Red Sistémica · Violences

Une compréhension écologique de la violence filio-parentale

La violence filio-parentale (VFP) a augmenté de façon exponentielle ces dernières années et s’est ouvert un espace propre dans le champ complexe de la violence intrafamiliale. Elle a toujours existé, mais toujours liée à d’autres problèmes (psychopathologie grave, etc.). Celle qui apparaît aujourd’hui est un nouveau modèle de VFP, dans lequel la violence est le cœur du problème et non une circonstance de plus d’une problématique plus large. Cet article propose une compréhension écosystémique de la VFP, qui inclut des facteurs sociaux, éducatifs, individuels et familiaux. Après l’avoir définie, les auteurs énumèrent et décrivent les variables liées à la genèse et au maintien de cette problématique, en portant une attention particulière aux aires du fonctionnement familial affectées et aux dynamiques relationnelles caractéristiques des foyers où de tels épisodes se sont produits.

Auteurs Roberto Pereira Tercero, psychiatre, directeur d’Euskarri, Centre d’intervention en violence filio-parentale, et Lorena Bertino Menna, psychologue, psychothérapeute, coordinatrice d’EuskarriPublication Red Sistémica, 2023Traduction Complexe Systémique, avec l’accord de Red Sistémica

Mots-clés : violence filio-parentale, limites, hiérarchies et secrets familiaux.

« Peu de choses démontent davantage notre idéal de famille que l’inversion de la séquence naturelle que représente le fait qu’un enfant frappe un parent. »

Roberto Pereira Tercero et Lorena Bertino Menna

Introduction

Les médias ont reflété, au cours des trois dernières années, une augmentation spectaculaire de ce que nous pouvons appeler le troisième type de violence intrafamiliale. Historiquement, on a d’abord prêté attention à la violence des parents envers les enfants, puis à la violence conjugale ; aujourd’hui émerge la violence filio-parentale (VFP).

Les rapports judiciaires de ces années font état d’une augmentation notable des plaintes de parents agressés par leurs enfants : elles ont été multipliées par huit en Catalogne sur la période 2000-20041, par trois au Pays basque entre 2002 et 20032, ou par quatorze de 2000 à 2004 dans la Communauté valencienne3.

× 8
plaintes de parents agressés en Catalogne, 2000-2004
× 3
au Pays basque, 2002-2003
× 14
dans la Communauté valencienne, 2000-2004

Cela ne signifie pas qu’elle n’existait pas auparavant ; mais elle émerge devant l’opinion publique comme s’il s’agissait d’un phénomène nouveau, et les professionnels comme la société dans son ensemble commencent à prêter attention à un problème que l’on concevait, dans le passé, comme l’un de ceux qui accompagnent des pathologies moyennement graves.

En réalité, ce phénomène n’a rien d’un processus étrange : la même chose s’est produite avec les autres types de violence intrafamiliale. La maltraitance infantile comme la violence conjugale sont des situations ancrées depuis de longues années au sein de la famille. Seule leur définition comme inadéquates et nuisibles, ainsi que l’effort pour les mettre au jour, a modifié la vision fragmentée que l’on en avait, favorisant l’émergence sociale d’un problème caché. De la même manière, la VFP restait dissimulée comme l’un des conflits que présentait une famille porteuse d’autres dysfonctionnements.

Mais un autre facteur a été décisif dans cette apparition soudaine de la VFP : l’émergence d’un nouveau profil de violence, localisé dans des familles apparemment normalisées, exercée par des enfants qui ne présentaient pas de problèmes auparavant, et qui sont responsables de cette augmentation spectaculaire des plaintes judiciaires.

Nous décrirons plus loin ces deux types de violence mais, auparavant, nous définirons ce que nous entendons par violence, et par VFP.

Définition

L’Organisation mondiale de la santé définit la violence comme « toute action ou omission intentionnelle qui, dirigée vers une personne, tend à lui causer un dommage physique, psychologique, sexuel ou économique » (OMS, 2002). Nous nous trouvons donc face à divers types de violence (physique, psychologique, négligence, abus sexuel, maltraitance économique, vandalisme), qui peuvent de surcroît être classés selon le contexte où ils se produisent : intrafamilial, politique, scolaire, professionnel, etc.

Il est nécessaire d’établir une distinction entre agressivité et conduite violente. La première, de nature relationnelle, fait partie de l’expérience humaine et ne produit pas nécessairement de dommage chez l’interlocuteur. La conduite violente, en revanche, ne fait pas partie de la manière d’être : elle constitue une conduite apprise et, comme telle, elle peut être changée. En outre, elle est naturelle dans son propre contexte et ne devient perturbatrice que lorsqu’elle est décontextualisée (Abeijón, 2006). Ainsi, par exemple, des joueurs de rugby peuvent se plaquer violemment pendant toute la durée du match sans que leur conduite soit qualifiée d’intolérable. Mais si ces mêmes joueurs, le match terminé, reproduisent ailleurs la même conduite, il est très probable que la police finisse par intervenir.

Nous nous situons à un point de départ systémique, dans lequel nous considérons à la fois une linéarité et une circularité de la conduite violente. La violence doit être abordée légalement, dans un contexte linéaire, où s’établit une différenciation entre victimes et bourreaux. Mais elle doit aussi être comprise techniquement, et c’est dans ce but que nous introduisons la circularité, comme un outil utile pour comprendre le processus dans lequel interagissent les participants à la conduite violente (Lamas, 2000).

Linéarité

Le registre légal : la violence doit être abordée en distinguant victimes et agresseurs.

Circularité

Le registre technique : comprendre le processus dans lequel interagissent les participants à la conduite violente.

Définition de la VFP

Nous entendons ce type de violence comme l’ensemble des conduites réitérées d’agression physique (coups, bousculades, jets d’objets), verbale (insultes répétées, menaces) ou non verbale (gestes menaçants, bris d’objets auxquels on tient), dirigées contre les parents ou contre les adultes qui occupent leur place (Pereira, 2006).

1

Agression physique

Coups, bousculades, jets d’objets.

2

Agression verbale

Insultes répétées, menaces.

3

Agression non verbale

Gestes menaçants, bris d’objets auxquels on tient.

Sont donc incluses les menaces et les insultes, qu’elles passent par des gestes ou des paroles, les agressions physiques de tout type, ou le bris délibéré d’objets auxquels tient la personne agressée. En outre, la violence doit être dirigée contre les parents ou contre les figures parentales qui les remplacent : tuteurs, éducateurs, etc.

N’entre donc pas dans cette définition la violence occasionnelle, sans antécédents et qui ne se répète pas. Cela exclut, de manière presque générale, le parricide, qui présente des caractéristiques particulières le distinguant de ce type de violence et qui constitue souvent un épisode unique, sans antécédents enregistrés.

Sont exclues également l’agression sexuelle envers les parents et les attaques préméditées avec des armes létales, considérées comme relevant d’un profil différent, ainsi que la violence qui apparaît dans un état de diminution importante de la conscience (autisme ou retard mental grave) et qui ne se répète pas lorsque cet état cesse : violence au cours d’intoxications, de troubles mentaux organiques, de troubles du cours ou du contenu de la pensée, etc.

La violence qui se présente dans ces cas exclus fait partie de ce modèle traditionnel auquel nous faisions référence plus haut : par exemple, les agressions envers les parents commises par un toxicomane en quête d’argent ou de drogue en plein syndrome de sevrage, les attaques d’un schizophrène poussé par ses délires ou ses hallucinations, ou les agressions produites dans un état crépusculaire en sont quelques illustrations.

Nous incluons aussi dans cette VFP traditionnelle :

  • les adolescents et les jeunes qui se défendent eux-mêmes d’agressions, qui réagissent au fait d’être victimes d’abus sexuels ou d’un traitement humiliant, inadapté à leur âge ;
  • la violence exercée pour protéger un autre membre de la famille en train d’être agressé ;
  • ce que l’on appelle la « rétorsion » : des enfants qui ont subi maltraitance ou abus dans l’enfance, ou qui ont fait l’objet d’une négligence grave ou d’un abandon, et qui rendent la maltraitance lorsque les rôles s’inversent et que ce sont eux qui prennent soin de leurs parents.

La nouvelle VFP partage avec les autres modèles la recherche du contrôle et du pouvoir dans la famille, bien qu’elle s’en distingue par la poursuite d’objectifs. Le nouveau profil désigne les agressions exercées par des enfants, des adolescents et des jeunes apparemment normalisés, issus de tous les milieux sociaux, avec des conduites violentes plus ou moins étendues, qui incluent toujours le cadre familial et, très fréquemment, se limitent à ce contexte. L’éventail d’âge des agresseurs est large, bien que la VFP soit plus fréquente à l’adolescence, et il n’est pas rare qu’il s’agisse de garçons et de filles qui, non seulement ne sont pas agressifs hors de la maison, mais présentent même dans d’autres contextes des conduites suradaptées. La consommation de toxiques est habituelle, mais pas davantage que dans la population de leur âge (Romero Blasco et coll., 2005).

Les personnes agressées sont les adultes responsables de leur éducation, de tout âge et de tout genre, bien que ce soit plus fréquent chez les parents âgés, dans les familles monoparentales, et encore davantage chez les mères que chez les pères (Gallagher, 2004 ; Ibabe, 2007).

C’est une violence qui se produit généralement en escalade : elle commence habituellement par des insultes et des disqualifications, passe aux menaces et au bris d’objets, et se termine par des agressions physiques de plus en plus sévères. C’est un processus qui peut durer des années, et il faut souligner qu’il ne comporte pas de fin prédéterminée : la violence croît progressivement et ne s’arrête pas, même lorsqu’on a obtenu une soumission absolue, une domination et un contrôle complets par la terreur.

Il n’existe pas d’études fiables de prévalence et d’incidence, mais on constate, principalement par les rapports judiciaires, son augmentation constante ces dernières années. Des données des États-Unis indiquent que 25 % des appels téléphoniques aux associations contre la maltraitance intrafamiliale proviennent de parents agressés par leurs enfants. Cyrulnik (2005) signale une incidence estimée qui varie entre 1 % des familles françaises, 4 % des familles japonaises et 6 % des familles américaines, et ajoute qu’« en une seule génération, le phénomène des parents battus a pris des dimensions mondiales ».

25 %
des appels aux associations américaines contre la maltraitance intrafamiliale viennent de parents agressés par leurs enfants
1 %
des familles françaises (incidence estimée, Cyrulnik, 2005)
4 %
des familles japonaises
6 %
des familles américaines

Facteurs sociaux

Les changements sociaux survenus au cours des dernières décennies dans la plus grande partie du monde – et tout particulièrement dans la société occidentale – ont extraordinairement favorisé l’apparition de nouvelles dynamiques qui ont modifié les équilibres de pouvoir à l’intérieur de la famille, ainsi que dans l’autre grand système éducatif : l’école.

À partir de la seconde moitié du XXe siècle, on est passé d’un système clairement autoritaire à un autre, démocratique mais mal compris, dans lequel on assimile démocratie et absence d’autorité, et égalité au moment de prendre les décisions. En Espagne, cela s’est produit plus tardivement et de manière plus accélérée, parallèlement à la transition politique.

Le modèle hiérarchique familial et social est remis en question, mais seulement de manière formelle, puisque la responsabilité éducative continue d’être attribuée, légalement et socialement, aux parents et aux éducateurs. On ne les dépouille pas de la responsabilité mais, souvent, de l’autorité, ainsi que de certains des moyens habituellement utilisés pour la maintenir.

D’autres changements sociaux, qui se produisent en parallèle, accroissent la difficulté des parents et des éducateurs à maintenir leur autorité :

– La diminution du nombre de descendants, avec une augmentation importante des enfants uniques, situation qui atteint son paroxysme en Chine, où elle est instituée par la loi. Les enfants, de plus en plus rares, deviennent fréquemment un trésor qu’il faut choyer et soigner très délicatement, auquel il faut prêter attention toujours et partout : les rois de la maison.

– Les changements des modèles familiaux. La famille nucléaire voit sa présence diminuer progressivement, au point de représenter aujourd’hui moins de 50 % des modèles familiaux dans la société occidentale. D’autres typologies, comme les familles monoparentales ou recomposées, d’accueil ou adoptives, occupent un espace de plus en plus grand. Dans tous ces nouveaux modèles, pour des raisons propres à chacun quoique assez semblables entre elles, le maintien de l’autorité du ou des parents devient plus difficile.

– Les changements du cycle de vie familial, avec un recul progressif de l’âge moyen auquel on a des enfants, qui donne des parents âgés, avec moins d’énergie pour se battre avec les enfants afin de maintenir la discipline et de poser des limites.

– Les changements du monde du travail, avec la pleine entrée des femmes dans l’emploi et l’augmentation du nombre d’heures qu’il faut passer hors de la maison – horaires interminables ou longs trajets –, qui donnent naissance à ce que l’on appelle les enfants à la clé. Le nombre d’heures de contact avec les enfants diminue, on rentre fatigué à la maison et, dans le peu de temps passé avec eux, on essaie d’éviter autant que possible les situations de tension. On élimine les actes qui génèrent de la frustration, en quête d’une harmonie familiale qui ne surcharge pas davantage le parent fatigué. S’instaure alors une éducation permissive, dont la conséquence est la difficulté à poser des limites et à se faire respecter.

Et lorsque ce sont d’autres membres de la société qui tentent de poser ces limites, il n’est pas rare d’observer que les parents s’allient indistinctement avec l’enfant, s’affrontant, parfois violemment, aux enseignants qui essaient d’éduquer sans la collaboration des parents. Cet affrontement entre famille et système éducatif a conduit à la perte fréquente d’une collaboration indispensable, ainsi qu’à l’indifférence et à l’absentéisme de nombreux enseignants épuisés par le manque de soutien de toute sorte dans l’accomplissement de leur travail.

– L’évolution de la société vers un modèle éducatif fondé davantage sur la récompense que sur la sanction, sur la tolérance que sur la discipline, a conduit à restreindre de manière significative la capacité de sanction des éducateurs. On a retiré depuis longtemps aux professeurs et aux maîtres la possibilité d’utiliser la quasi-totalité des punitions. À présent, on retire cette capacité de sanction aux parents, qui ne peuvent plus punir physiquement leurs enfants.

Parallèlement, et de manière incohérente, la société est de plus en plus permissive envers la violence des enfants. Les messages violents se multiplient dans les médias, la télévision et les jeux vidéo enseignent aux enfants et aux jeunes les mille et une façons de résoudre leurs problèmes par la violence, tandis que l’âge de la responsabilité pénale recule et que la responsabilité légale se relativise.

– Enfin, on ne peut manquer de signaler la dérive sociale vers un hédonisme et un nihilisme croissants, avec une désorientation générale importante quant au chemin à suivre et une perte des repères de valeurs qui guideraient les membres des familles dans le difficile travail de l’éducation.

Nous nous trouvons donc face à un modèle social qui accorde une importance toujours plus grande à l’enfance et à la jeunesse, celle-ci étant désignée comme le meilleur âge de la vie, que l’on tente de prolonger indéfiniment. La permissivité envers les conduites de ces âges augmente tandis que, simultanément, on prive les responsables de l’éducation des instruments coercitifs nécessaires pour l’exercer. L’espace familial privé se réduit, et les systèmes sociaux, légaux – le public – interviennent de plus en plus dans ce qui était auparavant le sanctuaire familial. Il ne fait aucun doute que cette invasion du privé par le public présente des aspects positifs, comme la lutte contre la maltraitance et l’abus sexuel par exemple ; elle comporte cependant aussi quelques effets secondaires : en retirant aux éducateurs et aux parents la délégation sociale pour l’administration et l’utilisation d’instruments coercitifs, ceux-ci restent entre les seules mains de l’Administration.

Il n’est donc pas étonnant que nous rencontrions, de plus en plus fréquemment, des éducateurs et des parents qui renoncent à leur fonction et la délèguent à l’État. Il devient courant que les services sociaux ou judiciaires se trouvent face à des parents qui renoncent explicitement à l’autorité parentale et remettent leurs enfants à l’administration pour qu’elle s’en charge. Débordés par une situation complexe, avec peu de ressources pour l’affronter et tenus pour responsables par une société qui les culpabilise de la mauvaise conduite de leurs enfants, ils finissent par capituler et par refiler la patate chaude à celui qui s’est réservé l’exclusivité de la capacité disciplinaire et coercitive.

À retenir

Pour les auteurs, la société contemporaine produit une double incohérence : elle continue d’attribuer aux parents et aux éducateurs la responsabilité de l’éducation tout en les privant de l’autorité et des moyens de l’exercer, et elle se montre de plus en plus permissive envers la violence des jeunes. Les instruments coercitifs restant aux seules mains de l’Administration, de plus en plus de parents débordés finissent par lui déléguer leur fonction.

Styles éducatifs

Parallèlement à ces changements sociaux, divers auteurs ont tenté de corréler les styles éducatifs avec la VFP.

Peek et Fisher (1985), dans une vaste étude sur un échantillon d’élèves des dernières années de lycées américains, ont interrogé les élèves sur des situations de VFP survenues au cours de trois années et sur les styles d’exercice de l’autorité et du contrôle (power style) dans leurs familles, et ils ont trouvé une relation nette entre les deux facteurs. Ils ont ensuite corrélé leurs observations de VFP avec quatre styles éducatifs : a) style punitif et non strict ; b) style strict mais non punitif ; c) style ni punitif ni strict ; d) style violent. Leurs résultats ont montré une relation nette entre les styles violent (une violence généralisée dans la famille, exercée de manière habituelle) et punitif mais non strict (c’est-à-dire plus arbitraire et sans normes claires) et la VFP.

Gallagher (2004) propose un modèle similaire lorsqu’il corrèle la VFP avec deux styles éducatifs : le permissif-libéral et l’autoritaire-violent.

Dans la lignée de ces propositions, nous trouvons, dans notre casuistique, une corrélation nette entre ces styles éducatifs et la VFP, bien que nous puissions établir des différences entre la nouvelle et la traditionnelle VFP quant aux styles éducatifs.

La nouvelle VFP serait davantage liée au style permissif-libéral (ou punitif non strict), dans lequel on n’établit pas de normes claires et où il n’y a pas d’exercice cohérent de l’autorité. Lorsqu’on tente d’appliquer des normes ou des punitions, elles s’avèrent arbitraires et génèrent une frustration accrue. Les enfants sont souvent surprotégés, on leur donne tout ce qu’ils demandent presque sans exigences, si bien qu’ils finissent par devenir des tyrans, avec une faible estime de soi et un faible niveau de tolérance à la frustration et d’empathie.

Cette arbitrarité dans l’imposition des normes et de l’autorité, de même que la satisfaction immédiate des désirs des enfants, peuvent tenir aussi bien à l’existence d’une interaction fusionnelle avec le parent, dans laquelle la relation prime sur l’éducation, qu’à une incapacité à établir des normes cohérentes en raison de désaccords entre les parents ou de conflits entre eux.

Le style éducatif autoritaire et violent engendre souvent des familles multiviolentes, dans lesquelles les agressions servent à résoudre les conflits. Toute rébellion est sanctionnée par un surcroît de punitions, de menaces, d’humiliations ou de violence. L’autorité ne se négocie pas et s’exerce de manière rigide et inflexible. La VFP apparaît ici comme défensive, protectrice, de rétorsion, ou liée à une psychopathologie grave.

Un troisième style éducatif, que relèvent Ibabe et coll. (2007) en citant Laurent et Derry (1999), serait le style négligent-absent, dans lequel les parents abdiquent leur rôle, déclarent ouvertement que ce n’est pas à eux de poser les normes et que les enfants (indépendamment de leur âge et de leurs capacités cognitives) sont déjà assez grands pour savoir ce qu’ils doivent faire. Ils génèrent chez le mineur une pseudo-indépendance, quand ce n’est pas une parentification. Les enfants utilisent la violence pour tenter de s’imposer ou, au contraire, pour rejeter le rôle dans lequel on les place. On trouve ici les deux types de VFP, la traditionnelle et la nouvelle.

Nouvelle VFP

Styles éducatifs permissifs et négligents ; fusion émotionnelle entre le jeune violent et le parent agressé ; la violence comme tentative primitive d’éloignement dans une relation où l’éducation est sacrifiée au maintien du lien.

VFP traditionnelle

Styles éducatifs autoritaires et négligents ; violence intrafamiliale préalable ou psychopathologie grave ; la violence comme conduite défensive, mode appris de résolution des conflits ou expression pathologique.

En résumé, la nouvelle VFP est liée à des styles éducatifs permissifs et négligents ; elle se rattache principalement à la fusion émotionnelle entre le jeune violent et le parent agressé, et se conceptualise comme une tentative primitive d’éloignement dans une relation où l’éducation (entendue comme le fait de poser des limites et des normes et, donc, de générer de la frustration) est sacrifiée au maintien de la relation (extrêmement proche, fusionnelle, créée et entretenue par les deux).

La VFP traditionnelle serait associée à des styles éducatifs autoritaires et négligents, avec une violence intrafamiliale préalable ou une psychopathologie grave chez un ou plusieurs membres de la famille. La violence apparaît comme une conduite défensive, comme la manière apprise de résoudre les conflits et de faire baisser la tension, ou comme une expression psychopathologique ou d’une diminution transitoire de la conscience.

Facteurs individuels

Outre les facteurs sociaux et familiaux – que nous aborderons ensuite –, il existe une série de variables individuelles associées aux agresseurs dans la VFP.

On a relevé une série de caractéristiques de personnalité qui apparaissent plus fréquemment chez les agresseurs : faible estime de soi, égocentrisme, impulsivité et absence ou diminution de la capacité empathique. Les deux dernières, fréquentes mais pas toujours présentes, sont habituellement associées à certains troubles que nous verrons plus loin.

La faible estime de soi et l’égocentrisme sont deux des caractéristiques que l’on perçoit le plus fréquemment, quoique de façon non exclusive, chez les jeunes violents, et elles sont liées, selon H. Omer (2007), aux changements du modèle éducatif. Selon cet auteur, les évaluations menées – dans les années 1980 et 1990 – sur l’évolution de l’éducation vers un modèle plus permissif, centré sur les stimulations positives plus que sur le dépassement des difficultés, ont montré que l’estime de soi des jeunes avait diminué. Il semble que celle-ci soit davantage liée à la perception d’être capable d’affronter des obstacles et de les surmonter par soi-même qu’à la connotation positive des réussites. Autrement dit, à titre d’exemple, passer automatiquement dans la classe supérieure sans avoir réussi ses examens ne génère pas une haute estime de soi, mais tout le contraire ; et plus on facilite les choses aux enfants et aux adolescents, moins ils doivent fournir d’efforts pour affronter les problèmes, moins ils éprouvent d’estime de soi.

Un autre facteur qui influe sur l’émergence et le maintien de la VFP est la consommation de toxiques. Bien qu’elle ne constitue pas une variable centrale – comme nous l’avons déjà signalé –, elle favorise l’apparition de conduites violentes à tout âge et dans tout contexte.

La VFP s’associe également, avec une certaine fréquence, à la présence d’une psychopathologie diverse :

Trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité

Il est actuellement à la mode et fait l’objet d’une forte pression pour que son diagnostic s’étende aux adultes. Il présente une série de caractéristiques fréquemment associées à la VFP : impulsivité, faible tolérance à la frustration, consommation fréquente de toxiques, etc.

Au moment de diagnostiquer ce trouble dans la VFP, il faut soigneusement distinguer si sa présence se manifeste exclusivement dans les relations familiales ou dans n’importe quel contexte : professionnel, scolaire, dans la salle de thérapie, etc. Dans le premier cas, nous aurions là des indices que la conduite ne répond qu’à des interactions spécifiques du noyau familial.

Troubles de la personnalité

Ils sont fréquemment diagnostiqués dans ce type de phénomène, bien qu’il faille souligner qu’ils n’y sont pas nécessairement liés : dans certains cas de troubles de la personnalité, la VFP apparaîtra, et seuls certains sujets qui exercent une VFP pourront recevoir un tel diagnostic.

Trouble histrionique de la personnalité

La VFP se comprend dans le contexte d’un besoin pathologique d’attention, toute ressource étant bonne pour l’obtenir. Peu fréquent.

Trouble narcissique de la personnalité

Grandiosité, absence d’empathie ; les autres sont vécus comme des personnes insignifiantes qui n’ont aucun droit de faire obstacle aux objectifs poursuivis. Tout moyen est bon pour obtenir ce que l’on veut, y compris la violence.

Trouble de la personnalité limite (borderline)

Conduite instable, imprévisible, altération de l’identité et de la relation, qui peut conduire à l’apparition d’une VFP.

Trouble de la personnalité antisociale

Absence d’empathie, froideur affective, recours à n’importe quelle méthode pour atteindre ses objectifs, contrôle et manipulation relationnelle : l’exercice d’une VFP n’est pas rare chez ces jeunes.

Face à ces cas de personnalité antisociale, nous devons prêter une attention particulière à l’existence d’un schéma de violence générale ou de conduite délictueuse, ou au fait que celle-ci se produit exclusivement à l’intérieur de la famille. Si tel est le cas, et bien que toutes les interventions requièrent une approche familiale, il deviendrait évident que l’intervention doit porter sur le circuit relationnel violent plus que sur l’individu agresseur.

Troubles du registre anxieux

Dans notre expérience – qui coïncide avec celle de certains auteurs comme Mouren et coll. (1985) –, la nouvelle VFP s’associe plus fréquemment à des troubles du registre anxieux, en particulier phobiques et obsessionnels : des enfants et des jeunes exigeants et tyranniques à la maison, mais dociles et craintifs à l’extérieur – surtout à l’école. Il n’est pas rare, dans ces cas, de voir apparaître des compulsions ou des symptômes phobiques comme l’agoraphobie ou la phobie scolaire.

Facteurs familiaux

À notre avis, dans les familles qui présentent le nouveau profil de VFP, on observe une série de dynamiques relationnelles caractéristiques, que nous nous proposons de décrire ci-après.

Pour les comprendre, il est nécessaire de signaler que le modèle systémique conçoit la violence familiale comme le résultat d’une interaction déterminée entre les différents membres de la famille, au cours de laquelle les rôles de victime et d’agresseur peuvent s’échanger, comme l’ont décrit les auteurs systémiciens de référence sur la violence familiale. Comme nous l’avons expliqué, pour pouvoir intervenir avec plus de chances de succès dans un contexte psychothérapeutique, nous devons essayer de comprendre le processus par lequel on en arrive à la conduite violente. On y parvient en introduisant le concept de circularité, c’est-à-dire l’interaction continue entre les participants à la relation, dans un échange communicationnel qui n’a ni début ni fin et qui se conditionne mutuellement. Si nous parvenons à connaître les interactions familiales autour de la conduite violente, nous pourrons la déchiffrer et lui trouver un sens, ce qui nous permettra d’en parler et de chercher des alternatives.

On a décrit une série de facteurs familiaux qui favorisent l’apparition de la VFP :

– Une expérience familiale préalable d’utilisation de la violence pour résoudre les conflits. Si ce que les enfants apprennent dans la famille, c’est que les désaccords – de quelque type que ce soit – conduisent à une impasse, à une situation sans issue, et que la violence est une ressource résolutive qui décharge la tension créée, il est probable qu’en grandissant, lorsqu’ils se trouveront dans des situations semblables, ils répètent les mécanismes appris dans l’enfance pour les résoudre. Autrement dit, les familles où les enfants ont été spectateurs de maltraitances fréquentes engendrent plus facilement des enfants maltraitants – envers leurs parents, ou envers leurs partenaires et leurs enfants à l’avenir. Dans ces cas, la violence peut apparaître de trois manières différentes : a) généralisée, dans des familles où la violence est de tous contre tous ; b) dirigée contre l’agresseur, lorsque l’identification se fait avec la victime de la maltraitance antérieure ; c) dirigée contre la victime, lorsque l’identification se fait avec l’agresseur. Ce dernier cas est plus fréquent que le précédent : les enfants finissent par reproduire en miroir la conduite observée, et se joignent à la maltraitance de la victime désignée par le système familial.

Quoi qu’il en soit, il est important de souligner que, si la répétition de l’exercice de la violence est fréquente lorsqu’on l’a vécue, on ne peut affirmer que cette expérience détermine un agir agressif futur.

– Des parents excessivement permissifs, non normatifs, qui se sont explicitement proposé d’éduquer leurs enfants démocratiquement – et l’ont souvent annoncé ainsi publiquement – (Cyrulnik, 2005) ; qui entretiennent une relation parent-enfant symétrique dès le plus jeune âge, dans laquelle les normes, même celles du premier degré – liées à la survie immédiate des enfants –, ne s’imposent pas mais se négocient, et où l’opinion de chacun a la même valeur.

– Des parents surprotecteurs qui, pour des raisons diverses – enfant longtemps désiré, tardif, fragile, accueilli, adopté, etc. –, sont disposés à satisfaire tous les désirs de leurs enfants. Ils annoncent publiquement qu’ils aimeront leurs enfants par-dessus tout, quoi qu’ils fassent. Autrement dit, ils renoncent non seulement à la conduite coercitive, mais aussi à l’autre instrument important pour poser des limites : si tu ne te conduis pas bien, je ne pourrai pas t’aimer.

– Des parents insatisfaits de leurs rôles, qui expriment fréquemment que leur vie est vide, dépourvue de sens, et qu’ils ne savent pas pourquoi ils continuent de vivre. Des parents qui ont eu leurs enfants accidentellement ou contre leur volonté, et qui manifestent leur déplaisir à ce sujet.

– Des parents qui entretiennent une relation très conflictuelle et ont l’habitude de se disqualifier mutuellement devant les enfants. Le conflit peut mener à une triangulation, dans laquelle on utilise le mineur pour attaquer le conjoint, en recherchant son alliance. Pour cela, on n’hésite pas à disqualifier l’autre parent, surtout s’il a posé une limite : on lève les punitions, on dévalorise ce que fait le conjoint, on le ridiculise et on le discrédite. Cette situation conduit à l’incohérence et au désaccord sur la manière d’éduquer les enfants, ou à l’inadéquation des moyens utilisés : les mêmes conduites entraînent des punitions disproportionnées dans certains cas et passent inaperçues dans d’autres. L’arbitraire devient la norme et discrédite toute tentative de poser des limites cohérentes.

– Des parents qui, pour différentes raisons, entretiennent une relation excessivement proche, fusionnelle, avec l’un des enfants. Il s’agit généralement de familles monoparentales, ou de familles dont l’un des parents est absent, froid ou distant. Cette caractéristique est centrale dans l’apparition de la nouvelle VFP et se rencontre, d’après notre expérience, dans la majorité des cas ; au moins – ou surtout – au début de la conduite violente.

Aires dysfonctionnelles

Le dysfonctionnement familial s’observe fondamentalement dans trois des principales aires du fonctionnement familial (Harbin et Madden, 1979) :

1

Organisation hiérarchique et établissement des normes

L’absence de hiérarchie est la principale caractéristique du fonctionnement de ces familles.

2

Protection de l’image familiale

Déni, minimisation, mythe de la paix et de l’harmonie familiale, construction d’un secret.

3

Séparation et fusion

Fusion émotionnelle entre l’agresseur et le parent agressé, préalable à l’apparition de la violence.

1. Organisation hiérarchique et établissement des normes

L’absence de hiérarchie constitue la principale caractéristique du fonctionnement de ces familles, et elle est constante, qu’il s’agisse d’une famille multiviolente, monoparentale ou avec les deux parents présents. La difficulté à établir des normes et des limites est ce qui frappe le plus lorsqu’elles consultent, de même que l’aveu de l’échec dans ce domaine et la demande que quelqu’un de l’extérieur s’en charge.

Dans ces familles, nous constatons que l’un des parents – parfois les deux – a abdiqué son rôle, que leur rivalité les empêche de développer des procédures d’établissement des normes, ou bien prive celles-ci de toute efficacité. Cela ne les empêche pas d’attribuer, presque unanimement, l’abdication du rôle éducatif à la personnalité et à la conduite violente de l’enfant. « On ne peut rien faire », tel est le leitmotiv qui non seulement masque l’incapacité des parents à assumer un rôle hiérarchique, mais engendre fréquemment un défaut de collaboration au moment d’aborder le problème : si d’autres le résolvent, c’est que ce n’était pas impossible et, par conséquent, j’y ai une part de responsabilité.

Souvent, les parents refusent explicitement d’être ceux qui imposent les normes – et donc de se rendre responsables de leur respect –, en déclarant que ce n’est pas leur tâche, ou que celle-ci revient à l’école ou à la société. Cette attitude favorise la parentification de l’un des enfants, à qui l’on délègue le peu d’autorité qui reste ; celui-ci, débordé par la situation, développe des conduites violentes comme tentative de contrôle, qui s’applique d’abord aux frères et sœurs plus jeunes – s’il y en a – puis s’étend au(x) parent(s).

L’échec ou le renoncement à établir une hiérarchie permettant d’instaurer et de maintenir des normes est lié à plusieurs des facteurs que nous avons signalés précédemment : triangulations dans lesquelles on recherche l’alliance de l’enfant, relation fusionnelle entre l’enfant violent et l’un des parents, conflits et rivalité entre les parents qui ne permettent à aucun d’eux de détenir la hiérarchie familiale, etc.

2. Protection de l’image familiale

Dans la VFP, l’image familiale – celle des parents comme celle des enfants violents – est détériorée. Le sentiment d’échec des parents dans l’éducation, la honte d’être agressé par un enfant, la protection de l’image familiale font que presque toutes les familles concernées nient la gravité de l’agression et en minimisent les effets, même lorsqu’ils sont publics et évidents. Cela constitue un sérieux obstacle à la prévention et à la prise en charge adéquates de ces cas, qui ne consultent que lorsque les agressions deviennent publiques pour une raison ou une autre.

La détérioration de la situation familiale entraîne une réaction qui vise justement à présenter une image opposée : se crée ainsi le mythe de la paix et de l’harmonie familiale, visible dans la plupart de ces familles jusqu’à ce qu’on ne puisse plus dissimuler l’évidence. Pour cacher ce qui se passe, un secret se construit progressivement autour du fonctionnement familial.

Bien que la création et le maintien de ce secret soient typiques de tout type de violence intrafamiliale, dans la VFP le déni est pratiquement la règle et atteint des extrêmes graves : on tolère des niveaux élevés d’agressivité pendant une période prolongée avant de prendre des mesures (Harbin et Madden, 1979).

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Le soir de Noël, au cours d’une des nombreuses disputes avec sa fille, celle-ci blesse sa mère avec un couteau. Comme un autre de ses enfants doit arriver d’un moment à l’autre, la mère change ses vêtements tachés de sang et l’accueille sans rien lui dire de ce qui s’est passé. Ce n’est que lorsque le sang réapparaît sur sa robe, rendant la situation évidente, que la mère en parle.4

Le maintien du secret se caractérise par le refus de la confrontation ou de la discussion ouverte sur la conduite violente, la minimisation de celle-ci et de ses effets, le refus de prendre des mesures cohérentes (« puisqu’il ne se passe rien », il ne serait pas cohérent de le faire) et le refus de l’aide extérieure.

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Après une série de questions, les parents racontent en séance le moment où le fils a tenté d’étrangler son père avec le câble de la console de jeux parce que celui-ci l’avait débranchée. À cet instant, la mère fond en larmes et explique : « cette situation est terrible ». Lorsque le thérapeute lui demande de préciser ce commentaire, elle répond : « il a dû passer par la cellule de garde à vue et, en plus, ses amis l’ont vu quand la police l’a emmené menotté ; il ne nous pardonnera jamais ».

Comme il devient de plus en plus difficile de garder secret ce qui se passe, le contact avec l’extérieur diminue progressivement, ce qui conduit à un isolement qui favorise, à son tour, l’accroissement de la conduite violente. Cet isolement peut aussi résulter d’une exigence de l’enfant agresseur, qui y voit une plus grande facilité pour atteindre ses objectifs. L’isolement favorise alors le maintien du secret, créant un cercle vicieux qui, dans le même temps, aggrave le problème.

Parmi les raisons qui permettent de comprendre cette conduite, nous pouvons citer le mythe de l’harmonie et de la paix familiale mentionné plus haut, la préservation de l’image que les sujets ont d’eux-mêmes, le sentiment d’échec dans la tâche parentale et, surtout, la honte que tout cela soit rendu public et que l’échec du projet familial soit mis en évidence : peu de choses démontent davantage notre idéal de famille que l’inversion de la séquence naturelle que représente le fait qu’un enfant frappe un parent.

L’effort pour maintenir le secret et la prétendue harmonie familiale peut conduire à des types de communication et de relation typiques des familles psychotiques : la déviation communicationnelle (Wynne et Singer, 1977) et la pseudo-mutualité (Wynne et coll., 1971).

3. Séparation et fusion

Cyrulnik (2005), dans sa description des jeunes agresseurs, signale que « tous les adolescents maltraitants que nous avons rencontrés avaient été privés de l’occasion d’expérimenter l’effet de la séparation ». Il relève aussi qu’ils avaient très souvent été des enfants conformistes et anxieux avant de devenir des tyrans.

Dans presque toutes les familles reçues à Euskarri apparaît la fusion émotionnelle entre l’agresseur et le parent agressé, comme étape préalable à l’apparition de la conduite violente. Cette relation intense peut sembler étrange, surtout si nous prenons connaissance du cas à un stade déjà très avancé, avec une relation parent-enfant très détériorée ; mais, en l’explorant attentivement, elle apparaît dans la grande majorité des cas.

Cette relation est plus évidente dans une famille monoparentale ou qui traverse une phase de monoparentalité, mais elle se produit aussi dans des familles où les deux parents sont présents, du fait d’un éloignement ou d’un conflit entre eux.

Elle est plus facile à observer dans les familles monoparentales, où l’enfant occupe souvent la place du partenaire du parent, produisant parfois une relation pseudo-incestueuse : on échange des confidences, même les plus intimes, on cherche un soutien mutuel, on sort ensemble, on partage la chambre ou le lit.

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Lorsqu’Inés est venue consulter, nous avons rencontré une mère séparée, jeune, séduisante et très séductrice, qui vivait chez ses parents avec son fils unique de 18 ans, avec qui elle partageait sa chambre depuis des années et qui, depuis son entrée dans l’adolescence, se comportait violemment envers elle. Elle n’entretenait aucune relation avec le père et, bien qu’elle eût un « ami » depuis longtemps, elle n’envisageait pas de quitter le domicile familial. Nous n’avons appris qu’après plusieurs séances, et de nombreuses tentatives pour faire sortir le fils de la chambre – toutes bloquées par la mère –, que la maison comptait trois chambres, mais que deux d’entre elles étaient occupées par les grands-parents, qui dormaient séparément depuis des années.

Cette relation si étroite, qui a convenu pendant un temps aux deux, entre en crise lorsque la croissance, les circonstances ou l’éclosion hormonale de l’adolescence la rendent très dangereuse. Dans ce lien si proche, fusionnel, le début de la violence peut se comprendre comme une tentative primitive de mise à distance, d’évasion hors de la relation désormais vécue comme oppressante, limitante ou dangereuse. Apparaissent ensuite les bénéfices secondaires de la conduite violente – contrôle, pouvoir – qui contribuent à son maintien.

Cette proximité excessive entre parent et enfant entraîne en outre l’impossibilité de créer une relation hiérarchique. Si mon fils est mon ami, mon confident, mon soutien, je ne peux me situer avec lui dans un rôle d’autorité ; cela le conduit à assumer un rôle indépendant avant l’heure. Il en va de même dans les familles où les deux parents sont présents, mais où l’exercice de l’autorité est bloqué par le conflit parental ou par l’abdication du rôle paternel. Mais, comme l’expliquent Harbin et Madden (1979), cette autonomie n’en est pas une, puisque les jeunes continuent de dépendre économiquement et, surtout, émotionnellement de leurs parents. Il s’agit donc d’une pseudo-indépendance, qui rend la séparation encore plus difficile. Dans cette situation, on peut aussi comprendre l’utilisation de la violence comme une manière ratée de rechercher cet éloignement.

À retenir

Trois aires du fonctionnement familial sont atteintes dans la nouvelle VFP : la hiérarchie (les parents abdiquent ou se neutralisent, « on ne peut rien faire »), l’image familiale (déni, secret, isolement, mythe de l’harmonie) et la séparation (une fusion émotionnelle parent-enfant que la violence vient rompre maladroitement). C’est cette fusion, présente dans presque tous les cas reçus à Euskarri, que les auteurs placent au centre de leur compréhension.

Déclenchement de la conduite violente

Comme nous l’avons signalé dans la partie précédente, nous pouvons distinguer des processus de déclenchement et de maintien de la violence. Ceux-ci diffèrent selon le modèle familial – familles multiviolentes, monoparentales, familles avec les deux parents présents –, tout en conservant certains aspects communs.

– Dans les familles multiviolentes, la violence apparaît comme une conséquence presque naturelle de la relation familiale : il est nécessaire de l’exercer pour survivre, ou bien c’est ce que l’on a appris qu’on peut faire pour décharger la tension créée par les conflits et les désaccords. Une fois ce mécanisme établi, on n’en utilisera pas d’autre tant qu’on n’aura pas appris à le faire et qu’on ne lui aura pas trouvé d’avantages par rapport au recours à la violence.

– Dans les familles où les deux parents sont présents apparaît aussi la fusion émotionnelle entre l’enfant violent et le parent agressé, comme étape préalable à l’apparition de la violence.

Dans une phase antérieure se produit habituellement un conflit non résolu entre les parents, généralement de grande intensité et de longue durée, qui conduit à la triangulation, c’est-à-dire à l’incorporation de l’enfant dans les difficultés conjugales.

Cette triangulation ressemble à celle que décrivent Selvini et coll. dans leur livre Les jeux psychotiques dans la famille (1990). Après le conflit et l’imbroglio conjugal qui mène à une situation d’impasse, se produit l’intrusion de l’enfant dans le jeu, qui s’allie avec l’un des conjoints. Mais, dans ce cas, il ne se produit pas la trahison de l’enfant qui conduit à la psychose : la relation d’alliance se maintient, produisant un éloignement réel – séparation – ou émotionnel de l’autre conjoint. Avec le temps, c’est l’enfant qui tente de s’éloigner, et le parent qui bloque cette tentative, ce qui provoque l’éclosion de la conduite violente.

– Dans les familles monoparentales, nous pouvons comprendre ce processus comme une phase de ce qui est décrit au paragraphe précédent, même si la triangulation et le conflit peuvent apparaître comme lointains dans le temps et déjà oubliés. Ici, la fusion émotionnelle est plus évidente car, en l’absence de l’autre parent, le lien peut se resserrer plus facilement.

– Dans les deux derniers cas, c’est la difficulté de séparation et d’autonomie qui, à mesure que le temps passe, mène au conflit et produit l’explosion de la violence. S’il s’agissait de familles à transaction psychotique, il est probable que l’individuation et la croissance de l’identité personnelle seraient sacrifiées au profit du maintien de la relation et de l’harmonie familiale, jusqu’à la pseudo-mutualité. Heureusement, dans la plupart des cas, le désir d’autonomie et d’indépendance, ainsi que l’aspiration à se construire une identité propre, prévalent sur celui de maintenir la relation et de satisfaire les besoins parentaux, si bien que des mouvements vers la séparation s’amorcent. Cependant, loin d’être favorisés, ceux-ci sont bloqués, et la violence apparaît comme cette tentative désespérée d’obtenir la séparation.

Voici, en détail, une séquence typique d’éclosion de la conduite violente :

1

Un désaccord s’amorce entre le parent et l’enfant, généralement autour de l’établissement d’une norme ou de l’exercice de l’autorité, chose mal tolérée dès le départ par l’enfant.

2

Une dispute s’engage, les participants se situant sur un pied d’égalité, ce qui conduit facilement à une escalade symétrique.

3

L’un d’eux, généralement l’enfant – mais ce peut être aussi le parent –, adopte un comportement d’évitement et, sans résoudre le conflit, tente de se retirer.

4

L’autre, généralement le parent – mais parfois aussi l’enfant –, le poursuit et le harcèle, en tentant d’empêcher son retrait.

5

La poursuite bloque la sortie du conflit et fait monter considérablement la tension.

6

Surgit la réaction violente de la personne harcelée, parent ou enfant, pour mettre fin à la tension. Souvent, après cette éclosion vient la détente, et la relation peut se reconstruire.

Quelques exemples tirés de différents cas illustrent ce processus :

Vignettes

Gorka nous racontait comment, dans les situations où il se disputait avec sa mère, il essayait de partir dans sa chambre écouter de la musique pour se calmer ; mais, la plupart du temps, celle-ci le suivait en lui reprochant sa mauvaise conduite, lui coupait la musique et l’empêchait de fermer la porte. La tension montait de plus en plus, jusqu’à ce que Gorka ne puisse plus se contenir et commence à l’insulter, à lui crier dessus et à la pousser, jusqu’à la jeter à terre, pour le regretter ensuite. Son frère cadet le confirmait.

Jorge et son père avaient entamé une nouvelle dispute. Cette fois, le motif du différend était un désaccord au sujet d’une petite somme d’argent que Jorge n’avait pas rendue après avoir acheté des fournitures scolaires. Comme à d’autres occasions, le ton est monté jusqu’à ce que le père décide de se retirer et de changer de pièce, mais son fils l’a suivi en haussant le ton et en commençant à l’insulter. Le père, cherchant à éviter la confrontation, est reparti dans une autre pièce, où Jorge l’a rejoint peu après. Pour la troisième fois, le père s’en est allé, se réfugiant dans sa propre chambre. Jorge l’y a suivi, jusqu’à ce qu’ils finissent par s’agresser mutuellement, comme les fois précédentes.

Après une violente dispute, Ángel est sorti de chez lui. Sa mère a tenté de l’en empêcher, mais il l’a poussée violemment – ce qui l’a fait tomber dans l’escalier – et il est parti en courant. Une fois relevée, elle l’a suivi en boitant jusqu’à un parc, où elle a retrouvé son fils déjà plus calme. La tension déchargée, sa mère lui a offert une cigarette, tandis qu’ils bavardaient assis sur un banc du parc.

Réaction des parents face à la VFP

Haim Omer (2004) a étudié en détail la réaction des parents face à la conduite violente de leurs enfants et propose de classer les réponses en deux types, qu’il nomme dure et douce :

– Réaction dure ou escalade symétrique : celle où l’on répond à l’hostilité par l’hostilité, et à la violence antérieure par une violence plus grande. Le parent tente de vaincre les agressions de l’enfant avec les mêmes armes, suscitant chez celui-ci une nouvelle réponse violente ; se produit ainsi une escalade symétrique, avec une augmentation progressive de l’hostilité. On utilise toutes sortes de ressources violentes : menaces, cris, humiliations, agressions physiques, punitions, etc. Chacune des deux parties croit agir en légitime défense : l’autre est l’agresseur. Plus ils se sentent piégés dans cette conduite, plus les niveaux d’agressivité sont élevés.

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Le samedi après-midi, Fernando entamait une dispute avec son père au sujet de l’heure de retour à la maison. Ils ne parvenaient pas à un accord – aucun des deux ne retranchait ni n’ajoutait une minute à sa proposition – et le ton montait de plus en plus. Bientôt commençaient les insultes, puis les bousculades et, parfois, les coups, de part et d’autre, jusqu’à ce que Fernando, désormais plus fort que son père, parvienne à l’écarter de la porte et à sortir dans la rue.

– Réaction douce ou escalade complémentaire : celle où l’on tente d’utiliser la persuasion verbale pour convaincre l’enfant que sa conduite est mauvaise et qu’elle doit changer. On recourt à des argumentations logiques, à des supplications, à des manifestations d’affection, en essayant d’établir une connexion empathique pour qu’il renonce à son attitude. Cependant, on n’obtient qu’une augmentation des exigences de l’enfant, qui s’enhardit devant l’attitude soumise du parent. L’augmentation de la violence génère plus de soumission, produisant ce qu’Omer appelle l’escalade complémentaire, dans laquelle la soumission accroît les demandes.

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Depuis que Juana avait commencé à l’insulter, sa mère avait toujours répondu en le lui reprochant d’un ton doux, en lui demandant d’y réfléchir. Les insultes montaient de plus en plus, et sa mère faisait preuve d’une grande patience et d’une grande compréhension, sans cesser de la récompenser à d’autres moments par les repas ou les petites friandises qu’elle savait qu’elle aimait, en essayant de la gagner par l’affection. Cela dura jusqu’au jour où Juana lui donna la première gifle. Sa mère cessa de se montrer affectueuse, mais depuis lors Juana faisait sa loi à la maison.

L’escalade complémentaire est asymétrique et se caractérise par une dynamique de chantage. Le message transmis est un message de faiblesse, ce qui renforce l’utilisation de la violence pour atteindre ses objectifs.

Selon le même auteur, il se produit parfois un mélange de réactions, de manière pendulaire, oscillant entre dures et douces, car les deux escalades se nourrissent mutuellement.

Réaction dure – escalade symétrique

Hostilité contre hostilité, chacun se croit en légitime défense ; l’agressivité monte des deux côtés.

Réaction douce – escalade complémentaire

Persuasion, supplications, affection ; la soumission accroît les exigences de l’enfant. Dynamique de chantage.

La violence de l’enfant provoque, par exemple, une conduite de soumission, qui engendre une augmentation de ses exigences. Mais cette attitude consistant à répondre par des exigences toujours plus grandes aux tentatives d’empathie et de persuasion suscite chez le parent une frustration et une hostilité progressives, qui finissent par éclater en un accès d’agressivité et de violence. Cette réaction, au lieu de parvenir à apaiser l’enfant, génère chez lui une augmentation de son agressivité ; on entre alors dans une escalade symétrique qui peut atteindre des niveaux tels que le parent s’effraie des conséquences possibles, ou a honte de sa perte de contrôle, et revient à une conduite de temporisation et de soumission face aux exigences de l’enfant. C’est une interaction circulaire, qui conduit inévitablement à l’aggravation du problème.

Maintien de la conduite violente

Le maintien de la conduite violente repose sur les bénéfices secondaires que l’on tire de son utilisation. Tout comportement agressif au sein de la famille cherche à accroître le pouvoir et la domination. Dans le cas de la VFP, cette recherche ne concerne pas seulement le contrôle, mais aussi l’obtention d’objectifs : rentrer à la maison à l’heure que l’on veut, obtenir plus d’argent de poche, pouvoir décider de ce que l’on mange et quand ; en définitive, une totale liberté d’action. On tente en outre de réduire au minimum la concurrence – si elle existe –, de restreindre les mouvements et les communications des parents pour éviter des interférences extérieures qui mettraient en péril le pouvoir acquis, et d’effrayer les parents jusqu’à l’impuissance.

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Beatriz décida un jour qu’elle ne s’assiérait plus à table avec ses parents si son père continuait de manger avec elles. Elle mangea seule pendant un temps, jusqu’à ce que sa mère cède et se mette à manger avec elle. Pendant deux ans, le père mangea seul, tandis que les exigences de Beatriz allaient croissant. La violence commença lorsque la jeune fille exigea de sa mère qu’elle se sépare du père.

Avec le temps, l’enfant violent s’oriente progressivement vers le pouvoir ; les relations parents-enfant sont de plus en plus rares et de moins bonne qualité, et celles établies avec les frères et sœurs – s’il y en a – se détériorent de la même manière. Les parents apprennent à ignorer les conduites négatives de l’enfant pour éviter la confrontation, si bien que celui-ci a besoin d’étayer son pouvoir par des comportements de plus en plus extrêmes (Omer, 2004).

Les buts de l’enfant agresseur finissent par être les mêmes que ceux de la violence sociale et politique : la domination par la peur qu’elle produit, en utilisant de manière répétitive des actions violentes avec une augmentation progressive du niveau de menace, ce qui, selon le schéma de la violence sociale et politique de Sluzki (2002), finit par produire chez ses victimes une réaction d’hébétude et de soumission.

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Antonia nous racontait qu’elle avait décidé de poser un verrou à la porte de sa chambre, à cause de la peur qu’elle éprouvait la nuit en dormant, à l’idée que son fils rentrerait agressif de la rue. « …Chaque fois qu’il passait quelque chose sur les maltraitances à la télé, il me disait : “Tu vas finir comme ça.” Je voyais déjà des ombres la nuit, en pensant que j’allais devenir folle. On aurait dit qu’il montait la garde… J’allais très mal, j’étais paniquée… Bien souvent, par peur, je n’ai pas ouvert la bouche. »

Les effets de cette conduite dans le cadre familial peuvent se résumer ainsi :

  • Le foyer de la relation se centre sur la violence, qui éloigne les membres de la famille les uns des autres.
  • La famille s’isole progressivement des amis et des proches, de l’entourage social.
  • C’est l’adolescent qui reçoit l’étiquette de problématique ou de conflictuel, ou bien un diagnostic psychiatrique.
  • On enregistre des perceptions biaisées des membres de la famille les uns envers les autres, générant toujours plus de difficultés relationnelles.
  • Les canaux de communication se ferment, ou les messages se déforment, de sorte que le conflit est nié ou minimisé.

Conclusion

Une fois le phénomène de la VFP défini et une différenciation établie entre les divers types existants, nous avons signalé, à partir d’une compréhension écologique, les facteurs qui influent tant sur l’émergence que sur le maintien de cette problématique : a) sociaux – en soulignant particulièrement leur relation avec les styles éducatifs –, b) individuels – en reliant des caractéristiques de personnalité à une possible présence de psychopathologie – et c) familiaux, qui constituent l’intérêt central du présent travail.

Dans ce dernier domaine, bien que les modèles familiaux dans lesquels se présente ce type de comportement soient explicités, l’analyse se centre sur la dynamique familiale – antécédents de violence, style parental, relation entre les conjoints, aires dysfonctionnelles, etc. – qui favorise tant l’émergence que le maintien de la conduite violente.

Nous signalons également le fonctionnement qui tend à se répéter fréquemment dans la nouvelle VFP :

  • Un conflit conjugal, actuel ou passé, qui génère un important déficit éducatif, affectant tout particulièrement l’aire hiérarchique, l’imposition des normes et leur maintien.
  • Le conflit conjugal inclut l’un des enfants (triangulation), qui noue une étroite alliance avec l’un des parents. Se développe alors une relation très proche, fusionnelle, entre l’enfant et le parent allié, fréquemment associée à une phase monoparentale du cycle de vie familial.
  • Apparition de la violence comme tentative primitive, de la part de l’enfant, de s’éloigner de cette relation si proche. On en perçoit bientôt le bénéfice secondaire, et s’installe un circuit de fonctionnement qui tend à sa répétition et à son enracinement.

Pour toutes ces raisons, nous croyons indispensable d’inclure l’approche relationnelle dans ce type de problématique, en considérant en outre, parmi ses objectifs principaux, la modification de la dynamique familiale ; car si le traitement se limite à la disparition de la conduite violente – objectif, bien entendu, primordial –, sa poursuite et son aggravation ultérieure sont plus probables.

Cela impliquera un travail simultané sur les trois aires décrites comme dysfonctionnelles – organisation hiérarchique et établissement des normes, protection de l’image familiale, séparation et fusion – sans perdre de vue la reconstruction du lien entre parents et enfants qui, dans ces cas, est sévèrement affecté par les conduites violentes, lesquelles tendent à favoriser une perception réduite et biaisée chez chacun des membres.

Notes de l’original

1. Rapport du parquet de Catalogne, 2005.

2. Rapport du parquet de la Communauté autonome basque, 2005.

3. Rapport du parquet de la Communauté valencienne, 2005.

4. Quotidien ADN, 26 décembre 2007.

Qui sont les auteurs

Roberto Pereira Tercero : psychiatre. Directeur d’Euskarri, Centre d’intervention en violence filio-parentale.

Lorena Bertino Menna : psychologue, psychothérapeute. Coordinatrice d’Euskarri, Centre d’intervention en violence filio-parentale. https://www.avntf-evntf.com/presentacion/

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Cet article est la traduction française de « Una comprensión ecológica de la violencia filio-parental », publié par Red Sistémica (première parution : Red Sistémica). Traduit et republié avec l’accord de la revue.

Lire l’article original

Comment citer cet article

Pereira Tercero, R., & Bertino Menna, L. (2023). Une compréhension écologique de la violence filio-parentale (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/une-comprehension-ecologique-de-la-violence-filio-parentale (Œuvre originale publiée en 2023 dans Red Sistémica ; republiée en 2023 par Red Sistémica, https://redsistemica.ar/2023/02/08/una-comprension-ecologica-de-la-violencia-filio-parental/)

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