Cette version a été traduite de l'anglais par Complexe Systémique avec l'aide de l'intelligence artificielle. En cas de doute, la version originale fait foi.
Frontiers in Sociology · Thérapie multifamiliale
À la Pitié-Salpêtrière, à Paris, des jeunes trans de 13 à 19 ans se retrouvent chaque mois en groupe de parole, pendant que leurs parents se réunissent de leur côté ; deux ou trois fois par an, tout le monde se rassemble. Nicolas Rabain décrit ce dispositif multifamilial d’inspiration psychanalytique, et ce qu’il change à l’isolement des familles et à leurs liens.
Traduction française non officielle. Cet article est la traduction de Pourquoi des groupes multifamiliaux pour les jeunes transgenres et leurs parents ?, par Nicolas S. Rabain, publié dans Frontiers in Sociology (Frontiers Media) (2021), doi : 10.3389/fsoc.2020.628047, sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par le Complexe Systémique en septembre 2026 : le texte original a été traduit en français et remis en page, ce qui constitue une modification de l’œuvre au sens de la licence. Les déclarations de fin d’article sont regroupées dans les notes. Cette traduction n’a été effectuée ni par les auteurs ni par l’éditeur, qui ne répondent ni de son contenu ni d’éventuelles erreurs. La version originale fait foi.
Paradoxalement, il est souvent plus facile d’aborder des questions difficiles lors d’un groupe multifamilial, car les personnes participantes qui assistent aux échanges constituent aussi un soutien très solide.
Nicolas S. Rabain
Résumé
Cet article présente une approche thérapeutique des familles contemporaines, mise en œuvre dans un dispositif de soins en santé mentale innovant. Cette approche consiste à recevoir à la fois des jeunes transgenres et leurs parents. Dans un premier temps, les jeunes se retrouvent dans un groupe de parole. Puis les parents de ces jeunes se retrouvent sans leurs enfants, afin de réfléchir aux relations familiales et à l’adaptation sociale et de recevoir un soutien si nécessaire. Les deux groupes se retrouvent ensemble quelques fois par an lors d’une rencontre multifamiliale. À partir d’une dynamique fondée sur le principe de la libre association et sur le jeu des identifications entre les personnes participantes, l’article montre comment ces groupes et ces rencontres multifamiliales favorisent la santé mentale et préviennent les troubles psychiques et la rupture des relations familiales.
Dans le contexte de configurations familiales contemporaines comme l’homoparentalité ou la monoparentalité, les équipes cliniques développent des approches nouvelles et innovantes pour offrir un soutien thérapeutique en santé mentale. Certaines reposent sur un travail individuel avec les personnes suivies, d’autres privilégient une approche groupale, au moyen de groupes de discussion focalisés, de groupes de parole ou de groupes multifamiliaux dans lesquels des personnes viennent accompagnées de leurs enfants ou de leurs parents. Le dispositif de soins en santé mentale innovant que nous présenterons dans cet article s’adresse à la fois à des jeunes transgenres et à leurs parents. Dans un premier temps, les jeunes se retrouvent dans un groupe de parole dont la dynamique repose sur le principe de la libre association. Puis leurs parents sont reçus sans leur enfant, afin de favoriser une réflexion sur les relations familiales et l’adaptation sociale et de recevoir un soutien si nécessaire. Les deux groupes se retrouvent pour une séance multifamiliale deux ou trois fois par an, à la fois pour favoriser des effets thérapeutiques en cas de souffrance psychique ou de difficultés dans les relations familiales, et pour prévenir la rupture des relations familiales. Autrement dit, cette approche en trois temps vise à favoriser une discussion sur les difficultés que rencontrent les jeunes transgenres et leurs parents dans leurs relations familiales et leur adaptation sociale, et plus particulièrement sur les difficultés vécues dans les expériences de discrimination et de rejet.
À qui s’adressent nos groupes et comment fonctionnent-ils ? Comment favorisent-ils la santé mentale ? Comment préviennent-ils les troubles psychiques ?
Conformément à la législation locale et aux exigences internationales, un examen et une approbation éthiques n’étaient pas requis pour cette étude portant sur des personnes. Les personnes participantes ont donné leur consentement éclairé écrit avant de participer à cette étude.
En 2013, le Pr David Cohen a créé une consultation identité sexuée dans son service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent (hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris). Ce type de consultation est apparu d’abord aux États-Unis et au Canada dans les années 1970, puis a gagné l’Europe par les Pays-Bas et le Royaume-Uni. En 2013, trois consultations pionnières ont été créées en France, dont la nôtre. Leur objectif commun était d’accueillir des personnes qui présentaient une « dysphorie de genre ». Bien que notre file active soit importante par rapport à celle d’autres hôpitaux français, une analyse statistique reste pour l’instant impossible : en six ans, notre consultation identité sexuée n’a reçu qu’environ 150 enfants et jeunes transgenres, ce qui est clairement insuffisant pour une analyse statistique. Ces chiffres montrent le manque de moyens déployés dans le pays pour accompagner les personnes transgenres mineures (Condat et al., 2016 ; Mendès et al., 2016).
Dans notre service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, la plupart des jeunes transgenres viennent chercher notre aide pour un accompagnement dans leur transition. La demande initiale porte souvent sur les aspects médicaux de ce processus. Chaque mois, à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, des réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) réunissent diverses professions : pédopsychiatrie, psychologie, pédiatrie, psychomotricité, endocrinologie, biologie de la reproduction, éthique et droit. Dans ce cadre, chaque profession partage son point de vue, et l’on élabore ensemble la prise en charge des situations les plus complexes. Ces réunions peuvent par exemple évaluer et interroger la pertinence de prescrire une hormonothérapie ou un bloqueur de puberté. Elles peuvent aussi déterminer quel traitement a le plus de chances de convenir à quelle personne. Dans ces réunions, les décisions sont prises au cas par cas.
En 2017, le Pr David Cohen m’a proposé de créer un nouveau dispositif de soins en santé mentale avec Julie Brunelle, médecin, au sein de sa consultation identité sexuée. Julie Brunelle travaillait depuis plusieurs années avec des personnes transgenres mineures, tandis qu’on m’a proposé d’y participer en tant que spécialiste des groupes thérapeutiques. De fait, j’avais mis en place deux ans plus tôt, à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, un groupe analytique multifamilial pionnier destiné à des jeunes présentant des addictions. La création de ce groupe s’appuyait sur mon expérience clinique à l’hôpital pour enfants Dr Ricardo Gutiérrez de Buenos Aires. L’Argentine est le pays où la psychanalyse multifamiliale a été créée dans les années 1960 par García Badaracco (1989) et García Badaracco (2000). Ce nouveau dispositif était d’abord destiné à des personnes atteintes de schizophrénie, mais ses indications se sont de plus en plus diversifiées. Aujourd’hui, il peut être indiqué pour des jeunes chez qui les thérapies traditionnelles ont jusque-là échoué. Ces jeunes souffrent généralement de troubles du comportement, de troubles des conduites alimentaires, d’addictions, de problématiques narcissiques, d’un syndrome anxiodépressif ou d’une angoisse de séparation (Rabain et Bourvis, 2016). Les groupes multifamiliaux réunissent « de deux à vingt familles qui échangent leurs histoires, leurs expériences et leurs émotions. Les séances peuvent durer de 1 h à deux heures et demie, selon le nombre de participants, les types de pathologie et le cadre institutionnel. La communication est coordonnée par un groupe de cothérapeutes formés aux techniques de psychothérapie individuelle, de groupe et familiale […] ».
C’est ainsi que Julie Brunelle et moi avons commencé à réunir en groupe une dizaine de jeunes de 13 à 19 ans qui se posaient des questions sur l’identité trans. À l’époque, nous étions l’un des seuls services de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à proposer en France des soins ambulatoires de groupe aux personnes transgenres mineures. Ce groupe fonctionne toujours. Chaque séance comprend deux temps : d’abord l’accueil de la dizaine de jeunes transgenres, puis, séparément, l’accueil de leurs parents. Les deux sous-groupes sont « ouverts », ce qui signifie que de nouvelles personnes peuvent les rejoindre en cours de route, et ils se réunissent ensemble quelques fois par an lors d’une rencontre multifamiliale. Nous tenons à souligner que la régularité de toutes les personnes participantes est remarquable, qu’elles viennent ou non de Paris et de sa banlieue. En effet, certaines vivent à la campagne, dans d’autres villes ou dans de petits villages, et traversent le pays chaque mois pour venir à Paris, simplement parce qu’elles ne veulent pas manquer une seule séance de groupe ! Cinquante pour cent de notre patientèle vient de l’extérieur de la région parisienne. Par ailleurs, nous recevons aussi bien des familles de milieux privilégiés que des familles socialement défavorisées.
Dès la première rencontre, nous affirmons clairement que notre objectif est d’accompagner les jeunes dans le processus de construction de leur identité de genre et de favoriser le déploiement de leur subjectivité dans un contexte dégagé des stéréotypes de genre. Avec les parents, notre objectif est de réfléchir aux relations familiales et à la manière de faire face à toutes sortes d’expériences de discrimination. Le cadre de notre groupe repose sur plusieurs règles : dès qu’une nouvelle personne trans rejoint le groupe, chaque personne se présente avec son nouveau prénom, son âge, parfois sa classe, ses goûts musicaux et ses activités extrascolaires, comme dans n’importe quel autre groupe de jeunes. On demande aussi à la nouvelle personne si elle souhaite qu’on la désigne par « il » ou par « elle ». Puis trois règles fondamentales sont énoncées d’emblée. Premièrement, « Tout ce qui se dit dans le groupe doit y rester. » Cette règle de confidentialité est extrêmement importante. Deuxièmement, « Ne jugez aucun membre du groupe ! » Nous l’appelons la règle du respect. Et enfin, « Demandez la parole quand vous en ressentez le besoin ou l’envie… Et parlez autant que vous le pouvez ! ». En effet, chaque personne est invitée à formuler ce qu’elle veut, ce qu’elle ressent, ce qu’elle a besoin de dire ou de questionner, pour que sa parole résonne chez les autres. C’est la règle de la libre association. Autrement dit, nous ne travaillons pas à partir d’une sélection de thèmes préparés à l’avance.
Comme celui des jeunes, le groupe des parents fonctionne avec les mêmes règles (confidentialité, respect et libre association). Lorsqu’une nouvelle mère ou un nouveau père rejoint le groupe, chaque personne se présente aussi avec son propre prénom et celui de son enfant. Par ailleurs, les interventions des cothérapeutes visent à relancer l’associativité des personnes participantes et ne consistent pas en une interprétation directe comme dans un groupe psychanalytique. Toutefois, comme tout cadre thérapeutique, le groupe des jeunes transgenres et celui de leurs parents répondent aux cinq critères de Racamier (2002) : 1) un lieu fixe, celui de l’institution ; 2) une durée fixe (ici, 1 h avec les jeunes suivie de 1 h avec leurs parents) et une fréquence (rencontres mensuelles) ; les séances multifamiliales sont programmées deux ou trois fois par an et durent 1 h 30 avec tout le monde réuni ; 3) un nombre de familles conséquent, sous la conduite de deux cothérapeutes et d’une personne chargée du secrétariat ; 4) les trois règles fondamentales évoquées plus haut, qui concernent toutes les personnes participantes ; 5) et enfin, et ce n’est pas le moins important, l’attention portée aux effets de bord, c’est-à-dire aux limites entre l’intérieur et l’extérieur du groupe, voire aux moments intermédiaires où la séance commence ou se termine.
Après chaque séance, les deux cothérapeutes et la personne chargée du secrétariat ont une discussion d’une demi-heure pour parler de la dynamique du groupe et du processus thérapeutique de chaque personne. Ce travail d’élaboration s’appuie non seulement sur les thèmes abordés par les personnes suivies et sur leurs émotions, mais aussi sur nos réactions contre-transférentielles. En outre, tous les deux mois, nous avons une supervision avec une personne psychologue clinicienne exerçant en libéral, afin de poursuivre l’élaboration de nos mouvements contre-transférentiels, à partir des notes prises par le secrétariat pendant les séances et de nos souvenirs. Là encore, la dynamique repose sur le principe de la libre association. En somme, nous sommes deux cothérapeutes et une personne chargée du secrétariat qui présentons le matériel clinique sous différents angles à une personne psychologue qui ne travaille pas dans notre hôpital mais qui a une solide expérience des groupes thérapeutiques.
Lors des premières séances, la question la plus récurrente porte généralement sur l’hostilité de l’environnement des jeunes, en particulier le milieu scolaire et le quartier, voire l’hostilité de proches, souvent des proches extérieurs à la famille nucléaire. La plupart du temps, ce phénomène de rejet fait obstacle au processus de transition. Ce thème est pourtant fédérateur pour les jeunes transgenres, car il leur permet de mettre provisoirement de côté leurs différences : « L’autre jour, des transphobes se sont pointés devant mon lycée. Ils avaient des battes de base-ball ! », raconte Jenifer. Le lieu le plus souvent cité comme lieu de menaces ou de brutalités est l’école. David s’indigne : « Dans mon collège, les cisgenres osent parfois nous demander ce qu’on a entre les jambes… Jamais on ne se permettrait de leur poser des questions aussi intimes ! ». Quand il est question des personnes cisgenres, l’intimité est un thème qui revient régulièrement, tout comme le regard des personnes cisgenres : « Certains “cis” veulent nous essentialiser ; parfois ils essaient de coucher avec nous, juste pour une nuit, juste pour voir, comme si on était des bêtes de foire ! ». Un autre thème fédérateur est le sport, en particulier les vestiaires, la piscine et les étés à la plage : « Et si mon binder se voit sous mon tee-shirt ? Et si je croise quelqu’un qui connaît mon ancienne identité… ? ». En somme, les thèmes récurrents dans le groupe des jeunes sont l’hostilité de l’environnement, l’intimité et l’engagement dans un mouvement militant. Grâce à ces thèmes communs, les enveloppes du groupe se consolident peu à peu et les jeunes commencent à prendre la parole : « J’avais vraiment peur avant mon coming out ; et ça m’a un peu soulagé après ; mais en fait, je ne peux dire ce genre de choses qu’ici, dans ce groupe, parce que je vous fais confiance ! ».
D’après notre expérience, au bout d’un an environ, les opinions commencent à diverger. En même temps, les capacités associatives des personnes participantes et leur capacité à se contredire se renforcent. Voici un exemple de prises de parole en désaccord : « Faut-il dire ou cacher son identité trans ? » Pour une partie du groupe, tout le monde n’a pas à savoir : « Je ne veux pas être un garçon trans : je veux juste être un garçon ! ». En outre, il n’y a pas besoin d’informer les personnes rencontrées après la transition. Pour d’autres, l’annonce permet de trier les personnes en qui l’on a confiance et celles dont il faudra se débarrasser. Il y a aussi d’autres divergences : faut-il militer ou non ? Certaines personnes rejettent le style radical, et parfois caricatural, du militantisme LGBT : « Il n’y a que les sectaires qui s’exhibent à la Gay Pride… Ça dessert la cause ! Je n’irai pas cette année ! ». D’autres considèrent la Gay Pride comme « …le seul jour de l’année où on n’a pas peur, parce qu’on a autour de nous notre “nouvelle famille” ! ».
Très souvent, les jeunes transgenres deviennent provisoirement les pédagogues de leurs propres parents. Ces jeunes disposent non seulement d’un savoir subjectif qui habite leur corps, mais aussi d’informations recueillies sur les réseaux sociaux et les blogs de jeunes trans. Le discours collectif repose sur un champ lexical de néologismes qu’il leur faut transmettre à leurs parents. Les jeunes transgenres en savent aussi plus long que la grande majorité des équipes de santé sur les soins pluridisciplinaires à envisager dans le cadre de leur transition. Qu’en est-il de leurs parents, une fois en groupe ?
Alors que le ton du groupe des jeunes est le plus souvent fait d’humour, de rires et d’autodérision, même quand des situations douloureuses sont évoquées, le groupe des parents est moins à l’unisson : tandis qu’une partie des parents banalise sa situation familiale, d’autres évoquent leurs angoisses. Il leur arrive de fondre en larmes, ce qui ne s’est encore jamais produit dans le groupe des jeunes.
Aucun parent n’en est au même stade. Les parents les plus réfractaires ont quitté le groupe après quelques séances, tandis que d’autres y participent encore aujourd’hui. L’éventail des positions parentales est très large. Une partie des parents soutient son enfant sans condition : « Je suis derrière ma fille depuis que j’ai compris que sa transition était vitale pour elle. » ; « J’ai fait tout ce que je pouvais pour accélérer la procédure de changement d’état civil », dit la mère de Billie, avant d’ajouter que « La première injection de testostérone a été un moment de bonheur partagé avec la famille et les amis. » La mère de Tatiana : « En France, il faut des années pour se faire opérer. Alors j’accompagne ma fille à l’étranger pour ses 18 ans. J’ai hâte qu’elle soit opérée pour que sa “dysphorie” soit soulagée ! » D’autres parents s’opposeront à toute forme de transition : « Je n’utiliserai pas son nouveau prénom ! Ma fille restera toujours une fille ! » Entre ces deux extrêmes, toutes les positions intermédiaires sont possibles.
Les inquiétudes au sujet du corps de leur enfant sont récurrentes : quels sont les effets secondaires postopératoires ? Comment évaluer le risque d’échec ? « Et s’il veut revenir en arrière après l’opération ? » Les chirurgies de réassignation transforment du jour au lendemain et sont irréversibles. Les hormonothérapies, dont les résultats apparaissent progressivement, suscitent une angoisse tout aussi perceptible : « A-t-on assez de recul sur les effets indésirables des bloqueurs de puberté ou des hormones sur les os ? »
Plus loin du soma, le thème du « deuil de l’enfant tel que ses parents l’avaient imaginé » revient souvent, et souvent avec les mêmes étapes : « D’abord, elle s’est coupé les cheveux. Puis son prénom de naissance a disparu du livret de famille. Puis il a commencé la testostérone, et bientôt ce sera une mastectomie. Je pensais avoir fait le deuil de ma fille. Mais maintenant, comme il ne veut pas conserver ses ovocytes, je suis perdue. Je ne serai jamais grand-mère ! », dit la mère de Michael avant de fondre en larmes. La mère de Michael élève seule son fils depuis qu’il a 3 ans. Elle fait de son mieux mais perd parfois confiance en elle. Pour la réconforter, le père de Daniel lui répond : « Vous avez peut-être raison… Mais au moins, vous ne perdrez pas votre fils. Le mien en était à sa quatrième tentative de suicide. Depuis qu’il est devenu un homme, il revit ! ». Soutenir la transition de son enfant peut réduire considérablement le risque de suicide (Toomey et Syvertsen, 2018).
Une autre question récurrente pour les parents du groupe concerne leur propre vécu depuis le coming out de leur enfant : « Pour moi, la nouvelle a été comme une bombe atomique ; mais au final, ce n’était rien à côté de notre peur des tentatives de suicide. » Un autre père : « Christopher n’aimait pas les robes. Je pensais qu’elle deviendrait homosexuelle, mais pas transgenre. D’ailleurs, je ne savais même pas ce que c’était à l’époque ! ».
Pour la mère de Steve, qui élève seule son enfant adopté, le détonateur a été sa rencontre, dans la salle d’attente, avec une mère et sa fille transgenre : « La gamine avait l’air heureuse et épanouie. J’ai appris par hasard qu’elle était transgenre, malgré son apparence tout à fait ordinaire », se souvient-elle. « Puis j’ai parlé de l’identité trans avec sa mère, une femme douce, plus avancée que moi sur le chemin, et ça m’a apaisée. Ça m’a fait changer d’avis, et j’ai commencé à soutenir mon fils, surtout face au harcèlement ! ». En effet, la mère de Steve a dû se rendre plusieurs fois au lycée avant de parvenir à un accord avec la direction pour une « transition sociale » (pour que son fils soit appelé par son prénom de garçon et traité comme un garçon). Mais la médecine scolaire a décidé que ce ne serait pas possible et a fait une annonce à l’ensemble du personnel enseignant et des élèves de l’établissement, rappelant que Steve était « une fille de naissance », avait menti et devait désormais être appelé par son prénom féminin. Cette situation a inévitablement conduit Steve à décrocher brutalement de l’école. Steve n’est jamais retourné dans ce lycée.
Au bout d’un an environ, les échanges entre parents ont fini par se décentrer : récemment, les questions d’identité trans ont cédé la place à des problèmes que l’on rencontre classiquement à l’adolescence : « Si ma fille cherche autant sa place, c’est parce qu’elle traverse une crise d’adolescence classique ! ». Avec le temps, les parents prennent du recul et parviennent à voir l’ensemble du tableau.
Quand les jeunes transgenres et leurs parents se retrouvent pour une séance multifamiliale, personne ne coupe la parole à personne. Les parents ont généralement une attitude attentive, et une partie des parents est impressionnée et émue de voir leur propre enfant au sein d’un groupe consolidé d’autres jeunes transgenres. Les cothérapeutes cherchent à favoriser des effets thérapeutiques en cas de souffrance psychique ou de difficultés dans les relations familiales en invitant les membres du groupe à parler de tout ce qui leur vient à l’esprit, « même si ce n’est pas facile » : « Ma mère et moi, on a été rejetés par sa famille à Marseille. Elle est lesbienne et je suis trans… mais on s’en fiche un peu parce que là-bas, c’est tous des mafieux ! (rires). Au début, ma mère et moi, on n’était pas souvent d’accord… mais maintenant on a quitté Marseille pour Paris, et tout va bien ! » Paradoxalement, il est souvent plus facile d’aborder des questions difficiles lors d’un groupe multifamilial, car les personnes participantes qui assistent aux échanges constituent aussi un soutien très solide (Rabain, 2018).
Mais pourquoi et comment les séances multifamiliales permettent-elles d’aborder les difficultés que rencontrent les jeunes transgenres et leurs parents dans leur adaptation sociale ? Comment favorisent-elles des effets thérapeutiques en cas de souffrance psychique ou de difficultés dans les relations familiales ? Comment parviennent-elles parfois même à prévenir la rupture des relations familiales ?
Le groupe multifamilial modifie les mouvements transférentiels en dispersant les projections sur différents membres du groupe. Réunir plusieurs familles avec des cothérapeutes et une personne chargée du secrétariat produit des « transferts multiples ». Cette dynamique transférentielle particulière permet d’éviter les effets négatifs d’un transfert duel massif. Plus précisément, le dispositif psychanalytique multifamilial produit des éléments transférentiels que l’on peut classer de trois manières. Le transfert peut d’abord être « radial » 1), c’est-à-dire dirigé vers les cothérapeutes. Il peut ensuite être « horizontal » 2) lorsqu’il vise d’autres membres du groupe. Ce type de transfert se renforce au fil des séances grâce aux effets de résonance entre personnes confrontées à des problématiques communes. Certaines identifications croisées, qui consistent à investir d’autres parents du groupe, peuvent être très aidantes pour des jeunes dont les parents présentent des fragilités narcissiques. En effet, les groupes multifamiliaux consolident l’identité et renforcent la stabilité narcissique. Autrement dit, les jeux d’identification que favorise ce dispositif soutiennent les jeunes comme leurs parents lorsque des fragilités narcissiques sont présentes. Enfin, le transfert peut viser le groupe « comme objet total » 3) (Rabain et Bourvis, 2016, 320).
Selon J. García Badaracco : « La participation d’un patient à un groupe [psychanalytique multifamilial] […] accroît le travail d’élaboration. Ce travail pousse les membres de la famille à assouplir leurs défenses. » (2000, 66, traduction personnelle). Alors que les enjeux transférentiels sont dits « multiples », ou « diffractés » selon la traduction, les mouvements contre-transférentiels sont, dans un tel dispositif, « protéiformes », dans la mesure où les cothérapeutes s’identifient à la fois aux jeunes et à leurs parents. C’est une autre raison pour laquelle nos séances de supervision ont été très précieuses.
Notre approche innovante des soins en santé mentale a permis aux jeunes comme à leurs parents de sortir d’une certaine forme d’isolement. Dans le groupe des jeunes, quelle que soit la singularité de leurs expériences, chaque personne, sans exception, a connu la transphobie, le rejet et l’ostracisme, ce qui est très fréquent (Simons et Schrager, 2013, 791). Pendant la première année du groupe de parole, les manifestations de respect et d’attention envers les autres membres du groupe évoquent le phénomène d’« illusion groupale » tel que l’a défini Anzieu (1991), (362–363) : absence de conflictualité et sentiment d’autosuffisance coexistent, comme si tous les modèles nécessaires se trouvaient dans la diversité du matériel apporté par les personnes participantes. À mesure que l’enveloppe groupale se formait, une frontière entre un bon intérieur et un extérieur hostile s’est matérialisée. Le clivage entre bon et mauvais ne passait donc pas à l’intérieur du groupe, mais entre le groupe et l’extérieur (Anzieu, 1975 ; Anzieu, 1985).
Le regard des personnes cisgenres peut parfois être vécu comme rejetant et méprisant, voire curieux, sur un mode voyeuriste (Bufnoir, 2016). Faire partie d’un groupe de parole qui réunit des jeunes transgenres est donc une manière de renforcer son propre narcissisme. Cela favorise aussi la santé mentale en informant les membres du groupe des différentes possibilités d’accompagnement qui leur sont offertes, à l’hôpital ou dans un certain nombre d’associations : associations trans comme OUTrans1, associations de lutte contre la transphobie, associations LGBTIQA+, etc.
De la même manière, les parents interrogent à leur tour des thèmes très importants, comme le suicide et la survie de leur enfant. Par exemple, une question récurrente et difficile pour les parents du groupe est le « deuil de l’enfant rêvé » (Lebovici et Stoléru, 1983 ; Lebovici, 1998). Être ensemble, essayer d’élaborer ensemble, aide non seulement à traiter leur propre angoisse, mais permet aussi de mieux se positionner face à leur enfant, ce qui est essentiel pour le soutenir (Menvielle et Rodan, 2011). D’un point de vue psychiatrique, on observe une recrudescence des signes d’anxiété et de dépression chez les jeunes transgenres. Pour ces raisons, nos groupes peuvent être considérés comme une approche préventive, même s’ils ne se limitent pas à la prévention.
L’anxiété et la dépression observées chez les jeunes transgenres sont liées à des aspects spécifiques de leur environnement (Bernard et Wathelet, 2019, 111–123). Les facteurs de risque comprennent le harcèlement à l’école ou dans le quartier et la transphobie de membres de la famille. En effet, la stigmatisation liée au genre multiplie par cinq le risque de développer un syndrome dépressif par rapport à la population adolescente générale (Kaltiala-Heino et Bergman, 2018, 31–41). D’où l’importance d’apporter un soutien médical et psychologique aux personnes transgenres mineures et à leurs parents.
Parmi les jeunes suivis par notre consultation identité sexuée, environ 70 % présentent des troubles anxieux, et plus particulièrement un « trouble anxiodépressif », selon le rapport statistique annuel d’activité de notre service de psychiatrie de l’adolescent (2019). On observe aussi des réactions phobiques, en particulier une phobie scolaire, très fréquente chez les jeunes transgenres, qui conduit à un décrochage scolaire total. Ce phénomène est plus fréquent dans ce groupe que dans la population générale de notre service : le taux de décrochage y est de 38 %. Face à ces données, nous envisageons une nouvelle étude, avec l’aide d’autres services de psychiatrie de l’adolescent, afin de comparer le taux de syndrome anxiodépressif chez les jeunes qui ont bénéficié de notre approche à celui d’un groupe témoin de jeunes qui n’ont reçu aucun soutien groupal.
Dès que les enveloppes groupales ont été assez solides, les premiers mouvements de différenciation ont enfin pu apparaître : certaines personnes veulent qu’on les considère comme des jeunes transgenres, d’autres simplement comme un garçon ou comme une fille ; autrement dit, pour vivre heureux, il faut vivre caché. D’autres membres soutenaient au contraire que, pour se défendre efficacement, il fallait être ferme. De même, là où une partie du groupe se disait horrifiée par la marche des fiertés, d’autres membres disaient adorer la Gay Pride.
Si le milieu communautaire et les réseaux sociaux offrent aux jeunes transgenres une grande variété de figures d’identification, le groupe des jeunes renforce le jeu identificatoire in situ. Outre la lutte contre une tendance à un isolement mortifère, les séances permettent des identifications et des contre-identifications avec des personnes participantes binaires ou non binaires, qui relancent leur associativité psychique. Ainsi, la « génération du genre fluide » (qui désigne la nouvelle génération de jeunes et d’adultes dans laquelle certaines personnes se sentent ni tout à fait homme ni tout à fait femme) reste indéniablement plus souple que la précédente, en particulier pour l’identité de genre et la question de l’orientation sexuelle. Dans ce groupe, presque toutes les personnes participantes avaient dès le départ une relation amoureuse. Pourtant, personne n’en parlait spontanément. Personne ne savait qui était avec un garçon ou une fille, avec un ou une partenaire cisgenre ou transgenre. Au bout d’un an, les jeunes ont cessé d’esquiver et ont commencé à parler de leurs histoires d’amour. Autrement dit, cette approche groupale renforce la capacité d’associer et de redéployer la libido sur des objets de substitution (Rabain, 2017 ; Rabain, 2018). Un autre objectif majeur de ce groupe est « de renforcer la personnalité (processus de subjectivation) et de favoriser une meilleure stabilité émotionnelle, avec une plus grande capacité à affronter et à supporter les événements traumatiques » (García Badaracco, 2000, (235, traduction personnelle).
Au début, le groupe des parents était marqué par une méfiance initiale. Une partie des parents pensait que nous cherchions à convaincre leur enfant de faire sa transition. Les séances ont toutefois rapidement conduit à une meilleure coopération. Si une certaine ambivalence était manifeste lors des premières séances, elle s’est progressivement estompée au profit d’un espace de discussion plus sécurisant. Les parents ne sont pas restés centrés sur des questions limitées à l’identité trans : les parents ont fini par prendre du recul, sans doute grâce, entre autres, à notre groupe de soutien. Il est essentiel de travailler avec les parents dans l’intérêt de leur enfant, car la position des parents a une influence évidente sur le parcours de transition des jeunes transgenres. Aider les parents à formuler leur propre point de vue et à s’éloigner d’une vision stéréotypée, monolithique et souvent normative des questions trans constitue un bénéfice important pour leur enfant (Menvielle et Rodnan, 2011 ; Simons et Schrager, 2013). Élaborer les peurs parentales et tenir compte du principe de réalité, par exemple en ne niant pas les nombreux risques auxquels les personnes trans sont exposées, permet aux parents de mieux protéger leur enfant. Ce travail préliminaire conduit à une meilleure compréhension mutuelle lors des rencontres multifamiliales.
Autre point important : il existe un décalage temporel logique entre le vécu des jeunes transgenres et celui de leurs parents. Au moment où les jeunes s’apprêtent à faire leur coming out, le travail intérieur dure généralement depuis longtemps. Pourtant, une fois l’annonce faite, il est probable que les jeunes attendent de leurs parents une réaction immédiate. Par exemple, au moment du coming out trans, la plupart des jeunes savent déjà vouloir des hormones. La décision de faire cette demande est déjà prise, puisque l’idée est généralement là depuis quelques années. Les parents, de leur côté, n’ont souvent jamais réfléchi à ces questions auparavant. Ces parents ne peuvent donc pas prendre position aussi vite que leur enfant le voudrait. Dans cette situation, l’accueil des nouvelles personnes participantes par les plus anciennes peut être très aidant. Au-delà de la revalorisation narcissique mutuelle que produit cette activité, il semble que les parents présents depuis longtemps dans le groupe reconnaissent chez les nouveaux membres la détresse vécue autrefois et, par là, le chemin parcouru depuis. En retour, les nouvelles personnes participantes disposent de davantage de modèles identificatoires sur lesquels s’appuyer. Ce précieux soulagement réduit les tensions au sein de la famille et aide à prévenir la rupture des relations familiales.
Par ailleurs, dans ces groupes multifamiliaux intergénérationnels, le récit du point de vue des parents invite chaque jeune à s’intéresser aux valeurs de sa propre famille et favorise l’émergence ou le renforcement de sa propre capacité à prendre la parole. Cela donne un nouvel élan au processus de subjectivation, qui exige un inévitable « choc des armes » entre les jeunes et leurs parents (Winnicott, 1971, 200). Précisons ici que cette « confrontation des générations » (Kancyper, 2018) est une condition nécessaire mais non suffisante de la subjectivation. En effet, tout conflit, si douloureux soit-il, ne conduit pas toujours à des changements féconds. Notre approche groupale de la santé mentale augmente les chances que la confrontation entre les jeunes et leurs parents renforce le processus de subjectivation.
Dans cet article, nous avons examiné pourquoi il faut prendre soin des jeunes qui interrogent leur identité de genre avec leurs parents, dans une approche orientée vers le multifamilial. Nous nous demandons aussi comment soutenir leurs parents, que déstabilise souvent un processus pubertaire différent de celui de leur propre adolescence. Le groupe a produit une dynamique qui a permis à ses membres de mettre leurs questions en perspective au regard des expériences d’autres familles. Il en est résulté un nouvel élan et le réajustement de certaines positions hostiles aux personnes transgenres.
Selon l’Observatoire des transidentités 2, il y a davantage d’agressions contre les femmes transgenres que contre les hommes transgenres. Il s’agit généralement d’agressions graves et de crimes, ce qui est particulièrement éprouvant pour les parents. L’angoisse naît souvent de l’impossibilité de penser ces questions d’identité trans et d’en parler. Dans notre approche, l’un de nos principaux objectifs consiste à co-construire tout un éventail de représentations et de signifiants dont les jeunes transgenres et leurs parents pourront se servir pour construire leurs propres représentations. Autrement dit, tous les chemins qui mènent à un plus grand nombre de représentations constitueront une victoire contre la progression et l’installation durable de troubles de santé mentale.
À l’avenir, pourquoi ne pas ajouter la brève intervention d’associations trans ? Elles seraient sans doute d’une grande aide dans le travail de mise en mots de ce que les personnes ressentent avant, pendant et après le processus de transition. Échanger avec des adultes transgenres qui vont bien et qui sont aux commandes de leur propre vie pourrait finalement apporter une aide importante au projet de déstigmatisation de l’identité trans.
Complexe Systémique : à retenir
Ce texte est un récit clinique, non une étude : pas de données systématiques, des paroles choisies pour illustrer, un vocabulaire psychanalytique (transfert, enveloppe groupale, subjectivation) issu de la psychanalyse multifamiliale de García Badaracco. Il mérite pourtant l’attention de la communauté systémique, car il met en scène ce que la thérapie familiale connaît bien sous d’autres noms. D’abord le décalage des temporalités : le ou la jeune a mûri sa transition pendant des années, le parent la découvre et ne peut pas suivre au même rythme ; le groupe donne du temps à ce décalage au lieu d’en faire un conflit. Ensuite le rôle des pairs : les parents « anciens » montrent à celles et ceux qui arrivent qu’un chemin existe, et les jeunes deviennent un temps les pédagogues de leurs parents. Enfin la place de l’environnement : l’histoire de Steve, déscolarisé après l’annonce de la médecine scolaire, rappelle que l’école fait partie du système à soigner. Le dispositif respecte le prénom et le pronom choisis, sans trancher à la place des familles. On regrettera l’absence d’évaluation et de voix trans adultes, que l’article appelle lui-même de ses vœux. À lire avec l’étude sur le soutien parental aux jeunes transgenres, et avec l’étude sur les enfants trans et leurs parents face à la transition.
Notes de l’original
1 www.outrans.org.
2 https://www.observatoire-des-transidentites.com.
Disponibilité des données. Les contributions originales présentées dans l’étude figurent dans l’article et le matériel supplémentaire ; toute demande complémentaire peut être adressée à la personne responsable de la correspondance.
Déclaration éthique. Conformément à la législation locale et aux exigences institutionnelles, un examen et une approbation éthiques n’étaient pas requis pour cette étude portant sur des personnes. Le consentement éclairé écrit à la participation a été donné par les responsables légaux ou les proches des personnes participantes.
Contributions. La personne qui signe cet article est seule à y avoir contribué et en a approuvé la publication.
Liens d’intérêts. La recherche a été menée en l’absence de toute relation commerciale ou financière susceptible d’être interprétée comme un lien d’intérêts potentiel.
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Traduction non officielle en français de Pourquoi des groupes multifamiliaux pour les jeunes transgenres et leurs parents ?, par Nicolas S. Rabain, Frontiers in Sociology, vol. 5, article 628047 (2021), doi : 10.3389/fsoc.2020.628047, sous licence CC BY 4.0. Traduction et mise en page : Complexe Systémique, septembre 2026 — l’œuvre a été modifiée au sens de la licence (déclarations regroupées dans les notes). Ni les auteurs ni l’éditeur ne répondent de cette traduction ; la version originale fait foi.
Traduction française non officielle de « Why Multi-Family Groups for Transgender Adolescents and Their Parents? », publié dans Frontiers in Sociology (2021) sous licence CC BY 4.0. Traduction réalisée par Complexe Systémique, elle n’émane ni des auteurs ni de l’éditeur, qui ne répondent pas de son contenu ; la version originale fait foi.
Lire l’article originalComment citer cet article
Rabain, N. S. (2021). Pourquoi des groupes multifamiliaux pour les jeunes transgenres et leurs parents ? (Complexe Systémique, trad.). Complexe Systémique. https://app.complexe-systemique.com/fr_FR/articles/pourquoi-des-groupes-multifamiliaux-pour-les-jeunes-transgenres-et-leurs-parents (Œuvre originale publiée en 2021 dans Frontiers in Sociology, 5, 628047 (2021) ; republiée en 2021 par Frontiers in Sociology, https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fsoc.2020.628047/full)
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