Journal of Child and Family Studies · Thérapie familiale

La thérapie multisystémique auprès des jeunes au fil de la pandémie de COVID-19 en Norvège

Quand la Norvège se confine en mars 2020, la thérapie multisystémique, qui se pratique au domicile des familles, doit se réinventer : téléphone, vidéo, rencontres dans un parc ou de voiture à voiture. À partir des dossiers de 2 021 jeunes, de 2018 à 2021, l’équipe de Katrine Skulberg montre que les résultats d’ensemble tiennent, mais que la fidélité au modèle recule, qu’elle pèse plus que jamais sur les résultats, et que certains sous-groupes, dans le nord du pays notamment, en profitent moins.

Auteurs Katrine Skulberg (département d’éducation spécialisée, université d’Oslo) ; Tony C. A. Tan (Centre de mesure en éducation et Centre de recherche sur l’égalité en éducation, université d’Oslo) ; Dagfinn Mørkrid Thøgersen (Centre norvégien pour le développement comportemental de l’enfant, NCCBD, et Institut norvégien de santé publique) ; Knut Taraldsen (NCCBD) ; Gunnar Bjørnebekk (département d’éducation spécialisée, université d’Oslo, et NCCBD), Oslo, NorvègePremière publication Journal of Child and Family Studies, 8 décembre 2025Traduction Complexe Systémique, traduction non officielle

Traduction française non officielle. Cet article est la traduction de La thérapie multisystémique auprès des jeunes au fil de la pandémie de COVID-19 en Norvège, par Katrine Skulberg, Tony C. A. Tan, Dagfinn Mørkrid Thøgersen, Knut Taraldsen et Gunnar Bjørnebekk, publié dans Journal of Child and Family Studies (Springer) (2026), doi : 10.1007/s10826-025-03222-9, sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par le Complexe Systémique en septembre 2026 : le texte original a été traduit en français et remis en page, ce qui constitue une modification de l’œuvre au sens de la licence. Les tableaux sont présentés sous forme de listes ; les figures restent en anglais, avec des légendes traduites ; les annexes en ligne (tableaux S1 à S3) ne sont pas reprises. Cette traduction n’a été effectuée ni par les auteurs ni par l’éditeur, qui ne répondent ni de son contenu ni d’éventuelles erreurs. La version originale fait foi.

Une forte adhésion à la procédure de la MST paraît donc particulièrement importante en période de turbulences.

Katrine Skulberg, Tony C. A. Tan, Dagfinn Mørkrid Thøgersen, Knut Taraldsen et Gunnar Bjørnebekk

Résumé

De nombreuses études ont montré que la thérapie multisystémique (MST) est un traitement efficace pour les jeunes présentant des troubles des conduites graves. Cette étude vise à examiner dans quelle mesure la MST norvégienne a été affectée par les confinements liés à la COVID-19, et à analyser les facteurs associés aux résultats du traitement avant et pendant la pandémie, selon un plan à groupes de comparaison naturels. Elle porte sur 2 021 jeunes (63,4 % de garçons ; Mâge = 14,83, ÉTâge = 1,60) dont les familles ont été orientées vers la MST pour des troubles des conduites graves et persistants. Les résultats du traitement ont été comparés entre trois groupes temporels : A, entièrement avant la pandémie ; B, en partie avant la pandémie ; C, pendant la pandémie. Le Youth Level of Service/Case Management Inventory (YLS/CMI) et cinq objectifs comportementaux du traitement ont été évalués à l’admission et à la sortie. Les cinq objectifs comportementaux ont en outre été évalués par des entretiens avec les parents 6, 12 et 18 mois après le traitement. Un recul de la fidélité au traitement est apparu après le début de la COVID-19, et certains sous-groupes ont moins bénéficié du traitement. La fidélité au traitement était plus fortement associée aux résultats du traitement après le début de la pandémie. Des modèles de courbes de croissance latente ont montré que les garçons entrés en MST après le début de la pandémie connaissaient des rythmes d’amélioration comportementale plus favorables. Si la plupart des jeunes en MST ont progressé sur le plan comportemental, plusieurs ont vu leurs résultats régresser avec l’installation de la pandémie. D’autres études sont nécessaires pour repérer les facteurs auxquels certains sous-groupes de jeunes sont particulièrement sensibles, afin qu’ils puissent tirer profit de la MST en situation de crise.

Mots-clés : COVID-19, troubles des conduites à l’adolescence, thérapie multisystémique, fidélité au traitement, prédicteurs de l’efficacité du traitement

Points clés

  • Cette étude prolonge les connaissances sur les jeunes en MST en examinant les résultats du traitement pendant la pandémie de COVID-19.
  • Un recul significatif de la fidélité au traitement est apparu après le début de la pandémie.
  • Les prédicteurs associés à l’efficacité de la MST ont changé.
  • La fidélité au traitement était un prédicteur plus fort d’un résultat positif du traitement après le début de la pandémie.

Comme beaucoup d’autres pays, la Norvège a annoncé en mars 2020 un confinement national pour limiter la propagation du virus SARS-CoV-2, ce qui a entraîné de sévères restrictions sociales et plusieurs confinements nationaux au cours des 17 mois suivants. Le confinement national imposait à l’ensemble de la population active, y compris au personnel des services de protection de l’enfance (CWS) et aux thérapeutes de la thérapie multisystémique (MST ; Henggeler et al., 2009), de travailler depuis le domicile et de limiter les contacts sociaux. En outre, les écoles, les activités de loisirs et la plupart des commerces ont fermé, ce qui a encore restreint la vie sociale. Pour les jeunes et les familles en MST, qui faisaient déjà face à des situations très difficiles, ces restrictions ont pu faire peser un risque sérieux sur la qualité et les résultats du traitement.

Le confinement a posé d’importantes difficultés au maintien et à la mise en œuvre des activités thérapeutiques en Norvège (Taraldsen, 2020), notamment en limitant la possibilité, pour les thérapeutes de la MST, de rencontrer les familles en personne. Le format principal de la MST s’en est trouvé gravement perturbé : des séances à domicile, jusqu’à plusieurs fois par semaine, à des moments qui conviennent aux membres de la famille (Henggeler et al., 2009). Pour maintenir la prestation des services, les séances par téléphone et par visioconférence ont été rapidement mises en place comme substituts essentiels, en plus de solutions inventives (par exemple des rencontres sur la terrasse de la famille, dans un parc, ou côte à côte dans deux voitures, vitres baissées ; Taraldsen, 2020), conformément à des recherches antérieures sur les CWS (par exemple Jentsch et Schnock, 2020 ; Krane et al., 2021). La mise en place des visioconférences a toutefois posé certaines difficultés : il a fallu du temps pour installer une solution sécurisée et former les équipes aux outils numériques, et les thérapeutes ont souvent dû aider les familles face aux difficultés techniques (Taraldsen, 2020), une limite fréquente de la visioconférence (par exemple Sibley et al., 2017). Des variations régionales des formats de rencontre sont donc apparues, sous l’effet à la fois de la géographie particulière de la Norvège, dont la forme longue et étroite entraîne des hivers prolongés dans le nord, et de règles de distanciation sociale plus strictes dans le sud du pays, en raison d’une plus forte circulation du virus. D’où la question de savoir si la MST pouvait rester efficace pendant la pandémie de COVID-19, y compris d’une région norvégienne à l’autre. Il est aussi justifié d’examiner les éventuels écarts de fidélité au traitement et leur lien avec les résultats comportementaux des jeunes et avec l’évolution de leur niveau de risque de troubles des conduites futurs, puisqu’une forte adhésion aux principes et aux procédures de la MST, sans doute plus difficile à maintenir pendant le confinement, a été associée à une meilleure réussite du traitement (par exemple Löfholm et al., 2014 ; Schoenwald et al., 2009).

Si les formats de thérapie à distance se sont développés pendant la pandémie, la littérature reste, à notre connaissance, peu abondante et rapporte des résultats contrastés sur l’efficacité de diverses interventions, tant pour les problèmes extériorisés qu’intériorisés (Hagen et al., 2025). Des résultats comparables entre visioconférence et soins en présentiel ont été documentés en santé mentale (Beurs et al., 2022), en art-thérapie (Le Vu et al., 2022) et dans certains traitements des troubles alimentaires (Yaffa et al., 2021), mais une efficacité moindre a aussi été démontrée chez des jeunes présentant un trouble obsessionnel-compulsif (Storch et al., 2021) et chez des jeunes ayant des conduites à risque, comme la consommation de substances, la délinquance et l’activité sexuelle (par exemple initiation précoce, comportements non consentis), ainsi que chez leurs familles (Haggerty et al., 2023). Une recherche récente sur la thérapie familiale fonctionnelle (FFT ; Lange et al., 2023) a observé qu’une combinaison de séances en vidéo et en présentiel était associée à moins d’abandons et à de meilleurs résultats que le seul présentiel. L’équipe de recherche a toutefois observé que les séances par téléphone risquent davantage d’être annulées ou manquées que les séances en présentiel ou en vidéo (Lange et al., 2023). Bien que l’alliance thérapeutique et l’engagement ne soient pas directement évalués dans la présente étude, des recherches antérieures sur la MST (Lange et al., 2022) et la FFT (Lange et al., 2023) ont montré que le passage à la visioconférence n’avait pas compromis l’alliance thérapeutique. Les équipes de FFT ont néanmoins rapporté des difficultés à susciter l’engagement et l’alliance thérapeutique lorsque la visioconférence était utilisée avec les familles (Lange et al., 2023), deux éléments jugés essentiels à de bons résultats thérapeutiques (Cunningham et Henggeler, 1999 ; Flückiger et al., 2020 ; Jethwa et al., 2021). Ces résultats soulignent la nécessité d’examiner si les résultats du traitement ont changé, après le début de la pandémie de COVID-19, pour les jeunes présentant des troubles des conduites et suivis en MST.

Les jeunes ont été touchés de manière disproportionnée par les restrictions liées à la pandémie. Une augmentation des problèmes de santé mentale, comme l’anxiété et la dépression (Samji et al., 2022 ; Thorisdottir et al., 2021 ; von Soest et al., 2022), et des comportements extériorisés a été rapportée, en particulier chez les filles et chez les plus jeunes (von Soest et al., 2022). C’était aussi le cas des personnes présentant des vulnérabilités préexistantes, comme les jeunes ayant des troubles du neurodéveloppement (par exemple un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité [TDAH]), des maladies mentales ou des troubles du comportement (Bera et al., 2022 ; Samji et al., 2022). Si la plupart des jeunes de Norvège ont bien traversé la pandémie, une légère baisse de la qualité de vie a été observée, et beaucoup ont connu davantage de solitude et de symptômes d’anxiété et de dépression (Bakken, 2021). Des études menées dans d’autres contextes ont rapporté une baisse de la délinquance juvénile pour les infractions mineures (Boman et Gallupe, 2020) ainsi que pour les agressions et les infractions liées aux drogues (Revital et Haviv, 2022), mais les jeunes en contact avec la justice des mineurs ont connu une détresse psychologique et des comportements antisociaux accrus (Reid et al., 2022). Une baisse de la délinquance juvénile a aussi été constatée dans le contexte norvégien (Riaz et Stolt-Nielsen, 2021). Ces résultats suggèrent que le profil des jeunes ayant commencé la MST après le début de la pandémie de COVID-19 a changé, ce qui peut avoir des conséquences sur les résultats du traitement et mérite d’être étudié plus avant.

La thérapie multisystémique

La thérapie multisystémique est un programme de traitement intensif, fondé sur la famille et la communauté, destiné aux jeunes de 12 à 18 ans présentant des troubles des conduites graves (Henggeler et al., 2009). La MST repose sur la théorie socio-écologique (Bronfenbrenner, 1979) et traite les facteurs de risque et de protection présents dans les systèmes sociaux où vit le ou la jeune (par exemple la famille, l’école, les pairs et le quartier) (Henggeler et al., 2009). Les équipes de MST se composent d’une personne chargée de la supervision et de trois ou quatre thérapeutes, joignables par les familles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 (Henggeler et al., 2013). Chaque thérapeute suit trois à cinq familles. Le traitement dure habituellement de trois à cinq mois. En Norvège, la MST est mise en œuvre depuis 1999 au sein des CWS, comme alternative au placement en établissement fondée sur un traitement à domicile (Henggeler et al., 2013) ; 24 équipes sont actuellement actives dans le pays. La Norvège prend principalement en charge les jeunes de moins de 18 ans ayant commis des infractions ou présentant des conduites antisociales au sein des CWS plutôt que par la justice des mineurs (Aase et al., 2020 ; Olseth et al., 2024). Un vaste ensemble d’études menées dans différents contextes a documenté l’efficacité de la MST pour les jeunes présentant des troubles des conduites graves. Une méta-analyse de Van der Stouwe et al. (2014) a inclus 22 études (dont 15 essais contrôlés randomisés [ECR], n = 4066 jeunes) et a montré des effets du traitement faibles mais significatifs pour tous les critères de résultat sauf la compétence sociale : la délinquance, le placement hors du domicile (OOHP), qui désigne des cadres comme l’incarcération, la famille d’accueil ou d’autres placements non pénaux, la psychopathologie, la consommation de substances, ainsi que les facteurs familiaux et liés aux pairs. Selon cette méta-analyse, la MST est plus efficace chez les plus jeunes et chez les jeunes n’appartenant pas à une minorité, et son efficacité est comparable selon le genre. À l’inverse, une étude de cohorte longitudinale de Keles et al. (2021 ; N = 1674) a mis en évidence le jeune âge et le genre féminin, mais pas le statut migratoire, comme prédicteurs de trajectoires d’évolution plus positives. Ces différences peuvent s’expliquer par des variations de plan d’étude ou de critères de résultat. Les deux études s’accordent toutefois pour faire du jeune âge un prédicteur constant de bons résultats en MST. Une autre méta-analyse, portant sur 23 ECR totalisant n = 3987 jeunes, a en revanche constaté que les effets de la MST variaient selon les études, les critères de résultat et les temps de mesure (Littell et al., 2021). L’équipe en a conclu que les données probantes étaient de qualité inégale. Cette méta-analyse incluait des résultats portant à la fois sur le modèle MST d’origine, destiné à la délinquance juvénile et aux jeunes présentant des conduites antisociales, et sur des adaptations du programme visant plusieurs troubles et publics. Si ce champ plus large donnait une vue d’ensemble plus inclusive de l’efficacité de la MST, il introduisait aussi une complexité susceptible de brouiller l’interprétation de l’efficacité globale de la MST standard.

La recherche menée dans le contexte scandinave a donné des résultats contrastés. En Norvège, la MST s’est montrée significativement plus efficace que les prises en charge habituelles des CWS (par exemple le placement en établissement, un traitement à domicile ou un suivi et une supervision par le travail social au domicile de la famille) pour réduire les troubles des conduites et prévenir le placement hors du domicile, à la fois en fin de traitement (Ogden et Halliday-Boykins, 2004 ; n = 100 ; ECR) et deux ans après l’admission (Ogden et Hagen, 2006 ; n = 75 ; ECR). Une étude ultérieure de la même équipe, mais selon un plan prétest-post-test, a présenté la MST comme robuste et suffisamment souple pour être efficace pour les deux sexes, même si des différences selon le genre sont apparues pour certains résultats (Ogden et Hagen, 2009 ; n = 117). À l’inverse, un ECR suédois a montré que la MST avait une efficacité comparable à celle des traitements conventionnels, à la fois sept mois (Sundell et al., 2008 ; n = 156) et deux ans après l’orientation (Löfholm et al., 2009 ; n = 156). Il faut noter que ces études suédoises rapportaient une fidélité au traitement plus faible que les évaluations antérieures de la MST, ce qui réduisait leur capacité à détecter des effets du traitement (Sundell et al., 2008). Pour actualiser une littérature vieille de plusieurs décennies, deux études plus récentes ont été menées en Norvège, avec un plan prétest-post-test et des échantillons plus importants. Elles ont rapporté des réductions significatives des facteurs de risque de conduites antisociales et de troubles des conduites futurs (Hukkelberg et al., 2022, 2023). Hukkelberg et al. (2022 ; n = 2018) ont rapporté que cette réduction des troubles des conduites persistait dans le temps, tandis que Hukkelberg et al. (2023 ; n = 2123) ont constaté que le niveau de comportements problématiques avait légèrement augmenté depuis la fin du traitement.

Partant de la nécessité de mieux comprendre comment les restrictions liées à la pandémie peuvent influer sur les résultats des traitements à domicile, cette étude vise à rendre compte de l’impact des confinements liés à la COVID-19 sur les services de MST en Norvège et à examiner les facteurs associés aux résultats du traitement avant et pendant la pandémie. Les résultats devraient mieux faire connaître le fonctionnement des CWS, et de la MST en particulier, en situation de crise, ce qui importe pour garantir le meilleur traitement possible aux jeunes présentant des troubles des conduites graves. Ils pourraient aussi avoir des implications pratiques pour la capacité d’adaptation des services et la préparation aux urgences futures.

La présente étude

À partir des données de suivi systématique des résultats (ROM) recueillies à des fins d’assurance et d’amélioration de la qualité, cette étude visait à examiner les résultats du traitement par la MST, et les facteurs qui les prédisent, au fil de la pandémie de COVID-19. Des données ROM anonymisées ont été extraites d’une base de données clinique pour les familles ayant commencé le traitement entre deux ans avant le début du confinement lié à la COVID-19 en Norvège et environ 17 mois après.

Cette étude prolonge ainsi les recherches antérieures qui évaluaient les résultats de la MST dans des conditions de rencontres en présentiel. Pour évaluer explicitement l’événement que représente l’irruption de la COVID-19, les questions de recherche (QR) suivantes ont été examinées :

  • QR1 : Les caractéristiques des jeunes à l’admission ont-elles changé pendant la COVID-19 ?
  • QR2 : La fidélité des thérapeutes au traitement a-t-elle changé ?
  • QR3 : L’amélioration des résultats comportementaux et la réduction des risques de récidive obtenues par la MST ont-elles changé pendant la pandémie ?
  • QR4 : Quelles variables avaient un pouvoir prédictif pour expliquer les résultats en fin de traitement pendant la pandémie ?
  • QR5 : Quelles variables étaient associées à l’évolution comportementale à long terme des jeunes pendant la pandémie ?

La pandémie de COVID-19 ayant modifié le contexte du traitement, on s’attendait à un recul de la fidélité au traitement, l’adhésion à la procédure de la MST devenant de plus en plus difficile. Cela a pu, à son tour, compromettre l’efficacité de la MST. Pour répondre aux questions de recherche, cette étude est partie de cinq hypothèses :

  • que le public cible de la MST avait changé,
  • que la fidélité des thérapeutes au traitement avait reculé,
  • que les améliorations comportementales observées avec la MST avaient diminué,
  • que les variables prédisant l’amélioration comportementale en fin de traitement avaient changé, et
  • que les variables associées à l’évolution comportementale à long terme des jeunes après l’irruption de la pandémie avaient changé.

Méthode

Échantillon

Des données cliniques anonymisées concernant 2 067 jeunes dont l’admission en MST a eu lieu entre le 13 mars 2018 et le 31 août 2021 ont été mises à disposition par le Centre norvégien pour le développement comportemental de l’enfant (NCCBD). Ce jeu de données contenait des informations sur des jeunes de Norvège et leurs familles, orientées vers le programme MST par les CWS municipaux pour des troubles des conduites graves et persistants. La MST s’adresse aux jeunes de 12 à 17 ans présentant des conduites graves de transgression des règles ou des normes, qui font courir un risque de placement hors du domicile. Des enfants de moins de douze ans peuvent aussi être accueillis dans le programme, en général avec une personne plus âgée de la fratrie qui commence la MST. La MST exclut les jeunes (a) qui vivent sans adulte assumant le rôle de principale figure de soin, (b) qui présentent une affection psychique grave (par exemple idées suicidaires, psychose, ou danger imminent pour soi ou pour autrui), (c) qui ont commis des infractions sexuelles (sans autre conduite délinquante ou antisociale), (d) qui présentent un trouble du spectre de l’autisme modéré à sévère affectant la communication et l’interaction sociales, et (e) dont le comportement à l’origine de l’orientation est directement attribuable à leur niveau de capacité intellectuelle. Au total, 46 dossiers ont été exclus des analyses en raison de données entièrement manquantes à l’admission, soit un taux de perte de 2,23 %. Le jeu de données final comprenait N = 2 021 jeunes de 7 à 18 ans (M = 14,83, ÉT = 1,60), avec une surreprésentation modérée des garçons (63,4 %). La plupart des jeunes n’avaient pas d’origine migratoire (80,2 %), les autres relevant de la première génération d’immigration (10,8 %) ou de la deuxième (9,0 %) (origine migratoire telle que la définit Statistics Norway (2025) : (a) personnes immigrées : personnes nées à l’étranger de deux parents nés à l’étranger et ayant quatre grands-parents nés à l’étranger ; (b) personnes nées en Norvège de parents immigrés (deuxième génération) : personnes nées en Norvège de deux parents nés à l’étranger et ayant en outre quatre grands-parents nés à l’étranger).

Procédures

La saisie des données des jeunes dans la base de données clinique de la MST incombait aux responsables des équipes de MST. Les problèmes de comportement des jeunes et leur niveau de risque de troubles des conduites futurs ont été évalués à l’admission (T0) et à la sortie (T1) pour tous les dossiers. À T0, les données cliniques, dont les informations démographiques, ont été recueillies à partir de l’orientation faite par les CWS, puis vérifiées et complétées lors de l’évaluation initiale de l’équipe de MST. À T1, la situation des jeunes a été évaluée à partir de questionnaires remplis par les familles et des échanges de l’équipe de MST avec la famille. L’équipe de MST a continué à suivre le maintien des acquis comportementaux 6, 12 et 18 mois après le traitement (T2 à T4) pour les jeunes ayant mené le traitement à son terme, au moyen d’entretiens téléphoniques avec les parents. Toutes les personnes responsables d’équipe ont suivi des consignes rigoureuses à chaque temps de mesure, pour garantir la cohérence des mesures.

Approbation éthique et consentement

Les données de cette étude ont été recueillies à des fins d’assurance qualité, dans le cadre de la mission confiée au NUBU par la Direction norvégienne de l’enfance, de la jeunesse et de la famille (Bufdir). Les données ont été dépersonnalisées localement par les équipes de MST lors de leur enregistrement, puis automatiquement et entièrement anonymisées une fois le recueil terminé. Pour les données recueillies avant le 20 juillet 2018, le traitement a été approuvé par l’autorité norvégienne de protection des données (DPA). Après cette date, le règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’Union européenne est entré en vigueur, et le traitement a reposé sur le consentement libre et éclairé des familles. Les comités régionaux norvégiens d’éthique de la recherche médicale et en santé (REK) ont estimé que le projet ne relevait pas de la loi norvégienne sur l’éthique de la recherche et la recherche médicale (réf. 2017/478/REK Sud-Est). Cette étude fait partie d’un projet enregistré auprès de l’Agence norvégienne des services partagés pour l’éducation et la recherche (SIKT, réf. no 747969).

Mesures

Mesures comportementales

Le traitement par la MST en Norvège poursuit cinq grands objectifs comportementaux : le ou la jeune (1) vit à la maison (c’est-à-dire ne fait l’objet ni d’une détention ni d’un placement hors du domicile par les CWS), (2) va à l’école ou travaille (au moins à 50 %), (3) respecte la loi (c’est-à-dire ne subit aucune conséquence formelle à la suite d’infractions ou de délits), (4) ne consomme pas de drogues (c’est-à-dire pas de consommation qui affecte le fonctionnement quotidien ou entraîne d’autres conséquences graves), et (5) s’abstient de violence et de menaces de violence. Chaque objectif comportemental a reçu un codage binaire : 1 si l’objectif est atteint, 0 s’il ne l’est pas. Pour les besoins de l’analyse, ces cinq objectifs comportementaux ont été agrégés en une mesure continue allant de 0 à 5, un score plus élevé indiquant un comportement plus souhaitable, applicable à l’admission, à la sortie et à chaque temps de suivi.

Mesures du risque

Le risque de troubles des conduites futurs a été mesuré par le Youth Level of Service/Case Management Inventory, partie I (YLS/CMI ; Hoge et Andrews, 2011). Le YLS/CMI comprend 42 items dichotomiques (présent = 1 / absent = 0) répartis en huit sous-échelles. La première sous-échelle (infractions et décisions antérieures ou actuelles) mesure le risque statique, tandis que les sept autres (situation familiale et parentalité, scolarité et emploi, relations avec les pairs, consommation de substances, loisirs, personnalité et comportement, attitudes et orientation) reflètent des facteurs de risque modifiables ou dynamiques (Andrews et Bonta, 2010). Parmi les exemples d’items figurent « supervision insuffisante », « quelques amis délinquants » et « attitudes antisociales ou favorables à la délinquance ». Cette étude a utilisé le score total de ces huit sous-échelles comme mesure du risque de récidive, le niveau de risque augmentant avec le score au YLS/CMI. La version en langue locale du YLS/CMI a été traduite par une équipe de recherche norvégienne, puis rétrotraduite pour approbation par Multi Health Systems Inc. (Jakobsen et Kornør, 2017). Hukkelberg et al. (2022) ont rapporté des cohérences internes de α = 0,55 à l’admission et α = 0,71 à la sortie, et Hukkelberg et al. (2023) des cohérences de α = 0,56 et 0,71 respectivement.

Covariables

La Norvège a connu des variations régionales pendant la pandémie de COVID-19. Les exigences de distanciation sociale différaient selon les régions. En outre, les stratégies de riposte à la COVID-19 adaptées au sud de la Norvège ne se transposaient pas facilement dans la pratique clinique du reste du pays, en raison de facteurs comme les différences de zones climatiques et de besoins de formation. Nous avons donc divisé la Norvège en trois régions : NORTH (le nord), MID (le centre) et le reste de la Norvège, cette dernière servant de région de référence.

Outre l’âge (en années) et le sexe (0 pour masculin ; 1 pour féminin), cette étude a intégré l’origine migratoire des jeunes (telle que définie plus haut) dans leur profil démographique. Deux variables binaires ont été introduites pour indiquer respectivement les jeunes de première génération d’immigration (IMMI1 = 1 ; IMMI2 = 0) et les jeunes de deuxième génération (IMMI1 = 0 ; IMMI2 = 1), les jeunes d’origine norvégienne (IMMI1 = 0 ; IMMI2 = 0) servant de groupe de référence.

Il a aussi été noté si les jeunes vivaient en famille d’accueil, avaient reçu ou recevaient des soins de santé mentale, ou avaient quitté un placement en établissement pour recevoir la MST (oui = 1 ; non = 0). Le fait d’avoir déjà reçu des traitements fondés sur des données probantes pour des troubles des conduites (par exemple MST, FFT, Parent Management Training – Oregon [PMTO]) a aussi été coté oui (1) ou non (0).

L’évaluation continue favorise la détection et la résolution des problèmes de fidélité au programme et de résultats du traitement (Henggeler et al., 2009). La conformité des thérapeutes à la procédure faisait l’objet d’un contrôle mensuel au moyen de la Therapist Adherence Measure – Revised (TAM-R ; Henggeler et al., 2006), un questionnaire de 28 items sur des échelles de Likert en 5 points allant de pas du tout (1) à tout à fait (5). Un score TAM-R total était calculé en divisant le nombre d’items cotés tout à fait par le nombre total d’items renseignés, ce qui donne un score de 0 à 1. La pratique d’une ou d’un thérapeute est considérée comme conforme à partir d’un score TAM-R de 0,61 (Henggeler et al., 2006).

Résultat du traitement

Deux scores ont été calculés comme mesures concordantes des résultats du traitement. L’amélioration comportementale a été obtenue en soustrayant l’indicateur de problèmes de comportement avant le traitement de celui mesuré après le traitement. Le score de réduction du risque a été obtenu, lui, en soustrayant le niveau de risque après le traitement du niveau avant le traitement. Une description détaillée de toutes les variables utilisées dans cette étude figure dans le tableau supplémentaire en ligne S1.

Constitution des groupes

Pour créer des groupes de comparaison pertinents, l’échantillon a été divisé en trois groupes à partir du confinement national norvégien du 12 mars 2020 :

  • Groupe A : début de la MST entre le 13 mars 2018 et le 12 mars 2019 ; la COVID-19 n’a eu aucun impact sur les membres de ce groupe, ni pendant la phase de traitement ni pendant la phase de maintien.
  • Groupe B : début de la MST entre le 13 mars 2019 et le 12 mars 2020 ; si la COVID-19 n’a pas affecté le traitement de ce groupe, elle a interféré avec sa période de maintien.
  • Groupe C : début de la MST entre le 13 mars 2020 et le 31 août 2021. Les membres de ce groupe ont connu des perturbations de la MST pendant la phase de traitement comme pendant la phase de maintien.

Analyses statistiques

Nous avons mené des ANOVA à un facteur avec R (version 4.2.3) pour répondre aux première et deuxième questions de recherche, sur les différences de caractéristiques à l’admission et de fidélité des thérapeutes au traitement entre les trois groupes. Nous avons ensuite étudié les distributions de fréquence de l’amélioration comportementale et de la réduction du risque, retenues comme résultats de la MST dans la question de recherche 3. Pour les deux dernières questions de recherche, nous avons utilisé l’estimateur du maximum de vraisemblance restreint (MLR) de Mplus 8.10, pour sa robustesse face à la non-normalité et à la non-indépendance des observations (Muthén et Muthén, 2017).

Analyse de régression

Pour la question de recherche 4, nous avons examiné la prédiction des résultats du traitement en prenant comme variable de résultat l’évolution des objectifs comportementaux des jeunes (ΔBHV). Nous avons en outre isolé le pouvoir prédictif marginal de chaque covariable à l’aide du modèle de régression suivant :

ΔBHV = β0 + β1MID + β2NORTH + β3AGE + β4FEMALE + β5IMMI1 + β6IMMI2 + β7TAMR + β8PRIOR + β9INSTI + β10FOSTER + β11PSYC + ε (1)

Le second modèle de régression a examiné la relation entre la réduction du risque (ΔRSK) et des covariables semblables à celles de l’éq. (1) :

ΔRSK = γ0 + γ1MID + γ2NORTH + γ3AGE + γ4FEMALE + γ5IMMI1 + γ6IMMI2 + γ7TAMR + γ8PRIOR + γ9INSTI + γ10FOSTER + γ11PSYC + ε (2)

Modélisation des courbes de croissance

Pour la question de recherche 5, nous avons appliqué des modèles de courbes de croissance latente (LGM ; Bollen et Curran, 2006) pour étudier les variables associées à l’évolution comportementale à long terme des jeunes, une approche largement utilisée pour analyser les changements dans le temps (Geiser et al., 2013). En plus des covariables communes aux éq. (1) et (2), l’évolution du niveau de risque (ΔRSK) a aussi été ajoutée aux LGM comme variable explicative. Toutes les constantes des LGM ont reçu des saturations factorielles de 1, tandis que la pente avait pour saturations factorielles les temps de mesure T0 à T4. Les saturations factorielles des covariables ont été estimées librement au moyen de l’estimateur du maximum de vraisemblance restreint de Mplus.

Données manquantes

Si tous les dossiers étaient complets à l’admission, des données manquantes sont apparues dès la sortie, car toutes les familles n’ont pas mené le traitement à son terme, faute d’alliance thérapeutique, en raison d’un placement hors du domicile ou pour d’autres causes extérieures (par exemple une maladie, un déménagement de la famille hors du secteur de l’équipe). Le taux de données manquantes a atteint 50,22 % au suivi à 18 mois, car, pour des raisons éthiques, les données de suivi n’étaient recueillies que pour les jeunes ayant mené le traitement à son terme. En outre, les scores TAM-R n’étaient pas disponibles pour 22,96 % des dossiers (464) en raison des restrictions du règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’Union européenne. Au total, 1 276 dossiers sur 2 021 (63,14 %) comportaient des données manquantes à divers degrés. La procédure d’imputation multiple (IM) intégrée à Mplus a servi à créer dix jeux de données imputés. L’IM est considérée comme la meilleure pratique pour traiter les données manquantes, car elle améliore la puissance et la précision statistiques par rapport à d’autres techniques (van Buuren, 2018). Les paramètres des modèles ont été estimés séparément sur chaque jeu de données imputé, puis regroupés selon les règles de Rubin (Rubin, 1987).

Résultats

Caractéristiques des jeunes à l’admission

Tableau 1 — Statistiques descriptives par groupe

Variables de résultat

  • BHV0. Groupe A : N = 569, données manquantes 0,00 %, M = 2,72, ÉT = 1,04 ; Groupe B : N = 620, données manquantes 0,00 %, M = 2,45, ÉT = 1,10 ; Groupe C : N = 832, données manquantes 0,00 %, M = 2,27, ÉT = 1,10 ; ANOVA : F(2, 2018) = 29,14, p < 0,001***, η2 = 0,030.
  • BHV1. Groupe A : N = 567, données manquantes 0,35 %, M = 4,49, ÉT = 1,06 ; Groupe B : N = 616, données manquantes 0,65 %, M = 4,32, ÉT = 1,17 ; Groupe C : N = 825, données manquantes 0,84 %, M = 4,23, ÉT = 1,25.
  • BHV6. Groupe A : N = 393, données manquantes 30,93 %, M = 4,45, ÉT = 1,02 ; Groupe B : N = 400, données manquantes 35,48 %, M = 4,46, ÉT = 0,91 ; Groupe C : N = 501, données manquantes 39,78 %, M = 4,48, ÉT = 0,92.
  • BHV12. Groupe A : N = 362, données manquantes 36,38 %, M = 4,53, ÉT = 0,90 ; Groupe B : N = 355, données manquantes 42,74 %, M = 4,50, ÉT = 0,95 ; Groupe C : N = 467, données manquantes 43,87 %, M = 4,49, ÉT = 0,99.
  • BHV18. Groupe A : N = 309, données manquantes 45,69 %, M = 4,58, ÉT = 0,96 ; Groupe B : N = 316, données manquantes 49,03 %, M = 4,56, ÉT = 0,96 ; Groupe C : N = 381, données manquantes 54,21 %, M = 4,55, ÉT = 0,84.
  • RSK0. Groupe A : N = 569, données manquantes 0,00 %, M = 18,57, ÉT = 4,37 ; Groupe B : N = 620, données manquantes 0,00 %, M = 18,49, ÉT = 4,84 ; Groupe C : N = 832, données manquantes 0,00 %, M = 18,75, ÉT = 5,21 ; ANOVA : F(2, 2018) = 0,56, p = 0,573, η2 = 0,001.
  • RSK1. Groupe A : N = 567, données manquantes 0,35 %, M = 8,83, ÉT = 6,04 ; Groupe B : N = 607, données manquantes 2,10 %, M = 9,01, ÉT = 6,31 ; Groupe C : N = 822, données manquantes 1,20 %, M = 8,86, ÉT = 6,92.

Covariables

  • MID. Groupe A : N = 569, données manquantes 0,00 %, M = 0,20, ÉT = 0,40 ; Groupe B : N = 620, données manquantes 0,00 %, M = 0,16, ÉT = 0,37 ; Groupe C : N = 832, données manquantes 0,00 %, M = 0,14, ÉT = 0,35 ; ANOVA : F(2, 2018) = 4,04, p = 0,018*, η2 = 0,004.
  • NORTH. Groupe A : N = 569, données manquantes 0,00 %, M = 0,10, ÉT = 0,30 ; Groupe B : N = 620, données manquantes 0,00 %, M = 0,09, ÉT = 0,28 ; Groupe C : N = 832, données manquantes 0,00 %, M = 0,07, ÉT = 0,26 ; ANOVA : F(2, 2018) = 1,25, p = 0,288, η2 = 0,001.
  • AGE. Groupe A : N = 569, données manquantes 0,00 %, M = 12,85, ÉT = 0,97 ; Groupe B : N = 620, données manquantes 0,00 %, M = 14,23, ÉT = 0,88 ; Groupe C : N = 832, données manquantes 0,00 %, M = 15,42, ÉT = 1,52 ; ANOVA : F(2, 2018) = 774,46, p < 0,001***, η2 = 0,430.
  • FEMALE. Groupe A : N = 569, données manquantes 0,00 %, M = 0,33, ÉT = 0,47 ; Groupe B : N = 620, données manquantes 0,00 %, M = 0,41, ÉT = 0,49 ; Groupe C : N = 832, données manquantes 0,00 %, M = 0,36, ÉT = 0,48 ; ANOVA : F(2, 2018) = 4,14, p = 0,016*, η2 = 0,004.
  • IMMI1. Groupe A : N = 569, données manquantes 0,00 %, M = 0,07, ÉT = 0,26 ; Groupe B : N = 620, données manquantes 0,00 %, M = 0,11, ÉT = 0,31 ; Groupe C : N = 832, données manquantes 0,00 %, M = 0,13, ÉT = 0,34 ; ANOVA : F(2, 2018) = 6,78, p = 0,001**, η2 = 0,007.
  • IMMI2. Groupe A : N = 569, données manquantes 0,00 %, M = 0,10, ÉT = 0,31 ; Groupe B : N = 620, données manquantes 0,00 %, M = 0,09, ÉT = 0,28 ; Groupe C : N = 832, données manquantes 0,00 %, M = 0,08, ÉT = 0,28 ; ANOVA : F(2, 2018) = 0,90, p = 0,406, η2 = 0,000.
  • TAMR. Groupe A : N = 469, données manquantes 17,57 %, M = 0,78, ÉT = 0,22 ; Groupe B : N = 483, données manquantes 22,10 %, M = 0,77, ÉT = 0,22 ; Groupe C : N = 605, données manquantes 27,28 %, M = 0,75, ÉT = 0,24 ; ANOVA : F(2, 1554) = 3,05, p = 0,048*, η2 = 0,004.
  • PRIOR. Groupe A : N = 569, données manquantes 0,00 %, M = 0,19, ÉT = 0,40 ; Groupe B : N = 620, données manquantes 0,00 %, M = 0,18, ÉT = 0,39 ; Groupe C : N = 832, données manquantes 0,00 %, M = 0,21, ÉT = 0,41 ; ANOVA : F(2, 2018) = 0,75, p = 0,473, η2 = 0,001.
  • INSTI. Groupe A : N = 569, données manquantes 0,00 %, M = 0,10, ÉT = 0,30 ; Groupe B : N = 620, données manquantes 0,00 %, M = 0,14, ÉT = 0,35 ; Groupe C : N = 832, données manquantes 0,00 %, M = 0,20, ÉT = 0,40 ; ANOVA : F(2, 2018) = 13,45, p < 0,001***, η2 = 0,010.
  • FOSTER. Groupe A : N = 569, données manquantes 0,00 %, M = 0,06, ÉT = 0,24 ; Groupe B : N = 620, données manquantes 0,00 %, M = 0,08, ÉT = 0,28 ; Groupe C : N = 832, données manquantes 0,00 %, M = 0,10, ÉT = 0,30 ; ANOVA : F(2, 2018) = 2,86, p = 0,058, η2 = 0,003.
  • PSYC. Groupe A : N = 569, données manquantes 0,00 %, M = 0,64, ÉT = 0,48 ; Groupe B : N = 620, données manquantes 0,00 %, M = 0,65, ÉT = 0,48 ; Groupe C : N = 832, données manquantes 0,00 %, M = 0,63, ÉT = 0,48 ; ANOVA : F(2, 2018) = 0,32, p = 0,729, η2 = 0,000.

Mesures des résultats de la MST

  • ΔBHV. Groupe A : N = 567, données manquantes 0,35 %, M = 1,77, ÉT = 1,29 ; Groupe B : N = 616, données manquantes 0,65 %, M = 1,87, ÉT = 1,33 ; Groupe C : N = 825, données manquantes 0,84 %, M = 1,98, ÉT = 1,39.
  • ΔRSK. Groupe A : N = 567, données manquantes 0,35 %, M = 9,73, ÉT = 5,50 ; Groupe B : N = 607, données manquantes 2,10 %, M = 9,53, ÉT = 5,62 ; Groupe C : N = 822, données manquantes 1,20 %, M = 9,90, ÉT = 6,12.

Note. Ce tableau résume les statistiques descriptives de toutes les variables utilisées dans l’étude. Taille totale de l’échantillon : 569 + 620 + 832 = 2 021. Les données manquantes sont exprimées en pourcentage de l’effectif de chaque groupe. Les différences entre groupes à l’admission T0 pour certaines variables sont comparées par ANOVA à un facteur, avec des tailles d’effet mesurées par η2. Les variables de résultat désignent les mesures comportementales et de risque de la MST. Les variables comportementales sont mesurées à l’admission (BHV0), à la sortie (BHV1) et aux suivis à 6, 12 et 18 mois (BHV6, BHV12 et BHV18). Le risque est mesuré à l’admission (RSK0) et à la sortie (RSK1). Les covariables renseignent la situation géographique (les variables indicatrices MID et NORTH désignent respectivement le centre et le nord de la Norvège) et les caractéristiques démographiques (âge, genre et origine migratoire). Fidélité des thérapeutes aux protocoles de traitement (TAMR) ; traitement reçu avant la MST (PRIOR) ; provenance d’une famille d’accueil, de soins psychologiques ou d’un établissement (respectivement FOSTER, PSYCH et INSTI). Les mesures de résultat de la MST sont l’amélioration comportementale (ΔBHV = BHV1 – BHV0) et la réduction du risque (ΔRSK = RSK0 – RSK1) entre l’admission et la sortie. *p < 0,05. **p < 0,01. ***p < 0,001.

Le tableau 1 présente les statistiques descriptives des trois sous-groupes. Les corrélations entre chaque paire de variables figurent dans le tableau supplémentaire en ligne S2. Les différences entre groupes pour les variables à l’admission T0 ont été étudiées par ANOVA à un facteur. La gravité des problèmes de comportement des jeunes différait entre les trois groupes (F2,2018 = 29,14, p < 0,001, η2 = 0,030), avec une charge de problèmes plus élevée à l’admission pendant la COVID (groupe C). En outre, le groupe admis pendant la pandémie présentait un âge moyen plus élevé (F2,2018 = 774,46, p < 0,001, η2 = 0,430), une proportion plus élevée de jeunes de première génération d’immigration (F2,2018 = 6,78, p = 0,001, η2 = 0,007) et davantage de jeunes venant d’un placement en établissement (F2,2018 = 13,45, p < 0,001, η2 = 0,010). Si l’ANOVA a mis en évidence des différences significatives dans le pourcentage de filles entre les trois groupes (F2,2018 = 4,14, p = 0,016, η2 = 0,004), cette différence semblait ponctuelle et sans lien avec la COVID, les proportions les plus faibles apparaissant avant et pendant la COVID-19 (groupe A et groupe C respectivement). Sur le plan géographique, les admissions de jeunes en traitement ont été moins nombreuses après l’irruption de la COVID-19 dans le centre de la Norvège que dans les autres régions du pays (F2,2018 = 4,04, p = 0,018, η2 = 0,004).

La fidélité des thérapeutes au traitement

Nous avons observé un recul significatif de la fidélité au traitement dans le groupe admis pendant la pandémie (F2,1554 = 3,05, p = 0,048, η2 = 0,004).

Les résultats de la MST après l’irruption de la pandémie

Histogrammes de la distribution de l’amélioration comportementale (ΔBHV) et de la réduction du risque (ΔRSK) dans les groupes A, B et C
Figure 1. Distribution des résultats de la MST. Note. Ces histogrammes résument les distributions de fréquence de l’amélioration comportementale (ΔBHV) et de la réduction du risque (ΔRSK), deux indicateurs des résultats de la MST. Les mêmes informations ont été présentées sous forme de tableau pour faciliter la comparaison des pourcentages (schéma original en anglais)

L’évolution des résultats du traitement par la MST a été étudiée à partir de la distribution de l’amélioration comportementale et de la réduction du risque chez les jeunes. La figure 1 montre qu’environ 83 % et 90 % des jeunes des trois groupes ont connu respectivement une amélioration de leur comportement et une réduction de leur niveau de risque. Malgré un léger recul de l’amélioration du niveau de risque chez les jeunes ayant commencé le traitement après l’irruption de la COVID-19, ces résultats suggèrent que les résultats observés en MST étaient pour l’essentiel semblables avant et pendant la pandémie. Le tableau 1 suggère aussi une tendance à la hausse de la quantité de données manquantes pour les variables de résultat d’un groupe à l’autre. Par exemple, avant la pandémie (groupe A), 0,35 % de l’échantillon présentait des valeurs manquantes pour les mesures comportementales à la sortie (BHV1). Ce pourcentage passait à 0,65 et 0,84 pour les groupes B et C respectivement. Pour la période de suivi, les pourcentages de données manquantes du groupe A aux suivis comportementaux à 6, 12 et 18 mois étaient respectivement de 30,93, 36,38 et 45,69 %. Une tendance semblable a été observée pour les groupes B et C, mais il semble que moins de familles participent aux entretiens téléphoniques après la fin du traitement depuis l’irruption de la COVID.

Les prédicteurs des résultats en fin de traitement

La multicolinéarité entre variables prédictives des modèles 1 et 2 ne semblait pas poser de problème majeur, compte tenu de la faible corrélation entre covariables (voir le tableau S2). Les corrélations des résultats comportementaux restaient stables à des niveaux modérés à élevés, ce qui indique que les différences interindividuelles des variables de résultat étaient stables dans le temps.

Tableau 2 — Analyses de régression par groupe

Panel A : amélioration comportementale (ΔBHV)

  • (Constante), β0. Groupe A : 0,759 (ET 0,622 ; IC à 95 % [−0,460 ; 1,978]) ; Groupe B : 0,385 (ET 0,544 ; IC à 95 % [−0,681 ; 1,451]) ; Groupe C : 0,904** (ET 0,300 ; IC à 95 % [0,316 ; 1,492]).
  • MID, β1. Groupe A : 0,092* (ET 0,041 ; IC à 95 % [0,012 ; 0,172]) ; Groupe B : 0,069 (ET 0,042 ; IC à 95 % [−0,013 ; 0,151]) ; Groupe C : 0,046 (ET 0,034 ; IC à 95 % [−0,021 ; 0,113]).
  • NORTH, β2. Groupe A : 0,047 (ET 0,046 ; IC à 95 % [−0,043 ; 0,137]) ; Groupe B : −0,004 (ET 0,042 ; IC à 95 % [−0,086 ; 0,078]) ; Groupe C : −0,087* (ET 0,034 ; IC à 95 % [−0,154 ; −0,020]).
  • AGE, β3. Groupe A : 0,039 (ET 0,044 ; IC à 95 % [−0,047 ; 0,124]) ; Groupe B : 0,063* (ET 0,031 ; IC à 95 % [0,002 ; 0,124]) ; Groupe C : 0,003 (ET 0,026 ; IC à 95 % [−0,048 ; 0,054]).
  • FEMALE, β4. Groupe A : 0,010 (ET 0,044 ; IC à 95 % [−0,076 ; 0,096]) ; Groupe B : 0,074 (ET 0,042 ; IC à 95 % [−0,008 ; 0,156]) ; Groupe C : −0,081* (ET 0,034 ; IC à 95 % [−0,148 ; −0,014]).
  • IMMI1, β5. Groupe A : −0,087 (ET 0,051 ; IC à 95 % [−0,187 ; 0,013]) ; Groupe B : 0,017 (ET 0,042 ; IC à 95 % [−0,065 ; 0,099]) ; Groupe C : −0,022 (ET 0,037 ; IC à 95 % [−0,095 ; 0,051]).
  • IMMI2, β6. Groupe A : −0,005 (ET 0,043 ; IC à 95 % [−0,089 ; 0,079]) ; Groupe B : −0,027 (ET 0,044 ; IC à 95 % [−0,113 ; 0,059]) ; Groupe C : 0,030 (ET 0,035 ; IC à 95 % [−0,039 ; 0,099]).
  • TAMR, β7. Groupe A : 0,030 (ET 0,049 ; IC à 95 % [−0,066 ; 0,126]) ; Groupe B : 0,040 (ET 0,048 ; IC à 95 % [−0,054 ; 0,134]) ; Groupe C : 0,156*** (ET 0,045 ; IC à 95 % [0,068 ; 0,244]).
  • PRIOR, β8. Groupe A : −0,039 (ET 0,040 ; IC à 95 % [−0,117 ; 0,039]) ; Groupe B : −0,061 (ET 0,040 ; IC à 95 % [−0,139 ; 0,017]) ; Groupe C : −0,053 (ET 0,035 ; IC à 95 % [−0,122 ; 0,016]).
  • INSTI, β9. Groupe A : 0,047 (ET 0,053 ; IC à 95 % [−0,057 ; 0,151]) ; Groupe B : 0,032 (ET 0,042 ; IC à 95 % [−0,050 ; 0,114]) ; Groupe C : 0,105** (ET 0,038 ; IC à 95 % [0,031 ; 0,179]).
  • FOSTER, β10. Groupe A : −0,007 (ET 0,048 ; IC à 95 % [−0,101 ; 0,087]) ; Groupe B : −0,119* (ET 0,044 ; IC à 95 % [−0,205 ; −0,033]) ; Groupe C : −0,002 (ET 0,035 ; IC à 95 % [−0,071 ; 0,067]).
  • PSYC, β11. Groupe A : −0,030 (ET 0,043 ; IC à 95 % [−0,114 ; 0,054]) ; Groupe B : −0,036* (ET 0,045 ; IC à 95 % [−0,124 ; 0,052]) ; Groupe C : −0,029 (ET 0,035 ; IC à 95 % [−0,098 ; 0,040]).
  • Significativité du modèle. Groupe A : R2 = 0,025, f2 = 0,026 ; Groupe B : R2 = 0,036, f2 = 0,037 ; Groupe C : R2 = 0,057, f2 = 0,060.

Panel B : réduction du risque (ΔRSK)

  • (Constante), γ0. Groupe A : 2,007** (ET 0,597 ; IC à 95 % [0,837 ; 3,177]) ; Groupe B : 1,733** (ET 0,595 ; IC à 95 % [0,567 ; 2,899]) ; Groupe C : 1,918*** (ET 0,338 ; IC à 95 % [1,256 ; 2,580]).
  • MID, γ1. Groupe A : −0,098** (ET 0,036 ; IC à 95 % [−0,169 ; −0,027]) ; Groupe B : −0,091** (ET 0,035 ; IC à 95 % [−0,160 ; −0,022]) ; Groupe C : −0,081** (ET 0,030 ; IC à 95 % [−0,140 ; −0,022]).
  • NORTH, γ2. Groupe A : −0,042 (ET 0,038 ; IC à 95 % [−0,116 ; 0,032]) ; Groupe B : −0,091* (ET 0,038 ; IC à 95 % [−0,165 ; −0,017]) ; Groupe C : −0,082* (ET 0,033 ; IC à 95 % [−0,147 ; −0,017]).
  • AGE, γ3. Groupe A : −0,053 (ET 0,041 ; IC à 95 % [−0,133 ; 0,027]) ; Groupe B : −0,017* (ET 0,035 ; IC à 95 % [−0,086 ; 0,052]) ; Groupe C : −0,064* (ET 0,032 ; IC à 95 % [−0,127 ; −0,001]).
  • FEMALE, γ4. Groupe A : −0,039 (ET 0,044 ; IC à 95 % [−0,125 ; 0,047]) ; Groupe B : −0,010 (ET 0,041 ; IC à 95 % [−0,090 ; 0,070]) ; Groupe C : −0,058 (ET 0,035 ; IC à 95 % [−0,127 ; 0,011]).
  • IMMI1, γ5. Groupe A : 0,084 (ET 0,054 ; IC à 95 % [−0,022 ; 0,190]) ; Groupe B : 0,029 (ET 0,042 ; IC à 95 % [−0,053 ; 0,111]) ; Groupe C : −0,075* (ET 0,035 ; IC à 95 % [−0,144 ; −0,006]).
  • IMMI2, γ6. Groupe A : −0,033 (ET 0,044 ; IC à 95 % [−0,119 ; 0,053]) ; Groupe B : −0,040 (ET 0,045 ; IC à 95 % [−0,128 ; 0,048]) ; Groupe C : −0,038 (ET 0,033 ; IC à 95 % [−0,103 ; 0,027]).
  • TAMR, γ7. Groupe A : 0,191*** (ET 0,045 ; IC à 95 % [0,103 ; 0,279]) ; Groupe B : 0,126** (ET 0,048 ; IC à 95 % [0,032 ; 0,220]) ; Groupe C : 0,210*** (ET 0,039 ; IC à 95 % [0,134 ; 0,286]).
  • PRIOR, γ8. Groupe A : 0,002 (ET 0,040 ; IC à 95 % [−0,076 ; 0,080]) ; Groupe B : −0,011 (ET 0,039 ; IC à 95 % [−0,087 ; 0,065]) ; Groupe C : −0,053 (ET 0,034 ; IC à 95 % [−0,120 ; 0,014]).
  • INSTI, γ9. Groupe A : −0,021 (ET 0,054 ; IC à 95 % [−0,127 ; 0,085]) ; Groupe B : −0,072 (ET 0,039 ; IC à 95 % [−0,148 ; 0,004]) ; Groupe C : −0,062 (ET 0,038 ; IC à 95 % [−0,136 ; 0,012]).
  • FOSTER, γ10. Groupe A : −0,015 (ET 0,038 ; IC à 95 % [−0,089 ; 0,059]) ; Groupe B : −0,062 (ET 0,038 ; IC à 95 % [−0,136 ; 0,012]) ; Groupe C : −0,031 (ET 0,033 ; IC à 95 % [−0,096 ; 0,034]).
  • PSYC, γ11. Groupe A : −0,055 (ET 0,042 ; IC à 95 % [−0,137 ; 0,027]) ; Groupe B : −0,055 (ET 0,043 ; IC à 95 % [−0,139 ; 0,029]) ; Groupe C : −0,072* (ET 0,035 ; IC à 95 % [−0,141 ; −0,003]).
  • Significativité du modèle. Groupe A : R2 = 0,056, f2 = 0,059 ; Groupe B : R2 = 0,045, f2 = 0,047 ; Groupe C : R2 = 0,078, f2 = 0,085.

Note. Ces tableaux résument les coefficients standardisés des modèles de régression. Les paramètres associés à l’amélioration comportementale (ΔBHV, éq. 1) figurent dans le panel A, ceux associés à la réduction du risque (ΔRSK, éq. 2) dans le panel B. Chaque résultat est présenté dans l’ordre : estimation ponctuelle, étoile de significativité, erreur type et intervalle de confiance à 95 %. Toutes les estimations sont regroupées sur dix jeux de données issus de l’imputation multiple, selon les règles de Rubin. La significativité des modèles est mesurée par le coefficient de détermination R2 et par la taille d’effet de Cohen f2. Les constantes mesurent l’amélioration comportementale et la réduction du risque lorsque toutes les autres variables valent zéro, c’est-à-dire pour des jeunes du sud de la Norvège, de sexe masculin, nés en Norvège, recevant la MST pour la première fois et n’ayant connu ni famille d’accueil, ni soins psychologiques, ni placement en établissement. *p < 0,05. **p < 0,01. ***p < 0,001.

Le tableau 2 résume les résultats standardisés des régressions reliant les mesures de résultat de la MST (amélioration comportementale ΔBHV et réduction du risque ΔRSK) aux prédicteurs. Les régresseurs expliquaient une plus grande part de la variance dans le groupe admis pendant la COVID que dans le groupe antérieur (de R2 = 0,025 à R2 = 0,057 du groupe A au groupe C pour l’amélioration comportementale ; de R2 = 0,056 à R2 = 0,078 pour la réduction du risque). Les analyses post hoc avec ajustement de Tukey pour comparaisons multiples figurent dans le tableau supplémentaire en ligne S3.

Les résultats de la MST en matière de réduction du risque et d’amélioration comportementale différaient selon les régions. Les jeunes ayant commencé le traitement dans le nord de la Norvège après le début de la pandémie tendaient à connaître une évolution plus faible, à la fois du résultat comportemental (β2C = −0,087, p = 0,011) et du niveau de risque (γ2C = −0,082, p = 0,012), que les jeunes vivant dans le sud de la Norvège. Dans le centre de la Norvège, les jeunes ont connu une amélioration comportementale comparable pendant la COVID (groupe C), mais une évolution comportementale plus favorable dans le groupe d’avant la COVID (β1A = 0,092, p = 0,023) que les jeunes du même âge du sud de la Norvège. La réduction du risque dans le centre de la Norvège avant (γ1A = −0,098, p = 0,006) et pendant (γ1C = −0,081, p = 0,007) la pandémie était toutefois plus faible que dans le sud de la Norvège.

Les résultats de la MST différaient aussi selon le profil démographique des jeunes après le début de la pandémie. Les filles semblaient connaître une amélioration comportementale plus faible dans ce groupe (β4C = −0,081, p = 0,017) ; par ailleurs, le genre ne semblait prédire ni l’évolution du résultat ni celle du niveau de risque. Les jeunes d’âge plus avancé (γ3C = −0,064, p = 0,043) et les jeunes de première génération d’immigration (γ5C = −0,075, p = 0,031) ayant commencé la MST après le début de la pandémie semblaient avoir obtenu des résultats moins favorables en matière d’évolution du niveau de risque. D’après les deux modèles, la fidélité au traitement après l’irruption de la COVID-19 était le plus fort prédicteur de l’amélioration comportementale (β7C = 0,156, p < 0,001) et de la réduction du risque (γ7C = 0,210, p < 0,001) respectivement. La fidélité au traitement prédisait aussi significativement la mesure du risque avant la pandémie, avec toutefois des coefficients plus faibles (γ7 = 0,191/0,126, p < 0,001/= 0,009 pour les groupes A et B respectivement). Enfin, les jeunes ayant déjà reçu des soins de santé mentale ont connu une réduction du risque plus favorable s’ils avaient commencé le traitement pendant la pandémie (γ11C = −0,072, p = 0,038).

Les variables associées à l’évolution comportementale à long terme

Diagramme des modèles de courbes de croissance latente : constante et pente de l’évolution comportementale, reliées aux covariables, avec les coefficients des groupes A, B et C
Figure 2. Modèles de courbes de croissance latente de l’évolution comportementale à long terme en MST. Note. Ces modèles évaluent les variables associées à l’évolution comportementale à long terme en MST au fil de la pandémie de COVID-19. La constante (i) porte des saturations factorielles de 1 (omises pour toutes les variables de résultat), tandis que les pentes (s) portent comme saturations factorielles les temps mesurés en mois, de T0 à T4. L’intervalle entre l’admission (T0) et la sortie (T1) varie selon les jeunes. Les temps suivants sont espacés de six mois et correspondent aux suivis à 6, 12 et 18 mois. La flèche en pointillés indique l’absence de covariation significative entre constantes et pentes, ce qui suggère que les courbes de croissance ne convergent ni ne divergent. Les coefficients non standardisés sont présentés dans l’ordre groupe A/groupe B/groupe C. Les covariables sans flèche n’avaient pas un pouvoir explicatif suffisant pour les courbes de croissance. n.s. = non significatif au seuil α = .05. *p < .05. **p < .01. ***p < 0,001 (schéma original en anglais)

La figure 2 résume les résultats des modèles de courbes de croissance latente de l’évolution comportementale pour les groupes A, B et C respectivement. La constante (i) des LGM rend compte du point de départ de la trajectoire d’évolution comportementale. Les jeunes d’âge plus avancé semblaient présenter un niveau de problèmes de comportement plus élevé à l’admission et tendaient à commencer leur rétablissement à partir d’un point plus bas que les plus jeunes. C’était le cas à la fois dans le groupe d’avant la pandémie (λ3iA = −0,097, p = 0,020) et dans celui admis pendant la pandémie (λ3iC = −0,095, p < 0,001). En outre, des différences significatives ont été observées pour le placement en établissement et l’évolution du niveau de risque entre les trois groupes. Plus précisément, les jeunes venant d’un placement en établissement semblaient avoir commencé le traitement à un niveau plus bas, bien que cet écart se soit réduit après l’irruption de la COVID (λ9i = −0,789/−0,735/−0,387, p < 0,001/< 0,001/= 0,002 pour les groupes A, B et C respectivement). À l’inverse, les jeunes aux profils de plus forte réduction du risque avaient un point de départ plus élevé pour leur trajectoire d’évolution (λ12i = 0,090/0,081/0,088, p < 0,001/0,001/0,001 pour les groupes A, B et C respectivement).

Les pentes (s) des LGM représentaient la vitesse de rétablissement. Deux covariables seulement sur douze étaient associées à la vitesse de rétablissement des jeunes. D’abord, les garçons avaient un avantage en vitesse de rétablissement après la COVID (λ4sC = −0,011, p = 0,018). Ensuite, les jeunes aux profils de réduction du risque favorables avaient une évolution comportementale comparable dans le groupe B, mais plus lente dans le groupe d’avant la COVID (λ12sA = −0,002, p = 0,007) et pendant la pandémie (λ12sC = −0,003, p < 0,001). Enfin, des schémas de croissance non linéaires ont été envisagés pour les LGM, mais le terme quadratique a été omis, faute de résultats significatifs pour aucune des covariables.

Discussion

La présente étude a examiné, chez des jeunes présentant des troubles des conduites graves, l’évolution des caractéristiques des jeunes, de la fidélité au traitement, des résultats du traitement et des prédicteurs de ces résultats en MST au fil de la pandémie de COVID-19 en Norvège. Les résultats donnent des indications sur la robustesse du traitement par la MST dans une situation de crise qui entrave les modes habituels de prestation du traitement, ainsi que des éclairages sur les facteurs qui modifient les résultats du traitement dans de tels contextes.

QR1 : Les caractéristiques des jeunes à l’admission ont-elles changé pendant la COVID-19 ?

Concernant la première question de recherche, nos résultats montrent que la composition du public admis en MST a changé après le début de la pandémie. La pandémie semble avoir modifié les caractéristiques des jeunes en MST, les changements les plus marqués portant sur le niveau de problèmes de comportement, l’âge et la proportion de jeunes en MST dans le centre de la Norvège. Nous avons en outre observé des variations du nombre de jeunes venant d’un placement en établissement et de la proportion de jeunes de première génération d’immigration. Les jeunes ayant commencé la MST présentaient en moyenne une charge de problèmes plus élevée qu’avant le début de la pandémie. Leur âge moyen était plus élevé, et la proportion de jeunes de première génération d’immigration et de jeunes venant d’un placement en établissement avait augmenté. Enfin, moins de jeunes ont reçu la MST dans le centre de la Norvège qu’avant l’irruption de la pandémie.

Ces changements se sont toutefois produits progressivement, depuis le premier groupe de référence, deux ans avant la pandémie, jusqu’après son début. Il est donc difficile de déterminer si ces différences de caractéristiques des jeunes étaient une conséquence directe ou indirecte des restrictions sociales destinées à contenir le virus, de la manière dont les CWS et les équipes de MST ont géré la crise, ou d’une évolution progressive du profil des jeunes en MST, par exemple en fonction des besoins du public cible, voire d’autres événements concomitants. La charge accrue vécue par les jeunes du fait des restrictions sociales liées à la COVID-19 (par exemple Reid et al., 2022 ; Samji et al., 2022 ; von Soest et al., 2022) peut appuyer l’hypothèse selon laquelle ces changements étaient, en partie au moins, une conséquence de la pandémie. D’autres recherches sur la situation post-COVID sont donc nécessaires pour éclairer les causes de ces changements de caractéristiques à l’admission.

Une explication possible de l’augmentation du niveau de problèmes de comportement avant le traitement tient à l’augmentation simultanée de l’âge moyen. Dans cette étude, les jeunes d’âge plus avancé tendaient à présenter une charge de problèmes plus élevée à l’admission, ce qui peut tenir à une histoire plus longue de troubles des conduites graves, qui accroît le risque de processus de marginalisation sévère (par exemple une fréquentation accrue de pairs antisociaux et la perte d’expériences développementales positives dans différents contextes) (Keles et al., 2021). Malgré cette augmentation du niveau de problèmes de comportement avant le traitement dans le groupe post-COVID, aucune différence significative du niveau de risque de troubles des conduites futurs n’a été relevée entre avant et après le début de la pandémie. Ces résultats suggèrent que, si la charge moyenne de problèmes des jeunes a augmenté après le début de la pandémie, leur niveau de risque moyen n’a pas changé.

QR2 : La fidélité des thérapeutes au traitement a-t-elle changé ?

Concernant la deuxième question de recherche, les résultats montrent un recul de la fidélité au traitement, même si un score moyen de 0,75 (ÉTTAMR = 0,24) reste satisfaisant au regard du seuil de 0,61. L’augmentation des écarts types (voir le tableau 2) pendant la COVID peut traduire des variations plus grandes entre thérapeutes et/ou entre familles. La pandémie semble donc avoir affecté la capacité des thérapeutes à respecter la procédure de la MST, qui compte pour obtenir des résultats positifs (par exemple Löfholm et al., 2014 ; Schoenwald et al., 2009).

QR3 : L’amélioration des résultats comportementaux et la réduction des risques de récidive obtenues par la MST ont-elles changé pendant la pandémie ?

Malgré un recul de la fidélité au traitement, les résultats de cette étude n’ont montré aucun élément indiquant que la COVID-19 ait significativement modifié l’amélioration comportementale et la réduction du risque obtenues par la MST en Norvège. Cette observation concorde avec la recherche sur les résultats d’autres interventions pendant la pandémie (par exemple Beurs et al., 2022 ; Lange et al., 2023 ; Le Vu et al., 2022 ; Hagen et al., 2025 ; Yaffa et al., 2021). Les évolutions des résultats obtenus par la MST semblent donc semblables avant et après l’irruption de la pandémie. Cela contredit l’hypothèse d’une diminution des améliorations comportementales et des réductions du risque obtenues par la MST après l’irruption de la pandémie. La capacité des thérapeutes à faire « tout ce qu’il faut » pour aider les familles à atteindre les objectifs du traitement (Henggeler et al., 2009), y compris leur créativité et leur persévérance pour s’adapter aux difficultés, peut aider à expliquer ce résultat.

La capacité de la MST à produire une amélioration comportementale et une réduction du risque pour la plupart des jeunes rejoint des résultats antérieurs (voir par exemple Keles et al., 2021). Certaines variations liées aux trajectoires d’amélioration et de détérioration de différents résultats comportementaux ont toutefois aussi été relevées. D’autres recherches sont donc nécessaires pour mieux comprendre l’impact immédiat de la MST sur différents résultats comportementaux (par exemple vivre à la maison, respecter la loi) et sur les niveaux de risque de récidive par sous-échelle (par exemple famille et parentalité, relations avec les pairs) pendant, et éventuellement après, la pandémie. Enfin, de futures recherches pourraient explorer le profil des jeunes qui ont connu une détérioration après leur passage en MST (environ 4,1 % et 2,5 % des jeunes pour le résultat comportemental et le niveau de risque respectivement).

QR4 : Quelles variables avaient un pouvoir prédictif pour expliquer les résultats en fin de traitement pendant l’irruption de la pandémie ?

Même si les résultats de la MST n’étaient pas moins bons pour les jeunes ayant commencé le traitement pendant la pandémie de COVID-19, la capacité de diverses variables à prédire les résultats en fin de traitement semble avoir changé. Cela pourrait être lié au recul de la fidélité au traitement après le début de la pandémie. Dans le même temps, la fidélité au traitement semble peser davantage sur les résultats pour les jeunes ayant commencé le traitement après le début de la pandémie. Une forte adhésion à la procédure de la MST paraît donc particulièrement importante en période de turbulences.

Il semble aussi exister des différences géographiques : les jeunes en MST dans le nord de la Norvège ont été plus touchés par la pandémie de COVID-19, avec une amélioration comportementale moindre et une réduction du risque plus faible. Une explication possible de ces résultats moins favorables tient aux hivers plus longs, qui ont pu rendre difficile la mise en place d’alternatives aux rencontres en présentiel pendant le premier confinement national. En outre, une répartition des vaccins déséquilibrée au profit du sud de la Norvège (Eriksen et Bendixen, 2021) a entraîné des restrictions plus strictes « à la fin de la pandémie » dans le nord, ce qui a pu affecter la manière dont les séances de MST se déroulaient. Les limites des données (par exemple sur le format des rencontres ou la description de la situation par les thérapeutes) empêchent d’examiner plus en détail les conditions liées aux variations régionales des résultats immédiats de la MST.

Contrairement à des résultats antérieurs (Barth et al., 2007a ; Keles et al., 2021 ; van der Stouwe et al., 2014), cette étude ne trouve aucun élément associant un âge plus élevé à des résultats moins favorables, sauf une réduction plus faible du risque de récidive chez les jeunes ayant commencé la MST après le début de la COVID. Une explication possible de cette moindre réduction du risque chez les jeunes d’âge plus avancé est qu’il peut être plus difficile, avec les exigences de distanciation sociale, d’agir sur des facteurs centraux pour ces jeunes, comme les facteurs liés à l’école et aux pairs (van der Stouwe et al., 2014), qui prédisent davantage la récidive à mesure que les jeunes avancent en âge (Van der Put et al., 2011). En outre, il est peut-être plus facile d’engager les jeunes dans leur traitement et de mener davantage de travail individuel lors de séances en présentiel, un facteur particulièrement important dans le traitement des jeunes d’âge plus avancé (Keles et al., 2021). Les éléments indiquant que la période de la pandémie a été la plus éprouvante pour les jeunes d’âge plus avancé (ainsi que pour les filles ; Bakken, 2021), ce qui a pu alourdir leur charge de problèmes, ouvrent une autre piste importante pour la recherche future. Faute de données sur les comportements intériorisés, la présente étude ne permet toutefois pas de préciser l’impact potentiel des problèmes intériorisés sur les résultats de la MST selon l’âge et le genre.

Pour les jeunes de première génération d’immigration, on est passé d’une absence de différence observable de résultats avant la pandémie par rapport aux autres jeunes (contrairement à un résultat antérieur ; van der Stouwe et al., 2014) à une réduction du risque plus faible après le début de la pandémie. Des difficultés accrues à obtenir l’engagement (et l’alliance) pendant la période de distanciation sociale pourraient expliquer cette tendance, les barrières linguistiques ayant pu représenter un obstacle accru pour une partie de ces jeunes lorsque les rencontres en présentiel étaient limitées. La communication non verbale compte pour une interaction significative entre thérapeute et personne suivie (Pfender et Caplan, 2022), et le passage à des outils plus bidimensionnels, comme les séances par téléphone et par vidéo, où une grande partie du langage corporel se perd (par exemple Lange et al., 2023), peut accentuer les difficultés de compréhension. Cela peut, à son tour, rendre plus difficile pour les thérapeutes de susciter l’engagement et l’alliance. En outre, le manque d’équipement technique adapté et de compétences a pu nuire à la qualité des séances numériques pour ce sous-groupe. L’insécurité financière a pu aussi influer sur la réceptivité au traitement, comme l’indique la surreprésentation des personnes immigrées dans les métiers touchés par les licenciements pendant la pandémie (Olsen, 2021). En outre, la pandémie a frappé en Norvège certains groupes immigrés plus durement que le reste de la population en termes d’infections et d’hospitalisations (Indseth et al., 2020). Il est donc aussi possible que d’autres facteurs aient pesé sur les résultats de la MST. Faute de données dans cette étude (par exemple sur le niveau socio-économique), de futures études pourront l’explorer.

Il apparaît aussi que les jeunes ayant commencé le traitement après le début de la pandémie de COVID-19 et ayant reçu des soins de santé mentale ont connu une réduction moins favorable du risque de récidive. Barth et al. (2007b), avec une autre mesure de résultat, ont de même rapporté des résultats plus favorables chez les jeunes n’ayant pas reçu de soins de santé mentale. Ce résultat peut indiquer qu’une partie de ces jeunes présentait des vulnérabilités supplémentaires associées à de moins bons résultats. Comme ces jeunes étaient comparables aux autres jeunes, sans contact avec les soins de santé mentale, quant au niveau de problèmes de comportement à l’admission, d’autres recherches sont nécessaires pour examiner la cause de ce résultat.

QR5 : Quelles variables étaient associées à l’évolution comportementale des jeunes pendant la pandémie ?

Aucune différence selon le genre n’a été observée avant le début de la pandémie ; ensuite, les garçons ont montré un rétablissement comportemental plus favorable. L’absence de différence selon le genre avant la pandémie dans la prédiction du résultat comportemental rejoint la recherche antérieure (Hukkelberg et al., 2023 ; Ogden et Hagen, 2009 ; van der Stouwe et al., 2014). La COVID-19 a ensuite pu modifier cet équilibre à travers les conduites antisociales des jeunes. Les garçons commettent plus souvent des crimes violents et d’autres types d’infractions pénales (Moffitt et al., 2001 ; Ogden et Hagen, 2009), comme le vol (Moffitt et al., 2001 ; Storvoll et al., 2003), tandis que les filles commettent le plus souvent des infractions liées à leur statut de mineures, comme la fugue (Ogden et Hagen, 2009), ou consomment de la drogue et de l’alcool de manière abusive (Moffitt et al., 2001 ; Ogden et Hagen, 2009). Comme l’essentiel de cette délinquance juvénile se produit au sein de groupes de pairs antisociaux (pour les deux sexes ; Dishion et Patterson, 2006), il se peut que les mesures de restriction sociale et la fermeture de nombreux commerces aient réduit les occasions, surtout pour les garçons, de commettre des infractions et de consommer des substances, tout en les exposant moins à l’influence de pairs antisociaux. Cette hypothèse est encore appuyée par la baisse de la délinquance juvénile, à la fois dans le contexte norvégien (Riaz et Stolt-Nielsen, 2021) et dans d’autres contextes dont le système de justice des mineurs diffère nettement de celui de la Norvège (Boman et Gallupe, 2020 ; Revital et Haviv, 2022). Cela a pu, à son tour, rendre plus facile l’intervention auprès de ce groupe de jeunes, même si les thérapeutes ont moins travaillé avec le contexte des pairs.

Ces arguments peuvent aussi expliquer pourquoi les garçons, après le début de la pandémie, ont obtenu plus tôt des résultats à long terme plus favorables, ce qui n’était pas le cas auparavant. Selon les LGM, les niveaux initiaux de troubles des conduites varient d’une personne à l’autre et, conformément à la recherche antérieure (par exemple Moffitt et Caspi, 2001 ; Ogden et Hagen, 2009), les filles tendent à présenter moins de troubles des conduites que les garçons en début de traitement. En outre, les jeunes d’âge plus avancé semblent commencer leur trajectoire d’évolution comportementale avec une charge de problèmes plus élevée à l’admission.

À l’opposé de ces schémas plus généraux, la charge de problèmes semble avoir diminué après le début de la COVID-19 chez les jeunes venant d’un placement en établissement. Ce changement du point de départ de la trajectoire d’évolution comportementale par rapport à la période d’avant la pandémie pourrait tenir au fait que ce groupe (qui présente au départ davantage de troubles des conduites, par exemple Barth et al., 2007b ; Drange et al., 2022) a eu moins d’occasions de s’engager dans des conduites antisociales et de commettre des infractions en raison des confinements. Cette interprétation comporte toutefois des incertitudes, comme la forte augmentation du nombre de jeunes de ce groupe par rapport à la période d’avant la pandémie. Des raisons plus systémiques ont pu provoquer ce changement. Malgré cette différence à l’admission, les jeunes venant d’un placement en établissement et les autres avaient le même rythme d’évolution, ce qui implique que les résultats de la MST étaient semblables pour les deux groupes avant et après l’irruption de la pandémie.

En outre, la vitesse de rétablissement était comparable pour les jeunes aux profils de plus forte réduction du risque ayant commencé le traitement avant le début de la pandémie mais dont les évaluations de suivi ont eu lieu pendant la pandémie (groupe B). Il ne semble pas non plus y avoir eu de modification significative des résultats longitudinaux du traitement après le début de la pandémie, même si certains sous-groupes ont connu des changements d’amélioration comportementale et de réduction du risque en fin de traitement. Cela pourrait indiquer une amélioration différée du comportement pour la plupart des jeunes, ce qui rejoint l’un des principes de la MST : la MST est conçue pour favoriser la généralisation du traitement en donnant aux figures parentales et aux autres personnes qui s’occupent du ou de la jeune les moyens de maintenir, voire d’améliorer, les résultats une fois le traitement terminé.

Limites et recherches futures

La présente étude comporte plusieurs limites. L’inclusion de toute la population des jeunes de Norvège en MST représente un apport important pour généraliser les résultats à l’ensemble des jeunes et des familles ayant suivi la MST pendant la période considérée. Il faut toutefois noter que la proportion de données manquantes était plus élevée que l’idéal et que certains traitements ont été interrompus faute d’alliance avec la famille, en raison d’un placement hors du domicile ou pour d’autres causes extérieures (par exemple une maladie, un déménagement de la famille hors du secteur de l’équipe). Cela peut limiter la généralisation à l’ensemble des jeunes et des familles en MST. Malgré cette limite, cette étude prolonge la littérature antérieure sur la MST, qui n’évaluait que des échantillons norvégiens de jeunes ayant mené le traitement à son terme (par exemple Keles et al., 2021 ; Ogden et Halliday-Boykins, 2004), et l’utilisation de données ROM renforce sa validité externe, puisque ces données reflètent la pratique clinique courante de la MST (Hodgson et al., 2007).

Deuxièmement, des différences entre les groupes, comme leur taille et la durée de la période d’admission, peuvent expliquer une partie des changements observés après le début de la pandémie de COVID-19. Cette étude n’a pas examiné comment le premier confinement a affecté les seuls jeunes ayant commencé la MST pendant cette période, ni contrôlé les variations saisonnières (par exemple moins d’orientations pendant les mois d’été) en analysant chaque groupe par trimestre ou par tiers, ce qui aurait pu renforcer sa validité interne. La constitution des groupes est néanmoins jugée pertinente, car elle rend compte du fonctionnement de la MST dans la durée pendant une crise nationale. Troisièmement, comme seuls le nombre d’objectifs comportementaux atteints et le score total de risque de récidive ont été utilisés pour l’analyse, la présente étude ne saisit ni les objectifs comportementaux précis atteints par les jeunes aux différents temps de mesure, ni leur profil de risque par sous-échelle. Comme certaines recherches indiquent des différences d’effet du traitement selon les critères de résultat, par exemple selon le genre (par exemple Keles et al., 2021 ; Ogden et Hagen, 2009), de futures recherches pourraient examiner spécifiquement l’évolution des résultats de la MST après le début de la COVID-19 en considérant séparément les scores aux sous-échelles du YLS/CMI et les cinq objectifs comportementaux.

Quatrièmement, cette étude exploratoire ne comporte pas d’informations sur les comportements intériorisés des jeunes, qui pourraient contribuer à expliquer certains de ses résultats, puisqu’une augmentation des problèmes intériorisés a été documentée après le début de la COVID-19 (Bakken, 2021 ; Samji et al., 2022). Cinquièmement, en raison des restrictions du RGPD, les données TAM-R n’ont pas été recueillies et enregistrées de manière systématique. Cela a pu affecter la validité et la représentativité des scores TAM-R. Ensuite, comme Mplus 8.9 ne permet pas de standardiser des intervalles non fixes, l’ampleur des paramètres non standardisés des LGM n’a pas pu être interprétée. De futures études devraient toutefois utiliser des coefficients standardisés, afin que l’ampleur des coefficients puisse aussi être prise en compte. Enfin, les interactions possibles entre les covariables des modèles de régression, par exemple entre genre et âge, ou entre âge et fidélité au traitement, n’ont pas été examinées.

Conclusion

Cette étude a examiné comment la MST norvégienne a été affectée par les confinements liés à la COVID-19 et a analysé les facteurs qui ont influé sur les résultats du traitement avant et après le début de la pandémie. On observe un changement des caractéristiques du public admis en MST après le début de la pandémie, ainsi qu’un recul de la fidélité au traitement. Malgré ce recul pendant la crise, les résultats indiquent que la MST continue de favoriser l’amélioration comportementale et de réduire le risque chez les jeunes. Les résultats suggèrent que la fidélité au traitement est particulièrement importante pour obtenir des résultats positifs dans des conditions défavorables. Même si, dans l’ensemble, la MST produit des changements positifs du comportement et du niveau de risque des jeunes après le début de la pandémie, tant immédiatement après le traitement qu’à long terme, plusieurs sous-groupes de jeunes semblent connaître une réduction temporaire de l’amélioration comportementale obtenue par le traitement par rapport à la période d’avant la pandémie. D’autres recherches sont donc nécessaires sur les facteurs susceptibles de garantir que ces sous-groupes de jeunes puissent, à leur tour, tirer les mêmes bénéfices de la MST dans de futures situations de crise semblables. Malgré ses limites, cette étude apporte des éclairages précieux sur le fonctionnement des CWS, et de la MST en particulier, pendant une crise nationale.

Complexe Systémique : à retenir

L’intérêt de cette étude est de montrer ce que devient un modèle très protocolisé quand son cadre matériel s’effondre. La MST repose sur des séances au domicile, plusieurs fois par semaine : le confinement l’a obligée à passer au téléphone, à la vidéo ou à des rencontres improvisées. Sur 2 021 jeunes, les résultats d’ensemble tiennent, mais la fidélité au modèle recule et devient, pendant la crise, le meilleur prédicteur des progrès. Pour la clinique systémique, la leçon est double : en période de turbulence, la cohérence du cadre et de la supervision protège les familles plus sûrement que l’improvisation dispersée ; et les pertes se concentrent sur les situations qui dépendent le plus de la présence physique, jeunes de première génération d’immigration, jeunes d’âge plus avancé, régions du nord aux hivers longs. On peut regretter que l’étude ne mesure ni le format réel des séances ni l’alliance, et que la part de la pandémie et celle de l’évolution du public restent difficiles à démêler. À lire avec l’article sur les jeunes de minorités ethniques en thérapie multisystémique, et avec l’article sur la téléthérapie relationnelle vécue à l’ère de la COVID-19.

Notes de l’original

Financement. Financement du libre accès assuré par l’université d’Oslo (y compris l’hôpital universitaire d’Oslo).

Liens d’intérêts. L’équipe de recherche ne déclare aucun intérêt financier ou non financier pertinent. Les troisième et quatrième personnes signataires faisaient partie de l’équipe nationale de mise en œuvre de la MST en Norvège, au Centre norvégien pour le développement comportemental de l’enfant (NCCBD). Elles n’ont toutefois participé ni aux analyses des données ni à l’interprétation des résultats.

Matériel supplémentaire. Du matériel supplémentaire (en anglais) est disponible en ligne.

Références

Aase, H., Lønnum, K., Sørlie, M. A., Hagen, K. A., Gustavson, K., & Utgarden, I. H. (2020). Barn, unge og kriminalitet. Hvordan forhindre at barn og unge kommer inn i eller fortsetter med en kriminell løpebane? Oppsummering og vurdering av virksomme tiltak, behandling og organisering [Children, young people and crime. How to prevent children and young people from entering or continuing with a criminal career path? Summary and assessment of effective measures, treatment and organization] (Report 2020). The Institute of Public Health. https://www.fhi.no/publ/2020/barn-unge-og-kriminalitet/

Andrews, D. A., & Bonta, J. (2010). Rehabilitating criminal justice policy and practice. Psychology. Public Policy and Law, 16(1), 39–55. https://doi.org/10.1037/a0018362

Bakken, A. (2021). Ungdata 2021. Nasjonale resultater [Ungdata 2021. National results] (Nova Report 8/21). Norwegian Social Research (NOVA), OsloMet. https://oda.oslomet.no/oda-xmlui/handle/11250/2767874

Barth, R. P., Greeson, J. K. P., Guo, S., Green, R. L., Hurley, S., & Sisson, J. (2007a). Changes in family functioning and child behavior following intensive in-home therapy. Children and Youth Services Review, 29(8), 988–1009. https://doi.org/10.1016/j.childyouth.2007.04.001

Barth, R. P., Greeson, J. K. P., Guo, S., Green, R. L., Hurley, S., & Sisson, J. (2007b). Outcomes for youth receiving intensive In-Home therapy or residential care: A comparison using propensity scores. American Journal of Orthopsychiatry, 77(4), 497–505. https://doi.org/10.1037/0002-9432.77.4.497

Bera, L., Souchon, M., Ladsous, A., Colin, V., & Lopez-Castroman, J. (2022). Emotional and behavioral impact of the COVID-19 epidemic in adolescents. Current Psychiatry Reports, 24(1), 37–46. https://doi.org/10.1007/s11920-022-01313-8

Beurs, E., Blankers, M., Peen, J., Rademacher, C., Podgorski, A., & Dekker, J. (2022). Impact of COVID-19 social distancing measures on routine mental health care provision and treatment outcome for common mental disorders in the Netherlands. Clinical Psychology and Psychotherapy, 29(4), 1342–1354. https://doi.org/10.1002/cpp.2713

Bollen, K. A., & Curran, P. J. (2006). Latent curve models: A structural equation perspective. Wiley-Interscience.

Boman, J. H., & Gallupe, O. (2020). Has COVID-19 changed crime? crime rates in the united States during the pandemic. American Journal of Criminal Justice, 45(4), 537–545. https://doi.org/10.1007/s12103-020-09551-3

Bronfenbrenner, U. (1979). The ecology of human development. Experiments by nature and design. Harvard University Press.

Cunningham, P. B., & Henggeler, S. W. (1999). Engaging multiproblem families in treatment: Lessons learned throughout the development of multisystemic therapy. Family Process, 38(3), 265–281. https://doi.org/10.1111/j.1545-5300.1999.00265.x. https://doi-org.ezproxy.uio.no/

Dishion, T. J., & Patterson, G. R. (2006). The development and ecology of antisocial behavior in children and adolescents. In D. Cicchetti, & D. J. Cohen (Eds.), Developmental psychopathology: Risk, disorder, and adaptation (pp. 503–541). John Wiley & Sons, Inc.

Drange, N., Hernæs, Ø. M., Markussen, S., Oterholm, I., Raaum, O., & Slettebø, T. (2022). Barn, unge og familier i barnevernet - En longitudinell registerstudie. Delprosjekt 2: Hvordan går det med barna? [Children, young people and families in child protection - A longitudinal register study. Project part 2: How are the children doing?] (Report 2/2022). Frischsenteret. https://www.frisch.uio.no/publikasjoner/pdf/rapp22_02.pdf

Eriksen, I., & Bendixen, A. (2021). Ordførere mener Nord-Norge betaler en høy pris for skjevfordeling av vaksiner. [Mayors believe that Northern Norway is paying a high price for the skewed distribution of vaccines.]. Norwegian Broadcasting Corporation (NRK). https://www.nrk.no/tromsogfinnmark/ordforere-i-alta-og-tromso-ut-mot-geografisk-skjevfordeling-av-vaksiner-etter-flere-smitteutbrudd-1.15563210

Flückiger, C., Del Re, A. C., Wlodasch, D., Horvath, A. O., Solomonov, N., & Wampold, B. E. (2020). Assessing the alliance–outcome association adjusted for patient characteristics and treatment processes: A meta-analytic summary of direct comparisons. Journal of Counseling Psychology, 67(6), 706–711. https://doi.org/10.1037/cou0000424

Geiser, C., Keller, B. T., & Lockhart, G. (2013). First- versus Second-Order latent growth curve models: Some insights from latent State-Trait theory. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 20(3), 479–503. https://doi.org/10.1080/10705511.2013.797832.

Government (n.d.). Timeline: News from Norwegian Ministries about the Coronavirus disease Covid-19. https://www.regjeringen.no/en/topics/koronavirus-covid-19/timeline-for-news-from-norwegian-ministries-about-the-coronavirus-disease-covid-19/id2692402/

Hagen, T. L., Tan, T. C., Thøgersen, D. M., & Bjørnebekk, G. (2025). Functional family therapy across the COVID-19 pandemic. Frontiers in Psychology, 16, 1531738.

Haggerty, K. P., Barkan, S. E., Caouette, J. D., Skinner, M. L., & Hanson, K. G. (2023). Two-Year risk behavior outcomes from Connecting, a prevention program for caregivers and youth in foster care. Prevention Science, 24(1), 15–26. https://doi.org/10.1007/s11121-022-01390-4

Henggeler, S. W., Borduin, C. M., Schoenwald, S. K., Huey, S. J., & Chapman, J. E. (2006). Multisystemic therapy adherence scale-revised (TAM-R). Unpublished instrument. Department of Psychiatry & Behavioral Sciences, Medical University of South Carolina.

Henggeler, S. W., Schoenwald, S. K., Borduin, C. M., Rowland, M. D., & Cunningham, P. B. (2009). Multisystemic therapy for antisocial behavior in children and adolescents (2nd ed.). Guilford.

Henggeler, S. W., Schoenwald, S. K., Borduin, C. M., Rowland, M. D., & Cunningham, P. B. (2013). Multisystemisk Terapi for barn og unge med alvorlige atferdsvansker [Multisystemic Therapy for Antisocial Behavior in Children and Adolescents] (A. Sjøbu, Trans.). Gyldendal akademisk. (Original work published 2009).

Hodgson, R., Bushe, C., & Hunter, R. (2007). Measurement of long-term outcomes in observational and randomised controlled trials. The British Journal of Psychiatry, 191(50), 78–84. https://doi.org/10.1192/bjp.191.50.s78

Hoge, R. D., & Andrews, D. A. (2011). Youth level of service/Case management inventory 2.0: User’s manual. Multi-Health Systems.

Hukkelberg, S., Ogden, T., & Thøgersen, D. M. (2022). Youth level of Service/ case management inventory assessments as predictors of behavioral change in multisystemic therapy and functional family therapy in Norway. Research on Social Work Practice, 32(7), 784–792. https://doi.org/10.1177/10497315221086641

Hukkelberg, S. S., Ogden, T., & Taraldsen, K. (2023). Changes in the YLS/CMI risk inventory scores as predictors of MST behavioral treatment goals. Journal of Children’s Services, 18. https://doi.org/10.1108/JCS-05-2022-0016

Indseth, T., Godøy, A., Kjøllesdal, M., Arnesen, T., Jacobsen, C., Grøsland, M., & Telle, K. Covid-19 etter fødeland: Personer testet, bekreftet smittet og relaterte innleggelser og dødsfall [Covid-19 by country of birth: Persons tested, confirmed infected and associated hospitalizations and deaths] (Report 2020). The Institute of Public Health. https://www.fhi.no/publ/2020/covid-19-etter-fodeland-personer-testet-bekreftet-smittet-og-relaterte-innl/

Jakobsen, R., & Kornør, H. (2017). Måleegenskaper Ved Den Norske versjonen av youth level of Service/Case management inventory (YLS/CMI) [Psychometric properties of the Norwegian version of youth level of Service/Case management inventory (YLS/CMI)]. PsykTestBarn, 1(6). https://doi.org/10.21337/0053

Jentsch, B., & Schnock, B. (2020). Child welfare in the midst of the coronavirus pandemic—Emerging evidence from Germany. Child Abuse & Neglect, 110(2). https://doi.org/10.1016/j.chiabu.2020.104716

Jethwa, J., Glorney, E., Adhyaru, J., & Lawson, A. (2021). A grounded theory of multisystemic therapist roles in achieving positive outcomes for young people and families. Journal of Family Therapy, 43(1), 124–142. https://doi.org/10.1111/1467-6427.12287

Keles, S., Taraldsen, K., & Olseth, A. R. (2021). Identification of multisystemic therapy (MST) subgroups with distinct trajectories on ultimate outcomes in Norway. Research on Child and Adolescent Psychopathology, 49(4), 429–442. https://doi.org/10.1007/s10802-020-00735-3. https://doi-org.ezproxy.uio

Krane, V., Ausland, L. H., Andvig, E., & Klevan, T. (2021). Business as usual in unusual times: An explorative study of Norwegian child welfare workers’ experiences during the COVID-19 pandemic. Journal of Comparative Social Work, 16(2), 62–87. https://doi.org/10.31265/jcsw.v16i2.393

Lange, A. M. C., Delsing, M. J. M. H., van Geffen, M., & Scholte, R. H. J. (2022). Alliance between therapist and Multi-stressed families during the COVID-19 pandemic: The effect of Family-Based videoconferencing. Child & Youth Care Forum, 51, 593–611. https://doi.org/10.1007/s10566-021-09644-y

Lange, A. M. C., Humayun, S., & Jefford, T. (2023). The feasibility of providing remote functional family therapy with adolescents during the COVID-19 pandemic: A Mixed-Method study. Child & Youth Care Forum, 52, 441–466. https://doi.org/10.1007/s10566-022-09692-y

Le Vu, M. N., Do, A. L., Boyer, L., Tran, Q. C., Kohler, S., Ahmed, S. I., Molnar, A., Vu, T. S., Vo, N. T. H., Nguyen, L. M. V., Vu, L. G., Dam, V. A. T., Duong, T., Do, D. L. N., Do, N. M., Mclntyre, R. S., Latkin, C., Ho, R. C. M., & Ho, C. S. H. (2022). A review of the Effectiveness, Feasibility, and acceptability of Art therapy for children and adolescents during the COVID-19 pandemic. International Journal of Environmental Research and Public Health, 19(18). https://doi.org/10.3390/ijerph191811612

Löfholm, C. A., Eichas, K., & Sundell, K. (2014). The Swedish implementation of multisystemic therapy for adolescents: Does treatment experience predict treatment adherence? Journal of Clinical Child & Adolescent Psychology, 43(4), 643–655. https://doi.org/10.1080/15374416.2014.883926

Löfholm, C. A., Olsson, T., Sundell, K., & Hansson, K. (2009). Multisystemic therapy with conduct disordered young people: Stability of treatment outcomes two years after intake. Evidence and Policy, 5(4), 373–397. https://doi.org/10.1332/174426409X478752

Littell, J. H., Pigott, T. D., Nilsen, K. H., Green, S. J., & Montgomery, O. L. K. (2021). Multisystemic Therapy® for social, emotional, and behavioural problems in youth age 10 to 17: An updated systematic review and meta-analysis. Campbell Systematic Reviews, 17(4), 1–192. https://doi.org/10.1002/cl2.1158. https://doi-org.ezproxy.uio

Moffitt, T. E., & Caspi, A. (2001). Childhood predictors differentiate life-course persistent and adolescence-limited antisocial pathways among males and females. Development and Psychopathology, 13(2), 355–375. https://doi.org/10.1017/S0954579401002097

Moffitt, T. E., Caspi, A., Rutter, M., & Silva, P. A. (2001). Sex differences in antisocial behaviour: Conduct Disorder, Delinquency, and violence in the Dunedin longitudinal study. Cambridge University Press. https://doi-org.ezproxy.uiohttps://doi.org/10.1017/CBO9780511490057

Muthén, L. K., & Muthén, B. O. (2017). Mplus user’s guide (8th ed.). Muthén & Muthén. https://www.statmodel.com/download/usersguide/MplusUserGuideVer_8.pdf

Ogden, T., & Hagen, K. A. (2006). Multisystemic treatment of serious behaviour problems in youth: Sustainability of effectiveness two years after intake. Child and Adolescent Mental Health, 11(3), 142–149. https://doi.org/10.1111/j.1475-3588.2006.00396.x. https://doi-org.ezproxy.uio.no/

Ogden, T., & Hagen, K. A. (2009). What works for whom? Gender differences in intake characteristics and treatment outcomes following multisystemic therapy. Journal of Adolescence, 32(6), 1425–1435. https://doi.org/10.1016/j.adolescence.2009.06.006. https://doi-org.ezproxy.uio.no/

Ogden, T., & Halliday-Boykins, C. A. (2004). Multisystemic treatment of antisocial adolescents in norway: Replication of clinical outcomes outside of the US. Child and Adolescent Mental Health, 9(2), 77–83. https://doi.org/10.1111/j.1475-3588.2004.00085.x. https://doi-org.ezproxy.uio.no/

Olsen, B. (2021). Innvandrere mest rammet av koronatiltakene [Immigrants most affected by the corona measures.]. Statistics Norway (SSB). https://www.ssb.no/arbeid-og-lonn/artikler-og-publikasjoner/innvandrere-mest-rammet-av-koronatiltakene

Olseth, A. R., Hagen, K. A., Keles, S., & Bjørnebekk, G. (2024). Functional family therapy for adolescent disruptive behavior in norway: Results from a randomized controlled trial. Journal of Family Psychology, 38(4), 548.

Pfender, E., & Caplan, S. (2022). Nonverbal immediacy cues and impression formation in video therapy. Counselling Psychology Quarterly. https://doi.org/10.1080/09515070.2022.2105816

Reid, J. A., Chenneville, T., Gardy, S. M., & Baglivio, M. T. (2022). An exploratory study of COVID-19’s impact on psychological distress and antisocial behavior among Justice-Involved youth. Crime & Delinquency, 68(8), 1271–1291. https://doi.org/10.1177/00111287211054729

Revital, S. S., & Haviv, N. (2022). Juvenile delinquency and COVID-19: The effect of social distancing restrictions on juvenile crime rates in Israel. Journal of Experimental Criminology. https://doi.org/10.1007/s11292-022-09509-x

Riaz, W., & Stolt-Nielsen, H. (2021). Da koronaen kom, stupte kriminaliteten blant ungdom [When the corona arrived, crime among young people plummeted]. Aftenposten. https://www.aftenposten.no/oslo/i/X8dpdb/da-koronaen-kom-stupte-kriminaliteten-blant-ungdommene

Rubin, D. B. (1987). Multiple imputation for nonresponse in surveys. Wiley.

Samji, H., Wu, J., Ladak, A., Vossen, C., Stewart, E., Dove, N., Long, D., & Snell, G. (2022). Review: Mental health impacts of the COVID-19 pandemic on children and youth – a systematic review. Child and Adolescent Mental Health, 27(2), 173–189. https://doi.org/10.1111/camh.12501

Schoenwald, S. K., Chapman, J. E., Sheidow, A. J., & Carter, R. E. (2009). Long-Term youth criminal outcomes in MST transport: The impact of therapist adherence and organizational climate and structure. Journal of Clinical Child & Adolescent Psychology, 38(1), 91–105. https://doi.org/10.1080/15374410802575388

Sibley, M. H., Comer, J. S., & Gonzalez, J. (2017). Delivering Parent-Teen therapy for ADHD through videoconferencing: A preliminary investigation. Journal of Psychopathology and Behavioral Assessment, 39(), 467–485. https://doi.org/10.1007/s10862-017-9598-6.

Statistics Norway (2025). Immigrants and Norwegian-born to immigrant parents. https://www.ssb.no/en/befolkning/innvandrere/statistikk/innvandrere-og-norskfodte-med-innvandrerforeldre

Storch, E. A., Sheu, J. C., Guzick, A. G., Schneider, S. C., Cepeda, S. L., Rombado, B. R., Gupta, R., Hoch, C. T., & Goodman, W. K. (2021). Impact of the COVID-19 pandemic on exposure and response prevention outcomes in adults and youth with obsessive-compulsive disorder. Psychiatry Research, 295. https://doi.org/10.1016/j.psychres.2020.113597

Storvoll, E. E., Wichstrøm, L., & Pape, H. (2003). Gender differences in the association between conduct problems and other problems among adolescents. Journal of Scandinavian Studies in Criminology and Crime Prevention, 3(2), 194–209. https://doi.org/10.1080/14043850310010794

Sundell, K., Hansson, K., Löfholm, C. A., Olsson, T., Gustle, L. H., & Kadesjö, C. (2008). The transportability of multisystemic therapy to sweden: Short-term results from a randomized trial of conduct-disordered youths. Journal of Family Psychology, 22(4), 550–560. https://doi.org/10.1037/a0012790. https://doi-org.ezproxy.uio

Taraldsen, K. (2020). Behandlingsmøter i korona-tiltakenes tid [Treatment meetings in the time of the corona measures.]. KONTEKSTonline, 6. https://m.nubu.no/utgave-6/behandlingsmoter-i-korona-tiltakenes-tid-article31972581.html?fbclid=IwAR1gogm8_ay5prHqCbEtDP58wvy_UegCgNCgoDH5V_D4oGUowQM_zcx0YKY

Thorisdottir, I. E., Asgeirsdottir, B. B., Kristjansson, A. L., Valdimarsdottir, H. B., Jonsdottir Tolgyes, E. M., Sigfusson, J., Allegrante, J. P., Sigfusdottir, I. D., & Halldorsdottir, T. (2021). Depressive symptoms, mental wellbeing, and substance use among adolescents before and during the COVID-19 pandemic in iceland: A longitudinal, population-based study. The Lancet Psychiatry, 8(8), 663–672. https://doi.org/10.1016/S2215-0366(21)00156-5. https://doi-org.ezproxy.uio

Van Buuren, S. (2018). Flexible Imputation of Missing Data, Second Edition. Chapman & Hall/CRC.

Van der Put, C. E., Deković, M., Stams, G. J. J. M., Van der Laan, P. H., Hoeve, M., & van Amelsfort, L. (2011). Changes in risk factors during adolescence: Implications for risk assessment. Criminal Justice and Behavior, 38(3), 248–262. https://doi.org/10.1177/0093854810391757. https://doi-org.ezproxy.uio

van der Stouwe, T., Asscher, J. J., Stams, G. J. J., Deković, M., & van der Laan, P. H. (2014). The effectiveness of multisystemic therapy (MST): A meta-analysis. Clinical Psychology Review, 34(6), 468–481. https://doi.org/10.1016/j.cpr.2014.06.006

Von Soest, T., Kozàk, M., Rodríguez-Cano, R., Fluit, D. H., Cortés-García, L., Ulset, V. S., Haghish, E. F., & Bakken, A. (2022). Adolescents’ psychosocial well-being one year after the outbreak of the COVID-19 pandemic in Norway. Nature Human Behaviour, 6, 217–228. https://doi.org/10.1038/s41562-021-01255-w

Yaffa, S., Adi, E. L., Itai, P., Marit, J. M., Doron, G., & Daniel, S. (2021). Treatment of eating disorders in adolescents during the COVID-19 pandemic: A case series. Journal of Eating Disorders, 9(17). https://doi.org/10.1186/s40337-021-0037

Traduction non officielle en français de La thérapie multisystémique auprès des jeunes au fil de la pandémie de COVID-19 en Norvège, par Katrine Skulberg, Tony C. A. Tan, Dagfinn Mørkrid Thøgersen, Knut Taraldsen et Gunnar Bjørnebekk, Journal of Child and Family Studies, vol. 35, no 1 (2026), doi : 10.1007/s10826-025-03222-9, sous licence CC BY 4.0. Traduction et mise en page : Complexe Systémique, septembre 2026 — l’œuvre a été modifiée au sens de la licence (tableaux présentés en listes, légendes des figures traduites). Ni les auteurs ni l’éditeur ne répondent de cette traduction ; la version originale fait foi.

Traduction française non officielle de « Multisystemic Therapy for Adolescents Through the COVID-19 Pandemic in Norway », publié dans Journal of Child and Family Studies (2026) sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique, elle n’émane ni des auteurs ni de l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ; la version originale fait foi.

Lire l’article original

Comment citer cet article

Skulberg, K., Tan, T. C. A., Thøgersen, D. M., Taraldsen, K., et Bjørnebekk, G. (2026). La thérapie multisystémique auprès des jeunes au fil de la pandémie de COVID-19 en Norvège (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/la-therapie-multisystemique-aupres-des-jeunes-au-fil-de-la-pandemie-de-covid-19-en-norvege (Œuvre originale publiée en 2025 dans Journal of Child and Family Studies, 35(1), 124-140 (2026) ; republiée en 2026 par Journal of Child and Family Studies, https://link.springer.com/article/10.1007/s10826-025-03222-9)

Panier

Votre panier est vide.