Australian and New Zealand Journal of Family Therapy · Thérapie familiale
À la clinique sans rendez-vous, une jeune personne anxieuse ou déprimée raconte son histoire ; un mois plus tard, en thérapie brève, elle la raconte à nouveau. L’équipe canado-portugaise de Jazlyn McGuinty propose d’emboîter les deux : les six sections de la séance unique de la thérapie par métaphores externalisantes se prolongent dans trois séances brèves. Le cas de Sage, étudiant infirmier dont l’anxiété devient une tornade, montre le protocole à l’œuvre.
Traduction française non officielle. Cet article est la traduction de Intégrer la clinique sans rendez-vous et la thérapie brève pour améliorer les résultats : une intervention en 1 + 3 séances pour les jeunes aux prises avec l’anxiété et la dépression, par Jazlyn McGuinty, Alain Carlson, John Nelson et Joana Silva, publié dans Australian and New Zealand Journal of Family Therapy (Wiley) (2026), doi : 10.1002/anzf.70044, sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par le Complexe Systémique en septembre 2026 : le texte original a été traduit en français et remis en page, ce qui constitue une modification de l’œuvre au sens de la licence. Le tableau est présenté sous forme de liste ; les dessins restent en anglais, avec des légendes traduites ; la légende du tableau, répétée en paragraphe dans l’original, n’est pas reprise. Cette traduction n’a été effectuée ni par les auteurs ni par l’éditeur, qui ne répondent ni de son contenu ni d’éventuelles erreurs. La version originale fait foi.
La jeune personne risque de devoir raconter son histoire deux fois, ce qui ralentit le processus thérapeutique et, au bout du compte, le processus de changement.
Jazlyn McGuinty, Alain Carlson, John Nelson et Joana Silva
Résumé
Cet article décrit une approche postmoderne et intégrative de la thérapie en clinique sans rendez-vous et de la thérapie brève pour les jeunes aux prises avec l’anxiété et la dépression. La thérapie par métaphores externalisantes (Externalising Metaphors Therapy, EMT) peut améliorer les résultats pour les personnes suivies grâce à l’intégration de ses deux modèles de traitement : un modèle en séance unique et un modèle en trois séances. L’objet de cet article est de décrire l’intégration du modèle de la clinique sans rendez-vous (un processus en six étapes) au modèle en trois séances (un processus en 15 étapes). Le processus de la clinique sans rendez-vous correspond en synergie au modèle de traitement en trois séances, dont il contient déjà les éléments. Un protocole de traitement combiné est présenté, à l’intention des équipes cliniques de terrain, sous la forme d’une illustration clinique et d’un tableau. Le modèle s’appuie sur des données qualitatives et quantitatives, qui apportent un premier soutien à l’élaboration d’une approche intégrative. Une revue de littérature composite a été menée dans le champ de la psychothérapie en clinique sans rendez-vous et de la psychothérapie brève, du point de vue de la recherche sur le processus et de la recherche en santé mentale. L’article contient aussi une revue de littérature plus ciblée sur le modèle de traitement proposé. L’amélioration des résultats pour les personnes suivies est le but premier de la combinaison du modèle de la clinique sans rendez-vous et du modèle de traitement en trois séances. Avec ce nouveau modèle, les jeunes qui s’adressent aux services de santé mentale peuvent vivre une continuité étayante du processus thérapeutique, qui intègre ces différentes modalités de traitement. Les jeunes découvrent le processus de traitement de l’EMT à la clinique sans rendez-vous et peuvent revenir l’approfondir au cours des trois séances suivantes.
Points clés
Selon une méta-analyse récente (Racine et al. 2021), la prévalence des symptômes d’anxiété (20,5 %) et de dépression (25,2 %) dans la population mondiale de l’enfance et de l’adolescence a atteint des niveaux cliniquement élevés pendant la COVID-19. Depuis le début de la pandémie, d’autres études ont fait état de taux de prévalence de l’anxiété allant jusqu’à 40 %, les jeunes en âge de transition étant touchés de façon disproportionnée (Kujawa et al. 2020). Malheureusement, une part importante des troubles anxieux reste en grande partie non repérée et non traitée (Bandelow et al. 2017).
Répondre efficacement à l’anxiété et à la dépression chez les jeunes est devenu une préoccupation internationale, d’autant que les modèles traditionnels de traitement en santé mentale sont gourmands en ressources. Pour tenter de répondre à ce besoin, des cliniques en séance unique ou sans rendez-vous ont été expérimentées en Ontario, au Canada, afin de réduire les listes d’attente et de répondre à davantage de besoins de santé mentale (Sarmiento et Reid 2023). Schleider et al. (2020) soulignent aussi le bon rapport coût-efficacité du modèle en séance unique dans le contexte des États-Unis. Le modèle en séance unique devient d’ailleurs un mode d’organisation des services de plus en plus courant (Hoyt et al. 2018 ; Hymmen et al. 2013).
L’une des évaluations les plus rigoureuses et les plus systématiques du modèle en séance unique s’appuie sur les résultats de 50 essais contrôlés randomisés (Schleider et Weisz 2017). Dans cette méta-analyse, les effets chez les jeunes dépendaient de la nature du problème présenté. Les résultats de la thérapie en séance unique étaient toutefois prometteurs pour l’anxiété et la dépression. Une vaste revue systématique de 18 rapports indique de même des améliorations significatives de l’anxiété (Bertuzzi et al. 2021).
Le modèle en séance unique appartient à la famille des thérapies brèves, que l’on peut concevoir comme couvrant un nombre variable de séances, principalement de trois à six séances de consultation. Au-delà de six séances, les jeunes s’orientent vers une modalité de thérapie à long terme, qui a d’autres orientations théoriques, d’autres structures thérapeutiques et d’autres processus de changement. La thérapie en séance unique a toujours existé sous une forme ou une autre, puisque les jeunes ne viennent souvent qu’à une séance avant d’interrompre le suivi, selon leurs besoins psychothérapeutiques, leur motivation intrinsèque ou extrinsèque et d’autres facteurs.
Le modèle en séance unique est relativement récent et constitue, à bien des égards, un modèle à part entière. Une séance dure généralement de 60 à 90 minutes et est proposée par des cliniques de santé mentale sans rendez-vous, soit sur réservation, soit lors de visites impromptues. Les équipes cliniques de santé mentale (y compris en travail social clinique) qui proposent ce modèle ont soit reçu une formation à un « modèle en séance unique » particulier, soit s’appuient fortement sur leur formation existante en thérapie brève et utilisent une approche éclectique intégrée. Certaines personnes combinent les deux approches.
Il existe une véritable déconnexion, un manque de continuité, entre le modèle en séance unique et le modèle de la thérapie brève. Elle se produit non seulement quand une jeune personne suit le premier avec une personne thérapeute en santé mentale et le second avec une autre, mais aussi quand elle suit les deux modèles de thérapie avec la même personne thérapeute. Si elle reçoit un service en séance unique auprès d’une personne thérapeute cognitivo-comportementale, puis une thérapie brève auprès d’une personne thérapeute orientée solutions, elle fera l’expérience de deux approches de traitement très différentes. En outre, une personne thérapeute en santé mentale qui utilise l’un ou l’autre de ces modèles devra adopter une approche ponctuelle, au cas par cas, pour intégrer les deux modes d’organisation des services, ce qui se traduit souvent par le fait que la jeune personne refait sa séance unique, une fois de plus, lors de sa « première » séance de thérapie brève. À la connaissance de cette équipe de recherche, aucune approche intégrative de ce type n’existe pour les thérapeutes en santé mentale et pour les jeunes qui cherchent un traitement de l’anxiété ou de la dépression.
Une déconnexion aussi importante entraîne peut-être des inefficacités dans l’amélioration de la santé mentale des jeunes, avec des effets sur l’allongement des listes d’attente. L’attente d’un service de santé mentale peut aggraver une anxiété ou une dépression non traitée chez les jeunes et rendre éventuellement nécessaires des services de psychothérapie plus intensifs et de plus longue durée. Dans les deux cas, la jeune personne risque de devoir raconter son histoire deux fois, ce qui ralentit le processus thérapeutique et, au bout du compte, le processus de changement. Les jeunes traversent le processus de changement dans les modèles de thérapie en séance unique, brève et de longue durée.
Même s’il n’est pas linéaire, les jeunes traversent un processus de changement prévisible, fortement influencé par le facteur temps. La relation entre thérapeute et jeune peut ne disposer que d’« une séance » pour traiter l’anxiété ou la dépression, ou de « 30 séances ». La structure et le processus de changement d’une séance unique sont très différents de ceux de 30 séances.
À cette complexité s’ajoute le fait que les modèles en séance unique abordent les difficultés présentées par les jeunes selon une approche très généraliste. Autrement dit, une taille unique pour tout le monde. Les modèles en séance unique existants sont conçus pour être utilisés quelle que soit la difficulté présentée (anxiété, dépression, difficultés interpersonnelles, comportement ou colère, évitement scolaire, anxiété sociale, suspension ou exclusion, crise personnelle et autres problèmes), sans tenir compte de leurs complexités et de leurs différences.
À la connaissance de cette équipe de recherche, aucun modèle en séance unique n’a été élaboré spécifiquement pour une difficulté précise comme l’anxiété et la dépression (toutes deux traitées comme des troubles intériorisés). Des modèles de thérapie en séance unique spécialement conçus doivent correspondre étroitement aux difficultés présentées par les jeunes. De plus, les modèles en séance unique doivent intégrer sans rupture leur structure et leur processus de changement dans l’étape suivante de la thérapie (la thérapie brève) pour les jeunes concernés. De tels modèles de traitement intégratifs n’ont pas été élaborés.
Cette revue de littérature a donc porté sur les taux de prévalence de l’anxiété et de la dépression dans cette population clinique. Elle s’est aussi centrée sur le modèle en séance unique plutôt que sur la thérapie brève, déjà décrite dans la littérature. Le modèle proposé intègre le modèle sans rendez-vous au modèle de la thérapie brève. On trouvera ci-dessous une description de la recherche clinique existante dans le cadre du modèle proposé.
Une brève description de la recherche clinique existante est maintenant présentée, pour mieux comprendre l’élaboration des deux modèles d’intervention (tous deux destinés à des difficultés précises) et leur intégration proposée dans un nouveau mode d’organisation des services (1 + 3 séances). Intégrer le processus de la clinique sans rendez-vous au processus de la thérapie brève est le but principal de ce nouveau modèle.
La thérapie par métaphores externalisantes (EMT) est née d’une réflexion sur le processus de changement dans la thérapie narrative (les pratiques d’externalisation) et sur l’usage et la manipulation délibérés des métaphores en psychothérapie. Les métaphores externalisantes ont d’abord été proposées comme une stratégie de traitement utile pour les enfants et les jeunes autistes présentant de l’anxiété. Depuis, le modèle d’intervention de l’EMT s’est considérablement développé, et son évaluation clinique, encore en cours, a commencé au Canada et au Portugal.
Comme on l’a brièvement indiqué, l’EMT repose en grande partie sur les pratiques d’externalisation de la thérapie narrative (White 1989, 2007 ; White et Epston 1990), sur la manipulation délibérée des métaphores telle qu’on la trouve dans la thérapie par la métaphore (Kopp 1995) et sur l’usage conceptuel de schémas ou de métaphores complexes dans la thérapie des schémas (Leahy 2002, 2011). Plus précisément, et en tant que fruit de leur intégration théorique, deux articles fondateurs décrivent et développent cette psychothérapie nouvellement constituée : l’EMT (voir McGuinty et al. 2012, 2014). L’EMT est fondée sur les forces et centrée sur la personne ; elle vise à évaluer, explorer et déplacer les schémas émotionnels sous-jacents et inadaptés de la personne, en externalisant les problèmes et par un processus métaphorique de transformation.
L’article théorique de 2012 sur l’EMT porte sur des personnes autistes présentant de l’anxiété, et l’article de 2014 élabore un protocole de traitement en trois séances (en manualisant ses processus cliniques clés) pour des enfants et des jeunes neurotypiques présentant une dysphorie. Pour améliorer l’intervention de l’EMT en trois séances, McGuinty et al. (2015) étudient et intègrent la structure et le processus de changement propres à la psychothérapie brève elle-même. Cette recherche cherche un processus de changement commun à toutes les thérapies brèves, dont la thérapie cognitivo-comportementale, la thérapie brève orientée solutions, la thérapie narrative et la thérapie centrée sur l’émotion. L’équipe de recherche repère un processus commun que les jeunes, de l’enfance à l’âge de transition, traversent dans le traitement bref de l’anxiété et de la dépression. Ce processus commun nourrit les modèles de l’EMT.
Ce processus commun est défini comme comportant quatre étapes, que traversent toutes les thérapies brèves, et qui peuvent être opérationnalisées par cinq tâches au sein de chacune. Les quatre étapes repérées sont : (1) définir et évaluer le problème ; (2) déplacer le problème ; (3) changer le problème ; et (4) généraliser et maintenir le changement. Une description complète des 20 tâches qui composent ce processus commun figure dans des travaux antérieurs (McGuinty et al. 2023).
Étape suivante du développement de la recherche clinique sur l’EMT, McGuinty et al. (2017) ont évalué le modèle en trois séances par un essai contrôlé randomisé, afin d’examiner son efficacité auprès de jeunes en âge de transition présentant une dysphorie. Les données quantitatives portaient sur 50 jeunes en âge de transition venus de quatre centres de consultation étudiante de l’Ontario, au Canada (Nipissing University, Laurentian University, Carleton University, University of Ottawa). Les mesures avant-après avec la Depression, Anxiety and Stress Scale-21 ont montré des baisses significatives de la dépression, du stress et de l’anxiété. L’anxiété-trait, mesurée par l’Inventaire d’anxiété état-trait, a aussi diminué.
Pour les données qualitatives, un modèle en ligne en quatre séances a été créé et évalué cliniquement auprès de quatre jeunes en âge de transition présentant de l’anxiété, dans une université du nord du Portugal (voir Silva et al. 2022). Cette étude pilote de l’EMT a examiné les descriptions des thérapeutes et les points de vue des personnes participantes sur le processus de changement. Elle a suggéré des médiateurs possibles du changement au sein de son processus de transformation. Par ailleurs, le modèle de l’EMT en clinique sans rendez-vous a été évalué auprès de 20 jeunes en âge de transition dans le service de consultation étudiante d’un collège de l’Ontario (publication prévue en 2025). Cette étude pilote en clinique sans rendez-vous s’appuie sur des données qualitatives recueillies après la séance.
Le modèle de traitement individuel de l’EMT a été étendu à un nouveau « format de groupe de traitement » de l’anxiété pour les jeunes neurotypiques (voir McGuinty, Bird, Silva, et al. 2018) et pour les jeunes présentant un trouble du spectre de l’autisme (voir McGuinty, Bird, Nelson, et al. 2018). Le format de groupe encourageait fortement les jeunes, de l’enfance à l’âge de transition, à partager en petits groupes, avec leurs pairs, leur expérience de l’anxiété et de la dépression et leur relation avec elles.
Le modèle de consultation de l’EMT en séance unique a été créé pour les services de psychothérapie en clinique sans rendez-vous, afin de traiter l’anxiété et la dépression (voir McGuinty et al. 2021) chez les jeunes neurotypiques. Un modèle propre au trouble du spectre de l’autisme (voir McGuinty, Carlson, Nelson, et al., 2023) a ensuite été créé pour l’autorégulation émotionnelle dans le format sans rendez-vous. Enfin, McGuinty, Carlson, Nelson et al. (2023) ont élaboré un modèle de psychothérapie de longue durée (huit séances) pour des jeunes autistes ayant des difficultés d’autorégulation émotionnelle. En conclusion, pour le présent modèle 1 + 3, ce sont les articles de 2021 (sans rendez-vous) et de 2014 (trois séances), avec leurs protocoles d’intervention, qui sont les plus pertinents.
Avant de décrire plus en détail le modèle de traitement combiné et intégré « clinique sans rendez-vous + thérapie brève » et son protocole, quelques notions théoriques supplémentaires sont présentées. Elles devraient éclairer les facteurs qui contribuent à ses mécanismes de changement et qui influent sur le processus de changement lui-même.
Comme indiqué plus haut, les deux modèles de traitement de l’EMT recourent, avec les jeunes, au processus d’externalisation des problèmes (anxiété ou dépression). Les problèmes sont séparés du soi et vus comme extérieurs à lui, grâce à la création de métaphores qui représentent l’état problématique (métaphore de l’anxiété, métaphore de la dépression). Cela peut induire une métaposition ou une position d’observation, qui favorise la multivocalité du soi, le sentiment d’être l’auteur ou l’autrice de sa vie et la réalisation du changement psychothérapeutique (Gonçalves et Ribeiro 2012 ; H. J. M. Hermans 2003). Une métaphore extérieure et visuelle de l’anxiété ou de la dépression peut favoriser la relation (le dialogue intérieur) de la jeune personne avec cette métaphore, avec elle-même et avec les autres, y compris une relation de co-construction avec la personne thérapeute, ce qui soutient ce que Lawrence et Valsiner (2003) appellent un sens personnel transformé.
De nouvelles formes de construction du sens peuvent favoriser l’émergence de récits de soi plus adaptatifs et plus souples, grâce à des techniques cliniques issues d’une position constructiviste-narrative (Neimeyer 2006). Les modèles de l’EMT aident les jeunes à créer un sens nouveau, par des récits de soi plus adaptatifs autour du sentiment de soi, du sentiment de leurs relations aux autres, du sentiment de leur vie et de la relation entre le soi et l’anxiété ou la dépression. La construction du sens est favorisée de manière plus ludique, imaginative et visuelle, par des métaphores créatives, plutôt qu’en s’appuyant sur la traditionnelle « thérapie par la parole ». Le modèle proposé favorise l’échange dialogique entre différentes positions du soi, qui a été décrit dans la littérature (H. Hermans 2001).
Pour les jeunes qui cherchent un service de santé mentale, la séance en clinique sans rendez-vous vient naturellement en premier. Il arrive qu’une jeune personne vive une seule séance sans rendez-vous et mette fin au suivi. D’autres peuvent venir à une séance sans rendez-vous et avoir besoin d’un suivi en thérapie brève. Selon le jugement clinique de la jeune personne et de la personne thérapeute, un besoin de trois séances supplémentaires pour travailler sur l’anxiété ou la dépression peut apparaître. Cette décision dépend de la gravité de la difficulté présentée et du besoin de séances supplémentaires.
Les jeunes qui ont besoin d’un suivi supplémentaire sont souvent orientés vers des services de thérapie brève, qui, dans le modèle de traitement de l’EMT, comportent trois séances d’une heure réparties sur à peu près autant de semaines. Les jeunes viennent donc généralement à une séance en clinique sans rendez-vous (pour de l’anxiété ou de la dépression), puis attendent environ un mois avant de commencer une thérapie brève (centrée sur les mêmes difficultés).
Le modèle de traitement proposé intègre les six phases de la clinique sans rendez-vous en les emboîtant dans le modèle de la thérapie brève. À la connaissance de cette équipe de recherche, aucun autre modèle de traitement n’intègre la séance unique dans la psychothérapie de courte durée. Les sections 1 et 2 du modèle sans rendez-vous sont intégrées à la première séance de thérapie brève, les sections 3 et 4 à la deuxième, les sections 5 et 6 à la troisième. En raison de cette dynamique, l’équipe de recherche a choisi de décrire les modèles de l’EMT en faisant correspondre les six sections aux trois séances. Les sections 1 et 2 de la séance sans rendez-vous seront donc décrites avec la séance 1 de la thérapie brève. Les autres sections et séances suivent dans l’ordre. Le protocole de traitement est présenté ci-dessous, dans le tableau 1.
Tableau 1 — Le protocole de traitement : intégrer la clinique sans rendez-vous et la thérapie brève pour l’anxiété et la dépression chez les jeunes
Dans la section 1 de la clinique sans rendez-vous, la personne thérapeute demande à la jeune personne (et aux autres personnes présentes) de mettre le problème de côté, afin de mieux la connaître, elle et ses forces. Les problèmes dominent souvent les affirmations identitaires ; il importe donc de faire de la place aux forces personnelles qui peuvent être réactivées. On demande directement à la jeune personne de parler de ses propres forces. Les autres personnes présentes peuvent aussi apporter leur regard sur ces forces. La personne thérapeute peut partager sa première impression des forces de la personne en général, auxquelles celle-ci peut se rallier (par exemple, le « courage » de venir consulter). Le même processus a lieu pour les stratégies : la personne thérapeute demande à la jeune personne (et aux autres personnes présentes) de dire celles qui ont fonctionné, ou non, contre le problème présenté (figure 1).

Dans la section 2, la personne thérapeute introduit une nouvelle manière de penser les problèmes. La formule « La personne n’est pas le problème ; le problème est le problème » est couramment utilisée pour commencer à « séparer le problème du soi et l’externaliser ». Les personnes suivies considèrent souvent l’anxiété ou la dépression comme une partie de ce qu’elles sont : une affirmation identitaire. La personne thérapeute sépare davantage le problème du soi en recourant à un langage d’externalisation et de prise de position à propos du problème. Elle place l’article (« the ») devant anxiété ou dépression et parle du problème comme de « l’anxiété » ou de « la dépression ». Comparer les tournures est utile dans ce processus : « Je suis quelqu’un d’anxieux » ou « Je suis quelqu’un de déprimé » devient « L’anxiété… » ou « La dépression… ». L’usage du nom (« L’anxiété est… », « La dépression est… ») et la personnification (« L’anxiété me saisit… », « La dépression me cloue au sol… ») sont des manières courantes, pour les thérapeutes et les personnes suivies, de séparer le problème du soi. Des pronoms peuvent aussi tenir lieu du problème, comme elle, la, lui, elles, les, leur, etc. Tous ces procédés contribuent ensemble à externaliser le problème.
Dans la séance 1 de la thérapie brève, le contenu de processus de la séance sans rendez-vous (sections 1 et 2) est délibérément réintroduit et intégré à cette séance d’une heure. La personne suivie et les autres personnes présentes auront disposé de moins d’un mois pour réfléchir à leurs forces et stratégies existantes, éventuellement les mettre en pratique, et continuer à séparer le problème de son sentiment de soi. Les forces et les stratégies de la personne sont passées en revue, avec les ressources (communautaires, familiales, scolaires, financières, etc.) auxquelles la jeune personne et les autres personnes présentes ont accès et qui peuvent l’aider. Le problème étant toujours mis de côté, la jeune personne est encouragée à parler de ses espoirs, de ses rêves, de ses envies et de ses souhaits, qui peuvent concerner les relations intimes, les amitiés, la famille, les pairs, la carrière et les objectifs de vie.
L’idée d’« externaliser et séparer le problème du soi » est réintroduite, et l’on demande à la personne d’expliquer ces notions et la manière dont elle les comprend à ce stade. Les personnes suivies donnent souvent des descriptions visuelles de « l’anxiété » ou de « la dépression », à mesure qu’elles développent une relation créative avec ces problèmes. Le problème est invité dans la pièce, où l’on développe ses influences ou ses effets sur la personne selon le sentiment de soi de la jeune personne, le sentiment de ses relations aux autres et le sentiment de sa vie. On lui demande ce que l’anxiété ou la dépression dit de son sentiment de soi. Que disent l’anxiété ou la dépression de ses relations ? Et que disent-elles de sa vie ? Les implications pour les pensées, les émotions et les actions de la personne sont examinées et lui sont reflétées dans ce territoire de conversation.
Dernière étape de cette première des trois séances de thérapie brève, on demande à la jeune personne d’évaluer ce que le problème veut pour elle et pour sa vie. Est-elle d’accord avec ce que l’anxiété ou la dépression veut pour elle, pour ses relations et pour sa vie, et en phase avec cela ? La personne (et éventuellement les autres personnes présentes) a déjà indiqué ses propres espoirs, rêves, envies et souhaits. Comment s’accordent-ils avec ce que l’anxiété ou la dépression veut pour elle ? Il faut examiner ces influences et ces effets : les laisser se poursuivre, ou bien la personne décide-t-elle, en définitive, de prendre position contre le problème ? Cette mise en relief, ce contraste et cette prise de position intentionnelle entre les deux positions apportent des informations importantes à la jeune personne. Ces qualités dimensionnelles peuvent aussi être explorées au regard du passé, du présent et de l’avenir de la personne.
Dans la section 3 de la clinique sans rendez-vous, la personne thérapeute fait émerger avec la jeune personne une expérience proche du problème. Raviver une expérience récente de l’anxiété ou de la dépression vise à aider la personne à définir et à nommer le problème. Le problème est invité dans la pièce, et la personne thérapeute demande une description plus vivante du problème. Souvent, une expérience très récente du problème rapproche la jeune personne de l’anxiété ou de la dépression. Une fois le problème plus présent, la personne peut commencer à le nommer. L’anxiété peut devenir « le singe sur mon dos », ou la dépression « un nuage de pluie menaçant ». Il se peut que la personne ait déjà trouvé un nom et une métaphore créatifs au cours du mois écoulé depuis la séance sans rendez-vous. Sinon, on prend le temps de faire connaissance avec une représentation plus visuelle, imaginative et concrète du problème.
Dans la section 4, la concrétisation des états affectifs se poursuit avec l’élaboration du schéma complexe (la métaphore) de la personne. Le schéma de l’anxiété ou de la dépression est une catégorie cognitive organisée d’expériences apprises tout au long de la vie de la jeune personne, dans son interaction avec le monde. La définition même de l’anxiété ou de la dépression est propre à chaque personne, puisque chaque jeune a sa propre conception de ces problèmes. La personne crée (ou a peut-être créé lors de la séance sans rendez-vous) une métaphore, prolongement naturel du fait de nommer le problème, à l’aide de divers supports qu’elle préfère, centrés sur elle (la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût, le toucher). En dernier lieu, la personne thérapeute vérifie que la métaphore est appropriée, c’est-à-dire qu’elle correspond à la gravité. Une difficulté légère à modérée aurait une représentation visuelle correspondante (un vent fort) qui colle à l’anxiété ou à la dépression. De même, une difficulté plus grave aurait un schéma complexe (une tornade de niveau 5) à la mesure de sa gravité.
Dans la séance 2 de la thérapie brève, le contenu de processus de la séance sans rendez-vous (sections 3 et 4) est renforcé par l’exploration de la métaphore dans quatre domaines. La poursuite du développement de la métaphore est l’objet principal de la deuxième séance de thérapie brève. Auparavant, la personne thérapeute revient sur les notions d’externalisation qui consistent à séparer le problème du soi. Mais ce retour se fait avec la personne suivie, qui explique elle-même ces notions à la personne thérapeute. Celle-ci l’interroge ensuite sur la métaphore de l’anxiété ou de la dépression depuis la séance sans rendez-vous et la première séance de thérapie brève. Un point sur la métaphore peut avoir lieu si la personne en a élaboré une et continue de l’utiliser.
La personne thérapeute et la jeune personne se lancent dans une exploration de la métaphore dans les quatre domaines : (1) le sentiment de soi ; (2) le sentiment de ses relations aux autres ; (3) le sentiment de sa vie ; et (4) la relation entre le soi de la personne et le problème. La métaphore externalisée de l’anxiété ou de la dépression se voit accorder une place dans la séance. La personne thérapeute interroge la personne sur son sentiment de soi du point de vue du schéma complexe. Que dirait par exemple la métaphore de l’anxiété (une tornade de niveau 5) de qui tu es en tant que jeune ? Que dirait la tornade de l’anxiété de tes relations aux autres ? Et que dirait-elle de la vie de la jeune personne en général ? La qualité de la relation entre la jeune personne et le problème est aussi explorée. Quelle est la nature même, ou la dynamique, de cette relation ? Ce processus peut donner à la personne des prises de conscience sur sa relation avec le problème.
La deuxième séance de thérapie brève se termine par une interview de la métaphore sur la manière dont elle voit les espoirs, les rêves, les envies et les souhaits de la personne pour sa vie. Que veut vraiment la métaphore de l’anxiété pour la personne ? Qu’espère, que rêve, que veut, que souhaite la personne ? Ces positions sont souvent en opposition frappante avec ce que le problème veut pour sa vie. L’anxiété ou la dépression peuvent avoir, à bien des égards, des plans cachés et inavoués pour la vie d’une jeune personne, et il est utile de les faire connaître, de les mettre au premier plan pour les examiner et les étudier plus clairement. En somme, leur vraie nature et leurs plans pour la personne.
Dans la section 5 de la clinique sans rendez-vous, la personne thérapeute aide la jeune personne à déplacer et à transformer la métaphore grâce à ses forces, à ses stratégies et à ses ressources. Elle réfléchit à ces forces, stratégies et ressources et les confronte à la métaphore, pour voir leur effet une fois intégrées à celle-ci. Quand une personne gagne en force personnelle, apprend une nouvelle stratégie d’adaptation ou accède davantage à une ressource ou à un soutien, cela peut influer sur la métaphore de l’anxiété ou de la dépression. La relation dynamique de la jeune personne avec la métaphore peut elle aussi changer en proportion. Ces changements peuvent fournir une boucle de rétroaction immédiate à la jeune personne et à la personne thérapeute, et, par conséquent, continuer à changer et à déplacer la métaphore de l’anxiété ou de la dépression.
Dans la section 6, la personne thérapeute passe en revue les étapes franchies, notamment : faire émerger les forces, les stratégies et les ressources ; séparer le problème du soi ; nommer le problème ; élaborer une métaphore centrée sur la personne (un schéma complexe) ; et intégrer les forces, les stratégies et les ressources à une métaphore en perpétuel mouvement. La personne suivie (et les autres personnes présentes) se voient attribuer des rôles et des responsabilités pour que la métamorphose de la métaphore se poursuive longtemps après la fin de la thérapie. L’un des buts principaux est de garder ce savoir nouvellement acquis, exprimé par une métaphore interactive et évolutive, à portée de la jeune personne et de son entourage. La jeune personne est invitée à s’attendre à un changement continu de la métaphore de l’anxiété ou de la dépression, puisque ces métaphores sont le reflet du problème de la personne. Elle quitte la séance sans rendez-vous avec le projet de continuer à utiliser la métaphore pour gérer l’anxiété ou la dépression dans sa vie.
Dans la séance 3 de la thérapie brève, le contenu de processus de la séance sans rendez-vous (sections 5 et 6) est repris, et les dernières notions sont élaborées avec la jeune personne. La séparation du problème et du soi par le langage externalisant, puis par l’élaboration d’une métaphore, fait l’objet d’un échange entre la personne thérapeute et la personne suivie. On demande à la jeune personne si cette expérience externalisée (y compris la création et l’usage de la métaphore) a modifié ses interprétations et son expérience de l’anxiété ou de la dépression. On lui demande si sa métaphore s’est déplacée depuis la séance précédente. Si c’est le cas, la séance se poursuit. Si la métaphore n’a pas été utile, la personne peut créer une autre métaphore et poursuivre cette dernière séance. Le changement métaphorique est le but premier de cette troisième séance.
La métaphore précédente ou nouvelle est ajustée ou déplacée de trois manières : (1) explorer la métaphore pour voir comment elle a évolué ou changé, et le refléter à la personne pour en dégager le sens ; (2) s’appuyer sur les forces de la personne pour voir si la métaphore s’est déplacée ; et (3) s’appuyer sur des exemples de stratégies qui ont réussi pour évaluer le changement métaphorique. Des questions tournées vers l’avenir peuvent aussi être posées pour imaginer comment la métaphore pourrait changer si la jeune personne : (a) continuait d’utiliser ses forces, ses stratégies et ses ressources ; (b) continuait de voir le problème comme extérieur et séparé d’elle-même ; et (c) prenait davantage position sur ce qu’elle veut pour sa vie, par opposition à ce que le problème veut pour elle.
La métaphore est de nouveau explorée dans les quatre domaines (sentiment de soi, sentiment de ses relations aux autres, sentiment de sa vie, et relation entre le soi et la métaphore du problème). La personne thérapeute écoute et intègre les aspects des pensées, des émotions et des actions dans ces domaines, à mesure que la personne déploie davantage son savoir et son expérience.
Enfin, alors que cette dernière séance s’achève, la personne thérapeute aide la jeune personne à élaborer un plan d’action pour utiliser la métaphore. La personne dispose désormais d’une métaphore-schéma complexe qui incarne sa compréhension de l’anxiété ou de la dépression et de ses effets sur sa vie. La métaphore est chargée de ses forces, de ses stratégies, de ses ressources et d’une nouvelle compréhension de la relation entre le soi et le problème. Les états affectifs d’anxiété ou de dépression ont été externalisés, séparés du soi et concrétisés visuellement. La personne peut continuer à utiliser la métaphore maintenant que l’expérience de la thérapie brève est terminée.
Sage a 19 ans. Il est en première année d’études d’infirmier dans un collège de l’Ontario, au Canada. Originaire de la province de l’Alberta, il a laissé derrière lui le soutien de ses parents, de sa sœur, de ses camarades de lycée et de sa petite amie, dont il est séparé depuis peu. Sage se présente à la clinique sans rendez-vous du collège pour une consultation en santé mentale vers la fin novembre, à un mois du début des examens.
Dès le début de la séance sans rendez-vous, la personne thérapeute demande à Sage de se présenter à partir de ses forces personnelles, mettant ainsi le problème de côté, momentanément et délibérément. Sage raconte qu’il a un lien familial étroit avec ses deux parents, sa sœur cadette et deux camarades de lycée très proches. Il adore les parois d’escalade de l’Alberta et dit une certaine fierté d’avoir été admis dans le programme de soins infirmiers. La personne thérapeute souligne le courage de pionnier dont doit faire preuve toute personne qui quitte sa province pour étudier, laissant son foyer et se mettant au défi de grandir. Elle souligne aussi la bravoure de Sage, qui a cherché un soutien en santé mentale en venant consulter. Elle fait ensuite émerger les stratégies que Sage utilisait pour prendre soin de sa santé mentale au lycée, principalement l’escalade et les moments passés avec sa petite amie et ses camarades.
La personne thérapeute initie Sage à une nouvelle manière de penser les problèmes, qui les sépare de lui-même. Elle le fait parce que, dans la population étudiante, on intériorise souvent ces problèmes de santé mentale et on s’y identifie. Elle dit à Sage que « la personne n’est pas le problème ; le problème est le problème ». Elle donne quelques exemples courants d’externalisation en santé mentale, en parlant de « l’anxiété » ou de « la dépression ». « Je suis anxieux » devient « L’anxiété… ». La personne thérapeute emploie aussi le nom lui-même : « L’anxiété est… ». Cette prise de position syntaxique rend ces difficultés de santé mentale plus concrètes et crée un espace entre Sage et le problème. La personne thérapeute introduit délibérément des pronoms qui tiennent lieu du problème (elle, elles, la, les, leur) lorsqu’elle parle des problèmes.
(20 min)
La personne thérapeute demande maintenant à Sage d’inviter le problème dans la conversation et dans la salle de consultation. Sage dit qu’il se sent de plus en plus anxieux à l’approche des examens de décembre, avec pour l’instant une note insuffisante en anatomie. Dans le même ordre d’idées, il se sent anxieux parce qu’il ne s’est pas vraiment noué de nouvelles amitiés au collège. Sage indique qu’il occupe une chambre individuelle en résidence et qu’il reste surtout seul. Il se sent isolé et coupé de ses soutiens d’autrefois. Pour définir et nommer le problème, la personne thérapeute demande à Sage de ressentir tout de suite l’anxiété qu’il éprouve en décrivant l’exemple le plus récent. Sage ravive son expérience de l’anxiété en se rappelant l’échec à l’examen d’anatomie de la veille. Il craint d’échouer au cours, d’être renvoyé en Alberta et de n’avoir aucune perspective de carrière. La personne thérapeute demande à Sage de nommer cette expérience en donnant une étiquette au problème. Sage l’appelle simplement « la tornade ».
Pour externaliser davantage le problème, la personne thérapeute amène Sage à développer la métaphore de la tornade en en déployant la description. Sage décrit cette métaphore, courante en Alberta, comme un tourbillon qui tourne tout autour de lui, avec le sentiment d’être pris au milieu, sans issue. Il indique que la vitesse de la tornade augmente rapidement et qu’elle a un effet meurtrier sur sa vie. Sage se sent seul, isolé et piégé à l’intérieur de la tempête, sans échappatoire. Il éprouve une anxiété sociale à l’idée de ne pas avoir noué de nouveaux liens et d’être coupé de sa famille et de son cercle amical restés au pays. Vivre dans une chambre individuelle, tout seul, lui confirme cette solitude. Bien que sa rupture ait été décidée d’un commun accord, il regrette de ne pas avoir de relation aussi proche cette année universitaire. Enfin, le cours d’anatomie est bien plus difficile qu’il ne l’avait prévu, vu la quantité de mémorisation qu’il exige. La personne thérapeute vérifie que le choix de la métaphore est approprié, c’est-à-dire qu’il correspond à l’expérience vécue du problème présenté. Comme une tornade, dit Sage, le problème est dynamique et non statique, en ce qu’il peut changer vite en termes de vent et de dégâts. Sage explique à la personne thérapeute l’échelle de Fujita (échelle F), qui compte six niveaux : F-0, F-1, F-2, F-3, F-4 et F-5. Il indique aussi qu’il s’attendait à ce que la vie au collège soit difficile, un peu comme une tornade, mais pas à ce point. La personne thérapeute et la personne suivie conviennent que l’intensité et les dégâts variables de la métaphore correspondent étroitement à son expérience de l’anxiété, et s’accordent pour utiliser cette métaphore centrée sur la personne. Sage fait un dessin de la métaphore pour externaliser et concrétiser davantage ce problème, qu’il intitule « Tornade F-4 aux dégâts dévastateurs (330-410 km/h) ».
(20 min)
La personne thérapeute et Sage parlent des forces, des stratégies et des ressources passées qu’il peut réactiver et placer sur la trajectoire de la tornade. Sage adore l’escalade ; il est encouragé à rejoindre le club d’escalade du collège, même si l’expérience serait différente, peut-être moins intéressante que ce qu’il vivait en Alberta. Rejoindre un tel club pourrait élargir son réseau social, et il pourrait y nouer des amitiés grâce à cet intérêt commun. Il a aussi une grande confiance dans ses capacités en escalade, si bien que l’activité elle-même lui sera très facile.
La personne thérapeute et Sage prévoient de développer encore son réseau social antérieur par des dîners familiaux du dimanche soir sur FaceTime avec ses parents et sa sœur. Sage accepte de renouer avec ses parents pour retrouver le soutien familial sur lequel il s’appuyait au lycée. Il prévoit aussi de reprendre contact avec ses camarades de lycée et d’organiser des parties de jeu en ligne à plusieurs. Enfin, Sage indique qu’il se rendra à un service de tutorat après les cours pour l’aider en anatomie.
Une boucle de rétroaction fournit des informations à Sage à mesure qu’il commence à utiliser ces forces, ces stratégies et ces ressources, tout en restant très attentif à la métaphore de la tornade. Il peut désormais savoir lesquelles sont les plus efficaces et dans quelles circonstances les utiliser. À la fin de la séance, la personne thérapeute passe en revue les étapes de la séance sans rendez-vous. Elle attire l’attention de Sage sur le fait qu’il faut s’attendre à un changement continu de la métaphore de la tornade, qui continuera d’évoluer comme la météo. Sage quitte la séance avec un plan pour utiliser la métaphore, qui réunit à la fois le problème et les forces, les stratégies et les ressources qu’il peut mobiliser.
(20 min)
Au début de la thérapie brève, la personne thérapeute réintroduit et résume délibérément le contenu de la séance sans rendez-vous de quelques semaines plus tôt. Avec Sage, les forces, les stratégies et les ressources sont de nouveau mises en avant. La personne thérapeute vérifie si Sage a renoué avec sa famille et son cercle amical, rejoint le club d’escalade et sollicité les services d’aide aux études du bureau de la réussite étudiante du collège. En outre, Sage est encouragé à parler de ses espoirs et de ses rêves pour sa vie immédiate et ses projets d’avenir. Il décrit une image de lui-même rentrant en Alberta pour les vacances d’hiver, ayant réussi le premier trimestre et s’étant lié d’amitié avec quelques camarades du club d’escalade.
La personne thérapeute demande à Sage d’expliquer ce qu’il comprend de la séparation des problèmes et du soi par l’externalisation. Sage s’appuie sur la tornade externalisée qu’il a dessinée et développée lors de la séance sans rendez-vous. Il dit avoir réfléchi au problème nommé, « la tornade », au cours des deux dernières semaines, en le suivant consciemment et en y réfléchissant dans sa vie quotidienne d’étudiant. La personne thérapeute demande à Sage de décrire son influence sur son sentiment de soi, sur le sentiment de ses relations aux autres et sur le sentiment de sa vie. Sage indique que la tornade lui fait perdre confiance en lui et abaisse son estime de soi, ce qui l’isole davantage et le rend triste. Sage exprime que la tornade l’a coupé de sa famille et de son cercle amical, car elle se met en travers de ses relations. Enfin, elle suit une trajectoire destructrice qui menace de détruire la vie qu’il veut mener (par exemple, une vie autonome, le mariage, des enfants et une carrière gratifiante au service des autres). La personne thérapeute relie les effets de la tornade aux pensées, aux émotions et aux actions ou inactions de Sage. Les influences de la tornade vont loin, et son message général entre en conflit avec les buts de vie de Sage. Selon Sage, la tornade est synonyme de destruction, d’isolement et d’échec.
La personne thérapeute demande à Sage d’évaluer (1) ce que la tornade veut pour la vie de Sage et (2) ce que Sage veut pour sa vie. Ensemble, Sage et la personne thérapeute évaluent et comparent ces deux positions. Sage les décrit comme presque opposées, en particulier du point de vue de leurs effets sur l’image qu’il a de lui-même, sur ses relations proches et naissantes, et sur une carrière d’infirmier qui le conduira avec succès vers la vie adulte qu’il imagine. Sage est encouragé à chercher des tornades dans son passé récent (sa dernière année de lycée), dans son présent (la tornade actuelle) et dans son avenir projeté (une fois le collège terminé et son retour en Alberta). La personne thérapeute aide Sage à regarder la tornade selon ces dimensions, puisqu’il a déjà remporté des succès face à l’anxiété dans le passé, en remporte actuellement quelques-uns et peut planifier une meilleure gestion de l’anxiété à l’avenir. Si la personne suivie avait déjà élaboré une métaphore représentant le problème, la personne thérapeute peut faire le point sur cette métaphore pour voir si et comment elle a changé. Sage indique qu’il vient de la remarquer dans ses relations et dans ses difficultés en anatomie.
(60 min)
Comme lors de la première séance de thérapie brève, la personne thérapeute et Sage reviennent sur la séparation du problème et du soi par l’externalisation. C’est à Sage d’expliquer ces notions à la personne thérapeute, qui pose des questions de clarification et de consolidation, pendant que Sage s’appuie sur ses propres exemples. Une fois que la personne thérapeute estime que Sage peut transmettre clairement ces idées, on lui demande de rendre compte de la tornade depuis la séance sans rendez-vous et la première séance de thérapie brève. Sage indique un déplacement de la métaphore, qui comprend désormais deux tornades jumelles : une plus petite qui représente son expérience de l’anxiété sociale et une autre plus petite qui représente son expérience de l’anxiété de performance. Chaque tornade métaphorique a diminué d’intensité. Pour Sage, la division de la tornade a un sens : les forces, les stratégies et les ressources qu’il utilise depuis le début de la thérapie agissent désormais différemment sur la tornade initiale. Il indique donc qu’elle s’est scindée en deux tornades distinctes, qui réagissent chacune à sa manière à ses tentatives de réduire leur influence sur sa vie (figure 2).

La personne thérapeute reprend le processus de la première séance en posant des questions sur les influences de l’anxiété sur le sentiment de soi, le sentiment des relations aux autres et le sentiment de la vie. Une qualité supplémentaire est ajoutée, qui met en lumière la relation entre la personne suivie et le problème. Sage approfondit sa compréhension des influences de la métaphore de l’anxiété sur ces domaines. Il remarque aussi l’effet de l’usage de ses forces, de ses stratégies et de ses ressources sur la métaphore de l’anxiété. En les utilisant activement, la tornade s’est scindée en deux tornades de moindre intensité. Sage dessine la métaphore qui s’est déplacée et l’intitule « Tornades F-2 aux dégâts importants (180-249 km/h) », ou « Les tornades jumelles ». Il approfondit sa compréhension en montrant leurs influences sur sa vie, mais aussi ses propres influences sur les tornades jumelles. Quand il se renforce, les tornades jumelles s’affaiblissent, et quand il s’affaiblit, elles se renforcent. Sage mesure leur force et sa propre force par rapport à elles. Il peut les transformer et les déplacer, ce qui montre que leur capacité à affecter sa vie est entièrement modifiable.
La nature et la dynamique de la relation entre Sage et les tornades jumelles sont explorées plus avant, au regard de ce qu’elles veulent pour sa vie, pour ses espoirs et pour ses souhaits. En un sens, on évalue la trajectoire que continueraient de suivre les tornades jumelles. Examiner leur relation passée, présente et future avec la personne suivie peut lui apporter les réponses à bon nombre de ces questions. Les desseins des tornades jumelles pour Sage sont ceux de tornades ordinaires : elles ne surgissent pas de nulle part, et certaines conditions doivent être réunies pour qu’elles se forment. Il explore davantage les circonstances de sa vie qui ont donné naissance à ces tornades, puis dessine les deux tornades déplacées en leur donnant un nom.
(60 min)
Comme lors des deux premières séances de thérapie brève, la personne thérapeute et Sage reviennent sur la « séparation du problème et du soi » par le langage externalisant et sur sa concrétisation par des métaphores centrées sur la personne. La personne thérapeute vérifie que les forces, les stratégies et les ressources sont toujours mises en œuvre et intégrées à la métaphore. Sage évalue l’évolution de sa compréhension et de son interprétation de l’anxiété, et de sa relation avec elle en tant qu’entité externalisée. Sage indique que « les tornades jumelles » ont été une métaphore utile (figure 3).

La personne thérapeute encourage un déplacement supplémentaire de la métaphore et de la relation entre la personne suivie et la métaphore. Elle remarque que la division ouvre la voie à des stratégies de gestion différentes pour chaque tornade. Entre les contextes sociaux et les contextes scolaires, Sage constate qu’il se prépare et réagit différemment à ces anxiétés. Les trajectoires immédiates et à long terme des tornades prennent sens pour Sage, puisque leurs parcours destructeurs zigzaguent à travers toutes les facettes de sa vie, sans égard pour ses espoirs, ses rêves et ses souhaits. La personne thérapeute et Sage confrontent chaque force, stratégie et ressource à chacune des tornades pour voir son effet. Par exemple, Sage et sa famille ont instauré un rituel de dîner le dimanche soir, où ils mangent ensemble virtuellement. Sage partage et raconte sa semaine à sa mère, à son père et à sa sœur, un moment qu’il attend avec impatience dès le début de la semaine. Ce changement planifié a réduit l’intensité de la tornade de l’anxiété sociale. Sage suit aussi un tutorat régulier entre pairs pour réussir ses prochains examens d’anatomie. Il a davantage le sentiment d’être sur la bonne voie, surtout grâce à de meilleurs efforts de mémorisation et à des plages d’étude régulières en dehors du tutorat. La trajectoire de la tornade de l’anxiété de performance semble s’écarter de la destruction de ses notes dans ce cours, voire de toute son année universitaire. La personne thérapeute pose quelques questions tournées vers l’avenir sur l’allure qu’auront les tornades dans quelques semaines, quelques mois et quelques années si Sage continue d’utiliser ses forces, ses stratégies et ses ressources. Sage exprime davantage d’espoir en l’avenir en projetant le temps qu’il se crée lui-même.
La personne thérapeute revient à l’exploration, avec la métaphore, de l’évolution du sentiment de soi de Sage, de ses relations aux autres et du sentiment de sa vie. Sage raconte qu’il prend un rôle de responsable plus important au club d’escalade, grâce à son cours sur les techniques d’entretien et au travail qui s’y rattache. Il explique avoir rejoint le comité directeur pour promouvoir le club par une compétition à l’échelle de la province, qui lui vaudra des crédits de cours supplémentaires. Il joue aussi en ligne avec ses camarades de lycée le mercredi soir. Sage dit que son rêve de devenir infirmier lui paraît désormais plus accessible. Il a la preuve qu’il a modifié la trajectoire de la tornade de l’anxiété de performance et diminué les vents de la tornade de l’anxiété sociale. Il indique que cela ressemble davantage à une relation interactive qu’à une relation faite de peur et d’imprévisibilité.
Sage et la personne thérapeute préparent ensemble la fin de la thérapie brève. Le risque d’un retour à l’isolement social et à la procrastination scolaire est abordé. Sage reconnaît sa part de responsabilité dans la création de l’environnement propice au développement et à l’épanouissement des tornades jumelles. Il prévoit de les surveiller et de les classer au cours des semaines suivantes, jusqu’à ses vacances d’hiver en Alberta. Par l’intermédiaire du bureau de la réussite étudiante du collège, il se préparera à s’inscrire à des cours encore plus exigeants que l’anatomie au trimestre de printemps. Sage s’engage en outre à passer du temps avec ses camarades de lycée et à consolider en personne leur équipe de jeu pendant les vacances. Il prévoit de continuer l’escalade avec le comité directeur et de rejoindre un autre club du collège. Sage termine la dernière séance avec ses dessins évolutifs des tornades jumelles, en sachant qu’elles et l’environnement qu’il crée continueront de se déplacer.
(60 min)
Les taux de prévalence de l’anxiété et de la dépression chez les jeunes ont été relevés depuis le début de la pandémie de COVID-19, avec les efforts entrepris pour traiter cette population clinique. Les cliniques sans rendez-vous et la thérapie brève sont des formes de traitement courantes en Ontario, au Canada, avec des données limitées issues d’essais cliniques à petite échelle et d’essais contrôlés randomisés. L’équipe de recherche a relevé que ces modèles de traitement existent séparément et que leurs processus cliniques ne sont pas intégrés de manière délibérée et structurelle. Cette rupture dans la continuité du processus peut conduire à une organisation des services inefficiente et, surtout, à de moins bons résultats pour les personnes suivies.
L’équipe de recherche a aussi attiré l’attention sur l’approche généraliste existante, en « taille unique », du modèle de consultation en séance unique (proposé par les cliniques sans rendez-vous). La formation des thérapeutes en santé mentale les prépare à traiter toutes les difficultés présentées avec une seule approche thérapeutique, plutôt qu’à utiliser des approches spécifiques pour des difficultés spécifiques, comme l’anxiété ou la dépression. Il n’existe aucun modèle sans rendez-vous spécifique qui traite les problèmes intériorisés comme l’anxiété ou la dépression.
Une nouvelle intervention (l’EMT) a été présentée, qui intègre les processus du modèle en séance unique à ceux du modèle de la thérapie brève. En outre, le modèle de l’EMT a été élaboré pour traiter les problèmes intériorisés. Le présent article a exposé cette nouvelle approche thérapeutique au moyen d’une description détaillée, d’un protocole de traitement intégratif et d’une illustration clinique.
L’évaluation clinique du présent modèle de traitement intégratif en 1 + 3 séances permettrait d’explorer des hypothèses vérifiables. Le plus important sera peut-être de savoir si l’intégration du processus de la séance unique dans un processus ultérieur en trois séances améliore les résultats pour les jeunes aux prises avec l’anxiété ou la dépression. Un essai contrôlé randomisé comportant un groupe de comparaison (traitement habituel) aidera à évaluer cette hypothèse au moyen d’instruments psychométriques de résultats avant-après.
Le changement au sein des séances et d’une séance à l’autre apportera des informations importantes sur les aspects de la séance unique (chacune des six sections) qui influent sur chacune des trois séances de thérapie brève qui suivent. Si les personnes suivies progressent bien dans les sections 3 et 4, leurs progrès sont-ils liés à la séance 2 ? On peut s’y attendre, puisque ce sont les plus étroitement liées du point de vue du processus de changement. De même, les autres sections (1-2, 5-6) et séances (séance 1, séance 3) devraient être liées empiriquement, ce qui constitue une autre hypothèse vérifiable d’un tel modèle intégratif.
Cet article a présenté une nouvelle approche intégrative du traitement en santé mentale pour les jeunes aux prises avec l’anxiété ou la dépression. Des modérateurs du changement pourraient être étudiés pour évaluer leur efficacité et les comparer au traitement habituel dans cette population clinique. Une telle recherche clinique exploratoire, tournée vers l’élaboration de nouveaux modèles de changement, compte pour les modèles de traitement existants et pour le champ de la santé mentale des jeunes.
Complexe Systémique : à retenir
Le mérite de l’article est de poser une question d’organisation que la clinique connaît bien : la séance sans rendez-vous et la thérapie brève qui la suit forment souvent deux mondes, et la jeune personne doit tout recommencer. L’EMT propose un fil continu, la métaphore, qui voyage d’un dispositif à l’autre et se transforme à mesure que les ressources sont mobilisées. On reconnaît l’héritage de White et Epston : séparer la personne du problème, interroger ce que le problème « veut » pour sa vie, l’inviter à prendre position. L’illustration est parlante : la tornade F-4 de Sage se scinde en deux tornades F-2, sociale et scolaire, à mesure que se renouent les liens avec la famille et les camarades. Un regard systémique ajoutera que la métaphore gagne à être travaillée avec l’entourage, que le protocole invite d’ailleurs dans la pièce. Il faut cependant lire ce texte pour ce qu’il est : une proposition de modèle, appuyée sur un seul cas illustratif et sur des études pilotes de l’équipe elle-même, sans évaluation du protocole combiné. Les hypothèses testables sont énoncées, pas encore éprouvées. À lire avec l’article sur l’externalisation du problème en thérapie, et avec l’étude Delphi sur la pensée en séance unique.
Notes de l’original
Financement. L’équipe de recherche n’a rien à déclarer.
Liens d’intérêts. L’équipe de recherche déclare n’avoir aucun lien d’intérêts.
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White, M., and D. Epston. 1990. Narrative Means to Therapeutic Ends. W.W. Norton & Company.
Traduction non officielle en français de Intégrer la clinique sans rendez-vous et la thérapie brève pour améliorer les résultats : une intervention en 1 + 3 séances pour les jeunes aux prises avec l’anxiété et la dépression, par Jazlyn McGuinty, Alain Carlson, John Nelson et Joana Silva, Australian and New Zealand Journal of Family Therapy, vol. 47, no 1 (2026), doi : 10.1002/anzf.70044, sous licence CC BY 4.0. Traduction et mise en page : Complexe Systémique, septembre 2026 — l’œuvre a été modifiée au sens de la licence (tableau présenté en liste, légendes des figures traduites). Ni les auteurs ni l’éditeur ne répondent de cette traduction ; la version originale fait foi.
Traduction française non officielle de « Integrating the Walk‐In Clinic and Brief Therapy Processes to Enhance Treatment Outcomes: A 1 + 3 Session Intervention for Youth Presenting with Anxiety and Depression », publié dans Australian and New Zealand Journal of Family Therapy (2026) sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique, elle n’émane ni des auteurs ni de l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ; la version originale fait foi.
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McGuinty, J., Carlson, A., Nelson, J., et Silva, J. (2026). Intégrer la clinique sans rendez-vous et la thérapie brève pour améliorer les résultats : une intervention en 1 + 3 séances pour les jeunes aux prises avec l’anxiété et la dépression (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/integrer-la-clinique-sans-rendez-vous-et-la-therapie-breve-pour-ameliorer-les-resultats (Œuvre originale publiée en 2026 dans Australian and New Zealand Journal of Family Therapy, 47(1), e70044 (2026) ; republiée en 2026 par Australian and New Zealand Journal of Family Therapy, https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/anzf.70044)
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