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Nursing Reports · Conférences familiales

L’efficacité des conférences familiales et les obstacles à leur mise en œuvre : une revue de portée

Née en Nouvelle-Zélande dans la culture maorie, la conférence familiale confie la décision à la personne concernée et à son réseau, et non aux équipes professionnelles. Une équipe de soins infirmiers de l’université de Kobe a passé en revue 26 études publiées entre 2015 et 2020. Elle y trouve quatre effets, dont l’appropriation et le sentiment d’appartenance retrouvé, mais aussi quatre obstacles : urgences, familles fracturées, rôle exigeant de la coordination et rapport coût-efficacité discuté.

Auteurs Naohiro Hohashi (division des soins infirmiers en santé familiale, école doctorale des sciences de la santé, université de Kobe, Japon) et Qinqiuzi Yi (même division, université de Kobe ; département d’administration publique, China Three Gorges University, Yichang, Chine)Première publication Nursing Reports, 1er avril 2025Traduction Complexe Systémique, traduction non officielle

Traduction française non officielle. Cet article est la traduction de L’efficacité des conférences familiales et les obstacles à leur mise en œuvre : une revue de portée, par Naohiro Hohashi et Qinqiuzi Yi, publié dans Nursing Reports (MDPI) (2025), doi : 10.3390/nursrep15040122, sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par le Complexe Systémique en septembre 2026 : le texte original a été traduit en français et remis en page, ce qui constitue une modification de l’œuvre au sens de la licence. Les quatre tableaux sont présentés sous forme de listes, avec toutes leurs données ; la figure (diagramme de sélection des études) reste en anglais, avec une légende traduite. Cette traduction n’a été effectuée ni par les auteurs ni par l’éditeur, qui ne répondent ni de son contenu ni d’éventuelles erreurs. La version originale fait foi.

L’interaction entre les deux éléments clés ne facilite pas la prise de décision dans la FGC en tant que telle, mais agit sur les personnes participantes pour les aider à devenir elles-mêmes capables de décider.

Naohiro Hohashi et Qinqiuzi Yi

Résumé

Objectif. Cette étude visait à établir l’efficacité de la conférence familiale (Family Group Conferencing, FGC), un modèle de prise de décision non seulement centré sur la famille, mais aussi conduit par la famille ou par le réseau social, et à examiner les obstacles à sa mise en œuvre. Méthode : une revue de portée a été menée selon le cadre d’Arksey et O’Malley. Une recherche systématique a été conduite dans des bases de données électroniques comme PsycInfo, CINAHL, Google Scholar et Web of Science. Les critères reposaient sur les termes de recherche « family group conferencing » ou « family group conference », la recherche étant limitée aux études publiées entre janvier 2015 et juillet 2020. Les données extraites par l’équipe de revue ont été analysées de manière inductive, et les résultats classés en catégories. Résultats : la revue a inclus au total 26 études. Les catégories qui attestent l’efficacité des FGC sont le « sentiment d’appropriation », le « rétablissement de l’appartenance », la « réduction de la contrainte » et la « plateforme d’apprentissage ». Les catégories qui décrivent les obstacles à la mise en œuvre des FGC sont les « situations graves de la personne principale », les « situations graves de la famille », le « rôle complexe de la coordination des FGC » et le « manque de rapport coût-efficacité des FGC ». Conclusions : l’efficacité sur la capacité de décision dépendait de l’interaction entre la personne principale et le réseau social de la FGC, tandis que les obstacles réduisaient la probabilité de mener le processus de FGC à son terme. Il faudra donc préciser les compétences et les qualifications des personnes coordinatrices de FGC, qui doivent tenir compte de la dynamique de groupe, afin de permettre à la personne principale et à son réseau social de développer une interaction réciproque positive.

Mots-clés : conférence familiale (FGC) ; soins infirmiers à la famille ; revue de portée ; efficacité ; obstacles

1. Introduction

La conférence familiale (Family Group Conferencing, FGC) est un modèle de prise de décision développé en Nouvelle-Zélande dans les années 1980. En 1989, elle a été intégrée à la loi du pays sur les enfants, les jeunes et leurs familles (Children, Young Persons, and Their Families Act) [1] comme méthode efficace pour résoudre les problèmes impliquant des enfants. La FGC repose sur l’idée que ce sont les familles elles-mêmes, et non les équipes professionnelles, qui sont expertes de leur situation et de leurs problèmes, et postule que la plupart des familles disposent de capacités et de ressources suffisantes pour prendre des décisions éclairées sur leur propre bien-être. Elle se distingue en cela de la conception courante de la prise de décision.

Les principes et les valeurs de la FGC s’ancrent dans la culture maorie de Nouvelle-Zélande. Dans la culture maorie traditionnelle, la whānau était le lieu où se retrouvaient les membres de la famille et de la famille élargie, et où se faisaient les premiers apprentissages et la socialisation. Aujourd’hui, whānau désigne un environnement dans lequel certaines responsabilités et obligations sont transmises à la jeune génération [2]. Selon Barn et Das (2016) [3], si les racines du modèle de la FGC viennent des traditions culturelles maories, et si la notion de famille y a été définie largement pour inclure la famille proche et des systèmes de parenté plus étendus, peu de discussions ou de recherches sur la FGC s’intéressent réellement à l’arrière-plan culturel et ethnique du dispositif.

La FGC a été présentée lors d’ateliers locaux dans toute la Nouvelle-Zélande, puis diffusée et développée en Grande-Bretagne, à Hawaï et dans d’autres États américains [4]. Des études sur la FGC ont été menées en Europe, en Amérique du Nord et en Océanie, surtout en protection de l’enfance et en justice restaurative [5]. De Jong et Schout (2011) [6] notent que les études sur l’application de la FGC aux pratiques de santé mentale sont rares, mais, à partir de 2015 environ, le nombre d’études utilisant la FGC en santé mentale a commencé à augmenter [7,8,9,10,11,12]. La FGC a en outre été largement mise en œuvre dans de nombreux autres domaines, comme le sans-abrisme [13], l’incapacité de travail [14], ou l’accompagnement des personnes âgées atteintes de démence et de leur famille [15]. Elle a aussi été évaluée par des stratégies variées : entretiens qualitatifs, observation des personnes suivies et des familles, des réseaux sociaux et des équipes professionnelles, analyse de données administratives et analyse d’impact sur les résultats.

Le processus de FGC comporte cinq phases : (1) la préparation, (2) l’information, (3) le temps privé, (4) la présentation du plan, et (5) la réalisation du plan et l’évaluation [16,17]. Pendant la phase de préparation, la personne coordinatrice aide la personne principale (main actor) à explorer son réseau social, et la personne principale décide qui inviter à la conférence. Pendant la phase d’information, la réunion commence, et les équipes professionnelles peuvent fournir les informations nécessaires pour répondre aux questions de la personne principale. Pendant le temps privé, la personne principale et son réseau social délibèrent ensemble, sans les équipes professionnelles ni la personne coordinatrice. Pendant la phase de présentation du plan, les personnes participantes présentent leur plan à la personne coordinatrice et aux équipes professionnelles concernées. Cette implication des équipes professionnelles auprès des familles à ce stade distingue la FGC de la méthode habituelle de prise de décision. Pendant la dernière phase, toutes les personnes concernées réalisent le plan, en évaluent l’efficacité et les résultats, puis l’ajustent en conséquence.

Une FGC peut réunir de nombreuses personnes : patients, enfants, familles, membres du réseau social, équipes professionnelles (travail social, personnel infirmier, etc.) et personnes coordinatrices de FGC. Dans le domaine des soins infirmiers en santé mentale publique, la personne qui souffre du problème ou en est à l’origine est appelée la personne principale, et sa famille ou ses proches son réseau social. Dans le domaine des FGC pour les personnes âgées, les personnes confrontées à des problèmes de santé ou financiers, par exemple parce qu’elles s’occupent d’un conjoint ou d’une conjointe ayant subi un accident vasculaire cérébral, sont appelées des « cas », et leur famille (frères et sœurs, enfants, etc.) leur réseau social. Dans cette étude, « personne(s) principale(s) » désigne la ou les parties principales de la FGC, et « réseau social » leur famille, leur parenté et leurs amitiés.

La théorie qui sous-tend la FGC est que les personnes ont le droit de prendre leurs propres décisions, et que la personne principale et son réseau social ont la responsabilité première des problèmes de cette personne et de la recherche de solutions [16]. En ce sens, la FGC n’est pas seulement centrée sur la famille, mais aussi conduite par la famille (ou par le réseau social). Les notions clés de la FGC sont la résilience et l’autonomie relationnelle [18], au cœur du processus d’interaction entre la personne principale et le réseau social. La résilience est la capacité à s’adapter à des situations difficiles ou menaçantes, et elle inclut la capacité à s’adapter et à se développer au fil des interactions sociales et environnementales [18,19]. L’autonomie relationnelle se définit comme une approche de l’autonomie qui met l’accent sur l’interaction et la croissance à travers les relations [20,21].

Quant à l’interaction entre la personne principale et le réseau social dans la FGC, elle vise à optimiser la prise de décision familiale : c’est un processus qui alterne des phases de partage de connaissances et de compétences, d’accompagnement (coaching), de décision partagée (shared decision-making, SDM) et, à terme, de pleine autonomisation des personnes participantes [22]. Selon Metze et al. (2015) [16], l’interaction de la personne principale avec son réseau social pendant la FGC l’aide à faire valoir ses propres décisions et actions et à les faire respecter, ce qui modifie sa perspective, tout en construisant le respect de soi et l’estime de soi et en renforçant le sentiment de sa propre valeur.

Le modèle de la décision partagée (SDM), courant dans le domaine médical, met lui aussi l’accent sur l’interaction entre les personnes, d’une manière proche de la FGC. La SDM soutient l’autonomie de la personne soignée et de sa famille par le consentement éclairé et par la communication entre équipes cliniques, personnes soignées et membres de la famille. Elle se définit comme une approche dans laquelle équipes cliniques et personnes soignées communiquent en s’appuyant sur les meilleures données disponibles face à une tâche [23]. Dans cette perspective, la prise de décision compte pour les valeurs et l’identité des personnes, ainsi que pour la quantité de communication qu’elle suscite entre équipes cliniques et personnes soignées. Les équipes soignantes jouent donc un rôle clé lorsque le consentement éclairé est en jeu, en favorisant l’autonomie des personnes soignées par des approches relationnelles. En pratique clinique infirmière, plus précisément, la FGC offre au personnel infirmier un cadre efficace pour favoriser l’engagement des personnes soignées et des familles, améliorer la communication au sein des équipes de soins, et soutenir des soins holistiques centrés sur la personne par l’autonomisation et l’autonomie relationnelle. En outre, le personnel infirmier, qui travaille habituellement au plus près des personnes soignées et de leur famille, est particulièrement bien placé pour faciliter les FGC, et donc pour améliorer la coordination des soins, l’adhésion aux plans de traitement et l’état de santé global, en s’appuyant sur les forces propres des familles et sur leurs réseaux sociaux.

Si les interactions entre les personnes sont importantes dans l’aide à la décision, les effets de ces décisions sur la vie des personnes soignées et de leur famille n’ont pas été suffisamment examinés. La FGC a amélioré la qualité du soutien social, la résilience et les conditions de vie [7]. Pourtant, une méta-analyse de l’efficacité de la FGC dans l’aide à la jeunesse n’a pas montré qu’elle était plus efficace que la prise en charge habituelle [24]. Les mécanismes de la FGC sont complexes et difficiles à quantifier. Il a été avancé que les essais randomisés ne sont pas les méthodes de recherche les plus adaptées pour examiner l’efficacité de la FGC, et qu’il serait plus pertinent de combiner diverses méthodes qualitatives et quantitatives pour analyser son processus [25,26]. On estime également que, pour établir l’efficacité de la FGC et les obstacles à sa mise en œuvre, il importe d’envisager le processus sous plusieurs angles, par la recherche qualitative et quantitative, et que les revues de portée sont utiles pour synthétiser les résultats de recherche et repérer de multiples lacunes. À mesure que la recherche sur la FGC progressera, de nouvelles méthodes de prise de décision familiale pourront voir le jour.

Cette étude avait pour but d’établir l’efficacité de la FGC et les obstacles à sa mise en œuvre, à partir de deux questions : (1) En quoi la FGC s’est-elle montrée efficace ? (2) Quels sont les principaux obstacles auxquels elle se heurte ?

2. Méthode

2.1. Plan de l’étude

Les revues de portée sont utiles pour synthétiser des résultats de recherche et repérer des lacunes [27]. Cette étude visant à repérer les domaines où la FGC est efficace et à examiner les obstacles à sa mise en œuvre, une revue de portée a été retenue.

La revue de portée a été menée selon les étapes méthodologiques décrites par Arksey et O’Malley (2005) [27] et rapportée conformément à l’extension pour les revues de portée des Preferred Reporting Items for Systematic Review and Meta-Analysis (PRISMA-ScR) [28]. Comme il s’agit de la première revue systématique sur ce sujet, le protocole n’a pas été enregistré.

2.2. Définition de la FGC

La FGC est définie comme « une intervention dans laquelle un plan n’est pas élaboré par une personne professionnelle, mais par la personne qui a besoin d’aide et de soutien elle-même, avec son réseau social » [18].

2.3. Sources d’information et stratégie de recherche

Une recherche systématique a été menée dans les bases de données électroniques PsycInfo, CINAHL (Cumulative Index to Nursing and Allied Health Literature), Google Scholar et Web of Science. Les mots-clés de recherche étaient « family group conferencing » ou « family group conference ». La période de publication allait de janvier 2015 à juillet 2020, parce que 2015 marque le moment où la FGC a commencé à être largement mise en œuvre dans de nombreux domaines et sous diverses formes.

2.4. Critères d’exclusion

Étaient exclus les articles non publiés en anglais et ceux qui ne faisaient référence à aucun aspect du processus d’intervention, des résultats et des effets ou des problèmes de la FGC. Cette revue n’a pas évalué la qualité méthodologique des études incluses.

2.5. Cartographie des données

Une méthode descriptive et analytique a servi à extraire les données des études incluses. Les informations suivantes ont été extraites : caractéristiques de l’étude (signataires, date de publication, pays, objectifs et plan d’étude) ; données démographiques des personnes participantes ; cadres de l’étude ; description de l’intervention FGC (par exemple le rôle de la coordination et la durée de l’intervention) ; résultats et mesures de résultat ; et principaux constats, dont l’efficacité de l’intervention FGC et les obstacles rencontrés.

Une approche thématique inductive a servi à repérer et à coder les facteurs en jeu. Cette analyse a permis d’extraire les domaines où la FGC est efficace et les obstacles à sa mise en œuvre.

Les données descriptives des études ont été rassemblées, et l’efficacité de la FGC et les obstacles rencontrés ont été repérés pour chaque contexte. Chaque description a ensuite été découpée en codes, c’est-à-dire en petites unités de sens. La classification des codes s’est faite en s’attachant aux similitudes et aux différences : les codes jugés conceptuellement proches ont été regroupés en notions plus abstraites, appelées sous-catégories. Les sous-catégories ont ensuite été regroupées en catégories, dont le niveau d’abstraction a été affiné et vérifié par l’équipe de revue. Plus précisément, la fiabilité de toutes les analyses a été soumise à l’analyse indépendante de deux spécialistes de la recherche en soins infirmiers de santé familiale, et réexaminée jusqu’à l’obtention d’un consensus. Faute de consensus entre ces deux spécialistes, l’article était réévalué par l’une et l’autre. Si le consensus n’était toujours pas atteint, des avis étaient échangés à plusieurs reprises avec 11 membres associés de l’équipe de recherche jusqu’à une décision finale.

3. Résultats

3.1. Sélection des études

Le processus de repérage et de sélection des études est présenté dans la figure 1. La recherche a repéré 161 articles : PsycInfo (n = 35), CINAHL (n = 25), Google Scholar (n = 50) et Web of Science (n = 51). Après suppression de 101 doublons, 60 résumés ont été examinés ; ont alors été exclus les articles dont le résumé était inaccessible (n = 6), non disponibles en anglais (n = 1) et ne portant pas sur la FGC (n = 17). Trente articles complets ont été consultés pour une évaluation approfondie selon les critères d’exclusion (aucune référence au processus d’intervention, aux résultats et aux effets ou aux problèmes de la FGC), ce qui a conduit à retenir 26 articles en texte intégral (43,3 % des références repérées).

Diagramme de repérage et de sélection des études
Figure 1. Processus de repérage et de sélection des études (schéma original en anglais)

3.2. Description des études incluses

Les principales caractéristiques des études incluses figurent dans les tableaux 1 et 2. Les études avaient un plan qualitatif (n = 13), mixte (n = 1) ou quantitatif (n = 12). Parmi les études quantitatives figuraient des études randomisées (n = 4), une méta-analyse (n = 1), une étude longitudinale (n = 1), une étude non randomisée (n = 1) et d’autres études (n = 5). Les études ont été menées sur trois des sept continents, la plupart aux Pays-Bas (n = 14, 53,8 %) et aux États-Unis (n = 4, 15,4 %).

Tableau 1 — Caractéristiques des publications qualitatives incluses (n = 13)

Pour chaque étude : numéro de référence, premier nom, année et pays ; personnes participantes ; plan et question de recherche ; principaux résultats ; parties étudiées (PP, RS, P, C) ; analyse temporelle.

Protection de l’enfance

  • [29] Mitchell (2020), Écosse. Enfants (n = 10), familles (n = 22) et personnel professionnel (n = 28). Entretiens semi-directifs et analyse documentaire de dossiers de FGC, pour comprendre rétrospectivement la contribution de la FGC aux résultats à long terme pour des enfants risquant un placement et pour leur famille. La FGC façonne en continu les capacités et l’identité des familles par l’engagement émotionnel, avec un impact qui dépasse les réunions et s’étend à la vie quotidienne ; les équipes professionnelles évaluent les résultats selon des priorités organisationnelles, comme l’avancement des placements et l’efficacité des réunions. Parties : PP, RS, P, C. Analyse temporelle : sans objet.
  • [30] Schmid et al. (2017), Canada. Personnes exerçant la FGC (n = 17). Longs entretiens individuels semi-directifs par téléphone et entretiens de groupe, pour repérer les processus internes et externes qui facilitent ou freinent le passage à la FGC, les chances et les menaces pour le programme, et les processus qui en assureraient la pérennité. Le succès du programme tient à des réformes multiples, mais sa pérennité est menacée par l’instabilité des financements et un soutien inégal selon les niveaux provincial et institutionnel. Parties : RS, P, C. Analyse temporelle : sans objet.

Santé mentale

  • [8] Schout et al. (2017), Pays-Bas. Dix-huit situations de FGC. Entretiens semi-directifs selon une méthodologie d’évaluation responsive, pour examiner si le recueil de retours peut contribuer positivement à l’alliance entre les personnes coordinatrices et les personnes pour qui la FGC est mise en place. Les familles ont continué d’éviter les soins avant et après la FGC, tandis que les personnes chargées de la tutelle légale se désengageaient et que l’inertie de la coordination bloquait les interventions ; des stratégies fondées sur les retours pourraient atténuer l’évitement des soins et la paralysie naissants. Parties : PP, RS, P, C. Analyse temporelle : sans objet.
  • [9] Schout et al. (2017), Pays-Bas. Dix-sept situations avec troubles psychiatriques, présentées par des psychiatres (n = 4) et du personnel infirmier en santé mentale communautaire (n = 2). Entretiens, pour éclairer les circonstances dans lesquelles la FGC ne peut pas être mise en place. Principaux obstacles : la pression du temps ; la gravité de l’état psychique des personnes suivies ; la difficulté des équipes professionnelles à envisager, ou leur incapacité à se représenter, la FGC ; et le manque de réceptivité des personnes suivies ou de leurs réseaux. Parties : PP, P. Analyse temporelle : sans objet.
  • [10] De Jong et al. (2018), Pays-Bas. Quarante et une situations de FGC. Entretiens semi-directifs, pour examiner le processus et l’impact des conférences. Dynamiques de la FGC : dénouement des résistances et de l’isolement, partage des émotions, motivation portée par les mères (plutôt que par les équipes), complexité du rôle de la coordination et non-ingérence des équipes professionnelles. Facteurs clés : inviter des personnes et élargir le réseau social ; partager sentiments de honte et griefs ; confiance entre personnes suivies et coordination ; et soutien, par les équipes professionnelles, de l’autodétermination propre à la FGC. Parties : PP, RS, P, C. Analyse temporelle : sans objet.
  • [12] Johansen (2020), Norvège. Neuf hommes et six femmes. Entretiens semi-directifs, pour explorer l’expérience de la FGC chez des bénéficiaires de l’aide sociale de longue durée. Trois mécanismes thérapeutiques de réseau se dégagent : la révélation de soi, la confrontation et l’amélioration de relations familiales insatisfaisantes, et la communication dialogique. Parties : PP. Analyse temporelle : sans objet.
  • [31] De Jong et al. (2015), Pays-Bas. Personnes principales (personnes suivies) (n = 29), membres du réseau social (famille, amitiés, voisinage) (n = 35), personnel professionnel (travail social, soins infirmiers en santé mentale, police, bailleurs sociaux et municipalités) (n = 37) et personnes coordinatrices (n = 17). Entretiens semi-directifs, pour examiner le processus et l’impact des conférences. La FGC était surtout mise en place après l’échec des soins professionnels, et elle n’atteignait pas ses objectifs, faute de mobilisation suffisante des réseaux sociaux et en raison du sentiment d’impuissance des personnes suivies à faire changer les choses. Parties : PP, RS, P, C. Analyse temporelle : sans objet.
  • [32] Meijer et al. (2019), Pays-Bas. Personnes ayant participé à une FGC (n = 289). Entretiens et observation participante, pour comprendre le processus et l’impact de la FGC. Effets de la FGC en psychiatrie sous contrainte : appropriation (le sentiment d’avoir la maîtrise) de la situation, prise d’initiative après la FGC et élargissement des réseaux de soutien. Conditions du partenariat : révélation de la vulnérabilité et de la honte, évitement des conflits, ajustement des attitudes des équipes de santé mentale et rôle facilitateur de la coordination. Parties : PP, RS, P, C. Analyse temporelle : entretiens menés un à six mois après la FGC.

Accompagnement des personnes âgées

  • [15] Górska et al. (2016), Écosse. Familles (n = 14) et personnel professionnel participant à des FGC. Entretiens de groupe, pour évaluer l’impact d’un service pilote de FGC dans l’accompagnement de la démence. Bénéfices : permet aux familles de répondre ensemble aux besoins liés à la démence grâce à des rencontres coordonnées et orientées vers un but. Difficultés : les troubles cognitifs liés à la démence peuvent limiter la capacité à donner un consentement éclairé à la participation. Parties : RS, P. Analyse temporelle : sans objet.
  • [16] Metze et al. (2015), Pays-Bas. Personnes âgées (n = 8), membres du réseau social (n = 4) et travail social (n = 4), et deux situations de FGC contrastées. Étude de cas, pour explorer la pertinence de la FGC auprès des personnes âgées sous l’angle de la résilience et de l’autonomie relationnelle. Les notions d’autonomie relationnelle et de résilience éclairent le processus de FGC ; des interventions bienveillantes et le respect des besoins des personnes âgées favorisent une résolution proactive des problèmes. Parties : PP, RS, P. Analyse temporelle : sans objet.

Justice des mineurs

  • [33] Slater et al. (2015), Nouvelle-Zélande. Personnes coordinatrices en justice des mineurs (n = 19) et personnes exerçant avec des expériences diverses (n = 27). Entretiens semi-directifs, pour comprendre l’évolution de la pratique et repérer les facteurs des bonnes pratiques et les faiblesses du processus. La FGC en justice des mineurs a réduit la récidive dans la plupart des cas, mais moins chez les jeunes à haut risque de récidive. Bonnes pratiques : aligner les approches professionnelles sur la philosophie et la pratique de la FGC, former à une conduite assurée par la coordination, soigner la préparation, inclure les victimes et élaborer des plans personnalisés fondés sur les forces. Parties : C. Analyse temporelle : sans objet.

Familles noires et issues de minorités ethniques (BME)

  • [34] Valenti (2017), Écosse. Personnel professionnel (n = 8), dont 6 personnes se rattachant à un milieu BME. Revue de la littérature et série d’entretiens, pour explorer l’usage de la FGC en travail social auprès d’enfants et de familles BME. La FGC reste peu étudiée et peu utilisée auprès des familles BME ; des orientations obligatoires pourraient accroître leur participation aux décisions, mais les équipes de terrain signalent des difficultés systémiques, la dépendance aux interprètes et des dynamiques familiales complexes appelant des solutions. Parties : P, C. Analyse temporelle : sans objet.

Sans-abrisme

  • [13] Miklosko et al. (2017), Slovaquie. Personnes sans abri (n = 42) et personnel professionnel (n = 16). Entretiens semi-directifs, pour découvrir l’impact de la FGC sur des familles confrontées au sans-abrisme. Facteurs, liés à la FGC, qui ont renforcé les familles : mise en contexte des problèmes familiaux ; réduction de l’isolement social, avec appui à la création de nouvelles relations ; liens relationnels renouvelés ; réseaux de soutien élargis ; amélioration des relations dans le système familial ; et six autres facteurs. Parties : PP, RS, P. Analyse temporelle : sans objet.

Note : PP = personne principale ; RS = réseau social ; P = équipes professionnelles ; C = coordination ; FGC = conférence familiale. « Parties » indique les groupes étudiés (cases cochées dans l’original).

Tableau 2 — Caractéristiques des publications quantitatives et mixtes incluses (n = 13)

Pour chaque étude : numéro de référence, premier nom, année et pays ; personnes participantes ; plan et mesures de résultat ; principaux résultats ; parties étudiées (PP, RS, P, C) ; analyse temporelle.

Protection de l’enfance

  • [5] Sen et al. (2019), Royaume-Uni. Données nationales et données quantitatives d’une étude d’un service de FGC dans une ville. Recherche quantitative mesurant l’évolution des taux d’enfants confiés (LAC), de plans de protection de l’enfance (CP) et d’enfants ayant des besoins (CIN) dans une ville dotée d’un service de FGC, par comparaison avec l’ensemble du pays. Le taux LAC de la ville, d’abord supérieur à la moyenne nationale, baisse depuis 2012, en même temps que l’adoption de pratiques restauratives ; le taux CP a diminué régulièrement après 2013, passant sous la moyenne nationale en 2015 ; le taux CIN, plus variable, est resté constamment au-dessus de la moyenne nationale de 2011 à 2016. Parties : aucune case cochée. Analyse temporelle : sans objet.
  • [24] Dijkstra et al. (2016), Pays-Bas. Quatorze études contrôlées (n = 88 495 personnes). Méta-analyse des effets de la FGC sur la sécurité de l’enfant (signalements de maltraitance et placements hors du domicile) et sur le recours à l’aide à la jeunesse. La FGC n’a pas réduit significativement la maltraitance, les placements hors du domicile ni le recours à l’aide à la jeunesse ; les études rétrospectives la trouvaient plus efficace que la prise en charge habituelle pour réduire la récidive et la durée des placements, les études prospectives beaucoup moins. Parties : aucune case cochée. Analyse temporelle : sans objet.
  • [35] Corwin et al. (2020), États-Unis. Familles (n = 287) ayant fait l’objet d’un signalement avéré de maltraitance ou de négligence et orientées vers des services à domicile ; le personnel chargé des dossiers a rempli un questionnaire propre à chaque situation (CSQ), portant sur les besoins et les services fournis, les améliorations constatées et d’autres éléments du dossier. Essai contrôlé randomisé (ECR). Variable dépendante : l’amélioration perçue du soutien social mesurée dans le CSQ ; variables indépendantes : participation ou non à une FGC, affectation au groupe traité ou contrôle, appartenance raciale ou ethnique, âge, type de personne, etc. Les familles ayant participé à une FGC avaient 4,46 fois plus de chances que les familles contrôles de voir leur soutien social s’améliorer ; chaque enfant supplémentaire augmentait de 17 % la probabilité qu’une amélioration du soutien soit signalée, ce qui suggère que la FGC renforce les réseaux sociaux et peut protéger le bien-être de l’enfant. Parties : P. Analyse temporelle : sans objet.
  • [36] Dijkstra et al. (2017), Pays-Bas. Familles (n = 229) aux difficultés multiples : délinquance, problèmes scolaires, maltraitance, santé mentale, alcool et drogues, divorce très conflictuel. Régressions logistiques univariées, pour examiner si les caractéristiques démographiques, parentales et familiales influaient sur la volonté d’organiser une FGC et sur la probabilité de la mener à bien. Si 60 % des familles acceptaient d’abord de participer, 27 % seulement allaient au bout ; les abandons tenaient à un manque de motivation, à des divorces très conflictuels ou à d’autres priorités de soins, et les familles fragmentées ou récemment constituées avaient des taux d’achèvement nettement plus bas. Parties : PP, P, C. Analyse temporelle : sans objet.
  • [37] Dijkstra et al. (2018), Pays-Bas. Groupe expérimental (n = 46 familles) et groupe contrôle (n = 23 familles). ECR. Mesures : l’Actuarial Risk Assessment Instrument Youth Protection (ARIJ) pour évaluer la maltraitance ; la Family Empowerment Scale (FES) ; la version courte de l’Interpersonal Support Evaluation List (ISEL-short form) ; un questionnaire de coûts et des coûts unitaires. La FGC s’est révélée peu coût-efficace pour la sécurité de l’enfant, l’autonomisation et le soutien social, son efficacité variant selon le degré d’achèvement, avec des différences de coût négligeables par rapport à la prise en charge habituelle. Parties : PP, P. Analyse temporelle : données recueillies avant l’intervention, puis un, trois, six et 12 mois après l’élaboration d’un plan de prise en charge.
  • [38] Dijkstra et al. (2019), Pays-Bas. Groupe expérimental (n = 229 familles) et groupe en prise en charge habituelle (n = 99 familles). ECR. Mesures : score de sécurité de l’enfant ; risque de maltraitance évalué par le personnel de protection de l’enfance et par les parents ; placements hors du domicile et mesures de surveillance relevés dans les dossiers ; nombre de services professionnels utilisés ; Family Empowerment Scale (FES). Si la FGC améliorait la sécurité de l’enfant autant que la prise en charge habituelle, elle entraînait davantage de placements hors du domicile, une intervention plus longue de la protection de l’enfance et un recours un peu plus élevé aux services, et non un renforcement de l’autonomisation parentale et du soutien social. Parties : aucune case cochée. Analyse temporelle : données recueillies avant l’intervention, puis un, trois, six et douze mois après l’élaboration d’un plan de prise en charge.
  • [39] Hollinshead et al. (2017), États-Unis. Groupe traité (n = 248 familles) et groupe contrôle (n = 255 familles). ECR. Mesures : nouveaux signalements aux services de protection de l’enfance, nouveaux signalements avérés et placements hors du domicile. La participation à une FGC n’avait pas d’effet significatif sur les probabilités de nouveau signalement, de nouveau signalement avéré ou de placement ; les familles comptant plusieurs enfants ou plusieurs parents présentaient toutefois un risque accru de nouveau signalement et de nouveau signalement avéré. Parties : PP, P. Analyse temporelle : sans objet.
  • [40] Merkel-Holguin et al. (2020), États-Unis. Dix enfants ou jeunes concernés, 678 membres de la famille ou de la parenté d’élection, et 121 membres des équipes professionnelles. Recherche quantitative fondée sur un indice de fidélité composé de trois sous-échelles : leadership familial, préparation à l’inclusion et au respect, et planification transparente. Les familles et la parenté d’élection percevaient une fidélité moindre que les équipes professionnelles dans tous les domaines, et les enfants et les jeunes exprimaient le plus faible accord. Parties : PP, RS, P. Analyse temporelle : sans objet.

Handicap et santé

  • [14] Brongers et al. (2020), Pays-Bas. Neuf personnes suivies ayant participé à une FGC. Étude de faisabilité mixte avant-après, par questionnaires, entretiens semi-directifs et plans de retour au travail élaborés en FGC ; critères de faisabilité : demande, acceptabilité, mise en œuvre, et efficacité limitée sur la santé mentale perçue et le niveau de participation. Les personnes ayant participé à la FGC se disaient très satisfaites, avec de légères améliorations de la santé mentale et de la participation pendant le suivi ; la plupart des actions des plans de retour au travail visaient l’emploi ; des actions vers l’emploi menées par les personnes elles-mêmes, avec l’appui de leur réseau (après la FGC), ont permis à 5 personnes de reprendre un travail rémunéré ou bénévole dans les 6 mois. Parties : PP, P, C. Analyse temporelle : données recueillies juste après la FGC, puis trois et six mois plus tard.
  • [41] Onrust et al. (2015), Pays-Bas. Données anonymisées des dossiers de 71 personnes ayant participé à une FGC et d’un groupe comparable de 53 personnes n’y ayant pas participé. Étude quantitative mesurant le fonctionnement de l’enfant, l’environnement familial et éducatif, et l’environnement élargi. Les personnes ayant participé à la FGC montraient une réduction plus nette des problèmes sur 12 mois que celles qui n’y avaient pas participé, chez qui la baisse était modérée, avec un recours aux ressources comparable entre les groupes. Parties : PP. Analyse temporelle : domaines de préoccupation évalués avant la FGC et environ 12 mois après.

Santé mentale publique

  • [7] De Jong et al. (2016), Pays-Bas. Personnes principales (n = 74), réseau social (n = 119), équipes professionnelles (n = 77) et personnes coordinatrices (n = 42). Étude quantitative mesurant le soutien social, la résilience et les conditions de vie. La FGC a amélioré le soutien social, la résilience et les conditions de vie des personnes suivies qui disposaient au départ de peu de ressources et de réseaux restreints. Parties : PP, RS, P, C. Analyse temporelle : données recueillies dans les un à six mois suivant la FGC.
  • [11] Meijer et al. (2017), Pays-Bas. Personnes suivies (n = 33), réseau social (n = 135), équipes professionnelles (n = 56) et personnes coordinatrices (n = 29). Évaluation responsive, mêlant méthodes qualitatives et quantitatives, mesurant l’appartenance, l’appropriation et la contrainte. L’appartenance et l’appropriation ont augmenté significativement après la FGC, alors que la contrainte n’a que légèrement diminué. Parties : PP, RS, P, C. Analyse temporelle : données recueillies entre 7 et 18 mois après la FGC.

Jeunes ayant commis des infractions

  • [42] Hipple et al. (2015), États-Unis. FGC (n = 215) décrites dans deux sources de données de l’Indianapolis Juvenile Restorative Justice Experiment. Étude quantitative mesurant l’échec et les éléments de la dimension restaurative. Les conférences restauratives ont réduit les taux d’échec à long terme de 99 % à 71 % pour les infractions violentes et de 98 % à 54 % pour les infractions non violentes, par rapport aux approches non restauratives. Parties : aucune case cochée. Analyse temporelle : sans objet.

Note : PP = personne principale ; RS = réseau social ; P = équipes professionnelles ; C = coordination ; FGC = conférence familiale.

Les études incluses portaient sur la protection de l’enfance (n = 10, 38,5 %), les soins en santé mentale (n = 8, 30,8 %), la justice des mineurs (n = 2, 7,7 %), le handicap (n = 2, 7,7 %), la santé des personnes âgées (n = 2, 7,7 %), le sans-abrisme (n = 1, 3,8 %) et des questions liées à une origine immigrée noire ou issue de minorités ethniques (BME) (n = 1, 3,8 %).

Les personnes participantes comprenaient la personne principale et son réseau social (familles et membres de la communauté), des équipes professionnelles et des personnes coordinatrices. Les études qualitatives portaient sur la personne principale (n = 8, 61,5 %), des membres du réseau social (n = 8, 61,5 %), des équipes professionnelles (n = 10, 76,9 %) et des personnes coordinatrices (n = 8, 61,5 %). Les études quantitatives et mixtes portaient sur la personne soignée et des membres de la famille (n = 9, 69,2 %), des membres du réseau social (n = 3, 23,1 %), des équipes professionnelles (n = 9, 69,2 %) et des personnes coordinatrices (n = 4, 30,8 %).

Dans cinq articles, les effets de la FGC dans le temps ont été étudiés à l’aide d’instruments, comme le montrent les tableaux 1 et 2. Ces études évaluaient les effets de la FGC après trois mois (n = 2), six mois (n = 3), 12 mois (n = 2) et 18 mois (n = 1).

3.3. L’efficacité de la FGC

L’efficacité de la FGC a été extraite de 16 études. La fréquence de chaque catégorie d’efficacité est résumée dans le tableau 3. L’efficacité de la FGC comprenait les catégories « sentiment d’appropriation » (n = 14), « rétablissement de l’appartenance » (n = 10), « réduction de la contrainte » (n = 4) et « plateforme d’apprentissage » (n = 4). Le tableau 3 donne aussi un exemple pour chaque sous-catégorie.

Tableau 3 — Synthèse des résultats sur l’efficacité de la conférence familiale

Pour chaque catégorie : sous-catégories, avec un exemple et sa référence ; références de la catégorie.

Sentiment d’appropriation (références [7,10,11,13,14,15,16,29,30,32,33,34,38,42])

  • Réflexion sur soi grâce à la FGC. « Avec l’aide de son réseau social, il [la personne principale] parvient à regarder ses actes et à se rendre compte qu’ils limitent son bien-être. Il sait qu’il a besoin d’un coup de pouce pour passer à l’action et améliorer sa vie. Il peut entendre la critique, si elle est constructive et faite avec le cœur » [16].
  • Des personnes qui reprennent la main sur leur situation. « Plusieurs personnes suivies ont indiqué que la FGC avait contribué à leur sentiment d’appropriation (le sentiment d’avoir la maîtrise) de la situation. Par exemple, les rendez-vous et les accords pris avec la famille et les proches donnaient plus de structure à leur vie, servaient de motivation supplémentaire… » [11].
  • Amélioration de la situation des personnes. « Les enfants et les membres de la famille interrogés dans l’étude considéraient que leurs résultats étaient liés à leur expérience personnelle de la FGC. Les familles exprimaient ces résultats en termes de processus, d’apprentissage ou de changement de leur qualité de vie » [29].

Rétablissement de l’appartenance (références [7,10,11,12,13,29,32,33,35,38])

  • Révélation de soi pendant le processus de FGC. « … les personnes interrogées ont choisi de révéler des informations personnelles lors de la FGC. Parfois, ces informations étaient plus ou moins inconnues de leur famille et de leurs proches. Certaines ont raconté honnêtement comment leur vie quotidienne en réalité… » [12].
  • Sécurité et acceptation ressenties. « Un sentiment d’acceptation par la famille élargie et par le réseau social plus large » [13].
  • Soutien ressenti. « Cela [l’appartenance] a été mesuré par une question à échelle sur le soutien social perçu avant et après la conférence [FGC]… Ce résultat est lui aussi significatif et montre donc que les personnes interrogées estimaient que le “sentiment d’appartenance” avait augmenté après les conférences » [11].

Réduction de la contrainte (références [11,13,16,29])

  • Amélioration du respect de soi. « Avant, pendant et après la FGC, il est entouré de personnes qui apprécient son ouverture, qui remarquent et soulignent ses changements positifs, et qui s’inquiètent pour lui et réfléchissent avec lui » [16].
  • Amélioration de la confiance en soi. « Les entretiens faisaient écho à la façon dont le processus avait fait que les personnes se sentaient respectées, soutenues, valorisées et reconnues (ou non) par leur famille élargie, pendant l’expérience de la FGC et grâce à elle » [29].

Plateforme d’apprentissage (références [13,15,16,29])

  • Apprendre l’autonomie relationnelle. « La présence de son entourage amical et de sa famille pendant la FGC lui donne davantage d’estime de soi. Il se sent aimé, ce qui l’aide à reprendre des initiatives et à inviter des gens à entreprendre une activité commune, rendant ainsi ses relations plus réciproques » [16].
  • Apprendre à travailler avec les équipes professionnelles. « La FGC était perçue comme une plateforme pour partager l’histoire familiale avec les équipes professionnelles et leur présenter une vision d’ensemble de la situation personnelle de la personne accompagnée, ce qui facilitait une meilleure compréhension de la personne et de ses besoins » [15].

Le « sentiment d’appropriation » renvoie à l’idée que la personne principale et sa famille améliorent leur situation et en reprennent la maîtrise grâce à la réflexion sur soi menée au fil des interactions avec leur réseau social pendant la FGC. Cette catégorie comprend les sous-catégories suivantes : « réflexion sur soi grâce à la FGC », « des personnes qui reprennent la main sur leur situation » et « amélioration de la situation des personnes ».

Le « rétablissement de l’appartenance » renvoie à l’idée que la personne principale se sent en sécurité et soutenue dans son réseau social au cours du processus de révélation de soi dans la FGC. Cette catégorie comprend les sous-catégories suivantes : « révélation de soi pendant le processus de FGC », « sécurité et acceptation ressenties » et « soutien ressenti ». Le « sentiment d’appropriation » porte sur l’initiative de la personne principale et de la famille, qui réfléchissent activement à leur situation et cherchent à l’améliorer, tandis que le « rétablissement de l’appartenance » renvoie à la dimension émotionnelle : le sentiment de sécurité, d’acceptation et de soutien au sein d’un réseau social grâce à la révélation de soi dans la FGC, et retrouver un sentiment d’appartenance.

La « réduction de la contrainte » renvoie au processus par lequel le respect de soi et la confiance en soi de la personne principale s’améliorent grâce au lien ou à la relation avec un réseau social, sans qu’elle se sente non plus sous pression pour accepter un traitement. Cette catégorie comprend les sous-catégories suivantes : « amélioration du respect de soi » et « amélioration de la confiance en soi ».

La « plateforme d’apprentissage » renvoie au partenariat entre la personne principale et son réseau social, dans lequel la personne principale peut apprendre l’autonomie relationnelle en travaillant en partenariat avec ce réseau. Cette catégorie comprend les sous-catégories suivantes : « apprendre l’autonomie relationnelle » et « apprendre à travailler avec les équipes professionnelles ».

3.4. Les obstacles à la mise en œuvre de la FGC

Les obstacles à la mise en œuvre de la FGC ont été extraits de 18 études. La fréquence de chaque catégorie d’obstacles est résumée dans le tableau 4. Les obstacles à la mise en œuvre de la FGC comprenaient les catégories « situations graves de la personne principale » (n = 4), « situations graves de la famille » (n = 6), « rôle complexe de la coordination des FGC » (n = 9) et « manque de rapport coût-efficacité des FGC » (n = 11). Le tableau 4 donne un exemple pour chaque sous-catégorie.

Tableau 4 — Synthèse des résultats sur les obstacles à la mise en œuvre de la conférence familiale

Pour chaque catégorie : sous-catégories, avec un exemple et sa référence ; références de la catégorie.

Situations graves de la personne principale (références [9,15,33,42])

  • Situations d’urgence. « En situation de crise, on a peu de temps pour organiser une FGC » [9].
  • Problèmes graves de la personne principale. « La situation était jugée particulièrement difficile lorsqu’une personne atteinte de démence avait une conscience limitée de ses difficultés et lorsque des questions plus sensibles concernant ses besoins étaient abordées » [15].

Situations graves de la famille (références [8,31,33,34,36,41])

  • Famille éclatée. « Des modes de communication intrafamiliale pauvres entraîneraient souvent une propension à la colère ou à la violence, souvent associée à l’abus de drogues et d’alcool. L’absence de compétences de base en lecture, en écriture et en calcul était considérée comme un facteur clé de la faible estime de soi habituelle » [33].
  • Relations rompues au sein du réseau. « Souvent, les liens entre les personnes suivies et leur réseau étaient si gravement abîmés, ou s’étaient tellement distendus, que la famille et l’entourage hésitaient à participer à une conférence » [31].

Rôle complexe de la coordination des FGC (références [8,9,10,15,32,33,36,38,40])

  • Complexité du rôle de coordination. « Les personnes participant à l’étude décrivaient les compétences d’une coordination efficace comme incluant l’animation, la médiation, la résolution des conflits, la capacité de négociation, les techniques d’entretien motivationnel et la conduite de la dynamique de groupe (y compris la gestion des émotions fortes) » [33].
  • Difficultés rencontrées par la coordination. « Les personnes coordinatrices de FGC avaient souvent du mal à tenir leur rôle d’animation (qui vise à donner aux personnes suivies le pouvoir de décider de leur propre vie), surtout lorsque les personnes suivies restaient passives et que le réseau social était tenu à l’écart » [10].

Manque de rapport coût-efficacité des FGC (références [5,9,24,30,31,33,36,37,38,39,41])

  • Manque d’expérience et de connaissances pour la mise en œuvre des FGC. « La FGC n’est pas encore entrée dans la routine. Pas assez de connaissances ni d’expérience » [9].
  • Dépenses inefficientes. « Le recours à la FGC produisait des effets plus importants, mais aussi des coûts plus élevés, tandis que la probabilité que la FGC soit plus coût-efficace que la prise en charge habituelle était de 30 % (33 % avec un investissement de 10 000 euros) » [36].

Les « situations graves de la personne principale » renvoient aux situations d’urgence où le temps est un facteur critique, par exemple lorsqu’un enfant a besoin de soins immédiats, et aux situations où la personne principale ne peut pas prendre de décision en raison d’une maladie grave. Ces deux types de situations peuvent rendre difficiles l’organisation et la conduite d’une FGC. Cette catégorie comprend les sous-catégories suivantes : « situations d’urgence » et « problèmes graves de la personne principale ».

Les « situations graves de la famille » renvoient aux situations où les relations au sein de la famille ou de la communauté sont rompues ou tendues, par exemple en cas de communication intrafamiliale pauvre ou de délitement des relations du réseau. Ces situations peuvent réduire la probabilité de mener la FGC à son terme. Cette catégorie comprend les sous-catégories suivantes : « famille éclatée » et « relations rompues au sein du réseau ».

Le « rôle complexe de la coordination des FGC » renvoie aux difficultés de ce rôle. Les personnes coordinatrices doivent organiser et conduire la FGC, en tenant compte des dynamiques et de la situation singulière de toutes les personnes participantes. Cette catégorie comprend les sous-catégories suivantes : « complexité du rôle de coordination » et « difficultés rencontrées par la coordination ».

Le « manque de rapport coût-efficacité des FGC » renvoie aux situations où les personnes coordinatrices ayant l’expérience ou la connaissance du processus de FGC sont trop peu nombreuses, ou bien où les dépenses liées à la FGC sont moins efficientes que celles d’autres modèles. Cette catégorie comprend les sous-catégories suivantes : « manque d’expérience et de connaissances pour la mise en œuvre des FGC » et « dépenses inefficientes ».

4. Discussion

La FGC se distingue des modèles courants de prise de décision en ce qu’elle met davantage l’accent sur l’interaction entre les personnes participantes et sur la reconstruction des liens sociaux que sur la décision elle-même. Alors que les modèles courants se concentrent sur l’analyse et l’évaluation d’options claires, la FGC accorde de l’importance au processus par lequel les personnes participantes développent leur estime de soi et un sentiment d’appartenance et deviennent capables de décider par elles-mêmes. Nous examinerons ici comment l’interaction entre la personne principale et son réseau social peut influer, positivement comme négativement, sur la mise en œuvre de la FGC.

4.1. L’efficacité de la FGC et le processus de FGC

La FGC s’est montrée efficace sous quatre aspects, mais les travaux sur le « sentiment d’appropriation » et le « rétablissement de l’appartenance » étaient plus nombreux, ce qui suggère que ces deux aspects, en particulier, sont peut-être les plus effectifs. L’interaction entre la personne principale et le réseau social au cours du processus de FGC semble être un facteur clé de son efficacité. Selon Anderson et Parkinson (2018) [43], l’interaction entre ces deux éléments clés de la FGC a un effet thérapeutique, parce qu’elle permet de discuter des problèmes, des enjeux et des difficultés. La relation n’est pas un processus à sens unique qui ne tiendrait compte que du point de vue de la personne principale, mais un processus à double sens qui intègre aussi les multiples points de vue du réseau social, formant une interaction réciproque [16]. Ainsi, les interactions entre les personnes participantes à la FGC créent les conditions des réunions de planification [44], qui leur permettent de résoudre ensemble leurs problèmes, et forment ainsi le socle thérapeutique.

L’interaction dans la FGC peut améliorer la capacité des personnes participantes à comprendre leur situation, à construire des relations et à collaborer avec d’autres pour changer et améliorer leur situation dans le temps. Les quatre catégories d’effets de la FGC ne peuvent pas se produire isolément : elles doivent naître de l’interaction sociale entre les personnes. Ainsi, l’interaction entre les deux éléments clés ne facilite pas la prise de décision dans la FGC en tant que telle, mais agit sur les personnes participantes pour les aider à devenir elles-mêmes capables de décider.

4.2. Les obstacles à la mise en œuvre de la FGC et le processus de FGC

Les obstacles à la mise en œuvre de la FGC peuvent compromettre les chances de mener le processus à son terme. Au fil de la recherche, il est apparu que ces obstacles comprennent à la fois ceux qui empêchent le processus de FGC lui-même d’aboutir et ceux qui empêchent, en amont, la possibilité même de mettre en place une FGC.

S’agissant des obstacles qui empêchent la mise en place d’une FGC, l’équipe de De Jong et al. (2015) [31] a analysé les facteurs qui bloquent la préparation de la FGC et la capacité à la planifier et à la mettre pleinement en œuvre, comme le sentiment de honte et l’orgueil de la personne principale, le manque d’initiative et la paralysie des soins. Cette équipe a aussi relevé que, si les parties ont honte de leurs problèmes, elles peuvent craindre que leur réseau social leur en fasse reproche, ce qui finit par entraver leur participation à la FGC. Elle a encore indiqué que, dans ces cas, la phase de préparation de la FGC s’enlise. Ces résultats ont mis au jour des obstacles susceptibles d’entraver la mise en œuvre de la FGC et l’établissement de relations équilibrées entre les personnes participantes.

Par ailleurs, selon Mitchell et Ambrose (2007) [45], de nombreuses études sur les relations réciproques portent sur la réciprocité positive, c’est-à-dire celle qui favorise la stabilité des relations par des échanges attentionnés, valorisés et équilibrés. Mais la réciprocité négative peut aussi affecter les relations. Par exemple, lorsqu’un parent exerce une pression excessive sur un enfant souffrant de dépression, l’enfant peut réagir avec hostilité envers ce parent, ce qui fait échouer les réunions destinées à résoudre ce problème. Ainsi, des relations marquées par une réciprocité négative peuvent produire des comportements négatifs. Il faut tenir compte de la réciprocité négative dans l’interaction entre la personne principale et son réseau social, et les activités doivent aussi prendre en compte la dynamique de groupe des personnes participantes.

Cette étude a surtout porté sur les obstacles rencontrés au cours du processus de FGC. Toutefois, les obstacles à une mise en œuvre efficace de la FGC concernent non seulement la gestion du processus lui-même, mais aussi la période qui précède l’introduction de la FGC. Il est également nécessaire de préciser les compétences et les qualifications des personnes coordinatrices, qui doivent tenir compte de la dynamique de groupe, afin de permettre la construction d’une interaction réciproque positive.

4.3. Forces et limites

La première limite de cette revue tient au très petit nombre d’études qui informent clairement sur la durée du processus de FGC et sur la manière dont les personnes coordinatrices étaient choisies. Les résultats de l’étude peuvent donc pâtir de certaines lacunes. La deuxième limite tient au fait que plus de la moitié des signataires travaillaient aux Pays-Bas. Toutefois, cette revue incluait des études à analyse temporelle, et les études néerlandaises ont été menées dans des domaines variés, dont la maltraitance, la santé mentale communautaire et le handicap. Malgré ces limites, le choix d’une revue de portée, qui donne une vue d’ensemble large de la FGC dans de nombreux domaines et sous diverses formes et permet ainsi de clarifier son efficacité et les obstacles à sa mise en œuvre, joue donc en faveur de cette étude. Les recherches futures devraient porter sur la durée de mise en œuvre des FGC et sur la manière de choisir les personnes coordinatrices. En outre, la recherche bibliographique a été limitée ici aux années 2015 à 2020, alors qu’il serait idéalement souhaitable d’examiner la littérature sur une période plus large. Enfin, le nombre d’articles couverts par cette étude était faible (26), dont 14 provenaient des Pays-Bas. Compte tenu de ces facteurs, le nombre d’articles pouvant être discutés est limité, et il conviendra à l’avenir d’accroître le nombre d’articles pris en compte.

4.4. Implications pour la pratique infirmière

Il est difficile de mettre en œuvre la FGC dans tous les types de soins infirmiers à la famille, car beaucoup de situations d’aide à la décision dans le champ de la santé exigent une réponse urgente. À cet égard, il peut être difficile d’introduire la FGC dans tous les domaines des soins infirmiers, en particulier en soins aigus ou d’urgence. On peut toutefois penser que l’efficacité de l’interaction entre la personne principale et le réseau social, mise en évidence par cette étude centrée sur leurs capacités de décision, peut être mise à profit dans la pratique infirmière. Le personnel infirmier participe désormais à la communication entre équipes soignantes, personnes soignées et familles dans la décision partagée (SDM). Inagaki (2020) [46] a observé que cette participation se limitait à vérifier la compréhension, par la famille, des informations fournies par les équipes soignantes, et a noté que le personnel infirmier hésitait à exprimer son point de vue. En réponse, les deux recommandations suivantes sont proposées :

Premièrement, dans la FGC, l’interaction entre la personne principale et le réseau social ne facilite pas la prise de décision en tant que telle, mais agit sur les personnes participantes pour les aider à devenir elles-mêmes capables de décider. De même, il importe d’examiner les effets de la communication entre équipes soignantes, personnes soignées et familles dans la SDM sur les capacités de décision, comme l’autonomie relationnelle, plutôt que d’y voir un simple processus de compréhension des informations données par les équipes soignantes, de choix et d’accord. Outre la participation des personnes soignées et de leur famille, il faudrait aussi envisager celle de membres du réseau social, comme une personne amie ou un membre de la parenté.

Deuxièmement, la personne coordinatrice de la FGC joue un rôle important dans la manière dont se façonne l’interaction entre la personne principale et le réseau social. Elle doit en particulier planifier et conduire la FGC et tenir compte de la dynamique de toutes les personnes participantes. De même, dans la SDM, le personnel infirmier doit tenir compte de la dynamique des personnes participantes et jouer un rôle de coordination en faveur de relations réciproques positives.

5. Conclusions

L’efficacité de la FGC se manifeste par le « sentiment d’appropriation », le « rétablissement de l’appartenance », la « réduction de la contrainte » et la « plateforme d’apprentissage », qui naissent de l’interaction entre la personne principale et le réseau social ; cette interaction influe sur l’efficacité de la capacité de décision. Les obstacles à la mise en œuvre de la FGC sont les « situations graves de la personne principale », les « situations graves de la famille », le « rôle complexe de la coordination des FGC » et le « manque de rapport coût-efficacité des FGC », qui entravent tous le processus de FGC. Toutefois, les obstacles à une mise en œuvre efficace concernent le processus de FGC et la période qui précède son introduction, ainsi que le développement d’interactions positives entre les personnes principales et leurs réseaux sociaux. Puisqu’il est apparu clairement que les interactions entre personnes principales et réseaux sociaux sont efficaces pour la prise de décision dans les FGC, nous recommandons qu’une fois leurs caractéristiques comprises, les FGC soient utilisées dans les soins infirmiers cliniques pour soutenir la prise de décision de familles diverses.

Complexe Systémique : à retenir

Cette revue intéresse moins par ses chiffres, issus de 26 études hétérogènes et pour moitié néerlandaises, que par la manière dont elle relit la conférence familiale : non comme une technique de décision, mais comme un dispositif d’interaction. Ce qui produit l’effet, disent les études rassemblées, c’est le passage par le réseau : se dévoiler devant les siens, être reconnu, réapprendre une autonomie qui est relationnelle et non solitaire. On y retrouve une intuition systémique ancienne, le changement naît des relations plus que des contenus. L’encadré sur la réciprocité négative est précieux pour les cliniciens : un réseau sous tension peut aussi faire échouer la rencontre, et la honte peut bloquer la préparation avant même la première réunion. D’où le poids de la coordination, rôle d’animation, de médiation et de lecture des dynamiques de groupe. Les essais randomisés restent pourtant décevants, et la revue n’évalue pas la qualité des études ni n’interroge l’origine maorie du modèle qu’elle mentionne. À lire avec l’article sur ce qu’enseigne la conférence familiale en protection de l’enfance, et avec l’article sur la conférence familiale et de groupe pour adultes.

Notes de l’original

Financement. Cette recherche a été soutenue en partie par une subvention pour la recherche scientifique (B) de la Société japonaise pour la promotion de la science (JSPS), numéro JP22H03400.

Remerciements. L’équipe remercie Yasuko Irie pour son aide au recueil et à l’analyse des données. Les discussions des membres du laboratoire lors de l’analyse ont contribué à en garantir la fiabilité.

Contributions. N. H. : conceptualisation, méthodologie, investigation, analyse formelle, rédaction, approbation finale de la version à publier, obtention du financement et administration du projet ; Q. Y. : méthodologie, investigation et rédaction. Les deux signataires ont lu et approuvé la version publiée du manuscrit.

Comité d’éthique, consentement et données. Avis d’un comité d’éthique non requis ; consentement éclairé sans objet. Les données présentées sont disponibles sur demande auprès de la personne responsable de la correspondance.

Participation du public et lignes directrices. Le public n’a été associé à aucun aspect de cette recherche. Le manuscrit a été rédigé selon l’extension de PRISMA pour les revues de portée (PRISMA-ScR). Aucun outil d’intelligence artificielle n’a été utilisé pour sa rédaction.

Liens d’intérêts. L’équipe de recherche déclare n’avoir aucun lien d’intérêts. Les financeurs n’ont joué aucun rôle dans la conception de l’étude, le recueil, l’analyse ou l’interprétation des données, la rédaction du manuscrit ni la décision de publier les résultats.

Références

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Traduction non officielle en français de L’efficacité des conférences familiales et les obstacles à leur mise en œuvre : une revue de portée, par Naohiro Hohashi et Qinqiuzi Yi, Nursing Reports, vol. 15, no 4 (2025), doi : 10.3390/nursrep15040122, sous licence CC BY 4.0. Traduction et mise en page : Complexe Systémique, septembre 2026 — l’œuvre a été modifiée au sens de la licence (tableaux présentés en listes). Ni les auteurs ni l’éditeur ne répondent de cette traduction ; la version originale fait foi.

Traduction française non officielle de « The Effectiveness of Family Group Conferencing and the Challenges to Its Implementation: A Scoping Review », publié dans Nursing Reports (2025) sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique, elle n’émane ni des auteurs ni de l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ; la version originale fait foi.

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Comment citer cet article

Hohashi, N., et Yi, Q. (2025). L’efficacité des conférences familiales et les obstacles à leur mise en œuvre : une revue de portée (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/l-efficacite-des-conferences-familiales-et-les-obstacles-a-leur-mise-en-oeuvre-une-revue (Œuvre originale publiée en 2025 dans Nursing Reports, 15(4), 122 (2025) ; republiée en 2025 par Nursing Reports, https://www.mdpi.com/2039-4403/15/4/122)

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