Cette version a été traduite de l'anglais par Complexe Systémique avec l'aide de l'intelligence artificielle. En cas de doute, la version originale fait foi.
Qualitative Health Research · Deuil
Les pères endeuillés participent peu aux groupes de soutien et restent souvent seuls avec leur chagrin. En Norvège, quatorze pères dont l’enfant est mort de façon inattendue ont suivi un atelier d’écriture thérapeutique en ligne. L’équipe restitue leur expérience par quatre poèmes tirés des notes de terrain, confrontés à leurs propres écrits : résistance, colère, paternités parallèles et lien maintenu avec l’enfant.
Traduction française non officielle. Cet article est la traduction de L’expérience de pères en Norvège participant à un atelier en ligne d’écriture thérapeutique après la mort d’un enfant, par Olga V. Lehmann, Trine Giving Kalstad et Robert A. Neimeyer, publié dans Qualitative Health Research (SAGE) (2024), doi : 10.1177/10497323231216099, sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par le Complexe Systémique en septembre 2026 : le texte original a été traduit en français et remis en page, ce qui constitue une modification de l’œuvre au sens de la licence. Les tableaux sont présentés sous forme de listes, le tableau 1 étant réorganisé par semaine ; les poèmes sont traduits et présentés en citations détachées ; une citation que la source a fondue dans le texte est rétablie en citation détachée ; les déclarations de fin d’article sont regroupées dans les notes. Cette traduction n’a été effectuée ni par les auteurs ni par l’éditeur, qui ne répondent ni de son contenu ni d’éventuelles erreurs. La version originale fait foi.
Une perspective dialogique ne se limite pas aux positionnements internes du soi, mais elle se tourne vers un sentiment d’altérité, ce qui souligne l’importance du soutien entre pairs.
Olga V. Lehmann, Trine Giving Kalstad et Robert A. Neimeyer
Résumé
Après la mort inattendue d’un enfant, les parents endeuillés ont besoin d’accéder rapidement à des systèmes de soutien utiles. Les ateliers d’écriture thérapeutique en ligne peuvent rendre ce soutien accessible. Comme peu d’études ont inclus des pères endeuillés parmi leurs participants, nous avons exploré l’expérience de pères dont l’enfant était mort de façon inattendue et qui ont participé à un atelier d’écriture thérapeutique en ligne en Norvège. Nous avons mené deux ateliers pilotes (groupe 1, six semaines, n = 9 ; groupe 2, cinq semaines, n = 5). Nous décrivons nos réflexions méthodologiques sur l’usage des représentations poétiques en recherche qualitative en santé et présentons quatre représentations poétiques fondées sur les notes de terrain rédigées par la personne qui a dirigé la recherche. Nous les triangulons ensuite et les analysons de manière narrative avec deux poèmes collectifs écrits par les participants de chaque groupe, des extraits des écrits de deux pères, un par groupe, des questionnaires d’évaluation (n = 4 ; n = 3) et des notes anonymes de fin de séance du second groupe (n = 3). La résistance était un trait marquant du deuil de nos participants, et l’écriture leur a permis à la fois d’être en contact avec leur monde émotionnel et d’élaborer des émotions difficiles tout en cherchant un sens malgré la mort de leur enfant. Ceux qui ont assisté au plus grand nombre de séances ont perçu l’atelier comme transformateur, comme une étape d’une exploration de soi en cours et comme une possibilité de poursuivre et de renforcer le lien avec leur enfant. Nos résultats reflètent la complexité de l’expérience du deuil chez les pères : leur besoin de trouver un rythme pour plonger dans leur monde émotionnel, l’importance du soutien entre pairs et l’intérêt de diversifier les techniques d’intervention pour répondre aux besoins et aux préférences de chacun.
Mots-clés : écriture thérapeutique, deuil, pères endeuillés, résistance, émotions, construction de sens, représentations poétiques, journal, groupes en ligne
Il existe trop peu de traitements fondés empiriquement qui tiennent compte des différences individuelles dans le deuil, et bon nombre des traitements disponibles aident moins les parents endeuillés que les autres personnes en deuil (Pelacho-Rios et Bernabe-Valero, 2022). Les parents endeuillés peuvent présenter un risque accru de développer des troubles comme le deuil prolongé, le stress post-traumatique, l’anxiété et/ou la dépression (Aoun et al., 2015 ; Bottomley et al., 2022). Pourtant, environ deux tiers d’entre eux estiment ne pas recevoir un soutien suffisant dans leur deuil (Aoun et al., 2015). Quand la mort d’un enfant est inattendue, comme dans le cas d’une perte périnatale ou d’une mort subite du nourrisson (MSN), les dispositifs de soutien manquent pour accompagner les parents dans un processus de deuil souvent traumatique et éprouvant (Corno et al., 2020). Un soutien centré sur la personne et individualisé a montré des effets positifs pour aider les parents endeuillés (Dyregrov et al., 2000), et les équipes soignantes sont attentives à la manière dont des facteurs comme le genre, l’étape de développement des parents et les nuances de leur relation avec l’enfant décédé peuvent conduire à des parcours singuliers d’intégration du deuil (Pedraza et al., 2023).
Les parents qui se sentent submergés, ou qui éprouvent le besoin d’éviter toute expression du chagrin et du deuil, tendent à avoir le plus de mal à s’adapter à la vie après la mort de leur enfant (Barrera, 2007). Sur le plan de la dynamique de couple, on considère que les deux parents endeuillés partagent des espaces d’élaboration affective, comme le fait de se consoler mutuellement, de se souvenir et de maintenir le lien avec l’enfant au fil du temps (Bergstraesser, 2015). Parmi les thèmes importants pour aider les parents à élaborer et à intégrer leur deuil, on peut citer la reconnaissance des émotions, la résolution des affaires inachevées et la construction d’une forme d’héritage pour l’enfant (Moriconi et Cantero-García, 2022).
L’écriture est un outil parmi d’autres qui peut aider les personnes et les familles à prêter attention à leurs expériences émotionnelles, ainsi qu’à trouver motivation et sens tout en entretenant le lien avec leur fils ou leur fille décédés. L’écriture peut aider à accueillir les tonalités émotionnelles des souvenirs et de l’imaginaire d’une manière qui restaure et qui aide à façonner une identité empreinte de dignité, à mesure que l’on s’adapte aux épreuves de l’existence (Lehmann et Synnes, 2023). L’écriture thérapeutique favorise l’élaboration affective et la construction de sens à propos de ce qui nous fait souffrir — le deuil, dans le cas de cet article — et de la possibilité de s’épanouir malgré cette souffrance. La structure et l’intention des techniques d’écriture thérapeutique ont été décrites de différentes manières, certaines plus centrées sur l’exposition aux expériences traumatiques (Pennebaker, 1997), d’autres davantage sur les aspects créatifs et dialogiques que l’écriture elle-même peut susciter (Neimeyer, 1999, 2012). Qu’elle soit pratiquée à l’initiative des personnes endeuillées elles-mêmes ou dans le cadre d’interventions à bas seuil et/ou spécialisées, l’écriture a fait la preuve de ses effets thérapeutiques. La littérature en psychologie et en sciences humaines appuie solidement les effets thérapeutiques que peut avoir l’écriture lorsqu’elle renforce l’élaboration affective et la construction de sens face au deuil, au trauma, aux transitions de vie et à bien d’autres circonstances (Den Elzen et al., 2023 ; Den Elzen et Lengelle, 2023 ; Neimeyer, 1999 ; Pennebaker et Smyth, 2016 ; Steffen et al., 2022).
Dans la présente étude, nous nous intéressons à l’écriture chez des pères endeuillés, car très peu de recherches sur le deuil après la mort inattendue d’un enfant incluent des hommes parmi leurs participants (Kersting et al., 2013 ; Mota et al., 2023). La littérature disponible sur le sujet porte surtout sur des parents dont l’enfant meurt d’une maladie chronique comme le cancer (Aho, 2009). Des méta-analyses soulignent que l’expérience du deuil diffère entre femmes et hommes, ce qui les conduit à réagir différemment aux interventions (Shut et al., 2001). Entre autres facteurs, les hommes peuvent voir leurs besoins dans le deuil insuffisamment reconnus, recevoir moins d’attention de la part des équipes soignantes et ressentir une pression à soutenir leur partenaire féminine (Mota et al., 2023 ; Obst et al., 2020).
Les résultats de recherche sur l’expérience du deuil chez les hommes peuvent être contradictoires. Selon certains travaux, les pères réagissent au deuil conformément aux rôles de genre masculins et aux normes sociales : ils font face à leurs sentiments en privé, évitent ou taisent leur deuil, en se montrant rationnels, orientés vers l’action et émotionnellement détachés (Mota et al., 2023 ; Williams et al., 2020 ; Zylla, 2017). Par crainte de s’effondrer, les hommes peuvent aussi se tenir occupés comme stratégie de coping, et cette motivation entre en concurrence avec le désir ou le besoin de ménager, dans leur vie quotidienne, un espace pour être en relation avec leur enfant mort (Proulx et al., 2016).
Les parents endeuillés sont reconnaissants de recevoir un soutien psychosocial centré sur la personne, dans lequel leurs sentiments de tristesse ou de colère sont accueillis et validés (Cacciatore et al., 2013). D’autres sentiments, comme la honte et la culpabilité, semblent eux aussi importants et demandent de l’attention dans l’accompagnement (Barr, 2012). Certains résultats suggèrent que les pères endeuillés tireraient davantage profit d’interventions orientées vers les émotions (Schut et al., 1997), c’est-à-dire de ce qui va à l’encontre des représentations sociales de leur genre. D’autres perspectives laissent entendre que les personnes qui font face au deuil de manière plus instrumentale — un style plus cognitif et orienté vers l’action, souvent associé à l’expérience des hommes — participent rarement à des formes de soutien individuelles ou de groupe, surtout si ces formes de soutien privilégient la ventilation émotionnelle au détriment d’autres outils (Doka et al., 2010). De manière générale, les hommes sont moins enclins à entreprendre une psychothérapie et, quand ils le font, leur taux d’abandon pourrait atteindre 45 % ou plus (Seidler et al., 2021).
En ce qui concerne les groupes de soutien au deuil, certaines recherches suggèrent même que les participants masculins y connaissent une hausse des symptômes dépressifs et une baisse de leur énergie et de leur entrain (Maruyama et Atencio, 2008). La manière dont les émotions sont abordées dans ces interventions, le caractère temporaire ou non de ces changements d’humeur, et le fait qu’ils participent ou non à l’élaboration affective d’émotions difficiles restent à étudier. Innover en matière de soutien en santé mentale pour les hommes exige une compréhension approfondie de leurs motivations et de leurs attentes, afin de concevoir des interventions qui leur soient utiles. Quelles que soient les raisons pour lesquelles les hommes vivent leur deuil comme ils le font, la recherche et la pratique doivent cartographier leurs besoins et leurs souhaits en intégrant les perspectives du genre, de la personnalité et de la culture. Les efforts de recherche et de développement consacrés à l’exploration de l’expérience vécue des parents endeuillés sont donc cruciaux pour cartographier leurs besoins et leurs préférences et les intégrer aux dispositifs de soutien à bas seuil et/ou spécialisés. Dans le présent article, nous cherchons à donner à voir des récits sur le monde émotionnel des hommes en lien avec leur deuil, et à répondre aux questions suivantes : de quelles expériences vécues après la mort inattendue d’un enfant les hommes parlent-ils dans un atelier d’écriture thérapeutique en ligne ? Comment des pères dont l’enfant est mort de façon inattendue vivent-ils leur participation à un tel atelier d’écriture thérapeutique ?
Neuf participants se sont inscrits au premier atelier ; cinq ont assisté aux six séances, et les quatre autres à une partie des séances. Cinq pères se sont inscrits au second atelier : trois ont assisté à toutes les séances, un a assisté à une partie des séances de groupe et aux séances d’accompagnement individuel, et un s’est retiré de l’atelier en demandant s’il pouvait plutôt ne recevoir que les premiers secours émotionnels proposés en psychologie. Tous résidaient en Norvège, dans six villes différentes du pays. L’âge moyen des participants était de 35 ans. Les principales causes de la mort de leur enfant étaient la mort subite du nourrisson (MSN) ou la mortinaissance (n = 9), une maladie, un accident ou une cause non précisée (n = 5). Hormis deux participants qui se sont inscrits 14 et 18 ans après la mort de leur enfant, la durée moyenne du deuil des participants était de 15 mois. L’âge moyen des enfants morts de maladie ou d’accident était de 2,8 ans ; pour les autres participants, l’enfant était mort-né ou mort quelques jours après la naissance.
Pour notre étude, nous avons intégré des techniques issues de divers horizons théoriques en psychothérapie et en sciences humaines, selon les principes de la psychothérapie pluraliste. La psychothérapie pluraliste souligne que les êtres humains ont des besoins et des souhaits différents, et qu’offrir une diversité de techniques et de modèles rend plus probable de répondre à ces différences individuelles (Cooper et McLeod, 2007). Les approches pluralistes du deuil ont montré des effets positifs significatifs et durables chez les personnes qui en bénéficient (Steffen et al., 2022). Dans le tableau 1, nous présentons un plan détaillé de l’atelier, avec une brève description des séances de psychoéducation et des pratiques d’écriture utilisées dans les deux groupes. La plupart des séances étaient semblables pour les deux groupes. Toutefois, comme il s’agissait d’un projet de recherche et développement (R&D), de petites modifications ont été introduites dans le groupe 2 pour tenir compte de certains retours des participants du groupe 1. Les aspects généraux de la structure et du contenu de l’atelier s’appuient sur une étude antérieure consacrée à des ateliers d’écriture en ligne avec des mères en Norvège (Lehmann et al., 2022).
Tableau 1 — Structure et contenu des ateliers d’écriture pour pères endeuillés
Indépendamment des présupposés théoriques des diverses techniques utilisées, l’une de leurs intentions était de favoriser de véritables dialogues des participants avec d’autres personnes et avec des parts d’eux-mêmes. Certaines pratiques impliquaient un dialogue explicite, sous forme de lettres adressées à d’autres participants de l’atelier, à soi-même et à la personne décédée (Hedtke, 2012 ; Neff et Germer, 2018 ; Neimeyer, 2012). D’autres activités faisaient place à des formes plus implicites de dialogue intérieur, au moyen de tâches créatives et imaginatives, comme esquisser la table des matières de sa biographie (Neimeyer, 2011) ou écrire sur le deuil à partir de poèmes ou de chansons servant d’amorces (Metcalf et Simon, 2002). Au-delà de ces pratiques différentes, l’écriture a servi d’espace de dialogue entre les participants et divers aspects de leur identité, leur partenaire, les équipes soignantes, d’autres pairs et leur enfant.
Nous avons animé le premier de nos ateliers d’écriture pour pères endeuillés à l’automne 2022, pendant 6 semaines, avec des rencontres hebdomadaires de 3 heures et une séance individuelle de 30 minutes de retour sur un texte choisi. Vu l’accueil positif réservé aux séances individuelles, nous avons réorganisé la structure du second atelier, mené sur 5 semaines au printemps 2023 avec des rencontres hebdomadaires de 2 h 30 et trois séances individuelles de 30 minutes de retour sur le texte choisi. Tous les participants se sont vu proposer deux séances gratuites de « premiers secours » émotionnels auprès de psychologues, pour élaborer les émotions difficiles susceptibles d’émerger pendant l’atelier. Les séances de premiers secours émotionnels comme les séances de retour individuel ont été appréciées, y compris par les participants qui ont abandonné ou qui n’ont pas assisté à toutes les séances de l’atelier.
La personne qui a dirigé la recherche a rencontré les participants de l’étude par Zoom. Chaque séance du soir commençait par une pratique de transition en pleine conscience vers l’écriture et par des notes d’ouverture sous forme de phrases à compléter sur ce qu’ils ressentaient sur le moment. Une psychoéducation sur le thème de la semaine (respectivement l’espoir, le dialogue, la compassion envers la honte et la colère, l’autocompassion et la bienveillance aimante, et le sens de la vie), en lien avec le deuil, les émotions et le sens existentiel, était proposée. Les pratiques d’écriture comprenaient des tâches individuelles et des questions de réflexion en petits groupes et en séance plénière, pour favoriser la conscience émotionnelle, l’élaboration affective et la construction de sens. Les participants étaient encouragés à décider eux-mêmes de la quantité qu’ils écrivaient et de ce qu’ils partageaient les uns avec les autres. Pour favoriser un sentiment de sécurité et un rythme propice à la dynamique de groupe, il leur était aussi rappelé qu’ils pouvaient parler de leurs processus intérieurs pendant l’écriture sans lire les mots exacts qu’ils avaient écrits. À la fin de chaque séance, les participants rédigeaient des notes à partir d’amorces de réflexion de clôture et recevaient une pratique à faire à la maison.
Nous avons composé quatre représentations poétiques à partir des notes de terrain prises par la personne qui a dirigé la recherche pendant l’animation des deux ateliers d’écriture. Ces notes contenaient surtout des résumés de ce que les participants disaient lors des échanges en groupe plénier, séance par séance (11 semaines au total). Les représentations poétiques sont des synthèses émotionnellement saisissantes, prenant ici la forme de poèmes en vers libres écrits à partir des données des participants (Faulkner, 2005, 2009). En recherche qualitative en santé, les représentations poétiques sont pertinentes parce qu’elles peuvent éclairer l’expérience corporelle de la souffrance des participants (Ohlen, 2003), en évoquant la pluralité des voix dans l’expérience d’un participant et/ou d’un participant à l’autre. De telles synthèses de données invitent aussi au dialogue entre les participants, l’équipe de recherche et le public de l’article (Lehmann et Brinkmann, 2021).
On peut envisager ces représentations poétiques comme des poèmes de spoken word (poésie orale) plutôt que comme une forme poétique classique. Leur composition a suivi les étapes suivantes : (a) transcription des notes de terrain, en répartissant les paragraphes en lignes ; (b) ajout d’une colonne de codes résumant le contenu de chaque paragraphe ; (c) ajout d’une autre colonne pour les remarques analytiques et les thèmes ; (d) affinement des codes et recherche de thèmes transversaux ; (e) ébauche de poèmes reflétant les thèmes clés ; (f) lecture répétée des poèmes, réorganisation de la formulation et polissage des thèmes ; (g) envoi des poèmes aux autres membres de l’équipe signataire pour avis ; (h) envoi des poèmes aux participants de l’étude pour avis ; (i) intégration des retours et condensation des poèmes pour en réduire la longueur ; et (j) affinement de l’esthétique des strophes, en restant fidèle aux transcriptions des notes de terrain.
Le produit final consistait en quatre représentations poétiques portant sur les thèmes suivants : (a) le deuil et le temps, sur leur expérience de la temporalité dans le deuil, nuancée pour certains par la pandémie ; (b) faire siennes ses émotions, sur l’expérience que les participants ont des émotions et de leur élaboration ; (c) paternités parallèles, sur l’expérience ambiguë d’être père d’un enfant mort tout en s’ouvrant à de nouvelles grossesses ; et (d) le deuil comme processus, qui met en lumière l’expérience du deuil et de la construction de sens des participants dans une perspective dialogique.
Pour garantir la validité qualitative de nos représentations poétiques, nous les avons confrontées à d’autres formes de données et avons analysé l’ensemble de ces matériaux de manière narrative. Nous avons suivi les principes de la psychologie narrative, selon lesquels les récits sont au cœur de l’expérience et de l’existence humaines, et la recherche doit recueillir des données qui restituent ce qu’est la vie psychologique des participants à travers les processus de construction de sens qui en rendent compte (Josselson et Hammack, 2021). Plus précisément, nous avons prêté attention aux événements clés et aux histoires que forment ces événements, à la manière dont les personnages sont positionnés dans le script du récit, et aux nuances émotionnelles des récits (Silver, 2018).
Les deux premières pièces étaient de courts poèmes écrits collectivement dans la messagerie de la visioconférence lors de la dernière séance de chaque atelier. Les autres pièces étaient deux poèmes écrits par un participant de chacun des deux ateliers, et un tableau récapitulatif des notes d’ouverture et de clôture, semaine par semaine, transmis par l’un de ces pères. Nous avons en outre inclus les données des questionnaires d’évaluation anonymes des deux groupes, les notes de clôture du second groupe et un échange de suivi par courriel avec un participant. Lorsque c’était possible, nous avons utilisé des pseudonymes pour désigner les participants et leurs enfants. Pour les données recueillies anonymement, nous avons numéroté les participants et utilisé les abréviations « ES1 » ou « ES2 » pour préciser si le questionnaire d’évaluation provenait du premier ou du second groupe, puis numéroté les participants ; nous avons utilisé « CHO » pour les notes de clôture, en précisant la séance.
La pratique des notes de terrain, quand j’anime des groupes en ligne, m’ancre. Prêter attention à des rythmes émotionnels, des histoires de vie et des points de vue différents est une leçon d’humilité ; cela demande mon écoute et ma mémoire. Un participant a lu un jour un vers d’un poème inachevé, en revenant sur sa difficulté à trouver des mots fidèles à sa souffrance et à son besoin pressant de trouver un chemin de retour vers un rythme de vie. Le battement de son désir de chérir les mots a continué de résonner en moi ; il m’a rappelé le pouvoir et la responsabilité de mes propres mots. Dans la recherche, nous écrivons souvent sur l’expérience des participants de manière assez compliquée ; les méthodes créatives en recherche qualitative sont de puissants outils pour se rapprocher des participants : elles nous permettent de parler depuis notre condition humaine et de nous adresser à elle.
Dans les groupes d’écriture, il se passe beaucoup de choses qui dépassent l’écriture elle-même. Il s’agit du sentiment de réciprocité qui se nourrit dans ces rencontres (Lehmann et Brinkmann, 2019). Ce qu’un participant partage peut faire écho à l’expérience d’un autre ou lui offrir une perspective. Ils peuvent partager la difficulté à trouver des mots pour l’indicible et, tout en construisant un sentiment d’être ensemble, coudre le tissu du deuil, avec ses bords doux et rugueux. La couverture de leurs mots les accompagne, tandis que chacun traverse à son propre rythme la tempête des émotions difficiles et des souvenirs traumatiques. J’ai écrit les quatre représentations poétiques pour tenter d’entrelacer les fils des histoires de vie singulières des participants, en reflétant la complexité du deuil masculin.
Tant il est tragique de recevoir un enfant et de se le voir retirer si vite, j’ai voulu donner voix, pour ces pères endeuillés, à ce que je sentais vrai pendant les 11 semaines passées à l’écoute de leurs aspirations. J’avais conscience de la part d’interprétation de ma relecture des notes de terrain : je savais que mes poèmes ne suffiraient pas si leur contenu n’était pas confronté aux récits réels des participants eux-mêmes, car mon premier public, c’est eux : je voulais que ces poèmes montrent ce qu’est le deuil de leur point de vue, et non du mien. C’est pourquoi chacune des quatre représentations poétiques est accompagnée de données issues des questionnaires ou d’écrits que les participants nous ont confiés, ainsi que de réflexions nourries par la littérature scientifique.
Nous avons reçu le numéro d’approbation 885234 de l’Agence norvégienne des services partagés pour l’éducation et la recherche (SIKT) pour mener ce projet, notre protocole de recherche remplissant ses critères de protection des données. Notre projet a été dispensé d’approbation par le Comité régional d’éthique de la recherche médicale et en santé (REK), qui a estimé que notre protocole de recherche ne comportait pas de risque majeur pour les participants. Nos participants ont aussi donné leur autorisation pour l’utilisation d’extraits de leurs propres écrits dans cet article de recherche.
Trois, onze mois,
cinq ans, quatorze ?
Le temps n’est pas clair.
Retourner vite au travail,
de nouvelles grossesses,
la souffrance de l’autre parent,
une pandémie qui ferme tout.
Pas de voyage, pas de football, pas de pub,
quelle injustice, « faire » son deuil
de cette manière contre nature.
Même pour ceux qui avaient l’occasion
de se changer les idées — voyages, verres ou sport —
il n’y avait pas tant de place
pour parler du deuil des hommes, comme une norme.
Mélancolie : j’ai l’impression qu’il me manque
des parties du corps. Le deuil est physique, pour nous.
Isolé, à cause de ceci et de cela —
en partie parce que je résiste.
Je n’ai pas de mots, ou peu de mots.
Je laisse le deuil se figer,
j’essaie d’avancer dans la vie. Ça marche.
Pourtant, il y a des rappels,
presque chaque jour, que quelque chose n’est pas
comme il le faudrait.
J’ai du mal quand les temps sont bons :
est-ce que je ne vais pas assez loin dans le deuil ?
Le ballon va-t-il éclater ?
Je ne sais pas si je fais assez de place à mon enfant
dans ma vie actuelle.
Quand, et comment faire son deuil ?
Maintenant, l’écriture : une façon de faire son deuil.
Ça fait peur. Peut-être pas pour moi ?
Échos de l’avenir, réminiscences.
Échos du passé, ma propre enfance
qui se reflète dans ma paternité d’aujourd’hui.
Surpris de voyager dans le temps,
par l’émotion. Je trouve des leçons,
des choses que je croyais avoir digérées.
J’y travaille, encore une fois,
j’ai d’autres ressources aujourd’hui.
Le deuil et le temps est un poème qui invite à reconsidérer la temporalité à la lumière de la souffrance et de l’amour. Certains aspects phénoménologiques du deuil ne suivent pas un ordre chronologique ; ce sont plutôt des formes de rupture (Shardlow, 2022). Permettre aux pères endeuillés d’envisager des approches non linéaires de la temporalité semble leur permettre de reconstruire plus librement les récits de leur identité (Barak, 2014). Pendant l’atelier, nous avons brièvement mentionné que l’amour comme le deuil se mesurent à l’intensité de nos sentiments, et non au temps chronologique. Ce que nous n’avions pas prévu, c’est que ce thème reviendrait aussi souvent dans les descriptions et les partages des participants, avant même que le sujet soit explicitement abordé.
Certains ont perçu que le confinement pendant la pandémie de COVID-19 avait affecté leur perception du temps, en les privant de nombreuses possibilités de s’engager dans des activités habituelles et/ou en leur laissant trop de temps pour leur deuil. Il peut être accablant pour des parents de faire face aux aspects du deuil orientés vers la perte, et pendant la pandémie de COVID-19, le bouleversement des rôles, des routines et des relations a rendu plus difficile encore, pour les personnes endeuillées, de trouver un moment qui leur paraisse approprié pour vivre leur deuil (Hooghe et al., 2021). Pourtant, le thème de la pandémie ne revenait pas aussi souvent que les tonalités émotionnelles d’ensemble liées au deuil. Un sentiment d’ambiguïté quant à la durée de leur deuil, indépendamment du nombre de mois ou d’années écoulés depuis la mort de leur enfant, était une expérience commune à tous les participants. L’intensité émotionnelle et la difficulté à nommer et/ou à élaborer des émotions difficiles semblaient gouverner cette ambiguïté du temps, comme nous l’explorons dans la partie suivante.
Pavée de résistance,
ma disposition à faire mon deuil,
à écrire.
Les parties difficiles :
ôter les masques
qu’on porte pour raconter une histoire de deuil.
Une envie d’éviter.
Trouver des mots pour les sentiments,
laisser les sentiments être.
Ce deuil fait d’instants.
Le deuil me demande de dire ce que je veux dire,
vraiment. Pas les gros titres,
ce qu’il y a derrière.
Une forêt inexplorée d’émotions.
Tension, volonté de garder le contrôle.
Incrédulité devant certains souvenirs.
Puis il y a le regret.
Une autopsie qui ne mène nulle part :
ce n’était la faute de personne.
Pourquoi est-ce que je continue à vouloir trouver une cause ?
Et si j’avais pu nous épargner cette tragédie ?
L’injustice, c’est à ça que je pense le plus.
Le désespoir de vouloir
les ramener à la vie m’engourdit.
Je ne peux rien y changer. La colère, tant de colère.
J’ai peur de la colère que je ressens.
La colère est un lieu solitaire, pour commencer.
Puis je remarque l’inachevé :
les conversations qui n’ont pas eu lieu,
ou qui ne se sont pas passées comme il aurait fallu,
avec le système de soins, la famille ou les amis.
Des dialogues inachevés avec moi-même,
avec l’autre parent, avec mon enfant.
Aller vers les sentiments, avec générosité.
Maintenant je le vois,
à quel point ces émotions
sont restées entravées.
Il y a aussi l’ordinaire,
honorer d’autres états d’esprit,
les jours où je veux rester « plus occupé »,
les jours où j’ai besoin d’être plus pratique.
Les périodes difficiles mènent à l’ambivalence.
Comment faire siennes ses émotions est une représentation poétique qui évoque, chez nos participants, la pratique du contact avec ses propres émotions et la pratique du souvenir. Dans leur deuil, ces hommes se sont accordés à leur propre rythme émotionnel, ce qui peut être difficile et se vit souvent sous diverses formes de résistance. Cette résistance n’est pas seulement négative : elle appartient au deuil, et elle peut rendre compte d’aspects instrumentaux du deuil susceptibles de conduire à des modes constructifs d’intégration du deuil (Doka et al., 2010 ; Huang et al., 2023 ; Schut et al., 1997 ; Zylla, 2017). Résister au deuil peut aussi refléter la pression que les normes sociales implicites ou explicites liées au genre font peser sur les hommes (Mota et al., 2023 ; Zylla, 2017). En outre, comme nous l’illustrerons dans les paragraphes suivants, nos participants avaient aussi besoin de développer une littératie émotionnelle à l’égard d’émotions difficiles comme la colère, la culpabilité et la honte (Barr, 2012 ; Moriconi et Cantero-García, 2022).
Après avoir écrit et révisé les quatre représentations poétiques, nous les avons envoyées aux participants des ateliers en leur demandant s’ils s’y sentaient reconnus et si les mots traduisaient l’expérience du groupe. L’un d’eux a répondu ceci :
« Je suis dans une période juste avant l’anniversaire de la mort de ma fille, alors j’ai du mal à avoir assez de capacité cognitive pour lire ces poèmes. D’une manière générale, je peux dire que je les ai aimés et que je me suis senti reconnu dans beaucoup de ce que vous avez écrit. La difficulté à nous exprimer et à trouver des mots pour les sentiments, c’est la partie qui répondait le mieux à votre question sur le processus vécu dans l’atelier, avec les émotions à vif qui rendent difficile de partager quelque chose. » (Steinar, père de Lia)
Les mots de Steinar rejoignent ce que d’autres parents ont dit dans les questionnaires d’évaluation : travailler sur les émotions et le sens pendant l’atelier en ligne comptait pour nos participants, même si c’était difficile. Cela pourrait indiquer, comme d’autres résultats de recherche, qu’il est pertinent d’aborder les émotions dans les interventions de deuil destinées aux pères endeuillés (Schut et al., 1997). Même si le contexte de notre intervention est différent, la recherche sur les programmes de soutien à la parentalité suggère que travailler sur ses émotions en tant que parent est douloureux et confrontant, mais porteur de sens (Ansar et al., 2021). Par exemple, un participant a souligné que travailler sur les émotions implique résistance et tension :
« J’ai besoin d’un peu de temps pour me connecter à mes sentiments. Je dois mettre un couvercle dessus et les tenir à distance pour fonctionner au travail dans la journée, et ça demande beaucoup d’énergie, et j’ai besoin de “m’échauffer un peu” ou de laisser entrer les choses progressivement pour ne pas être submergé. » (Participant 2, CHO, jour 2)
Un autre participant a souligné dans le questionnaire d’évaluation l’importance d’être en contact avec ses sentiments profonds, et le fait d’avoir apprécié de « pouvoir écrire en partant directement des sentiments, sans les rationaliser » (Participant 1, ES1). Il se peut toutefois aussi que, chez certains, la résistance à ce travail se traduise par le sentiment d’être submergé et par une démotivation, ce qui rejoint d’autres perspectives de la littérature (Doka et al., 2010).
Au moins deux aspects importants sont à prendre en compte dans ces explications possibles : les nuances culturelles de la littératie émotionnelle et la conception de la paternité. Les études sur la littératie émotionnelle indiquent que les hommes qui se conforment aux normes et aux attentes masculines peuvent présenter, en général, davantage de symptômes dépressifs que les autres hommes (Milner et al., 2019). Cela ne signifie pas nécessairement que les hommes ressentent les choses moins intensément, mais que, lorsqu’ils vivent selon les conceptions classiques de la masculinité, ils peuvent s’efforcer de gérer les émotions difficiles de manière cachée, ce qui peut à la fois leur donner un sentiment de maîtrise et les isoler, ou les aider à éviter l’élaboration émotionnelle (Cook, 1988). Même si peu d’études portent sur la manière dont la culture influence la littératie, la régulation et l’expression émotionnelles en Norvège, des résultats préliminaires suggèrent que la population étudiante norvégienne est moins encline que la population étudiante états-unienne à se percevoir comme consciente de l’expression émotionnelle, sensible à celle-ci et capable de la contrôler (Hystad et al., 2010). Dans le même temps, la Norvège, comme d’autres pays nordiques, a favorisé une évolution des représentations sociales de la paternité, dans une aspiration à l’égalité de genre. Cela signifie qu’aujourd’hui, on attend des pères norvégiens qu’ils s’engagent activement dans les soins à l’enfant sans que cela menace leur sentiment de masculinité (Magnunsson et al., 2008). Cela s’ajoute au paysage complexe des expériences possibles de nos participants, et montre pourquoi une attention à la culture dans les études futures serait cruciale pour mieux comprendre les besoins et les souhaits des parents endeuillés.
Tout ce que nous aurions dû vivre,
ensemble.
Les rêves d’une enfance joyeuse,
interrompus
par la maladie, les accidents, l’inconnu.
Une grossesse, une naissance, des funérailles.
Dualité : être dans une maternité,
des familles qui accueillent un nouveau membre,
et nous, en train de dire adieu.
Être père une fois encore.
Personne ne comprend… ils disent :
« tu dois être plus fort. »
Plus fort ?
C’est sacrément difficile de rester enthousiaste
quand arrivent de nouvelles grossesses.
Comment se préparer à une naissance qui vient ?
Mon rôle de père d’autres enfants,
célébrer l’anniversaire d’une mort
quelques jours avant la naissance d’un nouvel enfant.
La vie dans ses nuances à vif.
Certains trouvent leur chemin
vers de nouvelles grossesses, de nouveaux enfants,
d’autres non.
Une question se glisse :
allons-nous survivre à cela, comme couple ?
Fier d’être devenu père,
il y a pourtant des jours plus faciles que d’autres.
Paternités parallèles est une représentation poétique destinée à rendre l’ambiguïté qu’il y a, pour nos participants, à affirmer qu’ils restent père d’un enfant mort trop tôt, alors que, pour certains d’entre eux, cette paternité s’est mêlée à l’expérience d’avoir de nouveau des enfants. En écrivant et en réfléchissant à leur deuil, ces parents devenaient aussi les auteurs de leur identité. Le renouvellement de l’identité est une part importante du processus d’intégration du deuil dans la vie quotidienne (Den Elzen, 2021 ; Gillies et al., 2013 ; Lengelle, 2021). Ce thème est apparu aussi important pour les pères que pour les femmes ayant suivi des ateliers d’écriture en ligne (Lehmann et al., 2022). Dans ce processus, les parents imaginent souvent les vies que leur enfant aurait pu vivre, et se trouvent confrontés à la difficulté de maintenir un lien avec un enfant perdu si jeune (Milman et Rheingold, 2023). Les trajectoires de vie des personnes qui traversent des transitions comme la mort d’un être cher sont singulières et donnent forme à des chemins divers vers un sens existentiel (Lehmann et Brinkmann, 2021).
Dans le questionnaire d’évaluation, certains participants ont indiqué que la solitude, les difficultés d’être père, la mort et la maladie de longue durée étaient les sujets les plus difficiles à aborder par écrit. En même temps, ils exprimaient aussi de la reconnaissance pour l’atelier et l’écriture, même si c’était difficile. Un participant a dit : « C’était bien de voir qu’il y en avait beaucoup d’autres sur le même territoire inconnu que moi » (ES1), et un autre a ajouté qu’il avait appris « que je peux supporter mon deuil — ce qu’il a de douloureux et ce qu’il a de bon » (ES2). En reconnaissant cela, certains de nos participants confirmaient que si l’écriture devient une occasion à la fois de construction de sens et d’élaboration affective, elle a de bonnes chances d’avoir des effets thérapeutiques (Den Elzen et al., 2023 ; Lehmann et al., 2022 ; Neimeyer, 1999 ; Pennebaker et Smyth, 2016). Les deux cas suivants mettent en avant le thème de l’identité et de la paternité, ainsi que la difficulté que peut représenter l’intégration d’une paternité parallèle.
La prose poétique d’Artur, Faire le deuil de Nora, compte 74 lignes ; c’est un questionnement philosophique qui l’a aidé à faire place à l’absurde. Certaines de ses interrogations existentielles n’apparaissent qu’une fois dans le texte, comme « Souffrance ? Malaise ? Insomnie ? Désir de proximité ? » (ligne 1) ou « Est-on sa propre source ? Avec une voix, des pensées, des significations et des sentiments ? » (lignes 8-9). D’autres questions se répètent, traduisant la volonté poignante d’affirmer la présence éphémère de sa fille : « Comment vas-tu ? » (lignes 14, 21 et 30), « qui aurais-tu pu devenir » (lignes 14 et 16) ou « étais-tu ? » (lignes 14, 31 et 44). C’est l’histoire d’un père qui fait une promesse : « Je ne t’oublierai jamais… même si notre temps ensemble a été si court » (lignes 62-64) ; et l’histoire d’un père qui demande une promesse : « Ne cesse jamais de me rendre visite » (ligne 70), suivie du grand final : « Je t’aime / Le papa de Nora, et “Noravind” [le vent de Nora], nous suivons » (lignes 73 et 74).
Artur a en outre transmis (voir le tableau 2) un récapitulatif de ses notes d’ouverture et de clôture, semaine par semaine, qui rend compte d’un processus évolutif de construction de sens. Par exemple, les premières semaines étaient marquées par davantage d’autocritique et de prudence, alors que les trois dernières semaines montraient une prise de conscience et une élaboration des émotions, ainsi qu’une attention au maintien du lien avec sa fille.
Tableau 2 — Les notes d’ouverture et de clôture d’Artur
Le poème de Fred, Mon histoire de deuil, compte 924 vers ; riche en images et en souvenirs, il invite à voyager dans le temps et à toucher différentes facettes de la lueur d’espoir que recèlent la souffrance, l’amour et la sagesse. En écrivant sur la mort de sa fille, Sol, il a remarqué tout ce que le deuil amplifie : la conscience de fausses couches antérieures et de son attitude à leur égard, le désir ardent que la seconde grossesse se passe bien, et la nécessité de faire face à la tragédie d’une mort périnatale. Le cheminement de découverte de soi de Fred ne dévoile pas seulement ce qu’est la paternité, mais aussi ce que peut représenter la condition humaine à travers la virilité et au-delà. Il écrit sur une fausse couche qui a précédé, des années plus tôt, la mort de Sol :
Elle était enceinte d’un peu moins de 12 semaines.
Je dis « elle était enceinte » (…) parce qu’évidemment le bébé grandit dans le corps de la femme.
Ce n’est pas comme si le père pouvait dire « je suis enceinte », ou même « nous sommes enceintes ».
« Nous attendons un bébé » ou « ma femme attend un enfant » sont plus acceptables.
Je trouve que le langage est parfois insuffisant.
La grossesse n’appartient-elle pas aussi au père ? D’une certaine manière ?
Cela semble indéfini.
Abstrait.
Une part de mon âme y était investie. (Poème de Fred, vers 99-109)
Cette strophe rend compte de la relation père-enfant qui naît pendant la grossesse, ainsi que du souhait de nombreux pères de créer un lien émotionnel avec leur enfant pendant la grossesse (Bonnette et Broom, 2012). Fred a aussi montré l’importance de maintenir le lien avec l’enfant décédé dans l’intégration du deuil (Klass, 2006), car il semble que sa fille, Sol, ait catalysé un processus de plusieurs années de réévaluation et de transformation du but de sa vie, qui l’a conduit, entre autres, à s’engager comme bénévole auprès de parents endeuillés et à changer de carrière.
Il faut toutefois reconnaître que tous nos participants n’ont pas écrit et partagé comme Artur, Fred ou d’autres l’ont fait. Il est difficile de définir ce qu’est l’abandon dans notre étude, car certains de ceux qui se sont retirés de l’atelier ont assisté aux séances d’accompagnement individuel et/ou aux séances de premiers secours émotionnels avec les thérapeutes avec qui nous collaborions. Ce que nous pouvons dire, c’est que, dans des ateliers d’écriture semblables destinés à des mères, le recrutement et la rétention des participantes étaient plus importants (Lehmann et al., 2022). Un père a écrit dans le questionnaire d’évaluation :
« Personnellement, je trouve que c’était bien de participer à l’atelier, mais que je n’ai pas reçu tant d’aide que ça pour avancer dans mon processus de deuil ou pour être plus conscient de mes propres sentiments et plus en sécurité avec eux. » (Participant 4, ES1)
Son retour est important et, même si son enfant était mort d’une maladie de longue durée et qu’il n’avait pas pu assister à toutes les séances à cause de son travail, il se peut que l’écriture thérapeutique ne convienne pas à tous les hommes et/ou qu’elle doive s’inscrire parmi d’autres interventions.
Cependant, les trois participants qui ont répondu au questionnaire d’évaluation dans le second groupe ont tous affirmé qu’ils auraient aimé avoir des séances supplémentaires. Nous avons explicitement demandé à ce groupe ce qui, selon eux, inciterait davantage d’hommes à s’inscrire à ce type d’atelier. Certains ont répondu que « les responsabilités à la maison » (Participant 3, ES2) pouvaient être un frein, et qu’« il faut du temps aux hommes (de manière générale) pour se sentir suffisamment en sécurité pour partager devant d’autres » (Participant 1, ES2), à quoi un autre a ajouté ceci :
« J’attendais qu’un atelier comme celui-ci soit proposé (...). C’est dans les séances à trois participants que je me suis senti le mieux, mais c’est peut-être l’introverti en moi qui parle. J’ai beaucoup aimé la façon dont le dispositif était conçu pour qu’on puisse partager autant ou aussi peu qu’on voulait de ce qu’on avait écrit, tout en pouvant de toute façon parler de ce qu’on avait écrit. » (Participant 2, ES2)
Cela souligne l’existence de préférences individuelles quant à ce qui rend utiles les interventions à bas seuil.
Comment formuler mon deuil ? Résistance.
Confusion : qu’est-ce qui est le deuil, qu’est-ce qui est moi ?
Difficile d’écrire une réflexion,
d’être en contact avec les sentiments.
Ça tourne un peu au cliché, un peu convenu.
Écrire un autre brouillon,
vouloir qu’il soit bon.
Lire à voix haute ce qu’il y a sur le papier ?
Entendre en moi la voix du critique,
le perfectionniste, le vulnérable en moi.
Difficile de commencer et de trouver les mots,
et difficile d’arrêter d’écrire ensuite.
Comme le deuil est singulier !
Dans ce groupe d’écriture, nous avons construit le respect
de ce qui nous est arrivé à tous.
C’est touchant de s’écouter les uns les autres,
malgré le trop-plein.
Il y a tant d’hommes qui sont en deuil en moi :
l’irritable, l’impatient,
l’enthousiaste, l’égoïste,
l’homme honteux, celui qui se débat
avec l’incertitude.
Il y a aussi en moi un homme qui prend du recul :
celui qui trouve de l’énergie, celui qui prend de la hauteur,
celui qui garde une vue d’ensemble de la vie,
celui qui continue, qui résout,
celui qui aime…
Que peuvent-ils m’apprendre ?
Voir le bon côté des choses,
une affirmation provocante.
Choisir comment prendre les choses
repousse nos limites.
Trouver un sentiment de valeur intérieure,
apprendre à se défendre soi-même,
parce que c’est difficile, de faire son deuil.
Ça paraît facile à dire. Ça ne l’est pas.
Écouter les autres est une leçon d’humilité,
nous sommes le miroir les uns des autres, la forme
inattendue qu’a prise notre famille.
Se rencontrer à des étapes diverses de la vie,
ça donne de la perspective.
La compassion pour les autres peut être plus forte
que la compassion pour soi.
Intéressant de le remarquer.
Gratitude.
Trouver du sens est une pratique,
soutenir les autres aide.
C’est une façon d’avoir la paix.
Ça fait du bien, de donner forme au deuil avec le langage,
et d’accepter ce qui ne peut pas se dire.
Le livre du deuil
a déjà une esquisse de couverture.
Le livre serré contre mon cœur,
j’avance…
Le deuil comme processus est une représentation poétique qui rend l’expérience des participants avec un sens de l’humanité propre au deuil en tant que condition existentielle ; elle relie le deuil à des attitudes importantes à intégrer dans la vie par l’attention, la compassion et la souplesse. Les parents endeuillés qui ont participé à nos ateliers ont trouvé utile d’explorer l’esprit comme une scène dialogique (Hermans, 2001), en repérant et en élaborant différents positionnements du soi actifs pendant leur deuil et dans leur effort pour reconstruire leur vie après la perte. Faire place à différentes parts du soi quand on écrit sur l’expérience du deuil s’est révélé utile pour trouver du sens et intégrer le deuil à un sentiment renouvelé d’identité (Den Elzen, 2021 ; Lengelle, 2021). Amener à la conscience les divers positionnements du soi reflète aussi, comme le double processus du deuil, à quel point la vie et le deuil sont des processus entremêlés qu’il s’agit d’équilibrer (Stroebe et Schut, 2010). Le poème illustre ainsi les nuances de l’expérience de résistance chez les hommes, et l’importance, pour eux, de se concentrer au quotidien sur d’autres aspects que le deuil (Huang et al., 2023 ; Mota et al., 2023 ; Proulx et al., 2016 ; Zylla, 2017). Des résultats de recherche récents suggèrent même qu’un rétablissement adaptatif dans le deuil peut aussi passer par une attention à des aspects plus instrumentaux, comme le fait de se tourner vers l’avenir tout en réduisant l’attention portée aux aspects du deuil orientés vers la perte (Huang et al., 2023). En outre, le poème montre aussi qu’une perspective dialogique ne se limite pas aux positionnements internes du soi, mais qu’elle se tourne vers un sentiment d’altérité (Hermans, 2001 ; Lehmann et Brinkmann, 2019), ce qui souligne l’importance du soutien entre pairs, l’effet puissant de la compréhension et la compassion venant d’autres personnes endeuillées.
Lors de la dernière séance de chaque groupe, les participants ont écrit un poème collectif à partir de l’amorce « Une porte s’ouvre ». Chaque participant devait écrire au moins un vers. Une fois que tous avaient partagé leurs propositions dans la messagerie, nous les avons relues ensemble et avons réorganisé les vers jusqu’à convenir que la création était terminée.
Groupe 1, automne 2022
Une porte s’ouvre
l’obscurité, à l’intérieur.
Un avenir qui n’a jamais vu le jour.
Le deuil est là.
J’avais hâte d’apprendre à te connaître
Tu seras toujours dans nos mémoires,
tu seras, toujours, là.
Groupe 2, hiver 2023
Une porte s’ouvre
Qu’est-ce qui m’attendra quand j’entrerai aujourd’hui ?
Peur, Honte, Culpabilité, Amour ?
Je te vois là-bas, tu me vois.
Je suis là,
tu es là.
Ces deux poèmes vont dans le même sens que la représentation poétique sur le deuil comme processus : ils suggèrent que l’intégration du deuil est une pratique continue, et que l’atelier d’écriture thérapeutique en ligne fournit des outils pour aider les participants à travailler sur leurs émotions et à renforcer le lien avec leur enfant. Certaines études suggèrent que moins les parents parviennent à accepter la mort de leur enfant, plus ils sont susceptibles de déclarer des symptômes de deuil d’intensité sévère (Keesee et al., 2008). En même temps, donner du sens à la mort d’un enfant est l’un des aspects les plus difficiles de l’élaboration émotionnelle et de l’intégration du deuil, étant donné l’absence de sens de cette tragédie elle-même (Lehmann et al., 2022).
Les ateliers d’écriture thérapeutique en ligne ne sont qu’une des multiples ressources auxquelles les parents endeuillés peuvent accéder et, même si l’écriture se révèle utile, le deuil et la conscience émotionnelle sont un processus continu : le but de l’écriture n’est donc pas forcément atteint à la fin de l’atelier, mais l’écriture peut devenir une habitude pour la suite. Comme l’a ajouté un participant : « Cet atelier a lancé un processus, si bien que je sens maintenant que je peux continuer à le faire moi-même à la maison, en prenant du temps pour écrire, pour moi et pour elle [ma fille] » (Participant 3, ES1).
En Norvège, il est parfois difficile de trouver un soutien au deuil, si bien que les interventions à bas seuil et le contact avec les associations de pairs sont essentiels. La variété des techniques et des approches proposées dans les ateliers a aussi été vécue positivement, puisque de nombreux participants ont dit : « J’ai découvert de nouvelles techniques et des aspects de modalités d’écriture que je connaissais déjà, que j’emporterai avec moi » (Participant 2, ES2), ou : « J’ai aimé pouvoir me mettre au défi et, comme il y avait beaucoup de pratiques différentes, j’en ai trouvé certaines qui m’intéressaient davantage, certaines qui répondaient à mes besoins » (Participant 3, ES1). De tels extraits confirment l’importance d’une attitude pluraliste (Steffen et al., 2022) dans la conception d’ateliers d’écriture thérapeutique.
Notre étude exploratoire de l’expérience de pères participant à un atelier d’écriture thérapeutique en ligne après la mort inattendue d’un enfant, menée ici dans le contexte norvégien, éclaire les tonalités émotionnelles du deuil des hommes. Le recours à la représentation poétique comme forme de recherche qualitative a facilité la compréhension de ces tonalités ; ces synthèses évocatrices ont mis en mots des strates de l’expérience de nos participants qu’ils avaient du mal à verbaliser. Par exemple, le deuil a modulé la perception de la temporalité chez la plupart de nos participants, rendant compte du caractère singulier des rythmes émotionnels nécessaires pour élaborer les émotions et les souvenirs difficiles. Pour quelques-uns seulement, la perception de la temporalité a été explicitement affectée par la pandémie de COVID-19. En outre, la résistance est apparue comme un trait marquant de l’expérience de nos participants. L’avantage de cette résistance pourrait être une attention plus explicite à la reconstruction de la vie après la mort de leur enfant ; son revers serait l’évitement et/ou une littératie émotionnelle limitée. La conscience émotionnelle, les compétences d’écriture et les compétences de communication s’approfondissent et se développent dans le cadre d’ateliers comme le nôtre, mais pour les pères chez qui l’évitement émotionnel ou l’analphabétisme émotionnel est marqué, pour de multiples raisons, l’écriture thérapeutique peut être difficile.
Pour beaucoup de nos participants, l’écriture est devenue un outil utile de construction de sens, d’élaboration affective et de soutien entre pairs, ainsi qu’un espace dialogique pour poursuivre le lien avec leur enfant. Comme les pères vivent chacun le deuil de manière singulière et que la mort de leur enfant survient à des périodes précises de leur parcours de vie, il est important de diversifier les offres destinées aux parents endeuillés. Les groupes d’écriture thérapeutique en ligne ou en présentiel ne conviennent peut-être pas à tous les hommes, et, dans le cadre d’un groupe d’écriture thérapeutique, il est crucial de disposer d’un ensemble pluraliste de techniques et d’outils capables de répondre à leurs besoins et à leurs souhaits individuels.
À notre connaissance, il s’agit de la première étude de ce type en Norvège, et plusieurs aspects pourraient être pris en compte dans de futures études. Premièrement, pour les hommes à qui l’atelier a convenu, celui-ci semble avoir été transformateur, comme le documente le présent article. La conscience émotionnelle et la disposition à travailler sur les émotions, ainsi que le fait d’avoir le temps d’écrire et la motivation et/ou l’expérience pour le faire, ne sont pas à sous-estimer. Deuxièmement, le rôle de la personnalité, de la culture et des trajectoires développementales devrait être davantage pris en compte dans le recueil de données d’études semblables. Des recherches futures pourraient cibler plus explicitement ces caractéristiques pour cartographier les besoins et les souhaits des pères endeuillés, autant que ceux des mères endeuillées. S’il est important de simplifier le recueil de données pour les participants, il pourrait aussi être idéal de disposer de davantage de données longitudinales provenant d’hommes. Avoir accès à davantage d’extraits des journaux des participants, ou enregistrer les séances de l’atelier, pourrait servir cet objectif. Troisièmement, le nombre de participants aux ateliers pour pères était inférieur à celui d’ateliers semblables proposés à des mères (Lehmann et al., 2022). Que ce soit en raison des représentations sociales du genre ou d’un autre facteur, il est important de briser la stigmatisation qui entoure le deuil des hommes, à la fois pour inciter les hommes à chercher et à accepter du soutien, et pour rendre ce soutien plus accessible et plus efficace pour eux. Des campagnes ciblant ces sujets pourraient inciter davantage d’hommes à participer à des études, et donc abaisser les obstacles à l’accès au soutien.
Quatrièmement, le contenu, le calendrier et le style pédagogique de l’atelier pourraient faire l’objet d’une réflexion plus poussée. Par exemple, étudier les effets de ces ateliers en ligne et en présentiel pourrait éclairer les cadres qui favorisent ou perturbent le travail sur les émotions. Pour la plupart de nos participants, suivre l’atelier en ligne s’est révélé commode pour des raisons pratiques. Nous n’avons ni examiné ni évalué dans quelle mesure la participation à un atelier en ligne a pu, ou non, renforcer la conscience et/ou l’expression des émotions. Élargir la participation des personnes concernées et multiplier les ateliers pilotes pourrait offrir des apprentissages plus larges pour améliorer la structure et le contenu de l’atelier. Cinquièmement, vu le succès des séances d’écriture individuelles auprès des participants de l’étude, de futures études pourraient comparer l’usage des techniques d’écriture thérapeutique dans différents cadres, en ligne ou en présentiel, en individuel ou en groupe. Sixièmement, de nombreux autres écrits des participants de l’étude n’ont pas été inclus, en raison des limites de longueur du présent article ou pour préserver la vie privée des participants. Demander l’autorisation de s’y appuyer dans de futures études qualitatives pourrait enrichir notre compréhension des processus thérapeutiques suscités par de tels exercices d’écriture.
Complexe Systémique : à retenir
L’article intéresse les cliniciens du deuil à double titre. D’abord, il prend au sérieux la résistance des pères sans la réduire à un déficit : se tenir occupé, différer, écrire peu peuvent aussi servir à reconstruire la vie, à condition de ne pas fermer la porte aux émotions. Ensuite, il montre qu’un groupe d’écriture devient un espace dialogique où chacun se découvre fait de plusieurs voix, l’irritable, le honteux, celui qui aime, et où le lien avec l’enfant mort peut se poursuivre plutôt que se rompre. Les « paternités parallèles », être père d’un enfant mort et d’un enfant à naître, rappellent combien le deuil périnatal traverse le couple et la fratrie à venir. On retiendra aussi la souplesse du dispositif : partager peu ou beaucoup, parler de son texte sans le lire. La portée reste limitée : quatorze pères, des abandons, des poèmes composés par la personne qui dirige la recherche à partir de ses notes. À lire avec l’article sur une approche narrative du travail de groupe avec des familles en deuil, et avec l’étude de cas sur l’écriture polyphonique collaborative.
Notes de l’original
Contributions. O.L. a assuré la sélection des participants, la planification et l’animation des ateliers, les séances individuelles d’accompagnement à l’écriture et la composition des représentations poétiques, et a tenu le rôle principal dans l’analyse des données et la rédaction de l’article. T.G.K. a contribué au recrutement des participants par l’intermédiaire de l’organisation où elle travaille et au recueil des questionnaires d’évaluation. Elle a fait des retours généraux sur les versions antérieures de l’article et ajouté des références bibliographiques à l’appui de l’argumentation. R.A.N. a supervisé O.L. dans la planification et l’animation des ateliers. Il a aussi fait des retours généraux sur les versions antérieures de l’article, en apportant des références bibliographiques et des suggestions sur la structure de l’article.
Liens d’intérêts. L’équipe signataire ne déclare aucun conflit d’intérêts potentiel en lien avec la recherche, la rédaction et/ou la publication de cet article.
Financement. L’équipe signataire déclare avoir reçu le soutien financier suivant pour la recherche, la rédaction et/ou la publication de cet article : le projet est financé par EkstraStiftelsen Helse og Rehabilitering (Fondation Dam) (subvention no 2022ST-0000000064).
Remerciements. L’équipe remercie chacun des participants de l’étude pour le courage qu’il leur a fallu pour s’inscrire à cet atelier et être en contact avec leurs émotions dans leur quête de sens après la mort inattendue de leur enfant. Elle exprime aussi sa gratitude pour leurs enfants, dont la courte vie a été pleine de sens pour les participants. Merci à Reinekke Lengelle d’avoir supervisé O.L. dans la planification et l’animation des ateliers. Merci à l’Association norvégienne de la mort subite du nourrisson et de la mortinaissance (LUB) pour tout son soutien et ses encouragements dans la conduite de ce projet. L’équipe remercie aussi les psychologues de l’Institut de conseil psychologique de Norvège (IPR), qui ont assuré les séances de premiers secours émotionnels pour les participants. Enfin, merci à la Fondation DAM d’avoir financé le projet.
Éthique. Le projet a reçu le numéro d’approbation 885234 de l’Agence norvégienne des services partagés pour l’éducation et la recherche (SIKT), le protocole de recherche remplissant l’ensemble de ses critères de protection des données. Il a été dispensé d’approbation par le Comité régional d’éthique de la recherche médicale et en santé (REK), qui a estimé que le protocole ne comportait pas de risque majeur pour les participants. Tous les participants ont reçu et signé librement un formulaire de consentement conforme aux lignes directrices de la SIKT et du REK.
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Traduction non officielle en français de L’expérience de pères en Norvège participant à un atelier en ligne d’écriture thérapeutique après la mort d’un enfant, par Olga V. Lehmann, Trine Giving Kalstad et Robert A. Neimeyer, Qualitative Health Research, vol. 34, no 5 (2024), doi : 10.1177/10497323231216099, sous licence CC BY 4.0. Traduction et mise en page : Complexe Systémique, septembre 2026 — l’œuvre a été modifiée au sens de la licence (tableaux présentés sous forme de listes, poèmes traduits). Ni les auteurs ni l’éditeur ne répondent de cette traduction ; la version originale fait foi.
Traduction française non officielle de « Experiences of Fathers in Norway Attending an Online Course on Therapeutic Writing After the Death of a Child », publié dans Qualitative Health Research (2024) sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique, elle n’émane ni des auteurs ni de l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ; la version originale fait foi.
Lire l’article originalComment citer cet article
Lehmann, O. V., Kalstad, T. G., et Neimeyer, R. A. (2024). L’expérience de pères en Norvège participant à un atelier en ligne d’écriture thérapeutique après la mort d’un enfant (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/l-experience-de-peres-en-norvege-participant-a-un-atelier-en-ligne-d-ecriture (Œuvre originale publiée en 2023 dans Qualitative Health Research, 34(5), 458-472 (2024) ; republiée en 2024 par Qualitative Health Research, https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/10497323231216099)
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