez John un accès de colère qui s’est terminé par : « Je refuse de manger ta bouffe dégoûtante si tu n’es même pas capable de respecter mon intimité ! » Elle s’est excusée et lui a demandé si elle pouvait sortir et rentrer dans la chambre de manière plus respectueuse. Il a répondu : « Fais ce que tu veux. » Elle est sortie avec le plateau, a attendu une demi-minute, puis a frappé à la porte en annonçant qu’elle lui apportait son dîner. Il l’a laissée entrer, mais n’a réagi qu’en prenant le repas.

Le jour suivant, le père est entré dans le salon et a reproché à John de porter des vêtements sales et malodorants sur le canapé. John a répliqué en criant qu’il n’avait aucune raison de vivre et que rien ne lui importait, en se moquant aussi des vieux vêtements de son père et en lui lançant un livre. Le père s’est assis, a soupiré et a dit : « J’aurais préféré ne pas avoir dit ça. Est-ce qu’on peut faire comme si on remontait le temps, et faire comme si ça n’était pas arrivé, pour que je puisse entrer à nouveau et faire mieux ? » John a d’abord rejeté l’idée : « Le temps est fixe et réel, et il ne se négocie pas. » Le père a convenu qu’on ne peut pas changer le temps physique, mais que les gens peuvent se mettre d’accord pour considérer des événements comme appartenant seulement à l’histoire, sans importance pour l’avenir. Après une longue discussion là-dessus, John a laissé son père tenter une reprise. Le père est entré une seconde fois et a fait une remarque sur les vêtements sales de John, mais a poursuivi en lui proposant de l’aider à trier et à laver ses vêtements plutôt que de le gronder. John a de nouveau crié en réponse à la première remarque de son père, mais, quand on lui a proposé de l’aide, il a fini par accepter et, une heure plus tard, il a laissé ses parents entrer dans sa chambre et les a aidés à trier les vêtements à laver ou à ranger.

Les parents se sont ensuite trouvés dans d’autres situations où ils regrettaient leurs premiers mots ou leurs premiers gestes, et où on leur a permis de les refaire. John a commenté avec ironie à quel point ils étaient devenus pleins de remords. Peu à peu, les parents ont aussi commencé à contester davantage certains comportements dysfonctionnels de John et à lui proposer RLT. Il acceptait parfois de reformuler ses ordres ou de défaire ses cris dans la reprise. Mais il continuait, à certaines occasions, à crier et à donner des ordres.

Finalement, ses parents lui ont annoncé par écrit et oralement, après avoir frappé à sa porte : « Nous ne tolérerons plus tes insultes ni que tu nous traites comme des esclaves. Nous ne satisferons pas tes désirs et ne coopérerons pas avec toi quand tu fais ça ; mais tu pourras avoir le droit de le regretter et de réessayer de meilleure façon. » Plus tard le même jour, sa mère l’a invité à la cuisine pour son gâteau préféré et un chocolat chaud. Il est venu à la cuisine et a entendu un discours dans lequel ses parents lui déclaraient leur amour et leur estime.

Dans les semaines suivantes, chaque cri et chaque ordre ont reçu un retour clair et une proposition de remonter le temps et d’employer des moyens plus acceptables pour obtenir ce qu’il voulait. De plus en plus, on demandait aussi à John de faire les choses lui-même. Mais ses parents ont aussi continué à faire pour lui, sans qu’il le demande, des choses positives. À la fin, John comme ses parents avaient pris l’habitude de se corriger après s’être laissé emporter par leurs premières réactions émotionnelles. Pendant tout le processus, les parents ont eu des séances de guidance psychologique tous les quinze jours, sur la manière de prévenir les escalades et de refuser de s’accommoder à John sans faire monter les conflits s’il retombait dans ses vieilles habitudes de crier et de donner des ordres.

Au cours de ce processus, l’humeur et l’apparence de John se sont améliorées, il est allé régulièrement à l’école et a repris sa vie sociale. Il a peu à peu réduit ses cris et ses ordres, et a pris de plus en plus la responsabilité de ses propres besoins et du bien-être des autres membres de la famille. En outre, ses parents ont vécu leur relation avec John comme de meilleure en meilleure, et n’ont finalement vu aucune raison de reprendre l’évaluation psychiatrique.

Autres expériences préliminaires

Le cas de John est présenté comme une illustration, qui montre aussi combien les parents transforment et adaptent souvent les principes et les suggestions à leur propre manière de penser et de parler.

RLT a été employée dans quelques autres cas, notamment avec des jeunes autistes en famille d’accueil, des jeunes ayant vécu des traumatismes en établissement résidentiel et, à l’adolescence, des jeunes vivant dans leur famille d’origine. Dans certains cas, la combinaison avec d’autres interventions a été essentielle. RLT a au moins partiellement réussi, mais une partie des parents ou des jeunes qui l’ont essayée l’a aussi rejetée comme inutile.

Discussion

RLT et AB comparées

La stratégie RLT emploie les éléments de l’AB que sont les énoncés d’autorité clairs et non négociables, assortis de l’invitation à coopérer pour trouver des solutions acceptables pour tout le monde. D’autres attitudes et présupposés de base de l’AB sont aussi intégrés à RLT. Seules la reprise immédiate et la négociation sociale de la chronologie et de la réalité sont propres à RLT. On permet de rejouer les événements comme s’ils ne s’étaient pas encore produits, et l’histoire de ce qui s’est passé est négociée après coup.

Après des comportements négatifs moins graves que la violence, RLT peut être employée comme un chemin plus court vers l’amélioration du comportement que les interventions traditionnelles de l’AB. Contrairement à l’AB, RLT conduit directement à l’amélioration du comportement, alors que celle-ci est l’aboutissement souhaité d’un long processus dans l’AB traditionnelle.

RLT n’est pas un programme de traitement complet, mais une stratégie qui peut être intégrée à d’autres composantes d’intervention dans des programmes de traitement destinés à différents publics, lorsque des comportements coercitifs font partie du tableau. Pour être acceptable par les jeunes, RLT exige un aveu d’erreur, au moins implicite. En outre, il peut être nécessaire (avant RLT ou au-delà) d’explorer les expériences subjectives et d’accomplir des réparations et des gestes de réconciliation pour réparer les torts pratiques, émotionnels et relationnels qui ont pu s’accumuler.

Les faiblesses de RLT

La principale faiblesse de RLT est de tenir pour acquises des conditions préalables que d’autres stratégies de l’AB traitent spécifiquement : des relations négatives, le manque de volonté de coopérer et le manque de soutien d’autrui. Lorsque ces conditions font défaut, ce ne sont pas des contre-indications à RLT ; il faut plutôt les améliorer avant que RLT ou une autre approche AB puisse être efficace.

Une autre faiblesse majeure est que RLT ne se centre pas sur les différences de vécu subjectif de la situation, y compris les réactions émotionnelles fortes qui motivent le comportement inacceptable. C’est souvent le cas à l’adolescence après un traumatisme, et cela peut exiger une exploration attentive des expériences subjectives contrastées des personnes concernées et un dialogue à leur sujet. Certains cas peuvent même exiger des soins systématiquement sensibles au trauma (Holmes et al., 2015) avant qu’un changement ne soit possible. Dans un tel contexte, un usage maladroit de RLT peut être vécu comme une injustice insensible de plus.

Utiliser RLT pour corriger des violences physiques ou sexuelles peut être jugé contraire à l’éthique, car cela peut être vécu comme une banalisation de ces comportements, comme s’ils pouvaient être oubliés une fois corrigés. Les violences physiques et sexuelles ne se prêtent pas à une correction immédiate par la reprise. Ces comportements exigent au minimum des déclarations claires de leur caractère inacceptable, des processus d’exploration et d’échange des expériences subjectives, et des actes de réparation et de réconciliation pour restaurer les relations si c’est possible.

Des programmes fondés sur d’autres stratégies de l’AB se sont montrés efficaces comme guidance parentale, en influençant à la fois l’expérience subjective et le comportement effectif des parents. La plupart des études d’efficacité sur les stratégies de l’AB emploient des plans avant-après, même si quelques essais contrôlés randomisés ont aussi été menés (Omer, 2021b). Les effets sur les parents semblent souvent plus faibles que ceux sur les problèmes de comportement des jeunes, même si les deux sont souvent cliniquement significatifs. Les stratégies de l’AB semblent surtout efficaces pour dénouer des situations de blocage où les jeunes nient avoir un problème et devoir changer quoi que ce soit, souvent avec le soutien d’accommodations parentales (Shimshoni et al., 2022). Dans ces situations, il y a peu de place pour l’autocorrection ou le traitement. Les problèmes initiaux sont entretenus et protégés par la coercition, les menaces ou la violence. Il n’y a donc pas de coopération, et les adultes peuvent glisser dans la soumission et l’impuissance face à la coercition. L’AB et RLT ne sont donc pas d’abord des traitements des problèmes, mais peuvent être efficaces pour rendre possibles la résolution des problèmes ou le traitement. RLT est un peu plus centrée sur le changement du comportement des jeunes que d’autres stratégies de l’AB : elle change surtout les stratégies coercitives et défensives, pas les problèmes que ces stratégies entretiennent et protègent chez les jeunes.

RLT et l’AB ne peuvent pas réussir sans un certain degré de relation collaborative ou positive entre parent et jeune. Ce n’est pas propre à RLT, mais courant dans beaucoup de méthodes visant un changement de comportement (Leijten et al., 2019). Investir dans l’amélioration de la relation entre parent et jeune au fil du temps peut être une préparation et un appui nécessaires à l’usage de RLT, au moins avant d’encourager les jeunes à l’utiliser.

Il peut être irréaliste d’attendre de RLT ou de toute autre stratégie de l’AB qu’elle corrige avec succès des comportements acceptés, encouragés ou renforcés par le groupe de jeunes. L’absence de soutien large de la part d’autres adultes et, dans une certaine mesure, du groupe de jeunes sapera l’usage de RLT et des autres stratégies de l’AB (Jakob, 2018). Il n’est toutefois pas nécessaire d’avoir un accord complet sur les valeurs ou les règles. L’adulte qui initie RLT doit représenter et affirmer les valeurs sous-jacentes et attendre des autres le respect de ces valeurs, mais sans leur imposer de règles détaillées. Un dialogue sur les valeurs peut être une part nécessaire d’un usage réussi de RLT. Si les jeunes peuvent convenir qu’un changement est peut-être nécessaire, RLT est une stratégie possible.

Les comportements motivés par le désir d’attirer l’attention ou les applaudissements des pairs, d’améliorer son statut en s’opposant aux adultes, ou de susciter l’intérêt de pairs qui plaisent peuvent être difficiles à changer. Lorsque ces motivations sont présentes, la réponse la plus efficace peut être d’ignorer les comportements moins graves sur le moment, et de les aborder plus tard, quand aucun public de pairs n’assiste à la discussion.

Il existe plusieurs niveaux de comportement négatif : du grave, contraindre autrui par des menaces et l’usage de la violence, en passant par le fait d’exiger qu’on revienne sur des propos ou des décisions ou qu’on suspende des règles, jusqu’au refus d’obéir aux règles et aux consignes. Distinguer le grave, le mauvais et le moins sérieux peut aider à économiser son énergie, à hiérarchiser les questions qui demandent de l’attention et à différencier les stratégies de réaction disponibles. Ce tri et cette hiérarchisation peuvent être des processus importants pour construire de larges alliances de changement entre adultes, mais ils ne sont pas traités ici. Les trois niveaux d’écarts de comportement peuvent survenir non seulement comme un aspect de troubles, mais aussi en lien avec des symptômes infracliniques de ces troubles, ou reposer seulement sur un développement social atypique. RLT convient peut-être le mieux au niveau du « mauvais », pas au niveau grave des agressions physiques ou sexuelles violentes.

Si les jeunes rejettent systématiquement RLT, les adultes peuvent limiter leurs efforts de changement à l’exemple : admettre leurs propres erreurs et tenter de les corriger, en prenant tout le temps nécessaire pour juger si l’étape suivante, proposer aux jeunes d’utiliser RLT, est possible. Laisser le temps d’une expérience prolongée du changement des adultes d’abord peut changer le climat et les relations, et rendre possibles des changements qui ne l’étaient pas auparavant.

RLT partage des éléments avec les « commissions de vérité et de réconciliation » employées en Afrique du Sud et dans d’autres processus d’après-conflit : la valeur accordée aux aveux et à la reconnaissance de la responsabilité, suivis d’excuses, de réparations ou de compensations, mais pas de punition. RLT intègre aussi des principes semblables à ceux de la confession et de l’absolution religieuses.

Développement dysfonctionnel, adaptation dysfonctionnelle ou troubles ?

Des comportements coercitifs inacceptables peuvent survenir sans lien avec un trouble de santé mentale, même si de telles associations sont souvent observées. La coercition peut aussi protéger l’immaturité et le refus de respecter les normes et les traditions sociales. Certains cas graves peuvent correspondre à une catégorie diagnostique, mais l’usage de RLT n’exige la présence d’aucun diagnostic. Même si le développement des troubles des conduites se caractérise par des années de « cycles coercitifs » (Patterson et al., 1989), le recours à la coercition et à d’autres comportements inacceptables n’est pas un indicateur fort d’un trouble des conduites ou d’un autre problème de santé mentale, et peut être associé à plusieurs patterns dysfonctionnels, dont la conduite imprudente, la dépendance adulte, les comportements suicidaires et l’automutilation (Shimshoni et al., 2019). La coercition et l’accommodation sont les facteurs communs qui entretiennent les patterns d’interaction évoqués en introduction, et permettent aux stratégies négatives de se poursuivre au lieu d’affronter les défis du développement, du changement ou du traitement (Shimshoni et al., 2019). La coercition et l’accommodation familiale sont des phénomènes transdiagnostiques, fréquents aussi dans les retards de développement de l’autonomie et du fonctionnement psychosocial.

Lorsqu’un trouble traitable est présent, un traitement spécifique fondé sur les données probantes peut être entravé par des comportements coercitifs et par l’accommodation familiale au trouble. L’AB et RLT peuvent donc être efficaces comme stratégies qui rendent le traitement possible, permettent la poursuite du développement ou arrêtent des patterns d’interaction dysfonctionnels. L’utilité potentielle de RLT exige seulement que les adultes voient la nécessité d’un changement du comportement des jeunes. Typiquement, les sanctions ne semblent pas être des stratégies efficaces, ou ont conduit à une détérioration des relations.

Une idée importante de la tradition RNV est qu’on ne peut pas forcer d’autres personnes à changer leur comportement, mais qu’on peut changer ses propres réponses et amener les autres à comprendre la nécessité du changement, et soutenir leur recherche de manières moins négatives de faire face aux difficultés. RLT pourrait aider à changer certaines de ces situations difficiles, mais cette affirmation doit être prouvée en pratique. Les équipes de recherche et de clinique sont donc invitées à évaluer cette proposition et à rendre compte de leur expérience et de leurs résultats à un public international. RLT devrait être évaluée systématiquement comme intervention distincte, comme élément d’une approche AB plus large, et comme complément à des traitements fondés sur les données probantes pour des troubles spécifiques.

Conclusion

En somme, l’AB traditionnelle peut probablement obtenir en grande partie les mêmes résultats que RLT. Mais l’usage de la reprise et le délai plus court avant l’amélioration sont propres à RLT. Ce sont peut-être ses apports les plus précieux, parce qu’ils permettent de corriger immédiatement les actes négatifs sans attendre la prochaine occurrence naturelle. Mener RLT à bien peut être un acte réparateur puissant, centré sur la mise en acte d’un comportement amélioré. En outre, RLT réduit, voire élimine, la stigmatisation sociale liée au fait d’avoir commis ces actes. Cet aspect de l’accord pour réécrire l’histoire ressemble aux effets émotionnels et sociaux de la réconciliation ou de l’absolution employées dans d’autres traditions.

RLT est une stratégie prometteuse face aux comportements coercitifs et inacceptables des jeunes, et pour aborder ces comportements comme un obstacle au traitement des troubles qu’ils peuvent entretenir. RLT est une stratégie directe, à employer entre des adultes et une personne placée sous leur responsabilité. Elle peut s’utiliser principalement par la guidance, la supervision et la formation de parents et d’équipes professionnelles en relation directe avec les jeunes concernés.

RLT peut s’appliquer à d’autres cadres, à d’autres âges et à d’autres relations, comme les relations d’enseignement, de soin ou d’accompagnement social, les relations entre pairs ou dans la fratrie, et les adultes qui travaillent avec des groupes de jeunes, pas seulement avec des individus.

RLT n’est pas une méthode fondée sur les données probantes, même si les premiers essais cliniques de la stratégie dans des cas isolés montrent un potentiel prometteur. Elle repose sur des principes et des stratégies qui se sont montrés efficaces pour des buts semblables, mais son efficacité reste à prouver. Cette description de RLT est partagée pour encourager d’autres évaluations systématiques de son utilité et de son efficacité. Cela devrait être suivi d’une amélioration et d’une manualisation de ses pas, de ses conditions préalables et de ses points d’attention, sur la base de l’expérience, avant d’évaluer son utilité et son effet sur des groupes plus larges et selon des plans contrôlés. Les personnes intéressées par un développement et une évaluation systématiques sont invitées à contacter la personne qui signe l’article, ou encouragées à mener une évaluation indépendante.

Complexe Systémique : à retenir

L’intérêt de cette stratégie tient à une idée systémique simple : ce qui s’est passé dans une relation dépend en partie de ce qu’on convient de retenir. En proposant de rejouer la scène et de tenir la seconde version pour « la vraie », on sort de l’alternative entre punir et laisser faire, et l’on épargne aux jeunes la place de coupable. L’ordre des étapes est l’autre trouvaille. Ce sont les parents qui commencent, en reconnaissant leurs propres dérapages, ce qui rend la proposition faite ensuite aux jeunes moins humiliante ; la règle des « arguments disqualifiants » n’arrive qu’à la fin, quand la réparation a déjà fait ses preuves. L’article est honnête sur ses limites : aucune évaluation hors études de cas, un seul cas détaillé, et une contre-indication nette pour la violence physique et sexuelle, qu’on ne « rejoue » pas. Le texte signale aussi que la méthode ignore les vécus subjectifs, ce qui peut blesser des jeunes qui ont vécu un traumatisme. À lire avec l’article sur une technique surprenante face aux comportements agressifs des ados, dans la même lignée de la résistance non violente, et avec l’article sur la violence filio-parentale, pour les situations où la reprise ne suffit plus.

Notes de l’original

Remerciements. Merci à Haim Omer, membre du corps professoral, pour ses précieux retours pendant l’élaboration et la rédaction. Merci à Aleksander Helmersberg d’avoir inspiré l’intervention « Remonter le temps » en donnant à sa fille de nouvelles chances. [Correction du 15 juin 2023, après la première publication en ligne : la seconde phrase a été ajoutée.]

Références

Attwood, J., Butler, C., Rogers, L., Batterham, M., Cousins, L., & Wilson, R. (2020). Non violent resistance parent training and adolescent substance misuse. Journal of Family Therapy, 42(2), 222–251. https://doi.org/10.1111/1467-6427.12257

Farah, H., Musicant, O., Shimshoni, Y., Toledo, T., Grimberg, E., Omer, H., & Lotan, T. (2014). Can providing feedback on driving behavior and training on parental vigilant care affect male teen drivers and their parents? Accident Analysis & Prevention, 69, 62–70. https://doi.org/10.1016/j.aap.2013.11.005

Golan, O., Shilo, H., & Omer, H. (2018). Non-violent resistance parent training for the parents of young adults with high functioning autism spectrum disorder. Journal of Family Therapy, 40(1), 4–24. https://doi.org/10.1111/1467-6427.12106

Hoffman, K. L., Kiecolt, K. J., & Edwards, J. N. (2005). Physical violence between siblings a theoretical and empirical analysis. Journal of Family Issues, 26(8), 1103–1130. https://doi.org/10.1177/0192513X05277809

Holmes, C., Levy, M., Smith, A., Pinne, S., & Neese, P. (2015). A model for creating a supportive trauma-informed culture for children in preschool settings. Journal of Child and Family Studies, 24(6), 1650–1659. https://doi.org/10.1007/s10826-014-9968-6

Jakob, P. (2018). Multi-stressed families, child violence and the larger system: An adaptation of the nonviolent model: Multi-stressed families and child violence. Journal of Family Therapy, 40(1), 25–44. https://doi.org/10.1111/1467-6427.12133

Körner, B., Lemme, M., Ofner, S., Seefeldt, C., von der Recke, T., & Thelen, H. (2019). Das Konzept der Neuen Autorität oder: "Stärke statt (Ohn-)Macht". In B. Körner, M. Lemme, S. Ofner, C. Seefeldt, T. Recke, & H. Thelen (Eds.), Neue Autorität—Das Handbuch. Vandehoeck & Ruprecht.

Lebowitz, E. R. (2013). Parent-based treatment for childhood and adolescent OCD. Journal of Obsessive-Compulsive and Related Disorders, 2(4), 425–431. https://doi.org/10.1016/j.jocrd.2013.08.004

Lebowitz, E. R., Omer, H., Hermes, H., & Scahill, L. (2014). Parent training for childhood anxiety disorders: The SPACE program. Cognitive and Behavioral Practice, 21(4), 456–469. https://doi.org/10.1016/j.cbpra.2013.10.004

Lebowitz, E. R. P. (2016). "failure to launch": Shaping intervention for highly dependent adult children. Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, 55(2), 89–90. https://doi.org/10.1016/j.jaac.2015.10.014

Leijten, P., Gardner, F., Melendez-Torres, G. J., van Aar, J., Hutchings, J., Schulz, S., Knerr, W., & Overbeek, G. (2019). Meta-analyses: Key parenting program components for disruptive child behavior. Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, 58(2), 180–190. https://doi.org/10.1016/j.jaac.2018.07.900

Newman, M., Fagan, C., & Webb, R. (2014). Innovations in practice: The efficacy of nonviolent resistance groups in treating aggressive and controlling children and young people: A preliminary analysis of pilot NVR groups in K ent. Child and Adolescent Mental Health, 19(2), 138–141. https://doi.org/10.1111/camh.12049

Omer, H. (2001). Helping parents Deal with Children's acute disciplinary problems without escalation: The principle of nonviolent resistance*. Family Process, 40(1), 53–66. https://doi.org/10.1111/j.1545-5300.2001.4010100053.x

Omer, H. (2004). Nonviolent resistance : A new approach to violent and self-destructive children. Cambridge University Press.

Omer, H. (2021a). Courageous teachers: From misery to mission. Amazon.

Omer, H. (2021b). Non-violent resistance : A new approach to violent and self-destructive children ( 2nd ed.). Cambridge University Press.

Omer, H., & Dolberger, D. I. (2015). Helping parents cope with suicide threats: An approach based on nonviolent resistance. Family Process, 54(3), 559–575. https://doi.org/10.1111/famp.12129

Omer, H., Satran, S., & Driter, O. (2016). Vigilant care: An integrative reformulation regarding parental monitoring (author abstract). 123(3), 291–304.

Omer, H., Steinmetz, S. G., Carthy, T., & Schlippe, A. (2013). The anchoring function: Parental authority and the parent-child bond. Family Process, 52(2), 193–206. https://doi.org/10.1111/famp.12019

Patterson, G., DeBaryshe, B., & Ramsey, E. (1989). A developmental perspective on antisocial behavior. American Psychologist, 44(2), 329–335. http://ovidsp.ovid.com/ovidweb.cgi?T=JS&NEWS=N&PAGE=fulltext&D=psyc3&AN=1989-26278-001

Shimshoni, Y., Omer, H., & Lebowitz, E. R. (2022). Non-violent resistance and family accommodation: A trans-diagnostic solution to a highly prevalent problem. Family Process, 61(1), 43–57. https://doi.org/10.1111/famp.12706

Shimshoni, Y., Shrinivasa, B., Cherian, A. V., & Lebowitz, E. R. (2019). Family accommodation in psychopathology: A synthesized review. Indian Journal of Psychiatry, 61(Suppl 1), S93–s103. https://doi.org/10.4103/psychiatry.IndianJPsychiatry_530_18

van Gink, K., van Domburgh, L., Jansen, L., Goddard, N., Ottenbros, R., van der Stegen, B., Popma, A., & Vermeiren, R. (2020). The development and implementation of non-violent resistance in child and adolescent residential settings. Residential Treatment for Children & Youth, 37(3), 176–198. https://doi.org/10.1080/0886571X.2019.1590172

Van Holen, F., Vanderfaeillie, J., & Omer, H. (2016). Adaptation and evaluation of a nonviolent resistance intervention for Foster parents: A progress report. Journal of Marital and Family Therapy, 42(2), 256–271. https://doi.org/10.1111/jmft.12125

Visser, K. M., Popma, A., Jansen, L. M. C., Kasius, M. C., & Vermeiren, R. R. J. M. (2021). Improvement of group climate in a residential setting for juveniles with mild intellectual disability through training of staff in non-violent resistance. Journal of Applied Research in Intellectual Disabilities, 34(6), 1592–1601. https://doi.org/10.1111/jar.12910

Traduction non officielle en français de « Remonter le temps » : une stratégie positive pour changer les comportements inacceptables des jeunes, par Tormod Rimehaug, Family Process, vol. 62 (2023), doi : 10.1111/famp.12882, sous licence CC BY 4.0. Traduction et mise en page : Complexe Systémique, septembre 2026 — l’œuvre a été modifiée au sens de la licence (illustration non reproduite). Ni les auteurs ni l’éditeur ne répondent de cette traduction ; la version originale fait foi.

Traduction française non officielle de « “Turning back the clock”: A positive strategy for changing unacceptable youth behavior », publié dans Family Process (2023) sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique, elle n’émane ni des auteurs ni de l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ; la version originale fait foi.

Lire l’article original

Comment citer cet article

Rimehaug, T. (2023). « Remonter le temps » : une stratégie positive pour changer les comportements inacceptables des jeunes (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/remonter-le-temps-une-strategie-positive-pour-changer-les-comportements-inacceptables-des-jeunes (Œuvre originale publiée en 2023 dans Family Process, 62(4) (2023) ; republiée en 2023 par Family Process, https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/famp.12882)

Pour aller plus loin

Panier

Votre panier est vide.