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Contemporary Family Therapy · Thérapie familiale
Comment des couples restés ensemble après une infidélité parviennent-ils à se reconstruire ? L’équipe de Stephen Fife, à la Texas Tech University, a réanalysé les entretiens de 31 couples à partir des facteurs de résilience décrits dans la littérature. Elle en retrouve quatre, communication ouverte, guérison individuelle, construction de sens et normalité réinventée, et en dégage trois autres : la guérison relationnelle, la thérapie et le caractère continu, non linéaire, du chemin parcouru.
Traduction française non officielle. Cet article est la traduction de Les facteurs de résilience dans la guérison du couple après une infidélité : une étude par analyse qualitative déductive, par Stephen Fife, Ashley Bloomberg, Shi’Anne Swift, Emily Cook et Angelina Ramos, publié dans Contemporary Family Therapy (Springer) (2026), doi : 10.1007/s10591-026-09785-z, sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par le Complexe Systémique en septembre 2026 : le texte original a été traduit en français et remis en page, ce qui constitue une modification de l’œuvre au sens de la licence. Le tableau est présenté sous forme de liste. Cette traduction n’a été effectuée ni par les auteurs ni par l’éditeur, qui ne répondent ni de son contenu ni d’éventuelles erreurs. La version originale fait foi.
Cette étude souligne que la résilience après une infidélité est co-créée : elle exige croissance et changement de la part des deux partenaires.
Stephen Fife, Ashley Bloomberg, Shi’Anne Swift, Emily Cook et Angelina Ramos
Résumé
L’infidélité est l’une des crises relationnelles les plus graves, et pourtant de nombreux couples parviennent à reconstruire leur relation. La littérature existante a surtout mis l’accent sur la résilience individuelle, laissant les processus relationnels peu explorés. Cet article présente les résultats d’une étude fondée sur l’analyse qualitative déductive (DQA), une méthodologie qualitative conçue pour mettre à l’épreuve et affiner des théories (Author, 2024). Dans une épistémologie constructiviste, nous avons suivi les procédures de la DQA pour explorer la manière dont des facteurs de résilience contribuent au processus de guérison des couples restés ensemble après une infidélité. Des entretiens approfondis avec 31 couples ont été analysés ; ils ont fait apparaître à la fois des traces de construits de résilience déjà établis (analyse déductive) et d’autres thèmes de résilience (repérés de façon inductive), centraux dans le processus de rétablissement après une infidélité. Les résultats font ressortir six composantes essentielles de la résilience du couple. Tout en confirmant certains construits de résilience déjà identifiés (communication ouverte, guérison individuelle, construction de sens et normalité réinventée), l’analyse a révélé d’autres construits : la thérapie, la guérison relationnelle et l’importance de la guérison comme processus continu, ce qui affine la description de la manière dont la résilience se met en œuvre au lendemain d’une infidélité. En comprenant et en cultivant la résilience relationnelle avec les personnes accompagnées, la clinique aidera plus efficacement les couples à traverser le processus de guérison après une infidélité.
Mots-clés : infidélité, couples, résilience, guérison relationnelle, thérapie
L’infidélité est l’une des ruptures relationnelles les plus graves qu’un couple puisse affronter, avec des conséquences émotionnelles, relationnelles et systémiques durables (Rokach & Chan, 2023). Selon des recherches récentes, l’infidélité touche entre 20 et 50 % des relations engagées, qu’elle soit sexuelle, émotionnelle, mixte ou en ligne (Wdowiak et al., 2024), et elle reste l’une des principales raisons pour lesquelles les couples mettent fin à leur mariage (Rokach & Chan, 2023). Si de nombreux couples se séparent après une infidélité, d’autres cherchent à rester ensemble et s’engagent dans un processus de guérison non linéaire, façonné par de multiples facteurs relationnels et individuels (Author, 2024 ; Mitchell et al., 2026). À mesure que les couples travaillent à se rétablir et à guérir de l’infidélité, la résilience individuelle comme la résilience relationnelle deviennent essentielles. Malgré la fréquence de l’infidélité et son impact profond sur les relations, la littérature sur la résilience a surtout mis l’accent sur l’adaptation individuelle (par exemple les stratégies d’ajustement, l’autorégulation ou la croissance personnelle) plutôt que sur les processus dyadiques (Afifi, 2018 ; Olekalns et al., 2020). On dispose de relativement peu de données empiriques sur le fonctionnement de la résilience à l’échelle du couple, en particulier sur la manière dont les partenaires travaillent ensemble à reconstruire la confiance, à rétablir la sécurité et à réorganiser leur relation après la rupture. Il y a là une lacune importante, à la fois dans les cadres théoriques de la résilience et dans les interventions cliniques destinées à soutenir la résilience des couples dans leur processus de guérison après une infidélité.
La définition opérationnelle de la résilience fait toujours débat, et un nombre croissant de recherches l’étudient dans une perspective pluridisciplinaire en repérant les facteurs qui y contribuent dans des contextes variés (Allen et al., 2010 ; Herrman et al., 2011). La résilience est généralement comprise comme la capacité à se rétablir et à s’adapter face aux difficultés, qui permet de préserver ou de restaurer le bien-être malgré l’adversité (Herrman et al., 2011 ; U.S. Department of State, 2018). Les processus qui favorisent la résilience relationnelle peuvent toutefois différer de ceux qui soutiennent le bien-être individuel. À l’échelle de la famille et du couple, la résilience est comprise comme co-construite et interactionnelle, façonnée par la communication, la construction partagée du sens et la réceptivité entre partenaires (Afifi et al., 2025). En outre, un nombre croissant de travaux soulignent que la résilience du couple passe par des processus intentionnels, réciproques et collaboratifs (Afifi, 2018 ; Kumar et al., 2023 ; Olekalns et al., 2020), comme le fait, pour les partenaires, de parler ouvertement de leur stress, d’apporter des réponses de soutien, de faire face ensemble au stress (dyadic coping) et de résoudre les problèmes à deux pour traverser les difficultés. Comprendre ces processus est particulièrement important pour la clinique, car les couples consultent souvent en thérapie après une infidélité et souhaitent des repères clairs pour réparer (Author, 2007). Repérer les facteurs associés à la résilience relationnelle peut fournir aux thérapeutes des repères fondés sur des données empiriques et élargir les modèles théoriques de la résilience à des facteurs relationnels.
Cette étude avait pour but d’examiner comment la résilience fonctionne chez des couples qui ont traversé une infidélité. Pour ce faire, nous avons utilisé l’analyse qualitative déductive (DQA) afin d’évaluer si des construits sensibilisateurs de la résilience, identifiés dans la littérature antérieure, sont présents dans le processus de guérison du couple, tout en laissant émerger de nouveaux construits liés au contexte de l’infidélité. En ancrant l’analyse dans les récits des personnes participantes, cette étude vise à étendre la compréhension empirique et théorique de la résilience, tout en apportant des éclairages cliniquement utiles pour soutenir la réparation relationnelle après une infidélité.
La résilience a été largement étudiée dans des contextes variés, et les recherches sur les raisons pour lesquelles certaines personnes ou certaines familles sont résilientes éclairent la manière dont on s’adapte face à l’adversité. Les recherches sur la résilience soulignent de façon constante qu’elle n’est pas un trait figé, mais un processus dynamique influencé par le contexte, les ressources et les soutiens relationnels. Par exemple, des travaux récents sur l’autisme ont dépassé les modèles centrés sur le déficit en proposant un cadre de résilience pour mieux rendre compte des trajectoires développementales adaptatives et de l’hétérogénéité chez des nourrissons à haut risque (Stallworthy & Masten, 2023). Les recherches sur le travail illustrent elles aussi cette nature dynamique, en montrant que la résilience relationnelle dépend de facteurs temporels, comme le moment de l’expression émotionnelle, la maturité relationnelle et le processus de construction conjointe du sens, qui influencent la manière dont les fractures relationnelles apparaissent et se réparent (Olekalns et al., 2020). De même, une recherche menée auprès d’une population étudiante a montré que la résilience émotionnelle modérait significativement l’impact des événements de vie négatifs sur l’humeur, ce qui appuie l’idée que la résilience peut fluctuer selon les circonstances et souligne son rôle essentiel dans le maintien du bien-être émotionnel (Li et al., 2020). La résilience a aussi été étudiée dans des contextes divers, dont le traumatisme, la maladie chronique, les grandes transitions de vie, les vétérans de l’armée et les facteurs de stress familiaux (Brown et al., 2022 ; Cole et al., 2024 ; Ferguson & Walker, 2014 ; Kumar et al., 2024). La littérature récente conçoit de plus en plus la résilience comme un processus continu et dynamique, façonné par les capacités individuelles, les soutiens relationnels et les ressources plus larges de l’environnement (Herrman et al., 2011 ; Olekalns et al., 2020).
Les recherches sur l’exposition au traumatisme dans l’enfance, qu’il s’agisse de guerre, de catastrophes naturelles, de pandémie ou de maltraitance, soulignent le rôle central du soutien relationnel et de la construction de sens dans un rétablissement adaptatif (Bogar & Hulse-Killacky, 2006 ; Dixit & Sahu, 2022 ; McFarlane & Van Hooff, 2009 ; Masten & Narayan, 2012 ; Wickrama & Kaspar, 2007). Par exemple, dans l’enfance, face à des crises de grande ampleur, la stabilité psychologique était plus grande lorsque les adultes référents et les pairs apportaient leur soutien, ce qui montre combien la résilience est enchâssée dans des systèmes relationnels et contextuels (Masten, 2021). De même, les études sur les personnes ayant survécu à des violences sexuelles dans l’enfance conçoivent la résilience comme un processus de toute une vie, soutenu par des stratégies d’ajustement, la spiritualité et des environnements relationnels positifs (Francis-Laughlin & Rusca, 2020).
Les recherches sur les grandes transitions de vie, comme la grossesse, le divorce et le vieillissement, montrent également que la résilience se renforce par la satisfaction relationnelle, l’autocompassion, le soutien social et une communication adaptative (Greeff & Van Der Merwe, 2004 ; Kumar et al., 2023 ; Resnick, 2008). Par exemple, la résilience familiale après un divorce est associée au soutien intrafamilial, à une communication ouverte et à des ressources religieuses ou communautaires, ce qui souligne la nature systémique de l’adaptation (Frisby et al., 2012 ; Gurgan, 2020). Les études sur les familles de militaires montrent de même que la résilience se maintient grâce à l’ajustement collectif, à la construction de sens et à une communication intentionnelle face à des facteurs de stress relationnels chroniques (Afifi, 2018 ; Cole et al., 2024). Dans tous ces contextes, la résilience apparaît de façon constante comme un processus continu, enchâssé dans les relations et multiforme, façonné par le lien social, un ajustement adaptatif, la construction collaborative du sens et les ressources de l’environnement, plutôt que par les seuls traits individuels (Herrman et al., 2011 ; Olekalns et al., 2020). La résilience a aussi été pensée au sein des systèmes familiaux grâce aux travaux de Froma Walsh, qui décrit la résilience familiale comme un processus dynamique permettant aux familles de s’adapter à l’adversité et de s’en remettre (Walsh, 2003). Ce cadre met l’accent sur des processus clés comme la construction de sens, la souplesse, les liens et la clarté de la communication, et souligne que la résilience se façonne dans les interactions relationnelles plutôt qu’elle n’existe dans le seul individu (Walsh, 2016). Dans cette perspective, la résilience est enchâssée dans des systèmes relationnels et contextuels plus larges.
La théorie de la résilience et de la charge relationnelle (Theory of Resilience and Relational Load, TRRL) fournit un cadre systémique pour comprendre la résilience dans les contextes relationnels (Afifi et al., 2016). Un aspect central de la TRRL est l’idée que la résilience naît d’un investissement relationnel continu, du développement d’un « nous » commun et d’un entretien régulier de la communication, qui réduisent tous la tension relationnelle. Le concept de charge relationnelle désigne le stress cumulé que les difficultés chroniques font peser sur les systèmes conjugaux et familiaux, et souligne l’importance de processus relationnels proactifs pour préserver le bien-être. La TRRL articule la communication, la compréhension relationnelle et les processus physiologiques de stress pour expliquer pourquoi certaines relations s’épanouissent malgré l’adversité. Elle est pertinente pour les couples qui font face à une infidélité, puisqu’elle met en avant l’ajustement collectif, l’investissement relationnel et la construction partagée du sens comme mécanismes qui réduisent la tension et soutiennent le rétablissement.
L’infidélité constitue une crise relationnelle singulière, dans laquelle la résilience doit se construire à la fois au niveau individuel et au niveau dyadique. La personne blessée présente souvent, après l’infidélité, des symptômes traumatiques liés à la trahison, dont une intensification des émotions et du stress, de la dépression, de l’anxiété, de l’insécurité, une perte de confiance et des réactions de stress post-traumatique (Anderson, 2025 ; Author et al., 2022 ; Author et al., 2023 ; Lonergan et al., 2021). Le rétablissement exige souvent un équilibre entre ajustement personnel et construction conjointe du sens, le soutien social, la spiritualité et la thérapie étant des ressources importantes. Des processus individuels comme l’autocompassion et le pardon à soi-même jouent un rôle essentiel dans la résilience après une infidélité (Cornish et al., 2020). Au niveau relationnel et systémique, Olson et al. (2002) ainsi que Vossler et Moller (2020) ont repéré, après la révélation d’une infidélité, des stratégies d’ajustement centrées sur l’élaboration émotionnelle et la résilience psychologique, le soutien social et la construction de sens apparaissant comme essentiels pour réduire la détresse et soutenir le rétablissement. Les couples recourent souvent à un ajustement centré sur les émotions et puisent du sens dans leurs enfants ou dans la croissance personnelle au cours du processus de guérison. Une étude qualitative portant à la fois sur la personne blessée et sur la personne impliquée dans la liaison met en évidence la nature complexe et relationnelle du rétablissement après une liaison, et souligne l’importance de la communication, de la reconstruction de la confiance et de la sécurité, du pardon et du soutien thérapeutique pour faciliter la guérison (Mitchell et al., 2022).
Pour résumer la littérature passée en revue ci-dessus, la résilience est constamment décrite comme un processus dynamique, dépendant du contexte, façonné par les forces individuelles, les soutiens relationnels et les pratiques de construction de sens. Qu’il s’agisse de répondre à un traumatisme, à une maladie, à un divorce ou à une trahison relationnelle, la résilience est un processus multiforme, favorisé par le lien social, les stratégies d’ajustement et une communication adaptative qui aident les personnes et les familles à préserver leur bien-être. Si les recherches portant directement sur le rôle de la résilience dans la guérison après une infidélité sont rares, la littérature existante suggère que la résilience, dans un contexte de trahison relationnelle, met en jeu des processus à la fois individuels et relationnels. La manière dont la résilience se manifeste au sein de la relation de couple reste toutefois peu explorée. Cette lacune montre qu’il faut mieux comprendre comment la résilience se met en œuvre chez les couples qui traversent une infidélité. La présente étude visait à examiner les facteurs clés de la résilience chez les couples qui guérissent d’une infidélité.
La présente étude s’appuie sur un échantillon de 31 couples engagés dans une relation amoureuse hétérosexuelle (voir tableau 1). Les critères d’inclusion étaient volontairement larges quant au type d’infidélité : les personnes participantes indiquaient elles-mêmes si elles avaient vécu une infidélité, plutôt que de voir l’admissibilité limitée à des catégories prédéfinies. Cette approche permettait un équilibre entre homogénéité et hétérogénéité de l’échantillon, rendant possibles des comparaisons pertinentes entre couples tout en permettant d’examiner les différences dans leurs expériences. La diversité qui en résulte a permis d’examiner à la fois les similitudes et les variations de la résilience et de la guérison d’un couple à l’autre. Le sigle NSP (non-straying partner) désigne la personne partenaire qui ne s’est pas engagée dans l’infidélité, et le sigle SP (straying partner) celle qui s’y est engagée. Nous savons que des termes comme straying (« qui s’égare ») et non-straying peuvent avoir des connotations involontaires ou pathologisantes ; ces étiquettes ont toutefois été utilisées pour distinguer les rôles des partenaires par rapport à l’infidélité et par cohérence avec la manière dont les personnes participantes décrivaient leur expérience. Cette distinction était d’autant plus importante que les personnes participantes décrivaient souvent l’infidélité comme une blessure relationnelle, dans laquelle attribuer la faute à une seule personne était souvent vécu comme peu utile, en mettant plutôt l’accent sur la responsabilité et la transparence.
Dans cet échantillon, 25 couples étaient mariés, 4 étaient dans une relation engagée sans être mariés, un couple était fiancé et un couple se décrivait comme dans une relation ambiguë. Sur les 31 couples, 25 avaient l’homme du couple comme SP, 3 avaient la femme du couple comme SP, et dans 3 couples, les deux partenaires avaient été infidèles. Les types d’infidélité comprenaient l’infidélité émotionnelle (en personne et en ligne), l’infidélité sexuelle, le recours à la prostitution, des contacts numériques avec des personnes exerçant le travail du sexe, sans passage à l’acte, le sexting et l’usage de pornographie. Au moment du recueil des données, les couples étaient ensemble depuis 5 à 51 ans, 28 ans en moyenne. Selon les personnes participantes, la première infidélité repérée était survenue en moyenne 7,0 ans après le début de la relation (ET = 6,2), avec des durées allant de 2 jours à 27 ans (n = 28). La plupart des couples étaient mariés au moment du recueil des données (80,6 %, n = 25). Dans la plupart des cas, la personne SP était l’homme (80,6 %, n = 25), tandis que l’infidélité de la seule femme et l’infidélité mutuelle étaient moins fréquentes (9,7 % chacune, n = 3). Parmi les personnes participantes qui ont indiqué leur origine raciale ou ethnique (n = 53), la plupart se déclaraient blanches (69,8 %, n = 37), puis hispaniques ou latino-américaines (17,0 %, n = 9). La plupart des personnes participantes qui ont indiqué une appartenance religieuse se déclaraient chrétiennes (68,5 %, n = 37).
L’infidélité sexuelle physique était la forme d’infidélité la plus souvent rapportée (74,2 %, n = 23), suivie de l’infidélité émotionnelle (54,8 %, n = 17). Les personnes participantes ont aussi rapporté des infidélités liées à la pornographie (25,8 %, n = 8) et des infidélités en ligne ou sur Internet (22,6 %, n = 7). Près des deux tiers ont rapporté avoir vécu plusieurs formes d’infidélité (64,5 %, n = 20). La plupart ont rapporté avoir suivi une forme de thérapie après l’infidélité (80,6 %, n = 25). Parmi elles, la thérapie de couple était la forme de traitement la plus fréquente (96,0 %, n = 24), suivie de la thérapie individuelle (76,0 %, n = 19) et de la thérapie de groupe (36,0 %, n = 9). Ces catégories n’étaient pas mutuellement exclusives, et certaines personnes ont rapporté avoir suivi plusieurs formes de thérapie, dont une thérapie de couple, une thérapie individuelle et une thérapie de groupe. Parmi les couples ayant suivi une thérapie de couple, 75,0 % (n = 18) avaient aussi recouru à une thérapie individuelle. Le tableau 1 présente l’échantillon plus en détail.
Tableau 1 — Caractéristiques sociodémographiques de l’échantillon
Moyenne (ET) ou n (%).
Note : les personnes participantes n’ont pas toutes répondu à toutes les questions sociodémographiques. L’origine raciale ou ethnique, le genre et l’appartenance religieuse ont été codés au niveau individuel. Les variables d’origine raciale ou ethnique, d’appartenance religieuse, de type d’infidélité et de recours à la thérapie admettaient plusieurs réponses ; les pourcentages peuvent donc dépasser 100 %.
Cette étude repose sur une analyse secondaire de données qualitatives (Creswell & Poth, 2016) issues d’un projet de recherche en cours sur l’expérience de guérison des couples après une infidélité. Les données avaient été recueillies à l’origine par une personne de l’équipe de recherche, après approbation du comité d’éthique de l’établissement (IRB2019-290). Le recrutement s’est fait par des affiches placées dans une clinique universitaire de thérapie familiale, par l’orientation de thérapeutes en exercice, par les réseaux sociaux et par le panneau d’affichage en ligne de l’université. Pour être incluses, les personnes devaient avoir au moins 18 ans, être engagées depuis au moins 3 mois dans une relation amoureuse, avoir vécu une infidélité à un moment de leur relation et avoir connu une certaine guérison après cette infidélité. Nous n’avons pas précisé le type d’infidélité à inclure dans l’étude. Les entretiens ont été menés par l’équipe de recherche en personne et par Zoom (version 7.0.0.2956) et duraient environ 45 à 60 minutes. Les deux partenaires passaient l’entretien ensemble et répondaient à une série de questions semi-structurées sur leur expérience de guérison après l’infidélité. Les entretiens comprenaient des questions comme : Comment avez-vous vécu le processus de guérison ? Quels moments importants ont aidé à la guérison ? La confiance a-t-elle été affectée, et si oui, qu’est-ce qui a aidé à la reconstruire ? Le pardon a-t-il été une part importante du processus de guérison, et si oui, comment ? Y a-t-il eu des revers ou des expériences négatives pendant le processus de guérison ? Les réponses décrivaient des expériences individuelles et relationnelles liées à la guérison après l’infidélité ainsi que le rôle de la personne NSP et de la personne SP. Les entretiens ont été enregistrés, transcrits mot pour mot et anonymisés pour l’analyse.
Nous avons suivi les procédures de l’analyse qualitative déductive (DQA), telles que décrites par Author (2024), pour guider notre étude de la résilience dans le processus de guérison après une infidélité. La DQA était une stratégie d’analyse appropriée, car elle permet d’appliquer des construits théoriques existants à des données qualitatives pour mettre à l’épreuve, affiner ou élargir les modèles conceptuels actuels (Author, 2024 ; Gilgun, 2019). La DQA s’appuie sur des construits sensibilisateurs issus de théories existantes, tout en permettant de repérer, par l’analyse inductive, de nouveaux processus qui prolongent la compréhension existante des phénomènes humains (par exemple la manière dont les couples traversent les défis propres à l’infidélité et s’en remettent). Dans la présente étude, l’équipe de recherche a appliqué un cadre de résilience à l’analyse de l’expérience de guérison des couples après une infidélité. Si les entretiens d’origine n’avaient pas été menés en prenant spécifiquement la résilience comme fil conducteur, ils contenaient de riches descriptions des processus de rétablissement des couples après une infidélité. La question de recherche, Quels sont les facteurs clés de la résilience chez les couples qui guérissent d’une infidélité ?, a guidé l’analyse.
À partir d’une revue approfondie de la littérature, nous avons d’abord repéré des construits clés de la résilience : le soutien social (par exemple la religion, la famille, la spiritualité, les amis, la communauté ; Afifi, 2018 ; Kumar et al., 2023), la construction de sens (par exemple une perspective de changement, de souplesse et de croissance ; Afifi et al., 2016 ; Joseph & Linley, 2006), la guérison individuelle (par exemple la découverte de soi, l’autocompassion, le pardon à soi-même, le soin de soi, l’estime de soi, l’autonomie, la capacité à défendre ses propres besoins ; Herrman et al., 2011 ; Schetter & Dolbier), la communication ouverte (par exemple communiquer de façon honnête, intentionnelle, vulnérable et régulière ; Afifi et al., 2016 ; Buzzanell & Houston, 2018) et la normalité réinventée (par exemple de nouvelles routines, le recadrage des situations, la recherche d’un équilibre ; Herrman et al., 2011 ; Olekalns et al., 2019). Ces construits ont servi de cadre initial à l’analyse. Nous avons appliqué ces construits sensibilisateurs de façon déductive au début de l’analyse des données, en codant les éléments qui en attestaient la présence. Parallèlement, nous avons codé de façon inductive les thèmes que le cadre initial de la résilience ne saisissait pas, laissant émerger de nouveaux concepts directement à partir des données (Author, 2024). L’analyse inductive a permis d’affiner ou d’élargir les construits de résilience relatifs au processus de guérison après une infidélité.
La DQA comporte aussi une analyse des cas négatifs, qui consiste à rechercher et à analyser les données qui contredisent les construits sensibilisateurs initiaux ou apportent des informations nouvelles sur le phénomène étudié. L’analyse des cas négatifs renforce la qualité et la profondeur de l’analyse en aidant à prévenir le biais de confirmation et les conclusions hâtives, tout en permettant de saisir des nuances ou des affinements importants du cadre conceptuel initial (Author, 2024). Le codage ciblé et la théorisation ont consisté à examiner les thèmes saillants dans les données de chaque personne et d’une personne à l’autre (Charmaz, 2025 ; Author, 2024). Grâce à cette démarche itérative, nous avons pu affiner les construits sensibilisateurs et repérer des thèmes propres à la théorie existante de la résilience appliquée aux couples qui se rétablissent d’une infidélité, ou qui la prolongent. Que les thèmes saillants aient été dégagés de façon déductive ou inductive, ils devaient être solidement étayés par les données pour figurer dans les résultats.
Nous avons abordé l’étude dans une perspective constructiviste, qui suppose que la connaissance se construit dans l’interaction entre l’équipe de recherche et les personnes participantes ou les données, et que l’équipe de recherche influence le processus de recherche (Charmaz, 2025). Un aspect essentiel de la recherche qualitative constructiviste est la réflexivité, c’est-à-dire la reconnaissance continue de la manière dont les positionnements, les valeurs et les expériences de l’équipe de recherche façonnent le processus de recherche (Creswell & Poth, 2016). L’équipe de recherche réunissait une personne enseignante-chercheuse, deux personnes en doctorat, une en master et une en licence, qui représentaient un éventail d’expériences et de compétences en recherche, en pratique clinique et dans le travail avec les couples. Si le niveau d’expérience clinique de l’infidélité variait d’un membre de l’équipe à l’autre, chaque membre avait reçu, dans son cursus universitaire, une formation de base aux processus relationnels. Pour s’engager dans la réflexivité, l’ensemble de l’équipe a été formé à la rédaction de mémos analytiques et réflexifs avant de commencer l’analyse des données. L’usage de ces mémos a accru notre conscience de nous-mêmes et a aidé à rendre notre raisonnement transparent, à repérer des schémas ou des biais et à approfondir ce que nous tirions des données (Lempert et al., 2007). Les membres de l’équipe se réunissaient toutes les deux semaines pour revoir le codage et les mémos, discuter des interprétations et mener des discussions réflexives afin de repérer et de surveiller d’éventuels présupposés sur les causes et le sens de l’infidélité, pour que les interprétations restent ancrées dans l’expérience des personnes participantes (Author, 2024). Ces pratiques nous ont permis de rester attentifs à la manière dont nos différentes perspectives éclairaient le codage et l’interprétation, en favorisant un processus d’analyse plus nuancé et plus transparent (Charmaz, 2025).
L’analyse a été facilitée par le logiciel ATLAS.ti (23.2.1). Les transcriptions ont été réparties au hasard entre quatre membres de l’équipe sur une période de trois mois, l’équipe recourant à un codage individuel, en binôme et en groupe pour garantir la cohérence dans l’application des construits sensibilisateurs. L’équipe de codage comprenait une personne désignée pour la coordonner, qui suivait l’avancement, animait les réunions collectives et soutenait la cohésion de l’équipe en prenant des nouvelles de chaque membre et en apportant son aide si nécessaire (Beresford et al., 2022). Les divergences de codage étaient résolues par des discussions collaboratives itératives, au cours desquelles les membres de l’équipe comparaient leurs interprétations et revenaient à la question de recherche, aux données et aux construits sensibilisateurs jusqu’à parvenir à un consensus. Pendant l’analyse, l’équipe a codé les données et saisi ses mémos analytiques et réflexifs dans ATLAS.ti afin de renforcer la transparence et la rigueur du processus d’analyse (Friese, 2012). En plus des réunions d’équipe, une personne chargée du débriefing par les pairs, qui avait recueilli les données à l’origine, rencontrait chaque mois l’équipe de codage pour examiner les résultats émergents et apporter un regard extérieur, sans participer au codage (Dahal, 2025).
La communication ouverte était au fondement des réponses résilientes des couples à l’infidélité : elle exigeait une révélation honnête de l’infidélité, comme base pour reconstruire la confiance et renforcer la communication. Dans certains couples, la personne NSP préférait une révélation progressive, pour se donner le temps de s’adapter et de trouver un soutien professionnel, tout en obtenant des réponses à ses questions au fur et à mesure ; dans d’autres, elle préférait une révélation complète et immédiate. NSP 13 a dit :
D’abord, nous avons établi : “Voilà ce qui s’est passé”, et obtenu tous les détails. Ensuite, nous avons parlé : “Honnêtement, voilà ce que j’ai ressenti face à la façon dont les choses se sont déroulées.” Après avoir établi ce que nous ressentions, nous avons dit : “À partir de maintenant, qu’allons-nous faire ? Qu’allons-nous faire pour que cela ne se reproduise pas ? Quelles mesures de responsabilité pouvons-nous mettre en place ?” C’était un processus en trois étapes.
Notre analyse a fait apparaître une différence entre la révélation et la découverte de l’infidélité, la révélation suscitant davantage de respect et offrant une base plus solide pour travailler sur l’infidélité. Les NSP ont aussi décrit le besoin de comprendre pleinement l’ampleur de l’infidélité et ce qui s’était passé exactement. Du côté de leurs partenaires, il était courant de croire, à tort, que révéler les détails de l’infidélité aggraverait la relation. Ces partenaires rapportaient aussi un profond sentiment de culpabilité et de honte, et la peur que l’autre parte.
À propos de la communication ouverte, les couples ont parlé en particulier de l’importance de la transparence. Si révéler les détails de l’infidélité et répondre aux questions de l’autre était perçu comme un risque, les NSP décrivaient cette transparence totale comme une étape nécessaire pour poursuivre la relation et améliorer la communication. Grâce à la transparence, les couples pouvaient fixer des limites sur lesquelles reconstruire la confiance. NSP 12 a dit : « Nous avons mis en place des garde-fous qui me permettaient de savoir où il était et ce qu’il faisait. Il a toujours bien pris les choses, sans jamais se sentir surveillé comme un enfant. Il disait simplement : “Oui. Je veux être sûr que tu saches que tu es en sécurité avec moi.” »
Les couples ont constamment évoqué le besoin d’actions précises pour rétablir la confiance, comme le partage de la localisation, des photos prouvant où l’on se trouve, l’accès aux informations bancaires, l’autorisation de déverrouillage par reconnaissance faciale, des points réguliers par téléphone et le recours au détecteur de mensonges. Certaines personnes NSP ont dit avoir eu du mal à exprimer leur besoin de transparence. Elles décrivaient l’équilibre à trouver entre la nécessité de traverser seules leur douleur et celle d’obtenir des preuves des activités quotidiennes de l’autre, trouvant difficile mais nécessaire de prendre la parole pour demander ce type de réassurance. NSP 20 a dit : « La transparence totale de [SP], qui m’a donné accès à son téléphone et à son ordinateur, qui partage sa localisation, et le fait de savoir que si j’ai besoin d’un test au détecteur de mensonges, je peux le demander, ont été parmi les choses les plus importantes pour reconstruire la confiance. » SP 20, l’autre partenaire du couple, a dit : « J’avais la certitude que tout allait s’arrêter si je disais tout à NSP. La personne qui me parraine m’a dit que je n’avais aucun contrôle sur la survie de mon mariage, qu’il fallait lâcher prise et arrêter d’essayer de contrôler cela. » Si des peurs existaient des deux côtés à propos de la communication ouverte et de la transparence, les couples ont indiqué que l’une et l’autre avaient été des facteurs importants dans le développement de la résilience, en offrant aux deux partenaires un espace pour exprimer leur insécurité, leur honte et leurs doutes.
Si les couples insistaient sur la communication comme partie d’un processus continu, la responsabilité est aussi apparue comme un sous-thème important de la communication ouverte. Ce sont surtout les SP qui ont dit devoir répondre aux demandes de preuves ou d’informations des NSP, ou à l’expression de leur insécurité et de leur sentiment de trahison, avec acceptation et responsabilité plutôt qu’avec agacement, autoprotection ou défensive. De nombreuses personnes ont décrit cette possibilité d’exprimer leurs émotions et d’être accueillies avec empathie par leur partenaire comme un catalyseur de résilience. Par exemple, NSP 29 a dit : « Il a été très patient face à ces émotions, sans me dire que j’en faisais trop. Il a pris ses responsabilités, sans m’attaquer, il a vraiment assumé ce qui lui revenait. » De même, NSP 27 a décrit : « Il a tout assumé. Il ne s’est pas mis sur la défensive. Il était pleinement présent. Ce sont des actes constants, dans la durée. » Son partenaire, SP 27, a décrit comment cette responsabilité s’est construite par la révélation et par la reconnaissance de sa propre tendance à minimiser :
Je voulais qu’elle me connaisse. Je voulais arrêter de me cacher. Une grande partie du travail a consisté à reconnaître que je me mentais à moi-même sur des problèmes et des difficultés. Quand j’ai écrit ma lettre de révélation complète, j’ai ouvert les yeux sur tout ce que j’avais fait. Ne pas l’avoir par écrit me permettait de minimiser.
La révélation complète (pour certains couples) et la reconstruction de la confiance par la responsabilité et une communication transparente et honnête étaient essentielles au processus continu de guérison individuelle et relationnelle. À mesure que la guérison progressait, les couples décrivaient une évolution vers un partage plus ouvert des émotions et des besoins, en particulier à propos de ce qui ne fonctionnait pas dans la relation avant l’infidélité. Une meilleure compréhension de soi et une expression plus claire des besoins permettaient aux partenaires de se répondre avec plus de conscience, ce qui soutenait le pardon à soi-même, le pardon au partenaire et l’espoir d’une amélioration.
L’analyse des données a fait apparaître la guérison individuelle et relationnelle comme d’autres aspects importants de la résilience dans la guérison après une infidélité. Les personnes participantes décrivaient la résilience comme exigeant un travail intentionnel sur soi, tout en restant engagées dans le processus relationnel de réparation. Les couples soulignaient que la relation ne pouvait progresser sans que chaque partenaire prenne soin de ses propres émotions, de ses besoins et de sa croissance. Pour les SP, la guérison individuelle impliquait de tenir le paradoxe d’avoir blessé tout en devant consoler. Comme l’a expliqué SP 23 :
Il y a un paradoxe dans ces moments où [partenaire] a des pensées déclenchées qui remuent aussi quelque chose en moi, mais je mets ça de côté et j’apporte le réconfort que [partenaire] cherche. C’est vraiment difficile de mettre ça de côté et d’intervenir comme quelqu’un qui peut la réconforter dans cette situation. C’était vraiment dur de ne pas me sentir contrarié ou blessé, ou de ne pas me fermer complètement.
Ce témoignage montre comment la guérison individuelle exigeait de la personne SP qu’elle traverse son propre malaise et sa propre défensive pour rester émotionnellement disponible pour l’autre, surtout dans les moments de détresse relationnelle. Parallèlement, les NSP insistaient souvent sur l’importance de se tourner vers soi, en s’investissant dans des loisirs, des projets enrichissants et le soin de soi. NSP 2 a réfléchi : « Pouvoir de nouveau me faire confiance et être en sécurité avec moi-même… Je n’appellerais pas ça un déclic ou un moment “eurêka”, j’avais besoin de faire un travail d’introspection et de me réparer. » NSP 23 a expliqué plus longuement ce processus :
Après avoir découvert toutes ces informations, nous avons franchi une série d’étapes pour avancer vers la guérison, dont une thérapie individuelle pour chacun de nous deux. J’ai assisté à certaines des séances de [mon mari]. Ce n’était pas censé être une thérapie de couple, mais je pense que ma présence a été utile. Le but n’était pas de se centrer sur notre mariage, mais sur lui.
Pour ce couple, la personne qui les accompagnait en thérapie les avait encouragés à aborder le rétablissement sur deux voies : d’abord la guérison de soi, ensuite la guérison du mariage. Les personnes participantes ont observé que la résilience ne se construisait pas seulement par le travail relationnel, mais aussi par leur propre réflexion sur elles-mêmes, par la thérapie et par leur croissance personnelle.
Au sein de la guérison individuelle, les personnes participantes ont décrit trois éléments récurrents : reconnaître que le processus prend du temps, exercer sa responsabilité et cheminer vers le pardon. D’abord, les couples ont souligné l’importance de la patience envers soi-même. NSP 25 a dit : « Ça a pris beaucoup de temps ; ce n’est pas un travail de court terme. Ce n’est pas quelque chose qui se fait vite. » Plusieurs personnes ont noté que, même après la révélation, des rappels et des éléments déclencheurs pouvaient raviver la douleur ou l’insécurité, ce qui exigeait un travail personnel continu pour y faire face.
La responsabilité jouait aussi un rôle essentiel dans la guérison individuelle, en particulier pour la personne SP. Elle était décrite comme le fait de dépasser les excuses pour assumer pleinement ses actes. NSP 19 a réfléchi : « Je disais souvent que ce n’était pas ma faute si la nature avait fait les mâles si portés sur le sexe, ou avait besoin de nous pour se reproduire. On cherche toujours une autre explication que ses propres choix. » Les personnes participantes ont décrit cette responsabilité comme difficile mais nécessaire à leur propre guérison et à leur croissance, ce qui soutenait en retour la réparation relationnelle.
Enfin, le pardon était décrit comme une part essentielle et exigeante de la guérison individuelle. Les couples présentaient le pardon non comme le fait d’excuser un comportement, mais comme le fait de se libérer d’émotions liées à la colère, à la honte ou au ressentiment. SP 14 a expliqué : « Je ne voulais pas être cette personne en colère, cynique face à l’amour. Je ne voulais pas penser “infidèle un jour, infidèle toujours, ne fais pas confiance aux hommes”. Je ne voulais pas prendre ce chemin. Je voulais une fin heureuse, et c’est ce qui a inspiré le pardon. » De même, SP 6 a dit : « J’avais besoin de me sentir solide. J’avais besoin de me sentir digne d’amour, toutes ces choses. Si l’on peut pardonner, cela montre que l’on ne s’accroche pas à la jalousie ou à l’insécurité. » Pour beaucoup, le pardon passait aussi par le pardon à soi-même, soit pour avoir trahi l’autre, soit pour avoir douté des raisons pour lesquelles on avait choisi de rester. Les personnes participantes décrivaient un processus progressif, qui permettait à la bienveillance et à l’empathie de remplacer la honte et l’autoaccusation.
Les récits des couples indiquaient de façon constante que la résilience impliquait de reconnaître que la guérison après une infidélité se déploie comme un processus continu et stratifié, plutôt que comme un événement unique. SP 2 a expliqué : « Quand on s’y lance, on pense qu’on va tout régler d’un coup. C’est plutôt comme retirer les couches une à une : il faut résoudre quelque chose et lâcher prise, résoudre quelque chose et lâcher prise…. Ce n’était pas une affaire réglée en une fois. » Cette perspective montre comment les couples recadraient la guérison comme un chemin évolutif, qui demande de la patience, de la persévérance et de la souplesse aux deux partenaires. Cela concernait différents aspects de la guérison individuelle et relationnelle, comme la communication, la confiance et le pardon.
Les personnes participantes soulignaient que la communication exigeait une tolérance mutuelle continue envers des rythmes différents. SP 7 a décrit ce processus : « J’avais l’impression que parler aiderait, mais elle n’était pas prête, et je me sentais encore plus mal. Mais peu à peu, lentement, laisser ce temps a fini par nous amener à en parler davantage, et c’est comme ça que les choses ont commencé à aller mieux. » Reconstruire la confiance était aussi un processus continu, comme l’a expliqué NSP 7 : « C’est encore un processus en cours, mais je dirais qu’une autre étape importante, c’est de reconstruire la confiance. La confiance est le fondement d’une relation. » Le pardon est lui aussi apparu comme une pratique continue. Les couples distinguaient le pardon de la confiance : le pardon était décrit comme un choix, tandis que la confiance exigeait une reconstruction progressive. NSP 14 a expliqué : « Pour moi, le pardon a été un choix ; la confiance est un processus. » Dans ce processus, les couples soulignaient l’importance de recadrer les revers et de cultiver l’espoir. Le progrès ne se définissait pas par l’absence de conflit, mais par la capacité à faire une pause, à se ressaisir et à se réengager. NSP 10 a décrit cet état d’esprit : « Si nous avons une mauvaise journée ou une mauvaise semaine, nous faisons une pause, et nous reprenons une autre semaine. » La résilience se développait à mesure que les couples normalisaient les fluctuations au lieu de les interpréter comme des échecs.
Les couples ont aussi décrit comment ce travail relationnel continu favorisait des moments de reconnexion. NSP 10 a réfléchi : « Je peux commencer à avoir de meilleures conversations, faire plus de blagues et mieux connaître [partenaire]. Même après 20 ans de mariage, il y a toujours quelque chose de nouveau à apprendre sur son ou sa partenaire. » Ces changements traduisaient non seulement une réparation, mais un renouveau relationnel. La guérison individuelle s’inscrivait elle aussi dans ce travail relationnel continu. Les personnes participantes soulignaient la régulation émotionnelle, la réflexion sur soi et la conscience des déclencheurs physiques et émotionnels comme des composantes nécessaires du rétablissement personnel. NSP 25 a confié : « Ce n’est pas un travail de court terme… apprendre à gérer ses émotions autrement, accepter les choses d’une nouvelle manière, écouter son corps. Tant de choses ont changé. »
Fait notable, ce sont surtout les partenaires NSP qui décrivaient la guérison comme un processus continu. Cela peut tenir au fait que les SP décrivaient plus souvent le rétablissement en termes de changements concrets de comportement (par exemple davantage de patience, de transparence, de constance et de responsabilité), tandis que les NSP se centraient sur la signification intérieure et relationnelle de ces actes. Les changements observables des SP semblaient servir de preuves de la réparation, tandis que les NSP portaient le travail émotionnel durable qui consistait à évaluer ces efforts et à y répondre dans le temps.
Les personnes participantes à cette étude soulignaient qu’accepter le caractère continu de la guérison constituait en soi un changement décisif. Pour les couples qui cherchaient la résilience après une infidélité, normaliser une trajectoire stratifiée et non linéaire était essentiel. Si la résilience est souvent présentée sous un jour positif (par exemple la force, la persévérance), les personnes participantes décrivaient s’être heurtées à la stigmatisation et aux doutes de leur entourage sur le choix de réparer la relation. Anticiper un processus long aidait les couples à persévérer dans le temps dans la guérison individuelle, la responsabilité, le pardon et la reconnexion.
La construction de sens était une autre composante importante de la résilience, dans laquelle les couples réinterprétaient ensemble la trahison par la métaphore, la spiritualité, le pardon et l’espoir, ce qui leur permettait de reconnaître le tort causé tout en maintenant leur engagement relationnel. En construisant une nouvelle compréhension de leur relation, d’eux-mêmes et de leur partenaire, les couples parvenaient à donner à la trahison un cadre qui soutenait leur avancée vers la guérison. La construction de sens prenait des formes multiples, enchâssées dans la relation, qui reflétaient à la fois des efforts individuels et des efforts partagés pour construire du sens ensemble.
Pour de nombreux couples, les métaphores offraient un moyen de saisir la profondeur de la douleur et l’impact de la trahison. SP 27 a comparé ses actes à de la violence : « J’ai simplement pris une mitraillette et criblé [partenaire] de balles. Je me sens mieux parce que maintenant je me suis débarrassé de tout ce poids, et [partenaire] est assise dans le coin, criblée de trous, en sang. » Cette métaphore reflétait le sérieux avec lequel la personne SP comprenait le dommage émotionnel et reconnaissait ses conséquences durables. D’un couple à l’autre, la guérison exigeait souvent de reconnaître le tort causé et de relier des sources de sens au chemin qui consistait à affronter l’infidélité avec résilience. Par exemple, NSP 23 a parlé de ses enfants :
Dans l’image des étapes, en 1, ta vie est parfaite ; en 2, tu tiens un vase et il est brisé en mille morceaux sur le sol ; en 3, c’est une mosaïque : tu as ramassé les morceaux et tu l’as reconstitué. M’arrêter à 2, c’était la colère et l’amertume pour le reste de ma vie. Les retombées d’un divorce et son impact sur la vie de nos enfants auraient été terribles. Nous avons de jeunes enfants, je ne voulais pas ça pour eux.
Certains couples construisaient aussi du sens par la spiritualité et la religion. Les couples rapportaient que la spiritualité favorisait le pardon : la personne NSP pardonnait à l’autre, et la personne SP se pardonnait à elle-même. SP 3 a dit : « Si Dieu et [partenaire] peuvent me pardonner, je devrais pouvoir me pardonner moi-même. » Les couples recouraient aussi à la prière. NSP 13 a dit : « Je priais pour [partenaire] et pour moi, en demandant : “Mon Dieu, dis-moi quoi faire. Puis-je recevoir un peu de guidance, de force, ou la capacité de lâcher prise ?” » Certaines personnes NSP ont trouvé dans la spiritualité un catalyseur pour porter un regard positif sur la personne SP, ce qui réduisait la peur d’une nouvelle trahison et favorisait l’espoir et le pardon. NSP 23 a dit : « J’ai confiance en Dieu. J’espère que [partenaire] ne me trahira plus. Je n’en aurai jamais la certitude, mais j’ai de l’espoir. » NSP 23 a poursuivi : « J’ai aussi vu la volonté de changer de [partenaire], et son repentir…. Nous avons tous péché et nous sommes tous privés de la gloire de Dieu. Alors qui suis-je pour tenir cela au-dessus de la tête de [partenaire] ou refuser mon pardon, quand Dieu m’a pardonné ? »
Une autre manière dont la construction de sens soutenait la résilience était de nourrir, plus généralement, l’espoir d’une amélioration. Les couples décrivaient souvent comment le fait de reconnaître des progrès leur donnait confiance pour continuer à investir dans la relation. NSP 7 a réfléchi : « Il y a des progrès. Nous avons de grands espoirs pour notre relation, et peut-être qu’elle pourra… retrouver la confiance, le respect et l’amour que nous avions autrefois. Voir les progrès de [partenaire] aide vraiment, et j’ai de l’espoir, alors qu’il y a quelques semaines je n’en avais aucun. » Cet espoir s’enracinait souvent dans l’amour et dans un regard positif sur l’autre, ce qui motivait en retour un engagement durable dans le processus de guérison.
De nombreux couples construisaient aussi du sens par le pardon, souvent décrit à la fois comme une libération émotionnelle et, là encore, comme une décision délibérée de continuer d’avancer. Le pardon n’était pas assimilé à l’oubli ou à l’absence de douleur, mais au choix de poursuivre la relation malgré elle. NSP 1 a expliqué : « Pardonner, c’est choisir de cheminer avec l’autre en sachant qu’il ou elle pourrait vous frapper avec une batte de baseball, mais en faisant comme si cela n’était jamais arrivé. » Le pardon devenait une stratégie relationnelle qui permettait aux couples de recadrer la trahison et de commencer à reconstruire la confiance, même au milieu d’une souffrance persistante.
Notre analyse des données a aussi fait apparaître la thérapie comme un construit important de la résilience individuelle et conjugale après une infidélité, les personnes participantes soulignant la nécessité de demander une aide professionnelle sans attendre. La thérapie était décrite comme un processus exigeant et porteur de pouvoir d’agir. Elle offrait aux couples un lieu pour affronter des vérités douloureuses, apprendre des stratégies concrètes, comprendre pourquoi l’infidélité s’était produite et développer de la compassion pour eux-mêmes et pour l’autre. De nombreux couples ont eu recours à la thérapie sur de longues périodes, en y revenant lors de revers ou de déclenchements.
Certains couples ont expliqué que parler de l’infidélité à des amis ou à la famille s’était retourné contre eux. Si ces personnes n’étaient pas pleinement soutenantes, les réactions étaient vécues comme des jugements ou des disqualifications, ce qui renforçait le sentiment d’isolement. La thérapie devenait au contraire l’espace où les couples sentaient qu’ils pouvaient parler ouvertement, être compris et rencontrer d’autres personnes ayant vécu des trahisons semblables. SP 23 a raconté : « Nous avons dû faire très attention aux personnes à qui nous en parlions, parce que les gens ont un regard très dur sur ce genre de chose… alors nous nous sommes surtout appuyés sur notre groupe de thérapie. »
La thérapie offrait un processus structuré et un cadre sûr pour traverser le processus de guérison. Pour certains couples, la personne thérapeute devenait un guide quand le couple ne savait plus quoi faire. NSP 2 a expliqué : « Je n’avais aucun repère…. Notre thérapeute était mon filet de sécurité, ou mon doudou, à ce moment-là. » Beaucoup appréciaient les exercices à faire entre les séances ou les stratégies concrètes qui leur indiquaient comment avancer ensemble. Par exemple, plusieurs couples ont évoqué des pratiques comme la rédaction d’une révélation complète. SP 21 a évoqué l’importance du travail avec une personne thérapeute sur une révélation thérapeutique. De même, NSP 1 a dit : « Sans révélation complète, [la guérison] ne fonctionne pas. » Un autre couple a parlé de l’élaboration d’une « liste de bonne volonté ». NSP 20 a dit :
Il y avait un exercice que j’ai beaucoup apprécié, quelque chose que [partenaire] devait faire. Qu’est-ce que [partenaire] accepte de faire pour sauver notre mariage et aider à guérir de la trahison ? [Partenaire] devait trouver de son côté 20 choses. Parmi elles, se soumettre régulièrement au détecteur de mensonges, faire des tests de dépistage des IST et quitter son emploi. Presque tout a été fait. Il y avait chez [partenaire] la volonté d’anticiper ce dont j’avais besoin et d’aller vraiment jusqu’au bout. Ça a beaucoup compté pour moi.
La thérapie permettait à la fois une guérison individuelle et une guérison relationnelle. Les partenaires travaillaient souvent avec des thérapeutes distincts pour traiter les difficultés propres à la personne qui avait été infidèle (honte, culpabilité, comportements compulsifs, capacité à rester dans l’inconfort émotionnel au lieu de l’éviter) et à la personne qui ne l’avait pas été (colère, chagrin, peur d’une récidive). SP 20 a dit :
[La personne thérapeute] m’a enseigné l’empathie pour la douleur que j’ai causée à [partenaire], et l’a exigée de moi. C’est très inconfortable d’entendre à quel point j’ai fait du mal à [partenaire]. Ça me remplit de tristesse, de regrets, de remords, de culpabilité et de colère contre moi-même, et ça me rend misérable. Je ne veux pas rester dans ça ni ressentir ça. Ça crée de la défensive, de la minimisation, n’importe quoi pour faire disparaître ça. Je ne supporte pas l’inconfort émotionnel. J’ai appris à rester dans l’inconfort et à laisser [partenaire] exprimer et ressentir la colère, la tristesse et la déception.
Les personnes participantes ont souligné à plusieurs reprises que la spécialisation et l’expertise de la personne thérapeute étaient décisives. Les couples étaient convaincus qu’il ne suffisait pas de consulter n’importe qui : il leur fallait une personne expérimentée et sûre d’elle dans le travail sur l’infidélité. SP 3 a dit :
Ça a été utile de travailler avec une personne thérapeute formée spécifiquement à l’infidélité, sûre d’elle, et qui avait suivi le même chemin. Elle parlait publiquement de son propre parcours, et nous avions entendu [la personne thérapeute] donner des conférences dans la région. Il y avait un sentiment de confiance, parce que nous savions que [la personne thérapeute] comprenait ce que nous traversions. Ça offrait un espace sûr.
Les couples ont souligné combien les métaphores et les analogies, lorsqu’elles étaient utilisées par des thérapeutes aux compétences solides, les aidaient particulièrement à saisir des émotions et des expériences complexes.
Avec le temps, certaines personnes participantes ont acquis une telle capacité d’agir grâce à la thérapie qu’elles ont elles-mêmes suivi une formation qualifiante en counseling, commencé à animer des groupes, individuellement et en couple, pour aider d’autres personnes, et publié leurs propres livres. SP 1 a dit : « Nous venons tout juste d’animer une section. Comme nous animions le groupe, nous avons témoigné de notre histoire devant un groupe plus large, ce qui était assez éprouvant pour les nerfs, mais il y a toujours cette règle de confidentialité. »
Certaines personnes et certains couples ont aussi participé à une thérapie de groupe, qui s’est révélée particulièrement marquante parce qu’elle contrecarrait le sentiment d’isolement et normalisait les émotions d’une manière que la thérapie individuelle ne permettait pas. Les couples rapportaient qu’entendre l’histoire des autres créait de la solidarité et réduisait la honte. NSP 29 a expliqué : « C’était l’un des seuls endroits où nous pouvions aller pour échapper à la solitude… si l’on essaie d’en parler à quelqu’un qui n’est pas passé par là, on peut se heurter au jugement. » Le cadre du groupe était décrit comme un environnement où la douleur était comprise collectivement, et non critiquée.
Dans le contexte de l’infidélité, la résilience exigeait souvent des couples qu’ils réinventent la normalité, en créant de nouveaux schémas de lien, de confiance et de sens dans leur relation. Plutôt que de revenir aux routines familières d’avant l’infidélité, les partenaires décrivaient l’élaboration de nouvelles manières de passer du temps ensemble, de cultiver la proximité et de construire une compréhension partagée. Ces efforts renforçaient leur relation en favorisant l’adaptabilité et un engagement renouvelé à avancer ensemble. NSP 6 a dit :
J’aime bien [partenaire], tout simplement. C’est quelqu’un de drôle, la personne avec qui j’ai envie de passer du temps. Nous avons pris l’habitude de passer du temps ensemble. Nous avons parlé de l’importance que le temps de qualité a pour nous deux. Nous appelons ça “avoir de l’abondance”. C’est ce moment de la journée où nous ne parlons pas d’agendas, ni de tâches ménagères, ni de toutes ces choses d’adultes qui peuvent empiéter sur ce temps. Nous tenons à nous asseoir sur le canapé pour regarder notre série préférée ou regarder nos enfants jouer dehors.
Pour de nombreux couples, réinventer la normalité signifiait un processus continu de désapprentissage, d’apprentissage et de réapprentissage. Ils soulignaient l’importance d’efforts constants pour favoriser l’ouverture et la vulnérabilité, souvent en modifiant leurs priorités. SP 27 a expliqué :
J’essaie d’en faire davantage une priorité qu’avant. J’ai toujours voulu essayer de faire des choses pour elle, mais c’était plutôt secondaire, et maintenant j’essaie d’en faire davantage une priorité pour qu’elle sente la valeur qu’elle a pour moi.
La normalité réinventée recoupait d’autres processus, en particulier la communication ouverte et l’espoir cultivé pour l’avenir. Les couples décrivaient comment leur guérison se renforçait grâce à des conversations plus profondes et plus intentionnelles. Par exemple, SP 6 a confié :
Nous arrivons plus vite aux conversations profondes ; nous réparons plus efficacement et plus rapidement. Avant, si nous avions un revers, il se passait des semaines avant que nous parlions même honnêtement. Je crois que si on le veut vraiment et qu’il y a de la bonne volonté des deux côtés, ça va marcher.
Ces changements délibérés dans le dialogue aidaient les couples à recourir régulièrement à une communication honnête et porteuse de sens, qui les rapprochait. Réinventer la normalité exigeait des couples qu’ils reconnaissent les routines anciennes qui ne fonctionnaient pas et les remplacent par des schémas d’interaction plus sains. Ce processus délibéré de refaçonnage de la vie quotidienne, de priorité donnée au temps de qualité et d’engagement dans une communication plus vulnérable est devenu central dans la manière dont les couples cultivaient la résilience. Les couples ont misé sur la reconnexion en sortant en amoureux, en partant en vacances ensemble et en renouvelant leurs vœux.
En cohérence avec la guérison comme processus continu, la normalité réinventée se développait progressivement, par un effort conscient et une pratique régulière. SP 9 a réfléchi à ce processus :
Nous avons repris le cours de nos vies ; nous nous sommes pris dans les bras, nous nous sommes embrassés, nous avons partagé tous nos mots de passe. Nous sommes allés à plusieurs événements, nous sommes sortis, nous allions nous promener, en essayant simplement d’être ensemble et de nous montrer de l’affection. Nous faisions littéralement des choses ensemble juste pour reconstruire consciemment cette relation.
La normalité réinventée se traduisait dans les choix quotidiens, les routines et le fait de placer délibérément la relation au centre, ce qu’un couple a décrit comme un « mariage 2.0 ». Pour ce couple, une nouvelle normalité signifiait une communication intentionnelle continue, une vulnérabilité émotionnelle, du temps de qualité et des objectifs communs tournés vers l’avenir, ce qui le rendait plus fort qu’avant.
Cette étude avait pour but d’explorer comment les couples cultivent la résilience au lendemain d’une infidélité et d’examiner comment ces processus se comparent aux construits sensibilisateurs tirés de la littérature existante sur la résilience. Les résultats ont confirmé et affiné des construits clés de la résilience, en montrant que la résilience dans le contexte de l’infidélité est relationnelle, multidimensionnelle et contextualisée par des dynamiques propres à la trahison. Conformément à la littérature antérieure sur la résilience, la communication ouverte, la guérison individuelle, la construction de sens et la normalité réinventée se retrouvaient dans les récits des personnes participantes. Les couples ont toutefois élargi ces construits d’une manière singulièrement façonnée par l’impact relationnel de l’infidélité, par exemple à travers le rôle central de la transparence et les exigences émotionnelles paradoxales qui pèsent sur les SP, à la fois à l’origine de la trahison et source de réconfort. Les construits développés de façon inductive comprenaient la guérison relationnelle, l’importance de la thérapie comme forme de soutien social qui réduisait l’isolement et la stigmatisation, et la nature continue de la résilience dans le contexte de la guérison.
Les résultats apportent un éclairage nuancé sur la manière dont la résilience se met en œuvre dans le contexte particulier du rétablissement après une infidélité. Alors que les conceptions plus générales de la résilience la décrivent comme une adaptation malgré l’adversité vécue (Herrman et al., 2011 ; Joseph & Linley, 2006), les personnes participantes à cette étude ont confirmé que la résilience après une infidélité est un processus évolutif, dans lequel les construits sensibilisateurs et émergents se comprennent mieux comme des processus qui se recoupent, interdépendants et qui se renforcent sans cesse les uns les autres tout au long de la guérison. La section suivante compare chaque thème dégagé par notre analyse aux construits sensibilisateurs initiaux et à la littérature sur la résilience, en montrant comment les résultats concordent avec les cadres existants de la résilience, les affinent ou les élargissent dans le contexte de l’infidélité.
Conformément au construit sensibilisateur de communication ouverte (Afifi et al., 2016 ; Buzzanell & Houston, 2018), les personnes participantes ont souligné qu’une communication honnête, intentionnelle, vulnérable et régulière était décisive pour la résilience. Les couples de cette étude l’ont confirmé, en présentant la communication comme le processus de fond sur lequel la guérison reposait. Les résultats élargissent en outre ce construit en soulignant l’importance d’une révélation complète, d’une transparence continue pour reconstruire la confiance et de réponses émotionnellement accordées de la part des SP. Dans le contexte particulier de la trahison, la communication fonctionnait comme un mécanisme de reconstruction de la confiance et de culture de l’espoir d’une amélioration.
Le construit sensibilisateur de guérison individuelle était initialement conçu comme un ensemble de processus centrés sur soi, dont la découverte de soi, l’autocompassion, le pardon à soi-même, le soin de soi, l’estime de soi, l’autonomie et la capacité à défendre ses propres besoins (Herrman et al., 2011 ; Joseph & Linley, 2006 ; Schetter & Dolbier, 2011). Dans la littérature sur la résilience, la guérison individuelle est souvent associée à des traits de personnalité et à des évaluations cognitives qui soutiennent l’adaptation à l’adversité (par exemple l’ouverture, l’auto-efficacité, le lieu de contrôle, l’optimisme ; Herrman et al., 2011). Dans notre étude, ce construit était fortement étayé par les résultats, les couples soulignant des processus centrés sur soi semblables, tout en apportant des nuances sur la manière dont la guérison se déroulait différemment selon le rôle de chaque partenaire. Les SP devaient souvent tenir le paradoxe d’être à la fois à l’origine de la trahison et en position de consoler, tandis que les NSP insistaient sur le fait de se libérer des émotions de colère, de honte et de ressentiment et de choisir le pardon. Les personnes participantes ont aussi décrit une guérison relationnelle, ce qui suggère que les processus individuels et relationnels étaient entrelacés tout au long du rétablissement. Ces résultats élargissent le construit de guérison individuelle en éclairant la manière dont les processus centrés sur soi se déroulaient au sein des interactions relationnelles entre partenaires, ce qui fait de la guérison relationnelle une dimension importante de la résilience pendant le rétablissement après une infidélité. Les personnes participantes décrivaient un travail de réflexion sur soi, de responsabilité et de pardon, tout en apprenant à répondre à l’autre avec plus d’empathie et de disponibilité émotionnelle, même si ces processus se manifestaient différemment selon le rôle de SP ou de NSP. Ainsi, la guérison individuelle et relationnelle soutenait la capacité de résilience des partenaires et des couples et contribuait au processus continu de réparation relationnelle.
Si la résilience est souvent décrite comme un trait (par exemple la robustesse psychologique) qui permet de rebondir face à l’adversité (Campbell-Sills & Stein, 2007), les travaux en sciences de la communication et dans les champs voisins la conçoivent comme un processus évolutif, qui se déploie en réponse à des événements perturbateurs uniques ou répétés et implique des processus continus marqués par l’adaptation, la transformation et l’interaction (par exemple Afifi et al., 2016 ; Beck, 2016 ; Southwick et al., 2014 ; Walsh, 2016 ; Wilson et al., 2021). De même, les couples de notre étude ont souligné que la guérison après une infidélité était par nature continue, stratifiée et non linéaire. Cela affine les conceptions existantes en montrant que la reconstruction de la confiance et l’élaboration de nouvelles routines demandent du temps aux couples, tout en atténuant la vision des revers comme insurmontables et en normalisant les déclencheurs émotionnels.
La construction de sens était auparavant définie comme une orientation cognitive individuelle, consistant à penser les événements dans une perspective de changement, de souplesse et de croissance (Afifi, 2018 ; Joseph & Linley, 2006). Dans le contexte particulier de la guérison après une infidélité, les personnes participantes ont élargi cette compréhension en y intégrant des métaphores partagées qui saisissaient le tort causé par la trahison et encourageaient la responsabilité, la responsabilité partagée et le travail d’équipe pour « ramasser les morceaux », ainsi que des sources de sens comme les enfants, la religion, la spiritualité et un regard positif sur l’autre, qui soutenaient tous le pardon et la normalité réinventée.
Un autre affinement, apparu au-delà des construits sensibilisateurs, était le rôle central de la thérapie pour faciliter la résilience. Si le soutien social est reconnu dans la littérature plus générale sur la résilience (Kumar et al., 2023 ; Olekalns et al., 2019), les personnes participantes ont présenté la thérapie comme un catalyseur de la réparation relationnelle et de la croissance personnelle. Ce qui fait la singularité de la thérapie comme construit émergent, c’est la manière dont elle élargit le construit sensibilisateur de soutien social. Plutôt que de s’appuyer surtout sur la famille ou les amis, les couples ont trouvé la résilience dans des espaces thérapeutiques, professionnels et entre pairs, exempts de jugement, sûrs et dotés d’une expertise spécialisée. Les couples ont souligné l’importance des exercices, des tâches à faire entre les séances et de l’accompagnement thérapeutique de la révélation complète. La thérapie a aidé les SP à traverser la culpabilité, la honte et les comportements compulsifs, et les NSP à élaborer l’insécurité, le chagrin et la colère. Elle a aidé les deux partenaires à comprendre pourquoi l’infidélité s’était produite, et certaines personnes participantes ont ensuite dit s’être senties capables d’animer des groupes ou de partager leur histoire dans le cadre de leur chemin de guérison.
Enfin, les résultats confirment le construit sensibilisateur de normalité réinventée, conçu comme des routines plus saines, un recadrage cognitif, l’homéostasie et le maintien d’un équilibre (Herrman et al., 2011 ; Walsh, 2016), les couples décrivant aussi l’élaboration de nouvelles routines, de nouvelles limites et de nouvelles attentes après l’infidélité. Plutôt qu’un retour à l’état antérieur à l’infidélité, les personnes participantes ont insisté sur la création d’une « nouvelle » base relationnelle, caractérisée par davantage de communication, du temps de qualité, un engagement renouvelé et des priorités réorganisées. Ces récits affinent le construit en montrant que la résilience, dans le contexte de l’infidélité, implique une réorganisation relationnelle qui aboutit à des schémas d’interaction plus sains entre partenaires.
Ces résultats ont plusieurs implications importantes pour les thérapeutes qui travaillent avec des couples en train de guérir d’une infidélité. D’abord, les thérapeutes devraient normaliser auprès des personnes accompagnées le fait que le rétablissement est rarement linéaire, puisque les recherches antérieures sur le rétablissement après une infidélité soulignent une élaboration émotionnelle qui s’étend dans le temps (Author, 2023 ; Heintzelman et al., 2014 ; Walravens & Rober, 2024). Loin d’être un trait figé, la résilience peut se développer et s’apprendre à travers les pensées et les comportements. Les progrès se font souvent par cycles, les revers et les déclencheurs faisant naturellement partie du processus plutôt qu’ils ne signent un échec (Mitchell et al., 2022). Aider les couples à recadrer ces revers comme des occasions de se réengager peut entretenir l’élan et réduire le découragement. Les résultats suggèrent aussi que certains axes de travail pourraient être fondateurs. Par exemple, favoriser une communication ouverte et la transparence pour reconstruire la confiance pourrait devoir précéder les efforts pour renouer pleinement le lien et rétablir l’intimité.
Ensuite, les thérapeutes doivent prêter attention aux positions différentes de la personne NSP et de la personne SP. D’un entretien à l’autre, les NSP tendaient à parler plus longuement, ce qui reflète probablement la profondeur de leur douleur et leur relative liberté pour l’exprimer. Les SP, à l’inverse, intervenaient souvent moins (quel que soit leur genre), ce qui peut tenir à la honte, à la culpabilité ou à la peur de retraumatiser l’autre. Des recherches antérieures suggèrent de même des différences de rôle nettes entre la personne blessée et la personne impliquée pendant le rétablissement (Author et al., 2024 ; Mitchell et al., 2022 ; Walravens & Rober, 2024). Les thérapeutes devraient donc créer délibérément des occasions structurées permettant aux SP de partager leur expérience et leur point de vue, en reconnaissant que leur processus de guérison peut se dérouler différemment et que la résilience doit être co-construite plutôt que portée par la seule personne NSP.
Troisièmement, les thérapeutes de couple devraient envisager d’évaluer, dès les premières étapes de la thérapie de couple, le niveau de résilience préexistant des personnes accompagnées, car les couples de cette étude ont décrit des difficultés supplémentaires ou une guérison retardée en raison de traumatismes de vie et de blessures d’attachement antérieurs. Comprendre les traumatismes passés, mais aussi les expériences de résilience, peut permettre aux thérapeutes de mieux s’appuyer sur les forces des personnes dans le traitement et d’orienter vers une thérapie individuelle lorsque c’est approprié.
Enfin, le rôle de la thérapie dans la facilitation de la résilience souligne la valeur de connaissances spécialisées et d’une pratique clinique intentionnelle. Les couples ont décrit la thérapie comme une forme décisive de partage sélectif, où ils pouvaient révéler leur expérience dans un espace bienveillant et exempt de jugement, ce qui concorde avec des résultats antérieurs montrant que les couples subissent souvent une stigmatisation et un soutien conditionnel après une infidélité (Weiser et al., 2023). On percevait comme particulièrement efficaces les thérapeutes qui faisaient preuve d’assurance et d’expertise dans le traitement de l’infidélité et des comportements sexuels compulsifs (le cas échéant), et qui utilisaient des outils concrets. Par ailleurs, la clinique peut constater que le recours aux analogies ou aux métaphores crée des expériences thérapeutiques fortes et mémorables. Les résultats ont aussi mis en évidence les bénéfices de plusieurs formats : thérapie individuelle, thérapie de couple et groupes de soutien.
Plusieurs limites doivent être prises en compte dans l’interprétation de ces résultats. D’abord, les personnes participantes venaient de couples qui avaient choisi de partager leur expérience de l’infidélité et de la résilience, ce qui peut refléter un biais d’autosélection en faveur de couples ayant atteint un certain degré de rétablissement ou à l’aise pour parler de ces questions. Des couples qui n’avaient pas atteint ce stade, ou dont la relation avait pris fin après l’infidélité, auraient pu offrir d’autres perspectives. Ensuite, malgré la richesse des récits, les NSP tendaient à parler plus longuement que les SP, ce qui limite la profondeur de la compréhension des processus de résilience propres à la personne infidèle. Troisièmement, si les personnes participantes ont décrit des expériences d’infidélité variées (par exemple émotionnelle, physique, en ligne), elles ont rarement présenté le type, l’intensité ou la fréquence de l’infidélité comme centraux dans leur processus de résilience. Cela contraste avec certaines recherches antérieures et suggère que, pour de nombreux couples, la résilience portait sur le rétablissement relationnel plutôt que sur la catégorisation de la trahison. Quatrièmement, la recherche qualitative privilégie la profondeur et, si notre échantillon a fourni une description dense, les résultats pourraient ne pas être généralisables à tous les couples ni à tous les contextes culturels. Enfin, l’interprétation par l’équipe de recherche fait partie intégrante de l’analyse qualitative. Même si la réflexivité et le codage en équipe ont servi à renforcer la rigueur, les résultats reflètent encore la grille d’interprétation de l’équipe de recherche.
La recherche future devrait continuer d’explorer la nature dynamique de la résilience chez les couples qui se rétablissent d’une infidélité. Des études longitudinales sont particulièrement nécessaires pour suivre l’évolution des processus de résilience dans le temps et examiner quelles pratiques prédisent une satisfaction et une croissance relationnelles durables. En outre, les travaux futurs devraient recruter délibérément des NSP et des SP en veillant à équilibrer leurs voix, afin de saisir tout l’éventail des expériences (par exemple avec des questions conçues spécifiquement pour la personne NSP ou pour la personne SP). Comprendre comment les SP donnent sens à la résilience, en particulier lorsque la honte ou la culpabilité peuvent freiner la parole, reste une lacune importante. Par ailleurs, des études comparatives dans des contextes culturels, religieux et relationnels variés pourraient approfondir la compréhension de la manière dont la résilience se manifeste différemment selon les valeurs et les normes plus larges relatives au mariage, à la fidélité et au pardon. Enfin, compte tenu du construit émergent de la thérapie, la recherche future pourrait examiner les modèles et les interventions thérapeutiques qui facilitent le mieux la résilience individuelle et relationnelle, en prêtant attention à la manière dont les couples peuvent acquérir la capacité de guérir et de soutenir la guérison d’autres couples, comme plusieurs personnes participantes à cette étude ont dit le faire.
Cette étude contribue au corpus croissant de recherches sur la résilience en éclairant la manière dont les couples cultivent la résilience au lendemain d’une infidélité. Les résultats suggèrent que la résilience n’est pas un trait ou un résultat isolé, mais un processus dynamique caractérisé par la communication ouverte, la guérison individuelle, le processus continu, la thérapie, la construction de sens et la normalité réinventée. Plutôt que de se déployer en étapes isolées, ces processus se croisaient et se renforçaient mutuellement, formant un réseau de pratiques relationnelles qui influençaient la résilience. Fait important, les couples décrivaient souvent leur relation comme plus forte et plus intentionnelle qu’avant, ce qui souligne le potentiel de croissance au lendemain d’une trahison. Pour la clinique, l’étude souligne l’importance de favoriser des espaces sûrs, de prêter attention à la position de chaque partenaire et d’intégrer à la thérapie des pratiques concrètes et porteuses de sens. Pour la recherche, les résultats montrent la nécessité d’explorer davantage comment la résilience se déploie chez des couples, dans des contextes et des cultures variés. En définitive, cette étude souligne que la résilience après une infidélité est co-créée : elle exige croissance et changement de la part des deux partenaires, tout en tenant compte des défis propres à la personne NSP et à la personne SP.
Complexe Systémique : à retenir
L’intérêt de cette étude est de déplacer la résilience de l’individu vers le couple. Après une infidélité, ce qui aide à tenir n’est pas une qualité personnelle, mais un tissu de pratiques partagées : une révélation complète plutôt qu’une découverte, une transparence concrète et durable, une responsabilité assumée sans défensive, un pardon distingué de la confiance (« le pardon a été un choix ; la confiance est un processus »), puis une normalité réinventée plutôt qu’un retour à l’avant. Deux constats intéressent directement la clinique systémique. D’une part, les rôles sont asymétriques : la personne infidèle doit à la fois porter la faute et consoler, et elle parle moins en séance ; il revient aux thérapeutes de lui ménager une place. D’autre part, la thérapie apparaît comme une forme de soutien social à part entière, là où l’entourage juge ou se dérobe. On gardera en tête les limites : un échantillon de couples qui ont tenu, majoritairement mariés, chrétiens et blancs, et une lecture de la résilience appliquée après coup à des entretiens conçus pour autre chose. À lire avec l’article sur les cinq comportements qui reconstruisent la confiance après une infidélité, et avec l’article sur la thérapie systémique de la résilience.
Notes de l’original
Remerciements. L’équipe de recherche remercie les personnes participantes d’avoir bien voulu partager leur expérience de la guérison.
Liens d’intérêts. L’équipe de recherche déclare n’avoir aucun lien d’intérêts.
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Traduction non officielle en français de Les facteurs de résilience dans la guérison du couple après une infidélité : une étude par analyse qualitative déductive, par Stephen Fife, Ashley Bloomberg, Shi’Anne Swift, Emily Cook et Angelina Ramos, Contemporary Family Therapy, vol. 48, no 3 (2026), doi : 10.1007/s10591-026-09785-z, sous licence CC BY 4.0. Traduction et mise en page : Complexe Systémique, septembre 2026 — l’œuvre a été modifiée au sens de la licence (tableau présenté en liste). Ni les auteurs ni l’éditeur ne répondent de cette traduction ; la version originale fait foi.
Traduction française non officielle de « Resilience Factors in Couple Healing from Infidelity: A Deductive Qualitative Analysis Study », publié dans Contemporary Family Therapy (2026) sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique, elle n’émane ni des auteurs ni de l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ; la version originale fait foi.
Lire l’article originalComment citer cet article
Fife, S., Bloomberg, A., Swift, S., Cook, E., et Ramos, A. (2026). Les facteurs de résilience dans la guérison du couple après une infidélité : une étude par analyse qualitative déductive (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/les-facteurs-de-resilience-dans-la-guerison-du-couple-apres-une-infidelite (Œuvre originale publiée en 2026 dans Contemporary Family Therapy, 48(3), 478-493 (2026) ; republiée en 2026 par Contemporary Family Therapy, https://link.springer.com/article/10.1007/s10591-026-09785-z)
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