Child Care in Practice · Protection de l’enfance

Évaluer le programme POPS (People Offering Parents Support) : une étude qualitative de la défense des parents par les pairs dans les services gallois de protection de l’enfance

Au nord du pays de Galles, des parents passés par la protection de l’enfance accompagnent bénévolement d’autres parents suivis par les services. Shane Powell et ses collègues ont interrogé parents, mentors et équipes : avec une mentor aux côtés des parents, leur parole porte davantage en réunion, leurs droits sont mieux connus, l’isolement recule. Restent des questions de limites, de formation et de financement.

Auteurs Shane Powell (université de Cardiff, Royaume-Uni) ; Emilia Preter (université de Cardiff, Royaume-Uni) ; Samantha Fitz-Symonds (Children’s Social Care Research and Development Centre, CASCADE, Royaume-Uni) ; Clive Diaz (université de Swansea, Royaume-Uni) ; Vicky Hansly (université de Cardiff, Royaume-Uni)Première publication Child Care in Practice, 10 avril 2026Traduction Complexe Systémique, traduction non officielle

Traduction française non officielle. Cet article est la traduction de Évaluer le programme POPS (People Offering Parents Support) : une étude qualitative de la défense des parents par les pairs dans les services gallois de protection de l’enfance, par Shane Powell, Emilia Preter, Samantha Fitz-Symonds, Clive Diaz et Vicky Hansly, publié dans Child Care in Practice (Taylor & Francis) (2026), doi : 10.1080/13575279.2026.2648980, sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par le Complexe Systémique en septembre 2026 : le texte original a été traduit en français et remis en page, ce qui constitue une modification de l’œuvre au sens de la licence. Les deux tableaux sont présentés sous forme de listes ; les déclarations de fin d’article sont regroupées dans les notes. Cette traduction n’a été effectuée ni par les auteurs ni par l’éditeur, qui ne répondent ni de son contenu ni d’éventuelles erreurs. La version originale fait foi.

Elle sait ce que je ressens parce qu’elle sait ce qu’elle a ressenti.

Un parent accompagné par POPS, cité par Shane Powell et al.

Résumé

Cette étude qualitative évalue le programme People Offering Parents Support (POPS), une initiative de défense des parents par les pairs au sein des services gallois de protection de l’enfance. Visant à renforcer le pouvoir d’agir des parents confrontés à des systèmes de protection de l’enfance complexes, POPS recrute des mentors ayant une expérience vécue de difficultés comparables, qui apportent conseils et soutien dans la défense de leurs droits. À partir d’entretiens semi-directifs avec des parents, des mentors pairs et des membres des équipes professionnelles, l’étude examine les effets du programme sur l’engagement des parents, leur capacité à s’orienter dans le système et le soutien émotionnel. Les résultats montrent que le mentorat par les pairs renforce la confiance, les connaissances et la résilience émotionnelle des parents, et leur permet de participer plus efficacement aux processus de protection de l’enfance. Des difficultés liées aux limites des rôles, à l’intégration professionnelle et à la pérennité ont toutefois été relevées. Cette étude contribue au champ croissant de la recherche sur la défense des parents par les pairs et éclaire la capacité de ces modèles à transformer les services de protection de l’enfance, en favorisant des environnements plus inclusifs, plus soutenants et plus émancipateurs pour les familles.

Mots-clés : défense des parents par les pairs ; protection de l’enfance ; engagement parental ; pays de Galles ; évaluation qualitative

Introduction

Les systèmes de protection de l’enfance du Royaume-Uni reconnaissent de plus en plus l’importance de l’engagement des parents, mais la recherche montre de manière constante que de nombreux parents vivent leurs interactions avec ces systèmes comme dépossédantes, marginalisantes et oppressives (Bekaert et al., 2021 ; Diaz, 2020). Le contexte des procédures légales de protection de l’enfance pose des difficultés considérables aux parents : il génère souvent un stress important et limite une participation véritable aux processus de décision (Appleton, 2016 ; Cossar et al., 2011 ; Corby et al., 1996). Ces expériences dressent souvent des obstacles à un engagement effectif et peuvent fragiliser les relations de collaboration indispensables à des résultats positifs. Face à ces difficultés, la défense des parents par les pairs (peer parental advocacy, PPA) est apparue comme une approche prometteuse pour répondre à des problèmes anciens d’engagement parental dans les systèmes de protection de l’enfance. La PPA repose sur des parents qui, ayant déjà eu affaire à ces systèmes, soutiennent et défendent d’autres parents qui vivent actuellement des situations semblables, afin de renforcer leur pouvoir d’agir (Tobis et al., 2020). Malgré un intérêt international croissant, les données empiriques sur la mise en œuvre et les effets des modèles de PPA au Royaume-Uni restent limitées.

Des revues récentes ont commencé à cartographier le paysage international des modèles de soutien parental par les pairs. Dans une revue de la portée couvrant 25 ans de littérature empirique, Saar-Heiman et al. (2024) ont recensé 24 programmes de défense et de soutien des parents par les pairs liés à la protection de l’enfance, et mis en évidence une grande diversité de cadres d’intervention, de publics cibles, d’objectifs, de rôles des pairs et de cadres théoriques sous-jacents. De même, Acri et al. (2023) ont mené une revue systématique des modèles de pairs destinés aux familles suivies par le système de protection de l’enfance : la plupart des interventions s’adressaient aux parents de naissance, pour faciliter la réunification et soutenir la famille, avec des résultats surtout favorables, en particulier pour l’engagement dans les soins et la réunification. Saeteurn et al. (2022) ont en outre montré que les parents ayant participé à des programmes de mentorat par les pairs avaient plus de chances de retrouver leurs enfants que les autres. Prises ensemble, ces revues soulignent que si les programmes de pairs parents constituent une intervention prometteuse en protection de l’enfance, la base de données probantes reste émergente et peu d’études ont recouru à des devis de recherche rigoureux.

Il importe de clarifier la terminologie de ce champ, car les termes « défense par les pairs » (peer advocacy), « mentorat par les pairs » (peer mentoring) et « soutien par les pairs » (peer support) sont souvent employés de manière interchangeable, dans la pratique comme dans la littérature, alors qu’ils renvoient à des rôles et à des fonctions distincts, bien qu’en partie superposés (Saar-Heiman et al., 2024). Dans une revue de la portée des programmes de défense parentale qui soutiennent la participation aux décisions de protection de l’enfance, Powell et al. (2024) ont distingué quatre grands modèles : la défense par les pairs, assurée par des parents ayant une expérience vécue ; la défense professionnelle, assurée par le travail social ou par des services de défense indépendants ; la défense juridique, assurée par des juristes ; et des modèles hybrides combinant des éléments des catégories précédentes. Dans cette typologie, le mentorat par les pairs, tel qu’il est pratiqué dans des programmes comme POPS, se comprend comme une forme de défense par les pairs, dans laquelle l’expérience vécue du système de protection de l’enfance constitue la principale qualification de la personne mentor et le socle relationnel de son soutien. Cette distinction est importante, car elle situe le mentorat dans le paysage plus large de la défense des droits, tout en reconnaissant qu’il s’appuie spécifiquement sur un savoir expérientiel plutôt que sur des titres professionnels.

Une autre question importante concerne la position structurelle des services de défense par rapport aux systèmes légaux de protection de l’enfance. La défense des parents en protection de l’enfance peut s’organiser de diverses manières : de façon indépendante, par des services structurellement séparés des organismes publics qui prennent les décisions concernant les familles ; ou sous des formes intégrées, où les personnes chargées de la défense travaillent au sein des systèmes publics ou à leurs côtés (Saar-Heiman et al., 2024). Dans leur revue descriptive de la défense indépendante non juridique en protection de l’enfance, Fitt et al. (2023) relèvent des données de plus en plus nombreuses montrant que cette offre présente des bénéfices importants pour les familles, les systèmes de services et les pouvoirs publics, même si le domaine reste peu étudié. L’indépendance de l’offre de défense compte, car des personnes qui ne sont ni employées par les services de protection de l’enfance ni redevables envers eux peuvent être mieux placées pour représenter les intérêts des parents sans conflit d’obligations. Les modèles intégrés peuvent toutefois offrir des avantages en termes d’articulation avec les parcours de services existants et les relations professionnelles. Le programme POPS occupe à cet égard une position intermédiaire : s’il fonctionne en lien avec les Integrated Family Support Teams (équipes intégrées de soutien aux familles) et s’il est financé par des fonds publics, ses mentors pairs sont des bénévoles de la communauté dont la loyauté va d’abord aux familles accompagnées, plutôt qu’au système public. Cette indépendance perçue a été désignée par les personnes participantes comme une caractéristique particulièrement appréciée du programme, comme on le verra dans les résultats ci-dessous.

Le programme People Offering Parents Support (POPS) constitue la première intégration formelle du mentorat par les pairs dans les services sociaux publics à l’enfance au pays de Galles. Lancé en 2015, POPS recrute des mentors bénévoles ayant une expérience vécue pertinente des systèmes de protection de la jeunesse, de l’usage de substances et de la justice, qui accompagnent et défendent des parents orientés par les Integrated Family Support Teams (IFST).

Berrick et al. (2011) proposent une distinction conceptuelle utile entre objectifs proximaux et objectifs distaux des programmes de défense par les pairs, qui aide à cadrer les résultats visés par POPS. Pour ce qui est des objectifs proximaux, le programme vise à atténuer l’isolement en défendant et en nourrissant la motivation et la capacité des personnes à s’engager positivement auprès des services de soutien disponibles. Les objectifs distaux comprennent la réunification familiale et la réduction, à terme, des taux de retrait d’enfants, en combattant la stigmatisation omniprésente qui entoure le fait d’avoir affaire à la protection de l’enfance.

Le moment de cette étude est particulièrement significatif, car il coïncide avec des évolutions politiques récentes faisant suite à l’Independent Review of Children’s Social Care en Angleterre (MacAlister, 2022), qui recommandait expressément de développer les services de défense des parents. Cette revue constatait que la défense indépendante apporte souvent une « aide transformatrice » permettant aux familles de faire face à leurs difficultés tout en restant ensemble. Bien qu’ils portent sur l’Angleterre, ces constats concernent l’ensemble du Royaume-Uni, y compris le pays de Galles, où POPS est implanté. Ce contexte politique offre une occasion décisive de constituer une base de données probantes sur les initiatives de défense des parents par les pairs, susceptible d’éclairer le développement futur des services.

En recueillant des éclairages sur les effets perçus sur la prise de décision, les relations et l’engagement parental, cette étude apporte des données empiriques opportunes à un champ en pleine croissance. Les résultats permettent de comprendre l’expérience des personnes participantes et les facteurs de mise en œuvre, afin d’orienter la poursuite du développement de POPS et d’initiatives émergentes semblables. Plus largement, cette recherche est l’occasion de constituer au Royaume-Uni une première base de données probantes sur les initiatives de défense des parents par les pairs et d’amplifier la voix des parents dans les services de protection de l’enfance, pour éclairer en définitive des façons plus réactives et plus émancipatrices de soutenir les familles vulnérables.

Méthodologie

Plan de recherche

L’étude a été menée au nord du pays de Galles, où POPS fonctionne en lien avec les Integrated Family Support Teams (IFST) des conseils de comté de Gwynedd et d’Ynys Môn (Anglesey). La région fait face à d’importantes difficultés liées à l’usage de substances et à la santé mentale, aggravées par des cycles générationnels de trauma et par une infrastructure de services limitée (Gwynedd Council, 2018). La langue galloise et l’identité culturelle propres à la région façonnent aussi les besoins de la population et ses façons de s’engager auprès des services. Dans ce contexte, POPS recrute des mentors bénévoles dont l’expérience vécue inclut le suivi par les services à l’enfance, les troubles liés à l’usage de substances et la marginalisation. Ces mentors sont mis en relation avec des parents orientés par les IFST en raison de préoccupations de protection de l’enfance comme les violences conjugales, l’addiction et la négligence liée à la pauvreté.

L’étude a recouru à une méthodologie qualitative transversale pour explorer l’expérience des personnes participantes au sein du programme POPS. Comme on l’a vu, POPS assure la défense des parents par les pairs au moyen d’un modèle de mentorat dans lequel des mentors bénévoles ayant une expérience vécue apportent conseils, soutien émotionnel et représentation à des parents suivis par les services publics de protection de l’enfance. Si le programme se décrit sur le plan opérationnel comme du « mentorat par les pairs », le soutien apporté englobe des fonctions de défense (accompagner les parents aux réunions, les aider à comprendre leurs droits, représenter leurs intérêts auprès des équipes professionnelles), conformément à la typologie plus large de la défense par les pairs dégagée dans la littérature (Powell et al., 2024 ; Saar-Heiman et al., 2024). Une approche qualitative a été retenue comme la plus adaptée pour saisir des éclairages nuancés et contextualisés sur la manière dont le mentorat et la défense par les pairs influencent les familles qui naviguent dans des systèmes complexes de protection de l’enfance (Patton, 1990), et pour recueillir des données riches et expérientielles reflétant plusieurs points de vue sur la mise en œuvre et les effets perçus du programme.

La recherche a été guidée par une question évaluative générale : « Des relations saines portées par la communauté peuvent-elles favoriser des expériences positives pour les familles vulnérables ? » Volontairement large, pour refléter la nature exploratoire de l’évaluation commandée dont est tiré cet article, cette question laisse place ici à une analyse centrée sur la manière dont la défense des parents par les pairs, au sein du programme POPS, a soutenu l’engagement et la participation des parents dans les processus légaux de protection de l’enfance. Des sous-questions complémentaires ont été explorées :

Tableau

  • 1. Quels sont les difficultés et les bénéfices pratiques et thérapeutiques du projet ?
  • 2. Quelles sont les attentes des parents et des mentors, et correspondent-elles aux bénéfices constatés ?
  • 3. Les bénéfices sont-ils conformes aux buts et aux objectifs des Integrated Family Support Teams (IFST) ?
  • 4. Où les personnes participantes repèrent-elles des points forts sur lesquels s’appuyer ?

Cette approche exploratoire a permis l’émergence de thèmes inattendus, tout en restant centrée sur les principaux domaines d’intérêt relatifs à la mise en œuvre et aux effets.

Considérations éthiques

L’approbation éthique a été obtenue selon les procédures d’éthique de la recherche de la School of Social Sciences de l’université de Cardiff avant le début de la collecte des données (approbation no 4058). Une attention particulière a été portée aux dynamiques de pouvoir possibles, notamment lors des entretiens avec des parents suivis par les services publics, et à la protection des personnes participantes vulnérables, en veillant à ce que la participation à la recherche n’aggrave pas le stress déjà vécu par les familles engagées dans des procédures de protection de l’enfance. Le caractère volontaire de la participation a été souligné tout au long du recrutement et de la collecte des données, avec une explication claire que les décisions relatives à la participation n’auraient aucune incidence sur les services reçus. La confidentialité a été préservée par une anonymisation soigneuse des données et par un stockage sécurisé des matériaux de recherche, conformément à la réglementation sur la protection des données.

Échantillonnage et recrutement

Les personnes participantes ont été sélectionnées au moyen de stratégies d’échantillonnage raisonné adaptées à une enquête qualitative approfondie (Patton, 1990). Cette approche repose sur un recrutement stratégique fondé sur une appréciation subjective de la pertinence expérientielle, en privilégiant des cas riches en informations plutôt que la représentativité statistique. Les conseils de comté et les IFST ont facilité le recrutement en servant d’intermédiaires initiaux auprès des familles et des mentors engagés dans POPS, en dehors de toute crise en cours ou de préoccupation aiguë de sécurité. Pour situer la base d’échantillonnage, POPS intervenait dans deux collectivités locales, Gwynedd et Ynys Môn, avec un petit vivier de mentors bénévoles en activité. Au moment de la collecte des données, le programme disposait d’environ cinq mentors pairs formés, dont trois ont participé à cette étude. Compte tenu de l’échelle réduite du programme, fondé sur le bénévolat et implanté en milieu rural, le nombre de familles orientées et activement engagées à un moment donné était modeste, avec en général un nombre limité de binômes parent-mentor simultanés. Les deux parents de l’étude ont été choisis parmi les parents qui avaient bénéficié, ou bénéficiaient encore, d’un mentorat par les pairs pendant la période de collecte. Bien que le nombre précis d’orientations sur l’ensemble de la période de collecte ne soit pas fourni, la petite taille du programme est un élément de contexte important. Elle reflète à la fois le caractère rural de la région et les difficultés de ressources examinées dans les résultats.

Les mentors pairs ont été recrutés dans la communauté par l’intermédiaire du dispositif de bénévolat existant du programme. Chaque mentor avait une expérience personnelle du système de protection de l’enfance ou de systèmes connexes, dont les services à l’enfance, l’usage de substances et la justice pénale. Les mentors recevaient une formation initiale à leur entrée dans le programme mais, comme le montrent les résultats ci-dessous, les trois mentors de l’étude ont exprimé le souhait d’une formation complémentaire et plus spécialisée, en particulier en matière de protection de l’enfance (safeguarding) et de gestion de situations complexes. La nature et l’étendue de la formation initiale sont examinées comme un résultat clé de cette évaluation.

Au total, 11 personnes ont été interviewées :

Tableau

  • 1. 2 parents (avec un entretien de suivi pour chaque personne)
  • 2. 3 mentors pairs (avec un entretien de suivi pour chaque personne)
  • 3. 5 membres des équipes IFST
  • 4. 1 personne responsable du programme
  • 5. 1 personne responsable du service

Cette taille d’échantillon, qui ne visait pas la saturation thématique, a offert plusieurs points de vue couvrant les principales parties prenantes du programme, illustrant un éventail d’expériences pour cette première évaluation exploratoire. Le nombre de personnes participantes a permis une analyse pertinente tout en évitant une identification par recoupement, afin de préserver l’anonymat.

Collecte des données

Les entretiens individuels ont été menés entre janvier 2023 et janvier 2024. Toutes les personnes participantes ont reçu des fiches d’information détaillées présentant l’objet de la recherche, le caractère volontaire de la participation, les bénéfices et les risques, ainsi que les garanties éthiques en matière de confidentialité. Un consentement éclairé signé a été obtenu avant chaque entretien, avec une reconfirmation continue de la volonté de participer tout au long du processus. Les grilles d’entretien étaient semi-directives, ce qui assurait une cohérence sur les thèmes centraux tout en laissant la souplesse nécessaire pour explorer les expériences individuelles. Des grilles différentes ont été élaborées pour chaque groupe de parties prenantes afin de saisir leur point de vue propre, tout en maintenant une cohérence sur les domaines d’intérêt communs : attentes, effets perçus sur les familles, regards sur le programme et enseignements généraux. Tous les entretiens ont été enregistrés avec l’autorisation des personnes participantes, puis transcrits de manière anonyme.

Analyse des données

Une analyse thématique a été menée sur les entretiens transcrits au moyen du logiciel NVivo20, pour faciliter la gestion et le codage des données. L’analyse a suivi la démarche d’analyse thématique en six étapes de Braun et Clarke (2006), choisie pour son approche à la fois systématique et souple du repérage de configurations de sens dans des données qualitatives. Un codage inductif a été appliqué aux transcriptions pour repérer les concepts, les expériences et les points de vue récurrents dans les récits ; il a été appliqué de façon cohérente au sein de chaque transcription et dans l’ensemble de l’échantillon, afin de faciliter la reconnaissance des motifs communs du corpus. Ces codes préliminaires ont ensuite été regroupés en thèmes potentiels, examinés quant à leur cohérence interne et à leur spécificité externe. Les thèmes ont été affinés par un processus itératif de comparaison des données codées au sein des thèmes et entre eux, qui a conduit à l’élaboration d’un cadre thématique rendant compte des dimensions clés de l’expérience des personnes participantes.

Résultats

Les résultats de cette évaluation qualitative révèlent des expériences multiformes du programme POPS selon les groupes de parties prenantes. L’analyse des entretiens a dégagé plusieurs domaines thématiques clés qui éclairent la façon dont la défense des parents par les pairs fonctionne en pratique, ses effets perçus et les difficultés de sa mise en œuvre. Cette section présente ces résultats selon le point de vue des parties prenantes (parents, mentors pairs et équipes professionnelles), tout en dégageant des thèmes transversaux qui répondent aux questions de recherche sur l’influence des relations de mentorat par les pairs sur les familles vulnérables.

Le point de vue des parents

Les chemins vers le soutien et le développement de la relation

Les parents ont décrit leur entrée dans le programme POPS à la suite d’une orientation par les services sociaux ou par les Integrated Family Support Teams (IFST). Leurs récits faisaient apparaître des durées variables d’accompagnement par les mentors pairs, avec tantôt un soutien continu, tantôt des passages d’un mentor à l’autre.

C’est ma référente de l’équipe indépendante… c’est elle qui a tout organisé… elle m’a juste dit : « Je pense que ça va beaucoup t’aider. » Et puis elle m’a juste indiqué ça, et depuis c’est incroyable, franchement. (Parent 1)

Les deux parents recherchaient des sources de soutien fiables, où leurs propres difficultés seraient prises en compte en même temps que les besoins de leurs enfants. La présence d’une personne bienveillante et sans jugement pour défendre leurs intérêts leur apportait un sentiment de solidarité et de compréhension, distinct de leur expérience des services publics.

Composer avec les rapports de pouvoir et les systèmes professionnels

Un thème dominant des récits des parents était l’effet transformateur de la présence d’une personne qui les défende lors d’échanges difficiles avec des équipes professionnelles. Les parents disaient se sentir ignorés, interrompus ou éclipsés en réunion lorsque leur mentor pair ne les accompagnait pas. La présence des mentors pairs modifiait cette dynamique et garantissait que la parole des parents soit reconnue et respectée. Parent 1 a dit qu’on l’« écoute davantage quand elle est là », ce qui suggère que la présence de la mentor avait un effet de légitimation qui renforçait la disposition des équipes professionnelles à écouter.

Parent 2 a dit avoir bénéficié d’une représentation précieuse lors de réunions à l’école, en soulignant que sa mentor avait « vraiment pris sa défense », ce qui montre que le rôle de défense s’étendait au-delà de la protection de l’enfance, jusqu’au cadre scolaire, à l’image des difficultés imbriquées auxquelles les parents font face.

Le positionnement extérieur au système légal des mentors pairs était particulièrement apprécié des parents, qui distinguaient cette relation des autres interventions professionnelles : « Parce qu’elle n’est pas… elle n’est pas avec les services sociaux, elle n’est avec personne, elle est juste là pour toi et les enfants » (Parent 1).

Cette perception d’indépendance favorisait la confiance et l’ouverture, en créant un espace où les parents pouvaient exprimer leurs frustrations et demander conseil sans crainte de jugement ni de conséquences.

Le pouvoir d’agir par la connaissance et le soutien émotionnel

Les parents ont repéré plusieurs dimensions du pouvoir d’agir favorisé par les mentors pairs. Parent 1 a souligné combien sa mentor avait renforcé sa capacité à se défendre et à comprendre les systèmes dans lesquels il fallait naviguer : « Elle me signale toujours des choses, elle me dit : “Non, regarde, il y a des recherches là-dessus, et souviens-toi de tes droits.” »

Le soutien émotionnel apporté comptait tout autant ; Parent 1 a noté : « Grâce à elle, j’ai souvent gardé mon calme », et a qualifié la relation d’« incroyable ».

Les deux parents accordaient de la valeur à l’expérience vécue des mentors, socle d’une compréhension authentique : ce savoir expérientiel partagé créait un lien singulier que les parents distinguaient du soutien professionnel, si empathique soit-il. Savoir que leur mentor avait traversé des épreuves semblables donnait de l’espoir et atténuait l’isolement.

Parce que je pense que c’est… c’est ça le plus important, vous voyez, genre le soutien de pair que j’ai maintenant, d’accord, on n’a pas le même parcours, mais elle est passée devant le tribunal, vous voyez… ses enfants sont partis en famille d’accueil, ma petite fille est partie en famille d’accueil, mais elle connaît ce chemin que j’ai suivi. Elle sait ce que je ressens parce qu’elle sait ce qu’elle a ressenti. (Parent 2)

Le point de vue des mentors pairs

Motivations et compréhension du rôle

Les mentors pairs ont décrit des motivations profondément personnelles à s’engager dans ce rôle de défense, ancrées dans leur propre expérience des systèmes et dans le désir d’apporter le soutien dont ces personnes avaient elles-mêmes eu besoin. PM 1 l’a dit simplement : « Parce que mes expériences de vie peuvent aider d’autres personnes… Et c’est bien de rendre. » PM 3 expliquait de même : « Parce que j’avais vécu plus ou moins les mêmes choses… Je pense que les familles peuvent s’identifier à moi. »

Ces motivations traduisent le désir de transformer des histoires personnelles difficiles en ressources pour d’autres, et de donner sens à des expériences éprouvantes. Les mentors concevaient leur rôle comme multiforme, englobant le soutien émotionnel, l’aide pratique et l’orientation dans le système. Leurs récits révélaient un engagement à s’intégrer à la vie des parents et à offrir un soutien détendu et global, adapté à chaque parcours, plutôt que de suivre des chemins ou des objectifs prédéfinis.

Composer avec des limites complexes et avec les relations professionnelles

Les mentors pairs ont décrit la gestion de questions de limites délicates tout en entretenant des relations professionnelles à la fois avec les familles et avec les services publics. PM 1 évoquait le fait d’avoir été témoin de dynamiques familiales difficiles et d’avoir dû gérer ses propres réactions émotionnelles : « J’ai vu de la maltraitance entre la fille et la mère… Et la mère en a juste ri, et j’ai trouvé ça assez difficile. » Cette personne reconnaissait aussi ses propres limites : « Et en plus j’avais mes propres problèmes, alors j’ai dû prendre du recul et dire que je ne pouvais pas. » Ces réflexions montrent le terrain émotionnel complexe dans lequel les mentors évoluent et l’importance d’avoir conscience de ses propres capacités.

Les mentors ont décrit des expériences contrastées avec les équipes de travail social, reflétant des différences dans la manière dont leur rôle était compris et valorisé au sein du système plus large. PM 1 faisait état d’interactions positives : « Je n’ai jamais eu de problème avec qui que ce soit du service social… J’ai trouvé tout le monde vraiment sympa et facile à vivre. » PM 2, en revanche, a vécu une ambiguïté de rôle source de tensions : « Encore l’incident des services sociaux, où ils exigeaient que je leur fasse des rapports, ce n’était pas en fait… enfin, je ne pense pas que ça faisait partie de mon rôle de leur faire des rapports. »

PM 3 portait une appréciation nuancée des dynamiques professionnelles, en soulignant une grande variabilité dans les approches du travail social : « Je vois que certaines personnes punissent les parents au lieu de les aider… Ouais, ça… ça dépend juste de la personne du service social sur qui on tombe, je pense. » Cette inconstance perçue des pratiques professionnelles compliquait la tâche des mentors, qui cherchaient à maintenir des relations de confiance avec les familles tout en collaborant efficacement avec les services publics.

Besoins de formation et soutien organisationnel

Les trois mentors ont exprimé des besoins de formation renforcée et d’infrastructure organisationnelle pour exercer efficacement leur rôle. PM 1 souhaitait « plus de formation sur ce qu’il faut faire dans les situations difficiles » et « plus de formation en protection de l’enfance », ce qui suggère que la préparation actuelle laissait des lacunes face aux situations complexes. PM 3 disait de même : « J’aimerais un peu plus de formation, ouais », tout en appréciant les défis inhérents au rôle : « Oh, les défis, ouais, j’aime les défis. »

Les mentors ont aussi exprimé le besoin d’une meilleure communication et d’occasions d’échange en réseau entre pairs, ainsi que de documents et de procédures plus clairs, signe d’un désir d’approches plus structurées pour consigner et faire reconnaître leur travail.

Ces points de vue suggèrent que si les mentors appréciaient la souplesse et la dimension relationnelle de leur rôle, des cadres plus solides étaient aussi recherchés pour mieux composer avec les situations complexes ; ils révèlent une tension entre le maintien de la nature authentique et non bureaucratique du soutien par les pairs et l’accès à une structure et à des ressources suffisantes pour agir avec assurance.

Le point de vue des équipes professionnelles

Comprendre et valoriser le rôle de défense

Les membres des équipes professionnelles exprimaient des compréhensions variées du rôle de mentor pair, révélant à la fois une reconnaissance de son apport singulier et une certaine ambiguïté conceptuelle. La personne responsable du projet soulignait le caractère réactif du rôle, guidé par les parents : « Tout ce dont les parents pensent avoir besoin », mettant en avant son orientation fondamentale vers les priorités définies par les parents eux-mêmes plutôt que vers des objectifs imposés de l’extérieur.

La personne responsable du service exprimait une compréhension claire de l’importance du rôle de défense pour guider les parents dans des systèmes complexes :

Eh bien, j’ai toujours pensé qu’il est important que les parents aient quelqu’un pour les défendre. C’est un monde très complexe quand des parents entrent en contact avec les services sociaux… Alors avoir quelqu’un pour les guider dans ce processus, c’est assez important.

J’ai dû ajuster mon vocabulaire, préciser les choses et poser ces questions : est-ce du mentorat par les pairs ou est-ce de la défense parentale ? … Je suppose que les mentors pourraient aussi jouer un rôle de défense, mais je pense que la défense est un rôle assez spécifique, qui demande une formation, non ?

Membre IFST 5 voyait les mentors comme centrés spécifiquement sur les besoins des parents, par contraste avec des rôles professionnels centrés sur l’enfant : « Leur rôle, c’était les… parents… les défendre, en fait. »

Ces interprétations variées suggèrent que si les équipes professionnelles reconnaissaient l’apport particulier des mentors pairs, la clarté opérationnelle sur les limites du rôle et les relations avec les autres services restait en construction.

Bénéfices et effets perçus

Les membres des équipes professionnelles ont relevé plusieurs bénéfices du mentorat par les pairs, en particulier pour renforcer l’engagement des parents, leur confiance et leur capacité à s’orienter dans le système.

Pour « ma » maman, si j’avais dit il y a un an qu’elle viendrait dans les bureaux du conseil parler à la direction des services sociaux et aux membres du conseil d’Anglesey, elle se serait enfuie et ne m’aurait pas adressé la parole pendant des semaines. Alors la voir faire ce travail de mentorat par les pairs pendant genre six, sept semaines, et être capable de venir dans les bureaux, très fière du service qu’elle a reçu… la confiance que ce mentorat lui a donnée, c’est… je ne pense pas que ça partira un jour. (Membre IFST 2)

Membre IFST 1 soulignait la valeur particulière de la posture sans jugement des mentors pairs :

Je vois bien que les mentors jouent un rôle vraiment précieux pour des parents qui ont peut-être besoin de quelqu’un à peu près du même âge, qui veulent quelqu’un de peut-être impartial, qui ne soit ni de leur famille ni de leurs proches, qui ne soit pas la personne professionnelle qui va peut-être écrire un rapport sur tout.

Les gens sont… ils ont peut-être une voix, mais ils peuvent donner l’impression d’être en colère, et les gens ne tiennent pas compte du fait que c’est cet instinct animal : vous me prenez mon enfant. Je vais vous crier dessus et vous insulter parce que je n’arrive pas à exprimer ce qui se passe pour moi sur le plan émotionnel.

Membre IFST 1 observait de même que la défense « donne du pouvoir au parent, pour que le parent ait vraiment le sentiment d’avoir plus de pouvoir et de contrôle », ce qui suggère que les mentors pairs favorisaient non pas une participation superficielle, mais un véritable renforcement du pouvoir d’agir.

Difficultés de mise en œuvre et besoins de développement du service

Les membres des équipes professionnelles ont relevé plusieurs difficultés qui pesaient sur la mise en œuvre du programme, dont des problèmes d’effectifs et des contraintes de fonctionnement aggravés par la pandémie de COVID-19 et par le manque de ressources. Des facteurs géographiques dressaient des obstacles supplémentaires, en particulier dans le nord rural du pays de Galles :

On ne peut tout simplement pas construire les mêmes relations en ligne qu’en face à face… J’ai assisté à des réunions qu’ils ont eues au nord du pays de Galles, je vais au nord du pays de Galles pour les réunions, mais j’ai quand même la ré… je m’isole quand même dans une pièce à part et je fais la réunion sur Teams… il s’agit vraiment de construire ces relations-là. (Personne responsable du projet)

Je me demande ce qui leur sert de mesure pour savoir quand c’est préoccupant, quand ça ne l’est pas… Je ne pense pas qu’en tant qu’équipe professionnelle nous ayons assez compris quelles mesures une personne mentor pouvait utiliser pour évaluer le risque, ce qui était acceptable, ce qui ne l’était pas.

Membre IFST 3 soulignait les difficultés à recruter des mentors pairs adaptés :

Je pense que… trouver plus de mentors pairs, je pense que c’est ça l’enjeu maintenant, vraiment… on ne veut pas devenir… en avoir trop et juste… recruter plein de gens qui ne conviennent peut-être pas… il faut un processus de recrutement vraiment… rigoureux.

Ces points de vue professionnels mettaient en évidence des contraintes de fonctionnement qui limitaient la portée et la pérennité du programme, malgré la reconnaissance de sa valeur. Ils suggéraient des besoins d’infrastructure renforcée, de protocoles plus clairs et d’approches stratégiques du recrutement et de la fidélisation de mentors dotés d’une expérience vécue et de compétences appropriées.

Thèmes transversaux

Transformer les rapports de pouvoir par la défense

Un thème récurrent dans tous les groupes de parties prenantes était la capacité de la défense par les pairs à modifier les déséquilibres de pouvoir traditionnels entre des parents vulnérables et les systèmes professionnels. L’expérience des parents qu’on « coupait » ou qu’on ignorait en l’absence d’accompagnement contrastait nettement avec le sentiment qu’on les « écoute davantage » avec le soutien des mentors. La personne responsable du projet décrivait la « vraie peur » et l’impression de « jugement » que les conférences de protection de l’enfance suscitent chez les parents qui affrontent le processus sans soutien, alors que les personnes qui les défendent les aident à « se sentir en confiance » et apportent un « lien qui rassure » sur le plan émotionnel.

La personne responsable du service reconnaissait que des personnes formées à la défense « peuvent… influer sur les rapports de pouvoir entre parents et professionnels », malgré les difficultés possibles de mise en œuvre. Ces déplacements de pouvoir se traduisaient par une confiance accrue des parents pour exprimer leurs opinions, poser des questions et contribuer de manière significative aux décisions concernant leur famille.

La valeur singulière du savoir expérientiel

Tous les groupes de personnes participantes ont souligné l’apport particulier de l’expérience partagée pour créer des liens et une compréhension authentiques. Parent 2 appréciait spécialement le parcours semblable de sa mentor à travers le tribunal et le retrait des enfants : « Elle sait ce que je ressens parce qu’elle sait ce qu’elle a ressenti. »

Ce savoir expérientiel permettait aux mentors d’offrir une empathie et des éclairages que les équipes professionnelles, quelles que soient leur formation ou leurs intentions, ne pouvaient apporter depuis la même position. « Je ne pense pas qu’il faudrait que ce soient des personnes qualifiées, genre du travail social, de la thérapie ou des soins infirmiers. Je pense que c’est bien pour les familles de savoir que, genre, ce sont des gens comme moi » (Membre IFST 4).

Cela suggère que préserver la spécificité des rôles de pairs, plutôt que de les professionnaliser pour qu’ils ressemblent aux services existants, en préserve les qualités les plus appréciées.

Composer avec des limites de rôle complexes et avec l’intégration

La tension entre le maintien de relations authentiques entre pairs et un fonctionnement efficace au sein des systèmes formels est apparue comme une difficulté importante dans les récits des parties prenantes. Les mentors pairs ont décrit une double loyauté : entretenir des relations de confiance avec les familles tout en collaborant de façon appropriée avec les équipes professionnelles. Celles-ci relevaient de même la complexité des limites, en se demandant où tracer la ligne entre un mentorat de soutien et l’amitié. Membre IFST 1 s’interrogeait : « Où est la limite entre un accompagnement bénévole professionnel, et puis le fait de se lier d’amitié et d’être de connivence dans quoi que ce soit… Y a-t-il des consignes claires sur le fait de ne pas garder de liens d’amitié ensuite, ou pas ? »

Le terme « connivence » (colluding) employé par cette personne suggère une inquiétude quant à une possible suridentification aux parents, alors que les récits des parents soulignaient la valeur d’un soutien sans jugement. Cette tension reflète des débats plus larges sur la question de savoir si la formalisation des rôles de pairs au sein des hiérarchies professionnelles renforce ou affaiblit leurs valeurs fondamentales.

L’intégration aux systèmes existants posait aussi des difficultés : « C’est difficile parce que c’est un peu flottant. Il n’y a pas de base, pas de bureau pour les mentors, donc on ne voit pas vraiment les gens. » (Membre IFST 4)

Plusieurs membres des équipes professionnelles ont suggéré d’améliorer l’intégration dans le système en associant plus régulièrement les mentors pairs aux formations, aux réunions d’équipe et aux dispositifs de supervision régulière. La personne responsable du service s’interrogeait :

Mais est-ce qu’on les voit comme faisant partie de l’équipe ? Peut-être pas. Peut-être qu’on devrait avoir des liens plus étroits avec les mentors, en fait, et les inclure davantage dans nos formations, peut-être dans nos réunions d’équipe, nos journées hors les murs, ce genre de choses, vous voyez ?

Concilier souplesse et constance

Une tension entre la valeur d’un soutien réactif et individualisé et le besoin d’une prestation de service constante apparaissait dans les récits. Les parents appréciaient l’adaptabilité des mentors à leurs besoins propres ; Parent 2 appréciait la façon dont le soutien avait évolué à mesure que la relation se développait. Les mentors pairs insistaient de même sur l’adaptation à l’évolution des priorités des parents. Cette souplesse contribuait toutefois à une variabilité de l’expérience du service, Parent 2 relevant des différences importantes entre mentors : « Avec celle que j’ai maintenant, très positif. Moins avant. »

Les équipes professionnelles reconnaissaient la difficulté de maintenir la qualité tout en permettant la réactivité. Membre IFST 3 décrivait l’évolution habituelle des relations de mentorat : « Ce qu’on observe, c’est que ça commence de façon plus pratique, et puis quand la… relation se construit, ça devient peut-être un peu plus… pas intime, mais… il y a un peu plus de soutien émotionnel. »

Ce développement organique des relations de mentorat était apprécié, mais rendait difficile la définition de paramètres de service constants et la garantie d’un soutien équitable d’un binôme parent-mentor à l’autre.

Regards sur le développement du programme

Formation et développement professionnel

Tous les groupes de parties prenantes ont repéré des possibilités d’améliorer la formation des mentors et les structures de soutien. Parent 1 reconnaissait la valeur de connaissances spécialisées, « Ouais, tout se mettrait en place, alors, franchement, non ? », quand on l’interrogeait sur une formation complémentaire des mentors. Parent 2 exprimait l’équilibre délicat à trouver :

Que les mentors aient une formation, mais en même temps, vous voyez, on ne veut pas que… parce qu’il y a la formation, on se dise « ces gens valent mieux que moi », ce genre de chose, alors que là, vous voyez, tu as… tu sais que tu as fait le même chemin que moi, tu sais où je vais, tu as été à ma place.

Les mentors pairs exprimaient de manière constante le souhait d’une formation complémentaire dans des domaines précis, en particulier la gestion des situations difficiles, PM 1 demandant expressément « plus de formation sur ce qu’il faut faire dans les situations difficiles » et « plus de formation en protection de l’enfance ».

Les équipes professionnelles avaient des points de vue variés sur les besoins de formation : une partie plaidait pour des qualifications formelles des mentors, tandis que d’autres insistaient sur le maintien de la distinction entre savoir expérientiel et qualifications professionnelles. Ces points de vue divergents reflètent des questions plus larges sur la professionnalisation, opposée au maintien d’identités de pairs authentiques, et suggèrent le besoin d’approches de formation qui renforcent les compétences tout en préservant les qualités distinctives de l’expérience vécue.

Ressources et pérennité

Dans tous les groupes, les personnes participantes ont relevé des limites de ressources qui menaçaient la pérennité du programme ; la personne responsable du service a notamment évoqué des problèmes d’effectifs aggravés par la pandémie et par la crise du coût de la vie. Les mentors ont décrit une infrastructure organisationnelle limitée pour soutenir leur rôle, PM 1 demandant des réunions plus régulières et de meilleurs systèmes de documentation.

Les parents relevaient une variabilité dans la disponibilité et la constance des mentors, avec parfois des changements de mentor qui perturbaient des relations de soutien. Les points de vue professionnels insistaient sur la nécessité de moyens de coordination dédiés :

Je pense qu’on pourrait vraiment l’améliorer pour les mentors pairs en ayant une personne dont les mentors sachent que c’est un peu leur référence à Anglesey, à contacter, à rencontrer régulièrement, vers qui se tourner pour n’importe quelle inquiétude ou question, surtout au début, quand on vient de commencer à accompagner une famille. (Membre IFST 4)

Ces réflexions mettent en évidence les difficultés à pérenniser un soutien par les pairs fondé sur le bénévolat, et le besoin de cadres organisationnels structurés et de ressources pour soutenir efficacement les mentors.

Étendre la portée et les effets

Les personnes participantes ont repéré des possibilités d’étendre l’influence du programme par une meilleure visibilité, une couverture géographique plus large et un soutien spécialisé pour des publics spécifiques. Membre IFST 2 souhaitait développer un soutien par les pairs ciblé pour les jeunes sortant de placement. Parent 1 suggérait d’accroître la visibilité du programme, ce qui indique une connaissance limitée du service dans le public qui pourrait en bénéficier.

La personne responsable du projet décrivait les obstacles à la construction de relations dans des territoires géographiquement dispersés comme le nord du pays de Galles : « Je pense… je ne pense pas qu’on aurait pu faire quoi que ce soit différemment, je pense qu’on aurait pu… avoir davantage de… peut-être… un réseau de soutien dans le nord du pays de Galles, et c’est ça le plus gros obstacle pour moi, c’est la distance, vraiment. »

Ces suggestions soulignent la possibilité d’étendre la portée du programme tout en préservant ses valeurs centrales : le pouvoir d’agir par l’expérience partagée et le soutien relationnel.

Effets sur les processus de décision

Les personnes participantes avaient des points de vue partagés sur l’influence de la défense par les pairs sur les processus formels de décision au sein des systèmes de protection de l’enfance. Alors que parents et mentors décrivaient une voix et une confiance renforcées en réunion, Membre IFST 4 relevait des limites quant à l’effet sur des issues déjà décidées :

Je sais que pour une famille dont les enfants avaient été retirés et vivaient chez d’autres membres de la famille, je sais que leur mentor pair avait en gros écrit une lettre ou un e-mail à la personne chargée du suivi au service social, pour en gros se battre pour la mère, prendre sa défense… Mais je sais que cette lettre n’aura rien changé, parce que c’était déjà décidé, les enfants partaient déjà.

L’ensemble des éléments recueillis auprès des parties prenantes indique néanmoins que la défense par les pairs peut modifier la manière dont les décisions sont prises, même sans changer l’issue finale. Une meilleure compréhension par les parents, une meilleure régulation émotionnelle et une meilleure expression de leur point de vue contribuent à des processus plus éclairés et plus inclusifs, ce qui peut améliorer à terme la justice procédurale comme la qualité de la prise de décision.

Limites

Plusieurs limites méthodologiques sont à prendre en compte dans l’interprétation des résultats. La petite taille de l’échantillon, adaptée à une étude qualitative exploratoire, limite la généralisation au-delà du contexte précis du programme. En outre, le devis transversal saisit les points de vue à un seul moment, sans possibilité de suivre les changements dans le temps, ce qui limite la compréhension de l’évolution des relations de mentorat et de leurs effets. Le processus de recrutement, qui reposait sur des intermédiaires du programme, introduit un biais de sélection possible, car des parents et des mentors ayant vécu des expériences plus positives ont pu être plus enclins à participer ou plus susceptibles d’être proposés par le personnel du programme. L’ancrage de l’étude dans un contexte géographique et culturel particulier, le nord rural du pays de Galles avec sa langue et son identité culturelle galloises propres, peut limiter la transférabilité à d’autres contextes aux caractéristiques démographiques, aux structures de services et aux facteurs culturels différents. Les difficultés de mise en œuvre liées à la ruralité et à la distance peuvent être moins pertinentes en milieu urbain, tandis que des conceptions culturelles différentes de la famille, de la communauté et de l’intervention professionnelle peuvent influencer la façon dont la défense par les pairs est vécue et valorisée.

Discussion

Cette étude apporte des éclairages importants sur la mise en œuvre et les effets de la défense des parents par les pairs dans le programme POPS au nord du pays de Galles, et permet de mieux comprendre à la fois son potentiel et ses difficultés. Les résultats dessinent un tableau complexe de la manière dont un soutien relationnel peut influencer l’expérience que les familles ont des systèmes de protection de l’enfance, avec des implications pour les politiques, la pratique et la recherche future.

Liens théoriques

Les expériences documentées dans cette étude rejoignent et prolongent les cadres théoriques relatifs au soutien par les pairs et à ses applications dans des contextes légaux. Conformément aux résultats de Davidson et al. (2006) en santé mentale, le programme POPS montre comment l’expérience partagée crée des qualités relationnelles distinctives qui favorisent la confiance, la compréhension et l’espoir. Les récits des personnes participantes reflètent la conception de Beresford (2013), qui voit dans le savoir expérientiel une forme singulière d’expertise qui complète le savoir professionnel plutôt qu’elle ne le reproduit. Le potentiel transformateur de ce savoir apparaît en particulier dans la façon dont les mentors pairs traduisent les exigences complexes du système dans un langage accessible tout en validant les réactions émotionnelles, une fonction de passerelle relevée par Lalayants (2017) dans des contextes de défense semblables. La relation de défense par les pairs a créé des espaces où les dynamiques habituelles pouvaient être remises en question, ce qui appuie la thèse de Morris et al. (2018) selon laquelle une participation véritable exige une attention à la fois à l’inclusion procédurale et à l’influence réelle.

Pouvoir, participation et voix

Un thème central de cette évaluation concerne la capacité de la défense par les pairs à modifier les rapports de pouvoir dans les interactions de protection de l’enfance. L’expérience des parents qu’on « coupe » ou qu’on ignore dans les contextes professionnels reflète les déséquilibres de pouvoir que Diaz (2020) décrit comme endémiques dans les systèmes de protection de l’enfance. Le constat que les parents avaient le sentiment qu’on les « écoute davantage » lorsque des mentors les accompagnaient suggère que la défense a favorisé ce qu’Arnstein (1969) qualifierait de passage d’une consultation symbolique à un partenariat plus authentique. Les résultats révèlent toutefois aussi des limites quant à l’influence réelle sur les issues, en particulier dans les cas où les décisions de placement des enfants étaient de fait déjà prises. Cela renvoie à la distinction de Dickens et al. (2015) entre participation procédurale (être là et se faire entendre) et participation substantielle (influencer réellement les décisions). Si POPS a clairement renforcé la participation procédurale, son effet sur la décision substantielle semblait plus variable et dépendant de la réceptivité plus large du système. Toutefois, comme le soutient Thoburn (2010), les parents peuvent accorder de la valeur au fait que leur parole soit écoutée et respectée, même en cas de désaccord avec les décisions finales.

Définition et limites du rôle

Les résultats mettent en évidence une ambiguïté importante quant à la conception et aux limites des rôles de défense par les pairs. Alors que Tobis et al. (2020) distinguent défense de cas, défense de programme et défense politique, les personnes participantes ont décrit des rôles fluides et évolutifs, mêlant soutien pratique, compagnonnage émotionnel et représentation formelle. Cette fluidité était à la fois une force, en permettant un soutien réactif et individualisé, et une difficulté, en créant une confusion sur les attentes et les responsabilités. La tension entre le maintien de relations authentiques entre pairs et un fonctionnement efficace au sein des systèmes professionnels est apparue comme une difficulté de mise en œuvre importante. Les inquiétudes des équipes professionnelles au sujet de la « connivence » et du respect des limites reflètent des débats plus larges sur la question de savoir si la formalisation des rôles de pairs dans les structures de service renforce leur efficacité ou affaiblit leurs qualités distinctives (Stratford et al., 2017). L’expérience des mentors, tiraillée par une double loyauté envers les familles et envers le système de protection de l’enfance au sens large, illustre ce que Scott et al. (2018) décrivent comme la position de « zone frontière » (borderland) qu’occupe la pair-aidance. Des cadres opérationnels plus clairs sont nécessaires pour soutenir ces rôles complexes tout en préservant leurs qualités relationnelles authentiques, conformément aux arguments de Moran et al. (2017).

Contexte et contraintes systémiques

Les résultats doivent être compris dans le contexte systémique plus large des services de protection de l’enfance. Le programme POPS fonctionnait dans des environnements aux ressources contraintes, marqués par ce que Featherstone et al. (2018) décrivent comme une demande croissante et une capacité décroissante. La pandémie, puis la crise du coût de la vie, évoquées par les personnes participantes, ont encore accentué ces pressions. Dans ce contexte, les réussites du programme dans l’amélioration de l’expérience des parents sont particulièrement remarquables. Le programme montre en outre le potentiel de ce que Needham et Carr (2009) qualifient de coproduction transformatrice, dans laquelle la participation active des personnes usagères contribue à changer le fonctionnement des services. L’exemple d’une mère qui, après un soutien par les pairs, s’adresse avec assurance à des responsables de haut niveau illustre comment le pouvoir d’agir individuel peut contribuer, à terme, à l’apprentissage organisationnel et au changement culturel.

Implications et recommandations pour les politiques et la pratique

Les résultats de l’évaluation appuient l’appel de MacAlister (2022) en faveur d’un développement des services de défense dans la protection de l’enfance, en montrant la capacité des approches par les pairs à renforcer l’engagement et le bien-être des parents. Ils soulignent toutefois aussi la nécessité de modèles de financement durables et d’infrastructures organisationnelles pour soutenir efficacement ces services. Ensuite, les résultats soulignent l’importance de définitions de rôle et de limites claires, tout en préservant la souplesse nécessaire pour répondre aux besoins individuels. Comme le soutiennent Diaz et al. (2023) dans leur évaluation d’initiatives de défense par les pairs, formaliser sans bureaucratiser constitue un équilibre délicat mais essentiel pour une mise en œuvre efficace. Troisièmement, la présente étude révèle le besoin d’approches intégrées de la formation et du soutien des pairs qui assurent cette défense, qui renforcent les compétences des mentors dans des domaines précis comme la protection de l’enfance, tout en respectant l’attachement des parents à leur identité non professionnalisée. Enfin, les résultats indiquent que la défense par les pairs est la plus efficace lorsqu’elle s’inscrit dans des cultures organisationnelles soutenantes, qui valorisent le savoir expérientiel et reconnaissent la légitimité du point de vue des parents, comme l’appuient Forrester et al. (2019).

Pour la pratique future, il serait recommandé d’élaborer des normes nationales et des cadres de formation pour les pairs qui défendent les parents, en particulier des normes qui établissent des compétences essentielles tout en préservant la valeur singulière du savoir expérientiel, idéalement coproduites avec des parents et des pairs engagés dans cette défense pour en garantir la pertinence et l’authenticité. Il serait en outre utile d’étudier les facteurs organisationnels qui facilitent ou freinent une intégration efficace de la défense par les pairs dans les services publics, notamment la manière dont les cultures professionnelles, les modes de direction et les dispositifs structurels influencent la réussite de la mise en œuvre.

Pistes de recherche futures

Cette évaluation met en évidence plusieurs domaines qui méritent des recherches complémentaires. Des études longitudinales suivant le devenir des familles bénéficiant d’une défense par les pairs apporteraient des éclairages précieux sur la durabilité des effets, en examinant à la fois les résultats proximaux (engagement, connaissances, bien-être émotionnel) et les résultats distaux (maintien de la famille, bien-être de l’enfant). Des études comparatives de différents modèles de mise en œuvre du soutien par les pairs pourraient préciser quelles approches opérationnelles soutiennent le plus efficacement à la fois les parents et les mentors. Des recherches sur les trajectoires et le développement professionnel des pairs qui assurent cette défense permettraient en outre de mieux comprendre comment soutenir durablement ces rôles. Étudier plus avant la manière dont la défense par les pairs influence les processus formels de décision répondrait à une question clé soulevée par cette évaluation. Si les résultats suggèrent une participation parentale accrue en réunion, des questions demeurent sur l’influence réelle sur les issues, en particulier pour les décisions à fort enjeu concernant le placement des enfants. Enfin, des recherches sur la manière d’adapter la défense par les pairs à des publics ou à des contextes particuliers prolongeraient les apports de cette étude. Les parents confrontés à des difficultés particulières, comme les violences conjugales, le handicap ou des obstacles culturels et linguistiques, pourraient bénéficier d’approches de défense adaptées, qui répondent à leurs besoins spécifiques tout en respectant les principes fondamentaux du soutien par les pairs.

Conclusion

Cette évaluation du programme POPS apporte des éclairages importants sur la mise en œuvre et les effets de la défense des parents par les pairs dans les services gallois de protection de l’enfance. Les résultats montrent la capacité de ce programme à renforcer le pouvoir d’agir de familles ayant besoin d’une défense et d’un mentorat supplémentaires, en tirant parti de l’expérience partagée pour favoriser l’agentivité personnelle, l’orientation dans le système, la gestion émotionnelle et l’émancipation par l’éducation. Les effets du programme se jouaient sur plusieurs plans : individuel (les parents ont fait état d’un isolement moindre, d’une confiance accrue et d’une meilleure connaissance de leurs droits), interactionnel (la présence des mentors pairs modifiait la dynamique des réunions avec les équipes professionnelles et permettait aux parents de mieux faire entendre leur voix) et systémique (premiers signes que la défense par les pairs pourrait contribuer à faire évoluer les attitudes des équipes professionnelles). Le programme a montré comment des relations portées par la communauté peuvent créer des espaces de dignité et de respect au sein de systèmes que les parents vivent souvent comme déshumanisants et méprisants. Un financement ponctuel et irrégulier a toutefois créé de l’instabilité pour ce programme bénévole, ce qui souligne la nécessité de modèles de financement durables pour qu’il réalise tout son potentiel. Si des difficultés de mise en œuvre demeurent, les résultats de l’évaluation montrent le potentiel important de la défense par les pairs pour améliorer l’expérience des parents et contribuer à une pratique plus inclusive. Réaliser ce potentiel exige un engagement durable à faire entendre les voix marginalisées à tous les niveaux des politiques et de la pratique, afin de transformer non seulement les expériences individuelles, mais aussi les systèmes plus larges au sein desquels les familles sont soutenues.

Complexe Systémique : à retenir

Pour une lecture systémique, l’intérêt de POPS tient à la place qu’occupe la mentor : ni famille, ni service, elle entre dans le système de protection comme un tiers qui change la circulation de la parole. Les parents disent qu’on les coupe moins, que les règles du jeu deviennent plus claires, que leur colère (« cet instinct animal : vous me prenez mon enfant ») peut être traduite plutôt que sanctionnée. Le savoir expérientiel fait ici office de passerelle, au sens où l’entendent les approches qui valorisent les compétences des familles. Mais l’article montre aussi les tensions : double loyauté de la mentor, crainte de « connivence » côté équipes, décisions déjà prises que la défense ne déplace pas. Pour les cliniciens et le travail social, cela invite à penser la défense par les pairs comme une ressource du réseau, à condition de clarifier les rôles, de former sans professionnaliser et d’intégrer les mentors aux espaces d’équipe. Limites : onze entretiens dont deux parents seulement, un recrutement par le programme lui-même, un contexte rural gallois particulier. À lire avec l’article sur le travail systémique avec des parents dont les enfants sont placés, et avec l’article sur la contribution des pairs dans le dialogue ouvert.

Notes de l’original

Remerciements. L’équipe de recherche exprime sa sincère gratitude aux parents, aux mentors pairs et aux membres des équipes professionnelles qui ont généreusement partagé leurs expériences et leurs réflexions lors des entretiens de cette évaluation du programme People Offering Parents Support (POPS). Elle est profondément reconnaissante à Sian Erickson pour son soutien tout au long de l’évaluation. Elle remercie également le North Wales Area Planning Board, les conseils de comté d’Ynys Môn et de Gwynedd et les Integrated Family Support Teams (IFST). Elle remercie enfin le centre de recherche CASCADE de l’université de Cardiff pour son soutien dans la conduite de cette évaluation indépendante.

Liens d’intérêts. L’équipe de recherche ne déclare aucun conflit d’intérêts potentiel.

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Tobis, D., Bilson, A., & Katugampala, I. (2020). International review of parent advocacy in child welfare. Better Care Network and IPAN.

Traduction non officielle en français de Évaluer le programme POPS (People Offering Parents Support) : une étude qualitative de la défense des parents par les pairs dans les services gallois de protection de l’enfance, par Shane Powell, Emilia Preter, Samantha Fitz-Symonds, Clive Diaz et Vicky Hansly, Child Care in Practice, vol. 32, no 3 (2026), doi : 10.1080/13575279.2026.2648980, sous licence CC BY 4.0. Traduction et mise en page : Complexe Systémique, septembre 2026 — l’œuvre a été modifiée au sens de la licence (tableaux présentés en listes). Ni les auteurs ni l’éditeur ne répondent de cette traduction ; la version originale fait foi.

Traduction française non officielle de « Evaluating “People Offering Parents Support” (POPS): A Qualitative Study of Peer Parental Advocacy in Welsh Child Welfare Services », publié dans Child Care in Practice (2026) sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique, elle n’émane ni des auteurs ni de l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ; la version originale fait foi.

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Comment citer cet article

Powell, S., Preter, E., Fitz-Symonds, S., Diaz, C., et Hansly, V. (2026). Évaluer le programme POPS (People Offering Parents Support) : une étude qualitative de la défense des parents par les pairs dans les services gallois de protection de l’enfance (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/evaluer-le-programme-pops-people-offering-parents-support-une-etude-qualitative (Œuvre originale publiée en 2026 dans Child Care in Practice, 32(3), 312-331 (2026) ; republiée en 2026 par Child Care in Practice, https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/13575279.2026.2648980)

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