Child & Family Social Work · Travail social

Les dynamiques familiales dans l’accueil chez des proches

Grands-mères, tantes, grands-pères : en Écosse, l’accueil d’un enfant par sa propre famille est la solution privilégiée quand il ne peut pas vivre avec ses parents. L’équipe de Lilian Rose a analysé 106 appels passés par 63 de ces proches à une ligne d’écoute. On y voit des familles qui protègent l’enfant de ses parents tout en maintenant le lien avec eux, sans prise sur les décisions, et qui changent sans cesse.

Auteurs Lilian Rose, Emily P. Taylor, Simona Di Folco, Melanie Dupin, Heather Mithen et Zhanhui Wen (département de psychologie clinique et de la santé, université d’Édimbourg, Royaume-Uni)Première publication Child & Family Social Work, 10 mars 2022Traduction Complexe Systémique, traduction non officielle

Traduction française non officielle. Cet article est la traduction de Les dynamiques familiales dans l’accueil chez des proches, par Lilian Rose, Emily P. Taylor, Simona Di Folco, Melanie Dupin, Heather Mithen et Zhanhui Wen, publié dans Child & Family Social Work (Wiley) (2022), doi : 10.1111/cfs.12912, sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par le Complexe Systémique en septembre 2026 : le texte original a été traduit en français et remis en page, ce qui constitue une modification de l’œuvre au sens de la licence. Le tableau est présenté sous forme de liste ; les deux figures sont reproduites avec leur texte original en anglais. Cette traduction n’a été effectuée ni par les auteurs ni par l’éditeur, qui ne répondent ni de son contenu ni d’éventuelles erreurs. La version originale fait foi.

La plupart de ces familles ne fonctionnaient donc pas comme des familles nucléaires typiques. Elles puisaient plutôt leur force dans tout un éventail de membres de la famille élargie et de l’entourage amical.

Lilian Rose, Emily P. Taylor, Simona Di Folco, Melanie Dupin, Heather Mithen et Zhanhui Wen

Résumé

Au Royaume-Uni, l’accueil chez des proches (kinship care) est la solution privilégiée pour la prise en charge hors du domicile parental. Le contexte familial est décrit à la fois comme une force et comme une faiblesse de ces accueils, alors que peu de recherches examinent la façon dont les proches qui accueillent un enfant comprennent et vivent leurs dynamiques familiales : c’est l’objet de cette étude. Les données proviennent de 106 comptes rendus d’échanges avec 63 proches qui accueillent un enfant et ont contacté une ligne d’écoute consacrée à l’accueil chez des proches en Écosse, sur une période de deux mois. Trois thèmes et plusieurs sous-thèmes ont été dégagés : l’exercice d’équilibre ; la capacité d’agir et le contrôle ; des familles qui changent. Les données montrent que les proches qui accueillent géraient des dynamiques familiales complexes, organisées autour du bien-être de l’enfant, dans lesquelles il leur fallait faciliter les contacts avec des parents de naissance parfois perçus comme un risque pour l’enfant. Ces proches ont décrit la nécessité de gérer leurs propres sentiments face au comportement des parents de naissance et à ses effets sur les enfants. Le poids des besoins de l’enfant sur leur propre bien-être était décrit comme un exercice d’équilibre, fragilisé par un contrôle limité sur les décisions. Les proches qui accueillent ont fait preuve de résilience pour traverser des dynamiques familiales complexes, parfois éprouvantes, dans leur volonté d’offrir à l’enfant un environnement stable et positif, volonté compromise par l’exposition continue à des menaces et par le manque de prise sur les décisions.

1. Introduction

L’accueil chez des proches, défini comme une « prise en charge de type familial au sein de la famille élargie de l’enfant ou par des amis proches de la famille connus de l’enfant, qu’elle soit formelle ou informelle » (United Nations, 2010, p. 6), est l’option privilégiée pour les enfants qui ne peuvent pas vivre avec leurs parents de naissance dans les quatre nations du Royaume-Uni (McCartan et al., 2018), ainsi qu’aux États-Unis (Wu et Snyder, 2019) et en Australie (Australian Institute of Health and Welfare, 2021) ; il représente en moyenne 94 % des modes de prise en charge alternative dans 75 autres pays (Martin et Zulaika, 2016). Conformément aux orientations politiques (par exemple Department of Health, 2011 ; Scottish Government, 2007), les accueils formels chez des proches en Écosse sont passés d’environ 10 % des enfants en prise en charge alternative en 1990 à 27 % en 2015 (Kidner, 2016). On estime que 3 000 à 10 000 enfants de plus vivent en Écosse dans un accueil informel chez des proches, hors du système des services sociaux (Kidner, 2016). Pourtant, les données disponibles sur les familles qui accueillent un enfant de leur parenté proviennent massivement des États-Unis : seules 13 des 102 études de la revue systématique de Winokur et al. (2018) ont été menées hors des États-Unis. L’expérience vécue de l’ensemble de ces familles, en particulier hors des États-Unis, n’est donc peut-être pas bien représentée dans la recherche existante.

Les données réunies suggèrent que l’accueil chez des proches pourrait donner de meilleurs résultats pour les enfants que l’accueil familial ordinaire ou l’accueil en établissement, en matière de développement comportemental, de santé mentale et de stabilité du placement (Winokur et al., 2018). On l’a attribué à une plus grande continuité des soins, à une moindre stigmatisation liée au statut d’enfant placé, au maintien de l’identité familiale de l’enfant, à la compréhension de son histoire et de son vécu, et à la continuité de sa culture et de son héritage (Scottish Government, 2011). Des études qualitatives indiquent qu’au Royaume-Uni, les enfants disent trouver sécurité et compréhension dans ces accueils, et préféreraient rester chez leurs proches plutôt que d’aller en famille d’accueil ou de retourner chez leurs parents (Aldgate et McIntosh, 2006 ; Burgess et al., 2010 ; Kiraly et Humphreys, 2013a ; Selwyn et al., 2013).

L’accueil chez des proches peut toutefois nuire à la santé, au bien-être et aux finances des personnes qui accueillent (Broad, 2012 ; Selwyn et al., 2013). Des données montrent que ces proches connaissent plus de pauvreté et une santé plus fragile que les familles d’accueil ordinaires (Farmer, 2009) et que la population générale (Nandy et Selwyn, 2013 ; Selwyn et al., 2013) ; dans une étude, 67 % des proches assurant un accueil informel remplissaient les critères d’une dépression clinique (Selwyn et al., 2013). Farmer (2009) a constaté qu’une tension parentale touchait une plus forte proportion de proches qui accueillent (45 %) que de familles d’accueil ordinaires (30 %), avec un effet négatif sur la qualité du placement (Farmer, 2009 ; Farmer et al., 2005).

Jusqu’à 88 % des enfants en accueil chez des proches ont subi des maltraitances (Nandy et Selwyn, 2013) et peuvent présenter des symptômes de trauma complexe. La réaction de la personne qui prend soin de l’enfant s’est révélée l’un des facteurs médiateurs les plus décisifs de la réponse de l’enfant au trauma complexe (Cook et al., 2005), et cette réaction peut dépendre du bien-être de cette personne. Ainsi, même si les proches qui accueillent peuvent accepter de sacrifier leur propre bien-être pour répondre aux besoins de l’enfant (Thurman, 2013), le bien-être de l’enfant et celui de la personne qui l’accueille sont étroitement liés. Les enfants en accueil chez des proches s’inquiètent souvent de la santé et du bien-être de ces proches (Kiraly et Humphreys, 2013a ; Selwyn et al., 2013).

Au-delà de la relation entre l’enfant et la personne qui l’accueille, les dynamiques familiales préoccupent beaucoup ces familles : les conseils portant sur les relations familiales ont représenté 52 % de l’ensemble des conseils donnés par un service d’accompagnement de l’accueil chez des proches entre 2008 et 2013 (Citizens Advice Scotland, 2014). Les inquiétudes exprimées dans la littérature au sujet des dynamiques familiales reposent sur un corpus de données restreint et disparate. Une revue systématique des facteurs de l’accueil chez des proches et des résultats pour l’enfant a recensé six études examinant les relations familiales comme facteur de ces résultats (Washington et al., 2018). Le dysfonctionnement familial était un facteur de risque de mauvais résultats, mais pouvait être atténué par une intervention intensive ciblée, comme l’a montré une petite étude (Haight et al., 2010). D’autres inquiétudes portent sur la collusion entre proches qui accueillent et parents, sur les risques que le réseau familial élargi fait courir à l’enfant (Brown et Sen, 2014), sur des dynamiques familiales problématiques, sur la confusion des rôles et, surtout, sur les conflits intergénérationnels (Burgess et al., 2010 ; Sen et Broadhurst, 2011). Si les données contredisent largement la crainte des professionnels que les proches qui accueillent compromettent la sécurité de l’enfant (Winokur et al., 2018), les inquiétudes quant à des dynamiques familiales difficiles paraissent mieux fondées. Par exemple, certains éléments indiquent que l’attitude des parents et les contacts parentaux sont plus difficiles dans l’accueil chez des proches qu’en famille d’accueil ordinaire (Vanschoonlandt et al., 2012), et que le retour réussi des enfants chez leurs parents de naissance y est moins fréquent (Thurman, 2013 ; Winokur et al., 2018).

Gérer les relations et les contacts avec les parents de naissance est décrit comme l’un des aspects les plus stressants de l’accueil d’un enfant de sa famille (Kiraly et Humphreys, 2013b ; Sen et Broadhurst, 2011). Les données sur les effets des contacts avec les parents et sur leur lien avec le bien-être familial sont contrastées. Metzger (2008) a constaté que, par rapport à l’accueil familial ordinaire, l’accueil chez des proches offrait davantage de contacts avec les parents de naissance, ce qui prédisait significativement un meilleur bien-être chez les enfants. Vanschoonlandt et al. (2012) ont toutefois montré que, si le bien-être de l’enfant était meilleur chez des proches qu’en famille d’accueil ordinaire, les contacts avec la mère étaient de qualité nettement moindre, à en juger par l’attitude de la mère envers le placement, sa relation avec la personne qui accueille et sa capacité à approuver le placement devant l’enfant. En outre, les enfants qui avaient de graves difficultés relationnelles et comportementales avaient plus souvent connu des conflits entre parents et proches qui accueillent et des contacts familiaux difficiles (Selwyn et al., 2013). D’autres études ont montré que les enfants en accueil chez des proches avaient plus de contacts avec leur famille élargie qu’en famille d’accueil ordinaire, mais que les relations avec la famille étaient plus difficiles (Farmer, 2009 ; Sykes et al., 2002). Les études qualitatives de Kiraly et Humphreys (2013a, 2015, 2016) sur les contacts dans les familles australiennes accueillant un enfant de leur parenté dressaient un tableau tout aussi complexe, montrant que les contacts comme leur absence étaient pénibles pour les enfants, les parents et les proches qui accueillent. Surtout, leurs résultats éclairaient la pression que le récit des retrouvailles exerce sur ces familles pour qu’elles se conforment aux idéaux de la famille nucléaire (Kiraly et Humphreys, 2015), plutôt que de valoriser et d’apprécier la nature propre de ces familles.

Les familles qui accueillent un enfant de leur parenté sont considérées comme diverses, complexes et, par définition, potentiellement exposées au stress (Broad, 2012 ; Kiraly et Humphreys, 2015 ; O’Brien, 1999 ; Sykes et al., 2002). On a souligné les différences entre ces familles et les autres types de familles (Zinn, 2017), ainsi que l’hétérogénéité de cette catégorie (Sykes et al., 2002). Des relations individuelles et des rôles fluides au sein de la famille élargie, qui changent avec le temps, en sont une caractéristique essentielle (O’Brien, 1999 ; Zinn, 2017). La littérature antérieure a insisté sur le fait que la pratique doit en tenir compte en associant fortement la famille à l’évaluation et à la prise de décision (Aldgate et McIntosh, 2006 ; Argent, 2009 ; Broad, 2012 ; Kiraly et Humphreys, 2015 ; Portengen et van der Neut, 1999). Winokur et al. (2014) ont relevé que les données étaient insuffisantes pour tirer des conclusions sur les relations familiales dans l’accueil chez des proches, et ont appelé à des recherches qualitatives sur les dynamiques sous-jacentes et l’expérience vécue des différents types de familles accueillant un enfant de leur parenté, au regard des résultats positifs. Kiraly et Humphreys (2016) notent que, dans leur étude, « des voix plaidaient pour que l’on comprenne la position des personnes qui prennent soin de l’enfant, et leur connaissance et leur expérience de la famille » (p. 235).

Une manière de comprendre la nature qualitative des dynamiques et des expériences de ces familles est de passer par les services de soutien existants. Au moment de la recherche, la ligne d’écoute consacrée à l’accueil chez des proches (Kinship Care Helpline) était gérée par Children 1st, une association écossaise, dans le cadre de sa ligne Children 1st ParentLine, gratuite et accessible par téléphone, par courriel ou par messagerie instantanée. Le service offre un soutien et des conseils pratiques, émotionnels et financiers. Le modèle Children 1st ParentLine utilisé lors des échanges s’appuie sur la théorie de l’attachement et sur les principes du modèle d’intervention Skilled Helper d’Egan (1998). Ce modèle comporte des étapes et des tâches définies, et privilégie l’écoute empathique, la confrontation bienveillante et les décisions prises par la personne qui recourt au service (Riggall, 2012). Les personnes qui appellent peuvent aussi programmer des appels de suivi pour approfondir leurs difficultés ou faire le point sur leurs progrès.

Les données d’une ligne d’écoute permettent d’étudier la réalité vécue des proches qui accueillent au moment même où elle se déroule, à travers des échanges spontanés qui reflètent leurs préoccupations et leurs façons de faire face au quotidien, sans la médiation d’une intervention de recherche (Backett-Milburn et Jackson, 2012). Cette étude vise donc à mieux comprendre comment les proches qui accueillent un enfant et cherchent de l’aide comprennent les dynamiques familiales, en analysant leurs échanges avec la ligne d’écoute.

2. Méthode

La présente étude a utilisé des données de service recueillies en routine par les personnes chargées de l’écoute d’une ligne consacrée à l’accueil chez des proches ; ces données ont été analysées dans le cadre d’un accord de partage de données entre le service et l’université d’Édimbourg, et sont présentées plus en détail dans Taylor et al. (2020).

2.1 Personnes participantes

Les personnes participantes ont été tirées de l’ensemble des échanges avec la ligne d’écoute ayant donné lieu à une prestation entre le 1er mars et le 30 avril 2017. Cette période a été choisie pour fournir un échantillon assez grand pour être représentatif des appels, mais assez restreint pour permettre une analyse détaillée. Pour entrer dans l’échantillon final et dans l’analyse, les personnes qui appelaient devaient (1) accueillir un enfant de leur entourage ; (2) être apparentées à l’enfant en accueil, l’étude portant sur les dynamiques familiales entre la famille qui accueille et la famille de naissance ; (3) résider en Écosse. Le service permettant, si nécessaire, des échanges répétés avec une même personne, l’échantillon de départ comptait 217 échanges avec 145 personnes. Après exclusion des échanges ne répondant pas aux critères d’inclusion, l’échantillon final comprenait 63 personnes et 106 échanges ; 89 % de ces personnes étaient des femmes et 11 % des hommes. Le lien de parenté avec l’enfant est présenté dans le tableau 1. Selon l’indice écossais de défavorisation multiple (Scottish Index of Multiple Deprivation, SIMD ; Scottish Government, 2016), 28 % des personnes qui appelaient vivaient dans le quintile de zones le plus défavorisé et 7 % dans le moins défavorisé, les données manquant pour 11 d’entre elles (17 %). Sur les 63 personnes de l’échantillon, 25 n’ont appelé qu’une fois et 38 ont rappelé. Les personnes qui n’avaient eu qu’un échange pendant la période étudiée, mais qui avaient déjà contacté la ligne auparavant, ont été comptées parmi celles qui rappellent. Le nombre d’échanges de ces dernières allait de 1 à 8 sur la période (M = 2,1, ET 1,37). La durée des appels allait de 4 à 75 minutes (M = 23,3, ET 16,2). Le nombre d’enfants au foyer, ainsi que l’âge et le genre des enfants en accueil, n’étaient consignés que lorsqu’ils étaient mentionnés spontanément pendant l’échange. Ces données ne sont donc pas assez complètes pour donner une image fiable.

Tableau 1 — Lien de la personne qui accueille avec l’enfant

Lien avec l’enfant : N (%).

  • Grand-mère. 37 (59).
  • Tante. 16 (25).
  • Grand-père. 3 (5).
  • Oncle. 3 (5).
  • Arrière-grand-mère. 2 (3).
  • Frère. 1 (2).
  • Sœur. 1 (2).
  • Total. 63 (100).

Dans l’échantillon de départ, 27 personnes ont été exclues parce qu’elles ne répondaient pas aux critères d’inclusion. Des échanges ont en outre été exclus lorsqu’ils se limitaient à donner des informations et à orienter vers un autre service (n = 22) ou duraient moins de 4 minutes (n = 26). Enfin, les échanges ne comportant aucun contenu relatif aux dynamiques familiales ont été exclus (n = 36). Le processus d’échantillonnage est présenté dans la figure 1.

Organigramme du processus d'échantillonnage, des 217 échanges de départ aux 106 échanges retenus avec 63 personnes
Figure 1. Processus d’échantillonnage (schéma original en anglais)

2.2 Procédure

L’approbation éthique a été accordée par l’université d’Édimbourg. Le détail de chaque échange était consigné dans trois champs de texte libre : « Contenu de l’échange », qui rend compte de ce qui a été abordé ; « Travail effectué », qui décrit la réponse apportée par la personne chargée de l’écoute ; et « Autres commentaires », qui sert à noter des observations et des points d’action pour les autres membres de l’équipe d’écoute susceptibles d’être contactés plus tard par la même personne. Le contenu de ces trois champs a été utilisé pour l’analyse. L’encadrement forme les personnes chargées de l’écoute à la saisie des données, et des contrôles qualité aléatoires portent chaque mois sur 10 % des échanges, avec des conseils ou une formation complémentaires lorsque des erreurs courantes sont repérées. Les comptes rendus d’échange ont été anonymisés à la source, et les autres détails potentiellement identifiants ont été retirés. Les données anonymisées ont ensuite été importées dans NVivo (QSR, 2015) pour l’analyse, où elles ont été regroupées en cas pour chaque personne. Chaque personne a reçu un numéro de participation unique, à partir de 10001.

2.3 Analyse des données

Les données qualitatives ont été traitées par analyse thématique (AT ; Braun et Clarke, 2006 ; Joffe, 2012). L’équipe a aussi tenu compte du fait que les pratiques d’écoute individuelles varient, même avec un modèle standardisé d’accompagnement (Backett-Milburn et Jackson, 2012) supervisé en continu, et que l’exactitude des résultats consignés par l’équipe d’écoute peut être influencée par ce qui est socialement souhaitable (Young et al., 2016). Toutes les données sont enregistrées à travers le filtre des perceptions de la personne chargée de l’écoute et de l’organisation dans laquelle elle travaille. L’équipe a donc veillé à signaler en toute transparence les cas où les protocoles d’écoute et la culture de l’organisation lui semblaient influer sur un thème. L’analyse thématique a l’avantage de pouvoir refléter l’expérience vécue (Willig, 2013) et la réalité sociale des personnes participantes (Joffe, 2012), qui étaient au cœur de l’analyse. C’est une méthode qualitative souple sur le plan théorique mais rigoureuse sur le plan empirique, qui met l’accent sur la systématicité et la transparence (Joffe, 2012). Elle se prête aussi à l’analyse de données secondaires et a été employée avec succès sur des données d’enquête (Braun et Clarke, 2013).

L’équipe a suivi le processus d’AT en six phases de Braun et Clarke (2006) pour les données qualitatives. D’abord, elle s’est familiarisée avec les données : un travail de lecture et de « repérage » (Braun et Clarke, 2013) a été mené dans NVivo, en excluant de l’ensemble de données les échanges sans rapport avec les dynamiques familiales. Ensuite, des codes initiaux ont été produits sur l’ensemble des données pour tout ce qui touchait aux dynamiques familiales. Troisièmement, l’équipe a recherché des thèmes : les codes ont été revus, fusionnés ou écartés dans NVivo, et des thèmes candidats ont été repérés. Quatrièmement, ces thèmes candidats ont été examinés quant à leur cohérence interne et à leur représentativité de l’ensemble des données, et trois thèmes définitifs en sont issus. La cinquième phase a consisté à définir les thèmes et les sous-thèmes, en produisant une carte thématique finale (figure 2). La dernière phase a été la rédaction du rapport. Tout au long de l’analyse, les discussions autour des décisions, en particulier sur la fiabilité et la validité du codage, ont servi à mettre à l’épreuve d’éventuels biais ou contresens. L’ensemble final des thèmes et des sous-thèmes était ainsi bien étayé par plusieurs extraits directs provenant de différentes personnes participantes. Conformément à une méthodologie qualitative, ce n’est pas un seuil numérique qui en a décidé, mais la richesse des données (Chang et al., 2009).

Carte thématique : trois thèmes, l'exercice d'équilibre, la capacité d'agir et le contrôle, des familles qui changent, et leurs sous-thèmes
Figure 2. Carte thématique (schéma original en anglais)

3. Résultats

Trois thèmes principaux caractérisent la façon dont les proches qui accueillent un enfant et cherchent de l’aide comprennent les dynamiques familiales, par rapport à leur propre personne, à l’enfant et à la famille biologique : l’exercice d’équilibre ; la capacité d’agir et le contrôle ; des familles qui changent (voir la figure 2). Tous ces thèmes sont traversés par un même fil : répondre aux besoins de l’enfant, tout en gérant souvent des situations difficiles dans les relations avec les parents de naissance et avec les instances de décision officielles. Les proches qui accueillent réclamaient davantage de prise sur leur situation, dans un contexte familial en perpétuel changement.

3.1 L’exercice d’équilibre

Le premier thème montre combien les proches qui accueillent devaient souvent comprendre et gérer leurs relations avec les parents de naissance et avec l’enfant, en conciliant les besoins contradictoires des autres et les leurs.

3.1.1 Comprendre l’enfant dans sa famille

Les proches qui accueillent rencontraient des facteurs de stress dans le comportement des parents comme dans celui des enfants, ce qui influait sur leur vision de la dynamique familiale. Si beaucoup avaient des relations difficiles avec les parents, la plupart estimaient important, pour le bien-être des enfants en accueil, de tolérer et de respecter ces parents. Toutefois, lorsque l’enfant était exposé à un risque, maintenir une relation ne semblait plus possible. Lorsque la relation avec le parent restait solide, mais que ses actes récents avaient pu causer de la détresse à l’enfant, les proches qui accueillent se concentraient plutôt sur ce qui pouvait être fait pour soutenir l’enfant, afin de ne pas fragiliser la relation entre le parent et l’enfant :

Le père de [l’enfant] […] n’est pas venu pour elle. [L’enfant] a été déçue, mais est allée à la place fabriquer un ours en peluche chez Build-A-Bear (10016).

La manière dont la personne qui accueille comprenait l’enfant était liée à sa perception de la dynamique de l’accueil chez des proches. Lorsqu’un enfant était en difficulté, sa compréhension de la situation s’appuyait sur les conseils professionnels éventuellement reçus :

[La personne psychologue] l’a décrit comme deux extrêmes. Sur le plan physique, il est en avance pour son âge, pour s’habiller, pour manger. Sur le plan émotionnel, il ressemble plutôt à un enfant de 2 ans. Pour l’aider, [la personne qui l’accueille] essaie d’instaurer de la constance et un cadre, ce dont, lui a-t-on conseillé, il a besoin (10005).

Les proches qui accueillent qui n’avaient pas accès à un soutien professionnel voyaient parfois que l’enfant en accueil allait mal, sans forcément comprendre pourquoi ni savoir comment l’aider, ce qui pesait sur leur propre bien-être :

[…] le comportement de l’enfant s’est aggravé. Elle hurle, se cogne la tête, a peur de tout, mouille son lit, fait des terreurs nocturnes, dit des gros mots et dit qu’elle déteste l’appelante […] L’appelante est à bout et dit que certains jours elle voudrait ne plus être là (10020).

Ce point rejoint le sous-thème suivant.

3.1.2 Des bien-être liés entre eux

Les proches qui accueillent ont montré de plusieurs façons que le bien-être des membres de la famille était interdépendant. Leur bien-être et celui de l’enfant étaient liés par les événements et les émotions du quotidien, mais aussi par des interactions complexes entre les réactions émotionnelles et comportementales des membres de la famille aux événements, qui débouchaient souvent sur des cycles de stress familial :

Les enfants ont été difficiles cette semaine […] à cause de l’anxiété liée à la réunion du panel. En plus, maman avait prévu d’emmener les enfants pour la journée samedi et leur a fait faux bond. […] on a appelé le service social pour avoir de l’aide afin de faire rentrer [la personne aînée de la fratrie] à la maison. Le stress de tout cela a rendu l’appelante malade et elle a dû aller à l’hôpital samedi soir pour des difficultés respiratoires. Cela a encore accru l’anxiété des enfants, car leur tante est le pilier stable de leur vie (10131).

Les problèmes de l’enfant en accueil peuvent n’être qu’une des nombreuses difficultés auxquelles la famille élargie fait face : d’autres enfants et leur bien-être, la santé physique et mentale de membres de la famille, les addictions, l’incarcération. Les proches qui accueillent devaient composer avec des relations difficiles et des points de vue et des souhaits contradictoires au sein de la famille biologique élargie de l’enfant pour répondre à ses besoins :

[Le petit-fils] s’ennuie de son demi-frère [prénom] (9 ans), qui vit chez la demi-sœur de maman, laquelle semble assez réticente à organiser des rencontres (10039).

Ce large réseau familial pouvait cependant être d’un grand soutien pour une partie des proches qui accueillent et pour les enfants, en apportant un soutien émotionnel au quotidien, un répit concret, ou en répondant à des besoins de l’enfant auxquels la personne qui accueille estimait ne pas pouvoir répondre. On y recourait comme protection supplémentaire de l’enfant dans des situations à risque, pour assurer une continuité, ou pour permettre aux proches qui accueillent d’honorer d’autres engagements. Ainsi, s’il y avait des signes d’effets négatifs sur le bien-être de l’enfant et de la personne qui l’accueille, des effets réciproques positifs étaient aussi décrits.

3.1.3 Concilier des besoins contradictoires

Lorsque des membres de la famille avaient des besoins contradictoires, par exemple ceux du parent de naissance et ceux de l’enfant, il en résultait un conflit de loyauté pour les proches qui accueillent, qui avaient le sentiment de devoir choisir, ce qui, dans certains cas, modifiait leur relation avec les parents. Ces proches reconnaissaient toutefois que les enfants en accueil vivaient des conflits de loyauté semblables entre leurs parents et les personnes qui les accueillent. Les proches qui accueillent avaient aussi parfois le sentiment de perdre de vue leurs propres besoins ; ces proches citaient les sacrifices consentis pour accueillir l’enfant, notamment l’abandon d’un emploi, d’une retraite ou d’un logement, et le coût financier de l’accueil. La priorité donnée aux responsabilités d’accueil se faisait aussi au détriment de leur santé, de leur vie sociale et de leurs relations amoureuses. Les proches qui accueillent décrivaient la détresse que leur causait le fait de se donner la priorité :

L’appelante part en week-end la semaine prochaine et se sent coupable de laisser sa petite-fille, bien qu’elle ait prévu une bonne prise en charge par d’autres membres de la famille (10020).

Dans les échanges où les proches qui accueillent cherchaient à concilier des besoins contradictoires, la ligne d’écoute remplissait trois fonctions principales, qui ont influé sur le contenu des données : (1) veiller à ce que la sécurité de l’enfant soit la priorité ; (2) inviter la personne à envisager la situation du point de vue des différents membres de la famille, y compris en tenant compte de ses propres besoins et de ses propres peurs ; (3) l’encourager à mettre cette compréhension à l’épreuve et à communiquer avec les membres de la famille, en partageant ses propres sentiments et en demandant à l’autre membre de la famille sa vision de la situation dans son ensemble. Les échanges répétés montraient des proches qui accueillent mettant cela en pratique. Voici le quatrième échange avec une grand-mère qui accueillait son petit-enfant et dont la relation avec sa fille s’était rompue :

Maman et [la grand-mère] ont discuté de la situation à leur retour ; personne n’a jamais demandé à maman si elle voulait que [l’enfant] revienne à plein temps […] Maman surprise que [la grand-mère] souhaite que [l’enfant] revienne vivre avec elle (10066).

3.2 La capacité d’agir et le contrôle

Le deuxième thème regroupe les difficultés de capacité d’agir et de contrôle vécues par les proches qui accueillent au sujet des décisions concernant l’enfant. Bien que ce thème soit lié à la compréhension de l’enfant dans sa famille, l’analyse a montré que le manque de capacité d’agir et de contrôle ne venait pas d’un manque de compréhension. Il traduisait plutôt le sentiment de ne pas avoir de prise sur les décisions majeures relatives aux placements de l’enfant, ni sur le risque perçu pour lui. Ce thème rejoignait le sous-thème du bien-être, dans la mesure où ce manque de contrôle alimentait le stress et la frustration, que les proches qui accueillent disaient cacher aux enfants. Ces proches montraient aussi des façons adaptatives de faire face à ce manque de contrôle.

3.2.1 Le manque de prise sur les décisions

Si les proches qui accueillent s’efforçaient de « se poser et d’avoir un peu de stabilité » (10013), le manque de capacité à prendre des décisions fondamentales pour leur famille causait de la détresse. Il s’agissait en particulier de savoir qui peut s’occuper des enfants, en tant que personne qui accueille ou pour des temps de répit, et où, quand et avec qui les enfants peuvent avoir des contacts. Les inquiétudes étaient fréquentes : crainte d’un danger ou d’un bouleversement pour les enfants, que des décisions soient prises par le service social ou par les tribunaux sans pleinement comprendre ces risques, peur de perdre l’enfant. Plusieurs proches ont aussi dit n’avoir trouvé aucune écoute et avoir eu le sentiment d’une exclusion active du processus de décision. Dans un cas, une grand-mère qui accueillait son petit-fils s’est sentie « exclue, désespérée, choquée et très en colère » (10080) lorsque l’enfant a été contraint de passer la nuit chez sa mère, alors qu’il y avait des antécédents de maltraitance et de négligence et que l’enfant montrait des signes de détresse à l’idée d’y aller.

3.2.2 Faire face au risque

Beaucoup de proches qui accueillent percevaient les parents ou leurs partenaires comme une menace pour l’enfant en accueil. Plus de la moitié des personnes de l’échantillon ont évoqué la maltraitance, la négligence, la consommation de substances ou l’incarcération comme ayant touché la famille. Les proches qui accueillent ne tardaient pas à poser des limites pour protéger les enfants, par tous les moyens à leur disposition :

L’appelante ne laisse pas son fils entrer dans la maison pour voir les enfants s’il y a le moindre soupçon de consommation de drogue ; l’appelante aimerait faire de même avec maman, mais maman a engagé une procédure judiciaire (10018).

Dans certains cas, toutefois, la proximité géographique de membres de la famille avec l’enfant rendait cela difficile, ce qui ajoutait à l’inquiétude.

3.2.3 Reprendre le contrôle

La tension entre le but de protéger l’enfant et le manque de capacité d’agir semblait conduire à une rivalité autour de la prise en charge de l’enfant et au désir de mieux maîtriser la situation. On reprochait aux parents de bafouer les accords de visite : garder les enfants pour la nuit sans autorisation officielle, ne pas les ramener aux heures et aux lieux convenus, ou mentir sur des contacts avec des partenaires à l’origine de violences. Des parents et des proches qui accueillent réglaient leurs différends directement ou tenaient le service social informé des problèmes, mais pour d’autres, une intervention extérieure était nécessaire. Il pouvait s’agir de faire reconnaître officiellement la vulnérabilité des enfants, ou de chercher une reconnaissance juridique du droit de prendre des décisions à leur sujet, par exemple au moyen d’ordonnances de placement permanent, d’une adoption ou d’injonctions interdisant aux parents de contacter les enfants :

[La personne qui accueille] envisage de demander une ordonnance de placement permanent, car cela lui permettra plus facilement de prendre des décisions pour sa petite-fille sans passer par sa fille (10020).

Si une partie des proches qui accueillent signalait au service social des manquements aux accords de visite ou des inquiétudes pour la protection de l’enfant, d’autres se méfiaient des contacts avec les organismes extérieurs, de peur que cela ne menace l’unité familiale : « L’appelante ne veut pas faire intervenir le service social. Elle a peur qu’on lui retire sa petite-fille » (10130) ; d’autres encore avaient besoin d’échanges répétés pour construire leur confiance envers la ligne d’écoute.

3.2.4 Ce qu’on ne peut pas contrôler

Si le désir de créer de la stabilité et de reprendre le contrôle aggravait parfois le stress, les proches qui accueillent montraient aussi des façons adaptatives de s’organiser avec souplesse autour de ce qui échappait à leur maîtrise. On le voyait par exemple dans la façon d’aider les enfants à faire face à l’incertitude en se concentrant sur ce qui pouvait leur être garanti :

[La tante] lui fait savoir qu’elle est aimée d’elle et de son mari et qu’elle restera chez eux aussi longtemps qu’elle en aura besoin (10013).

Ne pouvant pas maîtriser la régularité des contacts parentaux, certaines personnes qui accueillaient veillaient, autant que possible, à ce que les enfants continuent de voir d’autres membres de la famille, ou prévoyaient des solutions de repli lorsque les parents ne venaient pas. De même, elles créaient des occasions de s’amuser et de se faire plaisir chaque fois qu’elles le pouvaient, selon leurs moyens. La ligne d’écoute encourageait aussi à se concentrer sur ce qu’il était possible de maîtriser, comme stratégie pour faire face :

Travail avec l’appelante pour l’aider à comprendre qu’il n’y a peut-être pas le choix ici, et qu’elle pourrait aider son petit-fils à l’accepter en lui en parlant (10080).

3.3 Des familles qui changent

Les dynamiques familiales changeaient, car les membres de la famille devaient souvent s’adapter à des pertes, à des changements de rôles et à une compréhension nouvelle des personnes de leur famille, et reconstruire des relations brisées.

3.3.1 Faire face à la perte

La perte était un trait commun des échanges, vécue de différentes manières. Plusieurs proches qui accueillent ont parlé de deuils vécus par l’enfant ; par exemple, un enfant qui s’était occupé de sa mère, morte d’une maladie liée à la drogue, était aidé par la personne qui l’accueillait à reconnaître cette perte tout en s’adaptant à ses nouvelles conditions de vie :

L’appelante se concentre sur la routine. A préparé une boîte à souvenirs de sa mère pour [l’enfant] (10039).

D’autres proches qui accueillent reconnaissaient l’effet profond du deuil sur un enfant, et évoquaient la difficulté à faire face à son chagrin ou à sa colère. Parfois, la perte vécue par l’enfant était la séparation d’avec un membre de la famille ; plusieurs ont décrit des enfants à qui leurs parents manquaient cruellement, ce qui augmentait parfois leur propre détresse. Des proches manquaient de ressources pour parler aux enfants de leurs parents ou des raisons pour lesquelles ces parents ne pouvaient pas assurer leur prise en charge, tandis que d’autres, avec du soutien, abordaient directement la question avec l’enfant :

L’appelante indique que sa nièce de 13 ans a eu du mal à accepter des contacts restreints avec sa mère, mais qu’elle a accepté la situation quand l’appelante et [la personne du] service social lui en ont expliqué les raisons (10131).

3.3.2 De nouvelles familles

Les proches qui accueillent ont parlé de l’effet sur les enfants de la construction de nouvelles familles par les parents. Dans deux cas où la relation avec le père biologique était bonne, c’était une évolution positive, qui offrait à l’enfant une famille plus large. Certaines nouvelles configurations familiales laissaient penser que le parent pourrait désormais être plus à même de jouer son rôle. Dans d’autres cas, où les relations étaient plus difficiles, cela déroutait et bouleversait les enfants, ou éveillait la méfiance de la personne qui les accueillait :

[La mère] a fait peu d’efforts pour garder le contact avec [l’enfant] jusqu’à ce Noël, quand le service social a menacé de lui retirer son prochain bébé […] à moins qu’elle ne démontre qu’elle était une bonne mère (10102).

Enfin, une partie des enfants avait connu la négligence et l’exclusion dans leur nouvelle famille, ce qui expliquait leur accueil actuel chez des proches.

3.3.3 Changer ensemble

Les transitions développementales des enfants offraient à une partie des proches qui accueillent une occasion de développement personnel, par une reconversion ou un retour à l’emploi. Toutefois, certaines personnes plus âgées, bien que globalement positives sur leur rôle, le trouvaient plus difficile ou plus fatigant en vieillissant. Si la plupart des proches qui accueillent étaient des grands-parents, beaucoup étaient encore en âge de travailler et, dans certains cas, des arrière-grands-parents étaient présents. Des proches à une autre étape de la vie faisaient le pont pour les parents ou pour les besoins développementaux des enfants. Par exemple, une mère que la grand-mère accueillante décrivait comme jeune et peu responsable était soutenue par cette grand-mère pour passer du temps de qualité avec son enfant et répondre à ses besoins. À l’inverse, l’accueil chez des proches était un choix positif pour une enfant. Avec l’accord de sa sœur, une tante accueillait sa nièce, l’une de sept enfants vivant dans un logement surpeuplé :

Sa nièce va commencer une année où elle passera des examens à l’école, et la raison principale pour laquelle elle veut vivre chez sa tante est de pouvoir étudier et réussir (10136).

3.3.4 Des schémas qui se répètent

Dans certains cas, les proches qui accueillent voyaient leur famille enfermée dans des répétitions ou des cycles et exprimaient le souhait qu’elle change :

Quand on lui a demandé pour quoi elle se battait, l’appelante a répondu que c’était pour que les choses ne se répètent pas à la génération suivante et pour que [l’enfant] ait une meilleure vie (10091).

Pour certaines personnes, il s’agissait de problèmes répétés dans la famille, déjà survenus ou redoutés : par exemple des troubles de santé mentale, des addictions, l’incarcération et des relations violentes observés à répétition chez les parents, les enfants et la famille élargie. Pour une partie des proches, il était difficile de séparer leur propre expérience de celle du parent ou de l’enfant en accueil, et donc de distinguer les souhaits et les besoins de l’enfant des leurs :

L’appelante passait de son propre passé à [l’enfant], en faisant le lien. Elle a déclaré : « Je sais exactement ce que ressent [l’enfant] » (10091).

3.3.5 Des relations qui changent

Là où les relations étaient difficiles, une partie des proches qui accueillent remplissait une fonction importante en travaillant à améliorer des dynamiques familiales difficiles pour offrir plus de stabilité à l’enfant. Pour beaucoup, cela supposait d’accepter que des personnes perçues comme un danger pour leur famille puissent désormais se voir confier les enfants en accueil. Pour certaines personnes, il était possible de reconnaître des sentiments négatifs envers les parents et de travailler à améliorer la relation :

Regard sur la colère de [la grand-mère] face à tous les mensonges de maman, et sur la façon dont elle s’achemine vers le pardon, même si elle ne peut pas oublier (10066).

La ligne d’écoute encourageait les personnes qui appelaient à reconnaître leur propre part dans la dynamique familiale :

L’appelante a conscience d’avoir pu se montrer critique envers sa fille au fil des années (10053).

Certaines personnes espéraient que, même s’il n’était pas possible de reconstruire la relation maintenant, cela pourrait le devenir à l’avenir, tandis que, pour d’autres, la tâche paraissait encore impossible.

4. Discussion

Cette étude visait à mieux comprendre comment les proches qui accueillent un enfant et cherchent de l’aide comprennent les dynamiques familiales, en analysant leurs échanges avec la ligne d’écoute consacrée à l’accueil chez des proches. Les trois thèmes et leurs sous-thèmes sont traversés par un même fil : les dynamiques familiales se façonnaient autour de ce qui était le mieux pour l’enfant et, surtout, autour de l’idée que certains membres de la famille représentaient un risque pour lui. Cette orientation s’est révélée adaptative pour donner la priorité à la protection de l’enfant, en particulier lorsque les proches qui accueillent vivaient des conflits de loyauté. Mais ces proches ont aussi évoqué les dégâts que cela causait dans des relations auparavant soutenantes avec des parents en difficulté. De même, si le fait de voir les parents en termes de risque pour l’enfant était adaptatif pour certaines familles au moment du placement, cela l’était moins lorsque les enfants commençaient à avoir davantage de contacts avec leurs parents. Les proches qui accueillent avaient du mal à concilier ce que ces proches savaient des actes et des comportements passés des parents avec la capacité actuelle de ces parents à prendre soin d’un enfant. Cela vient étayer le modèle d’O’Brien (1999), selon lequel les familles qui accueillent un enfant de leur parenté se définissent avant tout par la qualité de la relation entre la personne qui accueille et les parents. Dans certaines familles, toutefois, les proches qui accueillent maintenaient une relation ouverte avec les parents tout en protégeant l’enfant quand il le fallait. Beaucoup estimaient qu’une bonne relation avec les parents de l’enfant lui serait bénéfique. Les proches qui accueillent ont parlé de la nécessité de reconstruire des relations avec les parents jugées rompues. Dans plusieurs familles, le retour de l’enfant chez ses parents n’était pas jugé souhaitable, mais les parents gardaient un rôle durable dans la vie de leurs enfants. Ce résultat rejoint les appels de la recherche (Kiraly et Humphreys, 2015) à une autre compréhension de la réunification familiale, qui adopte une vision plus large que la famille nucléaire traditionnelle.

Dans la littérature comme dans les politiques publiques, l’accueil chez des proches est vu comme l’option qui offre le plus de stabilité à l’enfant (Broad, 2012 ; O’Brien, 2012). Pourtant, les résultats indiquent que les proches qui accueillent avaient du mal à offrir cette stabilité, dans ce que ces proches décrivaient comme des familles en perpétuel changement, avec des décisions prises par des instances extérieures. Beaucoup ont évoqué la détresse de ne pas avoir l’oreille des instances de décision alors qu’à leurs yeux on mettait les enfants en danger. Dans ces situations, cela nourrissait un sentiment de rivalité autour de la prise en charge, le désir de mieux maîtriser les décisions et de créer de la stabilité pour l’enfant. En revanche, lorsque les proches qui accueillent avaient le sentiment que les instances de décision avaient écouté et pris en compte leur avis, ces instances extérieures étaient jugées utiles pour réguler des situations familiales difficiles.

La famille élargie, et la compréhension de la famille du point de vue de l’enfant, comptaient pour les proches qui accueillent. Comme le suggère le modèle de la résilience familiale (Walsh, 2016), la famille élargie apportait un soutien émotionnel et pratique à la personne qui accueille comme à l’enfant, ainsi que des liens avec l’autre branche de la famille de l’enfant lorsque c’était important pour lui. La plupart de ces familles ne fonctionnaient donc pas comme des familles nucléaires typiques. Elles puisaient plutôt leur force dans tout un éventail de membres de la famille élargie et de l’entourage amical, selon les personnes qui comptaient pour la personne qui accueille et pour l’enfant.

4.1 Limites et perspectives

Les résultats de cette étude comportent certaines limites. D’abord, l’étude a examiné les dynamiques familiales du point de vue de la personne qui accueille ; ces résultats ne peuvent donc pas être généralisés aux autres membres de la famille. De plus, ils ne sont représentatifs que des proches qui accueillent un enfant et cherchent de l’aide. L’échantillon représente donc vraisemblablement un groupe de proches qui accueillent et rencontrent des difficultés accrues dans leurs dynamiques familiales. Il se peut aussi que les dynamiques familiales de cet échantillon soient représentatives des proches qui partagent plus volontiers leurs difficultés et y réfléchissent. Les expériences explorées ici ne représentent donc pas forcément l’ensemble de la population des proches qui accueillent. Comme les recherches antérieures, cette étude sous-représente les frères et sœurs qui accueillent un membre de leur fratrie (Selwyn et al., 2013 ; Selwyn et Nandy, 2014). Cela pourrait laisser penser que les dynamiques familiales préoccupent moins les foyers tenus par un frère ou une sœur. L’étude de Zinn (2017) va dans ce sens : elle a montré que les enfants de ces foyers percevaient un soutien social supérieur à la moyenne. Il est toutefois plus probable que cela indique que les frères et sœurs qui accueillent recourent moins à la ligne d’écoute. Enfin, les résultats passent par le filtre des personnes chargées de l’écoute qui ont consigné les échanges, tant dans leur façon d’appliquer le modèle d’accompagnement que dans le choix des informations qu’elles jugeaient les plus importantes à noter. La pleine complexité des problèmes est donc probablement sous-estimée, car on n’a peut-être pas interrogé directement ces proches sur les dynamiques familiales, et les appels n’ont pas été transcrits mot pour mot.

Les résultats de cette étude suggèrent qu’un soutien doit être proposé aux familles qui accueillent un enfant de leur parenté de manière continue et selon les besoins.

Faciliter une communication ouverte semble très utile aux proches qui accueillent. L’essentiel est que ces proches trouvent écoute et compréhension, que leurs craintes réelles pour la sécurité des enfants soient directement prises en compte et que leur compréhension de la famille soit respectée. Dans ces conditions, les proches qui accueillent acceptaient de remettre en question leurs propres points de vue et à envisager ceux des autres membres de la famille, ainsi qu’à reconnaître leur propre rôle dans la dynamique familiale. Les résultats de Farmer et al. (2005) indiquent qu’un soutien renforcé et la reconnaissance du point de vue des familles d’accueil peuvent atténuer le sentiment de tension, ce qui conforte cette approche.

Les résultats donnent aussi de premières indications sur des qualités adaptatives chez les proches qui accueillent et font face à des dynamiques familiales difficiles : repérer ce qu’il est possible ou non de maîtriser, rester souple face au changement et chercher du soutien auprès de la famille élargie semblaient utiles à la personne qui accueille et à la dynamique familiale. Ils montrent aussi à quel point le bien-être des proches qui accueillent est lié à celui des autres membres de la famille. Si cette étude ne permet pas de déterminer si le bien-être des proches qui accueillent ou des parents influe sur l’enfant, certains éléments indiquent que les familles gagnent à ce que tous leurs membres soient associés aux décisions et qu’en pratique, il peut être utile de considérer le bien-être de la famille dans son ensemble. Les proches qui accueillent peuvent hésiter à signaler des difficultés touchant leur propre bien-être, de peur que leur capacité à s’occuper de l’enfant soit remise en cause. Pourtant, des préoccupations de bien-être sont apparues à maintes reprises dans la présente étude, et la recherche et la pratique futures devraient s’attacher à concevoir et à mettre en place des dispositifs de soutien qui répondent aux besoins des proches qui accueillent, afin de leur permettre d’offrir aux enfants une prise en charge de grande qualité sans compromettre leur propre santé.

D’autres recherches sont nécessaires sur les dynamiques familiales des foyers d’accueil tenus par un frère ou une sœur, ainsi que sur le point de vue des parents à propos des dynamiques familiales dans l’accueil chez des proches, en Écosse comme à l’international. Un travail fondé sur un modèle de résilience familiale pourrait permettre de mener des recherches longitudinales sur l’évolution de ces dynamiques familiales au fil du temps, et en particulier sur les mécanismes adaptatifs des familles confrontées à un risque et à une adversité persistants. Cette étude a contribué à mieux comprendre comment les proches qui accueillent comprennent les dynamiques familiales et cherchent de l’aide à leur sujet, en apprenant de leur propre expérience et de leur connaissance des besoins de leur famille, et elle met en lumière la nature diverse et complexe de ces familles.

Complexe Systémique : à retenir

Le matériau est original : non pas des entretiens de recherche, mais les comptes rendus d’une ligne d’écoute, là où les grands-parents et les autres proches qui accueillent un enfant appellent quand ça ne va plus. On y lit un système familial à trois pôles, l’enfant, la personne qui l’accueille et les parents de naissance, traversé de loyautés partagées. Protéger l’enfant d’un parent tout en préservant son lien avec lui, gérer sa propre colère contre sa fille ou son fils, voir se répéter à la génération suivante ce qu’on a connu : ces tensions sont familières à la thérapie familiale. L’étude montre aussi l’effet d’une écoute qui invite à prendre le point de vue des autres membres de la famille : une grand-mère découvre, à l’appel suivant, que personne n’avait demandé à sa fille ce qu’elle souhaitait. Les limites tiennent au matériau lui-même : des notes rédigées par l’équipe d’écoute, sans verbatim, et uniquement des proches qui demandent de l’aide. À lire avec l’article sur l’accueil en milieu familial, être parent sans l’être, et avec l’étude sur le contact avec les parents de naissance vécu par les parents d’adoption.

Notes de l’original

Remerciements. L’équipe remercie les familles et le personnel de Children 1st pour leur collaboration à cette étude, et salue la générosité de Children 1st dans ce partenariat. Cette recherche n’a bénéficié d’aucune subvention spécifique d’organismes de financement des secteurs public, commercial ou à but non lucratif.

Références

Aldgate, J., & McIntosh, M. (2006). Looking after the family: A study of children looked after in kinship care in Scotland. Social Work Inspection Agency.

Argent, H. (2009). What's the problem with kinship care? Adoption and Fostering, 33(3), 6–14. https://doi.org/10.1177/030857590903300302

Australian Institute of Health and Welfare. (2021). Child protection Australia 2019–20. Child welfare series no. 74. Cat. no. CWS 78. AIHW.

Backett-Milburn, K., & Jackson, S. (2012). Children's concerns about their parents' health and well- being: Researching with ChildLine Scotland. Children & Society, 26(5), 381–393. https://doi.org/10.1111/j.1099-0860.2010.00349.x

Braun, V., & Clarke, V. (2006). Using thematic analysis in psychology. Qualitative Research in Psychology, 3(2), 77–101. https://doi.org/10.1191/1478088706qp063oa

Braun, V., & Clarke, V. (2013). Successful qualitative research: A practical guide for beginners. SAGE.

Broad, B. (2012). Kinship care. Social Work and Social Sciences Review, 13(1), 59–74. https://doi.org/10.1921/19629

Brown, L., & Sen, R. (2014). Improving outcomes for looked after children: A critical analysis of kinship care. Practice, 26(3), 161–180. https://doi.org/10.1080/09503153.2014.914163

Burgess, C., Rossvoll, F., Wallace, B., & Daniel, B. (2010). ‘It's just like another home, just another family, so it's nae different’ Children's voices in kinship care: A research study about the experience of children in kinship care in Scotland: Children's voices in kinship care. Child & Family Social Work, 15(3), 297–306. https://doi.org/10.1111/j.1365-2206.2009.00671.x

Chang, Y., Voils, C. I., Sandelowski, M., Hasselblad, V., & Crandell, J. L. (2009). Transforming verbal counts in reports of qualitative descriptive studies into numbers. Western Journal of Nursing Research, 31(7), 837–852. https://doi.org/10.1177/0193945909334434

Citizens Advice Scotland. (2014). In the family way: Five years of caring for kinship carers in Scotland. Citizens Advice Scotland.

Cook, A., Spinazzola, J., Ford, J., Lanktree, C., Blaustein, M., Cloitre, M., & Van der Kolk, B. (2005). Complex trauma. Psychiatric Annals, 35(5), 390–398.

Department of Health. (2011). Family and friends care: Statutory guidance for local authorities. Department for Education. https://www.education.gov.uk/publications/standard/publicationDetail/Page1/DFE-00025-2011

Egan, G. (1998). The skilled helper: A problem-management approach to helping. Brooks/Cole Pub. Co.

Farmer, E. (2009). How do placements in kinship care compare with those in non-kin foster care: Placement patterns, progress and outcomes? Child & Family Social Work, 14(3), 331–342. https://doi.org/10.1111/j.1365-2206.2008.00600.x

Farmer, E., Lipscombe, J., & Moyers, S. (2005). Foster Carer strain and its impact on parenting and placement outcomes for adolescents. The British Journal of Social Work, 35(2), 237–253. https://doi.org/10.1093/bjsw/bch181

Haight, W., Black, J., & Sheridan, K. (2010). A mental health intervention for rural, foster children from methamphetamine-involved families: Experimental assessment with qualitative elaboration. Children and Youth Services Review, 32(10), 1446–1457. https://doi.org/10.1016/j.childyouth.2010.06.024

Joffe, H. (2012). Thematic analysis. In D. Harper & A. R. Thompson (Eds.), Thematic analysis. Qualitative research methods in mental health and psychotherapy: A guide for students and practitioners (Vol. 15, pp. 209–223). Wiley. https://doi.org/10.1002/9781119973249.ch15

Kidner, C. (2016). Kinship care (SPICe briefing No. 16–87) (p. 33). Scottish Parliament Information Centre. http://www.parliament.scot/parliamentarybusiness/101960.aspx

Kiraly, M., & Humphreys, C. (2013a). Perspectives from young people about family contact in kinship care: “Don't push us. Listen more”. Australian Social Work, 66(3), 314–327. https://doi.org/10.1080/0312407X.2012.715658

Kiraly, M., & Humphreys, C. (2013b). Family contact for children in kinship care: A literature review. Australian Social Work, 66(3), 358–374. https://doi.org/10.1080/0312407X.2013.812129

Kiraly, M., & Humphreys, C. (2015). A tangled web: Parental contact with children in kinship care. Child & Family Social Work, 20(1), 106–115. https://doi.org/10.1111/cfs.12060

Kiraly, M., & Humphreys, C. (2016). ‘It's about the whole family’: Family contact for children in kinship care. Child & Family Social Work, 21(2), 228–239. https://doi.org/10.1111/cfs.12140

Martin, F. S., & Zulaika, G. (2016). Who cares for children? A descriptive study of care-related data available through global household surveys and how these could be better mined to inform policies and services to strengthen family care. Global Social Welfare, 3(2), 51–74. https://doi.org/10.1007/s40609-016-0060-6

McCartan, C., Bunting, L., Bywaters, P., Davidson, G., Elliott, M., & Hooper, J. (2018). A four-nation comparison of kinship care in the UK: The relationship between formal kinship care and deprivation. Social Policy and Society, 17(4), 619–635. https://doi.org/10.1017/S1474746418000179

Metzger, J. (2008). Resiliency in children and youth in kinship care and family Foster Care. Child Welfare, 87(6), 115–140.

Nandy, S., & Selwyn, J. (2013). Kinship care and poverty: Using census data to examine the extent and nature of kinship care in the UK. The British Journal of Social Work, 43(8), 1649–1666. https://doi.org/10.1093/bjsw/bcs057

O'Brien, V. (1999). Evolving networks of relative care: Alliance and exclusion. In R. Greeff (Ed.), Fostering kinship: An international perspective on kinship care. Ashgate.

O'Brien, V. (2012). The benefits and challenges of kinship care. Child Care in Practice, 18(2), 127–146. https://doi.org/10.1080/13575279.2012.657610

Portengen, R., & van der Neut, B. (1999). Assessing family strengths—A family systems approach. In R. Greeff (Ed.), Fostering kinship: An international perspective on kinship foster care. Ashgate.

QSR International Pty Ltd. (2015). NVivo (Version 11). https://www.qsrinternational.com/nvivo-qualitative-data-analysis-software/home

Riggall, S. (2012). Social work students' experiences of using the Egan skilled helper model. The Journal of Practice Teaching and Learning, 11(1), 37–53. https://doi.org/10.1921/jpts.v11i1.262

Scottish Government. (2007). Getting it right for every child in kinship and foster care. Scottish Government.

Scottish Government. (2011). Guidance on the looked after children (Scotland) Regulations 2009 and the Adoption and Children (Scotland) Act 2007 [Publication]. 24 July 2017, http://www.gov.scot/Publications/2011/03/10110037/9

Scottish Government. (2016). Scottish Index of Multiple Deprivation. http://www.gov.scot/Publications/2016/08/6427

Selwyn, J., Farmer, E., Meakings, S., & Vaisey, P. (2013). The poor relations? Children and informal kinship carers speak out. University of Bristol.

Selwyn, J., & Nandy, S. (2014). Kinship care in the UK: Using census data to estimate the extent of formal and informal care by relatives. Child & Family Social Work, 19(1), 44–54. https://doi.org/10.1111/j.1365-2206.2012.00879.x

Sen, R., & Broadhurst, K. (2011). Contact between children in out-of-home placements and their family and friends networks: A research review. Child & Family Social Work, 16(3), 298–309. https://doi.org/10.1111/j.1365-2206.2010.00741.x

Sykes, J., Sinclair, I., Gibbs, I., & Wilson, K. (2002). Kinship and stranger Foster Carers: How do they compare? Adoption and Fostering, 26(2), 38–48. https://doi.org/10.1177/030857590202600206

Taylor, E. P., Di Folco, S., Dupin, M., Mithen, H., Wen, L., Rose, L., & Nisbet, K. (2020). Socioeconomic deprivation and social capital in kinship carers using a helpline service. Child & Family Social Work, 25, 845–855. https://doi.org/10.1111/cfs.12763

Thurman, B. (2013). Relative support. http://mentoruk.org.uk/media/filer_public/aa/eb/aaeb147d-e4fa-47ff-b023-c338204c102f/relative_support.pdf

United Nations. (2010). Guidelines for the alternative care of children: Resolution/adopted by the general assembly, 24 February 2010. A/RES/64/142. https://digitallibrary.un.org/record/673583?ln=en#record-files-collapse-header

Vanschoonlandt, F., Vanderfaeillie, J., Van Holen, F., De Maeyer, S., & Andries, C. (2012). Kinship and non-kinship foster care: Differences in contact with parents and foster child's mental health problems. Children and Youth Services Review, 34(8), 1533–1539. https://doi.org/10.1016/j.childyouth.2012.04.010

Walsh, F. (2016). Family resilience: A developmental systems framework. European Journal of Developmental Psychology, 13(3), 313–324. https://doi.org/10.1080/17405629.2016.1154035

Washington, T., Wrenn, A., Kaye, H., Priester, M. A., Colombo, G., Carter, K., Shadreck, I., Hargett, B. A., Williams, J. A., & Coakley, T. (2018). Psychosocial factors and behavioral health outcomes among children in Foster and Kinship care: A systematic review. Children and Youth Services Review, 90, 118–133. https://doi.org/10.1016/j.childyouth.2018.04.030

Willig, C. (2013). Introducing qualitative research in psychology ( Third ed.). Open University Press, McGraw-Hill Education.

Winokur, M., Holtan, A., & Batchelder, K. E. (2014). Kinship care for the safety, permanency, and well-being of children removed from the home for maltreatment. In The Cochrane Collaboration. (Ed.), Cochrane database of systematic reviews. John Wiley & Sons, Ltd. https://doi.org/10.1002/14651858.CD006546.pub3

Winokur, M. A., Holtan, A., & Batchelder, K. E. (2018). Systematic review of kinship care effects on safety, permanency, and well-being outcomes. Research on Social Work Practice, 28(1), 19–32. https://doi.org/10.1177/1049731515620843

Wu, Q., & Snyder, S. M. (2019). Factors associated with the decision-making process in kinship diversion. Journal of Family Social Work, 22(2), 161–186. https://doi.org/10.1080/10522158.2018.1542650

Young, T. L., Williams, J., Nelson-Gardell, D., Edwards, S. L., & Thorington, V. A. (2016). Assessing the helpfulness of one parenting assistance helpline. Journal of Child and Family Studies, 25(7), 2236–2245. https://doi.org/10.1007/s10826-016-0387-8

Zinn, A. (2017). Kinship family relatedness, nuclear family contact, and social support among Foster youth. Journal of Public Child Welfare, 11(1), 1–26. https://doi.org/10.1080/15548732.2016.1208134

Traduction non officielle en français de Les dynamiques familiales dans l’accueil chez des proches, par Lilian Rose, Emily P. Taylor, Simona Di Folco, Melanie Dupin, Heather Mithen et Zhanhui Wen, Child & Family Social Work, vol. 27, no 4 (2022), doi : 10.1111/cfs.12912, sous licence CC BY 4.0. Traduction et mise en page : Complexe Systémique, septembre 2026 — l’œuvre a été modifiée au sens de la licence (tableau présenté en liste). Ni les auteurs ni l’éditeur ne répondent de cette traduction ; la version originale fait foi.

Traduction française non officielle de « Family dynamics in kinship care », publié dans Child & Family Social Work (2022) sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique, elle n’émane ni des auteurs ni de l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ; la version originale fait foi.

Lire l’article original

Comment citer cet article

Rose, L., Taylor, E. P., Di Folco, S., Dupin, M., Mithen, H., et Wen, Z. (2022). Les dynamiques familiales dans l’accueil chez des proches (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/les-dynamiques-familiales-dans-l-accueil-chez-des-proches (Œuvre originale publiée en 2022 dans Child & Family Social Work, 27(4), 635-645 (2022) ; republiée en 2022 par Child & Family Social Work, https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/cfs.12912)

Panier

Votre panier est vide.