Australian and New Zealand Journal of Family Therapy · Thérapie familiale
Comment aider des parents dont les enfants ont été placés à ne pas rejouer leur propre histoire ? À Adélaïde, un service de réunification familiale a confié à ses équipes d’accompagnement un outil venu de la thérapie familiale, l’Adult Exploration of Attachment Interview : génogramme, puis cartes de ce que chaque figure de soin a appris sur le fait d’être parent et d’être enfant. Deux histoires de pères, Gary et Peter, montrent comment l’empathie pour l’enfant qu’on a été peut rouvrir l’empathie pour son propre enfant.
Traduction française non officielle. Cet article est la traduction de Utiliser l’entretien d’exploration de l’attachement adulte (AEAI) pour rompre le cycle du trauma intergénérationnel : illustrations tirées d’un programme de réunification familiale, par Jackie Amos, Bryan Todd, Bryony Gibson, Samuel Carpenter, Catia G. Malvaso et Paul H. Delfabbro, publié dans Australian and New Zealand Journal of Family Therapy (Wiley) (2022), doi : 10.1002/anzf.1490, sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par le Complexe Systémique en septembre 2026 : le texte original a été traduit en français et remis en page, ce qui constitue une modification de l’œuvre au sens de la licence. Les tableaux sont présentés sous forme de listes. Cette traduction n’a été effectuée ni par les auteurs ni par l’éditeur, qui ne répondent ni de son contenu ni d’éventuelles erreurs. La version originale fait foi.
Se centrer sur le deuil des expériences manquées, plutôt que sur l’acceptation de la faute, peut encourager la réflexion et la prise de conscience.
Jackie Amos, Bryan Todd, Bryony Gibson, Samuel Carpenter, Catia G. Malvaso et Paul H. Delfabbro
Résumé
La réunification familiale est un domaine d’une grande importance politique pour les systèmes de protection de l’enfance. Le retour en toute sécurité d’enfants placés hors du foyer auprès de leurs parents biologiques ou de proches, et le maintien durable de la famille, peuvent atténuer les effets néfastes de la séparation des enfants d’avec leur famille. Dans cet article, nous décrivons un type de famille pour lequel une réunification a été envisagée : les familles touchées par un trauma intergénérationnel. Aider les familles touchées par le trauma et la maltraitance intergénérationnels suppose de comprendre les mécanismes et les processus qui entretiennent le trauma intergénérationnel, et la manière dont ils peuvent éclairer les approches thérapeutiques du travail avec les enfants et leur famille. Cet article s’appuie sur des études de cas pour illustrer l’utilisation de l’Adult Exploration of Attachment Interview (AEAI), entretien d’exploration de l’attachement chez l’adulte, au sein d’un programme thérapeutique de réunification plus large dans un État australien. L’AEAI vise à aider les parents à prendre conscience de l’impact de leurs expériences d’enfance, et à atténuer les sentiments de honte, d’autoaccusation et d’inadéquation en aidant le parent à affronter les expériences négatives du passé. Le but est d’aider le parent à reconnaître l’importance du passé, à consolider ses forces et à développer avec ses enfants des relations plus nourricières. Les illustrations cliniques montrent que cette thérapie a contribué, dans deux familles, à traiter les causes des comportements et de la détresse psychologique qui faisaient obstacle au retour des enfants placés. Ce résultat a été obtenu par un processus de réflexion et de prise de conscience, plutôt que par un processus centré sur la culpabilité ou la honte, la personne thérapeute étant là pour aider à mettre en mots et à formuler ce qui, autrement, aurait pu rester des processus cachés ou implicites. Dans les deux cas, cette prise de conscience a servi à recadrer la relation parent-enfant et a conduit à des changements observables dans les pratiques parentales.
Points clés
La réunification ou restauration familiale désigne le retour en toute sécurité d’enfants placés hors du foyer dans leur famille biologique ou auprès de proches. La réunification a été désignée comme une priorité politique en Australie. Cela tient en grande partie aux inquiétudes sur les effets à long terme des retraits sur les enfants, en particulier sur les enfants aborigènes, et en partie au fait que la réunification est l’une des rares voies de sortie du placement potentiellement durables. Augmenter les taux de réunification s’est révélé plus difficile dans la pratique (AIHW, 2019).
Comme le soulignent Farmer (2018), Fernandez (2013) ainsi que Fernandez et Lee (2013), la réussite d’une réunification (généralement définie comme une période d’au moins six à douze mois de stabilité après le retour au foyer) est plus probable lorsque les programmes comportent un soutien intensif et souple, un soutien et une formation des parents et un soutien concret ; lorsque la composition de la famille a changé (par exemple, la personne violente ou perturbatrice a quitté le foyer) ; et lorsque le placement n’était pas dû à une maltraitance ou à une négligence graves, ni à un conflit familial grave et persistant (voir Farmer, 2018, pour une revue complète). Or, une négligence et une maltraitance importantes précèdent souvent le retrait forcé des enfants de leur famille d’origine dans un contexte de trauma intergénérationnel, y compris dans les familles où une réunification est sérieusement envisagée.
Une autre difficulté, liée à la précédente, est qu’une proportion importante des tentatives de réunification échoue après le retour des enfants au foyer. Neil, Gitsels et Thoburn (2019), dans un article de synthèse récent, constatent qu’entre 45 % et 65 % des enfants qui retournent chez leurs parents d’origine reviennent en placement dans les cinq ans. Pour ces enfants, qui connaissent de nouvelles négligences, de nouvelles maltraitances et un nouveau retrait, le préjudice s’alourdit. On comprend que les services publics de protection cherchent à éviter une telle issue.
Cet article vise à décrire l’intégration d’une intervention attentive au trauma dans un service de réunification fondé sur l’accompagnement social, à l’aide de deux études de cas illustratives. Dans les contextes de protection de l’enfance, le trauma, à quelque génération que ce soit, peut naître de nombreux facteurs. Certains sont structurels (par exemple, l’absence d’emploi, les difficultés de logement), si bien que le parent subit de fortes pressions extérieures qui absorbent ses ressources au point d’entraîner la négligence ou la maltraitance de l’enfant. En outre, beaucoup de parents présentent des vulnérabilités sur le plan émotionnel, mental et physique, y compris un usage problématique de substances, du fait d’une exposition chronique au trauma dans les relations intimes et de relations d’attachement gravement perturbées dans la petite enfance (Thompson, 2018). Cela aggrave les effets du désavantage structurel. On sait que les parents des Premières Nations ou d’origine aborigène courent un risque particulier, en raison de l’histoire de la colonisation ou des politiques de retrait forcé. Nous reconnaissons aussi le lien important entre le fait, pour un parent, d’avoir été placé et la probabilité que ses propres enfants fassent l’objet d’un signalement ou d’un placement (Wall-Wieler et al., 2018).
Thompson (2018), à propos du trauma vécu dans la petite enfance, l’enfance et l’âge adulte, établit qu’un stress traumatique non résolu chez un parent contribue puissamment non seulement aux difficultés parentales, mais aussi à un faible engagement auprès des services publics. Elle soutient qu’à moins de résoudre le stress traumatique issu d’une traumatisation interpersonnelle chronique et précoce, ainsi que les difficultés qui en découlent à nouer des relations intimes confiantes et ouvertes, les efforts de réunification seront compromis.
L’approche conceptuelle qui fonde l’intégration de soins attentifs au trauma dans l’accompagnement social traditionnel a été décrite par Amos, Furber et Segal (2011), Amos (2017) et Amos, Segal et Cantor (2015), et intégrée à un cadre thérapeutique adopté par le service de réunification. Ces travaux ont fait la synthèse des résultats de la recherche sur l’attachement dans les familles à haut risque (Lyons-Ruth & Jacobitz, 1999 ; Lyons-Ruth, Yellin, Melnick, & Atwood, 2005 ; Liotti, 2011 ; Liotti & Gilbert, 2011), de la dissociation structurelle de la personnalité (Van der Hart, Nijenhuis, & Stell, 2006), d’une compréhension en termes de systèmes sociaux des adaptations des mammifères aux environnements pauvres en ressources et traumatisants (Kortmulder & Robbers, 2005), ainsi que de notions issues des théories psychodynamiques et des théories de l’apprentissage.
Le modèle pose que des niveaux élevés de peur et de honte impossibles à résoudre sont au cœur de la transmission intergénérationnelle de la négligence et de la maltraitance. La peur et la honte que le parent a connues dans sa petite enfance sont réactivées par la parentalité, ce qui perturbe la communication émotionnelle entre le parent et son nourrisson (Lyons-Ruth, Yellin, Melnick, & Atwood, 2005). La maltraitance aiguë et épisodique de l’enfant par son parent est comprise comme une tentative du parent pour stabiliser la réactivation de la peur et de la honte que suscite la présence de son nourrisson ou de son enfant (Amos, Furber, & Segal, 2011). Les luttes de pouvoir chroniques dans ces relations parent-enfant sont comprises comme des tentatives d’utiliser des dynamiques relationnelles compétitives pour établir un équilibre tendu, de faible intensité, qui assure paradoxalement une stabilité au prix du lien émotionnel (Amos, Segal, & Cantor, 2015).
Ce modèle a servi à dégager les objectifs de toute intervention efficace pour rompre les cycles de transmission intergénérationnelle de la maltraitance envers les enfants. Il s’agit d’identifier et d’élaborer les émotions liées au trauma, y compris une peur et une honte écrasantes, de rompre la dépendance aux dynamiques relationnelles compétitives, de soutenir la coopération et d’aider le parent à se différencier de son enfant, pour que l’enfant soit vu comme un individu distinct, avec sa propre identité et sa propre capacité d’agir (Amos & Segal 2018).
Le service de réunification dont il est question ici est assuré par un grand organisme non gouvernemental, Centacare Catholic Family Services, à Adélaïde, en Australie. Il associe un soutien concret face au désavantage structurel à des interventions thérapeutiques ciblées sur les origines traumatiques d’une parentalité moins qu’optimale. L’équipe comprend une personne à temps plein à la direction et à la pratique senior, sept équivalents temps plein (ETP) d’intervention en réunification et 0,3 ETP de pédopsychiatrie, dans un rôle de thérapie spécialisée. Le programme est financé par le service public de protection de l’enfance de l’État pour apporter un soutien intensif aux familles dont les enfants ont été retirés par l’autorité publique et placés.
Les enfants suivis par le service font généralement l’objet d’ordonnances judiciaires ou d’accords de courte durée, de trois à douze mois, mais l’équipe intervient aussi auprès de jeunes faisant l’objet d’ordonnances de longue durée, parfois placés depuis de nombreuses années. Le but général de ces services est d’aider les familles à traiter les problèmes qui ont conduit au retrait de l’enfant, des enfants ou des adolescents, afin de permettre leur retour en toute sécurité dans la famille d’origine, sans contrôle des autorités.
En 2019-2021, période sur laquelle porte ce compte rendu, le service de réunification proposait des interventions à domicile, sur la base du volontariat, d’une durée maximale de douze mois. Les familles recevaient jusqu’à onze heures de service par semaine (toutes tâches d’accompagnement comprises). Selon les contrats de réunification familiale, étaient éligibles les familles dont les enfants étaient sous la garde ou la tutelle de l’autorité publique et dont le projet était la réunification ou la restauration dans la famille d’origine. En 2019-2020, le service a travaillé avec 72 familles, et l’année suivante avec 55.
Dans cet article, nous montrons comment l’une des composantes de l’intervention thérapeutique, l’Adult Exploration of Attachment Interview (AEAI ; Chambers, 2012), a aidé à traiter le trauma qui sous-tendait une parentalité compromise, désignée par le service public comme un obstacle à la réunification.
L’AEAI a été conçu par Chambers (2012) pour traiter, en thérapie familiale, les influences indésirables de la famille d’origine chez les parents, en les aidant à dépasser des schémas relationnels répétitifs et inutiles dans leurs relations intimes, comme la relation parent-enfant. En s’appuyant sur la théorie de l’attachement, Chambers constate que des épisodes d’intense activation émotionnelle déroutent souvent les adultes et entravent leur capacité à être le parent que l’on souhaite être. Ces réactions viendraient de la répétition douloureuse de procédures relationnelles encodées implicitement, issues des relations traumatisantes de la petite enfance du parent, et qui contiennent des informations sur ce que parents et enfants peuvent attendre les uns des autres, transmises inconsciemment de génération en génération.
L’AEAI est l’une des parties d’une intervention semi-manualisée en quatre étapes, la Parallel Parent and Child Therapy (P-PACT, thérapie parallèle parent-enfant) (Chambers, Amos, Allison, & Roeger, 2006 ; Amos, Beal, & Furber ; 2007). La P-PACT est utilisée dans des services de santé mentale de l’enfant et de l’adolescent et en pratique libérale en Australie et en Nouvelle-Zélande. Des recherches soutiennent son utilisation dans des familles où la prise en charge et la protection des enfants sont compromises, mais où les enfants restent confiés à leur famille (Furber, Amos, Segal, & Kasprzak, 2013).
Le service de réunification a repéré l’AEAI comme un processus structuré qui pouvait aider les équipes à explorer avec les parents la manière dont les expériences de trauma vécues dans leurs premières relations d’attachement influent sur leur parentalité. Cela élargit l’usage de l’AEAI, puisque, dans cette cohorte, le retrait des enfants a été motivé par des inquiétudes graves pour leur sécurité, liées, selon notre hypothèse, au trauma que les parents ont vécu dans leur petite enfance.
Au départ, l’AEAI était conduit par la personne thérapeute spécialisée. Sur une période de trois ans, les personnes chargées de l’accompagnement thérapeutique ont pris le relais. Avant de conduire l’AEAI, chacune de ces personnes devait d’abord suivre le processus complet de l’AEAI avec un membre de l’équipe, à la fois comme participante et comme animatrice, sous la supervision directe de la personne thérapeute spécialisée référente. Cette étape suivait une période d’observation de la personne thérapeute référente pendant les séances avec les familles, ainsi qu’un apport de formation formelle pour comprendre le modèle théorique sous-jacent. L’AEAI est aujourd’hui proposé à la plupart des parents accueillis par le service de réunification. L’adhésion n’a cessé de progresser, plus de 50 % des parents acceptant désormais l’invitation à explorer leur AEAI.
Pendant l’AEAI, la personne chargée de l’accompagnement thérapeutique et le parent explorent en détail ce que le parent a appris sur les relations parent-enfant à partir de ses propres expériences de recherche de soins et de soins reçus (Chambers, 2012). D’abord, la personne chargée de l’accompagnement guide le parent dans la construction d’un génogramme. Bien que la personne accompagnée soit adulte, le génogramme met l’accent sur sa position d’enfant. Cela aide à tourner l’attention du parent vers ses propres expériences d’enfance, et permet au parent et à la personne qui l’accompagne d’identifier les personnes qui ont joué un rôle important de soin dans son enfance et son adolescence.
La deuxième étape consiste, pour la personne chargée de l’accompagnement et la personne accompagnée, à construire une série de cartes du modèle interne opérant pour chaque figure de soin importante. Ce processus est guidé par deux questions : 1) Qu’as-tu appris de cette personne sur le fait d’être parent ? et 2) Qu’as-tu appris de cette personne sur le fait d’être enfant ? (Chambers, 2012). Les compétences clés de l’accompagnement consistent notamment à aider la personne à explorer les souvenirs, les récits et les intuitions viscérales liés à ses expériences d’enfance en matière de soins, et à dégager de ces récits d’expériences relationnelles des énoncés généraux sur le fait d’être parent ou d’être enfant. Un livret réunissant les cartes est ensuite réalisé, et un exemplaire est remis au parent.
Le rôle de la personne chargée de l’accompagnement thérapeutique est d’aider le parent à mettre en mots (ou à rendre explicite) ce qui, autrement, pourrait rester un processus caché ou implicite, et à élaborer un cadre conceptuel, une « carte », susceptible d’expliquer le lien entre ses propres expériences et ses interactions avec son enfant. Le récit fait souvent apparaître un mélange déroutant de schémas coopératifs et compétitifs d’interactions familiales à travers les générations.
Reconnaître ces schémas permet : a) de réduire la honte et l’autoaccusation en replaçant les difficultés parentales dans leur contexte ; b) de donner un récit cohérent et un sens nouveau à la situation ; et c) d’aider à distinguer quels aspects de l’identité et du comportement parentaux sont fonction des conditions précoces du parent et de son trauma relationnel. En outre, développer de l’empathie pour l’enfant d’autrefois permet aux parents de renforcer leur propre identité tout en augmentant leur capacité d’empathie envers leur ou leurs enfants. Ces effets répondent aux objectifs d’un traitement efficace, dérivés de la théorie, évoqués plus haut.
Grâce à ce processus, le parent prend conscience des aspects de son modèle parental qui correspondent à l’idéal parental visé, et de ceux qui s’en écartent. Le caractère automatique de ces expériences encodées implicitement fait qu’elles continuent souvent de s’immiscer dans la relation parent-enfant. Mais, avec le livret de cartes comme ressource, ces croyances peuvent être réexaminées dans les moments difficiles, pour comprendre comment le passé influe sur le système relationnel parent-enfant et soutenir la poursuite du travail vers le changement.
Cet article présente deux études de cas dans lesquelles le processus de l’AEAI a été utilisé avec des pères, dans le cadre du programme de réunification assuré par Centacare Catholic Family Services et financé par l’organisme de protection de l’enfance de l’État. L’autorisation éthique de publier les études de cas a été accordée par le comité d’éthique de la recherche humaine de l’université (numéro d’approbation : H-2017-230). Des pseudonymes sont utilisés, et les descriptions susceptibles de permettre une identification ont été modifiées pour protéger l’anonymat des personnes interrogées. Dans les deux cas, le chemin vers une réunification complète a été complexe. Ces illustrations ne détaillent pas l’ensemble de l’intervention d’accompagnement, mais examinent comment l’intégration de l’AEAI a soutenu le processus de réunification dans deux familles où le service public doutait de la viabilité d’une réunification. Dans chaque cas, les personnes participantes ont décrit le processus comme extrêmement difficile sur le plan émotionnel. Cela s’est traduit par des séances manquées et par des difficultés intermittentes d’engagement émotionnel dans le processus de l’AEAI. Tous deux ont pu mener le processus à son terme grâce au soutien et aux encouragements des personnes qui les accompagnaient.
Lorsque Gary s’est engagé auprès du service de réunification, il élevait seul son enfant. Son nourrisson avait été retiré dès la naissance à Gary et à la personne avec qui il vivait en couple, après avoir présenté des symptômes de sevrage, l’enfant étant né exposé à des substances illicites. Le nourrisson avait six mois lorsque Gary a été orienté vers le service de réunification, et la réunification a eu lieu quand l’enfant avait seize mois.
Dans sa petite enfance, Gary avait été élevé par son père, qui avait un handicap. Au début de l’adolescence, Gary a rejeté son père et est retourné vivre chez sa mère et son beau-père. Il a été initié aux drogues et est devenu victime d’exploitation sexuelle. Sa mère et son beau-père ont permis ces abus en échange de drogues illicites à moindre prix. Gary a commencé à consommer régulièrement dès l’âge de 14 ans, ce qui a entraîné une longue période de consommation chronique et une activité délictueuse associée. Gary avait trois enfants et a commencé un traitement après le retrait, dès la naissance, de son troisième enfant (le nourrisson dont il est question). Il était abstinent depuis quatre mois lorsque le service public de protection de l’enfance a sérieusement envisagé la réunification. Gary n’avait pas pu obtenir le retour de ses deux aînés en raison d’une consommation persistante.
Gary était d’abord réticent à s’engager dans l’AEAI. Il avait travaillé avec plusieurs thérapeutes au cours de la décennie précédente et ne voulait pas revenir sur les souvenirs douloureux de ses relations avec ses parents, ni sur les décisions qu’il avait prises en matière de comportements délictueux. Un incident traumatique a failli précipiter une rechute dans la drogue et la fin des efforts de réunification, ce qui a motivé Gary à participer à l’AEAI. Son engagement était conditionné au fait que la personne thérapeute spécialisée et la personne chargée de l’accompagnement thérapeutique structurent l’AEAI de manière à lui permettre de se centrer sur les bons souvenirs plutôt que sur les souvenirs difficiles.
L’AEAI s’est d’abord centré sur le père biologique de Gary et s’est déroulé en trois séances. Les thérapeutes ont recueilli trois pages d’énoncés positifs sur le fait d’être enfant et d’être parent. Ils sont résumés dans le tableau 1. Gary a évoqué de nombreuses activités positives que les parents partagent avec leurs enfants, par exemple faire du vélo, lire, les jeux d’imagination, les événements de quartier, la construction de volières.
Tableau 1 — Énoncés positifs sur la parentalité formulés par Gary au cours de l’AEAI, centrés sur son père
Colonne de gauche : « Qu’as-tu appris de ton père sur le fait d’être parent ? Petite enfance » ; colonne de droite : « Qu’as-tu appris de ton père sur le fait d’être enfant ? Petite enfance ».
Il est apparu clairement qu’à l’adolescence Gary avait connu une rupture complète de sa relation avec son père, précipitée par un harcèlement extrême à l’école, et aggravée par le handicap de son père et son incapacité à répondre aux besoins d’un adolescent complexe. C’est à ce moment-là qu’il avait renoué avec sa mère. L’AEAI a aidé Gary à réfléchir à cette expérience et à trouver d’autres récits pour expliquer la rupture de sa relation avec son père (résumés dans le tableau 2).
Tableau 2 — Récits alternatifs formulés par Gary au cours de l’AEAI, explorant la rupture de sa relation avec son père
Colonne de gauche : « Qu’as-tu appris de ton père sur le fait d’être parent ? Adolescence » ; colonne de droite : « Qu’as-tu appris de ton père sur le fait d’être enfant ? Adolescence ».
Renouer avec sa mère avait marqué le début de l’addiction de Gary et de son trauma interpersonnel. Gary a eu du mal à trouver des énoncés positifs sur sa mère, et n’a pu en formuler que deux, tirés de sa petite enfance (résumés dans le tableau 3). Il est resté réticent à explorer d’autres aspects de leur relation.
Tableau 3 — Énoncés positifs sur la parentalité formulés par Gary au cours de l’AEAI, centrés sur sa mère
Colonne de gauche : « Qu’as-tu appris de ta mère sur le fait d’être parent ? » ; colonne de droite : « Qu’as-tu appris de ta mère sur le fait d’être enfant ? ».
Vers la fin du processus, Gary a commencé à se montrer protecteur envers sa mère. Cette évolution nouvelle a été interprétée comme le début d’une compréhension des vulnérabilités qui peuvent conduire à une parentalité défaillante, chez sa mère comme chez lui. Gary a pu ressentir une certaine empathie pour lui-même et pour son échec à s’occuper de ses enfants, dont deux avaient été placés en famille d’accueil à long terme.
Ce n’est qu’alors que Gary a pu voir comment sa parentalité touchait ses enfants. Après avoir fait ce lien, Gary a pu se rappeler un moment où il n’avait pas su apporter à son fils, en détresse, le soutien émotionnel dont celui-ci avait besoin, et combien son fils avait dû se sentir complètement seul à ce moment-là. Faire le parallèle entre ce que son fils avait ressenti et ce qu’il avait lui-même ressenti avec sa mère biologique a été pour Gary un moment émotionnellement dévastateur, mais décisif. La conscience de sa propre solitude, durable et douloureuse, s’est lentement traduite chez Gary par une plus grande disponibilité émotionnelle et un engagement actif auprès de son fils et de ses besoins.
Gary a aussi identifié une amie de sa mère qui avait été pour lui une source de soutien importante. Gary a raconté comment elle l’avait « adopté » quand il avait 12 ans et elle 24, et comment ils étaient restés très amis. Gary a formulé plusieurs énoncés positifs sur cette relation (résumés dans le tableau 4). Cet aspect de l’AEAI a continué de consolider la compréhension, par Gary, des modèles positifs sur lesquels il pouvait s’appuyer pour sa parentalité. Le Circle of Security-Parent (COS-P, Cercle de sécurité parental) a aussi été mené à terme pour ancrer ces modèles comme ceux qui guideraient sa parentalité future.
Tableau 4 — Énoncés positifs sur la parentalité formulés par Gary au cours de l’AEAI, centrés sur l’amie de sa mère
Colonne de gauche : « Qu’as-tu appris de l’amie de ta mère sur le fait d’être parent ? » ; colonne de droite : « Qu’as-tu appris de l’amie de ta mère sur le fait d’être enfant ? ».
Lorsqu’il a enfin retrouvé son fils de 16 mois, celui-ci a rapidement montré une nette préférence pour Gary par rapport à la mère d’accueil qui s’occupait de lui depuis son retrait à la naissance. À la crèche, quand Gary et la mère d’accueil étaient tous deux présents, l’enfant se tournait vers son père biologique comme figure d’attachement principale. Cela a montré à Gary que les attachements pouvaient être réparés, et que des attachements sains peuvent continuer de se former avec plusieurs figures d’attachement tout au long du développement. Gary et la mère d’accueil sont restés en contact, et elle a intégré le réseau familial élargi de l’enfant. Avec le temps, les contacts avec la mère d’accueil se sont espacés, sans cesser complètement.
Peter, qui élevait seul ses enfants, traversait le processus de réunification avec ses deux jeunes enfants (âgés de deux et trois ans). Le motif principal du retrait des enfants était la violence conjugale grave exercée par Peter contre son épouse, mère de ses enfants, pour laquelle il avait été incarcéré. D’autres inquiétudes concernaient les troubles psychiques de Peter, sa colère, une tendance au contrôle coercitif dans ses relations intimes, un usage problématique de drogues et d’alcool, ainsi que la négligence physique et médicale de ses enfants. Au moment de son orientation vers le service de réunification, Peter était sans domicile, alternant nuits à la rue et hébergements de fortune chez des connaissances. Grâce au soutien coordonné de plusieurs services, Peter a obtenu un logement jugé adapté pour qu’il y vive avec deux de ses enfants. Au moment de la réunification complète, les enfants de Peter étaient séparés de lui depuis 23 mois.
Les enfants de Peter avaient subi un trauma important, aggravé par de fréquents changements de lieu de placement après leur entrée dans le dispositif. Ils avaient d’abord été confiés à leur grand-mère maternelle mais, après l’échec de ce placement, l’un des enfants a été placé dans une famille d’accueil spécialisée et l’autre chez un autre membre de la famille. Les enfants présentaient des troubles du comportement, notamment des crises de colère, des conduites d’accumulation de nourriture, un retrait émotionnel et de la dissociation.
Au départ, Peter avait une compréhension limitée de la manière dont son comportement violent avait touché ses enfants. Il avait déjà suivi une thérapie visant à résoudre ses problèmes de drogue et d’alcool, de violence conjugale et de colère. Un rapport psychologique s’inquiétait pourtant encore de ce que Peter n’avait aucune capacité d’empathie, minimisant ce que ses enfants avaient vécu de sa violence et rejetant sur d’autres la responsabilité de son comportement. Par exemple, un jour, Peter avait brisé toutes les fenêtres de la maison familiale alors que les enfants étaient à l’intérieur. Il était incapable de voir l’effet sur les enfants, car son intention consciente était d’intimider leur mère. Le rapport d’évaluation concluait que, sans développer une capacité d’empathie, Peter ne serait pas en mesure de comprendre les besoins de ses enfants ni d’y répondre.
L’AEAI a servi à explorer et à renforcer la capacité d’empathie de Peter, en s’appuyant sur des exemples tirés de sa propre enfance. Lorsque Peter a pu voir l’effet du comportement de son père sur l’enfant qu’il était, en se replaçant dans la peau d’un enfant, il a pu voir l’effet de son comportement d’adulte sur ses enfants (tableau 5).
Tableau 5 — Énoncés sur la parentalité formulés par Peter au cours de l’AEAI, centrés sur son père
Colonne de gauche : « Qu’as-tu appris de ton père sur le fait d’être père ? » ; colonne de droite : « Qu’as-tu appris de ton père sur le fait d’être enfant ? ».
Peter a compris que le sens qu’il avait donné à la violence de son père envers lui était que l’enfant qu’il était se montrait si puissant, si mauvais, si destructeur et si malfaisant que son père devait recourir à la violence pour le contrôler. Peter a aussi pu identifier l’interaction au cours de laquelle il avait lui-même recouru pour la première fois à l’agressivité et à la violence (tableau 6).
Tableau 6 — Énoncés sur la parentalité formulés par Peter au cours de l’AEAI, centrés sur son beau-père
Colonne de gauche : « Qu’as-tu appris de ton beau-père sur le fait d’être père ? » ; colonne de droite : « Qu’as-tu appris de ton beau-père sur le fait d’être enfant ? ».
Au fil de l’AEAI, les thérapeutes ont observé des changements dans le langage et le ton de Peter : alors qu’auparavant il discutait, contestait ou contredisait la personne qui l’accompagnait, en particulier sur des sujets comme la violence conjugale et la gestion de la colère, Peter a commencé à collaborer avec elle. Peter a décrit le processus de l’AEAI comme « éprouvant » et « confrontant », mais a dit qu’il en avait « beaucoup retiré » et qu’il le recommanderait à d’autres.
Le but principal de l’AEAI est d’aider les parents à comprendre comment les traumas vécus dans les premières relations avec leurs figures de soin influent aujourd’hui sur leurs relations parentales avec leurs propres enfants. Par un processus d’autoréflexion accompagnée, plutôt que par un processus centré sur la culpabilité et la honte, la participation à l’AEAI a aidé les parents décrits ici à formuler ce qui, autrement, serait peut-être resté caché.
La thérapie a aidé les deux parents à prendre conscience des aspects de leurs modèles internes opérants de la parentalité qui étaient aidants et de ceux qui ne l’étaient pas. Par exemple, Gary a pu s’appuyer sur les énoncés positifs concernant sa relation avec son propre père et recadrer la rupture de cette relation. Gary dira plus tard que c’était la première fois qu’on l’aidait à explorer les aspects positifs de ses premières années. Il a aussi pu identifier et comprendre les vulnérabilités qui avaient conduit à la parentalité défaillante de sa mère, et qu’il reproduisait dans sa propre parentalité. Cela a favorisé des sentiments de compréhension et de pardon envers sa mère et, par extension, envers lui-même. Mettre au jour ce modèle interne opérant plus positif a permis à Gary d’accéder au modèle interne opérant de la relation plus fonctionnelle avec son père, qui serait le socle pour devenir le père qu’il voulait être pour son nourrisson. À mesure qu’il avançait dans l’AEAI, Gary a pu s’appuyer de façon plus automatique sur les modèles parentaux positifs qu’il avait identifiés, mais que ses souvenirs de trauma avaient jusque-là masqués.
Pour Peter, comprendre l’effet de la violence de son père et de son beau-père sur l’enfant qu’il avait été l’a aidé à voir que l’un de ses enfants avait peut-être compris la violence familiale de Peter comme nécessaire pour contrôler sa « méchanceté » intrinsèque, exactement comme Peter l’avait fait. Bien que cette prise de conscience ait placé Peter face au fait dévastateur qu’il avait fait du mal à ses propres enfants et prolongé le cycle traumatique qu’il avait voulu éviter, il a pu l’utiliser de manière constructive dans ses interactions avec son fils. Cela a amorcé un processus de pardon envers lui-même, semblable à celui qu’a connu Gary.
De fait, l’une des clés du progrès pour ces deux pères a été de développer de l’« empathie » envers eux-mêmes par un processus de prise de conscience. En réfléchissant à la manière dont les comportements de leurs parents les avaient affectés enfants, et en en prenant conscience, les deux pères ont pu voir comment ces expériences avaient influencé leurs propres pratiques parentales et quels effets celles-ci avaient eus sur leurs enfants. Ainsi, en amorçant un processus de pardon, ils ont pu progresser vers des pratiques parentales plus nourricières et plus positives, et commencer à réparer leurs relations avec leurs enfants.
Deux processus ont soutenu l’introduction réussie de l’AEAI dans le programme : l’obligation, pour les personnes chargées de l’accompagnement thérapeutique, de faire l’expérience de l’AEAI à la fois comme participantes et comme animatrices, et l’accès à une supervision clinique régulière. Ces exigences de formation et de supervision ont soutenu le développement des compétences aux premiers stades de la conduite de l’AEAI, et réduit le risque que les propres vulnérabilités et stratégies de protection (connues ou cachées) de ces personnes influent sur le processus thérapeutique. Les personnes chargées de l’accompagnement thérapeutique ont indiqué que cela leur avait fourni un étayage et la confiance nécessaire pour engager les parents dans des conversations parfois difficiles et chargées d’émotion, qui favorisent une réflexion plus « profonde ».
L’AEAI a été une part importante de l’intervention thérapeutique, proposée au sein d’un programme de travail plus large. La manière dont l’AEAI a été mis en œuvre différait des approches thérapeutiques traditionnelles. Thérapie et accompagnement social ont été combinés pour créer un processus d’accompagnement thérapeutique de la réunification, qui équilibrait la composante thérapeutique des séances et le soutien aux autres besoins du quotidien, y compris les questions de gestion de la vie et du foyer et les stratégies parentales concrètes. Accorder une importance égale aux besoins thérapeutiques des parents et à leurs besoins concrets, dans la « sécurité » de leur propre foyer, a aidé à intégrer les prises de conscience thérapeutiques dans la vie quotidienne. Les tâches concrètes offraient aussi des défis imprévus, sur le moment, qui étaient intégrés au travail thérapeutique. Cette approche permettait aux personnes chargées de l’accompagnement thérapeutique de mettre en lumière les forces et les difficultés du parent, en offrant des occasions immédiates de retour positif et d’élaboration de récits alternatifs en temps réel. Inscrire la thérapie dans les tâches quotidiennes donnait aux parents une part de « contrôle » et un sentiment d’« égalité », et semblait constituer une expérience moins confrontante et plus supportable que des interventions thérapeutiques plus « traditionnelles », au cabinet.
Ces études de cas, et l’expérience de l’intégration de l’AEAI dans un service où la thérapie serait normalement externalisée, incitent à penser qu’avec une formation solide et une supervision continue, des interventions thérapeutiques structurées comme l’AEAI peuvent être intégrées sans risque et avec succès dans des services non cliniques. Nous recommandons que les services de soutien aux familles hors du champ de la santé mentale intègrent à leurs programmes des interventions attentives au trauma comme l’AEAI. Cela élargirait l’accès à des traitements attentifs au trauma pour des familles très vulnérables et traumatisées.
Évaluer des interventions de cette nature est difficile. Lorsque les interventions sont individualisées et adaptées aux besoins complexes de chaque famille, il est difficile d’isoler les éléments ou les facteurs liés aux résultats (Malvaso & Delfabbro, 2020). Comme le soulignent Fraser et al. (1996), il est aussi difficile d’établir si la réussite d’un dossier tient à des intentions préexistantes ou à une disposition à la réunification plutôt qu’à la nature de l’intervention proposée. Cependant, comme le soutiennent Malvaso et Delfabbro (2020), il importe de rendre compte du fait que des programmes peuvent réussir indépendamment du caractère sélectif des échantillons de réunification.
Ces comptes rendus de cas, bien qu’encourageants, sont anecdotiques, et une évaluation plus rigoureuse est nécessaire. D’autres recherches sont prévues. Il s’agira notamment de recontacter des parents qui ont travaillé avec ce service de réunification pour connaître la durée de maintien des retours au foyer et comprendre, de leur point de vue, quelles interventions leur ont été les plus utiles. En outre, ces résultats seront mis en regard des interventions proposées, pour examiner si la stabilité de la réunification peut être liée à l’AEAI ou à une combinaison particulière d’interventions. Comme le nombre de parents qui s’engagent dans l’AEAI a augmenté, la North Carolina Family Assessment Scale (Kirk, Kim, & Griffith, 2005) est en cours d’intégration dans la mesure systématique des résultats, pour commencer à produire des données empiriques.
Bien qu’il ne soit pas possible de généraliser à toutes les familles pour lesquelles une réunification est envisagée, les approches thérapeutiques présentées dans cet article indiquent que se centrer sur le trauma intergénérationnel peut aider les parents à recadrer les relations parent-enfant, d’une manière qui entraîne des changements observables dans la parentalité et peut faciliter la réussite de la réunification. Au moment de la rédaction de cet article, à notre connaissance, les enfants vivaient toujours dans leur famille.
Complexe Systémique : à retenir
L’article a le mérite de montrer un geste clinique précis au lieu de le décrire de loin : demander à un parent ce que son enfance lui a appris sur le fait d’être parent et d’être enfant, puis lui rendre ces « leçons » sous forme de livret. On reconnaît le génogramme et la lecture transgénérationnelle chers à la thérapie familiale, mais déplacés dans un contexte de protection de l’enfance, au domicile, par les personnes qui accompagnent déjà la famille au quotidien. Le pari est de passer de la faute au deuil : tant que la honte domine, la réflexion se ferme. Les vignettes de Gary et de Peter sont fortes, mais ce sont deux cas choisis, décrits par l’équipe qui a conduit l’intervention, sans mesure de résultats ni suivi au-delà de la rédaction. Une lecture systémique regrettera aussi l’absence des autres voix : les mères, la mère d’accueil, les enfants eux-mêmes, et la question de la sécurité dans le cas de violences conjugales. Reste une piste utile : former et superviser les équipes non cliniques plutôt que d’externaliser la thérapie. À lire avec l’article sur le recadrage relationnel en thérapie familiale basée sur l’attachement, et avec l’article sur la transcendance transgénérationnelle.
Notes de l’original
Remerciements. Publication en libre accès permise par l’University of South Australia, dans le cadre de l’accord entre Wiley et l’University of South Australia, via le Council of Australian University Librarians.
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Traduction non officielle en français de Utiliser l’entretien d’exploration de l’attachement adulte (AEAI) pour rompre le cycle du trauma intergénérationnel : illustrations tirées d’un programme de réunification familiale, par Jackie Amos, Bryan Todd, Bryony Gibson, Samuel Carpenter, Catia G. Malvaso et Paul H. Delfabbro, Australian and New Zealand Journal of Family Therapy, vol. 43, no 2 (2022), doi : 10.1002/anzf.1490, sous licence CC BY 4.0. Traduction et mise en page : Complexe Systémique, septembre 2026 — l’œuvre a été modifiée au sens de la licence (tableaux présentés en listes). Ni les auteurs ni l’éditeur ne répondent de cette traduction ; la version originale fait foi.
Traduction française non officielle de « Using the Adult Exploration of Attachment Interview (AEAI) to Break the Cycle of Intergenerational Trauma: Illustrations from a Family Reunification Program », publié dans Australian and New Zealand Journal of Family Therapy (2022) sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique, elle n’émane ni des auteurs ni de l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ; la version originale fait foi.
Lire l’article originalComment citer cet article
Amos, J., Todd, B., Gibson, B., Carpenter, S., Malvaso, C. G., et Delfabbro, P. H. (2022). Utiliser l’entretien d’exploration de l’attachement adulte (AEAI) pour rompre le cycle du trauma intergénérationnel : illustrations tirées d’un programme de réunification familiale (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/utiliser-l-entretien-d-exploration-de-l-attachement-adulte-aeai-pour-rompre-le-cycle (Œuvre originale publiée en 2022 dans Australian and New Zealand Journal of Family Therapy, 43(2), 168-181 (2022) ; republiée en 2022 par Australian and New Zealand Journal of Family Therapy, https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/anzf.1490)
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