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Family Process · Thérapie familiale
Un plan de la maison, des gommettes souriantes, tristes ou en colère, une couleur par personne. Catherine, dix ans, y colle la colère de son père dans l’entrée, là où la famille se dispute chaque fois qu’il faut partir. Jacqui Gabb (Open University), qui a inventé la méthode pour la recherche sociologique, et Reenee Singh, psychothérapeute familiale systémique, montrent comment ces cartes des émotions rendent visibles les points chauds du foyer et donnent la parole aux enfants.
Traduction française non officielle. Cet article est la traduction de Les usages des cartes des émotions dans la recherche et la pratique clinique avec les familles et les couples : innovation méthodologique et enquête critique, par Jacqui Gabb et Reenee Singh, publié dans Family Process (Wiley) (2015), doi : 10.1111/famp.12096, sous licence CC BY 3.0. Traduction réalisée par le Complexe Systémique en septembre 2026 : le texte original a été traduit en français et remis en page, ce qui constitue une modification de l’œuvre au sens de la licence. Les quatre figures sont reproduites avec des légendes traduites ; les mots écrits sur les dessins restent en anglais. Cette traduction n’a été effectuée ni par les auteurs ni par l’éditeur, qui ne répondent ni de son contenu ni d’éventuelles erreurs. La version originale fait foi.
La méthode centre l’attention sur les sentiments et l’émotionnalité des relations familiales plutôt que de s’enliser dans des événements considérés comme « le problème » en eux-mêmes.
Jacqui Gabb et Reenee Singh
Résumé
Nous explorons comment les « cartes des émotions » peuvent être utilisées avec profit dans l’évaluation et la pratique cliniques auprès des familles et des couples. Cette méthode graphique et participative a été développée dans des études sociologiques pour examiner les relations familiales du quotidien. Les cartes des émotions permettent de « voir » concrètement l’expérience dynamique et les répertoires émotionnels de la vie familiale. À travers un exemple de cas, nous montrons dans cet article comment elles peuvent enrichir le répertoire de méthodes visuelles de la clinique systémique. Pour qui travaille en clinique avec des familles, des couples et des jeunes, on ne saurait trop souligner l’importance de comprendre comment la vie se vit, à la maison. Réaliser des cartes des émotions peut encourager une réflexion personnelle critique et accélérer le changement dans les pratiques familiales. Les points chauds de la maison deviennent visibles, ce qui facilite le dialogue sur les problèmes dominants et sur la façon dont ces événements peuvent être perçus différemment par les différents membres de la famille. Comme elles ne reposent ni sur la lecture ni sur la maîtrise de la langue, les cartes des émotions peuvent être réalisées aussi bien par les parents que par les enfants, ce qui permet d’entendre le point de vue de l’enfant. Elles peuvent servir d’outils d’évaluation et montrer le processus de changement au sein des familles. En outre, leur usage peut être étendu grâce à la technologie, ce qui les rend particulièrement adaptées au travail avec les jeunes. Nous terminons par une discussion plus large sur la place des émotions et des cartes des émotions en psychothérapie systémique.
Mots-clés : cartes des émotions, relations familiales, méthodes visuelles, psychothérapie familiale systémique, pratique clinique
Les émotions ont eu une histoire quelque peu tourmentée dans le champ de la psychothérapie systémique. Une grande partie de la pensée systémique des débuts semble les avoir marginalisées, peut-être pour distinguer la psychothérapie systémique des approches psychanalytiques. Dans le même temps, des pionniers comme Salvador Minuchin (1975) et Virginia Satir (1972) s’appuyaient sur des techniques, comme les mises en acte et les sculptures, fondées sur le travail avec les émotions présentes dans la pièce. Plus récemment, les émotions ont été vues comme relationnelles, incarnées et culturellement déterminées (Bertrando, 2008 ; Fredman, 2004). Dans cet article, l’attention porte sur la manière de faire apparaître et de travailler les émotions telles qu’elles sont vécues dans les relations familiales, à la maison. Nous présentons pour cela une technique nouvelle, la méthode des cartes des émotions. Cette méthode graphique et participative a été développée par Jacqui Gabb dans des études universitaires sur les relations familiales du quotidien (Gabb, 2008) ; cet article explore son utilité dans la pratique clinique avec les familles et les couples.
Les cartes des émotions sont conçues pour recueillir des informations sur les processus familiaux tels qu’ils sont vécus dans les interactions, situées dans le logement familial. Elles ne reposent pas sur la maîtrise de la langue et peuvent donc être réalisées par les parents comme par les enfants, quels que soient leur âge ou leur niveau de lecture. Les enfants trouvent d’ailleurs la méthode particulièrement engageante, car leur point de vue peut être entendu à égalité. Réaliser des cartes des émotions peut encourager une réflexion personnelle critique et le dialogue interpersonnel. Repérer les forces et les faiblesses d’une relation ou d’une famille donne du pouvoir aux personnes qui participent à la recherche ou consultent, puisque le contrôle échappe ainsi aux seuls spécialistes. Partager les cartes individuelles au sein du couple et entre membres de la famille encourage une réflexion critique sur la manière dont les événements et les émotions peuvent être perçus et vécus différemment. Surtout, la méthode centre l’attention analytique sur les sentiments et l’émotionnalité des relations familiales plutôt que de s’enliser dans des événements ou des scénarios précis considérés comme « le problème » en eux-mêmes. Pour ces raisons, comme nous le montrons, les cartes des émotions peuvent apporter une contribution précieuse à la boîte à outils de l’évaluation et de la pratique cliniques.
Dans cet article, nous présentons les méthodologies visuelles existantes utilisées dans le travail avec les enfants et les familles, et situons la méthode des cartes des émotions dans ce riche filon méthodologique. Nous présentons le contexte de recherche de la technique pour montrer comment elle s’est développée à travers son usage dans des études empiriques sur les relations de couple et de famille1. C’est en travaillant comme chercheuse sur l’un de ces projets que Reenee Singh s’est familiarisée avec la méthode des cartes des émotions. Le corps de l’article présente une réflexion sur la collaboration entre les autrices, en s’appuyant surtout sur un exemple de cas tiré du travail de Singh comme psychothérapeute familiale systémique, pour montrer l’usage appliqué des cartes des émotions en contexte clinique.
Les méthodes visuelles sont couramment utilisées dans l’observation du développement de l’enfant : en recherche comme en clinique, on observe les interactions parent-enfant pendant une activité de dessin réalisée ensemble. Leur souplesse permet à la recherche de tenir plus facilement compte de la diversité des enfants (Hill, Laybourn et Borland, 1996) et des différences d’âge et de stade de développement. Elles encouragent les enfants à communiquer de manière symbolique (Deacon, 2000) et aident à surmonter les différences de compétences entre générations qui séparent ordinairement parents et enfants (Gabb, 2008). Elles sont donc un élément précieux de la boîte à outils méthodologique dans le travail avec des enfants qui ne parlent pas encore et avec des adultes et des enfants dont l’anglais n’est pas la première langue ou dont les compétences linguistiques sont limitées (Clark et Moss, 2001). Les psychothérapeutes systémiques utilisent couramment des méthodes non verbales dans leur travail avec les enfants et les familles (Wilson, 2007), et les méthodes d’action participatives ont toujours été utilisées en thérapie familiale (Chimera, 2013). La méthode visuelle la plus courante en thérapie familiale est sans doute le génogramme (McGoldrick, Gerson et Petry, 2008) ou carte familiale ; il a fait ses preuves dans l’évaluation clinique, la thérapie de couple, la supervision, la formation et la recherche clinique. Les génogrammes offrent une occasion d’engager enfants et jeunes en séance de thérapie familiale et en recherche clinique. Le génogramme culturel (Hardy et Laszloffy, 1995) ajoute une dimension à l’évaluation et à l’enquête cliniques, et a fait ses preuves avec les couples interculturels, les familles migrantes et en supervision clinique. Dans la pratique systémique dialogique, Rober (2009) a utilisé des dessins relationnels pour explorer les relations de couple et engager chaque partenaire dans la thérapie. Une autre méthode visuelle entrée dans la recherche clinique systémique est la photographie de famille. Les photos de famille peuvent éclairer la perception qu’ont les membres de la famille de qui fait partie de la famille (Rose, 2010), ce qui est particulièrement utile avec les familles recomposées.
Beaucoup des méthodes visuelles et d’action utilisées en thérapie familiale, comme les mises en acte (Minuchin, 1975), les polarités sémantiques et le positionnement (Campbell et Groenbaek, 2006), reposent sur des métaphores spatiales. La sculpture est une autre méthode qui a une riche tradition en psychothérapie systémique (Cade, 1982 ; Papp, 1982 ; Satir, 1972). Plus récemment, Papp, Scheinkman et Malpas (2013) l’ont étendue pour aider les couples à sortir d’impasses relationnelles. Alors que Rober (2009) demande aux couples de dessiner des images de leur relation et de les apporter en séance pour les explorer ensemble, Papp et ses collègues ont développé la méthode de manière à créer une immédiateté plus viscérale. Leurs protocoles de sculpture invitent le couple à travailler ensemble pour mettre en acte des métaphores qui symbolisent leur relation, ce qui leur permet de travailler avec l’expérience émotionnelle incarnée que les partenaires ont de leur relation. Dans les sections suivantes, nous montrons comment la carte des émotions peut apporter une contribution précieuse à cette riche tapisserie méthodologique de la thérapie familiale systémique.
Les plans de logement ont été utilisés dans des contextes variés, de la recherche sociale sur la vie familiale quotidienne (Graesch, 2004) à l’évaluation en travail social clinique et à la psychothérapie (Jacobson, 1995 ; White, 1976). Tout récemment, sous l’impulsion des géographies émotionnelles, la cartographie spatiale a servi à étudier l’amour (Morrison, Johnston et Longhurst, 2013) et les arrangements de vie domestique (Bridge, 2013). Elle est aussi développée pour l’étude de contextes non familiaux, comme le sans-abrisme et la délinquance juvénile. La méthode des cartes des émotions place les émotions au cœur méthodologique et conceptuel de l’enquête. Inaugurée par Gabb (2008) dans ses recherches sur les relations familiales, cette technique porte l’attention sur la matérialité, la temporalité et l’émotionnalité de la vie familiale en produisant des données sur les pratiques relationnelles du quotidien (Gabb, 2009).
Dans ce contexte, en recherche, les cartes des émotions sont réalisées sur une semaine à l’aide d’un jeu de gommettes émoticônes de couleur représentant le rire, la joie, l’indifférence, la tristesse, le bouleversement, la mauvaise humeur ou la colère, et l’amour ou l’affection (voir figure 1).
On demande aux personnes de coller une gommette émoticône sur le plan de leur logement au fil des interactions. Des couleurs différentes sont utilisées pour les différentes personnes : la personne qui participe, l’autre membre du couple, les enfants éventuels, la famille, les proches, les animaux, etc. Les supports graphiques ainsi produits servent ensuite à faire parler des scénarios et des émotions représentés. En pratique clinique, notre usage de la méthode est plus immédiat : on demande à un ou plusieurs membres de la famille d’esquisser le plan, sur lequel on colle ensuite les gommettes. Dans ce contexte, les événements et les émotions représentés sont généralement des événements cumulés, qui se produisent habituellement, plutôt que des exemples précis au moment où ils se produisent. Dans la première section de cet article, nous présentons un exemple tiré de la recherche pour illustrer l’efficacité de la méthode et montrer comment elle a été développée et mise à l’épreuve sur le terrain.
Les cartes des émotions offrent de riches retombées analytiques dans l’étude des relations de couple et de famille, en construisant une image du caractère et de la qualité de l’expérience quotidienne. L’ampleur des données produites a toutefois largement dépassé les attentes initiales. Elles ne renseignaient pas seulement sur la configuration des relations vécues : elles facilitaient aussi un « travail relationnel » actif. Il ne fait aucun doute que, pour certains parents, la réalisation de cartes des émotions a été un moyen de mettre en scène une parentalité consciemment construite (Gabb, 2013), en recourant à des savoirs privilégiés qui mettent en avant une pratique centrée sur l’enfant (Gabb, 2009) et une rationalité morale (Duncan et Edwards, 1999). Par exemple, une partie des parents parlait de la nécessité de gérer les bêtises des enfants en les envoyant sur « la marche de la punition ». Cherchant parfois à se situer à l’opposé de leur propre enfance, ces parents formulaient leur parentalité à travers des lentilles culturelles et théoriques comme la « parentalité de l’attachement » ou la « parentalité permissive ». Il s’agissait ainsi à la fois de valider leur rôle de « bon parent » et de faire reconnaître leur expertise.
Les cartes étaient cependant utilisées tout autrement par des parents qui n’avaient qu’un accès limité au capital culturel et aux ressources sociales nécessaires pour afficher une telle parentalité réflexive (Gabb, 2011). Réaliser une carte des émotions semblait offrir à ces parents l’occasion de penser au-delà de l’immédiateté du quotidien familial. Par exemple, Joan, une mère dont l’expérience est marquée par d’importants désavantages sociaux et économiques, a expliqué comment elle utilisait ce qu’elle avait appris en réalisant sa carte pour réfléchir à la manière de remédier activement aux problèmes familiaux.
Joan : J’ai trouvé ça intéressant de faire la carte, le plan, parce que j’ai remarqué qu’il y avait des schémas dans les pièces, surtout la cuisine. Ça avait l’air d’un endroit plutôt malheureux, grincheux, où je grondais les enfants autour du frigo, autour de la cuisinière et de la table, de l’évier. […] Ça commence plutôt bien à table, et puis on s’assoit le soir et à la fin de la soirée c’est juste… J’ai compris beaucoup de choses… Je crois que c’étaient les différents endroits de la maison où les enfants doivent se dire : « C’est une zone grincheuse, elle va encore nous gronder, attendons que ça tombe », ils doivent se dire ça, vous voyez, et essayer de pousser le plus loin possible…
Pour cette mère, participer à la recherche et réaliser sa carte des émotions lui a donné du pouvoir et a constitué une intervention familiale importante. L’expérience lui a permis de travailler à changer les interactions dans sa famille, et ainsi d’améliorer la relation parent-enfant et la vie familiale plus généralement. Ces dimensions « éducatives » n’étaient ni recherchées ni attendues au départ ; une fois repérées, elles ont toutefois été approfondies et affinées dans des recherches ultérieures (Gabb et Singh, 2014), ce qui nous a convaincues qu’elles avaient un grand potentiel méthodologique en contexte clinique. Singh, dans son rôle de psychothérapeute familiale systémique, a alors cherché à explorer leur valeur dans ces contextes. Dans la section suivante, nous présentons un exemple de cas où une carte des émotions a été utilisée en séance de thérapie familiale. Dans la discussion, nous examinons son potentiel avéré et d’autres usages possibles dans l’évaluation et la pratique cliniques.
La famille Smith2 a été adressée à Singh par une personne collègue, parce qu’elle souhaitait « améliorer la communication dans le couple et la famille ». Dans le partenariat qui s’est établi, Singh a mis son expertise de psychothérapeute familiale systémique au service de ce processus. Des cartes des émotions et des dessins ont été utilisés pour faciliter la réflexion personnelle et la conversation familiale, et « donner voix » à l’enfant. La famille se composait de Beth, une femme de 50 ans, mariée à Bill, 58 ans. Le couple était marié depuis 13 ans ; ils avaient un fils de 12 ans, Richard, et une fille de 10 ans, Catherine. Beth avait une fille de 21 ans d’un précédent mariage qui, au moment de l’orientation, vivait dans un autre pays. L’hypothèse initiale de Singh était que les trois enfants étaient pris, de manières différentes, dans le conflit de leurs parents, puisque tous trois présentaient des symptômes que l’on pouvait comprendre comme des tactiques de diversion, détournant l’attention du conflit conjugal. Il était donc cliniquement pertinent de proposer une combinaison de thérapie de couple et de thérapie familiale, cette dernière ayant été expressément demandée dans l’orientation. Au début, le travail de couple portait sur les questions de coparentalité, mais au fil de ces séances Singh a obtenu des parents un contrat pour consacrer du temps explicitement à leur relation de couple. Au moment de la rédaction de cet article, Singh avait mené 10 séances avec la famille sur 4 mois, en travaillant avec différents sous-systèmes à différents moments. Les séances alternaient entre travail de couple et travail familial. Le couple avait déjà suivi des thérapies individuelles et conjointes, mais c’était la première fois qu’il était reçu en famille.
Le problème présenté semblait être la colère du mari et père, et son impact sur le reste de la famille. Bill venait de prendre un poste stressant de directeur dans une banque d’investissement et était malheureux et quelque peu débordé au travail. Beth estimait que Bill sapait son autorité de parent et était trop dur avec les enfants, en particulier avec leur fils, Richard. Dans les recherches de Gabb, les pas de porte ont été identifiés comme un cadre, littéral et symbolique, des disputes familiales (Gabb, 2008, p. 138-139). De façon semblable, c’est au moment où la famille s’apprêtait à quitter la maison que Bill trouvait le plus difficile de négocier les différences de style parental du couple. Il estimait que Beth n’avait « aucune notion du temps » et s’emportait souvent devant le manque d’organisation des enfants et leur apparente incapacité à partir à l’heure (figure 2).
Lors de la première séance avec la famille Smith, Singh a demandé à Catherine de dessiner sa famille. Elle s’est exprimée avec aisance par le dessin, ce qui a ouvert le dialogue dans le groupe familial. Son dessin représentait les cinq membres de sa famille et son chien. Quand le dessin a circulé dans la famille, son frère et ses parents ont semblé s’y engager pleinement. Cette famille semblait donc bien répondre aux interventions visuelles, et Singh a tenté d’élaborer avec elle un génogramme culturel (Hardy et Laszloffy, 1995). Cette intervention a moins bien fonctionné : la famille ne voulait pas aborder l’influence des générations précédentes sur les styles parentaux respectifs du couple.
Une impasse a vite été atteinte, Beth continuant de se sentir intimidée et sapée par la colère de Bill, et Bill se sentant non entendu et marginalisé dans la famille. Catherine (la plus jeune) avait pris le rôle de médiatrice et de gardienne de la paix, et avait développé des symptômes psychosomatiques en réaction à la colère à la maison. Face à cette situation, Singh a présenté l’idée des cartes des émotions à la famille. Ayant constaté leur efficacité en contexte de recherche, elle croyait en la capacité de cette technique à servir un but clinique. Les gommettes émoticônes ont été apportées à la séance familiale suivante, et la technique a été entièrement expliquée à toute la famille. Singh a bien précisé que la participation était facultative. Catherine pouvait ne pas faire de carte des émotions et continuer à dessiner comme lors des séances précédentes, participant ainsi en parlant et en écoutant. Mais, quand le groupe a commencé à parler d’une situation où Bill (papa) s’était emporté, Catherine a spontanément pris les émoticônes et dessiné (figure 3).
Sur cette carte, le principal lieu de conflit était la « mud room » (l’entrée), où papa (jaune) et Richard (vert) avaient l’habitude de se disputer en hurlant. En décrivant les événements, la famille a convenu qu’elle était en retard pour un rendez-vous, un scénario qui poussait Bill à s’emporter, sa colère se fixant sur le temps que Richard mettait à enfiler ses chaussures. Catherine a parlé de façon émouvante de la tristesse qu’elle (en violet) ressentait pendant ces incidents, des interactions qui se répétaient. Sa carte montre des mauvaises humeurs qui persistent longtemps après l’événement, surtout chez son père, les deux parents étant représentés en colère dans la salle à manger et dans leur chambre. En décrivant la scène où ses parents sont dans leur chambre, Catherine a fait remarquer avec finesse que sa maman (en rouge) était à la fois en colère et triste, et que c’est pour cela qu’elle avait délibérément utilisé ces deux émoticônes.
Le groupe familial a écouté Catherine décrire son expérience des événements et les émotions qu’ils suscitaient. Son récit était visiblement difficile à entendre pour les parents, et sa maman a pleuré tout du long. De façon féconde, la carte des émotions et le récit de Catherine ont ouvert une conversation sur la manière dont les différents membres de la famille se positionnaient sur une polarité sémantique « contrôle » / « chaos » (Ugazio, 2013). Cela a permis à Singh une intervention importante : en invitant la famille à prendre physiquement différentes positions et à parler depuis celles-ci, elle a pu aider chaque membre à comprendre ce qu’une autre personne pouvait penser et ressentir, et ainsi permettre aux personnes (et à la famille) de voir d’autres positions, mouvantes et fluides.
La séance suivante était prévue comme une séance de couple. Beth est arrivée triste mais résolue. Elle a dit que la séance précédente l’avait amenée à prendre la pleine mesure de l’impact de la colère de Bill sur Catherine et Richard, et que cela avait contribué à lui faire admettre que cette « maltraitance émotionnelle » devait cesser. Elle a proposé que Bill quitte temporairement la maison, pour offrir au couple et à la famille un répit dans ce conflit. Elle a cependant été claire : ce départ devait offrir un répit émotionnel et un espace pour penser ; elle restait engagée à poursuivre la thérapie de couple et la thérapie familiale pendant qu’ils vivraient séparément, et à trouver une solution à long terme. Bill est resté silencieux toute la séance. Singh y est revenue sur la carte des émotions de Catherine pour souligner de nouveau l’impact de sa colère sur les enfants. Les vacances de Noël approchant, une séance familiale a été prévue pour après les fêtes.
En janvier, lors de la séance familiale, tout le monde a dit avoir passé des fêtes de Noël harmonieuses, partagées avec la famille élargie. Pendant la séance, Catherine a spontanément réalisé une autre carte des émotions (voir figure 4).
Dans cette deuxième carte, les codes de couleur ont légèrement changé (voir la légende). En séance, en parlant de cette carte, Catherine a indiqué que maman était rose, que papa restait jaune, Richard vert, et qu’elle était rouge. Mais le plus frappant dans cette carte plus tardive est le changement des émotions représentées. Papa y sourit dans chaque pièce. Catherine a utilisé l’émoticône cœur dans le salon et, en séance, a dit spontanément que « tout le monde est heureux ». Les visages tristes et en colère représentés étaient désormais attachés à des situations précises et passagères, comme « maman est fâchée contre Richard parce qu’il m’a pris mon iPad ». Catherine a aussi parlé de sa tristesse à propos d’un incident survenu à l’école. On ne voit plus de mauvaises humeurs persistantes ni de colère, et celles qui sont représentées ne sont pas attribuées au père. La famille a même pu parler et rire ensemble des scènes représentées. Pour la première fois, Catherine a parlé des personnes qui habitaient en dessous et a inclus l’une d’elles (émoticône violette) sur sa carte. Les environnements géographique et émotionnel plus larges se trouvaient ainsi réunis : la maison représentée était un espace où tout le monde était heureux.
Dans les limites de l’analyse de cas présentée ici, nous avons porté l’attention sur l’utilité des cartes des émotions du foyer en pratique clinique systémique et sur la manière dont elles peuvent aider à répondre à des questions sur une dynamique familiale particulière. Par exemple, comment rendre compte du changement spectaculaire du paysage émotionnel de la famille Smith ? Qu’est-ce qui a aidé le père à changer ? Et, point important pour l’argument de cet article, les changements de comportement ont-ils quelque chose à voir avec l’intervention par la carte des émotions ? Certains indices vont dans ce sens. Par exemple, la deuxième carte de Catherine a été un outil décisif pour faciliter la conversation familiale. Pouvoir revenir ensuite, avec le couple parental, sur ce support imagé qui montrait clairement la détresse de leur fille leur a permis de regarder la situation en face, de parler des changements qu’ils voulaient mettre en place et de discuter de la manière dont ils comprenaient ces changements. Beth a dit que les changements positifs tenaient en partie à sa décision ferme : le couple devrait se séparer si la colère de Bill continuait. Bill en a convenu, tout en attribuant aussi aux vacances et à l’amélioration de la situation au travail un rôle important dans son attitude plus calme et son effet positif sur les relations de couple et de famille. Bill et Beth ont tous deux affirmé que voir l’impact criant des émotions dans la famille, tel que le montrait la carte de Catherine, avait beaucoup compté pour reconnaître et changer leur comportement.
Pour penser les changements de la famille, nous nous appuyons sur la célèbre formule de Korzybski : « la carte n’est pas le territoire » (Korzybski, 1933). Les changements considérables de la famille ne peuvent être simplement attribués au travail thérapeutique de Singh, et encore moins à l’usage d’un outil aussi simple que la carte des émotions. Ils tiennent probablement bien davantage à des circonstances extérieures au cabinet, à la résilience de la famille et à la force de la relation thérapeutique. La carte des émotions est simplement arrivée à un moment où la famille pouvait s’en servir, et elle a été utilisée avec d’autres méthodes de représentation, dont le dessin et la ligne de positionnement.
Le déroulement du travail avec la famille Smith nous rappelle l’usage créatif, par Pittman (1984), d’un éventail de techniques innovantes qu’on a appelé la « thérapie du cocker mouillé ». Le nom vient d’un cas fascinant : une femme est sortie de sa dépression pendant une séance de thérapie familiale quand son cocker lui a léché le visage. Parfois, quand une famille arrive à une impasse ou à un point de blocage, une technique qui sort de l’ordinaire peut pousser la famille à changer. La technique est donc spontanée et répond à l’évaluation clinique des problèmes présentés et du style de la famille. Ici, la carte des émotions était un outil parmi d’autres, adapté au mode de communication de la famille. Ses membres ont aimé l’utiliser et ont pu réfléchir aux changements de leurs relations familiales. Singh a pu l’introduire dans la conversation thérapeutique comme mesure, d’abord, de l’impact de la colère et du conflit parental sur les relations dans la famille, puis des changements que la famille avait accomplis.
Si la méthode convenait bien à la famille de Catherine, surtout grâce à ses talents de dessinatrice, Singh l’a aussi utilisée avec profit dans d’autres contextes cliniques, avec des « couples verbaux » quand « les mots font obstacle ». Les méthodes visuelles peuvent couper court à l’effet destructeur cumulé de schémas verbaux profondément ancrés qui déclenchent et entretiennent le conflit. Dans ce contexte, à la suite de Rober (2009), Singh a utilisé les cartes des émotions comme tâches à faire à la maison, en demandant aux couples de les emporter et de les rapporter en séance. Elle introduit la tâche en clarifiant avec chaque personne ce que chaque émoticône signifie pour elle. Cette clarification garantit une compréhension commune de la tâche et des outils, et place aussi les émotions au centre de la rencontre clinique. L’attention portée aux émotions choisies pour telle expérience ou telle interaction est très révélatrice. Par exemple, dans un autre cas clinique, l’homme du couple a utilisé l’émoticône « en colère » pour décrire un moment où il se sentait mal. Sa partenaire s’en est étonnée, disant qu’elle aurait utilisé une émoticône « triste ». En parler a ouvert une discussion éclairante sur leurs manières différentes de réagir aux situations difficiles et sur leur compréhension très différente du sens de la colère et de la tristesse dans leur relation. Le couple a pu comprendre comment ils risquaient de se méprendre l’un sur l’autre, ou d’exprimer des expériences semblables avec des vocabulaires émotionnels différents. De nouveaux canaux de communication se sont ainsi ouverts.
Dans cet article, nous avons montré comment la méthode des cartes des émotions peut être utilisée en contexte clinique. Notre discussion soulève toutefois des questions intéressantes qui dépassent la méthodologie. En mettant les émotions au premier plan, la technique oblige à reconsidérer la manière dont les émotions sont représentées et vécues individuellement, et à réévaluer les présupposés de compréhension partagée (Gabb et Singh, 2014). Les émotions peuvent-elles être représentées de façon universelle, ou leur interprétation dépend-elle largement de facteurs culturels et de genre ? Si l’on défait la base des compréhensions partagées, quel effet cela a-t-il sur leur nature interactionnelle ? Dans cet article, nous avons commencé à réfléchir à certaines de ces questions.
Utiliser les cartes des émotions en pratique systémique soulève inévitablement des dilemmes et des questions de fond. D’abord, en psychothérapie systémique, les émotions sont comprises comme relationnelles et performatives (Fredman, 2004) plutôt que situées dans les individus. Faut-il donc demander aux familles ou aux couples de réaliser les cartes individuellement ou ensemble ? Des circonstances et des situations cliniques différentes demandent peut-être une solution ajustée à chaque cas, qui échappe à tout format unique. Il faut aussi réfléchir au pouvoir et à l’expertise que les psychothérapeutes systémiques peuvent exercer en façonnant les cartes produites. Si nous prescrivons les émoticônes utilisées par les membres de la famille, contenons-nous la situation et les sentiments ? Et si les membres de la famille ressentent un mélange d’émotions (contradictoires chez une même personne ou divergentes dans le groupe) au même moment ? On peut utiliser plusieurs gommettes pour signaler des émotions contradictoires et complexes, si bien que ce problème peut assez facilement être atténué. Dans une posture collaborative et transparente (Hoffman, 1993), on pourrait proposer aux familles de « fabriquer » leurs propres émoticônes sur des gommettes « vierges » où dessiner autant d’émotions personnelles qu’elles le souhaitent. Disposer d’un éventail plus large d’émotions que chaque personne pourrait s’approprier permettrait aussi de tenir compte du fait qu’une expression émotionnelle peut avoir une apparence très différente d’une culture à l’autre. Une stratégie semblable pourrait servir à desserrer le cadre spatial : les plans pourraient s’étendre au jardin, à la voiture, voire au quartier. Par exemple, dans sa pratique clinique, Singh accompagne un autre couple dont le bateau est le refuge. Les disputes et les conflits n’ont lieu, semble-t-il, qu’entre les murs de leur maison. Le travail clinique avec ce couple, qui comprend des cartes des émotions de leur bateau comme de leur maison, permet de démêler ces schémas de comportement liés aux lieux.
Dans un autre registre, on pourrait aussi pousser plus loin la lecture attentive des cartes des émotions, en les situant dans des contextes culturels plus larges. Par exemple, dans la première carte de Catherine (voir figure 3), un cœur rose est intégré au titre et recouvre le « a » de map. La couleur choisie, le rose, ne désigne aucun membre de la famille : elle semble ici fonctionner comme un signifiant culturel. Le titre de la carte sert ainsi à imaginer le foyer familial idéal, fait de cœurs roses, aimants et heureux. Il puise aux mêmes outils de représentation idéalisés que le premier dessin de Catherine, figure 2, « Ma famille », avec son ciel bleu, son soleil jaune et son groupe souriant et comblé de « famille heureuse ». L’analyse textuelle de ces procédés de représentation pourrait être approfondie. Le changement de couleurs dans la deuxième carte, où maman est en rose et où Catherine choisit pour elle-même le rouge, couleur auparavant attribuée à sa mère, invite d’ailleurs à une telle interprétation. Mais, si ce changement de couleurs peut être attribué à un processus inconscient, Catherine ne l’a pas relevé et il n’a pas été repris en séance : il reste donc très spéculatif. De telles interprétations dépassent sans doute l’argument de cet article, car elles relèvent d’un mode d’interprétation psychanalytique qui demanderait à être systématiquement retravaillé ; elles étendent l’efficacité des cartes des émotions au-delà de leur potentiel actuel et sortent des objets principaux de cette revue. Si ces cartes se répandent, elles pourront donner lieu à de telles lectures ; nous les signalons ici comme possibilités d’analyse futures.
À ce stade, nous avons voulu montrer dans cet article les usages et les applications de l’outil des cartes des émotions, en particulier dans le travail avec les couples, les enfants et les familles. La nouveauté de la méthode implique inévitablement qu’elle soit mise à l’épreuve et adaptée pour donner toute sa mesure : par exemple, explorer comment elle peut servir à mettre en lumière et à travailler différents contextes, différentes cultures et les émotions correspondantes (Gabb et Singh, 2014). Une grande partie du travail clinique de Singh avec des familles défavorisées s’est faite via des réseaux d’intervention de proximité, dans des cadres communautaires. Utiliser les cartes des émotions avec ces familles s’accorde bien avec les bonnes pratiques existantes, qui valorisent les visites à domicile et le travail non verbal dans les contextes où la lecture et la communication verbale posent problème.
Des collègues de Singh ont aussi utilisé les cartes des émotions avec succès3, dans le travail clinique avec des familles dont la langue maternelle n’est pas l’anglais ou avec des groupes familiaux qui ont du mal à s’exprimer sur le plan émotionnel. Elles se sont montrées particulièrement efficaces lorsque l’intensité des sentiments semble submerger les membres de la famille. Par exemple, dans une famille multilingue qui avait vécu de multiples traumatismes, l’usage des émoticônes a permis aux enfants d’exprimer librement des pensées et des sentiments autrement difficiles à formuler verbalement. Lors d’une séance avec les enfants, alors adolescents, l’idée des cartes des émotions a été introduite, avec des émoticônes et des feutres de couleurs différentes pour chaque sentiment éprouvé. Ces jeunes ont vite saisi le principe, et l’un des garçons a même dessiné ses propres émoticônes pour illustrer les sentiments particuliers qu’il avait repérés. Placer des émoticônes dans leurs espaces de vie et attribuer des émoticônes différentes aux différents membres de la famille leur a permis de réfléchir au contexte de ces émotions : les moments de la journée, qui était présent, qui partageait les mêmes émotions et qui non. La discussion des émotions a ouvert une thérapie qui risquait de se refermer en raison des difficultés d’expression émotionnelle verbale. En parlant des émotions du quotidien, une voie s’est aussi ouverte vers les sentiments plus spécifiquement liés aux traumatismes passés. Utilisées de manière plus curieuse, les émoticônes ont fait de la discussion des émotions en général une entrée utile vers ces sentiments.
Des considérations pratiques pourraient limiter une large diffusion des cartes des émotions. Pour l’instant, les émoticônes peuvent être conçues sur mesure et commandées auprès d’imprimeries, mais elles ne sont pas facilement accessibles au grand public. Le travail clinique de Singh montre que les supports soignés développés pour la recherche ne sont pas nécessaires ; l’immédiateté de la méthode fait peut-être même partie de son attrait. Singh et ses collègues ont néanmoins accès à des planches de gommettes, qui ont facilité le processus. (Des planches de gommettes émoticônes peuvent aussi être obtenues auprès de Jacqui Gabb.) Une application multiplateforme de cartes des émotions est en cours de développement. Elle sera gratuite, ce qui accroîtra son usage et son attrait potentiels, surtout auprès des plus jeunes. Vu le nombre de couples qui vivent aujourd’hui sous deux toits (Duncan et Phillips, 2010) ou dont les vies professionnelles extrêmement chargées imposent de longues absences du domicile, une application de cartes des émotions sera un complément précieux aux méthodes plus classiques de la thérapie familiale. Dans ces situations, la communication numérique, par Skype, courriels et textos, est une part cruciale de la communication du couple (Gabb, Klett-Davies, Fink et Thomae, 2013, p. 51) et des processus familiaux plus généralement. De fait, Singh a immédiatement été séduite par les cartes des émotions parce qu’elles résonnaient pour elle, sur le plan personnel comme professionnel. Leur intérêt professionnel dans le travail avec les familles et les émotions a été discuté plus haut ; mais il y avait plus. C’est aussi le format de la méthode qui la distinguait. Sur le plan personnel, une grande partie de sa communication familiale passait par des textos et des courriels. Pour annoncer une bonne nouvelle, comme un examen ou un entretien d’embauche réussi, on ajoutait un visage souriant ; une mauvaise nouvelle s’accompagnait d’un visage triste. Les cartes des émotions semblent ainsi se situer exactement à l’interface entre la technologie, la vie familiale et la communication, et ont un potentiel important dans l’évaluation et la pratique cliniques.
Complexe Systémique : à retenir
L’intérêt de la méthode tient à un déplacement simple : au lieu de demander « qu’est-ce qui s’est passé ? », on demande « où, et avec quelle émotion ? ». En posant les émotions sur un plan de la maison, la carte montre une configuration relationnelle plutôt qu’une personne coupable, et elle rend lisibles des séquences que le récit verbal enferme : la colère de l’entrée, la mauvaise humeur qui traîne dans la chambre des parents. Le cas de la famille Smith est parlant parce que c’est l’enfant, placée en médiatrice, qui produit la carte, et parce que la seconde carte, faite spontanément deux mois plus tard, sert de mesure du changement. Les autrices restent prudentes : la carte n’est pas le territoire, le changement doit beaucoup au contexte et à la décision de Beth, et la lecture symbolique des couleurs est laissée de côté. Elles posent aussi la bonne question systémique : faire les cartes individuellement ou ensemble, quand l’émotion est tenue pour relationnelle ? À lire avec l’article sur la carte familiale, autre outil de spatialisation des relations, et avec l’article sur le blason familial, un objet flottant qui passe lui aussi par l’image.
Notes de l’original
1 Behind Closed Doors. Researching Intimacy and Sexuality in Families (RES-000-22-0854). Enduring Love? Couple Relationships in the 21st Century (RES-062-23-3056). Les deux études ont été financées par l’Economic and Social Research Council et menées au Royaume-Uni. Behind Closed Doors était un projet pilote méthodologique destiné à interroger l’efficacité de multiples méthodes qualitatives pour étudier les relations personnelles et la vie familiale (n = 11). Enduring Love? examinait comment les couples entretiennent des relations durables (http://www.enduringlove.co.uk). Le projet comprenait une vaste enquête (n = 5 494) et une recherche qualitative à méthodes multiples (n = 50). Son plan de recherche a été élaboré en concertation avec les principales organisations britanniques de soutien aux relations.
2 Tous les noms et détails permettant l’identification ont été modifiés pour protéger la confidentialité. La famille a donné son consentement éclairé à l’utilisation des cartes des émotions de Catherine dans cet exemple de cas.
3 L’exemple présenté ici provient de la pratique clinique de Doreen Robinson, en psychothérapie systémique.
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Traduction non officielle en français de Les usages des cartes des émotions dans la recherche et la pratique clinique avec les familles et les couples : innovation méthodologique et enquête critique, par Jacqui Gabb et Reenee Singh, Family Process, vol. 54 (2015), doi : 10.1111/famp.12096, sous licence CC BY 3.0. Traduction et mise en page : Complexe Systémique, septembre 2026 — l’œuvre a été modifiée au sens de la licence (figures reproduites, légendes traduites). Ni les auteurs ni l’éditeur ne répondent de cette traduction ; la version originale fait foi.
Traduction française non officielle de « The Uses of Emotion Maps in Research and Clinical Practice with Families and Couples: Methodological Innovation and Critical Inquiry », publié dans Family Process (2015) sous licence CC BY 3.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique, elle n’émane ni des auteurs ni de l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ; la version originale fait foi.
Lire l’article originalComment citer cet article
Gabb, J., et Singh, R. (2015). Les usages des cartes des émotions dans la recherche et la pratique clinique avec les familles et les couples : innovation méthodologique et enquête critique (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/les-usages-des-cartes-des-emotions-dans-la-recherche-et-la-pratique-clinique-avec-les-familles-et-les-couples (Œuvre originale publiée en 2015 dans Family Process, 54(1) (2015) ; republiée en 2015 par Family Process, https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/famp.12096)
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