Journal of Solution Focused Practices · Étude de cas
Dix-sept séances en seize mois, à distance, entre Adélaïde et l’Arkansas, avec les parents dans la pièce. Maggie a 29 ans, elle est autiste, elle a traversé un cancer du sein à 22 ans, une fibromyalgie, des migraines chroniques et des douleurs quotidiennes. David Hains, infirmier et thérapeute de séance unique, n’avait jamais suivi quelqu’un plus de trois fois. Kate Kowalski, la mère, a été formée au Brief Family Therapy Center de Milwaukee en 1985 sous la supervision d’Eve Lipchik. Trois voix racontent ce qui a marché : pas la question miracle (jamais posée), une seule question à échelle en dix-sept séances, mais la confiance, l’écoute, le rythme de Maggie, de tout petits objectifs – sortir de sa chambre – et un thérapeute qui, pour son premier honoraire, demande aux parents d’aller dîner au restaurant.
Traduction française non officielle. Cet article est la traduction de Beyond Technique: Maggie’s Story of Determination, Resilience and Growth Through SFBT and a Focus on the Therapeutic Relationship, par David Hains, Kate Kowalski et Maggie Krogull, publié dans Journal of Solution Focused Practices (2024), doi : 10.59874/001c.124265, sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique en septembre 2026 : le texte original a été traduit en français et remis en page, les extraits de séance et de courriels étant rendus en encadrés et les deux annexes placées avant les références, ce qui constitue une modification de l’œuvre au sens de la licence. Les drapeaux qui accompagnent le titre original signalent des résumés en chinois sur le site de la revue. Cette traduction n’a été réalisée ni par les auteurs ni par l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ni d’éventuelles erreurs. La version originale fait foi.
Je ne me rends compte qu’en te parlant que j’ai déjà les réponses, ou des morceaux de réponse, et tu m’aides à le voir.
Maggie, quatorzième séance
Résumé
Cet article propose des aperçus et des réflexions sur l’utilisation de la thérapie brève orientée vers les solutions (TBOS) pendant seize mois pour aider une cliente à l’histoire compliquée et aux besoins complexes. Ce n’est pourtant pas une étude de cas typique. Le but de cet article n’est pas de fournir des détails sur la TBOS ni une analyse détaillée de la conversation en séance, mais plutôt de proposer les perspectives de chacune des personnes impliquées : la cliente (Maggie), le clinicien (David) et la mère (Kate). Chacune de ces personnes a une expertise qui lui est propre, mais Kate a une quatrième perspective, tout à fait unique, comme l’une des premières membres de l’équipe du Brief Family Therapy Center de Milwaukee dans les années 1980.
Dans cet article, nous nous référerons directement aux séances, ainsi qu’aux courriels et aux activités qui ont eu lieu entre les séances. Notre but est de montrer que la TBOS est une approche utilisable en thérapie de longue durée et dans des situations complexes, en soulignant qu’une approche souple et sur mesure est nécessaire, et que la relation thérapeutique fait partie intégrante de la thérapie.
Mots-clés : thérapie brève orientée vers les solutions, relation thérapeutique, soins infirmiers en santé mentale.
DH : Je suis infirmier diplômé à Adélaïde, en Australie, et j’ai commencé à utiliser l’approche orientée vers les solutions en 2014, quand je travaillais au service des urgences d’un hôpital tertiaire (voir Durrant, 2016). Après un atelier de deux jours avec Michael Durrant, j’ai été accroché, et je suis aujourd’hui l’une des nombreuses personnes d’Australasie qui doivent beaucoup à Michael pour avoir partagé son savoir et son enthousiasme. Dans les années qui ont suivi, j’ai lancé une communauté de pratique TBOS à Adélaïde, puis une petite activité de formation (www.leftturnsolutions.com.au). De 2018 à 2022, j’ai eu le privilège d’être président de l’Australasian Solution Focused Association (ASFA), ainsi que président et gestionnaire du Journal of Solution Focused Practices. Je travaille actuellement dans une clinique de thérapie à séance unique (single session therapy, SST) au sein d’une organisation de santé mentale pour les jeunes ; il est donc très inhabituel pour moi de voir un client plus de trois séances.
KK : J’ai un double rôle dans ce projet. D’abord comme mère de Maggie et participante à ses séances de thérapie avec David. Ensuite comme praticienne orientée vers les solutions, avec une histoire avec l’approche qui remonte à près de quarante ans. En 1985-1986, j’ai participé au programme de formation intensive d’un an offert par l’équipe du Brief Family Therapy Center (BFTC) de Milwaukee, et j’ai eu le privilège d’avoir Eve Lipchik comme superviseure et mentore. Je suis reconnaissante de ce lien avec Eve, qui a changé ma vie, professionnellement et personnellement, et nous continuons à partager une profonde amitié. Après la formation, j’ai eu l’honneur d’être invitée à rejoindre l’équipe du BFTC. Après un séjour en Australie en 1987, j’ai décidé de m’installer à Sydney pour rejoindre le cabinet de Michael Durrant, où j’ai pratiqué la thérapie orientée vers les solutions et la formation à partir de 1989. De retour à Milwaukee en 1991, j’ai travaillé comme thérapeute au Family Health Plan, une organisation de soins de santé, avec l’équipe conduite par deux des premiers collaborateurs du développement de la TBOS : Don Norum et Marilyn La Court. Ma carrière a ensuite évolué, et je me suis tournée vers des rôles administratifs, programmatiques et éducatifs dans les services sociaux et l’enseignement supérieur, avant de prendre ma retraite de l’université du Wisconsin en 2019. Trente-neuf ans après ma première formation au BFTC, je suis de nouveau engagée dans le travail orienté vers les solutions, cette fois comme coach professionnelle accréditée par l’International Coaching Federation (ICF) et l’European Mentoring and Coaching Council (EMCC). Comme voix précoce de la TBOS, et comme quelqu’un qui a participé à la diffusion initiale de l’approche aux États-Unis et en Australie, j’ai le sentiment que la vie a bouclé la boucle.
MK : Je m’appelle Maggie et j’ai 29 ans. Je suis autiste, ce qui veut dire que je vois et que je vis le monde différemment de la plupart des gens. L’un de mes passe-temps est la lecture, surtout les fanfictions. Quand j’étais petite, mes parents savaient toujours quand je lisais des fanfictions rien qu’à l’expression de mon visage. Ma mère appelait ça mon « air ravi » ou ma « tête de fanfiction », qui lui disait tout de suite que je lisais au lieu de faire mes devoirs. Lire des fanfictions m’a aidée au fil des ans à faire face à mes nombreux problèmes de santé et à la douleur chronique. J’adore aussi les activités manuelles et la pâtisserie, parce que j’aime être créative et parce que le processus, étape par étape, m’aide à me calmer et à me détendre. J’aime aussi rendre les gens heureux, et comme la règle à la maison veut que tout ce que je fais cuire doit quitter la maison, j’aime choisir qui reçoit ce que j’ai préparé.
Je suis heureuse de faire partie de ce projet. Parler avec David m’a beaucoup aidée et je suis contente que nous l’ayons trouvé. J’apprécie vraiment qu’il ait accepté de me prendre comme première cliente au long cours. Je suis reconnaissante du chemin que j’ai pu parcourir avec son aide.
Maggie tient beaucoup à ce que son histoire soit partagée, afin que d’autres, les cliniciens et plus encore les clients, puissent tirer profit de ses expériences. Elle a donc donné la permission d’utiliser son nom, des détails de sa vie, et de citer directement des séances et des courriels. Steve (le père de Maggie) a également donné son consentement.
DH : Non seulement j’ai vraiment aimé travailler avec Maggie et sa famille, mais j’ai été complètement stupéfait de ce qu’elle a été capable d’accomplir. En repensant à nos séances, j’ai voulu explorer comment tout cela s’était produit. Alors, dans le plus pur style TBOS, j’ai voulu savoir ce qui marchait, pour pouvoir continuer à le faire.
L’histoire de Maggie comportait un aspect tout à fait unique. Maggie avait demandé à ses parents, Kate et Steve, d’assister à chaque séance, ce qui s’est révélé en soi inestimable. Mais Kate voyait désormais l’approche utilisée pour aider sa fille. J’étais curieux du point de vue de Kate, à la fois comme mère et comme clinicienne et ancienne membre du BFTC. Je voulais savoir ce qui se passait dans la vraie vie entre les séances. Je voulais connaître les réflexions de Kate sur ce qui marchait, et pourquoi. Je voulais en savoir plus sur l’histoire de la TBOS et sur le développement de l’approche. Je voulais aussi savoir ce qui marchait du point de vue de Maggie, parce que dans la littérature TBOS, la voix du client est notoirement absente. J’ai commencé à me dire que c’était une histoire qui devait être partagée.
KK : J’ai vu beaucoup de séances de TBOS au fil des ans, à commencer par le BFTC, où je regardais Steve, Insoo, Eve, Elam, Wally et les autres, mais c’était la première fois que je rencontrais l’approche avec ma propre famille. L’expérience s’est révélée fascinante : non seulement voir l’approche de David, mais aussi réfléchir à ma perspective de mère et de praticienne. L’expérience a ouvert une nouvelle compréhension de la TBOS.
Mon but principal, dans ce projet, est de partager comment la TBOS peut servir à faire une différence positive dans la vie de personnes aux prises avec des problèmes de santé chroniques et des troubles du développement tout au long de leur vie, et dans celle de leurs familles. C’est une histoire qui peut enrichir la littérature actuelle sur la TBOS, en montrant comment l’approche peut être bénéfique à des personnes vivant avec des problèmes complexes et anciens. De plus, la TBOS ne doit pas être vue seulement comme une « thérapie brève », et nous voulons partager comment l’approche peut être utilisée sur une période plus longue et produire des résultats continus.
MK : Depuis ma naissance, et même avant, j’ai eu beaucoup de problèmes de santé. Je suis née dix semaines avant terme à cause de complications de grossesse, et j’ai eu mal presque chaque jour de ma vie, au moins d’aussi loin que je me souvienne. Quand j’étais toute petite, j’avais beaucoup de maux de ventre, d’otites et de maux de tête. À dix ans, mes maux de tête sont devenus insupportables, et on m’a dit que j’avais des migraines. Mes parents m’ont emmenée chez un certain nombre de médecins, mais rien ne semblait jamais aider. Avec le temps, les migraines sont devenues chroniques. J’ai manqué beaucoup d’école tellement elles étaient fortes. À la fin de l’adolescence, j’ai développé de très fortes douleurs articulaires qui rendaient difficile d’être active. Avant cela, j’adorais faire du vélo et jouer dehors. Mais la douleur articulaire, combinée aux migraines, a rendu cela difficile. On m’a finalement diagnostiqué une fibromyalgie, et il se trouve que les personnes migraineuses ont souvent aussi une fibromyalgie.
Le problème de santé le plus effrayant a commencé quand j’avais 22 ans et que j’ai trouvé une grosseur sur le côté du sein. Tout est allé assez vite ensuite. J’ai eu une échographie, une mammographie, une biopsie, puis une IRM mammaire. On m’a diagnostiqué une forme agressive de cancer. Trois semaines après le diagnostic, j’ai commencé la chimiothérapie, et j’ai eu six cycles de chimio avant une mastectomie partielle. J’ai dû subir une seconde opération parce que la première n’avait pas laissé une marge suffisante. Après la convalescence, j’ai commencé sept semaines de radiothérapie quotidienne. Une fois terminée, il y a eu encore de la chimiothérapie. Le traitement a duré dix-huit mois.
Depuis, je vis avec la peur d’une récidive. La peur était si forte, et j’ai eu tant d’alertes, qu’il y a deux ans j’ai décidé de subir une double mastectomie. Je me sens très bien avec cette décision et je n’ai aucun regret. J’ai aussi décidé de subir une hystérectomie à la fin de l’année dernière, après avoir développé une endométriose très douloureuse il y a environ dix-huit mois. Il y a d’autres problèmes de santé dont je pourrais parler, comme les fortes douleurs osseuses que j’ai développées après l’un des vaccins contre la Covid. Je suis aussi constamment fatiguée, à la fois parce qu’avoir mal est épuisant et parce que plusieurs des médicaments que je prends provoquent de la fatigue.
KK : Fin 2022, Maggie a recommencé à envisager de voir un thérapeute. Elle en avait vu plusieurs au cours de sa vie, mais elle était souvent restée découragée par certains qui ne semblaient pas comprendre à quel point ses troubles du développement, ses multiples problèmes de santé et sa douleur chronique affectent sa vie. Maggie s’était particulièrement sentie non entendue sur ses luttes de santé de toute une vie, et il était donc extrêmement important pour elle que tout futur thérapeute apprécie vraiment ces difficultés.
Je pensais depuis longtemps que Maggie tirerait profit d’un travail avec un thérapeute orienté vers les solutions, mais trouver quelqu’un ayant cette formation était difficile – même dans le Wisconsin, berceau de la TBOS. Mais dans cette période post-Covid, où les rencontres en visioconférence étaient devenues courantes, nous n’étions plus limités par les frontières géographiques. J’ai commencé à considérer les différents praticiens orientés vers les solutions dans le monde que je pourrais contacter.
Je connaissais David par ses rôles au Journal of Solution Focused Practices et à l’Australasian Solution Focused Association. J’avais lu sa biographie et regardé une vidéo dans laquelle il était interviewé sur son travail (Family Based Solutions, 2021). J’ai été impressionnée par ce que j’ai appris, et j’ai particulièrement noté la formation et l’expérience de David comme infirmier diplômé utilisant une approche orientée vers les solutions. Alors, avec la permission de Maggie, j’ai contacté David pour lui demander s’il envisagerait de travailler avec elle.
DH : Quand le premier courriel de Kate est arrivé, ma première pensée a été : « Pourquoi avez-vous passé devant 10 000 praticiens orientés vers les solutions parfaitement compétents pour venir me trouver ? » Je ne savais pas qui était Kate, sinon une mère, mais je savais qu’elle avait quelques connaissances de la TBOS. Ce n’est qu’après la première séance que j’ai réalisé l’histoire de Kate avec le BFTC, et je me demande si j’aurais mené la première séance différemment si je l’avais su.
Le second courriel de Kate est arrivé un dimanche matin (voir annexe 1). Lors de la première séance, j’ai appelé ce courriel « le manifeste ». Kate reconnaissait que les informations qu’elle fournissait seraient « assez saturées de problèmes », mais qu’il était important pour Maggie que je connaisse une bonne part de son histoire. Kate y incluait aussi des informations sur les forces et la résilience de Maggie, mais je n’en ai pas vraiment tenu compte, tant j’étais complètement désarçonné par la longue liste de problèmes qui avaient commencé in utero et s’étaient accumulés toute sa vie. J’ai passé toute la journée à y réfléchir, et, le cœur lourd et la tête bourdonnante, ma seule pensée était : « Qu’est-ce que je peux bien faire ? » J’ai porté cela toute la journée.
Je dois noter que, dans mon autre travail, je prête d’ordinaire peu d’attention aux informations d’orientation. Comme thérapeute TBOS, on m’a appris qu’on n’a pas besoin de connaître le problème pour trouver une solution. J’ai déjà constaté qu’une attention aux informations d’orientation me détourne souvent de la thérapie à séance unique (SST). Plus je me concentre sur la complexité d’une situation, moins je suis confiant dans ma capacité à aider dans un cadre de séance unique, et cela pèse sur le déroulement de la séance.
Quelque part entre ce moment et notre première séance, j’ai décidé qu’il n’y avait rien que je puisse faire, sinon m’en tenir au modèle. Kate avait suggéré à Maggie d’essayer un thérapeute orienté vers les solutions. Que pouvais-je faire, sinon leur offrir une séance orientée vers les solutions et faire confiance au modèle ?
KK : Avec ma connaissance de la TBOS, je supposais que David n’avait pas besoin de connaître grand-chose de l’histoire de Maggie, mais Maggie voyait les choses autrement. Il était très important pour elle que David connaisse et apprécie la nature des problèmes de santé qu’elle avait affrontés.
Écrire le courriel s’est révélé plus difficile que je ne l’avais anticipé. Ce n’était pas que je ne me souvenais pas des événements ou des détails ; c’était plutôt qu’il était plus difficile émotionnellement que je ne m’y attendais de me rappeler et d’expliquer ses nombreuses expériences. En y repensant aujourd’hui, je réalise que je n’ai inclus que les difficultés de santé de Maggie, en oubliant de mentionner ses difficultés de développement et de scolarité. Le temps de finir le message et de le montrer à Maggie pour relecture, j’étais émotionnellement vidée. Je me suis surprise à penser : si c’est ce que je ressens en l’écrivant, qu’est-ce que cela doit être pour Maggie de le vivre ?
DH : Je me souviens de m’être senti vidé en lisant « le manifeste » pour la première fois, mais lire les mots de Kate ci-dessus (écrits presque un an après notre premier rendez-vous) remet les choses en perspective : je ne faisais que le lire, elles le vivaient.
DH : Avant la première séance, j’ai jugé important de discuter du cadre de la SST qui me guiderait. J’ai expliqué que, dans ma carrière, je n’avais fait que de la thérapie brève et que je n’avais jamais vu un client plus de trois séances. Je ne fixerais pas nécessairement de limite au nombre de séances, mais j’adopterais plutôt une approche « une séance à la fois », et Maggie pourrait avoir autant de séances qu’elle le voudrait tant qu’elle les trouverait utiles. Je savais que Maggie voulait que ses parents assistent à la séance, mais je voulais clarifier s’il s’agissait de la séance de Maggie avec leur soutien, ou d’une séance familiale. Enfin, j’ai demandé à Maggie si elle accepterait de réfléchir à quelques questions pré-séance et d’apporter ses réflexions à la séance :
Le changement pré-séance est une idée discutée dès les débuts de la TBOS (Weiner-Davis et al., 1987), qui s’est révélée utile avant notre première séance comme avant plusieurs séances ultérieures. Parfois, quand Maggie m’écrivait pour fixer le rendez-vous suivant, je lui demandais de réfléchir à ce dont elle voulait parler et en quoi en parler serait utile. Ces questions ont aussi aidé à établir un point de départ, ou « projet commun » (Korman, 2017).
La dernière chose que j’ai demandée avant la séance était si Maggie (et sa famille) accepteraient que j’enregistre la séance. Étant donné les complexités de la vie de Maggie, je me suis dit que même si je ne pouvais pas l’aider, je pourrais au moins apprendre de l’expérience.
KK : J’ai apprécié de recevoir le message de David avec ses clarifications et ses questions. Je ne savais pas trop que penser du fait que David mentionne qu’il voit généralement ses clients à court terme, mais j’ai été rassurée par sa remarque sur l’absence de limite au nombre de séances. C’était cohérent avec ma manière habituelle d’aborder le travail avec les clients pendant ma carrière de thérapeute, et aujourd’hui dans mon travail de coach.
Quand j’ai pris des nouvelles de Maggie, j’ai été heureuse d’apprendre qu’elle réfléchissait déjà à ses réponses aux questions de David et qu’elle allait écrire ses pensées pour être prête pour la première séance. J’en suis restée là, car je tenais à ne pas interférer. J’ai été contente de voir, pendant la séance, que Maggie avait effectivement écrit ses pensées et était heureuse de les partager avec David.
DH : Comme thérapeute principalement de séance unique, j’ai la ferme conviction que, pour beaucoup de gens, une séance suffit souvent, quelle que soit la complexité apparente de leur problème. La SST repose sur quelques présupposés importants (Talmon, 1990) :
Mais, n’ayant jamais vu un client avec ce niveau de complexité, j’étais bien plus nerveux et bien moins confiant en abordant la séance que je ne le suis d’ordinaire.
DH : De manière générale, j’ai bien une approche « typique » de la première séance (ou de la séance unique), mais une version simple pourrait se résumer à deux questions :
Il n’y a qu’une lettre de différence entre ces deux phrases en anglais (for/from), mais ce sont deux questions complètement différentes. La première établit ce que le client veut voir se produire dans la séance, tandis que la seconde et les questions suivantes portent sur l’avenir préféré.
La première séance avec Maggie n’a pas été mon approche typique de séance unique, car j’ai passé beaucoup plus de temps à établir le lien et la relation, avec une bonne dose de validation, de questions sur la manière de faire face, de mise au jour de quelques forces et ressources, et de discussion de ce qui marchait déjà. Cela a aussi laissé à Maggie amplement le temps de me dire de quoi elle voulait parler, mais surtout (comme Maggie l’a expliqué plus tard), Maggie a immédiatement commencé à sentir que quelqu’un l’écoutait. Je n’ai réalisé que bien plus tard à quel point c’était important pour elle.
Nous en étions à presque trente minutes de séance quand j’ai demandé précisément les réponses aux questions pré-séance que j’avais envoyées, dans l’espoir de faire avancer la conversation vers les « meilleurs espoirs À PARTIR DE CETTE séance » de Maggie. Maggie a sorti une feuille de papier et a commencé à lire ses réponses :
Première séance
M : « Des stratégies pour faire face aux nausées, aux étourdissements, aux vertiges, à la fatigue. »
M : « Comment fonctionner tout en ayant mal. »
M : « Atteindre l’objectif d’une vie meilleure. »
D : « J’aime bien celle-là. »
M : « Des conseils de quelqu’un qui sait. »
D : « Qui sait quoi ? »
M : « Qui sait ce que ça veut dire d’avoir mal. »
D : « Je suppose que je le sais d’un point de vue théorique, mais je ne l’ai pas vécu comme vous. »
M : « Je veux pouvoir faire de la pâtisserie… [et] aller dans une école de cuisine… un jour… si possible… mais ça, c’est plutôt un objectif à long terme. »
D : « Alors… par laquelle devrions-nous commencer aujourd’hui ? »
M : « L’équilibre entre le traitement et la qualité de vie… pouvoir vivre sa vie… la question de la qualité de vie, c’est ce que je veux relever… Je n’attends pas vraiment de miracles, juste un progrès lent. »
En séance, je note d’ordinaire rapidement les mots ou expressions que mon client utilise, afin d’employer ses mots exacts dans les questions suivantes. J’essaie de repérer les mots qui parlent de forces, de manières de faire face et d’avenir préféré, plutôt que les mots orientés vers le problème. Plusieurs mots ressortaient ici :
J’ai poursuivi par quelques questions sur ce qui avait aidé, et sur la manière dont Maggie s’en sortait jusque-là. Maggie a de nouveau répondu vite :
À 43 minutes, j’ai essayé de préciser à quoi pourraient ressembler les premiers pas :
Première séance, 43e minute
D : « Si nous pouvions faire certaines choses, peut-être des stratégies pour faire face, et que quelque chose change… et que vous commenciez à aller vers une meilleure qualité de vie, ou que quelque chose aille un petit peu mieux… quelle serait, selon vous, la première chose, ou les deux ou trois premières choses, que vous remarqueriez et qui vous diraient que vous allez dans cette direction ? Qu’est-ce qui serait différent ? »
Maggie a répondu aussitôt :
Bien que je ne sois pas thérapeute familial, mon chef a toujours insisté sur l’importance d’utiliser la famille dans la thérapie. Je me suis donc tourné vers les deux éléphants dans la pièce et leur ai demandé de partager leurs réflexions sur les moments où il y avait eu, par le passé, des aperçus de ces choses, ou sur ce qui pourrait être, chez Maggie, le premier signe qui leur dirait qu’elle se dirige vers un bon endroit. Ils ont répondu :
La séance touchait presque à sa fin et j’étais conscient de n’avoir pas utilisé une seule question technique traditionnelle de l’approche. Je me suis dit qu’une question à échelle sur la confiance irait bien, mais je ne suis pas allé bien loin. Maggie a répondu si vite, avant même que j’aie posé l’échelle, que nous n’avons pas vraiment fait d’échelle au sens traditionnel de la TBOS :
Première séance, fin
D : « Une dernière petite question, je voudrais vous demander, à propos de votre confiance, à quel point vous êtes confiante de pouvoir aller vers cet endroit meilleur… ? »
M (me coupant avant même que je mentionne l’échelle) : « Je sais que je peux le faire… c’est juste que je n’ai pas toujours les outils ou les connaissances pour savoir quelle est la prochaine étape. »
Après cet échec de tentative d’échelle, j’ai pensé qu’il était temps de conclure :
Première séance, conclusion
D : « Eh bien, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. »
M : « Oui. »
D : « La mauvaise nouvelle, c’est que je ne sais pas quelle est la prochaine étape. [Maggie rit.] Je ne sais pas comment vous pouvez y arriver, et je ne vais même pas prétendre que je connais de bonnes stratégies, je serai absolument honnête avec vous. Mais la bonne nouvelle, c’est que je suis heureux d’essayer de le comprendre avec vous. »
M : « Ça me va. »
Enfin, j’ai reflété que Maggie est l’experte, elle qui a « fait le chemin », alors que je n’ai fait que lire l’histoire. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de dire à Maggie qu’il y avait autour d’elle une « aura de positivité », qu’elle cherche toujours « le bon côté des choses », qu’elle ne peut s’empêcher de partager, et que cela fait du bien aux gens autour d’elle.
Après une courte discussion sur les options pour les prochains rendez-vous, Maggie et moi avons partagé nos projets pour la semaine à venir, et nous avons convenu d’échanger des photos de quelque chose d’agréable que nous ferions avant notre prochaine rencontre (c’était essentiellement à la fois une tâche à faire chez soi et une manière de renforcer la relation). La littérature solutionniste des débuts parlait de « tâches » (Durrant, 2024) et, si les approches plus contemporaines abandonnent la prescription de tâches (comme l’explique McKergow, 2016), je trouve encore que cela peut être un outil puissant dans le bon contexte. Notons que la tâche consistait à me signaler par courriel quelque chose d’agréable qu’elle aurait fait avant la séance suivante, mais que je n’ai pas précisé davantage quoi faire. J’ai conclu en disant que j’avais hâte d’entendre parler de la semaine à venir, pour tenter de communiquer ma confiance dans la compétence et l’engagement de Maggie.
DH : J’étais un peu sonné après la première séance. Je ne pensais pas du tout que ce que j’avais fait avait quoi que ce soit de spécial ; en fait, j’étais assez déçu de ma prestation. Regarder la vidéo plus tard n’a pas vraiment changé mon avis, et je me suis demandé si quiconque la regardant considérerait seulement que la séance relevait de la TBOS. Je me souviens du sentiment d’admiration que j’avais pour Maggie. Après avoir lu le « manifeste » de Kate, j’avais eu le cœur lourd, mais maintenant j’étais simplement stupéfait par les réalisations, la résilience et l’optimisme de Maggie.
Dans le style typique de la SST, je laisse d’ordinaire mon client décider s’il veut une autre séance. Maggie voulait reparler dans une semaine. La SST me dirait de faire confiance au processus et d’être confiant qu’il peut se passer beaucoup de choses en une seule séance, mais j’étais encore nerveux quant à ce qui allait se passer.
Maggie a fait suite à la séance en m’envoyant un lien vers son émission de télévision préférée, Taskmaster, ainsi que les paroles d’une chanson qui comptait beaucoup pour elle. J’ai répondu en envoyant à Maggie une photo de pizzas que j’avais préparées après notre séance.
KK : Comme parent, pendant la séance comme après, j’ai ressenti un sentiment d’optimisme et d’espoir. C’était assez émouvant, en fait, de vivre la considération positive inconditionnelle que David témoignait à Maggie, et la reconnaissance qu’il montrait pour ce que notre famille a vécu au cours de la vie de Maggie.
Quand Maggie a dit qu’il était important pour elle de parler à quelqu’un qui « comprenait » ses problèmes médicaux, elle voulait dire quelqu’un qui, sur la base d’au moins un certain niveau de formation médicale, apprécierait vraiment les implications de ses multiples problèmes de santé. Il a été clair en quelques minutes de conversation avec David que c’était le cas. Vers le milieu de la séance, il est revenu sur le courriel que je lui avais envoyé pour expliquer l’histoire de Maggie, et il a partagé ce qu’il avait ressenti en le lisant. Il a reflété la capacité de Maggie à garder une vision positive malgré tout ce qu’elle a traversé. Il lui a demandé comment elle avait pu rester positive face aux difficultés considérables qu’elle a affrontées. Les commentaires de David et cette question ont communiqué une puissante validation de l’expérience de Maggie, dont elle nous a reparlé ensuite, à Steve et à moi. Recevoir cette reconnaissance comptait énormément pour elle.
Juste après la séance, Steve, Maggie et moi nous sommes retrouvés dans la cuisine pour réfléchir à la manière dont cela s’était passé selon nous. Maggie souriait et a fait remarquer qu’elle aimait beaucoup David. Elle a dit qu’elle sentait qu’il la comprenait, et qu’elle pouvait lui faire confiance. Cela m’a réchauffé le cœur et m’a donné de l’espoir. De quoi avais-je espoir ? Peut-être que l’expérience que Maggie a d’elle-même puisse commencer à s’élargir et inclure des éléments au-delà d’être autiste, survivante d’un cancer, personne avec beaucoup de problèmes de santé, et jeune femme qui vit avec une douleur chronique quotidienne.
DH : Je ne l’ai su que bien plus tard, mais juste après la séance, Maggie est sortie de sa chambre et a eu une conversation avec ses parents dans la cuisine ! Nous ne savions pas encore que c’était le signe de ce qui allait venir.
27 février, courriel de Kate à David
Bonjour David,
J’espère ne pas dépasser les bornes en vous écrivant séparément de Maggie. Je voulais simplement vous dire combien j’ai apprécié la manière dont vous avez structuré la conversation aujourd’hui, et combien je vous suis reconnaissante d’avoir accepté de travailler avec Maggie. J’ai adoré votre approche et j’ai été vraiment ravie et touchée par les réponses de Maggie. Votre validation de son expérience et votre attention aux petits pas étaient exactement ce dont elle avait besoin.
Merci !
KK : Comme Maggie, Steve et moi avons tous deux éprouvé un sentiment de validation. Cela s’est produit pendant la première séance, mais aussi après, avec une tâche et quelques questions que David nous a demandé de discuter (annexe 2). C’était particulièrement significatif pour moi, comme principale aidante de Maggie. Bien sûr, je prends soin de Maggie de bon cœur, par amour profond et par gratitude pour sa présence dans nos vies. Il n’empêche que cela peut être parfois mentalement et émotionnellement épuisant. Entre la planification et l’accompagnement de Maggie aux rendez-vous, l’aide à la gestion de ses médicaments, les démarches auprès de notre assurance et la résolution des difficultés fréquentes qui surgissent avec tout cela, je passe de nombreuses heures chaque semaine à m’occuper des nombreux aspects pratiques de ses soins. Je passe aussi du temps chaque jour à résoudre des problèmes avec Maggie, tandis qu’elle fait face au défi du jour. Ce ne sont pas des activités que les professionnels que nous avons consultés reconnaissent ou apprécient d’ordinaire. Alors, que David nous « voie » clairement, nous et l’impact des difficultés de Maggie sur notre famille, a été très fort. Ce qui a rendu cette reconnaissance si profonde, c’est aussi que nous n’avons en réalité parlé de rien de tout cela pendant la séance. David l’a simplement vu. Tout comme Maggie s’était sentie vue, entendue et reconnue, Steve et moi l’avons été aussi.
Alors, quelle différence cette validation a-t-elle faite ? D’abord, elle m’a redonné de l’énergie pour continuer. Elle a aussi aidé à atténuer les questions persistantes, ou la culpabilité, que je porte sur le point de savoir si j’en ai fait assez, ou si j’en fais assez, pour soutenir Maggie. Ces questions me pèsent parfois, et un peu de soulagement a été très bienvenu.
DH : Si j’étais un thérapeute TBOS et familial plus malin, j’aurais peut-être appelé ma suggestion une « tâche à faire chez soi », et dit que je l’avais fait délibérément. Malheureusement, je ne suis pas si malin. Tandis que j’essayais de valider leurs expériences et leurs réussites en tant que famille, je n’ai pas réalisé sur le moment l’impact profond que cela aurait sur toute la famille.
DH : Je ne suis pas très bon pour les deuxièmes séances, surtout parce que je n’en fais pas beaucoup.
On dit couramment qu’on ouvre la deuxième séance par quelque chose comme : « Qu’est-ce qui va mieux depuis notre dernière rencontre ? » Je suis sûr que mon mentor Michael Durrant (Durrant, 2024) aurait été assez déçu de ma pitoyable ouverture, qui a donné ceci :
Deuxième séance, ouverture
D : « Eh bien, j’ai passé une bonne semaine, je ne sais pas pour vous, alors qu’est-ce que vous avez fait, Maggie ? »
M : « Hum, pas grand-chose… juste traîné sur mon ordinateur… je crois, mais je ne me souviens pas de la plupart des semaines. »
Sur le moment, je ne savais pas que « Hum, pas grand-chose » était un énorme euphémisme, mais les meilleures informations ne sont en réalité sorties qu’une fois la deuxième séance terminée et l’enregistrement arrêté. Comme la deuxième séance aurait pu être différente si j’avais commencé par demander à Maggie une version de « Qu’est-ce qui va mieux ? », puis demandé à Kate et Steve ce qu’ils avaient remarqué ?
Après un peu de gêne initiale, j’ai demandé à Maggie des nouvelles de la tâche dont nous étions convenus, mais Maggie a dit qu’elle ne se souvenait plus vraiment de ce que c’était. Encore de la gêne.
J’étais venu à cette séance avec mon propre programme : faire une deuxième séance de TBOS. Maggie était venue à la séance en voulant me parler de ses « théories de la douleur », et pourtant je ne lui avais pas demandé de quoi elle voulait parler. Il m’était inconfortable de m’éloigner de ce que j’avais prévu, mais rétrospectivement, c’était en fait donner à Maggie ce qu’elle voulait : ses meilleurs espoirs POUR CETTE séance étaient de trouver du sens dans son expérience de la douleur. Pourtant, à l’intérieur de cela, j’ai encore pu noter certains mots et certaines idées à développer, ce qui a conduit à ses meilleurs espoirs À PARTIR DE CETTE séance :
Maggie a aussi identifié quelques objectifs à moyen et long terme :
Si je n’avais pas réalisé que Maggie avait déjà commencé à passer beaucoup plus de temps hors de sa chambre, personne n’aurait prédit que dans les douze mois, Maggie ferait trois voyages en voiture jusqu’au Wisconsin, à douze heures de route.
KK : Je continuais d’être impressionnée par le style conversationnel engageant de David. Il donne l’impression d’être sincèrement intéressé, ce qui semble rendre facile pour Maggie de répondre à ses questions. Comme parent, l’une des choses qui m’ont frappée dans cette séance, c’est encore à quel point Maggie était détendue et à l’aise avec David. C’était merveilleux de la voir si ouverte à partager ses expériences, ses espoirs et ses points de vue. Je me souviens d’avoir pensé que l’approche et l’attitude de David semblaient toucher un côté très réfléchi, fort et résilient de Maggie. C’est une part d’elle dont nous savons qu’elle existe, mais qui est souvent cachée par les difficultés quotidiennes qu’elle affronte. C’était vraiment réconfortant.
Je me souviens aussi d’avoir été extrêmement reconnaissante de l’acceptation et de l’appréciation par David de la centration de Maggie sur de petits objectifs. Par exemple, son objectif de passer quelques heures par jour hors de la sécurité et de la sûreté de son lit. Il serait facile à un thérapeute de sous-estimer ou de minimiser l’importance de cela, mais David a reconnu à quel point cet objectif était significatif pour Maggie. Comme sa mère, j’ai été ravie d’entendre Maggie dire : « Le but, c’est d’arrêter de voir mon lit comme mon seul espace sûr. » C’était une immense révélation.
Il était facile de voir la valeur de l’attention de David aux petits objectifs gérables avec Maggie, et à quel point cela résonnait clairement chez elle. Cela semblait l’aider à voir au-delà de la situation présente et à considérer de nouvelles possibilités. Cette approche est cohérente avec ce que Valusek (2021) décrit dans son travail orienté vers les solutions auprès de personnes vivant avec une douleur chronique. En se concentrant sur de petits pas, jour après jour, elles progressent par étapes vers un avenir qui vaut la peine d’être vécu, malgré la douleur chronique.
David a mentionné une certaine gêne au début de la séance, et je l’ai ressentie aussi. Il est souvent difficile pour Maggie de se souvenir de ce qui s’est passé entre les séances, en particulier des différences quotidiennes dans ses activités ou son humeur. Elle a donc tendance à répondre aux questions sur la manière dont elle va depuis une perspective de l’instant présent. Cela peut créer un décalage. Je me souviens de ne pas avoir su comment réagir, puisque je connaissais les changements petits mais significatifs (par exemple : interagir avec notre famille hors de sa chambre, parler d’autre chose que de sa douleur, etc.) survenus depuis qu’elle avait vu David. Mais comme c’était la séance de Maggie, et que j’étais là comme observatrice, j’ai décidé d’attendre et de voir comment la conversation évoluerait.
Pendant cette séance, comme pendant d’autres, je me suis souvent surprise à passer de mon rôle de mère de Maggie à celui de praticienne orientée vers les solutions. Il a été fascinant de circuler entre ces points de vue différents, même si les deux ne sont pas totalement déconnectés. Ma formation et ma pratique solutionnistes ont eu lieu avant que j’aie des enfants ; il ne fait donc aucun doute que les idées solutionnistes ont influencé ma manière d’être parent et continuent de le faire. Il n’empêche que, pour notre propos ici, je crois utile de séparer les deux perspectives.
Il y a eu deux ou trois moments de la séance où, avec ma casquette de praticienne solutionniste, j’aurais posé d’autres questions ou répondu autrement à certaines affirmations de Maggie. Par exemple, quand Maggie a parlé de « pierres de gué » et que David a demandé :
Deuxième séance
D : « Des pierres de gué vers où ? »
M : « L’autre rive de la rivière. … J’ai beaucoup de petits objectifs, et c’est plus facile qu’un grand objectif. »
J’aurais pu demander : « Qu’y a-t-il sur l’autre rive de la rivière ? », pour voir si cela pouvait étoffer certains des meilleurs espoirs de Maggie ou des éléments de son avenir préféré. Cela dit, la question de David, « Êtes-vous confiante de pouvoir le faire ? », s’est révélée fructueuse, Maggie répondant : « Je sais que je peux le faire, ça va juste me prendre un petit peu de temps. »
Là-dessus, j’aurais pu demander à Maggie ce qu’elle sait d’elle-même qui lui permet d’être si confiante de pouvoir le faire. Cela aurait pu ouvrir un espace pour parler de réussites antérieures, ou d’autres exceptions ou ressources potentielles. Cela dit, la suite donnée par David a été productive, en particulier sa question sur la différence que cela ferait pour Maggie si elle commençait à passer du temps hors de sa chambre.
Deuxième séance
D : « Alors, quel est le but de sortir dans le salon ou dans un autre espace ? »
M : « Juste ne pas être dans mon lit, c’est ça le but… même si c’est à mon bureau ou quelque chose comme ça. »
D : « Et que feriez-vous [quand vous êtes] dans une autre pièce ? »
M : « Je ferais exactement la même chose que je fais toujours sur mon ordinateur. Je ne changerais pas ce que je fais, je changerais juste d’endroit. Le but, c’est d’arrêter de voir mon lit comme mon seul espace sûr. »
D : « Et quelle différence cela ferait pour vous, Maggie, si vous commenciez à vous étendre dans d’autres espaces ? »
M : « J’espère que ça me rendrait plus heureuse, juste d’être un peu plus dehors et avec ma famille, et que ça égaierait mon humeur et, je ne sais pas, je suis déjà bien assez dans ma chambre. »
En écrivant ceci, je me rappelle les nombreuses fois où j’ai entendu l’équipe du BFTC souligner qu’une part de la valeur qu’il y a à regarder différents thérapeutes utiliser l’approche orientée vers les solutions est de voir qu’il n’y a pas une seule bonne manière de faire de la thérapie orientée vers les solutions. Elle peut prendre des formes différentes et rester orientée vers les solutions. Steve de Shazer le commente dans l’introduction de son livre Clues: Investigating Solutions in Brief Therapy (1988), à propos des membres de l’équipe du BFTC de l’époque : « Quand on regarde d’abord les entretiens, ce sont les différences qui sautent aux yeux. Chaque membre de l’équipe du BFTC a un style différent et une manière différente de mettre en œuvre le modèle. » Il commente ensuite les styles d’entretien uniques d’Eve Lipchik, d’Insoo Kim Berg, d’Elam Nunnally, de Wally Gingerich, de Ron Kral, de moi-même et de lui-même. Et il conclut : « Et pourtant, chaque membre de l’équipe dira que nous faisons la même chose ! »
Il n’est pas question (ni possible, faute de place) de résumer les dix-sept séances ; nous considérerons plutôt quelques thèmes clés.
Pendant une grande partie des séances 3 à 17, la conversation s’est naturellement alignée sur l’acronyme E.A.R.S. : Elicit, Amplify, Reflect (susciter, amplifier, refléter ; Turnell & Hopwood, 1994). Par moments, Maggie avait du mal à se souvenir de ce qui s’était passé entre les séances, ce qui rendait difficile de susciter le changement. Kate et Steve, en revanche, ne tardaient pas à intervenir (quand ils y étaient invités) pour partager leurs points de vue. Il était important d’ouvrir par des questions présuppositionnelles, pour s’assurer que la conversation fasse émerger ce qui marchait plutôt que ce qui ne marchait pas. Dès qu’un changement avait été suscité, il était simple de le clarifier, de l’amplifier et de le refléter.
DH : Je redirai que je ne suis pas thérapeute familial, et que je préfère travailler en tête-à-tête avec un client sans que la famille soit présente. Si le client a toujours la possibilité d’avoir une personne de soutien avec lui, je clarifie toujours son rôle (par exemple observateur, soutien émotionnel, participant, etc.). Ces séances ont mis en lumière le rôle important de la famille, et la manière dont on peut utiliser sa présence comme ressource, en séance comme entre les séances. Maggie a insisté pour que ses parents soient présents, mais tous ont convenu que c’était d’abord pour aider à la communication : Maggie disait qu’elle n’arrive parfois pas très bien à s’expliquer. J’allais découvrir que Kate et Steve étaient de précieuses ressources pour rappeler à Maggie ce qui s’était passé entre les séances.
S’il était commode d’avoir Kate en séance, avec sa connaissance de la TBOS, je suis sûr que la capacité naturelle de Maggie à voir le positif peut être attribuée à l’éducation qu’elle a reçue d’un parent orienté vers les solutions.
KK : J’ai été impressionnée et heureuse qu’en préparant son travail avec Maggie, David ait clarifié le rôle que Maggie voulait que Steve et moi jouions dans les séances. Il était important pour nous tous d’avoir une compréhension mutuelle de la question de savoir si nous participerions pleinement aux séances, ou si nous serions des observateurs invités à l’occasion à commenter. Maggie a été claire : elle voulait que les séances soient les siennes, mais avec Steve et moi présents, et l’exploration plus poussée des détails par David traduisait son intention de respecter et d’honorer les souhaits de Maggie. Il était tout aussi important pour Steve et moi de savoir quel serait, et ne serait pas, notre rôle.
Je dois admettre qu’il a parfois été difficile de n’être qu’observatrice. Il y a eu des moments où, comme parent, j’ai été tentée d’intervenir pour développer ou clarifier quelque chose que Maggie avait dit. Il y a eu d’autres moments où, comme praticienne TBOS, j’ai été tentée d’intervenir pour poser une question à Maggie. Mais la plupart du temps, il a été fascinant et puissant de rester en retrait, de regarder un thérapeute orienté vers les solutions expérimenté au travail, et d’être témoin de l’impact positif que cela semblait avoir pour Maggie. Nous l’avons entendue dire sur elle-même, à propos de son sentiment de compétence, de résilience, de détermination et de force intérieure, des choses que nous n’entendons pas souvent au fil de la vie quotidienne. C’était par moments à la fois émouvant et réconfortant.
DH : Vers la fin de la quatrième séance, Maggie a parlé de son parcours dans le cancer du sein, et du fait qu’elle en avait discuté avec un précédent conseiller, mais avait eu l’impression qu’il ne comprenait pas ce qu’elle avait traversé. J’avais fait de mon mieux pour ne pas plonger dans les problèmes, mais je me suis mis à craindre qu’en agissant ainsi je n’invalide ses expériences. Maggie a demandé si nous pouvions consacrer la séance suivante à parler davantage du parcours dans le cancer. Pour la préparer, Maggie m’a envoyé un lien vers sa page sur le site Caring Bridge, un journal en ligne avec des photos qui documentait son parcours.
La cinquième séance a beaucoup consisté à écouter l’histoire du cancer de Maggie, mais c’était ce que Maggie voulait POUR la séance. J’ai ouvert la séance en explorant les meilleurs espoirs de Maggie À PARTIR DE la séance. Elle a été très claire : si elle se sentait entendue, elle pourrait alors passer à autre chose. Je savais qu’il fallait un équilibre entre écouter et reconnaître le mauvais, et mettre en lumière les forces et les réussites.
17 avril, courriel de Kate à David
Bonjour David,
Merci à vous pour une nouvelle conversation utile. J’ai pris des nouvelles de Maggie environ une heure après notre séance, et elle a dit qu’elle se sentait vidée mais bien. Je lui ai demandé s’il y avait quelque chose de particulier qu’elle espérait retirer des conversations sur son parcours dans le cancer, et la réponse de Maggie a été « tourner la page ». … Elle a simplement dit que cela lui avait fait du bien d’en parler et de se sentir entendue.
KK : Je ne me souviens pas exactement comment je l’ai formulé, mais j’ai mentionné à David la fatigue émotionnelle que nous portons, sachant que l’avenir de Maggie continuera probablement de comporter d’autres problèmes de santé et d’autres revers. J’ai le sentiment que nous oscillons tous entre l’inquiétude, l’acceptation, la frustration, la résignation et la détermination. Nous vivons au jour le jour avec la connaissance, et parfois la peur, des difficultés supplémentaires qui vont surgir.
Je me souviens aussi d’avoir partagé avec David une analogie à laquelle je pense souvent dans les moments où Maggie se décourage. J’imagine un boxeur qui, au cours d’un combat, est mis au tapis plusieurs fois. Chaque fois, le boxeur se relève, d’abord vite, mais après un moment, et avec plus de coups, cela prend de plus en plus de temps. À chaque chute, le défi devient plus grand. C’est ce que nous avons vécu avec Maggie au fil des ans.
DH : Il n’a fallu que quelques jours avant le revers suivant. À la sixième séance, on m’a dit que Maggie venait de subir une biopsie d’un kyste sur l’ovaire, et qu’on craignait un nouveau cancer. Les résultats n’étaient pas attendus avant deux semaines. Ce fut, encore, une séance lourde, mais suivie cette fois d’une attente anxieuse.
Dix jours plus tard, j’ai reçu un courriel qui disait simplement « Pas de cancer », mais ce n’était pas la fin.
KK : À la suite de cette alerte, et de douleurs importantes dues à l’endométriose, Maggie a décidé de subir une hystérectomie, afin de réduire les risques qu’un cancer se développe à l’avenir. C’était une grande décision et une période difficile. À partir du premier diagnostic de cancer du sein en 2017, Maggie a perdu tout sentiment d’invincibilité, ce sentiment que tant de jeunes ont. Pour elle, ce sentiment était déjà fragile, à cause des nombreux autres problèmes de développement et de santé qu’elle avait affrontés. Le diagnostic de cancer l’a éliminé.
Ainsi, alors que pour la plupart des jeunes femmes, avoir des kystes ovariens peut être un désagrément inconfortable, pour Maggie, cela ressemblait à une crise majeure. Son esprit, et le nôtre, sont allés immédiatement se demander s’il pouvait s’agir d’une récidive métastatique du cancer du sein, puisque le type de cancer du sein qu’a eu Maggie a un taux de récidive plus élevé que d’autres. Vu cela, ce n’était pas une peur irréaliste.
DH : Je savais que Maggie avait déjà subi une double mastectomie préventive, et j’espérais pouvoir me concentrer sur sa réussite à traverser cette épreuve, et utiliser cette expérience pour l’aider à traverser l’opération suivante. Mais l’hystérectomie comportait des facteurs supplémentaires, dont l’infertilité qui en résulterait, dont Maggie voulait parler. Si notre conversation a ressemblé à un deuil, elle a fait naître chez Maggie une forme de clarté. Son attention s’est vite tournée vers le fait de se mettre en forme et de traverser l’opération. Les séances suivantes ont moins porté sur « quel sera pour vous le premier signe que vous vous préparez » que sur ce que Maggie avait fait depuis la séance précédente. Pendant cette période, je n’ai rien dit à Maggie de faire. Au contraire, c’est Maggie qui prenait l’initiative des objectifs et des activités, y compris perdre du poids, faire plus d’exercice, changer son alimentation et stabiliser son diabète. Maggie devenait aussi plus naturelle dans sa capacité à me dire ce qu’elle avait fait (et pourquoi), plutôt que de me laisser essayer de lui tirer les informations. Maggie trouvait à la fois sa voix et son autonomie. Je ne peux que me demander si elle était, consciemment ou inconsciemment, plus au fait des questions que j’allais poser.
L’opération de Maggie a été un succès, et elle était chez elle pour fêter Noël en famille.
KK : David a une manière naturellement détendue, très apaisante et rassurante. J’ai été frappée par la façon dont il tissait les questions orientées vers les solutions dans les séances, d’une manière qui semblait tout à fait authentique et sincère. À plusieurs reprises, il a fait précéder ses questions d’énoncés qui exprimaient sa compassion pour ce qu’il apprenait de Maggie, et son émerveillement. Cela rendait encore plus puissantes et plus significatives les questions sur la manière dont Maggie fait face, sur sa capacité à rester positive ou sur sa détermination.
L’une des nombreuses choses que j’ai appréciées pendant mon temps au BFTC, c’est qu’en enseignant l’approche, l’équipe énonçait clairement les présupposés sous-jacents qui servaient de fondement au travail orienté vers les solutions. Eve Lipchik le fait magnifiquement dans son livre Beyond Technique in Solution-Focused Therapy (2002), où elle expose une série de présupposés directeurs. J’ai noté que David en employait beaucoup dans son travail avec Maggie :
L’une des choses qui m’ont frappée dans l’interaction de David avec Maggie, c’est qu’elle ressemblait à une vraie conversation. Ce n’était pas simplement David posant une série de questions solutionnistes ou employant des techniques sans rien entre les deux. Les questions que David posait étaient plutôt entourées et enchâssées dans une posture et un état d’esprit solutionnistes plus larges, en accord avec les présupposés formulés par Lipchik. Pour moi, c’est le signe d’un praticien habile, à l’aise avec l’approche et capable de l’utiliser de manière authentique.
Ce que j’ai appris, et que j’apprends encore, c’est à aller au rythme de Maggie. Entre sa douleur chronique et son autisme (qui, pour Maggie, comporte de nombreux défis sensoriels, des troubles de la mémoire et une vitesse de traitement ralentie), son rythme est très différent du mien. À bien des égards, ce n’est pas sans rappeler le travail d’un thérapeute ou d’un coach avec ses clients, où le rythme (c’est-à-dire marcher à côté du client plutôt que le conduire ou le pousser) est une part si importante, mais si souvent sous-estimée, du processus. David semblait avoir une capacité naturelle à travailler au rythme de Maggie, et pourtant je soupçonne que ce que je voyais était très différent de son travail aux urgences ou en thérapie à séance unique. À cet égard, c’était un autre exemple d’adaptation de l’approche à ce dont Maggie avait besoin.
DH : Pour Maggie, il était important de se sentir entendue, surtout étant donné son expérience antérieure du counselling, où elle avait eu le sentiment de ne pas l’être. La confiance, l’empathie et la validation se sont toutes révélées importantes pour Maggie, de même qu’avancer au rythme où elle se sentait à l’aise. Ainsi, comme Kate l’a identifié, ces conversations ont moins consisté à « faire de la TBOS » qu’à avoir des conversations utiles fondées sur les principes de la TBOS. Après dix-sept séances, nous n’avons réussi qu’une seule question à échelle complète, et il ne m’est même pas venu à l’esprit de faire quoi que ce soit qui ressemble à la question miracle.
DH : Je me suis toujours intéressé à la manière dont une approche orientée vers les solutions s’aligne sur les principes fondamentaux des soins infirmiers (McAllister, 2007 ; Smith, 2021 ; Wand, 2010 ; Webster et al., 1995). La relation infirmier-patient repose sur les fondations de la confiance et du respect mutuels, la promotion de l’auto-efficacité et de l’autonomie des clients, une attention aux forces et une approche pragmatique. Michael Durrant m’a dit un jour que les infirmiers sont les professionnels les plus pragmatiques qu’il connaisse.
Hildegard Peplau a été la première infirmière à écrire sur la relation thérapeutique, dans sa théorie des relations interpersonnelles (Peplau, 1952), suivie par d’autres, dont Joyce Travelbee (1969). Mon premier regard sur la relation thérapeutique date de 1993, pendant ma première année de formation en soins infirmiers, quand j’ai lu un manuel d’Arnold et Boggs (1989). Ce livre ne se contente pas de souligner l’importance de la relation thérapeutique ; j’ai découvert plus tard à quel point il s’aligne sur une approche orientée vers les solutions, notamment :
Durrant (2024) identifie à juste titre la relation thérapeutique comme un ingrédient essentiel des résultats thérapeutiques réussis, mais note que la littérature solutionniste n’en a pas souligné l’importance. Une exception notable ici est Eve Lipchik, l’une des rares à avoir beaucoup écrit sur l’importance de la relation thérapeute-client (Lipchik, 2002, 2017). Lipchik a affirmé que la première équipe de Milwaukee ne parlait pas explicitement de la relation thérapeutique parce que, d’un point de vue interactionnel et systémique, il lui paraissait évident que le lien entre le client et le thérapeute était important. C’est Lipchik elle-même qui a décidé d’écrire explicitement sur la relation thérapeutique, parce qu’elle ne voulait pas que les thérapeutes solutionnistes pensent qu’elle n’avait pas d’importance (communication personnelle à KK, 6 septembre 2024).
Récemment, l’Australian Institute of Family Studies, avec l’aide du praticien TBOS Will Dobud, a publié une synthèse concise de l’importance de la relation thérapeutique (MacDonald & Dobud, 2024). Dans le processus thérapeutique décrit ici, beaucoup de temps et d’importance ont été accordés à la relation. Maggie a exprimé qu’à travers elle :
Maggie a identifié que ces choses l’ont aidée à développer le sentiment qu’elle était capable de « passer au travers » des problèmes, et d’avancer dans la direction qu’elle voulait (c’est-à-dire compétence et capacité). Mais quoi que j’en pense, pour Maggie, une relation fondée sur la confiance et le lien a été l’une des choses les plus importantes.
KK : L’attention de David à la relation thérapeutique a été particulièrement pertinente parce que Maggie avait indiqué très tôt qu’il était important pour elle de se sentir entendue et respectée. Dès le début, elle a exprimé qu’il était crucial pour elle de sentir que David la « comprenait », valorisait son point de vue, la prenait au sérieux et appréciait ses luttes. Si David avait simplement posé une série de questions solutionnistes sans construire une relation ni exprimer une appréciation de l’expérience de vie de Maggie, je suis sûre que les résultats n’auraient pas été aussi positifs.
Maggie a vu David environ une fois par mois, mais elle pense manifestement à leurs conversations entre les séances. Elle a souvent communiqué entre les séances en envoyant à David des courriels avec des photos ou des descriptions d’activités auxquelles elle participait, ou même des paroles de chansons qu’elle trouvait pleines de sens. Il est clair que Maggie ressent un lien avec David et une confiance en lui, ce qui semble indiquer une relation thérapeutique solide. Eve Lipchik a écrit que « le fondement des relations thérapeute-client, quelle que soit l’orientation, est la confiance » (2002, p. 25-26). La confiance est particulièrement importante pour Maggie, surtout à la lumière de certaines de ses expériences de thérapie antérieures insatisfaisantes. Si des cliniciens se demandent s’il est possible, et important, de se soucier de la relation thérapeutique tout en restant orienté vers les solutions, ma réponse serait un « oui » retentissant.
De Shazer (1991) a décrit la relation thérapeutique comme une « entreprise négociée, consensuelle et coopérative » centrée sur l’identification des exceptions, des objectifs et des solutions. Il poursuit : « tout cela est négocié et produit tandis que thérapeutes et clients se méprennent ensemble, donnent un sens et une signification à des événements, des sentiments et des relations autrement ambigus » (1991, p. 74). S’il n’aborde pas ouvertement la question de la confiance comme le fait Lipchik, on pourrait soutenir que ce que de Shazer décrit exigerait un certain niveau de confiance de la part du client pour que la thérapie soit utile. Plus récemment, Burns (2024) affirme que l’empathie et la confiance sont des ingrédients essentiels de toute conversation d’aide : « Dans mon expérience de travail avec des groupes marginalisés et des personnes rejetées par la société dans son ensemble, l’empathie et la construction de relations… sont des ingrédients vitaux. … l’empathie a été l’ingrédient magique qui a fait tomber les barrières, établi la confiance et ouvert des conversations profondes et sacrées » (2024, p. 149).
DH : Cette section a été rédigée lors d’une réunion de bilan avec Maggie, Kate et Steve, deux mois après notre dix-septième séance. Je ne voulais pas présumer et décrire les réalisations depuis mon point de vue, de même que je ne veux pas prescrire des espoirs, des directions et des instructions.
Maggie décrit sa plus grande réalisation comme sa décision de subir une hystérectomie préventive. C’était évidemment une décision mûrement réfléchie, où elle a pesé ses options, en particulier son rêve d’être un jour mère. Ensuite, Maggie est fière de sa capacité accrue à gérer la douleur chronique de manière à en minimiser l’impact sur sa vie. Cela comprend une nouvelle compréhension de ses limites, une connaissance accrue des causes de la douleur, et l’expérimentation d’antalgiques pour mieux contrôler la douleur et limiter les effets secondaires comme la sédation.
Maggie a résumé ses réalisations en réfléchissant aux manières dont elle a pu « reconstruire ma vie ». D’un point de vue pratique et visible, j’ai noté beaucoup de choses au regard des premiers objectifs de Maggie : passer plus de temps hors de sa chambre, être plus active et voyager plus loin de chez elle. Maggie s’est aussi lancée dans de nouveaux passe-temps et a élargi ses compétences culinaires.
Steve décrit les choses à un niveau plus profond, en divisant en effet les réalisations de Maggie en deux domaines distincts mais liés. Si beaucoup des changements de comportement sont évidents, il note des changements à un niveau personnel plus profond. Maggie a un désir accru de comprendre un diagnostic ; or cette compréhension accrue amène en réalité moins de fixation sur le diagnostic, et plus de capacité à défendre ses intérêts. Elle a une plus grande capacité à penser au-delà du problème, et un désir plus fort d’avancer dans la direction où elle veut aller. Steve note aussi que Maggie a élargi son monde de manière délibérée, par exemple en utilisant des compétences et des savoirs (comme la pâtisserie) pour élargir son monde social (rencontrer des gens).
KK : Entre les séances, Steve et moi avons remarqué un certain nombre de changements chez Maggie. D’abord, elle commençait progressivement à passer plus de temps hors de sa chambre. Depuis longtemps, Maggie se plaignait de ne pas aimer les meubles de notre salon, qu’elle trouvait inconfortables pour s’asseoir vu ses douleurs corporelles et articulaires. Elle a demandé si nous envisagerions d’acheter un fauteuil rien que pour elle, qu’elle pourrait choisir. Nous l’avons fait, et cela a fait une nette différence dans le temps que Maggie passait hors de sa chambre.
Maggie demandait aussi plus souvent à sortir, parfois à l’épicerie, au marché fermier, à la bibliothèque, ou dans l’une des nombreuses friperies qu’elle et moi aimons explorer. Elle a recommencé à faire de la pâtisserie et à préparer diverses recettes à base de légumes qu’elle avait envie d’essayer.
Pendant les mois de beau temps, quand il faisait assez chaud pour être dehors, notre famille a passé de nombreuses soirées de l’année écoulée sur notre terrasse à jouer à des jeux de société, écouter de la musique et parler. C’était un autre signe de progrès.
Ce qui était particulièrement agréable dans ces développements, et d’autres, c’est qu’ils offraient l’occasion de passer du bon temps avec Maggie en tant que personne, plutôt qu’en tant que patiente. Nous parlions d’autre chose que de sa santé, et nous profitions simplement d’être ensemble. Ce n’était pas que Maggie n’avait plus mal. Elle semblait plutôt décider de ne pas laisser la douleur se mettre en travers de sa vie. Elle a même fait remarquer à l’occasion qu’elle avait décidé de « serrer les dents » et de faire ce qu’elle voulait faire.
Le progrès ultime a été les trois voyages en voiture jusqu’au Wisconsin au cours de l’année écoulée. Nous y avons beaucoup d’amis chers et de membres de la famille qui comptent beaucoup pour nous, en particulier notre fille cadette. Maggie a décidé qu’elle ferait tout ce qu’il faudrait pour supporter les douze heures de voiture nécessaires pour les voir. Voyager n’est pas facile pour Maggie, mais elle se connaît bien et elle a planifié méticuleusement ce qu’elle devait faire pour rendre les trajets aussi confortables que possible. Et elle l’a fait !
DH : À notre quatorzième séance, j’avais demandé à Maggie de réfléchir à ses progrès et de considérer ce qui avait été utile au cours des onze mois écoulés. Maggie a dit que c’était vraiment utile d’avoir quelqu’un qui comprenait ses problèmes, surtout tout le côté médical, et que j’étais capable de lui dire quoi faire.
Quatorzième séance
D : « Je suis désolé de vous décevoir, Maggie, mais je crois que je dois être honnête. Je ne comprends vraiment pas la plupart des choses dont vous avez parlé. Je ne comprends pas le cancer, je ne comprends pas la douleur chronique, je ne comprends pas non plus les problèmes gynécologiques. Mais ce que je peux comprendre, ou au moins essayer de comprendre, c’est comment ces choses affectent votre vie. »
M : « D’accord, mais je ne me rends compte qu’en vous parlant que j’ai déjà les réponses, ou des morceaux de réponse, et vous m’aidez à le voir. »
DH : Les progrès de Maggie ont été tout à fait remarquables, et à bien des égards les courriels suivants suffisent à résumer le parcours :
19 février, courriels entre Kate et David (au sujet de la rédaction de cet article)
Bonjour David,
Ravie d’avoir de vos nouvelles, et merci pour le point… J’apprécie que vous donniez des orientations et des suggestions pour l’article, alors continuez, et je continuerai de mon côté à avancer. Trouver des plages de temps a été assez difficile ces derniers temps. Maggie va mieux, ce qui est évidemment formidable, mais cela veut dire qu’elle veut passer plus de temps hors de la maison, ou à faire des choses ensemble à la maison. D’un côté, j’adore ça et je suis ravie qu’elle veuille sortir de sa chambre. De l’autre, cela veut dire que j’ai moins de temps pour mes projets. Malgré tout, je garde espoir pour notre calendrier de milieu d’année.
Bonne semaine !
Kate
—
Alors vous êtes victime du succès de Maggie ? J’adore !
David
—
Oui… plutôt ironique, n’est-ce pas ?!
Kate
Cette étude de cas montre un exemple de la manière dont la TBOS a été utilisée en dix-sept séances sur seize mois pour aider une personne à l’histoire médicale compliquée et aux besoins de toute une vie. Les auteurs estiment que la TBOS doit être bâtie sur une fondation de confiance et une relation thérapeutique solide. L’approche doit aussi être souple et adaptée aux besoins et aux capacités de la personne (cognitives, langagières et physiques). Le rôle de la famille ne peut être sous-estimé, et ce cas met en lumière des manières dont la famille peut servir à soutenir le processus thérapeutique.
Les auteurs souhaitent conclure en félicitant Maggie pour ses efforts et ses réalisations au cours des seize derniers mois, et nous avons tous hâte de voir ce qui arrivera ensuite. Nous remercions aussi Maggie d’avoir accepté de partager son histoire. Maggie, avec les auteurs, espère que son histoire pourra inspirer d’autres personnes dans des situations semblables, compliquées, avec des problèmes médicaux de toute une vie, à atteindre leurs objectifs quelles que soient les épreuves qui s’abattent sur elles.
Conflits d’intérêts. Les auteurs n’identifient aucun conflit d’intérêts.
Complexe Systémique : à retenir
Une étude de cas à trois voix, rare dans la littérature de l’approche parce que la cliente y parle, et que la mère y parle deux fois, comme mère et comme ancienne du BFTC. Ce qu’elle montre : la TBOS au long cours (dix-sept séances, seize mois) sans presque aucune de ses techniques emblématiques, mais avec ses présupposés, ceux qu’Eve Lipchik a formulés dans Beyond Technique, et une relation que le premier Milwaukee jugeait trop évidente pour être écrite. Deux gestes à retenir : la double question des meilleurs espoirs pour cette séance et à partir de cette séance, et la tâche donnée aux parents à la place du premier honoraire. À lire avec l’entretien de David Hains sur les urgences, d’où il vient, et avec les confessions de Michael Durrant, son mentor, sur ce qui est et n’est pas orienté vers les solutions.
Extrait du courriel de Kate à David du 25 février 2023, avec Maggie en copie :
25 février 2023, courriel de Kate à David
Maggie est une jeune femme de 28 ans charmante, gentille, drôle et créative (ce ne sont que quelques-uns des nombreux qualificatifs positifs que je pourrais employer pour la décrire). Elle vit à la maison avec Steve (mon mari et son père) et moi. Pour ce qui est de l’histoire de Maggie et de certaines des choses qu’elle veut que vous sachiez… elle est née dix semaines avant terme avec une anomalie génétique appelée trisomie X (ou 47,XXX), que nous avons apprise par une amniocentèse. Maggie a eu divers problèmes de santé et de développement dans l’enfance, et a reçu un diagnostic de TDAH à 8 ans et de trouble du spectre de l’autisme à 15 ans. Si, pendant ma carrière de thérapeute, je n’étais pas partisane de tels diagnostics, Maggie et notre famille les ont en fait trouvés utiles pour comprendre certaines des difficultés qu’elle affrontait, et pour expliquer à ses enseignants et à d’autres qu’elle n’était pas paresseuse, démotivée, dispersée, rêveuse, ni aucune des autres descriptions négatives qu’on lui appliquait. Nous avons pu comprendre, au contraire, que Maggie est parfaitement intelligente et créative, et que son cerveau fonctionne simplement autrement que celui des personnes neurotypiques.
Enfant, Maggie avait beaucoup de plaintes physiques, dont des maux de ventre, et nous en sommes venus depuis à supposer qu’elle souffrait peut-être de migraines abdominales. Cette idée nous est venue quand elle a commencé à avoir des migraines importantes et durables à l’âge de 10 ans. Elle a depuis continué à souffrir de maux de tête chroniques, presque quotidiens. À la fin de l’adolescence, Maggie a commencé à ressentir des douleurs musculaires et articulaires diffuses et importantes, et une fibromyalgie a été diagnostiquée au début de la vingtaine.
À 22 ans, en mai 2017, Maggie a découvert une grosseur dans le sein, et peu après on lui a diagnostiqué une forme agressive de cancer du sein triple négatif. Par chance, nous vivions dans une ville universitaire (Madison, Wisconsin), avec un centre médical universitaire et un centre anticancéreux réputés, de sorte que Maggie a reçu des soins formidables. Il n’empêche qu’elle a subi dix-huit mois éprouvants de traitement… deux protocoles de plusieurs cycles de chimio, suivis de deux opérations, d’une radiothérapie et d’une nouvelle chimio. Maggie a été déclarée guérie du cancer en octobre 2018. Bien que déclarée guérie, le fait d’avoir vécu ce cas rare de cancer du sein à un si jeune âge a eu un coût émotionnel et a laissé Maggie avec la peur constante d’une récidive. Cette peur l’a conduite à décider, il y a un peu plus d’un an, de subir une double mastectomie préventive. Maggie dit qu’elle se sent bien avec cette décision et qu’elle n’a aucun regret. La décision était la sienne, et elle a la conviction forte que c’était la bonne.
Les migraines de Maggie ont beaucoup diminué pendant le traitement du cancer, nous soupçonnons à cause des stéroïdes qu’elle recevait. Mais les migraines sont finalement revenues de plus belle. À ce moment-là, son neurologue a estimé qu’elle pourrait bénéficier d’une ablation du nerf occipital. Maggie a subi deux ablations en 2019, qui ont chacune maintenu la douleur à un minimum pendant environ deux mois, mais les migraines ont fini par revenir une fois les nerfs repoussés.
Quand Steve s’est vu proposer un nouveau poste à Fayetteville, dans l’Arkansas, notre famille a déménagé du Wisconsin vers l’Arkansas fin 2019. Nous avions de grands espoirs pour un nouveau départ, mais d’autres problèmes de santé ont vite surgi. D’abord, Maggie a contracté le virus d’Epstein-Barr, puis, un an plus tard, elle a développé une importante infection fongique profonde dans les sinus. Les deux ont mis longtemps à être diagnostiqués et ont impliqué de nombreuses visites chez des médecins et aux urgences de l’hôpital. L’infection fongique a aussi impliqué plusieurs examens désagréables et une opération pour la retirer.
Une autre difficulté récente a été des soins dentaires importants, avec de nombreuses dévitalisations et couronnes. Elle avait déjà subi une chirurgie dentaire importante quand nous étions encore à Madison, avec les mêmes interventions. Le spécialiste dentaire suppose que la prématurité de Maggie lui a donné un émail fragile, et que la radiothérapie a probablement causé des problèmes supplémentaires.
La dernière difficulté que je mentionnerai dure depuis avril dernier : Maggie a commencé à ressentir des douleurs osseuses intenses, profondes, diffuses et constantes. Vu son histoire de cancer, nous et ses médecins avons d’abord craint une récidive, mais cela a été écarté. Maggie a vu de nombreux spécialistes, qui ont tous reconnu que la douleur est réelle, mais aucun n’a pu en trouver la cause. Sa vitesse de sédimentation et sa CRP étaient assez élevées, mais ils n’ont pas pu déterminer pourquoi. La seule explication que quiconque puisse imaginer est que la douleur a commencé peu après qu’elle a reçu l’un des rappels contre la Covid. Maggie a récemment passé un test sanguin spécial qui a montré qu’elle a une prédisposition génétique aux affections inflammatoires, de sorte que l’hypothèse est que le rappel a peut-être déclenché une réponse inflammatoire. Quelle qu’en soit la cause, la douleur a été dure pour Maggie, et aucun des médicaments qu’on lui a prescrits n’a aidé. Maggie a toutefois récemment obtenu l’accès au cannabis médical, qu’elle a commencé à utiliser en décembre, et c’est ce qui l’a le plus aidée.
Comme vous pouvez le voir, Maggie a eu plus que sa part de difficultés dans la vie. Malgré cela, elle est déterminée à continuer et à trouver des moments de bonheur. C’est une jeune femme forte, courageuse, déterminée et farouche, c’est certain. Il n’empêche que, parfois, la douleur et l’inquiétude la rattrapent. Nous cherchons un thérapeute pour aider Maggie à trouver la meilleure manière de faire face à la douleur et aux autres difficultés qu’elle rencontre. Vu mon passé dans le travail orienté vers les solutions, j’ai bon espoir que cette approche soit la plus utile.
KK : Parmi les autres problèmes que j’ai omis de mentionner dans le courriel à David figurent une appendicite compliquée avec rupture, que Maggie a eue à 8 ans et qui a nécessité une opération et une semaine d’hospitalisation, et un diabète de type 2 apparu pendant le traitement du cancer de Maggie, probablement à cause des stéroïdes qu’elle a reçus dans le cadre de sa chimiothérapie.
27 février, courriel de Kate à David
Bonjour David,
J’espère ne pas dépasser les bornes en vous écrivant séparément de Maggie. Je voulais simplement vous dire combien j’ai apprécié la manière dont vous avez structuré la conversation aujourd’hui, et combien je vous suis reconnaissante d’avoir accepté de travailler avec Maggie. J’ai adoré votre approche et j’ai été vraiment ravie et touchée par les réponses de Maggie. Votre validation de son expérience et votre attention aux petits pas étaient exactement ce dont elle avait besoin.
Merci !
27 février, réponse de David à Kate
Bonjour [Kate],
Je ne pense pas que ce soit dépasser les bornes. J’apprécie le retour, merci. J’espère que Maggie trouvera tout cela utile.
J’ai été vraiment émerveillé par ce qu’elle a dit, et par sa capacité à rester si positive. J’espère pouvoir, d’une manière ou d’une autre, aider cela à continuer et à grandir.
Pour ce qui est du règlement, je vais y réfléchir et je reviens vers vous après notre conversation de la semaine prochaine.
KK : David a répondu de nouveau deux ou trois jours plus tard, et son message m’a bouleversée.
1er mars, courriel de David à Kate
… ce que j’aimerais que vous fassiez, c’est aller voir Steve et lui demander l’argent (du règlement). Ensuite, je veux que vous preniez cet argent et que vous alliez dans une boutique, un endroit, un café ou un restaurant, et que vous achetiez quelque chose pour vous et Steve. Cela peut être un repas, une pizza, une boîte de chocolats, un pot de glace, une bouteille de vin, ou tout ce que vous aimez tous les deux. Ensuite, je veux que vous preniez une photo de ce que c’est et que vous me l’envoyiez. Cela peut être une photo de vous en train de le consommer, ou simplement de la chose elle-même.
Ensuite, je veux que vous pensiez à tout ce que vous avez traversé pendant 28 ans (sans trop vous y attarder) et que vous vous félicitiez pour tout le bon travail accompli, et pour avoir traversé tant de moments difficiles.
Je célébrerai aussi avec vous : vous aurez la bénédiction d’avoir cette bonne « chose » à savourer, et j’aurai la bénédiction de vous l’offrir.
Ce n’est qu’après que vous m’aurez envoyé la photo, et après notre prochaine séance, que je vous enverrai les modalités de règlement des séances suivantes (qui seront moins chères, et probablement moins caloriques pour vous deux).
J’attends la photo avec impatience.
Prenez soin de vous,
David
2 mars, réponse de Kate à David
Bonjour David,
Eh bien, je peux dire honnêtement que je n’avais encore jamais été émue aux larmes de gratitude et de reconnaissance en discutant d’honoraires.
Steve et moi sommes vraiment touchés et humbles devant votre très généreux cadeau. Merci. Nous l’acceptons avec gratitude, à condition de payer vos honoraires habituels pour les séances futures. Nous apprécions le temps, l’expertise et l’expérience que vous apportez, et nous voulons vous rémunérer équitablement.
Steve et moi avons hâte d’accomplir la tâche que vous nous avez donnée. Restez à l’écoute pour les photos !
Prenez bien soin de vous, et merci !
Kate
6 mars, courriel de Kate à David
Bonjour David,
Steve et moi avons décidé de faire la tâche que vous nous avez donnée en deux parties. La première a été un déjeuner très agréable, hier, dans un restaurant cubain que nous voulions essayer, le Havana Tropical Grill. C’était formidable ! Comme vous l’aviez suggéré, nous avons parlé des difficultés que nous avons traversées au fil des ans, en appréciant à quel point nous avons bien travaillé ensemble pour aider Maggie à devenir la personne chaleureuse, aimante, forte, créative et perspicace qu’elle est. Comme vous l’aviez suggéré aussi, nous ne nous sommes pas attardés trop longtemps sur les difficultés, même s’il est utile de reconnaître qu’il y en a eu beaucoup, et nous nous sommes plutôt concentrés sur notre présent et notre avenir.
Pour la seconde partie, nous avons pris deux bouteilles de vin d’Australie-Méridionale (avec un clin d’œil chaleureux et amical à vous) et des chocolats Cadbury. Cadbury était mon chocolat préféré à l’époque où je vivais à Sydney, alors il semblait approprié d’en reprendre aujourd’hui. Steve et moi savourerons le vin et le chocolat chaque soir de la semaine à venir. Photos jointes.
Merci pour ce merveilleux cadeau. En disant cela, je ne parle pas seulement du cadeau du déjeuner, du vin et du chocolat, même si nous les apprécions vraiment. Nous sommes aussi reconnaissants de la reconnaissance. Votre validation de notre expérience a énormément de sens et d’impact, et nous l’apprécions profondément.
Avec une gratitude sincère,
Kate et Steve
Note sur l’auteur
David Hains est infirmier diplômé, établi à Adélaïde, en Australie-Méridionale, et ancien président de l’Australasian Solution Focused Association (2018-2022). david@leftturnsolutions.com.au
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Soumis le 1er juillet 2024. Accepté le 3 octobre 2024. Publié le 14 octobre 2024.
Traduction française non officielle de Beyond Technique: Maggie’s Story of Determination, Resilience and Growth Through SFBT and a Focus on the Therapeutic Relationship, par David Hains, Kate Kowalski et Maggie Krogull, publié dans Journal of Solution Focused Practices, vol. 8, n° 2 (2024), doi : 10.59874/001c.124265, sous licence CC BY 4.0. Traduction et mise en page : Complexe Systémique, septembre 2026 — l’œuvre a été modifiée au sens de la licence. Ni les auteurs ni l’éditeur ne répondent de cette traduction ; la version originale fait foi.
Traduction française non officielle de « Beyond Technique: Maggie’s Story of Determination, Resilience and Growth Through SFBT and a Focus on the Therapeutic Relationship », publié dans Journal of Solution Focused Practices (2024) sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique, elle n’émane ni des auteurs ni de l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ; la version originale fait foi.
Lire l’article originalComment citer cet article
Hains, D., Kowalski, K., & Krogull, M. (2024). Au-delà de la technique : l’histoire de Maggie, détermination, résilience et croissance par la TBOS et une attention à la relation thérapeutique (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/au-dela-de-la-technique-l-histoire-de-maggie (Œuvre originale publiée en 2024 dans Journal of Solution Focused Practices, vol. 8, n° 2 (2024) ; republiée en 2024 par Journal of Solution Focused Practices, https://journalsfp.org/article/124265)
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