Journal of Marital and Family Therapy · Thérapie familiale

La thérapie relationnelle dans la réinsertion après l’incarcération : une revue exploratoire

Aux États-Unis, 600 000 personnes sortent de prison chaque année, et beaucoup retrouvent une famille. Que dit la littérature de la thérapie relationnelle dans ce retour ? L’équipe d’Eman Tadros a passé au crible dix ans de publications : 19 articles retenus, presque aucun modèle de thérapie familiale mis à l’épreuve, et pas un seul travail sur les couples.

Auteurs Eman Tadros (université de Syracuse, New York), Thita Lamsam (université Northwestern, Evanston, Illinois) et Chandni Anandha Krishnan (université du Wisconsin à Madison), États-UnisPremière publication Journal of Marital and Family Therapy, 21 août 2026Traduction Complexe Systémique, traduction non officielle

Traduction française non officielle. Cet article est la traduction de La thérapie relationnelle dans la réinsertion après l’incarcération : une revue exploratoire, par Eman Tadros, Thita Lamsam et Chandni Anandha Krishnan, publié dans Journal of Marital and Family Therapy (Wiley) (2026), doi : 10.1111/jmft.70167, sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par le Complexe Systémique en septembre 2026 : le texte original a été traduit en français et remis en page, ce qui constitue une modification de l’œuvre au sens de la licence. La figure reste en anglais, avec une légende traduite. Cette traduction n’a été effectuée ni par les auteurs ni par l’éditeur, qui ne répondent ni de son contenu ni d’éventuelles erreurs. La version originale fait foi.

La réinsertion ne commence pas au moment de la libération, mais constitue un processus qu’il faut cultiver avant qu’elle ait lieu.

Eman Tadros, Thita Lamsam et Chandni Anandha Krishnan

Résumé

On estime à 600 000 le nombre de personnes qui, chaque année, rentrent chez elles après une incarcération et affrontent des difficultés importantes qui entravent leur retour et leur réinsertion dans la société. Une revue exploratoire a été menée sur la manière dont la thérapie relationnelle est abordée dans la littérature consacrée à l’après-incarcération. Selon la méthode PRISMA (Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analysis), 19 articles sur 304 ont satisfait aux critères d’inclusion pour un examen complet. Nos résultats soulignent le peu de données empiriques sur les interventions de thérapie relationnelle après l’incarcération. La revue met aussi en évidence le manque de modèles ou d’interventions thérapeutiques fondés sur des données probantes que les thérapeutes de couple et de famille pourraient utiliser avec ce public. L’article éclaire cette question et appelle à davantage de recherche sur une thérapie relationnelle tournée vers les personnes sorties de prison aux États-Unis.

1. Introduction

Alors que les États-Unis ne représentent que 5 % de la population mondiale, ils comptent 25 % de la population incarcérée dans le monde (Kirk et Wakefield 2018). Chaque année, environ 600 000 personnes sortent de prison, et beaucoup d’entre elles cherchent à retrouver leur famille (Carson et Golinelli 2013). Ce processus de retrouvailles est cependant souvent compliqué par des facteurs de stress internes et externes. Les personnes anciennement incarcérées font couramment face à la stigmatisation liée à leur casier judiciaire (Tadros et al. 2025) et à la pression de leur partenaire pour contribuer financièrement dès leur libération (Cooper-Sadlo et al. 2019 ; Yocum et Nath 2011). Ces difficultés peuvent aggraver des vulnérabilités de santé mentale préexistantes et entraîner une baisse de la satisfaction relationnelle, davantage de conflits conjugaux et une hausse des divorces (Few-Demo et Arditti 2014).

2. Le rôle de la thérapie familiale relationnelle

La thérapie familiale systémique, ou relationnelle, fait de la qualité des relations interpersonnelles une composante centrale de la santé psychique (Varghese et al. 2020). À la différence des modèles thérapeutiques traditionnels centrés sur l’individu, qui privilégient l’autonomie individuelle, la thérapie relationnelle met l’accent sur la réciprocité, l’empathie et le lien, fondements de la régulation émotionnelle et de la résilience (Hammer 2012). Ces compétences relationnelles sont essentielles pour gérer le stress et prévenir des troubles de santé mentale comme la dépression et l’anxiété. La thérapie relationnelle est particulièrement cruciale pour les familles touchées par l’incarcération (Negash et al. 2026 ; Tadros et al. 2019 ; Umamaheswar et al. 2025).

Des difficultés comme des attentes déçues, des ruptures de communication et une distance émotionnelle découlent souvent d’un manque de compréhension mutuelle au sein du système familial. Il a été montré que la thérapie familiale restaure des relations parent-enfant abîmées, améliore le comportement des jeunes et réduit les symptômes des troubles liés à l’usage de substances (Wesselmann et al. 2018). Malgré ces bénéfices, l’accès des personnes anciennement incarcérées à la thérapie familiale reste limité. L’incarcération, bien que souvent présentée comme réhabilitante, perturbe fréquemment les liens familiaux et inflige un traumatisme psychologique aux enfants et aux partenaires (Liu et al. 2026). Sans soutien adéquat, la réinsertion dans la famille peut être accablante, en particulier en l’absence d’interventions thérapeutiques (Umamaheswar et al. 2025). Élargir l’accès à la thérapie familiale relationnelle et la déstigmatiser est essentiel pour favoriser des retrouvailles saines et promouvoir la stabilité familiale à long terme (Tadros 2024).

2.1 Obstacles et besoin de soutien

Des études montrent que les hommes ont des possibilités de revenu limitées pendant l’incarcération et peinent à obtenir un emploi et un salaire équitable après leur libération (Beckett et Goldberg 2022 ; Massoglia et Remster 2019). Ces problèmes entraînent des difficultés financières et une baisse de l’estime de soi liée à l’incapacité de subvenir aux besoins de leur famille (Turney 2015). Les partenaires d’hommes incarcérés assument des responsabilités supplémentaires, ce qui entraîne des tensions financières et un stress relationnel (Bruns et Lee 2020 ; Tadros et Presley 2024). Les femmes dont le partenaire est incarcéré sont plus susceptibles de cumuler plusieurs emplois que des femmes placées dans une situation par ailleurs comparable (Bruns 2019). Ces facteurs de stress accroissent encore les difficultés que rencontrent les personnes après l’incarcération. Des compétences de communication soutenantes sont associées à des relations plus solides et plus heureuses, du moins du point de vue de femmes hétérosexuelles non incarcérées qui vivent l’incarcération de leur partenaire intime, et des relations intimes saines au sein de la population incarcérée pourraient être un mécanisme de résilience susceptible de favoriser une adaptation saine après la prison (Durante et al. 2023).

Les enfants dont un parent est incarcéré sont particulièrement touchés par ces perturbations. Le processus de réinsertion exige de s’adapter à un rôle parental nouveau ou modifié, ce qui peut nuire au développement émotionnel et social de l’enfant. Ces enfants sont plus exposés aux problèmes de comportement, à l’isolement social et à de moindres résultats scolaires (Cochran et al. 2018). En outre, la capacité des parents à offrir une présence stable et émotionnellement disponible est déterminante pour réduire le cycle intergénérationnel de l’incarcération. Étant donné que le risque, pour les enfants, de connaître l’incarcération d’un parent est neuf fois plus élevé dans les familles noires, et trois fois plus dans les familles hispaniques, que dans les familles blanches, ces dynamiques nuisent de manière disproportionnée aux familles issues de minorités raciales et ethniques et contribuent à creuser les inégalités socio-économiques (Warren et al. 2019).

Le manque de thérapie relationnelle accessible aggrave ces difficultés et laisse les familles sans les outils nécessaires pour reconstruire la confiance et le lien. Les programmes de transition qui intègrent des soins de santé mentale et le traitement des addictions ont fait la preuve de leur efficacité, en ramenant le taux de récidive des femmes à 17 %, contre 50 % sans ces programmes (Edwards et al. 2022 ; Mejia et al. 2024). Les personnes qui ont suivi ces programmes ont aussi fait état d’un sentiment durable de lien social six mois après leur libération (Mejia et al. 2024), ce qui montre le rôle crucial du soutien relationnel dans une réinsertion réussie. La thérapie relationnelle est donc nettement sous-utilisée comme intervention de soutien aux personnes anciennement incarcérées et à leurs proches.

3. La présente étude

Il existe actuellement peu de littérature sur les effets de l’incarcération sur les personnes après leur libération, et en particulier sur la thérapie relationnelle (Greenwood 2016). C’est préoccupant, car l’incarcération peut avoir un effet négatif durable sur la personne incarcérée et sur son réseau de soutien, même des années après sa libération. Les soins de soutien, et en particulier les programmes de thérapie relationnelle, font défaut pour les personnes récemment sorties d’un établissement pénitentiaire (Tadros et al. 2021). De plus, les thérapeutes de couple et de famille (TCF) ne reçoivent souvent pas de formation sur ce sujet et connaissent donc mal les effets persistants de l’incarcération et son impact sur l’évolution des relations après la libération (Negash et al. 2026 ; Tadros et Owens 2021), ce qui rend difficile l’élaboration d’interventions efficaces et l’amélioration de la santé mentale et du bien-être en général. Par ailleurs, vu le nombre considérable de personnes libérées chaque année, les TCF ont de fortes chances de rencontrer des proches de personnes incarcérées. Des interventions systémiques axées sur la transition entre l’établissement pénitentiaire et la communauté, qui traitent aussi des problèmes relationnels plus larges et préexistants, sont essentielles pour éviter la récidive, signe d’une réinsertion réussie. Cette revue exploratoire examine la manière dont la thérapie relationnelle est abordée dans la littérature sur l’après-incarcération. Nous cherchons donc à répondre à la question suivante : comment la thérapie relationnelle est-elle abordée dans la littérature sur l’après-incarcération ?

4. Méthode

La recherche documentaire a suivi les procédures PRISMA (Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analyses) comme modèle du processus de revue exploratoire (Mak et Thomas 2022 ; Munn et al. 2018). Après avoir soigneusement pesé le choix entre une revue exploratoire et une revue systématique, nous avons opté pour une revue exploratoire en raison de la rareté des recherches explicitement relationnelles ou de thérapie familiale auprès de ce public. En outre, le choix méthodologique de cartographier l’ensemble de la littérature pertinente sur le plan relationnel concernant l’après-incarcération, plutôt que de synthétiser une intervention clinique définie, est cohérent avec une démarche exploratoire menée de façon systématique. Cette justification est donc bien plus conforme aux recommandations établies sur les revues exploratoires (Munn et al. 2018), particulièrement appropriées lorsque le but est d’identifier les types de données disponibles, de clarifier des concepts et de cartographier les lacunes dans des domaines émergents ou peu développés.

À l’instar d’une littérature de même sujet, une recherche documentaire électronique a été menée dans la base de données PsycINFO, selon la procédure d’autres articles qui ont utilisé une méthodologie systématique similaire et traité de sujets liés aux sciences de la famille (Kaur et al. 2019 ; Tadros et al. 2023 ; Tadros et Ogun 2026). En juillet 2024, nous avons rassemblé les études correspondant aux critères d’inclusion publiées entre 2014 et 2024. Les études étaient limitées aux articles universitaires évalués par les pairs (ni livres, ni magazines, ni thèses) et devaient être rédigées en anglais. Les termes de recherche utilisés étaient : Interventions OR techniques OR therapy, et post-incarceration OR post incarceration OR post-release OR post release OR formerly incarcerated. Nos termes de recherche initiaux incluaient des mots-clés relationnels et systémiques, mais la recherche préliminaire n’a donné que quatre articles dans la base PsycINFO, ce qui a confirmé la rareté attendue des études explicitement relationnelles dans ce domaine et a imposé d’évaluer la pertinence relationnelle et systémique aux étapes de l’examen des résumés et des textes intégraux. Pour cette raison, les termes relationnels et systémiques ont été volontairement retirés de la requête afin de ne pas restreindre excessivement les résultats. La recherche révisée a produit au total 304 articles. L’étape suivante aurait normalement été l’élimination des doublons ; toutefois, il n’y en avait aucun.

L’ensemble de l’équipe a examiné les résumés afin d’identifier les articles qui répondaient aux critères d’inclusion : traiter de la population sortie de prison et/ou de son système direct ou indirect, utiliser un modèle ou une grille de lecture théorique relationnelle ou systémique, et/ou traiter d’une intervention ou de techniques thérapeutiques relationnelles, et/ou aborder les effets de l’incarcération sur la santé mentale et le bien-être psychologique après la libération. Étant donné l’étendue de ces critères, il importe de préciser que cette amplitude était voulue, car la thérapie relationnelle fondée sur des données probantes pour ce public est nettement sous-représentée dans la littérature. Un cadre d’inclusion plus large était nécessaire pour cartographier fidèlement ce qui existe, documenter où se situe la lacune et repérer les fils relationnels présents dans les travaux voisins. En outre, les études portant sur des interventions commencées pendant l’incarcération ont été incluses lorsque leur objectif déclaré était de favoriser les résultats de la réinsertion après la libération, puisque le processus de réinsertion est compris comme commençant avant la libération.

Au total, 28 articles ont ainsi été retenus pour un examen du texte intégral. Après lecture des textes intégraux et vérification de leur conformité aux critères d’inclusion, 9 articles ont été exclus, ce qui a laissé 19 articles répondant aux critères. Les études retenues comprenaient des articles qualitatifs, quantitatifs et conceptuels ou théoriques. Trois membres de l’équipe ont évalué indépendamment le respect des critères d’inclusion, puis ont examiné et comparé leurs conclusions afin d’assurer la crédibilité de l’analyse. Les réunions de l’équipe de recherche ont été fréquentes et ont suivi les bonnes pratiques, la littérature recommandant d’encourager la réflexivité tout au long du processus de recherche afin de rester fidèle aux principes des revues exploratoires (Mak et Thomas 2022). La figure 1 résume le processus de recherche (Moher et al. 2009).

Diagramme de flux PRISMA : 304 références identifiées dans la base de données et aucune par d’autres sources, aucun doublon, 304 références examinées dont 276 exclues, 28 articles évalués en texte intégral dont 9 exclus avec motifs, 19 études incluses dans la synthèse qualitative, quantitative ou conceptuelle
Figure 1. Diagramme de flux PRISMA (schéma original en anglais)

5. Résultats

Les paragraphes qui suivent résument les articles qui étudient la population sortie de prison sous un angle relationnel. Il importe de souligner que la thérapie relationnelle, ou les interventions systémiques, n’étaient pas au centre de la majorité des articles. Si certains articles proposaient des interventions relationnelles, beaucoup ne le faisaient pas. Les trois membres de l’équipe ont examiné les 19 articles répondant aux critères d’inclusion, quelle que soit la place accordée au sujet d’intérêt, afin de donner une image fidèle de la littérature disponible. Ces articles sont organisés selon l’étape du processus incarcération-réinsertion (préparation à la réinsertion, transition et réintégration) que représente la population étudiée. Une section supplémentaire (contexte) regroupe les études qui examinent les systèmes relationnels entourant les personnes incarcérées (par exemple les enfants, les familles, les équipes cliniques), touchés par l’incarcération sans être eux-mêmes incarcérés. En outre, les articles examinés soulignent la même lacune en matière de thérapie relationnelle dans la réinsertion et de modalités thérapeutiques fondées sur des données probantes.

5.1 Préparation à la réinsertion

La section consacrée à la préparation à la réinsertion porte sur les interventions proposées aux personnes incarcérées pendant leur séjour en milieu pénitentiaire. Même si cela ne relève pas à proprement parler de l’après-incarcération, ces interventions préparatoires sont essentielles pour aider une personne à réussir sa réinsertion. Brubacher et al. (2023) ont mené une étude théorique sur l’importance du développement des compétences de communication chez les mères incarcérées, en particulier dans sa dimension verbale. L’étude montre comment une meilleure communication peut favoriser nombre des facteurs associés à la désistance, comme la stabilité de vie et la construction de récits de rédemption, qui rejoignent les théories de la désistance au niveau individuel et agentif comme au niveau social et structurel. L’équipe a proposé des interventions fondées sur la théorie des systèmes écologiques, qui utilisent une approche de l’ensemble du système avec une grille de lecture tenant compte du traumatisme, ce qui permet de regarder au-delà des besoins de surface et d’anticiper l’utilité de l’intervention dans de multiples contextes. Ces interventions peuvent avoir de larges bénéfices pour les mères, leurs enfants et d’autres relations proches, en réduisant la probabilité de récidive.

Armstrong et al. (2018) ont mené une revue systématique et une méta-analyse de l’efficacité des programmes de soutien à la parentalité mis en œuvre pendant l’incarcération. La revue systématique a synthétisé les recherches sur les interventions conçues pour aider les parents en détention à maintenir et à renforcer leurs relations avec leurs enfants pendant leur détention, tandis que la méta-analyse a évalué quantitativement l’impact de ces programmes d’une étude à l’autre. Dans l’ensemble, les résultats suggèrent que les programmes de soutien à la parentalité proposés en milieu pénitentiaire étaient associés à une amélioration des connaissances parentales, des attitudes parentales et de la qualité des relations parent-enfant. Certaines données indiquaient aussi que ces programmes soutenaient la confiance des parents dans leur rôle parental et renforçaient leur motivation à rester impliqués dans la vie de leurs enfants après la libération. Parce que ces interventions ont lieu pendant l’incarcération et visent à préparer les parents à retrouver leur famille, l’équipe a souligné l’importance d’intégrer des programmes structurés de soutien à la parentalité dans les systèmes pénitentiaires, comme étape préparatoire à une réintégration familiale réussie après la libération.

Considérées ensemble, les études de cette section partagent une même orientation théorique vers une pensée écologique et à l’échelle des systèmes. Brubacher et al. (2023) comme Armstrong et al. (2018) situent la personne dans un contexte relationnel plus large qui englobe les systèmes familial, communautaire et institutionnel, qu’il s’agisse d’un parent qui consolide ses liens avec un enfant ou d’une mère qui affine ses propres compétences de communication. Surtout, les deux interventions se situent en milieu pénitentiaire, ce qui influe sur ce qui est thérapeutiquement faisable. En raison des limites structurelles du milieu carcéral, les objectifs à ce stade sont généralement préparatoires et centrés sur les compétences plutôt que profondément relationnels. La relation thérapeutique elle-même doit se négocier dans un cadre institutionnel qui n’accorde pas une grande priorité à la guérison relationnelle, et l’accès aux enfants et aux membres de la famille y est restreint. Ces études montrent toutefois que, même dans ces contraintes, des interventions relationnelles et systémiques peuvent produire des améliorations significatives des connaissances parentales, de la communication et de la motivation familiale. Le travail préparatoire à la réparation relationnelle peut commencer avant la libération, même si sa pleine expression doit attendre la suite. De plus, aucune des deux études n’a examiné les effets relationnels à long terme de ces interventions en détention, ce qui signale une lacune dans la compréhension du lien entre le travail préparatoire en milieu carcéral et le fonctionnement familial après la libération.

5.2 Transition

Cette section présente les études qui explorent des programmes et des facteurs bénéfiques, sur le plan systémique, aux personnes incarcérées avant et immédiatement après leur libération. Menting et al. (2024) ont mené une étude longitudinale pour évaluer l’efficacité préventive à long terme du programme Better Start, une intervention de soutien à la parentalité menée aux Pays-Bas auprès de mères d’enfants de 2 à 10 ans au moment où ces mères sortent de prison. L’intervention, fondée sur la théorie de l’apprentissage social, vise à prévenir les comportements perturbateurs, y compris la délinquance chez les enfants, ainsi que la récidive chez les mères. Les résultats montrent que les enfants des mères ayant suivi le programme Better Start présentaient moins de comportements délinquants à l’adolescence que les enfants des mères n’ayant pas bénéficié de l’intervention. Les résultats suggèrent qu’une intervention de soutien à la parentalité fondée sur des données probantes, lorsqu’elle est ajustée au public concerné, peut avoir des effets positifs à long terme sur les familles touchées par l’incarcération d’une mère.

Pettus-Davis (2021) a proposé Support4Families, un modèle d’intervention systémique conçu pour soutenir les membres de la famille dans le processus de réinsertion. Support4Families vise à permettre aux membres de la famille d’apprendre, de pratiquer et d’intégrer des compétences et des outils dans leur vie avant la libération de leur proche, puis d’affiner leur usage de ces outils avec une aide professionnelle après la libération. Cette intervention s’appuie sur le modèle de l’effet principal du soutien social (Main Effect Model of Social Support), selon lequel le soutien social résulte d’une intégration active dans des réseaux sociaux (par exemple les familles), ainsi que sur le cadre de la résilience familiale (Family Resilience Framework), qui éclaire les mécanismes par lesquels l’unité familiale peut développer des stratégies de soutien résilientes et adaptatives. L’article souligne l’intérêt d’une perspective systémique familiale, puisque la réinsertion ne se fait pas isolément. Le programme était décrit comme en cours d’expérimentation pilote, avec pour but de créer de la stabilité familiale et du bien-être individuel et familial en fournissant les connaissances, les outils, les compétences et les ressources dont les membres de la famille auront besoin.

Maschi et Koskinen (2015) ont mené une étude qualitative pour explorer les facteurs qui influent sur la réussite du retour dans la communauté de personnes âgées sorties de prison. Les personnes participantes ont indiqué que des ressources ou des soutiens internes et externes influaient sur la probabilité de retrouver avec succès leur famille, leurs pairs et leur communauté, ainsi que sur leur capacité à surmonter les obstacles. Les résultats s’accordent avec la théorie du soutien social, qui souligne l’importance des ressources et des soutiens externes. Ils suggèrent que les programmes destinés aux personnes vieillissantes, mis en œuvre en prison comme après la libération, seront plus bénéfiques s’ils intègrent dans leur conception les points de vue et l’expérience vécue de personnes âgées anciennement incarcérées. L’étude souligne combien les personnes qui travaillent dans les services du vieillissement, de la santé et de la justice pénale peuvent jouer un rôle central dans la prévention, l’évaluation et l’intervention pour permettre aux personnes âgées incarcérées de retrouver leur famille et leur communauté.

Wilson et al. (2024) ont mené l’expérimentation pilote du programme Passport to Freedom (P2F), une initiative de réinsertion centrée sur les femmes et tenant compte du traumatisme, guidée par le modèle d’intervention éco-sociale sur le traumatisme (Eco-Social Trauma Intervention Model). Au moyen d’un devis mixte en deux phases, l’équipe a élaboré puis testé le programme. Les résultats ont montré une diminution de la dépression et du stress quotidien chez les participantes. Ils soulignent la nécessité d’un soutien fondé sur des données probantes et tenant compte du traumatisme pour aider les femmes incarcérées à faire face à leurs difficultés de santé mentale et à réduire le risque de récidive au moment de la réinsertion.

Wallace et al. (2016) ont exploré le lien entre le soutien familial pendant et après l’incarcération et la santé mentale après la libération. L’étude a examiné la relation entre soutien social et santé personnelle à travers le modèle des effets principaux et le modèle de l’effet tampon du stress. Les résultats indiquent que, si le soutien social familial pendant l’incarcération n’était pas associé à la santé mentale après la libération, le soutien familial après la libération influait bien sur la santé mentale après la libération, le soutien familial négatif ayant plus de conséquences que le soutien familial positif. L’étude a aussi constaté que l’évolution du soutien entre la période d’incarcération et la période qui suit avait un effet sur la santé mentale. En outre, pour de meilleurs résultats de santé mentale après la libération, les familles devraient renforcer les liens positifs tout en réduisant le soutien négatif. Les programmes qui aident les familles et les personnes anciennement incarcérées à faire face aux tensions de la réinsertion ont de bonnes chances d’améliorer les relations familiales et de favoriser une meilleure santé mentale chez les personnes qui reviennent à la vie civile.

Les études de cette section soulignent collectivement que la période de transition, qui englobe le moment qui précède et celui qui suit immédiatement la libération, est une phase essentielle et singulièrement complexe pour l’intervention relationnelle. Certains des programmes étudiés ici, comme Support4Families (Pettus-Davis 2021) et le programme Better Start (Menting et al. 2024), franchissent délibérément la frontière entre incarcération et retour dans la communauté en impliquant à la fois la personne incarcérée et son système familial de part et d’autre du seuil de la libération. Cette conception en deux phases traduit un apport conceptuel important : la réinsertion ne commence pas au moment de la libération, mais constitue un processus qu’il faut cultiver avant qu’elle ait lieu.

Ces études montrent en outre que le cadre de la transition est ambigu ; les interventions ne sont ni complètement à l’intérieur ni complètement à l’extérieur du contrôle carcéral, et cette ambiguïté influe à la fois sur l’engagement et sur le cadrage thérapeutique. Maschi et Koskinen (2015), par exemple, plaident pour des programmes couvrant à la fois la prison et l’après-libération pour les personnes vieillissantes, en reconnaissant que la continuité du soutien est plus efficace que des services cloisonnés propres à chaque étape. Wallace et al. (2016) mettent en garde contre une vision simpliste du soutien familial comme intrinsèquement bénéfique, en montrant que c’est sa qualité, et non sa seule présence, qui détermine son impact sur la santé mentale après la libération, le soutien familial négatif ayant plus de conséquences que le soutien positif. L’ensemble de ces résultats indique que les interventions relationnelles pendant la phase de transition doivent porter non seulement sur l’acquisition de compétences, mais aussi sur la qualité et l’histoire des relations familiales, y compris leur potentiel de guérison comme de nuisance. Malgré la complexité relationnelle que révèlent ces études, aucune n’a utilisé une modalité précise de thérapie familiale, ce qui souligne la lacune plus large que cette revue entend documenter.

5.3 Réintégration

Cette section traite des interventions destinées aux personnes incarcérées qui commencent après la sortie de prison, y compris pour les personnes en libération conditionnelle ou en probation. Tadros et al. (2022) ont mené une étude de cas clinique portant sur une personne anciennement incarcérée présentant des symptômes de phobie spécifique. L’équipe a utilisé comme méthode d’intervention la thérapie narrative, centrée sur la déconstruction et la réécriture des histoires personnelles. En collaboration, la personne thérapeute et la personne suivie ont travaillé à comprendre comment des problèmes liés à la famille d’origine avaient contribué à façonner son récit de soi, sur lequel sa phobie servait à projeter l’anxiété. L’étude a trouvé la thérapie narrative très efficace pour aider la personne suivie à recadrer son récit, ce qui a conduit à une réduction des symptômes de phobie spécifique et de l’anxiété. Les résultats suggèrent la nécessité de lever les obstacles à l’accès aux services de santé mentale après la sortie de prison, et d’utiliser une grille de lecture plus systémique dans le cadre thérapeutique.

Crain et al. (2024) ont exploré l’expérience, rapportée par eux-mêmes, d’hommes racisés anciennement incarcérés travaillant comme entraîneurs sportifs personnels pour une clientèle blanche. Cette étude s’appuie sur la théorie critique de la race, qui attire l’attention sur la surveillance policière excessive des communautés racisées et sa contribution à l’incarcération de masse des hommes racisés, en renforçant les stéréotypes, en suscitant le sentiment de menace raciale et en favorisant l’adhésion à des pratiques policières plus agressives ou biaisées. Les 10 hommes participants ont tous fait état de microagressions subies au travail ou dans la communauté. L’étude souligne les difficultés que rencontrent les hommes racisés qui reviennent dans leur communauté, ainsi que les bénéfices d’environnements où les personnes anciennement incarcérées peuvent développer des compétences de résilience pour rompre les cycles de récidive.

Welch et al. (2019) ont mené une étude qualitative et interrogé des pères noirs anciennement incarcérés sur leur expérience vécue de la parentalité. Les résultats font apparaître trois thèmes principaux : (1) l’expérience passée influençait la parentalité présente ; (2) le contact avec les enfants était constant ; et (3) la croissance personnelle contribuait à la croissance parentale. Les résultats plaident pour davantage de programmes de soutien à la parentalité fondés sur les forces au sein des lieux de vie de transition et des programmes résidentiels qui accompagnent les personnes en réinsertion. Des ateliers de parentalité qui examinent l’expérience des pères dans leur famille d’origine pourraient être une façon d’explorer les schémas intergénérationnels transmis.

Gurusami (2019) a mené une étude d’observation auprès de femmes anciennement incarcérées pour examiner comment des mères font l’expérience de forces discursives dans leur vie quotidienne après l’incarcération. L’étude s’appuie sur les théories du « travail maternel » (motherwork) et a exploré trois types de travail maternel de sortie de prison au cours de la période d’observation : collectif, hypervigilant et de crise. Les résultats suggèrent que les femmes noires anciennement incarcérées font face, après l’incarcération, à des obstacles qui compliquent leur maternité, le principal facteur qui façonne leur approche parentale étant la nécessité de prouver aux organismes publics qu’elles sont aptes à avoir la garde de leurs enfants. De ce fait, les mères puisaient souvent dans l’un des trois types de travail maternel de sortie de prison (collectif, hypervigilant et de crise). Cette étude a montré les contraintes du travail sous l’État carcéral et a mis au jour le contexte plus large des problèmes sociaux produits par la surveillance étatique, ainsi que la manière dont personnes et familles organisent leur survie dans ce contexte.

Meza et al. (2023) ont mené une étude à méthodes mixtes pour examiner la relation entre la violence perçue dans le quartier et la santé chez des jeunes d’origine afro-américaine et latinx en cours de réinsertion. Cette étude mobilise la théorie des systèmes écologiques de Bronfenbrenner en explorant la relation entre le microsystème (la violence perçue dans le quartier) et l’individu (la santé). Les analyses quantitatives ont montré que plus de la moitié des jeunes en cours de réinsertion disaient percevoir une exposition à la violence du quartier, laquelle était liée à un large éventail d’aspects de la santé physique et du bien-être psychosocial. L’équipe a aussi constaté que la violence perçue dans le quartier était associée à un faible bien-être psychosocial, notamment à davantage de stress perçu et à moins de soutien familial, ce qui peut s’expliquer en partie par un temps accru passé à la maison, source de davantage d’occasions de conflit familial. Les résultats montrent que comprendre les obstacles au traitement et mettre en place des interventions familiales en télésanté peut améliorer à la fois les résultats en matière d’usage de substances et la cohésion familiale.

Cooper-Sadlo et al. (2019) ont mené des entretiens approfondis avec 12 mères pour comprendre leur expérience de l’usage de substances, de l’incarcération et des retrouvailles avec leurs enfants. L’étude s’appuie sur le cadre de la résilience familiale (Family Resilience Framework), qui offre une grille de lecture pour comprendre l’importance d’une approche fondée sur les forces lorsqu’on considère le contexte socioculturel dans lequel fonctionnent les familles, en aidant les personnes et les familles à donner sens à leurs expériences difficiles. Les résultats montrent que toutes les participantes ont exprimé de l’amour et le désir de protéger leurs enfants, d’en prendre soin et de subvenir à leurs besoins, de la culpabilité et de la honte lorsqu’elles n’assumaient pas leurs devoirs maternels, et l’importance de l’acceptation et du pardon pour reconstruire et restructurer leur famille. Les résultats soulignent la nécessité, pour les thérapeutes de famille, de continuer à appliquer une vision large et intégrative des systèmes aux mères anciennement incarcérées ayant un trouble lié à l’usage de substances, ce qui permet d’intervenir à plusieurs niveaux du système de soins. L’équipe souligne la nécessité d’accorder aux besoins relationnels et émotionnels des membres de la famille de ces mères la même importance qu’aux besoins de survie des mères.

Salem et al. (2019) ont mené une étude transversale pour explorer la fragilité physique, psychologique et sociale chez des femmes anciennement incarcérées et actuellement sans domicile, sortant de prisons et de maisons d’arrêt de Californie, avec des antécédents d’usage de drogues et d’addiction. Cette étude a exploré le cadre de la fragilité chez les populations vulnérables (Frailty Framework among Vulnerable Populations), qui explique comment des facteurs individuels, situationnels, comportementaux, sanitaires, biologiques, environnementaux et liés aux ressources influent sur les effets défavorables dans les domaines physique, psychologique et social. Les résultats montrent que la fragilité physique, psychologique et sociale est un problème important chez les femmes anciennement incarcérées et actuellement sans domicile. L’étude souligne combien des soins spécifiques et tenant compte du traumatisme, ainsi qu’un accompagnement individualisé visant à aider les femmes fragiles à apprendre des stratégies pour prendre soin d’elles pendant la réinsertion, peuvent être bénéfiques à long terme.

Pettus-Davis et al. (2017) ont examiné les schémas de soutien social familial et non familial chez de jeunes adultes ayant connu ou non l’incarcération. L’étude s’est appuyée sur la théorie du soutien social de Cullen (1994), selon laquelle les relations positives sont un facteur clé pour que les jeunes adultes au passé carcéral s’éloignent des comportements délinquants pendant la réinsertion. Les résultats montrent que les jeunes adultes ayant eu affaire à la justice reçoivent beaucoup plus de soutien de leur famille que de la part d’adultes hors de la famille. L’étude a aussi constaté que les jeunes adultes au passé carcéral connaissent une baisse plus marquée du soutien social non familial que les jeunes adultes sans passé carcéral, et que les incarcérations plus longues étaient associées à une plus forte détérioration du soutien social. L’étude souligne combien les personnes ayant un passé carcéral ont moins de chances de recevoir un soutien social, et combien les interventions devraient aider les personnes suivies sorties de prison à faire correspondre leurs besoins de soutien aux ressources dont elles disposent dans leur réseau social.

Valera et Boyas (2019) ont exploré quels types de facteurs de soutien social (soutien social perçu, soutien communautaire et soutien religieux) prédisent significativement la santé mentale et le bien-être, auprès de 225 hommes racisés anciennement incarcérés à New York. Les résultats suggèrent qu’un soutien social, communautaire et religieux accru était significativement associé à des niveaux plus faibles de morbidité psychologique. L’existence d’un soutien social perçu avait l’effet le plus important sur la santé mentale, peut-être en raison du rôle substantiel que jouent les relations familiales pour aider les hommes incarcérés plus âgés à faire face à l’adversité. Les résultats montrent aussi que la majorité des participants ne déclaraient pas recourir aux services de santé mentale, alors même qu’ils prenaient des médicaments pour la dépression, l’anxiété, la colère et le trouble bipolaire. Les résultats soulignent la nécessité de renforcer les soins de soutien après la libération pour les personnes disposant ou non de réseaux de soutien social et d’un accès aux services de santé mentale.

Parmi les études sur la réintégration, plusieurs thèmes convergents se dégagent, qu’aucun article pris isolément ne traite de manière exhaustive. Pour commencer, les obstacles structurels et raciaux sont répandus et liés entre eux. Les études de Crain et al. (2024), Gurusami (2019), Meza et al. (2022) et Welch et al. (2019) portent toutes sur l’expérience de personnes racisées et montrent de façon constante que des facteurs systémiques comme la surveillance policière excessive, la surveillance étatique, la violence de quartier et les microagressions raciales pèsent sur la réintégration d’une manière que des modèles centrés sur l’individu ne peuvent pas pleinement expliquer. Toutes ces études appellent des cadres qui prennent en compte l’environnement, la communauté et la race, mais aucune n’a directement testé une intervention relationnelle ou de thérapie familiale. Deuxièmement, le soutien social prédit de manière constante la réussite de la réintégration d’une étude à l’autre (Pettus-Davis et al. 2017 ; Valera et Boyas 2019). Cependant, les mécanismes qui permettent de favoriser ou de restaurer ce soutien après les ruptures relationnelles causées par l’incarcération restent insuffisamment théorisés et mal pris en charge dans la pratique. Troisièmement, les interventions de cette section, comme la thérapie narrative (Tadros et al. 2022), la télésanté (Meza et al. 2022) et le soutien à la parentalité fondé sur les forces (Welch et al. 2019), sont toutes proposées dans des cadres communautaires après la libération, ce qui permet des relations plus approfondies et davantage d’options thérapeutiques que dans les cadres carcéraux et de transition évoqués plus haut.

5.4 Contexte

Le terme « contextuel » renvoie au principe philosophique fondamental de la thérapie contextuelle, selon lequel les êtres humains ne peuvent être pleinement compris isolément (Boszormenyi-Nagy et Krasner 1986). La thérapie familiale contextuelle invite au contraire à comprendre les familles et les personnes dans le contexte de leurs liens interpersonnels, de leur héritage et de leurs obligations éthiques intergénérationnelles. La section Contexte explore donc les interventions destinées aux systèmes de soutien de la personne incarcérée (par exemple les enfants dont un parent ou les deux sont en prison, les équipes de santé mentale), directement ou indirectement touchés par l’incarcération d’une personne.

Nguyen et al. (2023) ont mis en évidence, par leur analyse transversale, la réalité multidimensionnelle de l’incarcération parentale. À l’aide du modèle processus-personne-contexte-temps (PPCT) de Bronfenbrenner, l’étude a exploré l’effet des infrastructures sociales de quartier et du soutien social sur l’engagement scolaire des enfants dont les parents ou les tuteurs ont connu l’incarcération (CPGI, children with parents or guardians who have experienced incarceration). L’analyse descriptive a montré que l’incarcération parentale n’est pas un problème isolé, puisque l’incarcération d’une personne qui prend soin de l’enfant peut affecter sa trajectoire développementale autant que d’autres aspects de sa vie. L’engagement scolaire des CPGI est plus fort lorsque leur famille vit dans un quartier soutenant et a accès à un capital social, et il est plus élevé dans les quartiers dotés d’infrastructures sociales comme des trottoirs. L’étude souligne l’importance de disposer d’un réseau de soutien social fiable, ou d’une personne de confiance, dans les périodes d’adversité, ce qui est particulièrement utile aux CPGI et à leur famille.

Hiolski et al. (2019) ont comparé des indicateurs comportementaux de santé physique chez des jeunes dont un parent est ou a été incarcéré et chez des jeunes sans antécédent d’incarcération parentale. Les résultats suggèrent une association significative entre l’incarcération parentale et des niveaux plus faibles de comportements favorables à la santé, ainsi que des niveaux plus élevés de comportements défavorables. L’étude met en avant plusieurs programmes destinés aux jeunes touchés par l’incarcération d’un parent, qui ont réussi à atténuer les effets négatifs. L’équipe a aussi constaté que les comportements défavorables se poursuivent même après la libération du parent, ce qui invite à se concentrer sur le retour du parent au foyer.

Negash et al. (2022) ont examiné les difficultés que rencontrent les familles, en particulier celles issues de groupes minorisés et stigmatisés, pour accéder à la thérapie familiale après une incarcération. En s’appuyant sur la recherche et l’expérience clinique, l’équipe présente un cadre conceptuel qui aborde les obstacles du point de vue des personnes suivies comme de celui des thérapeutes. Les principaux obstacles sont la stigmatisation liée à l’incarcération et à la santé mentale, la formation limitée des thérapeutes sur les systèmes carcéraux et les disparités raciales, ainsi que des problèmes structurels comme le transport, les tensions financières et les restrictions de déplacement. Ces obstacles contribuent à un faible engagement en thérapie. Pour y remédier, l’équipe plaide pour une démarche de proximité ancrée dans la communauté, des modèles de service souples comme la télésanté, et des approches culturellement adaptées et fondées sur les forces. Elle recommande aussi de présenter la thérapie comme des « services de transition » pour améliorer l’engagement. L’article souligne le manque de recherche sur la thérapie familiale auprès des personnes anciennement incarcérées et propose des repères cliniques pour soutenir ce public.

Les études de cette section élargissent l’analyse de la personne anciennement incarcérée aux systèmes relationnels touchés par l’incarcération, en particulier les enfants et les familles. Nguyen et al. (2023) et Hiolski et al. (2019) montrent l’une et l’autre, à partir de cadres écologiques, que les effets de l’incarcération parentale sur les enfants ne sont pas passagers ni réglés par la libération, que les problèmes de santé et les difficultés comportementales persistantes continuent même après le retour du parent au foyer, ce qui montre que la réinsertion est un processus à l’échelle de la famille qui appelle des réponses à l’échelle de la famille. Negash et al. (2022) approfondissent cette compréhension dans la pratique clinique en désignant précisément les obstacles qui freinent les familles, en particulier celles issues de communautés marginalisées et stigmatisées. Mis en regard de ces résultats, les obstacles structurels que cette équipe nomme ne sont pas propres au cadre communautaire après la libération : ils sont amplifiés à chaque point de transition du continuum incarcération-réinsertion. Lue à côté des études sur la préparation et la transition, l’analyse de Negash et al. montre clairement que l’absence de thérapie relationnelle pour ce public n’est pas simplement une lacune de la recherche, mais le produit d’obstacles d’accès cumulés qui n’ont jamais été traités de manière systématique (2022).

5.5 Vers un cadre relationnel

Bien que les dimensions relationnelles de l’incarcération soient bien documentées, les interventions relationnelles et de thérapie familiale fondées sur des données probantes sont largement absentes de la littérature sur la réinsertion. D’abord, des cadres écologiques et systémiques, comme la théorie des systèmes écologiques de Bronfenbrenner, la théorie du soutien social et les cadres de la résilience familiale, apparaissent de façon constante dans les études à toutes les étapes, ce qui indique une reconnaissance théorique commune du fait que l’incarcération et la réinsertion sont des phénomènes relationnels. Cet accord théorique n’a pourtant pas encore donné lieu à un éventail correspondant d’interventions cliniques. Ensuite, le lieu et le moment de l’intervention influent de façon constante sur les possibilités thérapeutiques. Les interventions menées en milieu carcéral (Armstrong et al. 2018 ; Brubacher et al. 2023) sont par nature préparatoires et structurellement limitées, tandis que les programmes de transition qui s’étendent au-delà de la frontière de la libération (Menting et al. 2024 ; Pettus-Davis 2021) sont prometteurs mais restent au stade pilote et non relationnels dans leur modalité thérapeutique. Les études communautaires menées après la libération offrent la plus grande possibilité de profondeur relationnelle, et pourtant l’absence de modèles de thérapie familiale testés dans ce contexte est frappante. Par ailleurs, la race et les inégalités structurelles ne sont pas des préoccupations périphériques, mais des traits organisateurs de l’expérience de la réinsertion, en particulier pour les personnes racisées et les femmes, dont la vie relationnelle est façonnée par la surveillance, la stigmatisation et le désinvestissement systémique d’une manière que les modèles thérapeutiques conventionnels abordent rarement. Enfin, la littérature sur les obstacles (Negash et al. 2022) montre clairement que l’accès à tout service thérapeutique, y compris relationnel, est loin d’être garanti pour ce public. Un cadre de thérapie familiale contextuelle, attentif explicitement à l’éthique relationnelle intergénérationnelle, à l’impact de l’injustice systémique sur les familles et à l’importance de soins culturellement adaptés, est bien placé pour répondre à ces besoins imbriqués.

6. Discussion

Cet article a exploré la manière dont la thérapie relationnelle est abordée dans la littérature sur l’après-incarcération. Comme l’indiquent plusieurs articles (Brubacher et al. 2023 ; Armstrong et al. 2018 ; Menting et al. 2024 ; Pettus-Davis 2021 ; Wilson et al. 2024), les modèles de réinsertion peuvent prendre diverses formes, mais commencent souvent le traitement en milieu carcéral puis continuent d’apporter un soutien pendant un certain temps après la libération de la personne (Haas et al. 2022). Si la thérapie familiale parent-enfant était au centre de plusieurs articles, la thérapie relationnelle va au-delà de la parentalité et des retrouvailles familiales et englobe d’autres unités relationnelles, comme les relations intimes et les systèmes intergénérationnels. Les données rassemblées dans cette revue soulignent l’importance cruciale de recevoir un soutien après l’incarcération pour favoriser une réinsertion réussie. Notre revue a examiné la manière dont la thérapie relationnelle est représentée dans la littérature sur l’après-incarcération et la réintégration. De ce fait, seules deux études (Brubacher et al. 2023 ; Armstrong et al. 2018) ont exploré un programme d’intervention théorique mis en œuvre pendant l’incarcération et susceptible de faciliter le processus de réinsertion. Dans les paragraphes qui suivent, nous dégageons plusieurs constantes d’une étude à l’autre.

L’un des thèmes récurrents de la littérature est le rôle crucial de l’entourage amical et familial dans l’apport d’un soutien émotionnel, matériel et logistique après la libération (Pettus-Davis et al. 2017 ; Valera et Boyas 2019 ; Wallace et al. 2016). Ce soutien est souvent le meilleur prédicteur d’une meilleure santé mentale et de taux de récidive plus faibles. Malgré l’accent constamment mis sur le soutien familial et social, seules quelques études ont examiné des interventions relationnelles ou systémiques, et elles portaient principalement sur les relations parent-enfant et les retrouvailles familiales (Armstrong et al. 2018 ; Cooper-Sadlo et al. 2019 ; Menting et al. 2024). Si ces interventions sont cruciales pour soutenir les enfants et traiter les effets intergénérationnels de l’incarcération, elles ne couvrent pas entièrement les besoins relationnels des personnes anciennement incarcérées.

De plus, aucun article n’a étudié la thérapie de couple ni les interventions dyadiques destinées aux partenaires intimes touchés par l’incarcération. Cette absence de recherche est importante, car la thérapie relationnelle dépasse les limites de la thérapie familiale et offre des modèles qui abordent l’intimité, la régulation émotionnelle, l’attachement et le traumatisme, autant de conséquences de l’incarcération. En thérapie de couple et de famille, la délinquance, le crime et la récidive sont conceptualisés en lien avec de multiples facteurs systémiques, dont la dynamique familiale, la parentalité, les conflits relationnels, l’influence des pairs et les caractéristiques du quartier (Thompson et Datchi 2019). Compte tenu des données issues d’autres domaines sur l’efficacité de la thérapie relationnelle pour renforcer la résilience interpersonnelle (Hammer 2012), il s’agit d’une lacune critique dans le champ.

6.1 La littérature sur les interventions relationnelles

Parmi les rares études qui ont abordé la thérapie relationnelle après la libération, Negash et al. (2022) est le seul article apparu dans notre recherche, au sein de cette revue exploratoire, à explorer la thérapie relationnelle d’un point de vue clinique et systémique. Son cadre conceptuel identifie les principaux obstacles à l’accès à la thérapie, notamment la stigmatisation, le manque d’expérience des thérapeutes à l’égard des systèmes carcéraux, les difficultés logistiques et le décalage culturel entre les services disponibles et l’expérience vécue des personnes suivies. Negash et son équipe plaident pour des modèles de thérapie systémique ancrés dans un cadre culturellement adapté et tenant compte du traumatisme, qui mette l’accent sur la souplesse, avec la télésanté, les partenariats communautaires et une nouvelle présentation de la thérapie comme « services de transition ». En outre, la plupart des interventions restent conceptuelles ou au stade pilote, malgré des exemples prometteurs comme Support4Families (Pettus-Davis 2021), guidé par le modèle de l’effet principal du soutien social et le cadre de la résilience familiale. Les modèles testés empiriquement, comme la thérapie centrée sur les émotions (EFT) et la thérapie familiale structurale (TFS), manquent dans le contexte de la réinsertion. Intégrer ces théories fondées sur des données probantes pourrait permettre de traiter, au sein des couples, les problèmes de confiance, l’attachement marqué par le traumatisme et la définition des rôles.

6.2 Recommandations cliniques pour les thérapeutes de couple et de famille

La thérapie relationnelle peut renforcer non seulement les relations intimes, mais aussi les relations familiales et communautaires plus larges (Tadros et al. 2019). Negash et al. (2026) soutiennent que la thérapie familiale est sous-utilisée alors qu’elle est très utile aux personnes et aux familles qui traversent la réinsertion après l’incarcération, en montrant comment les ruptures relationnelles, la stigmatisation et les obstacles systémiques limitent l’accès aux soins. L’équipe décrit des pistes cliniques pour les thérapeutes, dont une pratique culturellement adaptée, la collaboration avec la communauté et des adaptations pour lever les obstacles attitudinaux, relationnels et logistiques, afin de rendre la thérapie systémique plus accessible et plus efficace pour les familles après la libération. De même, d’autres articles récents ont souligné l’importance d’interventions orientées vers les forces et fondées sur des données probantes qui soutiennent l’ensemble du système familial (Muentner et Charles 2023).

Si les interventions au niveau individuel, dont l’aide à l’emploi, les services de santé mentale et le traitement des addictions, sont souvent au centre de la littérature, cette revue souligne que les soutiens au niveau relationnel sont tout aussi déterminants pour maintenir des résultats favorables de la réinsertion. Par exemple, Valera et Boyas (2019) et Meza et al. (2022) montrent comment des liens sociaux tendus et le stress familial fragilisent le bien-être psychosocial après la libération, ce qui suggère qu’une réintégration réussie ne peut se comprendre indépendamment du fonctionnement relationnel. La recherche sur les familles confrontées à la justice montre en outre que l’incarcération perturbe les liens d’attachement, les alliances coparentales et les processus de communication dans l’ensemble des systèmes relationnels (Tadros et al. 2022 ; Tadros et al. 2021). Ces résultats suggèrent que la réinsertion devrait être conceptualisée cliniquement comme une transition systémique plutôt que seulement comme un processus d’ajustement individuel.

La stigmatisation qui entoure la maladie mentale dissuade beaucoup de personnes de chercher des soins. Intégrer les services de santé mentale aux soins de santé généraux peut réduire cette stigmatisation (Boppre et Reed 2021 ; Tadros et al. 2023). Lors de la conception de ces services, il est essentiel de tenir compte de la stigmatisation perçue tant de la part du personnel que des pairs, pour que les personnes puissent accéder en toute sécurité à un soutien en santé mentale. Pour beaucoup, l’incarcération est la première occasion de recevoir des services de santé mentale. Bien que le milieu carcéral soit loin d’être idéal pour la thérapie, il est crucial d’offrir un soutien en santé mentale pendant cette période, pour que ces personnes puissent garder un lien avec ces services dans la communauté après leur libération, ce qui est vital pour une réintégration réussie.

Les programmes conçus avec des stratégies d’intervention à plusieurs niveaux, des ateliers de parentalité tenant compte du traumatisme (Armstrong et al. 2018) aux approches de l’ensemble du système centrées sur la communication et la construction de la confiance (Brubacher et al. 2023), offrent des modèles souples qui opèrent aux niveaux micro (l’individu), méso (la famille) et macro (la communauté). La recherche menée auprès de couples et de coparents confrontés à l’incarcération montre que le fonctionnement relationnel, la qualité de la communication et le consensus coparental perçu sont associés à une meilleure santé mentale et physique chez les deux partenaires, ce qui souligne la nature interdépendante de l’ajustement à la réinsertion (Tadros et al. 2022). Les travaux soulignent en outre combien les interventions relationnelles structurées, dont le développement des compétences de communication et la construction collaborative de sens, fonctionnent comme des facteurs de protection chez les couples confrontés aux facteurs de stress liés à l’incarcération (Durante et al. 2023).

En tant qu’équipe signataire de cette revue, nous tenons à préciser que certaines des recommandations présentées ci-dessous sont tirées de la littérature examinée, et que d’autres sont nos propres recommandations en tant qu’équipe de recherche ayant mené cette revue. Nous avons donc rédigé cette section comme une synthèse des articles et de nos propres idées, fondées sur des travaux scientifiques, afin de proposer des recommandations aux TCF en exercice. Ainsi, les TCF peuvent élargir l’évaluation au-delà d’un premier entretien centré sur les symptômes pour évaluer les ruptures relationnelles liées à l’incarcération, dont les blessures d’attachement, la désorganisation des rôles, les dynamiques coparentales perturbées et les expériences de perte ambiguë pendant la séparation. Des génogrammes ou des lignes de vie relationnelles qui tiennent compte de l’incarcération peuvent aider les TCF à cartographier les périodes de séparation, les changements dans la prise en charge des proches et les facteurs de stress liés aux retrouvailles, de sorte que les objectifs du traitement émergent des schémas interactionnels systémiques plutôt que d’une pathologie individuelle. En outre, des programmes de stage formalisés au sein des systèmes de santé mentale pénitentiaires peuvent permettre à des personnes en formation de thérapie de couple et de famille d’accumuler des heures de pratique en vue de leur autorisation d’exercer tout en proposant une thérapie familiale dans les établissements pénitentiaires, une solution viable, applicable à coût nul ou presque pour les budgets de santé mentale (Garofalo 2020).

L’adaptation des interventions est également justifiée, étant donné l’application limitée des modèles relationnels établis dans les contextes de réinsertion. Les approches existantes fondées sur des données probantes peuvent être modifiées de manière pertinente pour traiter le traumatisme relationnel lié à l’incarcération. Par exemple, les interventions de la thérapie centrée sur les émotions peuvent cibler les blessures d’attachement associées à une séparation prolongée et à une confiance ébranlée, comme le montre un travail clinique qui applique les principes de l’EFT à des couples confrontés à la justice aux prises avec la trahison relationnelle et la reconnexion (Zhao et Tadros 2025). Les techniques de la thérapie familiale structurale peuvent aider les familles à renégocier les frontières, les hiérarchies et les rôles de prise en charge pendant les retrouvailles, comme l’illustrent des applications cliniques culturellement éclairées auprès de familles touchées par l’incarcération (Tadros et al. 2024). En outre, la théorie du changement de Tadros (Tadros Theory of Change) offre un cadre systémique pour travailler avec des populations incarcérées en mettant l’accent sur la responsabilité relationnelle, la construction de sens en contexte et la restructuration collaborative des rôles familiaux (Tadros 2019, 2022). Les approches relationnelles tenant compte du traumatisme peuvent en outre aider les partenaires à réinterpréter le retrait, l’émoussement émotionnel ou l’hypervigilance comme des réponses adaptatives au milieu carcéral plutôt que comme un rejet interpersonnel. Les thérapeutes peuvent aussi améliorer l’accessibilité grâce à des services relationnels de télésanté mentale, dont il a été montré qu’ils élargissent l’engagement et la continuité des soins pour les personnes incarcérées et leurs familles confrontées à des obstacles structurels d’accès au traitement (Tadros et al. 2021).

Ensemble, ces implications font passer la thérapie systémique d’un cadre théorique à une approche pratique, en précisant comment les thérapeutes peuvent évaluer les ruptures relationnelles, structurer les objectifs du traitement autour de la résilience interpersonnelle et adapter des interventions systémiques établies aux réalités relationnelles de la vie après l’incarcération. Traduire ces résultats dans la pratique suggère que la planification du traitement devrait explicitement faire des relations des facteurs de protection. Les TCF peuvent associer plus tôt au traitement les partenaires ou les membres de la famille lorsque c’est cliniquement indiqué, normaliser les tensions relationnelles comme une conséquence attendue de l’incarcération, et inclure une psychoéducation sur la manière dont l’institutionnalisation, les conditions de surveillance et les stratégies d’adaptation fondées sur la survie influent sur l’expression émotionnelle et l’intimité après la libération (Comfort 2008).

6.3 Limites et perspectives

Si cette revue exploratoire présente plusieurs points forts, plusieurs limites doivent aussi être reconnues. La revue s’est limitée aux articles évalués par les pairs, rédigés en anglais et publiés entre 2014 et 2024. Cette restriction a probablement écarté de précieuses études communautaires, des évaluations de programmes non publiées et des recherches non anglophones, ce qui contribue à un biais de publication comme à un biais linguistique. Bien qu’une certaine sélectivité soit attendue dans la conduite d’une revue de ce type (Pham et al. 2014), surtout une revue exploratoire, une limite majeure tient au fait que nous n’avons utilisé que la base de données PsycINFO ; nous recommandons donc aux futures recherches d’utiliser aussi d’autres bases. L’usage d’une seule base de données a pu influer sur le corpus identifié. Une limite importante tient à nos termes de recherche initiaux. Des mots-clés comme « Family therap* OR couple therap* OR marriage therap* » ont donné moins de 10 résultats, ce qui a conduit à une stratégie de recherche plus large. De ce fait, beaucoup des études incluses ne privilégiaient pas des cadres cliniques systémiques. Malgré l’usage de plusieurs bases de données et de stratégies inclusives, des études pertinentes ont pu échapper à la recherche en raison de limites d’indexation ou de problèmes d’accès.

Nos critères d’inclusion exigeaient une mention explicite d’approches relationnelles ou systémiques, ce qui a pu exclure des études théoriquement pertinentes formulées autrement. En outre, les études variaient beaucoup par leur devis, les caractéristiques de leurs échantillons, leurs mesures et leurs résultats, ce qui complique la synthèse. La plupart des études étaient transversales, ce qui limite notre capacité à évaluer les effets relationnels ou thérapeutiques à long terme. L’attention se portait aussi de manière disproportionnée sur les femmes, la parentalité et les retrouvailles familiales, avec peu d’attention aux personnes sans rôle parental, aux partenaires intimes et aux relations LGBTQ+. Les incohérences méthodologiques entre études peuvent aussi limiter la cohérence ou la comparabilité des résultats.

Comme la littérature examinée ne compte qu’un nombre limité d’interventions évaluées empiriquement, la recherche future gagnerait à élargir son champ au-delà des interventions centrées sur la parentalité, pour inclure des thérapies relationnelles qui s’adressent aux partenaires intimes, aux familles choisies et aux expériences LGBTQ+. Des études longitudinales sont particulièrement nécessaires pour évaluer l’efficacité à long terme des interventions relationnelles sur les résultats psychosociaux, la récidive et la stabilité relationnelle.

Peu d’études ont proposé des interventions cliniques systémiques, et moins encore ont examiné en profondeur des modèles cliniques systémiques. Six articles de la revue traitaient d’une intervention clinique ou en proposaient une (Brubacher et al. 2023 ; Menting et al. 2024 ; Negash et al. 2022 ; Pettus-Davis 2021 ; Tadros et al. 2022 ; Wilson et al. 2024). Parmi eux, une seule étude décrivait l’application d’un modèle thérapeutique relationnel, en l’occurrence la thérapie narrative (Tadros et al. 2022). Si les articles examinés n’ont pas étudié ces approches, la recherche future pourrait évaluer d’autres modèles auprès de ce public après la libération, comme la thérapie brève orientée vers les solutions (Tadros et al. 2025), la thérapie centrée sur les émotions (Zhao et al. 2025), la thérapie expérientielle et le modèle des systèmes familiaux intérieurs (IFS).

Des programmes comme Support4Families (Pettus-Davis 2021), le programme Better Start (Menting et al. 2024) et Passport to Freedom (Wilson et al. 2024) visaient à soutenir des personnes encore incarcérées qui préparaient leur réinsertion. Certaines études suggèrent toutefois que des personnes ne cherchent un soutien thérapeutique qu’après leur libération, lorsqu’elles se heurtent à des difficultés de réinsertion particulières et inattendues (Crain et al. 2024 ; Gurusami 2019). Plusieurs études ont souligné l’importance de solides systèmes de soutien après la libération (Maschi et Koskinen 2015 ; Valera et Boyas 2019 ; Wallace et al. 2016). La recherche future pourrait donc examiner comment des modèles relationnels ou thérapeutiques pourraient être adaptés pour aider les personnes anciennement incarcérées à élaborer leur expérience de l’incarcération et à traverser la réinsertion.

Complexe Systémique : à retenir

La revue dresse un constat utile : on sait que l’incarcération est une affaire de liens, mais on n’a presque rien testé pour soigner ces liens au retour. Le classement par étapes, préparation en détention, transition, réintégration, puis entourage, montre bien que le lieu et le moment de l’intervention décident de ce qui est possible, et que la réinsertion se prépare avant la sortie. Pour la clinique, on retiendra le génogramme qui repère séparations, relais de prise en charge et retrouvailles, la perte ambiguë, et l’idée de relire le retrait ou l’hypervigilance comme des adaptations au milieu carcéral plutôt que comme un rejet. La prudence s’impose pourtant : une seule base de données, des termes relationnels retirés de la requête, un corpus hétérogène, et des recommandations qui s’appuient largement sur les travaux de l’équipe elle-même. Les couples, les partenaires et les familles choisies restent hors champ, et le contexte est celui des États-Unis. À lire avec l’article sur le travail de groupe orienté vers les solutions en prison, et avec l’article sur les loyautés invisibles et l’approche contextuelle.

Références

Armstrong, E., E. Eggins, N. Reid, P. Harnett, and S. Dawe. 2018. “Parenting Interventions for Incarcerated Parents to Improve Parenting Knowledge and Skills, Parent Well‐Being, and Quality of the Parent–Child Relationship: A Systematic Review and Meta‐Analysis.” Journal of Experimental Criminology 14, no. 3: 279–317. 10.1007/s11292-017-9290-6.

Beckett, K., and A. Goldberg. 2022. “The Effects of Imprisonment in a Time of Mass Incarceration.” Crime and Justice 51: 349–398. 10.1086/721018.

Boppre, B., and S. M. Reed. 2021. “‘I'm Not a Number, I'm a Human Being:’ A Phenomenological Study of Women's Responses to Labeling.” Feminist Criminology 16, no. 2: 191–215. 10.1177/1557085120953488.

Boszormenyi‐Nagy, I., and B. R. Krasner. 1986. Between Give and Take: A Clinical Guide to Contextual Therapy. Brunner/Mazel.

Brubacher, S. P., M. B. Powell, K. Lockwood, S. Dennison, T. R. McGee, and J. Ransley. 2023. “The Importance of Enhancing the Communication Skills of Incarcerated Mothers.” Aggression and Violent Behavior 70: 101825. 10.1016/j.avb.2023.101825.

Bruns, A. 2019. “The Third Shift: Multiple Job Holding and the Incarceration of Women's Partners.” Social Science Research 80: 202–215. 10.1016/j.ssresearch.2018.12.024.30955556 PMC7337100

Bruns, A., and H. Lee. 2020. “Partner Incarceration and Women's Substance Use.” Journal of Marriage and Family 82: 1178–1196. 10.1111/jomf.12659.PMC562997928993714

Carson, E. A., and D. Golinelli. 2013, December. Prisoners in 2012: Trends in Admissions and Releases, 1991–2012 (NCJ 243920). U.S. Department of Justice, Bureau of Justice Statistics.

Cochran, J. C., S. E. Siennick, and D. P. Mears. 2018. “Social Exclusion and Parental Incarceration Impacts on Adolescents' Networks and School Engagement.” Journal of Marriage and Family 80, no. 2: 478–498. 10.1111/jomf.12464.29622839 PMC5880045

Comfort, M. 2008. Doing Time Together: Love and Family in the Shadow of the Prison. The University of Chicago Press.

Cooper‐Sadlo, S., M. A. Mancini, D. D. Meyer, and J. L. Chou. 2019. “Mothers Talk Back: Exploring the Experiences of Formerly Incarcerated Mothers.” Contemporary Family Therapy 41, no. 2: 92–101. 10.1007/s10591-018-9473-y.

Crain, E. E., L. S. Davis, G. St. Louis, et al. 2024. “‘Are You Supposed to Be Here?’: Formerly Incarcerated Men of Color Navigating Positions of Authority.” Journal of Social Issues 80, no. 2: 496–530. 10.1111/josi.12613.

Durante, K. A., E. Tadros, C. Braxton, and M. Barbini. 2023. “Supportive Communication Skills as a Protective Factor Among Couples Experiencing Incarceration.” Criminal Justice & Behavior 50, no. 11: 1643–1660. 10.1177/00938548231195036.

Edwards, L., S. K. Jamieson, J. Bowman, S. Chang, J. Newton, and E. Sullivan. 2022. “A Systematic Review of Post‐Release Programs for Women Exiting Prison With Substance‐Use Disorders: Assessing Current Programs and Weighing the Evidence.” Health & Justice 10, no. 1: 1–32. 10.1186/s40352-021-00162-6.34978645 PMC8725487

Few‐Demo, A. L., and J. A. Arditti. 2014. “Relational Vulnerabilities of Incarcerated and Reentry Mothers: Therapeutic Implications.” International Journal of Offender Therapy and Comparative Criminology 58, no. 11: 1297–1320. 10.1177/0306624X13495378.23847275

Garofalo, M. 2020. “Family Therapy in Corrections: Implications for Reentry Into the Community.” Journal of Correctional Health Care 26, no. 3: 240–248. 10.1177/1078345820938350.32734787

Greenwood, P. 2016. “Moving Practice into Theory: Bringing Real‐World Considerations to a Systemic Perspective on Incarceration.” Couple and Family Psychology: Research and Practice 5, no. 2: 105–108. 10.1037/cfp0000061.

Gurusami, S. 2019. “Motherwork under the State: The Maternal Labor of Formerly Incarcerated Black Women.” Social Problems 66, no. 1: 128–143. 10.1093/socpro/spx045.

Haas, R., M. Clark, M. Walter, and S. Bailey. 2022. “Models of Care for People Re‐entering the Community After incarceration.” In National Institute for Health Care Management (NIHCM) Foundation research brief. National Center for Biotechnology Information. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK603370/.

Hammer, T. R. 2012. Relational‐Cultural Therapy [DVD]. Microtraining Associates.

Hiolski, K., M. E. Eisenberg, and R. J. Shlafer. 2019. “Youth Self‐Reported Health and Their Experience of Parental Incarceration.” Families, Systems & Health: The Journal of Collaborative Family Healthcare 37, no. 1: 38–45. 10.1037/fsh0000394.30920262

Kaur, L., E. Tadros, and R. Patton. 2019. “The Role of Family in Youth Opioid Misuse: A Literature Review.” Family Journal 27, no. 4: 429–442. 10.1177/1066480719868705.

Kirk, D. S., and S. Wakefield. 2018. “Collateral Consequences of Punishment: A Critical Review and Path Forward.” Annual Review of Criminology 1, no. 1: 171–194. 10.1146/annurev-criminol-032317-092045.

Liu, H., C. Jingru Li, E. Lam Wong, et al. 2026. “Family Incarceration and Mental Health Among 101,417 Affected Families: A Systematic Review and Multilevel Meta‐Analysis.” Trauma, Violence & Abuse 27, no. 1: 120–139. 10.1177/15248380241306353.39810468

Mak, S., and A. Thomas. 2022. “An Introduction to Scoping Reviews.” Journal of Graduate Medical Education 14, no. 5: 561–564. 10.4300/JGME-D-22-00620.1.36274758 PMC9580317

Maschi, T., and L. Koskinen. 2015. “Co‐Constructing Community: A Conceptual Map for Reuniting Aging People in Prison With Their Families and Communities.” Traumatology 21, no. 3: 208–218. 10.1037/trm0000026.

Massoglia, M., and B. Remster. 2019. “Linkages Between Incarceration and Health.” Public Health Reports® 134, no. 1_suppl: 8S–14S. 10.1177/0033354919826563.31059410 PMC6505320

Mejia, M. C., A. Kowalchuk, S. Gonzalez, A. Sunny, and N. Scamp. 2024. “Expanding Treatment, Recovery, and Reentry Services for Female Offenders: Improving Outcomes Through Client‐Centered Interventions.” Community Mental Health Journal 60, no. 4: 713–721. 10.1007/s10597-023-01223-w.38175318

Menting, A. T. A., B. O. de Castro, E. M. Grandfield, J. J. A. Denissen, and W. Matthys. 2024. “Better Start to Better Future? Long‐Term Follow‐Up of a Parenting Intervention for Mothers Being Released From Incarceration.” Journal of Experimental Criminology 21: 889–914. 10.1007/s11292-024-09612-1.

Meza, J. I., C. Bondoc, N. Keshav, J. Bosco, and E. Barnert. 2023. “Exploring the Link Between Neighborhood Violence and Health Among African‐American and Latinx Youth Returning Home After Incarceration.” Child & Youth Care Forum 52, no. 3: 533–558. 10.1007/s10566-022-09696-8.41497783 PMC12768516

Moher, D., A. Liberati, J. Tetzlaff, and D. G. Altman. 2009. “Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta‐Analyses: The PRISMA Statement.” PLOS Medicine 6, no. 7: e1000097. 10.1371/journal.pmed.1000097.19621072 PMC2707599

Muentner, L., and P. Charles. 2023. “Family Reunification After Fathers Are Released From Prison: Perspectives on Children's Adjustment.” Family Relations 72, no. 3: 1068–1087. 10.1111/fare.12739.37583767 PMC10424776

Munn, Z., M. D. J. Peters, C. Stern, C. Tufanaru, A. McArthur, and E. Aromataris. 2018. “Systematic Review or Scoping Review? Guidance for Authors When Choosing Between a Systematic or Scoping Review Approach.” BMC Medical Research Methodology 18, no. 1: 143. 10.1186/s12874-018-0611-x.30453902 PMC6245623

Negash, S., K. Chung, and S. Oh. 2022. “Families Post‐Release: Barriers and Pathways to Family Therapy.” Family Process 61, no. 2: 609–624. 10.1111/famp.12769.35332541 PMC9311075

Negash, S., K. Chung, and E. Tadros. 2026. “Family Therapy Post‐Incarceration: Perspectives and Possibilities.” Journal of Marital and Family Therapy 52, no. 1: e70106. 10.1111/jmft.70106.41424110

Nguyen, T.‐T. T., A. Denejkina, F. Summersett Williams, L. A. Henshaw, and N. Shadowen. 2023. “Neighborhood Factors and School Engagement in Children of Parents or Guardians Who Have Experienced Incarceration.” Journal of Child and Family Studies 32, no. 12: 3800–3815. 10.1007/s10826-023-02688-9.

Nguyen, T. M., A. H. Nguyen, P. T. T. T. Tran, and H. T. P. Vo. 2023. “Self‐Compassion Reduces Parental Burnout: Mediation Roles of Parental Psychological Control and Support.” Personal Relationships 30, no. 1: 262–277. 10.1111/pere.12464.

Pettus‐Davis, C. 2021. “Support4Families: A Proposed Intervention Model to Support Families of Individuals Returning Home From Incarceration.” Families in Society: The Journal of Contemporary Social Services 102, no. 3: 316–332. 10.1177/1044389420970008.

Pettus‐Davis, C., E. E. Doherty, C. Veeh, and C. Drymon. 2017. “Deterioration of Post Incarceration Social Support for Emerging Adults.” Criminal Justice and Behavior 44, no. 10: 1317–1339. 10.1177/0093854817721936.

Pham, M. T., A. Rajić, J. D. Greig, J. M. Sargeant, A. Papadopoulos, and S. A. McEwen. 2014. “A Scoping Review of Scoping Reviews: Advancing the Approach and Enhancing the Consistency.” Research synthesis methods 5, no. 4: 371–385. 10.1002/jrsm.1123.26052958 PMC4491356

Salem, B. E., M. L. Brecht, M. L. Ekstrand, M. Faucette, and A. M. Nyamathi. 2019. “Correlates of Physical, Psychological, and Social Frailty Among Formerly Incarcerated, Homeless Women.” Health care for women international 40, no. 7–9: 788–812. 10.1080/07399332.2019.1566333.30901288 PMC6755073

Tadros, E. 2019. “The Tadros Theory of Change: An Integrated Structural, Narrative, and Solution‐Focused Approach.” Contemporary Family Therapy 41, no. 4: 347–356. 10.1007/s10591-019-09502-z.

Tadros, E. 2022. “The Tadros Theory of Change With Incarcerated Populations.” American Journal of Family Therapy 50, no. 4: 368–388. 10.1080/01926187.2021.1929560.

Tadros, E. 2024. “De‐Stigmatizing Incarcerated Couple and Family Therapy.” Journal of Forensic Psychiatry & Psychology 36, no. 2: 151–169. 10.1080/14789949.2024.2403504.

Tadros, E., M. Cappetto, and N. Aguirre. 2022. “Treating Specific Phobia Fear of Injury Through Narrative Therapy Post‐Release: A Clinical Case Study.” Journal of Forensic Psychiatry & Psychology 33, no. 3: 445–460. 10.1080/14789949.2022.2065332.

Tadros, E., C. Fahmy, S. S. Jordan, and A. Guajardo. 2025. “Self‐Efficacy, Goal Orientation, and Relationship Ideologies Among Incarcerated Men and Their Romantic Partners.” Crime & Delinquency 71, no. 5: 1514–1534. 10.1177/00111287231194716.

Tadros, E., J. M. Fye, C. L. McCrone, and N. Finney. 2019. “Incorporating Multicultural Couple and Family Therapy into Incarcerated Settings.” International Journal of Offender Therapy and Comparative Criminology 63, no. 4: 641–658. 10.1177/0306624X18823442.30628499

Tadros, E., R. Hutcherson, and N. Aguirre. 2023. “How Is Family Therapy Discussed in the Literature on Incarceration? A Systematic Review.” American Journal of Family Therapy 51, no. 5: 673–691. 10.1080/01926187.2022.2031343.

Tadros, E., R. Hutcherson, and A. Greene. 2021. “Advocating for an Incarcerated Informed Lens in Therapy.” International Journal of Offender Therapy and Comparative Criminology 65, no. 5: 631–643. 10.1177/0306624X20975162.33251882

Tadros, E., T. Mullin, and S. Presley. 2025. “The #Stigma of Conviction: A Twitter Thematic Analysis.” Current Psychology, ahead of print, June 20. 10.1007/s12144-025-08042-0.

Tadros, E., S. Negron‐Hobson, and E. Monterroso. 2024. “Structural Family Therapy and Culturally Informed Care With an Incarcerated Family: A Clinical Case Study.” Journal Applied Family Therapy 5, no. 5: 11–18. 10.61838/kman.aftj.5.5.2.

Tadros, E., and A. Ogun. 2026. “How Are Romantic Partners Discussed in the Literature on Incarceration?” Family Journal 34: 297–303. 10.1177/10664807251411449.

Tadros, E., and D. Owens. 2021. “Clinical Implications for Culturally Informed Counseling With Incarcerated Individuals.” American Journal of Family Therapy 49, no. 4: 344–355. 10.1080/01926187.2020.1813659.

Tadros, E., and S. Presley. 2024. “Missing Moments and Requesting Encouragement: The Experiences and Consequences of Having an Incarcerated Loved One.” Family Journal 32, no. 1: 112–120.

Thompson, C., and C. Datchi. 2019. “Offender Recidivism in Couple and Family Therapy.” In Encyclopedia of Couple and Family Therapy, edited by J. L. Lebow, A. L. Chambers, and D. C. Breunlin. Springer. 10.1007/978-3-319-49425-8_136.

Turney, K. 2015. “Liminal Men: Incarceration and Relationship Dissolution.” Social Problems 62, no. 4: 499–528. 10.1093/socpro/spv015.

Umamaheswar, J., E. Tadros, and A. Richards‐Karamarkovich. 2025. “Developing Evidence‐Informed Support Groups for Families of Incarcerated People: Findings From a Qualitative Study.” Family Process 64, no. 2: e70042. 10.1111/famp.70042.40443023 PMC12123169

Valera, P., and J. F. Boyas. 2019. “Perceived Social Ties and Mental Health Among Formerly Incarcerated Men in New York City.” International Journal of Offender Therapy and Comparative Criminology 63, no. 10: 1843–1860. 10.1177/0306624X19832239.30829090

Varghese, M., V. Kirpekar, and S. Loganathan. 2020. “Family Interventions: Basic Principles and Techniques.” Indian Journal of Psychiatry 62, no. Suppl 2: 192. 10.4103/psychiatry.IndianJPsychiatry_770_19.PMC700135332055062

Wallace, D., C. Fahmy, L. Cotton, et al. 2016. “Examining the Role of Familial Support During Prison and After Release on Post‐Incarceration Mental Health.” International Journal of Offender Therapy and Comparative Criminology 60, no. 1: 3–20. 10.1177/0306624X14548023.25156422

Warren, J. M., G. L. Coker, and M. L. Collins. 2019. “Children of Incarcerated Parents: Considerations for Professional School Counselors.” Professional Counselor 9, no. 3: 185–199. 10.15241/jmw.9.3.185.

Welch, N., S. Negash, A. Nino, K. Ayres, and S. Woolley. 2019. “Through Their Lens: The Parental Experience of Formerly Incarcerated Black Fathers.” Journal of Offender Rehabilitation 58, no. 6: 500–519. 10.1080/10509674.2019.1621416.

Wesselmann, D., S. Armstrong, C. Schweitzer, M. Davidson, and A. Potter. 2018. “An Integrative EMDR and Family Therapy Model for Treating Attachment Trauma in Children: A Case Series.” Journal of EMDR Practice and Research 12, no. 4: 196–207. 10.1891/1933-3196.12.4.196.

Wilson, P. R., E. Jagasia, J. Lee, et al. 2024. “Passport to Freedom: A Trauma‐Informed Mindfulness Program for Previously Incarcerated Women.” Journal of Psychosocial Nursing and Mental Health Services 62, no. 6: 18–26. 10.3928/02793695-20231206-02.38166595 PMC13001521

Yocum, A., and S. Nath. 2011. “Anticipating Father Reentry: A Qualitative Study of Children's and Mothers’ Experiences.” Journal of Offender Rehabilitation 50, no. 5: 286–304. 10.1080/10509674.2011.582930.

Zhao, J., and E. Tadros. 2025. “Rebuilding Trust After Infidelity for Justice‐Involved Couples: An Emotionally Focused Therapy Case Study.” Family Journal. 10.1177/10664807251329573.

Zhao, J., E. Tadros, A. Sohn, C. Lucena, and K. Cochren‐Albright. 2025. “Romantic Attachment, Relationship Ideology, Family Support, and Conflict in Women With Incarcerated Partners: A Mediation and Moderation Analysis.” Crime & Delinquency. 10.1177/00111287251330784.

Traduction non officielle en français de La thérapie relationnelle dans la réinsertion après l’incarcération : une revue exploratoire, par Eman Tadros, Thita Lamsam et Chandni Anandha Krishnan, Journal of Marital and Family Therapy, vol. 52, no 4 (2026), doi : 10.1111/jmft.70167, sous licence CC BY 4.0. Traduction et mise en page : Complexe Systémique, septembre 2026 — l’œuvre a été modifiée au sens de la licence (légende de la figure traduite). Ni les auteurs ni l’éditeur ne répondent de cette traduction ; la version originale fait foi.

Traduction française non officielle de « Relational Therapy in Post‐Incarceration Reentry: A Scoping Review », publié dans Journal of Marital and Family Therapy (2026) sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique, elle n’émane ni des auteurs ni de l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ; la version originale fait foi.

Lire l’article original

Comment citer cet article

Tadros, E., Lamsam, T., et Krishnan, C. A. (2026). La thérapie relationnelle dans la réinsertion après l’incarcération : une revue exploratoire (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/la-therapie-relationnelle-dans-la-reinsertion-apres-l-incarceration-une-revue-exploratoire (Œuvre originale publiée en 2026 dans Journal of Marital and Family Therapy, 52(4), e70167 (2026) ; republiée en 2026 par Journal of Marital and Family Therapy, https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/jmft.70167)

Panier

Votre panier est vide.